‹ Abrégé d'histoire romaine; rédigé conformément aux programmes officiels de 1874 pour la classe de quatrièmeChapitre 12 sur 64 · D'après on vase étrusque · texte numérisé non relu

D'après on vase étrusque

20. Triomphe de Hareellns. — A Rome, tout ce . que l'appareil des fêtes avait de plus magnifique fut déployé pour célébrer la victoire de Marcellus, le troisième triomphateur opime. Les rues que devait traverser le cortège étaient jonchées de fleurs, et Tenceiis fumait partout; une troupe nombreuse de musiciens ouvrait la marche; puis venaient les bœufs du sacrifice, dont on avait doré les cornes, et, après une longue file de chariots portant les armes enlevées à Tennemi, les captifs gaulois, dont la haute stature et la figure martiale attiraient les regards. Un pantomime habillé en femme et une troupe de satyres insultaient par des chants joyeux à leur douleur. Enfin apparaissait, au milieu de la fumée des parfums, le triomphateur vêtu d'une robe de pourpre brodée d'or, la tête couronnée de lauriers et le visage peint de vermillon comme les statues des dieux; sur son épaule il portait, ajustés autour d'un tronc de chêne, le casque, la cuirasse et la tunique de Virdumar. A la vue de ce glorieux trophée, la foule faisait retentir les airs du cri de : Triomphe 1 triomphe ! interrompu seulement par les hymnes guerriers des soldats.

Quand le char du triomphateur tourna vers le Gapitole, les chefs gaulois, sur un signe de Marcellus, furent entraînés vers la sombre prison appelée le Tullianum : des bourreaux les y attendaient, les haches étaient prêtes. Alors le cortège monta au Capitole et entra dans le temple de Jupiter. Lorsqu'un licteur vint annoncer que les prisonniers avaient vécu, Marcellus entonna l'hymne d'actions de grâces et acheva le sacrifice; ensuite il fixa de ses propres mains son trophée dans le pavé du temple. Le reste du jour se passa en réjouissances, et le lendemain, peut-être, la place publique retentit encore des accusations accoutumées contre cette race gau- • loise qu'il fallait exterminer, parce qu'elle immolait ses captifs et donnait pour offrande à ses dieux le sang des hommes.

96 CHAPITRE Vin.

LA. SECONDE GUERRE PUNIQUE JUSQU'a LA BATAILLE DE CANNES (218-216) ; ANNIBAL, SCIPION.

1. AnnibaL — 2. Prise de Sagonte (219). — 3. Plan d'Annibal. — 4. Départ de Garthagène (218) et passage des Pyrénées* — 5. Annibal en Gaule (218) j passage du Rhône. — 6. Première rencontre avec les Romains. — 7. Passage des Alpes. — 8. Combat du Tessin (218). — 9. Bataille de la Trébie (218). -- 10. Annibal en Étrurie (217). — 11. Bataille de Trasiméne (217). — 12. Fabius le Tempo< riseur (217). — 13. Bataille de Cannes (216).

t. Annibal. — Jusqu'ici, Rome avait réussi dans toutes ses entreprises, et, sauf quelques défaites bientôt réparées, son existence militaire avait été une longue suite de victoires. Dans la seconde guerre qu'elle eut à soutenir contre Carthage, il en fut autrement. Le génie d'un S3ul homme fit un instant équilibre au courage de tout un peuple : Rome trembla devant Annibal.

Né à Carthage en 247, au milieu de la première guerre punique, Annibal avait neuf ans à peine quand son père Amilcar Barca alla conquérir TEspagne. Selon la coutume, Amilcar, avant de quitter l'Afrique, sacrifia aux dieux de son pays. Sur le corps fumant des victimes il fit jurer à son fils une' haine éternelle aux Romains. Annibal tint son serment avec une implacable fidélité.

A la mort de son père, il vint en Espagne, et l'armée, qui pleurait son illustre chef, reçut cet autre Amilcar avec des transports de joie. C'étaient les mêmes traits, le même port de tête, la même physionomie énergique. L'enthousiasme redoubla quand on vit ce jeune homme de dix-huit ans braver le froid et le chaud, supporter la faim et la soif, infatigable pour les travaux, pour les veilles. Souvent on le trouva aux avant-postes couché

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