‹ Abrégé d'anatomieChapitre 48 sur 211 · V. de Galien · texte numérisé non relu

V. de Galien

-■■ S. droit

■Tente -■■■ Pressoir — S. lai.

-■■ S. pétr. sup.

Fig. 405. — Sinus de la voûte du crâne (Sappey).

Un trait de scie antéro-postérieur a été mené un peu à gauche de la ligne médiane et combiné avec un autre trait horizontal pour montrer les sinus de la voûte.

moyennes, la veine cérébelleuse médiane supérieure, des veines de la tente du cervelet.

Pressoir d’Hérophile. — C’est le confluent des sinus de la voûte. Il est situé au niveau de la protubérance occipitale interne où six sinus se rencontrent : le sinus longitudinal supérieur et le sinus droit qui sont des canaux afférents, les sinus latéraux et les sinus occipitaux postérieurs qui sont des canaux elférents.

Les variations de configuration du pressoir d’IIérophile peuvent être ramenées à trois types : 1° sinus adossés, le sinus longitudinal supérieur passe tout entier dans un des sinus latéraux et le sinus droit dans l’autre sinus latéral. En leur point d’adossement ils communiquent soit par des orifices percés dans la paroi commune, soit par un bras eanaliculé très court qui va d’un coude à l’autre. Ce type se rencontre dans a moitié des cas; — 2° sinus en Ilot, le sinus longitudinal supérieur et le sinus droit se bifurquent tous deux et circonscrivent, sur la protubérance occipitale, un îlot losangique de dure-mère. Cette forme existe

VEINES DE EA TÊTE ET DU COU

clans 30 pour 100 des cas; — 3° sinus fusionnés. Le sinus longitudinal supérieur se dilate en une ampoule au milieu de laquelle débouche le sinus droit; il se forme ainsi un réservoir commun. On rencontre ce type 20 fois pour 100.

Sinus latéraux. — Pairs, ils s’étendent de la protubérance occipitale interne au trou déchiré postérieur. Symétriques comme disposition, ils sont presque toujours asymétriques comme volume, le droit étant ordinairement le plus large (9 à 12 millimètres de diamètre). Chaque sinus latéral décrit un trajet arqué en fer à cheval, dans lequel on reconnaît une portion horizontale ou occipitale logée dans la gouttière latérale de l’occipital et creusée dans la tente du cervelet; une portion verticale ou temporale (sinus sigmoïde) logée dans la gouttière mastoïdienne qui correspond au tiers moyen de l’apophyse mastoïde; elle est séparée de la face externe de cette apophyse par une épaisseur d’os qui varie de 3 à 12 millimètres. Le sinus contourne ensuite l’apophyse jugulaire de l’occipital et arrive au niveau du trou déchiré où il se continue à plein canal avec le golfe de la jugulaire.

Le sinus latéral reçoit : 1° à droite ou à gauche, le sinus droit; 2° près de son origine les sinus occipitaux postérieurs ; 3° les veines cérébrales inférieures et postérieures; 4° les veines latérales postérieures du cervelet; 3° le sinus pétreux supérieur; 6° les veines de l’aqueduc du vestibule.

Ce sinus offre une importante anastomose avec les veines extra-craniennes par la veine émissaire mastoïdienne , qui passe par le trou mastoïdien et aboutit aux veines occipitales.

Sinus occipitaux postérieurs. — Ces sinus s’étendent d’une extrémité à l’autre du sinus latéral correspondant; une partie verticale descend dans la faux du cervelet, le long de la crête occipitale interne; une partie horizontale contourne le bord postérieur du trou occipital. Dans l’épaisseur de la faux les deux sinus sont accolés et souvent se fusionnent. Ils reçoivent des veines durales et diploétiques, des veinules du cervelet; ils communiquent avec le plexus rachidien postérieur du trou occipital par des branches émanées de leur angle de bifurcation.

Sinus caverneux. — Pairs, symétriques, ils occupent les faces latérales du corps du sphénoïde et de la glande pituitaire et s’étendent du sommet du rocher à la fente sphénoïdale. Ils sont longs de 2 centimètres, ont 1 centimètre de large. La cavité du sinus est remplie par un tissu aréolaire qui se prolonge dans le sinus carotidien, le sinus pétrooccipital et le sinus occipital transverse. Winslow a pour cela appelé caverneux le sinus qui contient ce tissu. La cavité du sinus diminue de capacité par la présence de la carotide interne qui la traverse. Dans la paroi externe du sinus sont contenus plusieurs nerfs : moteur oculaire

VEINES

commun, pathétique, ophtalmique de Willis, moteur oculaire externe, maxillaire supérieur.

Le sang circule d’avant en arrière dans le sinus caverneux. Les af-

lluents du sinus sont : le

Mot. comm.

sinus coronaire, la veine ophtalmique, le sinus sphéno-pariétal, des veines durâtes. Les émissaires du sinus sont : le sinus pétreux supérieur, le sinus pétreux inférieur, le sinus occipital transverse, le sinus carotidien, le sinus pétro-occipital, les veines émissaires propres.

Sinus coronaire. — Sinus circulaire, impair et médian, il occupe la selle turcique où il entoure la glande pituitaire. Ce sinus fait partie d’un réseau plexiforme veineux qui occupe tout le corps excavé du sphénoïde ; il en constitue la partie marginale, nettement sinusienne, et présente deux branches : une antérieure, sinus coronaire antérieur , logée dans la gouttière optique; une postérieure, sinus coronaire postérieur ordinairement plus petite, souvent absente. Toutes deux, aux extrémités du diamètre transversal, s’unissent en un tronc commun qui débouche dans le sinus caverneux. Le sinus coronaire sert d’anastomose entre les deux sinus caverneux ; il reçoit des veines du corps du sphénoïde, des veines durales, des veines de la glande pituitaire et de la partie centrale du cerveau.

Veine ophtalmique. — La veine ophtalmique présente deux branches : l’une principale, veine ophtalmique supérieure; l’autre accessoire, veine ophtalmique inférieure.

La veine ophtalmique supérieure s’étend, dans la partie supérieure de la cavité orbitaire, de l’angle interne de l’œil à la fente sphénoïdale. Elle naît de deux racines qui perforent l’orbiculaire ; l'une supérieure passe au-dessus du tendon de l’orbiculaire, l'autre inférieure passe audessous. Elle se dirige entre le droit supérieur et le droit interne, puis croise le nerf optique en passant sous le droit supérieur et longe alors le côté externe de ce nerf, entre le droit supérieur et le droit externe, puis atteint la fente sphénoïdale. Elle va se jeter dans l’extrémité antérieure du sinus caverneux, après avoir reçu soit la veine ophtalmique inférieure, soit une branche anastomotique qui l’unit avec ce vaisseau.

Fig. 466. — Sinus caverneux (Langer).

Coupe frontale passant par le milieu de la selle turcique. Le sinus caverneux est injecté en bleu.

VEINES DE LA TÈTE ET DU COU

Les branches collatérales de la veine ophtalmique sont à peu près les mômes que celles de l’artère : veines ethmoïdales antérieure et postérieure, veines musculaires, ciliaires antérieures, ciliaires postérieures ou veines vorticineuses, veine lacrymale. La veine centrale de la rétine et la veine ophtalmique inférieure sont le plus souvent des affluents directs du sinus caverneux.

Cette dernière, décrite et dénommée par Walter (1 775), est la veine du plancher orbitaire dont elle occupe l’angle inféro-interne. Elle naît, entre le droit inférieur et le droit interne, d’un réseau veineux qui reçoit des veines du sac lacrymal, des veines palpébrales, des veines osseuses et des veines du petit oblique. Elle se dirige en arrière, entre le droit inférieur et le globe oculaire, et au sommet de l’orbite traverse le plus souvent la fente sphénoïdale pour aborder le sinus caverneux ou bien se jette dans l’ophtalmique supérieure. Elle reçoit les deux veines vorticineuses inférieures et les veines musculaires du petit oblique, du droit inférieur et du droit externe.

L'ophtalmique est anastomosée avec la veine faciale par les origines de chacune des branches supérieure et inférieure, avec les veines des fosses nasales par les ethmoïdales, avec les veines temporales par les origines de la lacrymale.

La veine ophtalmique n’a pas de valvules. Elle est un affluent normal du sinus caverneux ; mais dans les cas de surcharge ou d’obstruction de ce sinus, le courant peut être renversé.

Sinus sphéno-pariétaux (Sinus de Breschet). — Ce sinus se compose de deux branches, l’une verticale descendante qui se rend de la gouttière sagittale à l’angle externe de la petite aile du sphénoïde, au voisinage de la suture fronto-pariétale ; l’autre horizontale, cachée sous la petite aile du sphénoïde. Il a pour origine le sinus longitudinal supérieur ou les lacs sanguins voisins et se termine à l’angle antérieur du sinus caverneux. Il reçoit des veines durales, des veines osseuses, des veines cérébrales antérieures.

Sinus pétreux supérieurs. — Pairs et symétriques, de forme prismatique triangulaire, ils s’étendent de l’extrémité postérieure du sinus caverneux au coude du sinus latéral. Ils sont situés dans la partie antérieure de la grande circonférence de la tente cérébelleuse et logés sur le bord supérieur du rocher. Chacun d’eux reçoit : la veine cérébelleuse antérieure et latérale, des veines cérébrales latérales et inférieures, des veines latérales de la protubérance, des veines tym paniques, la veine sylvienne superficielle ou grande anastomotique de Trolard.

Sinus pétreux inférieurs. — Pairs et symétriques, ils s’étendent de l’angle postérieur du sinus caverneux à la veine jugulaire interne; ils occupent la suture pétro-occipitale. Ce sinus est plus gros et plus

7 ‘2 li

VEINES

court que Je sinus pétreux supérieur. Son extrémité postérieure et externe s’engage dans la partie antérieure, étroite, du trou déchiré postérieur, en avant des nerfs mixtes et se termine sur la face interne delà veine jugulaire par un orifice valvulé. Il peut se jeter dans le golfe et rester sinusien dans toute son étendue, ou bien s’abaisser au-dessous

Pressoir

S. long. s.

Fig. 467. — Sinus de la base (ltenle).

On remarque sur ce dessin le type plexiforme du s. oecip. antérieur (plexus basilaire) et la grosseur normale du s. occip. postérieur.

du golfe et présenter une portion exlra-crànienne longue de 6 à 30 millimètres.

Il reçoit des veines durâtes, des veines du cervelet, de la protubérance et du bulbe, les veines auditives internes, le sinus pétro-occipilal et la veine condylienne antérieure; celle-ci vient du plexus veineux de l'hypoglosse qui entoure le tronc nerveux dans le canal condvlien antérieur.

Sinus occipital transverse. — Impair, situé transversalement sur la gouttière de l’apophyse basilaire. C’est le plexus vertébral du corps de la vertèbre occipitale, il est disposé comme un plexus ou comme un sinus de type caverneux. Il reçoit des veinules osseuses, protubérantielles et bulbaires. Il unit entre eux les deux confluents pétro-caverneux ; par ses branches descendantes il se jette dans le plexus du trou occipital.

VEINES DE LA TÊTE ET DU COU

Sinus carotidiens. — Découverts par Rcktorzik, ce sont des plexus qui, émanant du sinus caverneux, enlacent les carotides internes dans leur trajet intra-pétreux et vont se jeter dans les veines jugulaires internes.

Sinus pétro-occipitaux. — (Sinus d’Englisch, sinus pétro-occipital inférieur de Trolard). Chacun d’eux occupe la partie inférieure delà suture pétro-basilaire ; il est parallèle au sinus pétreux inférieur dont le sépare l’épaisseur de la base du crâne. 11 va du sinus caverneux au sinus pétreux inférieur, près de l’embouchure de ce dernier dans la jugulaire interne.

Veines émissaires propres du sinus caverneux. — Ces veines naissent de la hase du sinus et traversent la base du crâne pour se rendre au plexus ptérygoïdien. Ce sont les veines du trou ovale, du trou grand rond, du trou déchiré antérieur, du trou de Vésale.

Veines diploïques , ou veines de Breschet. — Le diploé des os contient un énorme réseau veineux qui communique d'une part avec les veines méningées et les sinus, d’autre part avec les veines du cuir chevelu, soit par des veinules, soit par des troncs isolés. Ces troncs sont les veines diploïques ; elles sont réduites à leur tunique interne et présentent des valvules à la sortie de l’os. Les plus constantes sont les diploïques frontales qui débouchent dans la veine sus-orbitaire ou dans l’ophtalmique; la veine diploïque temporo-pariétale qui s’ouvre dans le sinus sphénopariétale ou la veine méningée moyenne, ou bien en dehors dans une veine temporale; la veine diploïque occipitale qui se jette dans le pressoir d’Hérophile ou dans le sinus latéral.

Communications entre les circulations intraet extra-craniennes.

Une partie du sang de l’encéphale s’échappe du crâne par des voies autres que la veine jugulaire interne. Il existe des voies de communication principales et des voies accessoires.

Communications principales. — Ce sont : 1° les veines rachidiennes avec lesquelles s’établissent des anastomoses au niveau des sinus occipitaux postérieurs et transverse, au niveau aussi des plexus condyliens antérieur et postérieur; 2° la veine ophtalmique qui s’unit à la faciale et aux temporales; 3" les veines méningées moyennes, étendues du sinus longitudinal supérieur au plexus ptérygoïdien.

Communications accessoires : les plus importantes sont classés sous le nom de veines émissaires de Santorini. Elles passent à travers des canaux de la paroi crânienne .et reçoivent des veines diploïques; elles présentent souvent des valvules qui s’opposent au reflux du sang des veines extérieures vers le sinus. Ce sont :

VEINES

1° L’émissaire pariétale ou émissaire vraie de Santorini, qui passe par le trou pariétal, près de la suture sagittale, en arrière d’une ligne qui unirait les deux bosses pariétales;

2° L’émissaire mastoïdienne qui traverse le trou ou canal mastoïdien, s’étendant du sinus latéral à la veine occipitale profonde ou à l’auriculaire postérieure;

3° L’émissaire occipitale qui unit le pressoir aux veines occipitales à travers la protubérance occipitale;

4° Les émissaires de la base ou fausses émissaires qui accompagnent des artères ou des nerfs. Dans cette catégorie se rangent : le sinus pétrooccipital, le sinus carotidien, la veine condylienne antérieure, l’émissaire condylienne postérieure, les veines des trous ovale, grand rond, déchiré antérieur, la veine stylo-mastoïdienne.

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