‹ Abrégé d'anatomieChapitre 140 sur 211 · III. PIE-MÈRE · texte numérisé non relu

III. PIE-MÈRE

La pie-mère est la membrane vasculaire des centres nerveux. Intimement appliquée à leur surface, elle en suit toutes les sinuosités et pénètre dans les moindres fissures. C’est en même temps une membrane nourricière et une membrane de contention.

A. Pie-mère spinale. — La pie-mère spinale, assez épaisse et résistante, enveloppe comme un fourreau la moelle et le filum terminale. Elle est composée de deux couches conjonctives : une externe dont les fibres montrent une direction longitudinale; une interne ou profonde, dont les fibres sont circulaires.

Chacune de ses faces émet des prolongements. De sa face externe partent les ligaments dentelés; de sa face interne, les cloisons médullaires.

Les ligaments dentelés sont deux bandes festonnées, qui de chaque coté de la moelle et sur toute sa longueur s’étendent de la pie-mère à la dure-mère. Us sont placés de champ, dans le plan vertico-transversal, et symétriquement, entre les racines antérieures et les racines postérieures. Chacun d’eux présente : une face antérieure et une face postérieure en rapport avec les racines correspondantes; — un bord interne, celluleux, continu avec la pie-mère; — un bord externe, libre, fibreux, découpé en dents ou festons dont le sommet s’insère sur la dure-mère dans l’intervalle qui sépare en hauteur deux passages de racines nerveuses. Le nombre des dents, un peu variable, est ordinairement de 21 .

Les ligaments dentelés ont pour rôle de fixer la moelle et les racines dans le sens transversal.

Les cloisons médullaires sont des lames conjonctives qui de la face interne de la pie-mère s’enfoncent dans les fissures de la moelle en emportant avec elles les vaisseaux nourriciers. Leur disposition est radiée. Il n’y en a pas dans le sillon médian postérieur, occupé uniquement par une lame de névroglie. En revanche, dans le sillon médian antérieur, le septum est formé, au moins originellement, par une invagination complète de la pie-mère avec ses deux feuillets.

B. Pie-mère cérébrale. — La pie-mère cérébrale, réduite à la

STHUCTURE DES CENTRES NERVEIX.

couche interne de la pie-mère spinale, est par là môme plus mince, plus

molle et transparente. Elle est

Dure-mère

. Lig. dentelé

Rac. anl.

. Rac. post.

Fig. 573. — Ligaments dentelés.

La dure-mère ouverte la'sse voir les ligaments dentelés (rouges) tendus entre les racines antérieures et les racines postérieures.

aussi beaucoup plus vasculaire, parce qu’elle recouvre de la substance grise dont l’activité physiologique est plus considérable et.

par sa couleur qui varie du rose pâle au rouge vif, elle est le miroir de la circulation cérébrale. Sur le bulbe et l’espace perforé antérieur, elle a une teinte ardoisée, due à une infiltration pigmentaire.

Elle s’enfonce dans tous les sillons du cerveau, en s’invaginant, en se repliantsurelle-môme, comme elle le fait dans le sillon antérieur de la moelle. Sa face externe, adhérente à l’arachnoïde sur les parties saillantes, en est séparée dans les parties creuses par le tissu sous-arachnoïdien imbibé de liquide. Sa face interne se laisse facilement décoller de la substance cérébrale sous-jacente, et toute adhérence est de nature inflammatoire. En décollant lentement, on reconnaît que la pie-mère envoie dans le cerveau une multitude de prolongements coniques, très fins, qui portent les vaisseaux nourriciers et qui se retirent de l’écorce cérébrale sans laisser de traces.

La pie-mère ne pénètre pas seulement dans les anfractuosités des hémisphères; elle entre aussi dans les ventricules, en passant soit par la fente de Bichat, sous le corps calleux, soit par la fente cérébrale

postérieure sous le cervelet. De là une pic-mère interne , invagination de la pie-mère externe qui a refoulé la mince paroi épithéliale des vésicules cérébrales embryonnaires et s’en est coifiée. Cette pie-mère ventriculaire se montre sous deux formes : ou bien elle s’étale en

ENVELOPPES DES CENTRES NERVEUX OU MÉNINGES

membranes, comme à la surface du cerveau, ce sont les toiles choroïdiennes ; ou bien elle s’épaissit et constitue des cordons granuleux, dans lesquels des touffes vasculaires sont plongées dans un

Corps calleux

Cervelet

Toile chor.

Fente inf.

Fig. 57C). — Invagination de La pie-mère dans les fentes cérébrales. — Formation

des toiles choroïdiennes.

La pie-mère en rouge.

tissu conjonctif lâche et mou, infiltré de sels calcaires, ce sont les plexus choroïdes. Choroïdes, par assimilation aux villosités du chorion fœtal. Ces franges vasculaires sont les organes sécréteurs du liquide des ventricules.

Il y a deux toiles choroïdiennes; une dans le ventricule moyen, continue avec les plexus choroïdes des ventricules latéraux ; l’autre dans le 4e ventricule, pourvue également de plexus.

Toile choroïdienne du ventricule moyen et plexus choroïdes des ventricules latéraux. — La toile choroïdienne est un repli de la piemère qui tapisse la voûte du ventricule moyen. Sa forme est triangulaire. Son sommet bifurqué, dirigé en avant, répond aux trous de Monro. Sa hase, qui occupe la partie moyenne de la fente de Bichat, sous le bourrelet du corps calleux et par-dessus la glande pinéale, se continue avec la pie-mère extérieure. Sa face postérieure s’applique

sous le trigone cérébral. Sa face inférieure reposede chaque côté sur les couches optiques et Iranchit comme un pont le ventricule moyen, hile présente deux petites traînées de granulations rouges, plexus choroïdes médians, qui longent les veines de Galien et se réunissent im arrière, derrière la glande pinéale. Ses bords latéraux se rendent

Pilier ant.

Voy. caudé

Tr. de Monro

Plex. médian

Toile chor.

Plexus lat.

Page 1