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OR

Équiv. = 1229,10 ou 93,33.

L’or a une couleur jaune un peu rougeâtre ; il est très-brillant et peut prendre un beau poli. Lorsqu'il est réduit en feuilles très-minces, il paraît vert par transmission et rouge par réflexion. S’il est en poudre très-fine, il est d'un jaune violacé.

L’or cristallise en pyramides quadrangulaires et en octaèdres : il se trouve dans la nature sous différentes formes qui dérivent du cube. Il est moins dur que l’argent et presque aussi mou que le plomb; on lui donne de la dureté en l’alliant à une petite quantité de cuivre; c’est le plus malléable et le plus ductile des métaux. On peut le réduire en feuilles de un dix-millième de millimètre d'épaisseur; 5 centigrammes d’or peuvent être tirés en un fil long de 162,n,4t9.

La ténacité de l’or est moins grande que celle du fer, du cuivre, du platine et de l’argent.

L’or se contracte beaucoup plus que les autres métaux en passant de l’état liquide à l’état solide. La densité de 1 or fondu est 19,258, et devient 19,307 par l’écrouissage.

on.

l/or entre en fusion à une température qui correspond à peu près à 1 100° du thermomètre à air. L’or, à l’état liquide, paraît vert. - ,

11 est à peu près fixe à la température la plus elevée qu on puisse produire dans les fourneaux ordinaires ; mais il se volatilise sensiblement au foyer d’un grand miroir ardent, à la flamme du chalumeau à oxygène et hydrogène ; il se réduit en vapeurs quand on l'expose en feuilles très-minces à l'action d’une forte batterie ou d’une pile voltaïque très-puissante.

L’or très- divisé devient incandescent dans un courant de gaz hydrogène, lorsqu’on le chauffe à 50°.

11 partage, avec le platine, l'argent, le fer, etc., la propriété de se souder à lui-méme sans fusion préalable.

L’or est un des métaux les moins altérables que l’on connaisse. Aucun acide simple ne l’attaque, l’acide sélénique excepté.

L’acide azotique, mêlé avec les acides chlorhydrique, iodhydrique, bromhydrique, etc., forme des eaux régales qui dissolvent l’or en le transformant en chlorure, iodure et bromure.

L’or est aussi dissous par des mélanges d’acide chlorhydrique avec les autres acides, tels que les acides chromique, sélénique, etc., qui peuvent dégager du chlore avec l’acide chlorhydrique. En général, tout mélange qui produit du chlore peut attaquer l’or.

Dans les arts, on emploie, pour dissoudre l’or, une eau régale formée de f partie d’acide azotique et de 4 parties d’acide chlorhydrique.

Les alcalis n’attaquent l’or ni par voie sèche ni par voie humide; toutefois, lorsqu’on les chauffe avec ce métal au contact de l’air, on constate une absorption d’oxygène et la formation d’un aurate alcalin.

L’or n’est pas attaqué par le chlorate de potasse ; le nitre en fusion paraît agir sur l’or. (M. Tonnant.)

Le carbone, le soufre et le sélénium n’exercent aucune action sur 1 or, môme sous l’influence de la température la plus elevee. 1

L oi se dissout dans les polysulfures alcalins, par suite de la tendance du sulfure acide d or à se combiner avec les sullures alcalins.

Le phosphore et l’arsenic se combinent avec l’or sous l'influence de la chaleur.

An,6 ưru ?tUa1u®.l,°r même à froid, et produit du chlorure doi. Loi battu se dissout rapidement dans l’eau de chlore.

métalbr°me dlSSOut or> liode n’exerce pas d’action sur ce

L’or donne aux verres une coloration rose.

On emploie 1 or très-divisé pour décorer le verre ou la porce- ,„n’e ?°.^r oblemr 1 or en poudre destiné à cet usage, on peut fer de sa dissolution par du sulfate de protoxyde de

corlninnc .azolate de Protoxyde de mercure. On emploie pour cei taines dorures 1 or divise qu’on obtient en broyant avec du

PROTOXYDE D’OIt.

miel de l’or réduit en feuilles. L’or préparé par cette dernière méthode est ordinairement placé en couches minces dans des coquilles.

£ ’01' 'à c’est-à-dire chimiquement pur, peut être obtenu

par la méthode suivante : on dissout une pièce d’or dans une eau régale faite avec une partie d’acide azotique à 20° de l’aréomètre et 4 parties d’acide chlorhydrique du commerce. On filtre la liqueur, pour la séparer du chlorure d’argent, et l’on y ajoute un excès de protochlorure d’antimoine dissous dans un mélange d’eau et d’acide chlorhydrique. L’or se précipite au bout de quelques heures, surtout en chauffant légèrement la liqueur, sous la forme de petites lames cohérentes qui se rassemblent rapidement. On le lave d’abord avec de l’acide chlorhydrique, puis avec de l’eau distillée, et on le fond dans un creuset de terre avec une petite quantité de nitre et de borax. (M.Levol.)

L’or forme avec l’oxygène un protoxyde Au20,et un peroxyde Au203. Ce peroxyde fonctionne comme un véritable acide ; on lui donne ordinairement le nom d’acide aurique.

D’après quelques chimistes, il existerait un oxyde d’or intermédiaire, Au2Ü2.

PROTOXYDE d’or. Au20.

Équiv. = 2558,32 ou 204,06.

Le protoxyde d’or a été découvert par Berzélius, et étudié par M. Figuier.

Cet oxyde se présente sous la forme d’une poudre brune ou d’un violet foncé, insoluble, inaltérable à la lumière et inattaquable par les oxacides les plus puissants. Desséché à 100°, le protoxyde d’or est d’un violet bleuâtre; à 250°, il se décompose en oxygène et en or. 11 forme, avec l’acide chlorhydrique, du perchlorure d'or et un dépôt d’or métallique; avec les acides bromhydrique et iodhydrique un protobromure et un protoiodure d’une couleur brun foncé. Les alcalis caustiques dissolvent le protoxyde d’or, mais seulement au moment de sa précipitation ; cet oxyde forme avec l'ammoniaque un composé fulminant.

Le protoxyde d’or peut être obtenu en décomposant le protochlorure d’or par une dissolution étendue de potasse ; une partie du protoxyde forme un précipité violet foncé, le reste se dissout dans l’alcali qu’il colore en jaune. On le précipite de cette dissolution alcaline sous la forme d’une gelée d’un violet foncé, en saturant incomplètement la liqueur par l'acide azotique.

On prépare aussi le protoxyde d or en versant une dissolution d’azotate de protoxyde de mercure dans une dissolution étendue et neutre de perchlorure d’or employée en léger excès ; le mélange porté à l’ébullition laisse déposer du protoxyde d’or. (M. Figuier.)

ACIDE AURIQUE.

(*) ACIDE AURIQUE. ÂU203.

Ëquiv. = 27o8,32 ou 220*00.

L’acide aurique hydraté se présente avec une couleur tantôt brune, tantôt jaune pâle. Il est insoluble dans l’eau ; la lumière le réduit assez rapidement II se décompose, vers 245°, en or et en oxygène. L’hydrogène ne le réduit qu’à l’aide d’une légère chaleur. Le charbon et l’oxyde de carbone le ramènent rapidement à l’état métallique; l’alcool bouillant le décompose et en sépare de l’or.

Les acides azotique, sulfurique, acétique, ne le dissolvent qu’en petite quantité ; l’eau le précipite de ces dissolutions. Presque tous les acides organiques le ramènent à l’état métallique ; l’acide oxalique opère celte réduction très-facilement, en se changeant en acide carbonique. Les acides chlorhydrique, iodhydrique, dissolvent l’acide aurique et forment du chlorure ou de l’iodure d’or.

L’ammoniaque forme avec l’acide aurique un composé fulminant.

On prépare l’acide aurique en précipitant le chlorure d’or par la magnésie ou l’oxyde de zinc ; il se forme des aurates de magnésie ou de zinc qui sont insolubles; ces sels, traités à froid par l'acide azotique étendu, sont décomposés et donnent de l’acide aurique. (Pelletier.)

On obtient facilement l’acide aurique par le procédé suivant: on dissout le perchlorure d’or dans l’eau, on le sature aussi exactement que possible par le carbonate de soude et l’on maintient la liqueur à l’ébullition pendant une demi-heure. La plus grande partie de l’or se sépare à l’état d’acide aurique d'un brun foncé ; l’autre partie reste dans la liqueur. En ajoutant à la dissolution une nouvelle quantité de carbonate de soude, et en la saturant exactement par l’acide sulfurique, on obtient par l’ébullition le reste de l’acide aurique sous la forme d un précipité jaune clair. L’acide aurique ainsi obtenu est un hydrate ayant pour formule : Au2O3,I0llO : le précipité brun fonce a pour composition : Au203,8I10. (M. Figuier.)

On peut encore prépare]1 l’acide aurique en faisant bouillir pendant quelques minutes le chlorure d’or avec un excès de potasse, et en précipitant ensuite l’aurate de potasse -par un exces d acide acétique. On obtient ainsi de l’acide aurique hydrate et parfaitement pur, qui se dissout à froid dans la potasse ; cette dissolution donne, par une évaporation dans le vide, un aurate de potasse cristallisé.

L aurate.de potasse ainsi préparé se présente en cristaux mamelonnés jaunes ; il contient de l’eau de cristallisation; quand on le chauffe légèrement, il se décompose en dégageant tle 1 oxygtne, et laisse un mélange de potasse et d’or métallique.

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