‹ Abrégé d'histoire du Canada [microform]Chapitre 55 sur 57 · HOMMAGE DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

HOMMAGE DE L'AUTEUR

Bien-aimés jeunes gens, Vous venez de voir se dérouler devant vous l’un des tableaux les plus admirables que les siècles qui ne sont plus, puissent prêter à l’histoire. | ; Remarquez que l’imagination n’a pas eu besoin de recourir ici à la fable pour provoquer les applaudissements du spectateur, en lui offrant des scènes mensongères et trompeuses, inventées quelquefois pour couvrir l'aridité d’un sujet neu intéressnas

par lui-même. Non. Ce tableau est vrai dans tous ses détails, autant que dans son ensemble, et le roman « dû s’effacer en face de merveilles au-dessus de ses conceptions, et qui ne sont bien reproduites que par la peinture simple et nue de l’histoire.

Ce tableau d’un passé aussi brillant n’est pa: seulement un titre d'honneur pour le présent, c’est encore un titre d'espé rance, et une garantie de gloire pour l'avenir.

Aujourd’hui, les Canadiens-Français s2nt maîtres de leur destinée, tant est imuginaire la tutelle britannique. Et cependant, il y a à peine trente ans que leurs ennemis met taient encore en question ei les fils de la France avaic:nt droit aux libertés civiles, et que ces derniers étaient obligés de combattre de toutes leurs forces pour conserver les libertés qu’ils avaient, et acquérir celles qui leur manquaient. Ils jouissent maintenant de la plénitude de toates les libertés.

Aussi, chez eux, la civiiisation accueille tous les progrès moraux et matériels. Les sciences, les lettres, les arts s’a-

andissent, s'élèvent, se perfectionnent : tout concourt à faire es Canadiens-Français un peuple digne du présent, et digne de ses grandes destinées futures.

Il ne s’agit plus de guerroyer contre un ennemi envahisseur, ou de s'opposer à une souveraineté qui veut imposer des lois arbitraires. Maintenant, c’est la joute des talents entre les membres de la famille canadienne, joute pacifique, mais la plus grandiose qui fût ja: sais.

Les lutteurs sont nombreux, les noms marquants ne le sont pas moins.

JIls ont eu des devanciers qui eux avaient à lutter au milieu

d’une atmosphère noire d’orayes, et pleine des bruits du tonnerre. Bien aimés jeunes gens, les uns et les autres sont des guides qui vous ont ouvert le chemin de l’avenir. En attendant que vous alliez les suivre au champ d'honneur, vous me permettrez, à moi, votre compatriote et votre vieil ami, qui ai toujours aimé Ææs enfants, de vous oifrir cet humble bouquet que j’ai voulu couvrir du lustre de nos gloires canadiennes; vous le recevrez eomme un gave de l'intérêt que je vous ai toujours porté et que je vous porte encore pius que jamais.

Publicistes.—Ce sont les publicistes qui ont ouvert la liste des écrivains en Canada. Naturellement, aux premiers jours de la domination anglaise et pendant longtemps après, au sein des orages politiques, la plume canadienne a dû s’occuper surtout de defendre nos droits outragés et de frayer un chemin à nos légitimes aspirations nationales. !

Encore aujourd’hui, les publicistes sont les rois de la plume et celxest dû à ce que leurs travaux touchent à la question capitale de nos droits et de nos libertés politiques,

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Nous ne pouvons pas donner tous les noms qui méritent d'être signalés, en voici quelques-uns: Etienne Parent, J.-C. Taché, D.-B. Viger, P.-J.-0. Chauveau, J.-G. Barthe, N. Aubin, Joseph Cauchon, Hector Fabre, Oscar Dunn, L.-0. David, E. Renauït, F.-X. Demers, Beausoleil, Amyot, Derome, Desjardins, Decelles, J.-C. Langelier, E. Gérin, Désilets, I. Belleau, etc., etc., etc.

Orateurs.—La religion est fière des noms qui suivent: l'abbé Holmes, Mgr. Raymond, Mzr. de Birtha, Msr. Lafièche, Mgr. À. Racine; les abbés Colin et Martineau, de St. Sulpice; les abbés Benj. Pâquet, Louis Pâquet et N. Bégin, du Sémt naire de Québec ; l’abbé Quertier, l’abbé Chandonnet, l'abbé Bruchési, les ab6s Proulx, O. Caron, etc.

Nos orateurs politiques sont: L.-J, Papineau, Lafontaine, Joseph-E louard Turcot, Georges Cartier, l’Hon, P.-J.-0. Chauveau, l’Hon. Eauchon, l'Hon. Chapleau, M. Laurier, etc., ete.

Pédagogiste.— Mgr. Jean Langevin, auteur d’un Cours de Pédagogie.

Légistes.—Des avocats savants et laborieux ont enrichi notre bibliothèque nationale de travaux trèsimportants sur certaines parties de notre Droit:. Hector Langevin, Beaubien, J. Crémazie, Gonzague Doutre, J.-U. Beaudry, S. Paguuelo, Girouard, de Bellefenille, Loranger, etc., etc., etc.

Historiens.— Garneau, Ferland, Faillon, Laverdière, l'abbé Maureault, l'abbé Verreault, Bibean, J. C. Taché, H. L. Langevin, T.-P. Bédard, Louis-P. Turcotte, etc., ete.,-etc.

Naturalistes.— Les abbés Provencher, O. Brunet, Moyen; M. de St.-C;r, lo Dr. Crevier, M. Lemoine, etc. ,

Pcetes.— Le Canada en possède un grand nombre ; uvus nous contenterons de ne nommer que Lenoir, Fiset, O. Crémazie, Routhier, Fréchette, Lemay et Benjamin Sulte.

Prosateurs.—Nous signalons sous ce titre les écrivains qui ont exercé leur plume eu prose surtout, sur des sujets qui ne sont pas du domaine des questions constitntionnelles, historiques ou scientifiques; P.-A. DeGaspé, A.-B. Routhier, Hubert Larue, Faucher de St. !faurice, l'abbé Casgrain, l’abbé Guay, Montpetit, N. Thibault, etc., etc., etc.

Romanciers.—P.-J.-0. Chavveau, de Boucherville, Géria Lajoie, Marmette, Déguise, Legendre, J. Royal, etc., etc.

Peintres.— Plamondon, Bourassa, Le Chevalier Falardeau, T. Hamel, E. Hamel, etc., etc.

Musiciens.— Ernest Gagnon, Damis Paul, N. Crépault, D. Ducharme, Gustave Gagnon, A..G. Boucher, Arthur Lavigne, Octave Pelletier, C. Lavigueur, Lachevrotière, O.-H. De Chatillon, Paul Létonda!, (Français); Couture, Calixte Levallée, Pauneton, etc., etc., ete.

NOTES PÉDAGOGIQUES

PRÉPARATION PROCHAINE.—En histoire, plus peut être que dans aucune autre branche d'enseignement, il est très-utile À Pélève et à l’Instituteur lui même de pratiquer ce qu'on entend. én pédagogie par préparation prochaine: expliquez aux enfants la leçon prochaine, faites leur comprendre la signification des mots qui s’y rencontrent; en un mot, faites et dites tout ce qui pourra leur en faciliter l'étude, vous souvenaat toujours que le bon maître aplanit, autant qu’il le peut, les difficultés de l’étude à ses élèves.

LECTURE DES GRANDS MODÈLES.—Pour bien enseigner, il faut bien savoir; l’Instituteur doit donc lire les principaux ouvrages historiques du pays : Garneau, l'abbé Ferland, Char- Jevoix, Laverdière, l’histoire des Ursulines, etc., sont les auteurs qui doivent se trouver, autant que possible, dans la bibliothèque de l’Instituteur. En racontant aux enfants des faits et des anecdotes, qui naturellement ne trouvent pus place dans un petit abrégé, l’Instituteur rendra ses leçons intéressantes et donnera aux élèves une haute idée de sa capacité.

ÂPPRENDRE PAR CŒUR.—N'exigez pas que les élèves, surtout:ceux qui sont un peu âgés, apprennent mot à not les leçons d'histoire; adressez-vous plus à leur intelligence qu’à Jeur mémoire: que l’élève apprenne plutôt des faits que des mots; meublez la mémoire, mais aussi nourrissez l'inielligence et le cœur. Souvenez-vous, Mesdemoiselles et Messieurs, combien cette méthode vous a été profitable à vousmême penda:t votre séjour à l’école Normale. (1).

Bur pe L’æistoire.— Rendre le peuple meilleur, telle est la devise de l'Ecole Normale c’est le but de l’enseignement en

énéral, mais plus particulièrement celui de l’enseignement de Phistoire du pays." Vous vous ferez un devoir de faire admirer à vos élèves tout ce qui ést beaù, noble, grand et sublime: les actes de dévoûment à là religion et à la patrie; la piété de toue ceux qui étaient à la tête de l’administration; les beaux faits d'armes; les progrès du pays et les hommes qui y ont contribué ; les voies et la bonté de la Providence, qui changeait en bien tous les malheurs qui arrivaient à la Colonie, etc. En un mot, que les enfants apprennent, par vos sages et intelligentes

He € on, 2.

(1) Ces notes pédagogiques sont spécialement adressées aux élèves &e l'Ecole Normale. 57 7: 1 M a TISTe TS :

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NOTES PÉDAGOGIQUES. 40

leçons, à connaître et à aimer la patrie, et qu’ils prennent 18 résolution de la bien servir plus tard, chacun dans la position où la P: ovidence les placera.

DATES.— Quant aux dates, que vos élèves apprennent à retenir celles des événements les plus remarquables; mais ne surchargez pas leur mémoire de dates d'événements sans importance.

AxaLYse.—Souvenez-vous que la méthode analytique, si ntile dans toutes les branches d'enseignement, est d'une utilité indispensable pour bien retenir les faits historiques.

l'aites aux élèves des questions qui aient pour but de grouper les événements de même nature et de classer les personnages remplissant le même emploi, comme par exemple: 1° les gouverneurs ; 2° les administrateurs; 3° les intendants; 4° les principaux vice-rois; 5° les évêques; 6° les gouvernements; 7° les missionnaires ; 8° les principales compagnies: 99 Jes traités de paix ; 10° les combats les plus glorieux ; 119 les principales fondations; 12® les principales découvertes: 139 Jcs phases par lesquelles l’Eglise du Canada a passé; 14 les fondations d’étal'issements d'éducation, de charité, etc. s 15° les orateurs de la Chambre d'Assemblée; les ministères

-qui ont fait le plus de bien au pays; 16° les érections des

évêchés qui forment notre Province ecclésiastique ; 179 les actes de dévoûment au pays; 18° les héros; 199 les héroïnes; 209 les calamités publiques, etc., etc.

‘ HISTOIRE DU CANADA EN TA -Ponr lien faire ces nalyses historiques, vous vons serv .:e7 avec heaucoup d’avantage de l'Histoire du Canada en ‘Lavieaux par Myr. Jean Lansevin, ou de l’Arbre Historique du Canada par les Dames de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal. Ces analyses nr penvent être faites que lorsqu'une grande partie de l’histoire: a été apprise.

ExempLes.—Je me permets de vous donner ici quelques exemples d'analyse historique :

l. Quels ont été les gouverneurs français les plus distingués ?

R. M. de Champlain, par la fondation de la Colonie; M. de d nhe, qui la REA MM. de Courcelles, de Vaudreuil et de Beauharnais, qui firent beaucoup progresser la Nouvelle France, etc.

9, Quels ont été les gouverneurs français les plus religieux?

R. Tous les premiers gouverneurs furent des hommes pieux, entre autres, Chemplain, Montmagny, d’Aillebout, d'Argenson, etc. : la révérende Mère de l'Incarnation disait qu’elle retirait de grands avantages de la conversation de M. d’Argenson.

NOTES PÉDAGOGIQUES

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