VII. AUGUSTIN SAFFRAY-MÉSY
Marquis de Tracy, Vice-Roi.
Population de la Colonie: 2,500 âmes.
Arrivée de M. de Mésy.-—Le roi donna une grande preuve de son estime pour Mer. de Laval en lui laissant le choix du successeur de M. d’Avaugour. M. de Mésy arriva dans l’automne de 1663, accompagné de plusieurs officiers et d’une centaine de familles,
Evénements remarquables.—T’administration de M. de Mésy, surtout l’année 1663, est une des époques ls plus remarquables de l’histoire de la Nouvelle France : 10 la remise au roi de laeharte des Cent-Associés ; 2° la création du Conseil Supérieur et l'établissement de Cours de Justice; 3 Ja fondation du Séminaire de Québec, en sont les faits plus mémorubles.
La Compagnie des Cent-Asrociés remet sa charte. -- La Colonie, par la remise de la charte des Cent- Associés, en 1663, passa des mains de ces hommes intéressés et avides entre celles du roi Une nouvelle ère de progrès
32 HISTOIRE DU CANADA, s'ouvrit pour la Nouvelle France, et son chef-lieu, Québeë, de simple fort devint une ville,
Conseil Supérieur.--Par un édit du mois d'avril 1663, le roi établit un Conseil Souverain, chargé d’administrer la justice, de régler le commerce et de maintenir Je bon ordre et la police. Le gouverneur, l’évêque, l'intendant, qui en était le président d'office ; le procureur- ‘général, un greflier et quatre conseillers (nommés par le gouverneur, l'évêque et l'intendant) composaient le Conseil Souverain. Tel fut le mode de gouvernement qui a présidé aux destinées de la Nouvelle France, jusqu’à la conquête.
Cours de Justice.—Le premier acte du Conseil fut d'établir trois Cours de Justice : à Québoe, à Montréal et aux Trois-Rivières. Teurs décisions levaient être conformes à la coutume de Paris et aux édits et ordonnances des rois de France,
Séminaire de Québec.—{n 1663, le Séminaire de Québec fut fondé par Mer. de Laval. Cette. célèbre institution, qui a donné naissance à l’Université-Laval, en 1852, a rendu et rend encore de très grands services au pays. Les hommes remarquables qu’elle a formés sont trop nowbreux pour être cités. Un grand nombre d'hommes instruits lui doivent les connaissances qu'ils possèdent ; aussi conservent-ils pour cette vénérable maison une reconnaissance sans kornes.
Difficultés entre l’évêque et le gouverneur.
—M, de Mésy ne rérondit pas à l’idée que l'évêque s'était “formée de lui. Prétint l'oreille à ceux qui n’aimaient pas l’évêque, son + «prit s'aigrit de jour en jour contre Mgr. de Laval; il en vint jusqu'à à ordonner aux troupes de tirer sur lui: les soldats au lieu d'obéir à un ordre aussi insensé, présentèrent les armes au prélat.
Rappel et mort de M. de Mésy.—Informé de ce qui se passait, le roi lui envoya un successeur. M. de Mésÿ mourut avant son arrivée, dans de grands sentiments de piété et après s'être réconcilié avec l'évêque. M. de Mésy est le troisième gouverneur dont les restes reposent dans la Nouvelle France.
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