CHAPITRE II
Du trailé de Versailles à l' Acte de Québec.
IT. James Murray.—1763 à 1766.—Tc général Ambherst s'embarqua, en 1763, pour l'Angleterre, et cut pour successeur le général Murray, qui, pour se conformer à ses, instructions, forma un Conseil, investi, conjointement avec lui, des pouvoirs législatif, judiciaire et exéeutif. Ce conseil fut composé de treize membres, dont un seul Canadien.
Démembrement du Canada.—Aussitôt après le traité de Versailles, l'Angleterre démembra Île Canada. Le Labrador, l'île d'Anticosti et les îles de la Madeleine furent annexés au gouvernement de Terre-Neuve; l'ile St. Jean ct celle du Cap-Breton furent cédées à la Nouvelle- Ecosse. Quelques années plus tard, le Nouveau-Brunswick en fut aussi dtaché; le pays au sud des grands lacs fut annexé aux Etats-Unis. Le reste du Canada, ainsi mutilé, fut nommé Province de Québec.
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DOMINATION ANCLAISE. Go Abolition des lois.—L'Angleterre ne s'arrêta pas A: elle abolit les lois françaises ct y substitua les lois anglaises: violant ainsi la Capitulation qui garantissait aux Canadiens l’usage de leurs lois. Des murmures éelatèrent dans tout le pays. Murray aimait les Canadiens et était juste; pour calmer l'agitation des esprits, il permit l'usage des lois françaises dans les causes qui avaient rapport à la propriété mobiliaire.
Murray convoque les représentants du peuple.—Suivant le désir de la ‘our, Murray convoqua une assemblée des représentant: 1 peuple. Les Canadiens ne voulurent pas prêter le serment du test, dont la formule était anti-catholique, ct cette assemblée ne siéova point,
Murray est rappelé.—Les Anglais, non contents de se rendre maîtres du commerce et d'accaparer les terres, voulaient encore s'approprier le pouvoir. Trouvant que le gouverneur ne les sccondait pis assez, ils l'accusèrent de faiblesse et de partialité. Rappelé en Angleterre, Murray se justifia pleinement, mais il fut remplacé par le Brigadicr- Général Guy Carleton.
III. Sir Guy Carleton, —1766 à 1796.—Arrivée de Carleton.—Murray fut remplacé par le brigadicr-général Guy Carleton, en 1766. La longue adminisration de Carleton peut se diviser en deux parties: 1°:il gouverne pendant 20 ans, sous le nom de général Carleton ; 2° élevé à la pairie en récompense «3 services rendus à son pays, il gouverne encore la Coïonie sous le nom de lord Dorchester pendant 10 autres années.
Evénements remarquables.--Les faits suivants ont signalé les 380 années le l'administration du général Carleton : 1° le gouverneur s'efforce de ramener les esprits ; 29 l'Acte de 1774; 3° l'insurrection américaine; 4° le siége de Québec; 59 l’Acte Constitutionnel de 1791; 6° le premier Parlement; 7° la nomination d'un nouvel évêque.
Les premières années de Carleton.— De 1764 à 1774, Carleton, pour se conformer aux instructions de l'Angleterre, s'applique à apaiser les esprits en donnant satisfaction aux Canadiens. Après avoir modifié le Conseil
ct remplacé le Jugc-en-Chef, dont ils avaient à se plaindre, il rappelle l'ordonnance de 1764 qui déniait aux Catholiques le droit de rempiir les fonctions de Procureur, d'Avocat ct de Juré. Cette conduite sage cè impartiale ue pouvait plaire aux Anglais établis dans le pays, surtout à ecux de Montréal, qui ne cessèrent de taquiner et de persécuier les Canadiens. Ils accusèrent le gouverneur de sacrifier Îles intérêts de l’Empire pour plaire aux nouveaux sujets, Ces accusations furent rejetées ; se voyant éconduits, les Anglais n’en continuèrent pas moins à faire aux Canadiens une gucrre sourde,