‹ Abrégé de chimieChapitre 24 sur 276 · A RS ÉN IAT ES · texte numérisé non relu

A RS ÉN IAT ES

Les arséniates alcalins, qui sont les seuls arséniates solubles,

forment avec l’azotate d’argent un précipité rouge-brique trèssoluble dans les acides ; aussi doit-on opérer sur des liqueurs neutres. Quand on les traite dans l’appareil de Marsh, ils donnent des taches brillantes d’arsenic métallique.

Chauffés avec de l’acide borique et du charbon, dans un tube de verre, ils produisent un sublimé d’arsenic.

L’acide sulfhydrique précipite en jaune les dissolutions étendues des arséniates dans les acides. Cette précipitation se fait ordinairement avec lenteur.

L’acide arsénique s’unit avec les bases dans les mêmes rapports que l'acide phosphorique.

(*) ARSÉN1TES.

On constate la présence de l’arsenic dans les arsénites en les chauffant avec du charbon, ou en les décomposant par un acide dans l’appareil de Marsh.

Leur dissolution concentrée donne, sous l’influence des acides, un dépôt cristallin d’acide arsénieux; l’azotate d’argent les précipite en jaune clair, et le sulfate de cuivre en vert : pour former ces deux précipités, on doit opérer dans des liqueurs qui ne contiennent pas d’acide libre, attendu que les arsénites de cuivre et d’argent sont solubles dans les acides.

Les arsénites traités par un excès d’acide chlorhydrique forment presque instantanément avec l’acide sulfhydrique un précipité d’un beau jaune soluble dans l'ammoniaque. C’est du trisulfure d’arsenic AsS3.

(*) BORATES.

Les borates alcalins sont les seuls borates solubles.

Les borates résistent en général à de hautes températures, et donnent en fondant une masse vitreuse transparente, dont la couleur, souvent caractéristique, varie avec la nature de la base. Cependant, comme l’acide borique est volatil au rouge blanc, les borates peuvent perdre leur acide lorsqu'on les expose pendant longtemps à une température très-élevée.

Les acides sulfurique, chlorhydrique et azotique décomposent les borates en présence de l’eau, et en éliminent 1 acide borique; ce dernier acide communique à l’alcool la propriété de brûler avec une flamme verte.

Les borates mêlés avec du spath fluor, cl chauffés avec plusieurs fois leur poids d’acide sulfurique monohydraté, laissent dégager du fluorure de bore, reconnaissable facilement aux épaisses fumées blanches qu’il répand à l’air, et à la propriété qu’il possède de carboniser le papier.

(*) SILICATES.

Les silicates alcalins avec excès de base sont les seuls silicates solubles dans l’eau.

POTASSIUM

Tous les silicates insolubles sont attaqués et décomposés complètement lorsqu’on les fond a\ec trois ou quatre fois leur poids de potasse ou de soude caustique dans un creuset d’argent. Le résidu, traité par un acide, évaporé à siccité et chauffé à 150 ou 200°, laisse de la silice facile à reconnaître.

L’acide silicique étant fixe, les silicates dont les bases sont irréductibles parla chaleur, supportent une température trèsélevée sans se décomposer; la chaleur les fait en général entrer en fusion ; on a remarqué que les silicates contenant plusieurs bases sont toujours plus fusibles que les silicates simples.

Les silicates chauffés dans un vase de plomb ou mieux de platine, avec un mélange d’acide sulfurique concentré et de spath fluor pur, dégagent du fluorure de silicium, qui, en présence de l’eau, donne un dépôt de silice gélatineuse.

POTASSIUM

Équivalent = 489,25 ou 39,14.

Le potassium a été isolé, en 1807, par Humphry Davy. Cette découverte, l’une des plus importantes que l’on ait faites en chimie, a fixé la véritable nature des métaux alcalins et des terres.

Les propriétés du potassium furent ensuite étudiées avec le plus grand soin par Thénard et Gay-Lussac, qui firent connaître les premiers un procédé pratique pour préparer ce mé-

Propriétcs. — Le potassium est solide à la température oïdinaiie et possède 1 éclat métallique; fondu dans l’huile de naphle, il est aussi blanc que l’argent; mais lorsqu’on l’expose a l air, il se ternit rapidement et prend une couleur d’un gris bleuâtre ; il est mou comme la cire, et peut se pétrir entre les doigts; cette expérience ne doit être faite que sous l’huile de naphte, parce qu à l’air le potassium s’enflammerait, même à la température ordinaire. La densité du potassium à la température de 15° est 0,865 ; elle est donc plus faible que celle de 1 6 du •

Le potassium est, après le mercure, le plus fusible de tous es métaux : il entre en fusion à 62°, 5, il est volatil à la tempérauie rouge; on peut le volatiliser dans un tube de verre à la c lateui de la lampe à alcool; on reconrfaît alors que sa vapeur est verte. Cette expérience doit être faite dans une atmospneie d azote, afin d’éviter l’oxydation du métal.

, e potassium jouit d’une grande affinité pour l’oxygène. Il s oxycle au coH(act de l’air humide; lorsqu’on élève sa tempélature, qu on le touche, par exemple, avec une tige de fer

POTASSIUM

rouge, il brûle avec vivacité, et se transforme en oxyde de potassium (potasse).

Le potassium se conserve sans altération dans l’oxygène ou dans l’air atmosphérique parfaitement secs.

Il décompose l’eau à la température ordinaire et s’empare de son oxygène ; ainsi, lorsqu’on jette un globule de potassium dans un vase rempli d’eau, on le voit tourner sur lui-même avec rapidité, et devenir incandescent; il se combine alors avec l’oxygène de l’eau, pour former de la potasse qui reste en dissolution, tandis que l’hydrogène de l’eau devient libre : Iv 4- HO = KO H.

L’action du potassium sur l’eau développant une température très-élevée, l’hydrogène s’enflamme au contact de l’air et repçoduit de l’eau.

Pour constater la production de l’hydrogène dans l’expérience précédente, on introduit une petite quantité d’eau dans un tube rempli de mercure, et l’on y fait passer un globule de potassium. Dès que ce métal est en contact avec l’eau, la réaction se détermine; l’hydrogène en se dégageant déprime la colonne de mercure contenue dans le tube, et en quelques instants le tube se trouve rempli d’hydrogène.

Le potassium a aussi une grande affinité pour le chlore ; il s’enflamme lorsqu’on l’introduit dans ce gaz, et forme du chlorure de potassium.

L’affinité du potassium pour l’oxygène et pour le chlore est souvent utilisée pour enlever l’oxygène ou le chlore à un grand nombre de combinaisons; elle a permis d’isoler plusieurs corps simples, tels que le silicium, le bore, l’aluminium, le magnésium, etc.

Le potassium se combine avec la plupart des métalloïdes.

l*répamtion. — Davy isola le potassium en soumettant l’hydrate de potasse à l’action d’une forte pile. Dans un fragment de potasse hydratée, il creusa une cavité qu’il remplit de mercure; puis il le plaça sur une plaque métallique qu’il fit communiquer ax'ec le pôle positif d’une pile de 150 couples, tandis que le pôle négatif de la pile plongeait dans le mercure.

La potasse hydratée fut décomposée sous l’influence du courant électrique ; l’oxygène de l’oxyde et l’oxygène de l’eau se rendirent au pôle positif, tandis que le potassium et l’hydrogène se portèrent au pôle négatif.

Le potassium, trouvant du mercure au pôle négatif, forma avec ce dernier métal un amalgame; en soumettant cet amalgame à la distillation dans une petite cornue de verre, le mercure se volatilisa ct’le potassium resta dans la cornue à 1 état

de pureté. . ... ,

Cette expérience ne donne jamais que de petites quantités ue potassium : aussi prépare-t-on toujours ce métal en réduisant l’hydrate de potasse par le fer, ou en décomposant le carbonaie de potasse au moyen du charbon.

rOTASSIUM.

Nous décrirons d'abord le mode de préparation du potassium au moyen de l’hydrate de potasse et du fer, que 1 on doit a bay- Lussac et Thénard (fig. 87).

Fig. 87.

On recourbe un canon de fusil cab comme le représente la figure, et on le recouvre, dans la partie ca, d’une couche d’un lut d’argile réfractaire.

On le remplit, de c en a, de tournure de fer bien décapée ; on le place dans un fourneau à réverbère, et l’on met dans la partie ai des fragments d'hydrate de potasse; à l’extrémité b est adapté un tube de verre cl qui plonge dans le mercure, et Ton fait communiquer l’extrémité avec un récipient de cuivre r formé de deux pièces qui s’élargissent et entrent l’une dans l’autre.

Ce récipient porte à son extrémité un tube de verre destiné à laisser dégager les gaz. Comme l’opération exige une température très-élevée, on fait arriver la tuyère d’un bon soufflet dans le cendrier du fourneau.

Lorsque l’appareil est ainsi disposé, on fait rougir la partie ca du canon de fusil, en mettant d’abord de a en b un linge mouillé, afin d’éviter la fusion de la potasse. Quand le canon de fusil atteint le rouge blanc, on enlève le linge mouillé et on place quelques charbons sur la grille#. L’hydrate de potasse entre en fusion, s’écoule dans la partie ca, y rencontre la tournure de fer portée au rouge, et se décompose. 11 se dégage de l’hydrogène provenant de la décomposition de l’eau de l’hydrate de potasse ; le fer absorbe l’oxygène de l’eau et de l’oxyde de potassium, tandis que le potassium mis à nu se volatilise et secondense dans le récipient.

3Fe + 2(K0,H0) = Fe30'> + 2K + 211.

Le potassium doit être retiré du récipient au moyen d’une tige de fer et plongé dans un carbure d’hydrogène liquide, qui

POTASSIUM

le préserve de 1 oxydation. On emploie ordinairement comme liquide pieservateur de 1 huile de naphte ou de pétrole recti-

Pendant l’opération, les gaz doivent se dégager par le tube

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