ËGË ET PRISE DE LA ROCHELLE
seaux n'arriveraient pas, disent-ils, et les petits ne serviraient à rien. Les réfugiés français qui étaient sur la flotte anglaise, demandent alors à conduire les brûlots, à aller de leur main les attacher à l'eslacade. Ils voyaient de la mer les pauvres gens de la Rochelle qui avaient bravement ouvert le petit port intérieur, et qui de leur côté, malgré la marée et le vent, poussaient un brûlot sur la digue. L'Anglais ne donna pas à nos Français l'honneur qu'ils demandaient, n poussa ses brûlots lui-même, très mal et de travers. Tout avorta honteusement.
Cela tua la Rochelle et finit tout. Le coup moral en fut si fort, qu'on courut se jeter aux genoux de Richelieu qui, voulant ramener nos protestants de France, calmer les protestants d'Europe, ne fut point dur pour les vaincus. Il entra, pour faire enlever les cadavres, nettoyer les rues, et, le temple étant redevenu la cathédrale, il y dit la messe le matin du jour de la Toussaint (1*' novembre 1628). Le roi entra le soir, avec quelques troupes dans le plus grand ordre.
L'héroïque Guiton, qu'un ennemi généreux eût accueilli ne fut pas reçu du roi. Le cardinal le regarda de travers et le fit interner dans je ne sais quel village*