X, AYLMER.—XI, GOSFORD
1. Gouverneurs.—Cinq gouverneurs, un lieutenant- | et cinq administrateurs se sont succédé pendant es 23 années qui se sont écoulées depuis le départ de Prévost à celui de Gosford.
2. Parlements.—Durant ces années orageuses, huit Parlements ont été successivement convoqués pour l’expédition des affaires; trois ont été dissous avant l'expiration des quatre sessions. M, L.J. Papineau, âgé seulement de 26 ans, fut appelé à la Présidence, à la quatrième session du huitième Parlement en Janvier 1815. Ilremplaga M. Panet, nommé au Conseil législatif. M. Papineau, si cébre comme tribun populaire, présida la Chambre d’Assemblée jusqu'aux troubles de 1837 ; pendant deux sessions seulement, celles de 1823 et de 1824, il fut remplacé par M. J.-B. Vallière de St.-Réal.
8. Drummond.—1815 à 1816.—-En 1815, Prévost laissa le pays aux mains de Sir G. Drummond. Après avoir inauguré son gouvernement par une distribution de récompenses aux militaires qui s'étaient le plus distingués dans la dernière guerre, l'administrateur s’appliqua à réformer les abus qui s'étaient glissés dans le département des Postes et celui des Terres, Depuis 18 ans, plus de le millions d’acres de terre avaient été distribués à des avoris.
Dissolution C'18e Parlement.—Les Juges Sewell et Monk ayant été disculpés des accusations portées contre eux, grâce aux habiles manœuvres qu'ils avaient fait jouer en Angleterre, la Chambre allait se mettre en devoir de voter une adresse au prince régent, lorqu’elle fut dissoute par le gouverneur, dont le discours fut plein de reproches. Le peuple renvoya au Parlement presque tous les m°ues membres,
5. VII. Sherbrooke.—1816 à 1818. — Sir John Sherbrooke remplaga Drummond en 1816. Le nouveau gouverneur était un homme prudent et modéré. Après agoir donné une preuve de ses dispositions bienveiliantes
en venant en aide aux habitants du District de Québes,
dont la récolte avait manqué, il inaugura son gouvernement en cherchant à concilier les partis, et appela Mgr. Plessis au Conseil Législatif,
Départ de SherbrookKe.—Sherbrooke, comprenant .
toute la difficulté de sa position, demanda son rappel en 1818, et fut remplacé par le duc de Richmond.
VIN. Richmond.—1818 à 1819. (rand Seigneur
ruiné et homme vain autant qu'entier dans ses idées, Richmond, sans égard à l’état obéré des finances, comméhce par présenter à la chambre un budjet excessif. Pendant qu'elle délibère sur ce sujet, l: gouverneur la dissout en adressant aux membres des paroles inconvenantes. Peu après, Richmond mourut, au retour d'un voyage dans le Haut-Canadn. Cette courte administration rappelie iesmanvais jours des Haldimand et dés Craig. Tlestie premier des gouverneurs anglais dont les cendres reposent dans ce PAYS,
6 Archevêché de Québec.—Convaincu de l'im-
pas-ibilité de protestantiser le pays, l'Angleterre prit le ses parti dé ne plus molester les C‘inadiens dans l'exercice de loir religion, En janvier 1819, le Saint-Siége érigea
l'église de Québce en métropole, et conféra à Mgr, Piessis le titre d'Archevêque. Vers ce même temps, Mgr. Plessis obtint l'érection des siéges de Montréal et de Kingston,
7. Monk.—Maitland.—-1819 à 1820. Le pou voir passa sucoessivément par les mains de l’honorable James Monk, qui jeta le pays dans los troubles et l'agitation d’uné nouvelle élection générale, et ensuite par celles de Sir Peregrine Maitland,
8. IX. Dalhousie.--1820 à 1828.--Le comte de Dulhousie arriva à Québec au mois de juin 1820. Son adiinistration devait rappeler celle de Ctnig. Aya mission de nréparer les voies à l'union des deux Odtiaäas
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et se refusant à toute concession, Dalhousie voulut gouverner le pays avec le plus grand despotisnme, En vain la Chambre lui montre-t-elle ses droits inscrits dans la Constitution, en vain lui signale-t-elle d'énormes «bus: toutes ses représentations demeurent sans effet, En conséquence de cette conduite si peu sage, l’antagonisu:e eutre les deux branches de la Législature augmente de jour en jour.
9. Projets d'Union des Canadas. — En 1822, eroyant le moment venu de proposer l’Union du Haut et du Bas-Canada, les ministres mirent le projet devant les Cowmunes, À la nouvelle de ces machinatious perfides, les Canadiens s’émurent : des pétitions se couvrirent de signatures et furent portées en Angleterre pour protester contro la mesure. Le Haut-Canada se prononga contre le projet. Devant cette réprobation générale, le Ministère impérial dut reculer.
10. Départ de Dalhousie.—En 1828, une pétition revêtuc de 80,000 signatures fut envoyée en Angleterre pour emander le rappel de lord Dulhousie et une enquête sur ies affaires du Canada. Le comte Dalhousie, après avoir lutté : -uccès contre la représentation nationale et s'être conviicu qu’on ne se joue pas comme on veut d’un peuple libre, passa en Angleterre. Dalhousie eut la 14cheté de chercher à rejeter sur le Clergé catholique l’insuccès de su politique injuste et partiale.
11. Kempt.--1828 à 1830.-—Le Canada respire un instant sous Sir James Kempt, qui, en qualité d'udiuinistrateur, fut chargé du gouvernement, en 1828. Les officiers de milice et les magistrats destitués par Duihousie furent rétablis; l'Honorable Papineau put occuper suu fauteuil présidentiel. Le nouveau gouverneur travailla à garder la neutralité entre le Conseil et la Chaibre, qu'il laissa bre de disposer des deniers publics, sauf le salaire du gouverneur et celui des juges,
Kempt, avait à cœur de ramener l'harnonie en rendant justice à tous ; mais sentant que les instructions qu'il avait regues de la Cour ne s'accordaient guère avec ses vues, il demanda et obtint son rappel.
DOMINATION ANGLAISE
12 X. Aylmer.--1830 à 1835.—Le successeur de Keumpt fut lord Aylmer; il arriva à Québec vers le milieu d'octobre 1830, Lord Aylmer offrit, de la part du gouvernement imperial, d'abandouner à li Chambre le contrôle de tous les deniers à part la liste civile. La Chambre, aigrie par les violents débats précédents, trouva la concession insuffisante et insista pour une réforme radicale,
13. Evénements remarquables.—Pendant l’élection d’un membre à Montréal, dans le mois de mai 1832, trois Canadiens furent tués par les troupes auglaises.
La même année, le choléra fit pour la première fois de grands ravages en Canada, A Québec, cette épidémie décima la population. En 1834, le choléra fit encore de nombreuses victimes ; le Château Saint-Louis, ancienne résidence des gouverneurs, fut détruit par un incendie,
Ce fut aussi la même année que le gouvernement impérial abandonna au bureau colonial la solution de toutes les difficultés qui concernent les colonies.
14. Lord Gosford-—1835 à 1838.—Lord Gosford remplaga lord Aylmer, vers la fin d'août 1835. Il arriva accompagné de deux commissaires royaux, chargés de s’en-
uérir des affaires du pays et d’en faire au roi un rapport étaillé.
Après s'être montré plein de politesse et de bienveillance envers les Canadiens, il ouvre les Chambres par un discours adroit, prononcé d'abord eu français, puis en angluis, Se bergant de l'esnoir trompeur que ses représentations allaient être écoutécs, l’Assemblée soumet de nouveuu ses gricfs, Lu per-istuuvce uu Couseil à rejeter la plupart des mesures de la Chambre; les instructions de la Conimission qui commencent à transpirer, ne tardent pas à la désabuser. Se voyant ainsi trompés, les Députés ne votent les subsides que pour six mois.
Devant un déncument si inattendu, les esprits s'6chauffent, Le rapport malveillant des Com'uissaires, la détermination des Ministres à ne faire aucune concession, achèvent de porter l’exaspération à son comble. De toutes parts le peuple s'assemble et proteste,
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DOM:NATION ANGLAISE. 83
15. Luttes parlementaires.— Au dérirt de Pré. vost commencent ces luttes parlementaires qui continuent jusqu’en 1837 et qui se terminent d’une manière fatale. En accordant, en 1791, le gouvernement constitutionnel, J'Angleterre s 'engageuit À abandonner à la législature du Cannda toutes les immunités et les priviléges dont jouissent les Communes en Angleterre,
Subsides.—Entre autres priviléges, la Chambre reclamait le vote exclusif des subsides. Appuyée sur la justice de son droit, elle ne voulut rien céder et elle ne cessa de combattre pour l'obtenir dans toute sa plénitude.
Défenseurs des droits de la Chambre.-Cette lutte parlementaire trouva de vaillants champions dans les Papineau, les Bédard, les Viger, les Bourdages, les Nelson, les Cuvillier, les Quesnel, les” Morin, ete.
16. Etat des débats pendant l’administration de Sherbrooke, de Richmond et de Dalhousie.— Pendant l'administration de Sherbrooke, la question des subsides commença à agiter les esprits. Le Parlement dans le Haut Canada s’occupa également de cette question. Richmond demanda aux Députés de voter, une fois pour toutes, une liste civile pour la vie du Roi, La Chambre fut dis soute avant son vote,
Sous Je comte de Dalhousie, la Chambre vota un bill de subsides que le Conseil rejeta sur l'avis du gouverneur, ce qui mécontenta be: tucoup le peuple; l’année snivante.les sub. sides furent votés ct rejetés de la même manière pur : Conseii, Ce vote fut suivi d'une nouvelle dissolution des Chambres,
Les mêmes députés furent réélus, et Daihousie ivfusa de confirmer la réélection de M, Papineau comme président de 1 Chambre.
17. La Chambre vote des subsides. Kempt laisse: la Chambre libre d'employer à son eré les deniers publies, sauf le sulaire du gouverneur et celui des juges, La Chambre n'était pas entièrement satisfaite de ectte em ne sion ; elle vota néanmoins des sommes considérables n
différents objets d'utilité publique ; elle prouva aïnsi que si elle demandait le contrôle des subsides, elle n'avait en vue que l'avantage du pays.
1€. La lutte augmente sous ÿimet.— Sous Ayimer, les débats furent encore plus origeux, ler injustices révoltantes du pouvoir laissèrent dans ie esprits les germes d’un profond mécontentement. La Chambre fut dissoute en 1834, ct les élections suivantes furent accow:pagnées de grands tronbles,
Les 92 résolutions.—La Chambre, dans la session de 1834, passa une série de 92 résolutions, contenant les griefs des Canadiens contre l'Angleterre.
19. Les difficultés augmentent.—Sous lord Gosford, les esprits s'échauffèrent de plus en plus; le mécontentement fut augmenté par les résolutions hostiles que le Parlement im: érial venait d'adopter; la Chambre ayant protesté contre ces mesures, lord Gosford la prorogea, après six jours de session,
Questionnaire —1.—De 1815 à 1838 combien comptes-vous de gouverncurs?—2. Combien ermitez vous de Parlements pondant ces 23 années?—3. Quel fut lo successeur de Prévost ?—4. Qi remplaga Drummoni ? 5. Quel fat le -uccexseur de Sherbrocky ?—#6. Quand Pan gleterre prit-elle le sage parti de ne plus molester les Canadiens dans l'exercice de leur r ligion?- 7. Qui succéda à Richmond, en 1819, et qui rempla@ : ce deiuier ?—8. Pendant conbien d'annéex Dulhousie at-il gouv.rné le pays ?—9 Quand fut co qu le premier projet d'Union des deux Canadas ’—10, Quelle fut la cause du d‘part 1e Dalhousie 1— 11, Quel fut le successeur de Dalhousie ? - 12. Qnel fut le successeur de
Kempt ?-- 13. Quels furent les priac:niux événements de l'administration d’Aylmer ?—14, Q'el fur le &r eur de lourd Aylmer *--15. Quand commenga la lutte eutre les d' 77 1te8 branches de la Lézisliture et
uelle fut la cause principale ds ces luttes?—16 Quel fut l’état des débuts sous l'administration de Sherbro ke, de Richinond et de Dalhousie ?—17. Sou+ l'admini tration de Kempt? 18. Sous Aylmer ?—19 Sous lord Gosford?