‹ Abrégé d'histoire du Canada [microforme] (volume 3)Chapitre 43 sur 53 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Du départ de Prévost à celui de Gosford, 1315 à 1838.

Administrations de Drummond, de Sherbrooke, de Richmond, de Monk, de Maitland, de Dulhousie, de Burton, de Kempt, d'Aylner et de Gosford.

Gouverneurs.—Cinqj souverneurs, un licutenantgouverneur ct cinq administrateurs se sont succédé pendant les 23 années qui se sont écoulées depuis le départ de Prévost à celui de Gosford.

Parlements.—Durant ces années orageuses, huit Parlements ont été successivement convoqués pour l’expédition des affaires ; trois ont été dissous avant l'expiration des quatre sessions. M. L.-J, Papineau, âgé seulement de 26 ans, fut appelé à la présidence à la quatrième session du huitième Parlement, en Janvier 1815. Il remplaça M. Panct, nommé au Conseil législatif, M, Papineau, si célèbre comme tribun populaire, présida la Chambre d’Assemblée jusqu'aux troubles de 1837; pendant deux sessions seulement, celles de 1823 et de 1824, il fut remplacé par M. J.-B. Vallière de St.-Réal,

Drummond—1815 à 1816.--In 1815, Prévost laissa le pays aux mains de Sir G. Drummond. Après avoir inauguré son gouvernement par une distribution de récompenses aux militaires qui s'étaient le plus distingués dans la dernière guerre, l'administrateur s’appliqua à réformer les abus qui s'étaient glissés dans le département

des Postes et celui des Terres. Depuis 18 ans, plus de trois millions d’acres de terre avaient été distribués à des favoris,

Dissolution du 8e Parlement. —- Jes Jugses Sewell ct Monk ayant été disculpés des accusations portées coutre eux, grâce aux habiles manœuvres qu'ils avaient fait joucr en Angleterre, la Chambre allait se mettre en devoir de voter une adresse au prince régent, lorsqu'elle fui Gissoute par le gouverneur, dont le discours fut plein de reproches. Le peuple renvoya au Parlement presque tous les mêmes membres.

VII. Sherbrooke—1816 à 1818.—Sir John Sherbrouke remplaçga Drummond en 1816. Le nouveau gouverneur était un homme piudent ct modéré, Après avoir donné une preuve de ses dispositions bienveillantes cn venant en aide aux habitants du District de Québec, dont la récolte avait manqué, il inaugura son gouvernement en cherchant à concilier les partis, et appela Mor. Plessis au

Jonseil Législatif.

Départ de Sherbrooke.—Shcrbrooke, comprenant toute la difficulté de sa position, demirda son rappel cn 1818, et fut remplacé par le duc de Richmond.

VIII. Richmoud—1818 à 1819.——-Grand seigneur ruiné ct homme vain autant qu'entier dans ses idées, Richmond, sans égard à l’état obéré des finances, commence par présenter à la chambre un buduet excessif Pendant qu'elle déiibère sur ce sujet, le gouverneur la dissout en adressant aux membres des paroles inconvenantes. Peu après, Richmond mourut, au retour d’un voyage dans le ITaut-Canada. Cette courte administration rappelle les mauvais jours des Haldimand ct des Craix. El est le premier des gouverneurs anglais dont les cendres reposent dans ce pays.

Archevêché de Québec.-—Convaineu de l'impossibilité de protestantiser le pays, l'Angleterre prit le sage parti de ne plus molester Iles Canadiens dans l'exercice &e leur religion. En janvier 1815, le Saint-Siége érigea l’église de Québec en métronole, et conféra à Mor, Plessis le titre d’Archevîque. Vers ce même temps, Mgr. Plessis obtint l'érection des siéges de Montréal ct de Kingston.

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Monk.—Maitland.—1819 à 1820.-—Te pouvoir passa successivement par les mains de l'honorable James Monk, qui jeta le pays dans les troubles et l'agitation d'une nouvelle élection générale, et ensuite par celles de Sir Peregrine Maitland.

IX. Dalhousie.—1820 à 1828..--Lc comte de Dalhousie arriva à Québec au mois de juin 1820. Son administration devait rappeler celle de Craig. Ayant mission de préparor les voics à l'union des deux Canadas et se refusant à toute concession, Dalhousie voulut gouvorner 0 pays avec le plus grand despotisme, En vain la Chambre lui montre-t-elle ses droit: inscrits dans la Consüitution, en vain lui sionalc-t-clle d'énormes abus : toutes ses représentations demeurent sans cffct. Tin conséquence de ectte conduite si peu sage, l’antagonisme entre les deux branches de la Législature augmente de jour en jour.

Projet d'Union des Canadas.—TJin 1822, croyant le moment venu de proposer l'Union du Ifaut ct du Bas- Canada, les ministres mirent Je projet devant les Communes. À la nouvelle de ces machinat'ons perfides, les Canadiens s'émurent : des pétitions se coivrirent de signatures ct furent portées en Angleterre, pour protester contre la mesure. Le Iaut-Canada se prononça contre le projet. Devant cette réprobation générale, le Ministère impérial dut reculcr.

Départ de Dalhousie.—n 1828, une pétition revêtue de 80,000 signatures fut envoyée en Angleterre pour dei: inder lo ra ppel de lord Dalhousie ct une enqäûte sur les affaires du Canada, [ie comte de Dalhousice, après avoir lutté sans succès contre là ere nationale ct s'être convaincu qu'on ne so jauc pas comme on veut d’un peuple libre, passa en Angicterre, Dalhousic eut la lâue de chercher à rejeter sur Île Clorgs catholique l'inuccès de sa politique us et partiale,

Kempt—1828 à 1830.—Lec Canada respre un instant sous Sir James + Kempt, qui fut chargé du gouvernement on 1828, en qualité d'administrateur. Les officiers de milice et les magistrats destitués par Dalhousice furent rétablis; l'Ilonorable Papineau put occuper son fauteuil

présidentiel. Le nouveau gov erncur travailla à sarder la neutralité entre le Conseil et la Chambre, qu'il laissa Hbre de disposer des denicrs publics, sauf Ie «alaire du souver: neur cb celui des juges.

Kompt, qui avait à cœur de ramener l'harmonie en rendant justice à tous, ct sentant que les instructions qui avait reçues de la Cour ne s’accordaiont eœuûre avee $ vucs, demanda et obtint son rappel.

X. Aylrmer—1330 à 1835.—-%Le0 successeur de Kempt fut lord Aylmer; il arriva à Québec vers le nilicu d'octobre 1830. Lord Aylmer offrit, de la part du wœouver nement impérial, d'abandonner à Ja Chambre le contrôle d tous les deniers à part la liste civile. La Chan TOUTE par les violents débats pré dents, trouva la con Lin suffisante ct insista pou > réforme 1

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La même année, le choléra ft pour la première fots d evands ravages en Canada A Oadboc, cotte énidémie dé elina Ja population. En I1S3-L, le choléra fit encore d: tuibreu imes, cle Château Sauint-Loni , ancienne résidence des souverneurs, fut £truit par un incendie, La imGme annéc, le Louverneince luncrial abandonna

au bureau colonial là solution de toutes les dificultés qui

concernent les colonies.

XI. Lord Gosford—1335-1833.—Lord Cosford remplaca lord Aylmer, vers la fin d'août 1835, Il arriva accompazné de deux commissaires royaux, chargés de s’en

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Se voyant ainsi trompés, les Députés ne votent les subsides que pour SiX MOIS.

Devant un dénouement si inattendu, les espriss s’échauffent, Le rapport malveillant des Commissaires, la détcrmination des sfinistres à ne faire aucune concession, achèvent de porter l'exaspération à son comble. De toutes paris le peuple s’assemble ct proteste.

Luttes parlementaires.—Au départ de Prévost, ommencent ces Inttes parlementaires qui se continuent. jusqu'à 1837 et qui se terminent d’une manière fatale, In cordant, en 1791, le gouvernement constitutionnel, dns chterre s'engagceait à abandonner à la lécislature du Canada 'outes les immunités et les priviléges dont jouissaient les ('oimunces en Angleterre.

Subsides.—{ntre autres priviléges, la Chambre réclamait le vote exclusif des subsides. Appuyéc sur la justice de son droit, elle ne voulut rien céder et elle ne cessa de combattre pour l'obtenir dans toute sa plénitude.

Dé fenseurs des droits de la Chambre.—Cette lutte parlementaire trouva de vaillants champions dans les Papineau, les Bédard, les Viger, les Bourdages, les Nelson, les Cavillier, les Quesnel,l cs Morin, etc.

Etat des débats pendant l'administration de Poe de Richmond et de Daïihousie.—

cadant l'administration de Sherbrooke, la question des subcommença à agiter les esprits. Le Parlement dans lc Haut- Canada s'occupa également de ectte question, KRichnond demanda aux Députés de voter une fois pour toutes uno Jiste civile pour la vie du Roi. La Chambre fut dis-

jute avant son vote.

“ous le comte de Dalhousie, la Chambre vota un bill de uhsides que le Conseil rejeta sur l'avis du gouverneur, ce qiaiséeontenta beaucoup le peuple ; l’année suivante,les sub- | furent votés et rejetés de la même marière par le Couscil. Ce vote fut suivi d’une nouvelle dissolution des

Los mèmes députés furent réélus, et Dalhousie refusa de Per Pen le ie de M. Papineau comme président de lai Chambre,

La Chambre vote des subsides.—Kempt laissa

la Chambre libre d'employer à son gré les deniers publics, d sauf le salaire du gouverneur et celui des juges. La C Chambre n'était pas entièrement satisfaite de cette conces- 1 . sion; elle vota néanmoins des sommes considérables pour | F3 différents objets d'utilité publique, et voulut prouver que di si clle demandait le contrôle des subsisdes, elle n'avait pe en vue que l'avantage du pays. Le La lutte augmente sous Aylmer.--Sous Aylmer, les débats furent encore plus orageux. Les injustices révol- | tantes du pouvoir laissèrent dans les esprits les germes d'un . profond mécontentement, La Chambre fut dissoute en 1834, Gi et les élections suivantes furent accompagnées de grands . troubles. k Les 92 résolutions.—Ta Chambre, dans la session | N, | de 1834, passa une série de 92 résolutions, contenant les ap gricfs des Canadiens contre l'Angleterre, oh Les troubles augmentent.—Sous lord Gosford, | les esprits s’échauffent de plus en plus, le mécontentement Ed est augmenté par les résolutions hostiles que le Parlement D = impérial venait d'adopter; la Chambre ayant protesté con- À Al tre ces mesures, lord Gosford la prorozea, après six jours de Lè

session seulement,

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