‹ Abrégé d'histoire du Canada [microforme] (volume 3)Chapitre 31 sur 53 · GUERRE DES SEPT-ANS · texte numérisé non relu

GUERRE DES SEPT-ANS

Héroïsme des Canadiens.—Un siècle entier, le peuple Canadien a tenu tête aux tribus iroquoises et aux Colonies anglaises, sans jamais en recevoir la loi. Pour en triompher, il faut que la puissante Angleterre arme ses flottes, mette sur picd ses armées, Sans se déconcerter, la Nouvelle France accepte la lutte: lutte grandiose, lutte gloricuse, s’il en fût jamais. Les années qui courent de 1755 à 1760 sont peu nombreuses ; mais clles sont marquées par de si éclatantes victoires, qu'elles comptent comme des siècles et qu’elles suffisent à immortaliser les héros qui y prennent part.

Prise de la ‘Lys’ et de ‘l’Alcide.’’—La gucrre fuc déclarée, en 1755, entre la France et l’Angleterre. Pour soutenir leurs Colonies respectives, les deux gouvernememts mirent chacun une flotte en mer. Les deux vaisseaux français ‘l’Aleide” et la “Lys,” séparés de l’escadre par le: brouillards, furent pris par les Anglais. Mr. Rigaud de Vaudreuil et huit compagnies régulières restèrent prisonniers.

Plan de la campagne de 1755.—Par le plan arrêté dans une assemblée tenue dans la Virginie, il fut convenu que les Anglais attaqueraient le Canada par quatre endroits différents : 19 par l’Acadie; 2° par le lac Champlain; 3° par la vallée de l'Ohio; 49 par la rivière Niagara.

Prise des forts Gaspareau et Beauséjour.— 1° Monkton, à la tête de 3,000 hommes, se rendit maître des forts Gaspareau ct Bcauséjour. Joignant la perfidie à

la cruauté, les Anglais firent main basse sur la population acadienne, incendièrent les habitations, entassèrent les

Acadiens sur des navires ct les dispersèrent sur les côtes, sans pain et sans protection.

Bataille de la Monongahéla.— Pendant r’exécution de ce noir forfait, Braddock, général en chef de l'armée anglaise, à la tête de 2,200 hommes, s’avança à marches foreées contre le fort Duquesne, plein de confianec daus le nombre de ses bataillons, Do Bcaujeu n'’avait à lui opposer qu’une poignée de braves; mais, décidé à vaincre ou à mourir, il s’avanea à la rencontre de Braddock, l'atteignit sur les bords de la Monongahéla ct lui fit éprouver, le 9 juillet, la défaite la plus complète. M. de Bcaujcu trouva la mort dans son glorieux triomphe.

Défaite du baron Dieskau.— Quelques mois après, le général Johnson, en vue d'effacer la honte de la défaite de la Monongahéla, voulut s'emparer du fort Saint- Frédéric. Ilse mit en marche avce 5,000 hommes. Le baron Diceskau, général en chef des Français, partit du fort Saint-Frédérie avec 1500 hommes, ct vint chercher l’ennemi sur les bords du lac Saint-Sacrement, N’écoutant que sa bouillante ardeur, il attaqua.inconsidérément Ie camp de Johnson : son armée fut repoussée avec perte, après avoir reçu une blessure qui le conduisit au tonbeau quelques années plus tard,

L'expédition dirigée contre Niagara fut ajournée.

Succès de cette campagne.— À la fin de la campagno de 1755, les Anglais n'étaient pas plus avancés qu'au commencement, S'ils avaient pris Gaspareau ct Bcauséjour ct repoussé le baron Dieskau, ils n'avaient pu franchir nos frontières sur aucun point; ils avaient cn retour éprouvé une honteuse défaiic, ct avaient ajouté à leur histoire une triste cb honteuse page, la dispersion des Acadiens.

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