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DEUXIÈME GUERRE AVEC GHARLES-QUINT

mort en i536 (d'épuisement ou de pleurésie?). Son écbansoD italien avoua Tavoir empoisonné. Tout le monde le crut alors. En 1543, voici le troisième fils du roi, Charles d'Orléans, qui meurt aussi, et, dit-on, delà peste, au grand profit de TEmpereur, que cet événement dégageait de sa parole. Il n'eût pas ordonné un crime. Mais ses agents, qui, sans scrupule, assassinaient nos envoyés, n'avaient-ils pas dispense pour la guerre du poison contre les alliés des Turcs? Rien ne parait plus vraisemblable.

Dès lors il n'y eut plus deux partis. Le roi se trouva seul, et le Dauphin fut le vrai roi.

naiisaere des Vaodois (1545). — Le roi, très aiïaissé, devenait un jouet. On décidait sans lui, ou sur quelque mot vague qu'on lui tirait, les choses les plus graves et les plus terribles affaires, comme le massacre des Yau« dois.

Il y avait quatre ans que le peuple infortuné desYaudois de Provence flottait entre la vie et la mort, condamné en 1540, gracié en 1541, puis incertain de plus en plus à l'aporoche du nouveau règne.

Après la paix, le 1®' janvier 1545, le cardinal de Tournon écrivit et présenta à la signature du malade une révoca^ tton, de quoi? De la grâce accordée en 1541. Le roi signa sans lire comme il faisait le plus souvent.

Ce qui rendait l'affaire hideuse, c'est que les parlementaires, si zélés contre l'hérésie, étaient des familles seigneuriales qui allaient recueillir la dépouille sanglante des victimes. Ils étaient juges et héritiers.

L'arrêt de 1540 ordonnait de punir les chefs. Et la pièce informe de 1545, l'horrible faux, ordonnait d'exterminer tout.

Pour en être plus sûr on s'adressa à des brigands, aux soldats des galères, dont bon nombre étaient repris de uslice, endurcis aux guerrcji .barbaresques. Le président

d*Oppède, sans bruit, sans notification, mène lui-même celte bande.

Une circonstance curieuse, c'est que, ceux de Gabrières s*étant livrés sur la parole du président, il dit aux troupes de tuer tout. Elles refusèrent d'abord; les galériens se montrèrent plus scrupuleux que les magistrats. Ce ne fut pas sans peine qu*on les mit à tuer, voler et violer.

La chose une fois lancée, il y eut des barbaries exécrables. € Dans une seule église, dit un témoin, j'ai vu tuer quatre ou cinq cents pauvres âmes de femmes et d'enfants. > Et comment? Avec une furie, des supplices, des caprices atroces. Vingt-cinq femmes, échappées, cachées dans une caverne, sur terre du pape, y furent, par ordre du légat enfermées, étouffées. Cinq ans après, quand on fit le procès, on retrouva leurs os. Il y eut huit cents maisons brûlées, deux mille morts (au moindre calcul), sept cents forçats. Les soldats à leur retour, vendaient à bon compte aux passants les petits garçons et les petites filles, dont ils n l voulaient plus.

Mort de François V (31 mars 1547). — Telles furent les amertumes, les expiations des dernier jours de François P^ La plus grande était de laisser le trône de France à cette triste figure d'Henri II, qui n'avait rien de son père ni de son pays, qui ne représentait que la captivité de Madrid, qui, lors même qu'il aurait des succès, des conquêtes, n'irait qu'à la ruine. Pourquoi? En combattant l'Espagne, il ne serait rien moins qu'Espagnol.

Le songe deBasineetde Childéricse renouvelle ici. Elle vit les descendants de ce roi Franc tomber du lion au loup, du loup aux chiens, et cette dynastie finir honteusement par un combat de tournebroches qui se mangeaient à belles dents.

Un tel fils, de tels petits-fils ont relevé beaucoup François P" par le contraste. Les protestants surtout, qui avaient

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