‹ Abrégé d'histoire de FranceChapitre 66 sur 108 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

ttUERRE CONTRE LA HOLLANDE ET L'EMPIRE. — BATAILLE DE SE- NEF. — MORT DE TURENNE. — PAIX DE NIMÊGUE. — MORT DE COLBERT, DE LA REINE. — RÉVOCATION DE l'ÉDIT DE NANTES. — LIGUE D'AUGSBOURG. — RÉVOLUTION D'ANGLETERRE; REN- VERSEMENT DE JACQUES II.

Sermeiit du test en Anii^leierre. — L'Angletefre finit

par comprendre que ce qu'on demandait franchement en Hollande, on le ferait chez elle par la trahison de Charles 0. Le parlement lança le serment du Test. Quiconque a des charges publiques doit : 1*^ jurer que le roi (non le pape) est le chef de TÉglise; 2® déclarer ne pas croire au princicipal des dogmes catholiques.

Beeuiade de Louiii XIV. — La guerre a commencé en 1672. Dès l'hiver on n'en peut plus. On est obligé de rappeler peu à peu les garnisons de Hollande. On se jette en Allemagne sans résultats. Le roi recule rapidement. Dès avril 1673 il se contenterait des conditions que les Hollandais ne lui offrent plus. . — En juin, relevé par la prise importante de Maêstricht, il croit qu'on va céder. En juin même, Ruyter a battu nos flottes qu'on voulait jeter sur la côte hollandaise. Le plan d'une descente est pour toujours abandonné.

En septembre, le roi croit calmer la Hollande en ne gar-

Bataille dk senep. S59

dant qae \ villes qu'il a prises aux Espagnols. Mais la Hollande défend TEspagne.

F4n Allemagne, dans celte guerre que le roi a lui-même déclarée religieuse et catholique, il se voit combattu par la catholique Espagne et la catholique Autriche.

fisemm eontre la Hollaode et l'Empire. Bataille de

fli«aef (1674). — Il fallut bien qne Louis XIY, impuissant contre la Hollande, revint à sa première politique, la spoliation plus facile de la vieille ruine espagnole, la guerre de catholiques contre catholiques. Singulier revirement. 11 s'adresse aux protestants. Il caresse la Hollande, veut gagner le prince d'Orange. Il va, derrière l'Empire, encourager, tromper les Hongrois calvinistes.

En Angleterre, il paye Topposition du Parlement et les chefs mêmes des puritains contre Charles II, pourque celuici soit décidément forcé de trahir et d'appeler l'ennemi.

Quelle montagne de haine s'éleva contre nous, quelle furieuse indignation, on put en juger à Senef (11 août 1674). Elle y rendit nos ennemis indomptables, et, d'un ramas de soldats de toutes nations, elle fit une armée aussi ferme que l'armée française. Il y eut deux batailles en un jour. L'étonnement des nôtres ne fut pas petit quand ayant rompu trois fois les alliés le matin, se croyant victorieux, ils virent les prétendus vaincus se reformer obstinément dans un poste meilleur. Là, la France reconnut la France. Il y avait force Français sous le drapeau de Hollande. Et même les Autrichiens étaient conduits par un Français, H. de Souches. La fureur acharnée de Gondé,qui eut trois chevaux tués sous lui, le massacre de 8,000 Français et de 8,000 alliés, tout cela n'amena pas de résultat décisif.

YaniMui. — Mais le roi avaitencore pour lui la supériorité dans la guerre de sièges, l'habileté de Yauban. La guerre des machines et des murs commence par le perfection-» aement du génie« de rartilierie. Chose curieuse I c'est

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Yauban, cet ami de l'humanité, qui, suivant le progrès logique de son art, et trouvant les moyens de prendre et défendre les places par des règles invariables, créa les plus terribles aggravations de la guerre.

Ces arts nouveaux, cette terreur des bombardements, donnaient de rapides succès. Il ne fallut à Yauban que deux mois pour reprendre la Franche-Comté, par les sièges de Besançon, Salins et Dôle. La Suisse y perdit sa vraie frontière, dont la neutralité l'avait couverte deux cents ans. La guerre, de plus en plus, devient une affaire d'ai^enl. Colbert, traîné, surmené, écrasé, écrase la France, les petits étalagistes des halles payent pour la première fois leur place au pavé. L'impôt du tabac est immense et croissant avec le besoin de l'oubli et de l'abrutissement. Le marchand et l'ouvrier donnent moitié de leurs gains à rimp6t.

Campagne d'Alsaee (1675). — Mort de T«reHtt«

(27 juillet). — La France, dans cette crise intérieure eût été certainement entamée au Nord sans les divisions des alliés à l'Est, sans la merveilleuse habileté de Turenne. Toute une année, il tint l'Empire en échec sur le Bbio. Il n'eut pas grand mal, l'Empereur étant tout occupé de la Hongrie. Turenne avait en face le savant tacticien MontecucuUi et une armée très forte en nombre.

Il avait ôté à cette armée son point d'appui naturel sur la rive droite du Rhin par la destruction calculée du Palatinat. 11 ût soigneusement manger, consommer, ce qui put se consommer, puis détruire le reste, saccager, incendier tout, faire, autant qu'on put, le désert.

Il se fit plusieurs fois une armée à lui. La dernière, de vingt-deux mille hommes, était dans sa main tellement, si fortement attachée, dévouée, passionnée dans Tobéissance, qu'il hasarda avec elle la plus scabreuse opération quise soit jamais faite en guerre. Ce fut de laisser l'eu-

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