‹ Abrégé d'histoire romaine; rédigé conformément aux programmes officiels de 1874 pour la classe de quatrièmeChapitre 24 sur 64 · Iconographie romaine de Visconti · texte numérisé non relu

Iconographie romaine de Visconti

lui rendait une armée, et il accepta le rôle d'exécuteur testamentaire de Sylla. Après Lepidus, il alla combattre Sertorius.

3. SertorlvB (SS-VS). — Après la mort de Mariuset de Cinna, Sertorius avait quitté l'Italie, certain qu'on n'y pourrait tenir contre Sylla, et s'était résolu à tenter la dernière espérance du parti : le soulèvement des provinces barbares de l'Occident. Dès l'année 82, il agita l'Espagne, mais un lieutenant de Sylla, le proconsul Annius, le força de quitter la péninsule. A la tête de 4000 hommes, il erra pendant plusieurs mois le long des côtes d'Afrique, et se mêla aux guerres des peuples de la Mauritanie. Le bruit de ses exploits se répandant en Espagne, les Lusitaniens, opprimés par Annius, l'invitèrent à se mettre à leur tète : il accepta et repassa dans la péninsule, battit d'abord un lieutenant d' Annius, puis le gouverneur de la Bétique (80), et fit à Mer tellus, envoyé par le sénat, en 78, pour arrêter ce mouvement, une guerre d'escarmouches qui convenait à ses soldats et au pays, théâtre de la lutte. Metellus dut bientôt appeler à son aide le proconsul de la Narbonaise, Loilius, qui, vaincu au débouché des Pyrénées, se sauva presque seul à Ilerda (Lérida).

Malgré la présence de la grande armée de Metellus, Sertorius était véritablement maître de toute l'^Ëspagne : il réglait les contestations des peuples et des particuliers, levait des troupes, exerçait les indigènes à la tactique romaine et surtout s'appliquait à gagner leur confiance. Il avait su leur persuader qu'il était en rapport avec les dieux au moyen d'une biche blanche qui lui communiquait à l'oreille de mystérieux messages qu'il répétait tout haut et que bientôt l'événement con-. firmait. Ce manège suffisait à la crédulité de ces peuples enfants, à qui il imposait aussi par la sévérité de ses mœurs et par la discipline bù il tenait ses soldats. La défaite de Lepidus lui valut un secours important (77) : Perpenna, un des lieutenants de ce proconsul, passa en Espagne avec des forces considérables et des

SERTORIUS; SPARlIiCUS; MITHR1DATE. 203

Romains de distinction, dont Sertorius forma un sénat de trois cents membres. Pour bien montrer qu'il était resté Romain au milieu des Barbares, il n'admit dans ce sénat aucun Espagnol ; déjà il leur refusait tout grade dans ses troupes : ils comprirent alors que les partis divers qui se disputaient le monde romain ne voulaient qu'une chose, maintenir à leur profit la domination de* Rome sur les provinces.

Cependant la défection gagna la Gaule : les Aquitains et la Narbonaise se soulevèrent, de sorte que Sertorius put occuper les passages des Alpes. Le sénat, effrayé, envoya au secours de Metellus l'armée qui venait de battre Lepidus (76). Pompée s'ouvrit une route nouvelle

Î>ar les Alpes grées ou pennines et châtia cruellement a Narbonaise de sa révolte. Tout alla bien jusqu'aux Pyrénées, qu'il franchit sans peine, môme jusqu'à l'îibre, et il comptait déjà abattre aisément son adversaire. Mais Sertorius lui enleva d'abord une légion, puis l'affama dans son camp, battit tous ses détachements, emporta LoAJi/ron sous ses yeux et le contraignit à repasser l'ÈbrcSes lieutenants n'étaient pas si heureux, parce qu'ils n'étaient pas si habiles. Hirtuleius se laissa battre près à'Italica (Sevilla-la-Vieja) par Metellus (75), et Pompée tua 10000 hommes à Perpenna et à Herennius, près de Valence. Mais Sertorius le vaisquit encore sur les bords du Svcron (Xucar) ; il comptait le lendemain l'accabler, quand Metellus parut : « Sans cette vieille femme, dit le héros, j'aurais renvoyé ce petit garçon à Rome, châtié comme il le mérite. » Il s*en dédommagea en lui tuant un autre jour, près de Sagonte (près de Murviedro) , 6000 hommes. Les pirates, dont nous parlerons plus tard, couvraient alors la mer : Sertorius s'entendit avec eux pour intercepter les convois qui arrivaient d'Italie. Un autre secours s'offrait à lui, Mithridate, qui lui promit 3000 talents (voy. p. 212).

Metellus mit alors à prix la tête de Sertorius. Les affaires n'en allèrent pas mieux : le proscrit battit en

détail Mctellus et Pompée et les força de se retirer, celui-ci au nord du Douro, celui-là jusqu'en Gaule. Les événements militaires de 73 et de 72 sont *inconnu8; mais dans ces années Sertorius vit Taffection des Espagnols s'éloigner de lui. Il devint soupçonneux et cruel, parce qu'il se sentait entouré de traîtres, et fit égorger ' ou vendre plusieurs enfants de nobles Espagnols qu'il avait réunis dans Osca pour les élever à la romaine. Enfin Perpenna forma dans son camp même une conspiration, l'assassina au milieu d'un festin (72) et prit sa place ; mais il n'avait ni ses talents ni la confiance des troupes : battu partout, il tomba entre les mains de Pompée et lui livra, pour racheter sa vie, les lettres des grands de Rome qui avaient invité Sertorius à passer en Italie. Pompée brûla les lettres sans les lire^, fit tuer le traître, puis réduisit, les uns après les autres, les chefs indigènes, qui s'étaient jetés dans les plus fortes places et s'y défendirent une année encore. Un trophée fastueux, élevé sur la dernière crête des Pyrénées, attesta que, depuis les Alpes jusqu'au détroit d'Hercule, Pompée avait pris huit cent soixante-seize villes.

4. Spaptacns (13-11 ). — Une nouvelle guerre attendait en Italie le vaniteux général : Grassus l'appelait contre les gladiateurs, comme Metellus l'avait appelé contre Sertorius. Soixante-dix-huit gladiateurs échappés de Gapoue, où l'on en dressait un grand nombre, s'étaient emparés d'un poste naturellement fort, d'où, sous la conduite d'un esclave thrace, Spartacus, ils repoussèrent quelques troupes envoyées contre eux. 3000 hommes vinrent les assiéger; ils descendirent par des rochers taillés à pic et surprirent l'ennemi, qui leur abandonna son camp et ses armes. Ge succès attira aux gladiateurs un grand nombre de bouviers et de pâtres des environs. Un second général ne réussit pas mieux : Spartacus le battit en plusieurs rencontres, se saisit de ses licteurs et de son cheval de bataille et s'ouvrit la route des Alpes. Il voulait y conduire son armée, pour franchir ces montagnes et rendre chaque

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