ALUN DE CHROME A BASE DE POTASSE
(K0,S03),(Cr203,3S03),2iH0.
Cet alun est le principal sel de sesqui-oxyde de chrome. Il se présente en beaux cristaux octaédriques d'un rouge pourpre foncé, qui,^ vus par transmission, sont d’un rouge rubis. Ces cristaux mûris dans leur eau-mère acquièrent un volume considérable.
La dissolution de ce sel est d’un bleu violet • à une température de 70 à 80°, elle devient rapidement verte, et elle est alors incapable de cristalliser.
Pour préparer l’alun de chrome, on dissout à une douce chaleur 150 grammes de bichromate de potasse dans un peu moins d’un litre d’eau, et 250 grammes d’acide sulfurique; on laisse refroidir ; puis on ajoute peu à peu au mélange 60 grammes d’alcool, on laisse refroidir lentement, et au bout de vingt-quatre heures on trouve au fond du vase 140 à 160 grammes d’alun de chrome en cristaux octaédriques.
Cet alun est employé depuis plusieurs années en teinture.
HYDRATES DE SESQUI-OXYDE DE CUROMFÏ
1° Oxyde mètachromique. — Quand on précipite à froid un sel de chrome violet par l’ammoniaque, on obtient un hydrate dont la composition, après dessiccation dans le vide, est représentée par la formule Cr203,9II0. Cet hydrate est soluble dans l’acide acétique, dans l’ammoniaque et la potasse étendue.
Les influences les plus faibles, telles que l’action de l’eau bouillante ou l’action prolongée de l’eau froide, le contact des disso- ' lulions salines concentrées, une dessiccation prolongée dans le vide ou à l’air libre, un frottement de quelques instants, suffisent pour rendre l’oxyde mètachromique insoluble dans les réactifs précédents et le changer en oxyde hydraté ordinaire.
La transformation des sels de chrome violets en sels verts, par l’action de la chaleur, doit être attribuée au changement moléculaire que subit l’oxyde mètachromique, qu’on peut regarder comme formant la base des sels violets.
Soumis à la double influence d’un sel ammoniacal et de l’ammoniaque libre, l’oxyde mètachromique se dissout en produisant des composés d’un beau rose violet. Avec le chlorhydrate d’ammoniaque, on obtient un composé dans lequel la présence do l’acide chlorhydrique et celle de l’oxyde de chrome sont complètement dissimulées.
Quand on abandonne au contact de l’air la dissolution de ce composé, elle laisse déposer une matière violette insoluble qui
ACIDE CHROMIQUE.
donne par l’action des acides une nouvelle série de sels ayant pour base un oxyde de chrome ammoniacal Cr203,4AzH3 (sels roséo-chromiques). Cette base exige, comme J’oxyde de chrome, 3 équivalents d’acide pour former des sels neutres (Fremy).
2° Oxyde hydraté ordinaire. — C’est le précipité gris bleuâtre qu’on obtient en traitant un sel de chrome par la potasse ou mieux par l’ammoniaque et desséchant le produit pendant longtemps à l’air libre ou dans une étuve à 100°.
L’oxyde de chrome hydraté est entièrement soluble dans la potasse et la soude, et forme une liqueur d’un beau vert ; cette dissolution se décompose même spontanément, et laisse précipiter un oxyde hydraté d’un vert d’herbe, qui est complètement insoluble dans la potasse et la soude (Fremy).
3° Oxyde bi- hydraté Cr203,2H0. — Cet oxyde est d’un beau vert, il est connu sous le nom de vert-émeraude , ou vert Guigne t ; on le fabrique en grand, depuis quelques années, pour les besoins de l’impression des tissus et des papiers peints.
On le prépare en chauffant au rouge sombre un mélange de 3 parties d’acide borique cristallisé et de 1 partie de bichromate de potasse, avec une quantité d’eau suffisante pour former une bouillie épaisse. La masse se boursoufle en dégageant de l’oxygène; on l’épuise par l’eau, qui dissout du borate de potasse et laisse pour résidu l’oxyde de chrome bi-hydraté.
Cet hydrate retient ordinairement des traces d’acide borique. Bien qu'il ait pris naissance à la température rouge, il se décompose à 300° et noircit en dégageant de l’eau. 11 est très- stable, résiste à l’action de la potasse en fusion et ne se dissout que dans les acides bouillants (M. Guignet).
ACIDE CHROMIQÜF. Cl’O3.
Équiv. = 628,50 ou 50,28.
L acide chromique est noir lorsqu’on le chauffe, et rouge foncé apres le refroidissement ; il est sans odeur, sa saveur est styptique et désagréable ; il teint la peau en jaune.Cet acide peut cristalliser enoctaèdresoblongs qui sont hydratés. 11 se décompose par la chaleur en sesqui-oxyde de chrome et en oxygène: 2Cr03= Cr203-f03; cette décomposition est souvent accompagnée d’un vif dégagement de lumière.
L acide chromique est très-soluble dans l’eau et même déliquescent; sa dissolution est d’un jaune rougeâtre : il est également soluble dans 1 alcool hydraté ; cette dissolution se décompose pai 1 action de la chaleur ou de la lumière.
L alcool anhydre réagit vivement sur l’acide chromique, en e transformant en sesqui-oxyde de chrome. Lorsqu’on jette quelques gouttes de ce liquide sur des cristaux d’acide chromique, I alcool s enflamme subitement.
L acide chromique agit comme un oxydant énergique.
Lne dissolution aqueuse de cet acide, exposée au soleil, se dé-
CHROMATES.
compose lentement, dégage de l'oxygène, et laisse déposer du chromate de sesqui-oxyde de 'chrome : .3.0r-0s = iL’acide sulfurique décompose l’acide chromique sous l’influence delà chaleur, en dégage de l’oxygène et le transforme en sulfate desesqui-oxyde de chrome :3SO3-4-2Cr03^3SO3,Cr'I 2O3-(-O3. Aussi peut- on préparer de l’oxygène en faisant chauffer le bichromate de potasse avec de l’acide sulfurique qui élimine d’abord l’acide chromique et . le décompose ensuite. Ondoitprendre pour cette préparation o parties de bichromate de potasse et 4 parties d’acide sulfurique concentré.
L’acide chromique est transformé par l’acide sulfureux en sulfate desesqui-oxyde de chrome: 2Cr03 -f 3S02 = 3SG3,Cia03.
L’acide sulfhydrique décompose aussi l’acide chromique, donne naissance à de l’eau, à du sesqui-oxyde de chrome et à un dépôt de soufre : 2Cr03 -f 3SH = 3HO + 3S + Crs03.
L’acide chlorhydrique transforme, par l'ébullition, l’acide chromique en sesquichlorure de chrome, et dégage du chlore:
2Cr03 + scia = 6HO + Cr*Cl» + Cl».
Préparation. — On fait une dissolution saturée de bichromate de potasse et on mêle peu à peu à cette dissolution une fois et demie son volume d’acide sulfurique concentré et exempt de plomb. L’acide sulfurique forme, avec la potasse du chromate, un sel acide qui reste en dissolution, tandis que l’acide chromique se dépose par le refroidissement du mélange en longues aiguilles rouges. Après la décantation de la liqueur acide, on enlève les cristaux avec un couteau deplaliue, ou une lame de verre, on les laisse égoutter, et on les porte sur une plaque de porcelaine dégourdie ou sur une brique, afin de les dessécher. Ces cristaux retiennent ordinairement 1 à 2 centièmes d’acide sulfurique; on peut les purifier en les faisant dissoudre dans l’eau, et en précipitant la liqueur par une petite quantité de bichromate de baryte; il se produit du sulfate de baryte insoluble et de l’acide chromique ; la dissolution donne, par l’évaporation dans le vide, des cristaux d’acide chromique pur (M. Lrilzsche).
CHROMATES.
I es chromâtes dont les bases ne sont pas énergiques se décomposent par la chaleur; l’acide chromique perd la moitié de son oxygène et se transforme en sesqui-oxyde de chrome.
Les chromâtes alcalins sont seuls solubles dans 1 eau; les autres chromâtes 6ont insolubles.
Les chromâtes alcalins neutres sont jaunes; les chromâtes acides sont d’un rouge orangé. Les chromâtes solubles pue 'pilent en jaune les sels de plomb et de bismuth, en rouge les sels de mercure, en rouge foncé les se is d argent.
Dans les chromâtes neutres, la quantité d oxygène de est à celle de la base comme 3.1.