SULFURES D’ÉTAIN
Le soufre et l’étain se combinent dans les proportions sui-
vantes :
Protosulfure SnS ;
Sesquisulfure SiiîS3 ;
Bisulfure SuS*.
Ces composés correspondent, comme on le voit, aux oxydes d’étain.
(*) PROTOSULFURE D’ÉTAIN. SllS.
Ce sulfure est noir et insoluble dans l'eau ; l’acide chlorhydrique concentré le dissout en dégageant de l'acide sulfhydrique pur.
Le protosulfure d’étain doit être considéré comme une suilobase puissante ; en effet, il se combine avec un grand nombre de sulfures, et forme des composés dans lesquels il semble jouer le rôle de base : tels sont le sulfocarbonate d’étain (CS2 SnS), le sulfarséniate d’étain (AsS5,SnS), etc. .... ,
Ce sulfure s’obtient par voie humide, en précipitant un sel de protoxyde d’étain par l’acide sulfhydrique : pour le préparer par voie sèche, il faut faire chauffer de 1 étain avec du soufre, pulvériser la masse et la chauffer avec une nouvelle quantité de soufre jusqu’à ce que le mélange soit entré en fusion.
(*) BISULFURE d’ÉTAIN. StlS2.
Ce sulfure peut être obtenu par voie sèche et par voie humide.
BISULFURE D’ÉTAIN.
On le prépare par voie humide en traitant une dissolution
de bichlorure d’étain par l’acide sulfhydrique.
Le bisulfure d’étain ainsi obtenu est d’un jaune sale, insoluble dans l’eau, soluble dans la potasse, et précipité de cette dissolution par les acides.
Le bisulfure d’étain obtenu par voie sèche a reçu le nom d or
mussif. .
Pour le préparer, on amalgame 12 parties d étain avec b parties de mercure, on broie l’amalgame avec 7 parties de fleur de soufre et 6 parties de sel ammoniac. On introduit le mélange dans im matras de verre à long col, et on le chauffe lentement au rouge sombre dans un bain de sable, jusqu’à ce qu’il ne dégage plus de vapeurs blanches.
La réaction est très-complexe ; il se forme du sulfure de mercure, des chlorures de mercure, d’étain, qui se volatilisent, en même temps qu’une certaine quantité de soufre et de sel ammoniac ; et l’on trouve au fond du ballon une couche cristalline d’or mussif.
Dans cette opération, le sel ammoniac, en se volatilisant, emprunte à la masse une certaine quantité de chaleur latente, ce qui empêche la température de s’élever assez pour que le bisulfure d’étain soit décomposé; en outre, les molécules de sulfure d’étain sont entraînées par les différents produits volatils, et cristallisent en quelque sorte par sublimation.
On peut aussi obtenir le bisulfure d’étain sous forme de paillettes cristallines, en faisant passer dans un tube chauffé au rouge sombre de l’acide sulfhydrique sec et saturé de vapeurs de bichlorure d'étain anhydre.
L’or mussif est d’un jaune d’or ; il cristallise en belles paillettes hexagonales, douces au toucher, inattaquables par tous les acides, excepté par l’eau régale.
Chauffé au rouge avec le double de son poids de nitre, il fait entendre une violente explosion, et forme du sulfate et du stannate de potasse.
Le bisulfure d’étain se comporte comme un sulfacide puissant, et se combine avec les sulfobases. Il sè dissout dans 1 hydrate de potasse: dans ce cas, une partie du sulfure se décompose pour produire du stannate de potasse et du sulfure de potassium qui se combine avec le sulfure d’étain non décomposé. Lorsqu’on le fait bouillir avec une dissolution de carbonate de potasse, il chasse l’acide carbonique, et forme du sulfostannate de potasse (SnS*,KS).
Le bisulfure d étain se décompose par la chaleur, et donne un mélange de protosulfure et de sesquisulfure d’étain.
L or mussil sert à bronzer le bois; il est aussi employé pour trotter les coussins des machines électriques.
(*) EXTRACTION DE l’ÈTAIN.
L extraction de 1 étain est une des opérations métallurgiques
EXTRACTION DE l’ÉTAIX.
qui présentent le moins de difficultés, car on retire toujours ce métal de l’acide stannique ( ccusiléiite ), qui se réduit facilement sous l’influence du charbon, et donne de l’étain métallique.
Le minerai cru est trié, bocardé et lavé sur des tables pour le séparer des gangues pierreuses qui l’accompagnent ; puis il est soumis au grillage. L’oxvde d’étain n’éprouve aucune altération dans cette opération, tandis qlie les sulfures et les arséniosulfures s’oxydent et se désagrègent. On bocarde le schlich grillé, et on le soumet à un nouveau lavage, afin de séparer l’oxyde de fer pulvérulent et les autres matières altérées par le griliage.
Par des lavages nombreux et soignés, on arrive à donner à un minerai très-pauvre une grande richesse. Le résidu des lavages est en grande partie formé d’acide stannique ; il est immédiatement soumis à la réduction.
La réduction s’opère soit dans un four à réverbère, soit, plus ordinairement, dans un four à manche (fig. 121). On charge le minerai et la houille par couches alternatives, et l’on donne le
vent. La réduction a lieu par le carbone et l’oxyde de carbone.
L’étain fondu et les scories se rendent dans un creuset extérieur B; on enlève les scories, et quand le creuset est rempli de métal, on l’écoule par un trou de coulée dans un autre creuset, où on l’agite avec des liges de bois vert pour réduire l’oxyde dissous. On puise ensuite le métal avec des cuillers de fer, et on le coule dans des lin gotières.
On raffine cet étain en le chauffant faiblement sur la sole inclinée u’un petit four à réverbère. 11 s’opère une liquation; l’étain fond le premier, entraînant une faible proportion des métaux étrangers. L opération répétée plusieurs fois donne le métal sensiblement pur.
La figure 121 représente le fourneau à manche qui sert en Saxe à la réduction des minerais d’étain : le métal est purifie par décantation dans des bassins qui sont placés à la base du fourneau.
Fig. 111.