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INTRIGUES DES DEUX REINES

devoir. Sa gloire de roi, rhonneur de la couronne et rhonneur de la France se confondaient dans son esprit. Richelieu tira parti de cela admirablement, et de son vice lui fit plusieurs vertus.

Le malheur était qu*on ne pouvait compter sur rien avec une créature si maladive, qui déjà trois ou quatre fois avait touché à la mort, que l'ennui consumait, que les soucis minaient, que les médecins ruinaient, exterminaient, par la médecine du temps, implacablement purgative.

Le roi était resté'en Italie. Le premier médecin, Bouvart, Thomme des reines, ordonna le retour à Lyon (7 août), Toublî des pensées ce la guerre. On le fit consentir à une trêve qui, le 1®' septembre, devait livrer Casai aux Ëspa* gnols.

Le roi promit de plus à sa mère, à sa femme, qu'il chasserait Richelieu, mais seulement € après la paix ».

Richelieu, arrivant à Lyon, trouva la situation toute gâtée et malade autant que le roi. Louis XIII était encore debout; mais il avait si mauvaise mine, qu'on voyait qu'il allait tomber.

Il s'alita le 22 septembre, et le 30 fut à la mort. Le bon courtisan Bassompierre, homme de la reine mère. Guise, Longuevilie, le vieux d'Épernon, saluèrent la royauté nouvelle, prirent les ordres de Monsieur pour l'arrestation de Richelieu. Richelieu avait alors une vie sombre et pru* dente, très réservée. Il ne se fiait qu'à une parente, une espèce de fille adoplive, sa nièce, Mme de Combalet, qui tenait sa maison et avait soin de lui. Les reines la haïssaient. Le 1" octobre, il y eut une grande scène. Le roi mourant communia et demanda pardon à tout le monde. Monsieur croyait succéder à coup sûr. Mais, le roi qui n'ai> malt pas son frère pouvait tester en faveur de sa femme eomme régente, si Anne avait un enfant.

A ce roomenty de Paris, arrivait une armée, les amis de Monsieur avec tous leurs amis, les Guises, les Créqui et les Bassompierre.Déjà ils étaient sûrs du gouverneur de Lyon, de sorte qu'ils tenaient le roi dans leurs mains.

Il ne manquait plus qu'une chose, c'était que le roi se hâtât de mourir. Les deux partis étaient en présence. La reine Anne tenait la chambre. Et les amis de Monsieur tenaient la ville. Quel que fût le vainqueur, Richelieu périssait.

Les médecins avaient saigné six fois en six jours cet homme pâle qui n'avait point de sang. La nature le sauva. La vraie cause du mal, ignorée, un abcès creva. Tout fat fini. Quoique très faible, il se mit sur son séant, parla de se lever. Guise, Créqui, Bassompierre furent consternés. Richelieu était près de lui. R lui montrait que les Impériaux se jouaient de lui à Ratisbonne. Du 2 au 36, il avait obtenu du roi réveillé un effort désespéré ; il avait de ses mains arraché aux intendants, envoyé l'argent nécessaire. Plus, des renforts. Plus, l'ordre précis du roi de donner la bataille, ei, si on la gagnait, de ne pas s'amuser à ménager l'Espagne, mais de finir ces comédies et d'entrer dans le Milanais. Cette armée était sous trois maréchaux, Schomberg et d'Ëffiat, deux hommes de talent et très sûrs, le troisième suspect (l'agent des reines), Marillac, frère du garde des sceaux ; mais ce Marillac dut marcher. Schombei^, ayant l'ordre précis et répété, ne voulut plus attendre une heure, et mena l'armée à l'ennemi. Les Espagnols étaient perdos.

Mais, comme du ciel, un secours leur vient, l'envoyé du pape, Tabbé Mazarino. Un traité fait le 13 avait été apporté en Piémont; une semaine entière, Mazarin le garda en poche, devinant bien le parti qu'il en tirerait. Aux premières salves, faites de loin, notre abbé se présente aux rangs français, court, fait signe d'un mouchoir, voltige à cheval, criant : La paix ! la paix !

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