ABRÉGÉ
GEOGRAPHIE DE l'iTALIE ANCIENNE.
1. Forme générale de l'Italie; limites. — 2. Mers et golfes. — 3. Les Alpes et rApennin. -^ 4. Le Vésuve et TEtna. — 5. Fleuves : le Pô, l'Adige, le Tibre. — 6. Marais Pontins. — 7. Promontoires et tles : Sicile^ Sardaigne^ Gorse^ Elbe. — 8. Passages des Alpes. — 9. Populations primitives. — 10. Gaule Cisalpine; Ligurie et Vénétie. — 11. Étrurie, Latium et Gampanie. — 12. Ombrie et Picenum. — 13. Sabine et Samnium. — 14. Grande-Grèce ou Lucanie, Apulie et Bruttium. — 15. Emplacement de Rome.
4. Forme générale de l'Italie | limites. — Entourée par la mer et par les plus hautes montagnes du conti* nent européen, l'Italie forme, entre rAdriati({ue et la mer de Toscane, une longue presqu'île qui se divise au sud en deux pointes, tandis qu'au nord elle s'élargit en un demi-cercle que dessine la chaîne supérieure des Alpes. De Bologne au détroit de Messine, la partie péninsulaire a 890 kilomètres de long sur une largeur qui varie de 231 à 138, qui même n'est que de 27 dans les Calabres. Du Var aux Alpes juliennes, la partie continentale mesure, de l'ouest à l'est, 680 kilomètres, et 225 environ dans la direction du nord au sud, de Gênes au Saint-Gothard ou de Bologne à Botzen.
Ses limites dans l'antiquité étaient : à l'ouest, le Yar; à Test, l'Arsia, qui coule près de Pola, en Istrie.
HIST. ROMAINB, Cl. de 4'. /^ ^ T -
». Hers et crolfes. — La mer de Toscane (Titscvm seu Tyrrhenvm seu Inferum mare) la haigne à Touest et y forme les golfes de Gênes [Ligusticus sinus) ^ de Gaëte [Caietanus S\ de Naples [Crater seu Cumamis S.) et de Salerne [Pœstanus S.], La mer Ionienne a creusé au sud les golfes de Squillace (Scylacinus S.) et de Tarente [Twrentinus S.). Ces deux mers communiquent entre elles par le phare de Messine ou détroit de Gharyhde et de Scylla. La mer Adriatique ou Supérieure ne donne naissance qu'au golfe de Manfredonia.
3. Les Alpes et rApennin. — Les Alpes ont conservé les noms que les Romains leur donnèrent ; on les divise encore en Alpes maritimes, cottiennes, grecques, pennines, helvétiques ou lépontiennes, rhétiennes, noriques, carniques et juliennes. Au nord et au nordouest de cette grande chaîne, du côté de la Suisse et de la France, le sol s'élève lentement, par une suite de montagnes et de vallées transversales, jusqu'aux plus hautes cimes. Maïs sur le versant italien la pente est rapide, escarpée, abrupte, et toutes les vallées tombent perpendiculairement dans le Pô ou l'Adriatique, sans qu'il y ait ni montagnes ni vallées parallèles.
A leur extrémité sud-ouest, les Alpes se recourbent dans la direction de l'est et diminuent progressivemen de hauteur jusqu'au-delà des sources de la Bormida, où elles se relèvent, près de Savone, pour commencer une chaîne nouvelle, les Apennins. Ces montagnes longent d'abord la côte de Ligurie, ferment presque entièrement, par le sud, la vallée du Pô, et vont mourir, partagées en deux rameaux, à l'extrémité du Bruttium (les Calabres), et dans le pays des Salentins (Terre d'Otrante). La hauteur moyenne de cette chaîne n'est pas de 1000 mètres, mais, à l'est de Rome, dans le pays des Marses et des Vestins, le mont Velino atteint 2562 mètres, et le mont Como 2798. Plus rapprochés de l'Adriatique que de la mer de Toscane, les Apennins couvrent la partie orientale, moins la Pouille [Apulie)^ de collines boisées et de pâturages que sillonnent de nombreux
torrents. A l'ouest s'étend«nt, entre la mer et le pied des monts, quelques grandes et fertiles campagnes (Étrurie ou Toscane, Latium ou Campagne de Rome, Campanie ou Terre de Labour) , at'rosées par des fleuves plus tranquilles (Tibre, Liris ou Garigliano, Vulturne), mais brûlées par le vent du midi, et, sur bien des points, rendues insalubres par des marais pestilentiels.
Si Ton excepte ces plaines, peu nombreuses et peu étendues, l'Italie péninsulaire est, à vrai dire, partout hérissée de montagnes et coupée d'étroites vallées, au point que les Abruzzes et les Galabre^ sont à peu près inaccessibles pour une armée.
4. Le Vésuve et l'Etnm. — Des bords du P6 jusqu'aux extrémités de l'Italie, on a reconnu comme une immense traînée de matières volcaniques, mais l'activité des feux souterrains semble s'être maintenant concentrée au sud de cette ligne, dans le Vésuve et les champs Phlégréens [SolfcUara]^ dans l'immense' cône volcanique de l'Etna, qui s'élève de 3300 mètres au-dessus de la Sicile, et dans les îles Lipari, dont une, Stromboli, a des éruptions continuelles. A\i nord, oH ne trouve que des cratères éteints dont plusieurs renferment des lacs, les collines volcaniques de Rome et les sources -inflammables de la Toscane. Les salses ou volcans d'air et de boue des environs de Parme, de Reggio, de Modène et de Bologne, n'ont rien dje commun avec les éruptions volcaniques : ce sont des dégagements de gaz hydrogène.
5. Flenves s le P4^, l'Adige, le Tibre. — Les Alpes et la partie septentrionale dès Apennins enveloppent la riche plaine que traverse le Pô, et qui, de Turin à Venise, n'offre pas une colline. Des torrents sans nombre, descendus de cette ceinture de montagnes neigeuses,^ la sillonnent et la fécondent, mais l'exposent aussi à d'affreux ravages. Ces torrents scmt tributaires du Pô (Pardus), qui, né sur les flancs du mont Yiso [Vesulifs), est navigable depuis Turin, et va se jeter dans l'Adriatique par plusieurs embouchures dont le nombre et la position varièrent souvent. Ce fleuve, en charriant les débris
des montagnes qui Tentourent et du sol qu'il traverse, exhausse chaque jour son lit, maintenant p\us élevé à Ferrare que les toits de la ville, et fait chaque année reculer la mer de 70 mètres. Ses principaux affluents, dont trente étaient navigables, sont, sur la rive droite : le .Tanaro (Tanariis)^ la Trebbia {Trebia)y le Reno (Rhenvs) , qui renferme l'île des Triumvirs ; sur la rive gauche : le Tessin (Ticinus), TAdda (Addiui)^ le plus grand des affluents du Pô, TOglio [OUim) et le Mincio (Mirir dm). Plusieurs de ces rivières ont formé de grands lacs, en remplissant le^ bassins naturels creusés le long de leur cours : ainsi le Tessin a donné naissance au lac Majeur ( VerbanuSy long de 62 kiL); TAdda, au lac de Gomo [Larius^ 53 kiL); TOglio, au lac dlseo (Se6mttô, 22 kiL); la Sarca, au lac de Q-arda [BenacuSy 53 kiL), d'où elle sort sous le nom de Mincio.
A Test du Mincio, le dernier des affluents de la rive gauche du Pô, descendent des Alpes dans l'Adriatique : TAdige [Athesis]^ le plus grand fleuve d'Italie après le Pô (400 kiL dô cours) ; le Bacchiglione et la Brenta (Medoacus major et minor; 178 et 98'kil.) ; la Piave [Plorvis y 222 kiL); le Tagliamento [Tilaventum, 53 kiL); risonzo [SontiuSy 89 kiL); le Timavo [Timavus] ^\ FArsa [Arsia^ 31 kiL).
Les Apennins envoient à la mer de Toscane, du nord au sud, la. Magra [Macra, 58 kiL); l'Arno (Amu^^ 244 kiL); le Tevere {TiBeriSy 365 kiL), grossi de la Chiana (Çlanis), deiaNera {Nar] et du Teverone (Anio)y qui, des 42 cours d'eau que le Tibre reçoit, mérite seul le nom de rivière; le Garigliano (LhHs, lll kiL), qui, comme le Tibre, court longtemps du nord au sud avant de*se jeter à la mer, à travers les marais de Minturnes ; le Volturno [Viilturnus, 170 kiL); le Sele (Silarus) et le Lao (Laus). Dans l'Adriatique tombent, du nord au sud, depuis le Pô : le Pisatello {Rubico)', le Mentauro (Metaurv^); l'Esino [AUsisy, leTronto [Truentus, 89 kiL); la Pescara [Atefmus^ 160 kiL); le Sangro* [SangruSy 125 kiL); le Tiffe'no i^Tifemvs, 93 kiL); le Fortore
(Frento ou Fertor, 129 kiL) et TOfanto (AufiduSy 183 kil.). Mais tous ces cours d'eau de Tltalie péninsulaire ont le caractère capricieux des torrents qui descendent des montagnes : larges et rapides au printemps, à Fépoque de la fonte des neiges, ils se dessèchent en été, et même les plus considérables d'entre eux restent, dans tous les temps, à peu près inutiles pour k navigation
Aux lacs que nous avons déjà nommés dans la haute Italie ajoutons celui de Nemi [Nemorensis] y si gracieux que les anciens Pavaient nommé le miroir de Diane; ceux d'Albano (Albanus), de Gabii (Gabinns), Regillo '(Regillys), dans le Latium ; d'Averne et Lucrin, dans la Campanie; de Bracciano [Sabatintis), de Bolsena [Vulsiniensis) , de Ronciglione ou de Vico ( Ciminivs ) , de Bassano (Vadirnonivs) , de Perugia [Trasimenys)^ la Palude Chiana (Clicsinifs), dans la Toscane; enfin celui de Gelano (Fttdniis), que Ton vient de dessécher.
6. Marais Pontliis. — C'est le long des bords de la mer de Toscane que s'étendent tous les marais de l'Italie péninsulaire, à l'exception de ceux qu'on rencontre au nord et au sud du mont Gargano. Pline le Jeune parle de l'insalubrité des côtes de l'Étrurie, où commençait déjà la Maremme. Appius, Gethegus, César et Auguste, dans l'antiquité, plusieurs papes dans les temps modernes, essayèrent vainement de dessécher les marais Pontins, qui couvrent un espace de près de 30 lieues carrées. Le niveau très-bas du sol de ces marais ne permettant pas aux eaux descendues des hauteurs environnantes de s'écouler vers la mer, elles restent stagnantes, et il s'en échappe des miasmes délétères. Le voyageur imprudent qui s'y endort la' nuit sans abri court le risque de ne se point réveiller. Les Romains avaient jeté cependant à travers ces marais la grande voie Appienne. On y trouve quelques forêts et d'immenses pâturages où prospèrent de nombreux troupeaux. La Campanie avait les marais de Minlumes ou de Marica (marenime du Garigliano), le Linterna palus (lago di Patria), VAchentsia palus (lago di Fusaro).
«Y. Promontoires et lies s Sielle, Sardalgne, Corse, Elbe. — Les côtes de la mer de Toscane et de la mer Ionienne sont défcoupées par de vastes golfes et des ports naturels qui appellent le commerce et la navigation, comme les vastes plaines qui s'étendent par derrière invitent à Tagriculture ; au large s'étend une ceinture d'îles placées en face de chaque grand promontoire. La rive italienne de l'Adriatique, au contraire, est unie et sans ports, et le navigateur fuyant les pirates illyriens et l'inextricable labyrinthe de leurs îles ne trouvait de refuge le long de cette côte inhospitalière qu'au fond de l'Adriatique, dans les lagunes de Venise.
Les promontoires étaient : Populonium, dans l'Étrurie ; Circeium (monte Circello) , dans le Latium ; Misenum (cap Misène) et Minervœ ou Svfrrentinum (punta délia Gampanella ou cap de Sorrente), en Gampanie; Palinurum (punta del Spartimento), en Lucanie; Levrcopetra, Zephyrium (capo di Spartivento) et Lacinium (capo di Nao), dans le Bruttium ; Sallentinum ou lapygiwm (capo di Leuca), en Galabre; Garganwm (monte Gargano), dans l'Apulie.
Les plus connues des petites îles italiennes étaient : Ilva (Elbe), renommée par ses mines de fer, qui, selon les anciens, se renouvelaient d'elles-mêmes; Poniia (Ponza) et Pandataria (Vandotena), au sud du promontoire de CiTcen;Pithecussaou:jEnaria(lsc\ïisi) et Prochyta (Procida), en face du cap Misène; Capreœ (Gapri), en face du cap de Sorrente. — La. Sicile ou l'île aux trois promontoires: Pe/onwn (capo diFaro), Pachynum(c3.\^o PassarQ) et Lilybceum (capo Boeo), appartient, avec le groupe des îles agates (Levanzo, Favignana, Maretimo) et des îles Èoliennes- [iles Lipari), à l'Italie, dont elle est l'évidente continuation. Plus éloignées de la péninsule, la Corse et la Sardaigne en sont cependant encore des dépendances géographiques, et ont été, dans tous les temps, en étroite relation avec elle. La surface de ces trois grandbs îles est presque le quart de la surface totale de l'Italie.
8. PaflMtages des Alpes. — L'Italie n'était accessible que par un petit nombre de cols ou passages que laissent entré eux les sommets des Alpes, ou qu'ils forment, aux deux extrémités de la chaîne, en s'abaissant vers la mer. Les routes que suivirent les légions romaines pour passer en Gaule», dans l'Helvétie, la Rhétie, le Noricum et miyrie, étaient au nombre de dix. La première traversait les Alpes maritimes ; cinq autres passaient par le mont Genèvre (Jcmus morts) ; dans les Alpes cottiennes, par le mont Genis (Cenisiits) ; par le petit Saint* Bernard (Alpis Graia), le grand Saint-Bernard (Per^ ninus mons) et le Saint-Gothard [Adula mons) ; la septième suivait le lac de Gomo et remontait la Yalteline; la btiitième traversait le mont Brenner; la neuvième, le col de Tarwis, et la dixième conduisait dans l'IUyrie, à travers les Alpes juliennes 5 de aorte que l'Italie n'était pas inabordable, malgré sa formidable barrière des Alpes, malgré leurs cimes colossales, « qui, vues de près, semblent des géants de glace placés pour défendre l'entrée de cette belle région. »
9. Populations primitives. — L'Italie reçut, en effet, des colonies de tous les pays qui l'entourent. L'Espagne lui envoya les tribus ibériennes des Sicanes et des Ligures; la Gaule, celles des Insubres, Génomans, Boïens, etc. ; les grandes Alpes , les Étrusques de la Rhétie; l'IUyrie, de nombreuses tribus pélasgiques; la Grèce, les colonies. helléniques; l'Asie Mineure, les Tyrrhéniens. A ces peuples il faut joindre les tribus de l'Italie centrale : Osques et Sabelliens, qui se disaient indigènes. Ces peuples furent répartis en Italie de la manière suivante :
i O. Ganle cisalpine s Ligurie et Vénétle. — Dans la haute Italie (Piémont, Lombardie, etc.), les Ligures, divisés en tribus nombreuses, mais pauvres, occupaient toute la région du sud-ouest ; les Vénètes, la région du nord-est, où s'élevait leur riche capitale, Patavium (Padoue). Les Gaulois se partageaient le reste de la Cisalpine. Au nord du Pô, les Insubres [Mediolanv/m ou
Milan) et les Génomans (Brescia, Vérone etMantoue). Au sud du fleuve, de Toueçt à Test, les Ananes ou Ana> mares, les Boîens, les Lingons et les Sénons (Plaisance, Parme, Modène, Bologne et Ravenne).
11 . Étrarle, Latiam et Campanle. — Les Étrusques établis entre la Macra et le Tibre, l'Apennin et la mer de Toscane, avaient 12 villes dont les principales étaient Véies, Cœré, Paieries^ Arretiwm (Arezzo), Perusia (Pérouse), VuUinii (Bolsena). — Dans le Latium (Campagne de Rome) habitaient les Latins {Tibur ou Tivoli, Aricie^ Préneste ou Palestrina, Vélitres^ etc.), les Rutules (Ardée)j les Êques, les Herniques (Anagni), les Volsques (CorioleSy Siiessa Pometia\ les Ausones ( Teor nwn et Gales), La Campanie , « ce morceafti du ciel tombé sur la terre », comme disent les Italiens, attira de bonne heure les Grecs (Naples, Cumes, Noie) ; la population indigène ou les Osques resta répandue dans les petites villes et dans les campagnes. Des Sabelliens enlevèrent aux Étrusques la grande cité de Capoue.
12. Ombrle et Pleenum. — L'Ombrie fut le siège d'un grand peuple, les Ombriens (Spolète^ Intercmina) qui se laissa dépouiller par une colonie gauloise, les Sénons [AHminym ou Rimini, Pisawrwm ou Pesaro, Sena Gallica ou Sinigaglia). Le Picenum (marche d' Ancône) avait pour habitants des Sabelliens.
13. SabiDe et Samniom. — Ces deux pays comprenaient toute la région montagneuse du centre de l'Italie et étaient habités par les Sabelliens, qui s'y étaient divisés en plusieurs peuples : au nord, les Sabins [Reate ou Rieti et Amitemvm) ; au centre, <a ligue des Marses, des Vestins, des Marrucins, des PéUgniens (Corfi^ nium); au sud, celle des Samnites proprement dits comprenant les Ventri (Bovianum)^ les Garaceni (^n/î^ dena)^ les Gaudini [Gaudivm^ près du défilé appelé les Fourches -Gaudines) et les Hirpins (Maleventum ou Bénévent); à Test, les Frentans.
14. Grande-Crréce on Lneanie» Apnlle et Brattlnm. — Tant de colonies grecques (Sybaris^ Crotone^ Ta^
"Us Stimuli
Tiberis pria s ^^ X*^
%Porcilianum
'V , . '^trorciiianura v