‹ Abrégé d'histoire du Canada [microform]Chapitre 54 sur 57 · ET LES LETTRES · texte numérisé non relu

ET LES LETTRES

Etat Social.—AÀ peine le drapeau anglais flottait-il sur les murs de nos villes et de nos forts, que l'Angleterre voulut gouverner les Canadiens, comme elle gouvernait alors l'Irlande,

en les privant des libertés dont jouissaient ses autres aujets,

en les gênant dans l'exercice de leur religion et en s’attaquant même à leurs lois et à leur langue.

4 La proximité où se trouve le Canada des Etats-Unis et la crainte de perdre sa Colonie modifièrent bientôt sa politique injuste et tyrannique, surtout depuis’ 1774. De concession en concession, elle arriva à abandonner aux Canadiens la liberté de se gouverner euivant leur désir.

Le Canada est peut-être, même dans sa sujétion à l’égard de l'Angleterre, le plus libre et le plus indépendant des peuples modernes, et cela, grâce à sa vigoureuse sève de catholicisme.

Les catholiques et les protestants vivent dans la plus grande paix sur cette terre bénie de la Providence. (Cet heureux ré. sultat est en grande partie dû à nos communautés religieuses

de femmes, où n9s jeunes filles reçoivent l'instruction avec les

jeunes demoiselles des familles protestantes.les plus distinguées du.pays. Dans ces maisons, les jeunes demoiselles, protestantes etcathaliques,-apprennent à se connaitre, à s'aimer et à s’estimer et forment des liaisons qui durent toute la vie. Progrès.—Sous la direction de gouverneurs sages et éelai-

rés, représenté au Parlement par des homines capables de défendre les droits et les libertés du peunle et a lministré par

des hommes qui n’avaient à cœur que le bien être et la prospérité du pays, le Canada a fait depuis l’Union des progrès très-remarquables.

Nul pays n'offre, en effet, un exemple plus frappant de prospérité en si peu d'années. Nos rivières et nos lacs sont couverts de vaisseaux à voiles et à vapeur: les chemins de fer et les lignes télégraphiques font communiquer nos villes entre elles, avec les Etats-Unis et avec l'Europe: les manufactures s'ouvrent de tous côtés: les écoles primaires cou vrent toute la Province: les Colléges classiques, les couvents et les autres institutions supérieures font l'honneur des villes et des grands villages. ?

Communautés religieuses de femmes. “Le canon du Roi Très-Chrétien a cessé de gronder, le drapeau fleurdelisé ne

flotte plus sur nos villes et sur nos forts; mais les filles de Ste. Ursule, de Marguerite Bourgeois, les sœurs de la charité et une foule d’autres servantes de Dieu sont encore dans la Nouvelle France pour continuer l’œuvre providentiel de Dieu sur

ce pays.

En considérant les événements, il est facile de conclure aujourd’hui, que ies Ursulines et les Sœurs de Charité qui étaient venues avec elles pour prendre possession de l’Hôtel- Dieu et les missionnaires envoyés pour annoncer l’Evangile aux Hurons, aux Alzonquins et aux iroquois, ont plus fait pour le maintien de la Colonie et plus influé sur son avenir que les citadelles, les canons et les valeureux bataillons, qui pourtant ne marchandaient pas leur vie. Si la foree matérielle a fini par succomber, la force providentielle a encore ses vues sur cette colonie, destinée peut-être à jouer sur ce continent le rôle de la vieille France sur celui de l’Europe.

Former les jeunes filles à la piété, leur donner des connaissances utiles et agréables, soigner les malades dans les hôpitaux, recueillir les infirmes et les vieillards, servir de mères aux enfants qui n’en ont plus, ramener à la vertu ceux s’en sont éloignés, réformer les jeunes délinquantes: voilà les occupations journalières de ces héroïnes du Canada.

Maïsons d'Education.—Nos principales communautés fondées depuis la conquête sont: 1° le Couvent de la Providence à Montréal, fondé en 1828; 2° le Couvent du Sacré- Cœur, à St. Vincent, fondé en 1842; 3° les Sœurs des S$. Noms de Jésus et Marie, à Longueuil, en 1843; 4° les Sœurs de la Congrégation, à St. Roch de Québec, en 1844; 69 les Sœurs de Ste. Croix, en 1847 ; 6° les Sœurs Grises, à Québec, en 1848 ; 7° le Bon Pasteur, à Québec, en 1850 ; 8° les Filles de Ste. Anue, à St.-Jacques de l’Achigan, en 1853; 9° les Sœurs de la Présentation, à Ste.-Marie de Monnoir, en 1853;

109 les Sœurs de l’Assomption, à St.-Grégoire, en 1843; 119 les Sœurs de Jésus-Marie, à St.-Joseph de Lévis, en 1857; 129 les Dames du Sacré-Cœur, au Sault-au-iécollet, en 1858. Presque toutes ces [Institutions ont des succursales ou misrions répandues sur la surface du pays.

Hopitrux et Hespices.—Les différents Hôpitaux de Québec et de Montréal, les Sœurs de la Charité, le Bon Pasteur, les maisons de Réiovrme à Québec et à Montréal, les Sœurs de la Miséricorde, sont les plus remarquables parmi ces institutions.

Clergé du Canada —Le clergé catholique du Canada est

jeux, fervent et très-instruit. , Prêcher l’évangile au peuple, ui dunner l'exemple de la piêté et de la ferveur, diriger l’instruction classique et universitaire, contrôler l'instruction primaire, présider à toutes les æuvres de bienfaisance et de cha-

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nté, tels sont les principaux titres du clergé canadien à l'admiration et à la reconnaissance de tous les catholiques de ce pays.

Monument:.—Quoique pauvre, le clergé du Canada a cependant, par de sages économies, su élever des monuments impérissables, qui font honneur à la religion et à la patrie. Les colléges ou eéminaires de Rimouski, de Ste.-Anne, de Nicolet, des Trois-Rivières, de St.-Hyacinthe, de Ste.-Thérèse, de Ehambly, de l’Assomption et surtout l’'Université-Laval, rendront immortels les noms des prêtres qui en sont les fondateurs,

C’est au clergé, ou aux âmes pieuses auxquelles il a su inspirer son admirable charité, que nous devons tous les cou vents, les hospices et les hôpitaux élevés dans le pays.

Communautés: d'homines.—L'apostolat compte. des hommes dévoués parmi les Jésuites, les PP. Oblats, et les PP. de Ste.-Croix. Les Frères de la Doctrine Chrétienne, les Frères de St. Viateur et de St. Laurent instruisent des milliers de petits garçous avec un zêle que la religion seule peut inspirer. Les Frères de Saint Vincent de Paul sout chargés de réformer les jeunes délinquants: le succès qu’ils ont obtenu est bien difficile à surpasser,

Pisté des Canadtens.—Ce qui console le véritable ami de gon pays, c’est qu’au milieu de ce progrès matériel et intellectuel des dernières années, le péuple est resté bon, pieux, en un mot, digne de ses ancêtres ; non content de garder ses institutions et ses coutumes, il en a gardé surtout la foi.

Oui, la moin de la Providence est visible dans ce pays, qui a eu le bonheur de rester très-chrétien, même sous la domination d’un Etat protestant.

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