‹ Abrégé d'histoire romaine; rédigé conformément aux programmes officiels de 1874 pour la classe de quatrièmeChapitre 11 sur 64 · Vieioire d'Eenoine (SB56). — Cependant la · texte numérisé non relu

Vieioire d'Eenoine (SB56). — Cependant la

guerre languissait. Amilcar avait concentré ses principales forces à Drépane et à Lilybée, d'où il ne pouvait être chassé qu'après un long siège. Le sénat, encouragé par une nouvelle victoire navale près des îles Éoliennes, arma trois cent trente vaisseaux qbe montèrent 40 000 légionnaires avec les deux consuls Manlius Vulso et AtaliusRegulus, La flotte rencontra à la hauteur d'Ecnome trois cent cinquante vaisseaux q<ie Garthage avait mis en meir. La Méditerranée n'avait jamais vu un aussi grand spectacle : plus de 200 000 hommes combattant sur ses flots. L'armée romaine triompha encore (256).

f O. Les Romains en Afrique, Regains eCXantliIppe (a56-«55). — La route de l'Afrique était ouverte : les légions des deux consuls y descendirent, prirent Clypea .et se répandirent à travers les riches campagnes, qui, depuis Agathocle, n'avaient pas vu d'ennemis ; en peu de jours elles firent 20 000 prisonniers et un immense butin. Le sénat, trompé par ces premiers succès, fit revenir Manlius et ses légions. Regulus, resté en Afrique aveC; 15 000 hommes et 500 chevaux, battit partout l'ennemi, prit trois cents villes et s'empara de Tunis, à 2 lieues de Garthage, qui, réduite aux abois, se décida à traiter. Mais Regulus lui fit de si dures conditions qu'elle préféra continuer la guerre. Le Lacédémonien Xanthippe arrive alors, et par son habileté change la face des choses : il discipline et aguerrit dans de petits combats les troupes carthaginoises. II coupe les vivres à l'armée romaine ; il l'attaque enfin, la bat, la détruit et prend son chef. Xanthippe, richement récompensé, quitta la ville avant que la reconnaissance eût fait place à l'envie.

fi. Vietoiro de Panorme (250)$ mort de Regains. — L'Afrique était perdue. Une tempête , qui* détruisit sur les côtes de la Sicile deux cent soixante-dix galères romaines (255), ramena la guerre dans l'île, où les Garthaginois reprirent Agrigente. Le découragement passa dans l'armée romaine, la discipline se relâcha, et il fallut, pour la rétablir, dégrader quatre cents chevaliers

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qui avaient refusé d'obéir au consul. Heureusement Metellus remporta près de Panorme une grande victoire qui engagea Carthage (250) à envoyer à Rome Regulus pour demander la paix. Ce général avait noblement soutenu sa captivité. Il ne voulut pas entrer dans la ville. « Je ne suis plus citoyen, » dit-il, puis il dissuada les sénateurs d'accepter les propositions de Carthage. On voulut Tapitoyer sur lui-même. « Mes jours sont comptés, dit-il : ils m'ont donné un. poison lent; » et il partit malgré les instances de ses amis et les prières du sénat tout entier, malgré les larmes de sa femme Marcia et de ses enfants : il avait donné sa parole. On raconta que les Carthaginois se vengèrent en le faisant périr dans d'affreux tourments, qu'on lui coupa les paupières pour . l'exposer ensuite aux ardeurs brûlantes du soleil, qu'enfin on l'enferma dans un tonneau garni intérieurement^ de pointes de fe^ et qu'on fit rouler du haut d'une pente rapide. Voilà du moins ce qui fut répandu à Rome sur la fin de ce grand citoyen, afin d'exciter le peuple à le venger.

te. Défaite de GUudias Paleher (249). — La victoire de Panorme mit fin aux grands chocs d'armées. Les Carthaginois concentrèrent encore une fois toutes leurs forces à Drépane et à Lilybée. La dernière de ces villes fut bloquée dans l'automne de l'année 250 par les deux consuls, quatre légions et deux cents vaisseaux de guerre. Le consul de l'an 249, Appius Claudius Pulcher, voulut aller surprendre une flotte carthaginoise dans le port de Drépane. Les présages étaient sinistres : les poulets sacrés refusaient de manger. « Au moins qu'ils boivent, » dit-^il ; et il les fit jeter à la mer. L'armée était vaincue d'avance par cette impiété. Claudius ne sut pas réparer cette faute par d'habiles manœuvres, trenteneuf de ses vaisseaux furent pris ou coulés. Son collègue Junius Pullus, aussi malheureux, perdit huit cents vaisseaux de charge et cent cinq galères. Claudius, rappelé par le sénat, qui le força de nommer un dictateur, choisit le fils d'un affranchi, Claudius Gly-

cia, son client et son greffier. Le sénat annula ce choix dérisoire, et une sentence du peuple punit sévèrement ce hardi contempteur des choses divines et humaines.

13. Amilemr Barea; Tiefoire de Lntatins aux lies M^atea. Traité (24t). — Garthage avait placé à la tète de ses troupes le grand Amilcar , le père d'Annibal ; il les mena d'abord au pillage des côtes de Tltalie, puis il s'empara du mont Hercté, près de Panorme, que les Ronftiins avaient récemment conquise (247). De là il tint pendant six années les Romains en échec. Après de sanglants combats, Amilcar surprit la ville dTBryx et se plaça entre les deux camps romains établis au pied et au sommet de la montagne du même nom. La guerre eût pu durer ainsi de longues années, car Rome avait renoncé à la mer, les tempêtes ayant détruit plus de sept cents galères. Mais le patriotisme donna une nouvelle flotte au sénat. Tous les citoyens portèrent à Tenvi leur argent au trésor : Turi offrit des armes, l'autre des esclaves pour servir de rameurs, d'autres encore fournirent des vaisseaux. Lutatius Gatulus les commanda. Il surprit et enleva près des îles ^Egates une flotte carthaginoise.

Cette victoire rendait les Romains maîtres de la mer. Dès lors Drépane, Lilybée et Amilcar, pouvaient être affamés. Garthage, où le patriotisme ne savait pas faire les merveilles que nous venons de voir, se résigna à mettre fin à cette guerre ruineuse. La paix fut signée aux conditions suivantes : Garthage n'attaquera point Hiéron de Syracuse, allié de Rome; elle abandonnera la Sicile et les îles voisines, rendra sans rançon tous les prisonniers, et payera en dix ans 3200 talents euboïques, c'est-à-dire 19 millions de notre monnaie actuelle.

La Sicile carthaginoise fut réduite en province romaine (241).

14. Révolte des mercenaires de Carthaipe (S4t], — Garthage n'était pas au bout de ses sacrifices. Le traité

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signé, les soldats de Rome retournèrent à leurs champs, ceux de Carthage élevèrent de longues et menaçantes réclamations. La solde était en retard : ils exigèrent qu'elle fût payée. On eût beau leur parler des embarras de l'État, les supplier de prendre patience : ils ne voulurent rien entendre, et se soulevèrent au nombre de 20 000. Les sujets de Carthage prirent parti pour l'insurrection ; Utique, Hippone-Zaryte, qui d'aiord avaient hésité, finirent par massacrer les Carthaginois qui étaient dans leurs murs. En Sardaigne, en Corse, scènes pareilles : Hannon, qu'on y envoya, fut mis en croix par les troupes.

45. La guerre inexpiable. — ^Cependant, les Carthaginois étant serrés de près dans leur ville, le parti de la maison de Barca, celui de la guerre, reprit le dessus, et Amilcar reçut le commandement des troupes. Il commença par gagner les Numides, dont la nombreuse cavalerie coupa les vivres aux mercenaires, ce qui mit bientôt la désertion dans leurs rangs. Pour rendre tout rapprochement impossible, les deux chefs insurgés firent massacrer leurs captifs au nombre de 700, et déclarèrent que tout prisonnier carthaginois périrait dans les supplices, que tout allié de Carthage serait renvoyé les mains coupées. Alors commencèrent d'épouvantables représailles : Amilcar fit jeter aux bètes les mercenaires qu'il prit.

Carthage reçut des secours d'Hiéron, même de Rome,, qui commençait à craindre la victoire des mercenaires. Les Barcas et les Hannons, réconciliés par le danger, agirent de concert. Amilcar parvint à enfermer .une des deux armées ennemies dans le défilé de la Hache, où les malheureux se trouvèrent réduits par la famine à la nécessité de se manger les uns les autres. Les prisonniers et les esclaves y passèrent d'abord, mais, quand cette ressource manqua, il fallut bien que Spendius, Autarite et les autres chefs, menacés par la multitude, demandassent un sauf-conduit pour aller trouver Amilcar. Il ne le refusa point et convint avec eux que, sauf

dix hommes à son choix, il renverrait tous les autres, en leur laissant à chacun un habit. Le traité fait, Amilcar dit aux envoyés : « Vous êtes des dix, » et il les retint. Les mercenaires étaient si bien enveloppés, que, de 40 000, il ne s'en sauva pas un seul. L'autre armée ne fut pas plus heureuse : Amilcar l'extermina dans une grande bataille , et son chef Mathos, amené dans Garthage, fut livré pour jouet à une lâche populace qui se vengeait de sa peur. Cette guerre est restée tris^ tement fameuse sous le nom de guerre inexpiable ; elle avait duré plus de deux ans.

46. Conquête de l'Espagne (238-219). — Âmilcar devenait dangereux par l'amour que les soldats lui portaient : les marchands de Garthage exilèrent le glorieux général en Espagne avec son armée. Gette conquête serait, disait-on, une compensation à la perte de. la Sicile et de la Sardaigne. Âmilcar soumit en passant les côtes d'Afrique et employa à la conquête de l'Espagne neuf années, durant lesquelles il dompta un grand nombre de peuples par les armes ou par des traités, jusqu'à ce qu'il pérît dans une bataille contre les Lusitaniens. Le butin conquis dans la riche Espagne avait servi à acheter le peuple et une partie du sénat. La faction barcine . grandissait, et, comme son principal appui était dans le peuple, elle favorisait les envahissements de l'assemblée populaire, qui devint peu à peu prépondérante dans le gouvernement : aussi le gendre d'Amilcar, le favori du peuple de Garthage, Asdrubal, hérita-t-il, malgré le sénat, du commandement de son beau-père (229). Il continua ses conquêtes, poussa jusqu'à l'Èbre, où les Romains, effrayés de ses progrès, l'arrêtèrent par un traité (227). Pour consolider sa puissance, il fonda Garthagène.

Quelques années après, Asdrubal fut assassiné par un esclave gaulois qui vengeait sur lui la mort de son maître tué en trahison. Les soldats élurent à sa place le fils de leur ancien général, l'homme qui allait devenir si fameux sous le nom d'Annibal, et qui, depuis trois ans, combattait dans leurs rangs. Le peuple confirma, et le

sénat accepta le nouveau chef. L'Espagne et l'armée n'étaient plus en effet qu'un héritage des Barcas.

4*7. Conquête par les Romains de la Corse, de la Sardaigne él d'une partie de l'IIlyrie (239) . — Par

l'occupation de la Sicile carthaginoise, Rome avait mis le pied hors de l'Italie. Dès lors elle chercha des conquêtes tout autour d'elle. Elle profita des embarras de Carthage durant la guerre des mercenaires pour se faire céder les îles de Corse et de Sardaigne. Sous prétexte de châtier les pirateries des Illyriens dans la mer Adriatique, elle descendit sur le continent grec et s'y établit à demeure en occupant une portion de l'IIlyrie (229) , enfin elle essaya de s'emparer de la vallée du Pô et de prendre possession de la barrière des Alpes.

18. Nouvelle guerre contre les Gaulois. — Mais de ce côté Rome rencontra une résistance énergique. Les Gaulois boïens et insubriens, qui possédaient les deux rives du Pô, appelèrent de la Gaule transalpine une armée de Gésates. L'effroi fut au comble dans Rome : on ouvrit les livres sibyllins, et, sur le rapport des prêtres, on enterra vivants deux Gaulois au milieu du marché aux bœufs, puis on déclara qu'il y avait tumulte^ c'est-à-dire que tous les citoyens sans exception durent prendre les armes. 150 000 soldats furent échelonnés en avant de Rome, 620 000 hommes furent tenus en réserve. L'Italie entière s'était levée pour défendre sa nouvelle capitale. Les Barbares arrivèrent jusqu'à trois journées de la ville, mais, cernés entre deux armées auprès du cap Télamone, ils furent vaincus : 40 000 restèrent sur le champ de bataille (225) .

iO. Les troisièmes dépouilles opimcs. — Quelque temps après, les Romains passèrent le Pô, et Marcellus remporta les troisièmes dépouilles opimes en tuant de sa main le roi des Gésates. Milan fut pris, et les deux colonies romaines de Plaisance et de Crémone, fondées sur les bords du fleuve, commencèrent l'asservissement des Gaulois cisalpins. En 221 l'Istrie fui occupée.

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