BI-OXYDE DE BARYUM
La baryte agit sur les matières organiques comme la potasse et la soude, et les désorganise rapidement.
Préparation. — On prépare en général la baryte avec le sulfate de baryte (spath pesant), qui est un sel très-abondant dans la nature.
On mélange intimement 8 parties de sulfate de baryte réduit en poudre très-fine, avec 1 partie de charbon également pulvérisé et 2 parties de résine; on introduit le mélange dans un creuset de Hesse, et on le calcine au rouge blanc pendant une heure environ.
11 se dégage de l’oxyde de carbone, et il reste dans le creuset un mélange de charbon et de sulfure de baryum. Ce résidu est traité par l’eau bouillante qui dissout le sulfure ; la dissolution filtrée est soumise à l’action d’un léger excès d’acide azotique, qui transforme le sulfure de baryum en azotate de baryte et en acide sulfhydrique qui se dégage.
La dissolution évaporée laisse déposer par le refroidissement des cristaux d’azotate de baryte qu’on purifie par deux cristallisations successives des corps étrangers avec lesquels ils peuvent être mélangés ; lorsque ce sel contient de l’azotate de sesquioxyde de fer, on le traite par l’eau de baryte qui précipite le fer à l’état de peroxyde hydraté.
L’azotate de baryte ainsi préparé étant un sel anhydre, il ne reste plus qu’à le calciner pour en retirer de la baryte; cette calcination doit être faite dans une cornue de porcelaine, et non dans une cornue de terre dont la pâte contient toujours assez d oxydes métalliques pour donner à la baryte une teinte brune tres-foncée.
L’azotate de baryte commence par se fondre et se boursoufle beaucoup au moment où il se décompose; il faut toujours prendre une cornue de porcelaine très-grande et élever graduellement ta température jusqu’au rouge; sinon, l'azotate en fusion viendrait bientôt s’engager dans le col de la cornue qui est froid et en déterminerait la rupture. La calcination de l’azotate de
ai y te doit être poussée jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus ni vapeurs rutilantes ni oxygène.
BI-OXYDE DE BARYUM. BaO2.
Équiv. = 10o6,2o ou 84,50.
qui a
nprri c*ir.e 1 Un>e emPeiatul’e très-élevée, le bi-oxyde de baryum comment Kene -C se transforme en baryte. Nous avons vu ,, M. Boussingault avait utilisé cetlc'propriétépourex- 1 1 an e 1 oxygéné de 1 air. 1
CARACTÈRES DES SELS DE BARYTE
On doit considérer lebi-oxyde de baryum comme un oxydant énergique; si on le chauffe dans du gaz hydrogène, il absorbe ce gaz, devient incandescent et donne naissance à de l’hydrate de baryte.
Le charbon, sous l’influence de la chaleur, le transforme en un mélange de baryte et de carbonate de baryte. Introduit dans certaines dissolutions métalliques, telles que celles de manganèse, de zinc, de cuivre, de nickel, il élimine l’oxyde métallique et le fait passer au maximum d’oxydation.
Le bi-oxyde de baryum traité par les acides présente des phénomènes que nous avons décrits en traitant de l'eau oxygénée : tantôt les acides dégagent la moitié de l’oxygène du bi-oxyde de baryum, et produisent des sels de baryte, tantôt l’oxygène éliminé s’unit a l’eau pour donner naissance à du bi-oxyde d’hydrogène ou eau oxygénée.
Traité par l’acide sulfurique à une température inférieure à 75°, le bi-oxyde de baryum donne de l’oxygène ozonisé. (M. Houzeau.)
Préparation. — On peut obtenir le bi-oxyde de baryum hydraté, en versant de l’eau oxygénée dans de l’eau de baryte; il se précipite alors en cristaux blancs et soyeux. Cet hydrate est beaucoup moins stable que le bi-oxyde de baryum anhydre, et passe à l’état de baryte en perdant la moitié de son oxygène, par la seule action de l’eau bouillante (Thénard).
On prépare ordinairement lebi-oxyde de baryum en introduisant de la baryte dans un tube de porcelaine, que 1 on chauffe au rouge naissant et dans lequel on fait passer un courant d oxygène pur et sec; l’oxygène est absorbe complètement, et si le courant de gaz est rapide, la baryte devient incandescente; 1 opération est terminée lorsque l’oxygène commence è se dégager à l’extrémité du tube. Cette suroxydation xle la baryte peut encore être opérée dans un ballon recouvert d’un lut argileux et placé dans un bain de sable dont on elève la température jusqu’au rouge sombre.
CARACTÈRES DES SELS DE BARYTE
Potasse. — Précipité blanc abondant d’hydrate de baryte, qui disparait complètement dans un grand excès d'eau.
Ammoniaque. — Pas de précipite, si l’ammoniaque ne contient pas de carbonate d’ammoniaque.
Carbonates alcalins. — Précipité blanc de carbonate de baryte.
Acide sulfurique cru sulfates solubles. — Précipité blanc de sulfate de baryte, insoluble dans l’eau et dans l'acide azotique : cette précipitation est caractéristique pour les sels de baryte.
(*) Çhromate de potasse. — Précipité jaune, soluble dans un
(*) Acide hydrofluosilicique. — Précipité blanc cristallin.
CHLORURE DE BARYUM.
(*) Phosphate de soude. — Précipité blanc de phosphate de baryte, insoluble dans l'eau, soluble dans l’acide azolique.
(*) Arséniate de soude. — Précipité blanc d’arséniate de baryte, insoluble dans l’eau, soluble dans l’acide azotique.
(*) Acide perchlorique. — Pas de précipité.
Sulfhydrate d’ammoniaque. — Pas de précipité.
Cyanoferrure de potassium. — Pas de précipité, si les dissolutions sont étendues; mais il se forme un précipité blanc qui cristallise au bout de quelque temps, dans des liqueurs concentrées.
Le sulfate de baryte étant complètement insoluble dans l’eau et dans les acides, la baryte se dose toujours dans les analyses à l’état de sulfate de baryte.
(*) CHLORURE DE BARYUM. BaCl.
Équiv. = 1300,0 ou 104,0.
Le chlorure de baryum a une saveur âcre et désagréable; il est vénéneux comme tous les sels de baryte.
100 parties d’eau en dissolvent, à 13°, 43,5 parties, et h 105° 77 parties. L’alcool n’en dissout que ~ de son poids. Le chlorure de baryum est complètement insoluble dans l’acide chlorhydrique concentré.
11 cristallise en tables carrées ; cette forme permet de le distinguer du chlorure de strontium, qui cristallise en loneues aiguilles. 6
Les cristaux de chlorure de baryum contiennent 2 équivalents d eau. Lorsqu on les soumet à l’action de la chaleur, ils décrépitent, perdent leur eau et entrent ensuite en fusion sans se décomposer •
Le chlorure de baryum est employé dans les laboratoires de chirme comme reactif pour reconnaître la présence de l’acide sulfurique ou des sulfates. 1 6 ae 1 acicle
Préparation. — On peut préparer le chlorure de barvum
lanbàiSvîeV r? Cai'b,0naLr de baryte, le sulfure de baryum ou la baiyte caustique dans 1 acide chlorhydrique.
chlorure s’obtient encore en chauffant au rouge vif nendant une heure environ, un mélange d’équivalents éiauv de
bl ad^omp^tSonete1lC cLT11" ^ ïïoî-
1 ««composition, et le chlorure de calcium «e rlmne-e en rhln
Ece%be^
de celle oui a lien nm’i .se,Plod«l*; donc une réaction inverse dissolution de snlfue i\01r lum,lde; lorsqu’on verse en effet une de barvum il «e f'n de chaux dans une dissolution de chlorure
ae Baryum, il se loime du chlorure de calcium et du sulfate de
baryte : S08,CaO + ClBa = SO»,BaO + ClCa d
la urem^fre^L1 ?ioCtll°r^re.-de baryum <Iui a pris naissance dans a première des deux réactions précédentes, il faut pulvériser
SULFATE DE BARYTE.
la masse provenant de la calcination et la reprendre par l’eau bouillante en opérant avec rapidité ; sinon, le sulfate de chaux en présence du chlorure de baryum et de l’eau, régénérerait bientôt du sulfate de baryte et du chlorure de calcium.
Pour obtenir plus facilement le chlorure de baryum, on peut ajouter de la limaille de fer et du charbon au mélange de sulfate de baryte et de chlorure de calcium; on obtient, par la fusion, du sulfure de fer et un composé insoluble formé de sulfure de calcium et de chaux; on sépare ensuite le chlorure de baryum par l’eau bouillante.
On prépare l’azotate de baryte en traitant le sulfure de baryum par l’acide azotique étendu: si la liqueur contient de l’oxyde de fer, on précipite cet oxyde au moyen de l’eau de baryte. En soumettant l’azotate de baryte à deux cristallisations successives, on l’obtient ordinairement très-pur.
Ce sel cristallise en octaèdres réguliers, inaltérables à l’air et toujours anhydres; il est peu soluble dans l’eau, car 100 parties de ce liquide en dissolvent 5 parties à 0° et 35,18 à 101 °,65. L’azotate de baryte est complètement insoluble dans l’acide azotique concentré. 11 est également insoluble dans l’alcool.
Lorsqu’on le soumet à l’action de la chaleur, il décrépite et se transforme en azotite de baryte, qu’une température plus élevée décompose d’abord en bi-oxyde de baryum et en dernier lieu en baryte : il se dégage pendant la calcination de l’oxygène et des vapeurs nitreuses.
L’azotate de baryte sert à préparer la baryte. On l’emploie dans les laboratoires de chimie pour précipiter l’acide sulfurique libre ou les sulfates.
Le sulfate de baryte est désigné en minéralogie sous les noms de baryte sulfatée, de spath pesant, de bai'yline. Il est très-abondant dans la nature ; on le trouve dans les amas et dans les filons métallifères, particulièrement dans ceux d’argent, d’anti- f moine, de cuivre, de mercure ; il forme la gangue d’un grand nombre de minerais : il est rare de trouver des filons riches en sulfate de baryte, sans minerais métalliques.
Le sulfate de baryte existe tantôt en cristaux nets et transparents tantôt en rayons, en stalactites, en masses fibreuses, lamellaires, grenues ou compactes. Ces cristaux possèdent trois »
(*) AZOTATE DF. BARYTE. BaO, AzO5.
Équiv. = 1631,23 ou 130,30.
(") SULFATE DE BARYTE. BaO,S03.
CARBONATE DE BARYTE.
clivages faciles, et dérivent d’un prisme droit rhomboïdal de 101° 4'.
La densité du sulfate de baryte naturel est considérable et représentée par 4,7. Cette propriété, jointe au triple clivage du sulfate de baryte, rend ce minéral facile à reconnaître : elle lui a fait donner le nom de spath pesant.
Le sulfate de baryte est un des corps les moins solubles dans l’eau que l’on connaisse ; l’acide sulfurique forme un précipité dans une liqueur qui ne contient que 7 d’un sel de baryte en dissolution. 11 est complètement insoluble dans les acides azotique et chlorhydrique ; l’acide sulfurique concentré et bouillant le dissout sensiblement; lorsqu’on ajoute de l’eau à cette dissolution, le sulfate de baryte se trouve précipité complètement.
L’acide sulfurique bouillant, qui tient du sulfate de baryte en dissolution, laisse déposer parle refroidissement un sel cristallisé en aiguilles brillantes qui paraît être un bisulfate de baryte 2S03,Ba0,H0. Ce sel est décomposé par l’eau en sulfate neutre et en acide sulfurique.
Le sulfate de baryte est complètement indécomposable par la chaleur, mais il entre en fusion sous l’influence d’une température élevée. Ce sel peut se combiner par voie sèche avec le sulfate de soude (M. Berthier).
On obtient artificiellement le sulfate de baryte en précipitant un sel de baryte soluble par l’acide sulfurique ou un sulfate. Dans çe cas, il peut retenir une petite quantité des sels oui ont servi à le préparer. (*)
Le sulfate de barvte artificiel Sfil'f. Sflllfî 1p nnm rlo A/zima ,! n
(*) CAI1B0NATE DE DARYTE. BaO, CO2.
Ce sel existe dans la nature : il accomnairne n,
STRONTIANE.
l’eau; on peut l’obtenir par double décomposition, en traitant un sel de baryte par un carbonate soluble.
Ce sel est très-difficilement décomposé par la chaleur; toutefois, lorsqu’on le chauffe à un feu de forge, il perd son acide carbonique et se transforme en baryte. Cette décomposition est rendue beaucoup plus facile par l’intervention du charbon (M. Abich).
Il existe un bicarbonate de baryte, 2C02,Ba0, que l’on obtient en faisant arriver un courant d’acide carbonique dans de l’eau qui tient en suspension du carbonate de baryte. On admet l’existence d’un sesquicarbonate de baryte, 3CO*,2BaO, qui se forme en précipitant un sel de baryte soluble par le sesquicarbonate de potasse ou de soude.
Le carbonate de baryte peut se combiner par voie sèche avec le chlorure de sodium, le chlorure de baryum et le sulfate de soude (M. Berthier).
(*) STRONTIUM. St.
Équiv. = 546,87 ou 43,75.
On a obtenu le strontium, comme le baryum, en décomposant le protoxyde de strontium (strontiane), ou le chlorure de strontium, par la pile.
Le strontium est jaune, il est plus lourd que 1 eau ; il absorbe facilement l’oxygène de l’air, et se transforme en strontiane. 11 décompose l’eau, comme le baryum. Sa densité est égale à 2,5.
PROTOXYDE DE STRONTIUM (STRONTIANE). StO.
Cet oxyde est solide, d’une couleur grisâtre, spongieux comme la baryte, attirant comme elle l'humidité et l’acide carbonique de l’air. 11 se dissout dans l'eau, et produit un hydrate cristallisé oui retient 10 équivalents d’eau. Lorsqu’on chauffe cet hydrate à 100° on lui fait perdre 0 équivalents d’eau, et on le transforme en StO, IIO, qui est indécomposable â la température la dIus élevée.
F On prépare la strontiane en décomposant l'azotate de strontiane par la chaleur dans une cornue de porcelaine. On obtient aussi Fa strontiane en chauffant au rouge blanc un mélangé de carbonate de strontiane et de charbon ; l’acide carbonique se transforme en oxyde de carbone, et il reste un mélange de charbon et de strontiane, que Ton peut facilement séparer au moyen
de l’eau.
CARACTÈRES DES SELS DE STRONTIANE
BI-OXYDE DE STRONTIUM. StO2.
On obtient cet oxyde à l’état hydraté en soumettant une dissolution de strontiane à l’action de l’eau oxygénée ; il se précipite sous la forme d’un corps blanc cristallin (Thénard).
La strontiane anhydre n’absorbe pas directement 1 oxygène, et se distingue en cela de la baryte.
CHLORURE DE STRONTIUM. StCl.
On prépare le chlorure de strontium en soumettant la strontiane a l’action du chlore, ou mieux en dissolvant dans l’acide chlorhydrique le carbonate de strontiane ou le sulfure de strontium. On l’obtient encore en calcinant un mélange de chlorure de calcium et de sulfate de strontiane.
Le chlorure de strontium cristallise dans l’eau en longues aiguilles, qui sont des prismes hexaèdres ; ces cristaux retiennent 6 équivalents d’eau. Ils sont décomposés par la chaleur, et donnent du chlorure de strontium anhydre.
Le chlorure de strontium se dissout dans une fois et demie son poids d’eau à 15°, et dans les 4 cinquièmes de son poids d’eau bouillante. 11 est soluble dans l’alcool. Une partie de chlorure de strontium se dissout dans 24 parties d’alcool à 15° et dans 19 parties d’alcool bouillant. Cette dissolution brûle avec une belle ilamme pourpre, et sert à distinguer le chlorure de strontium du chlorure de baryum, qui ne modifie pas d’une manière sensible la couleur de la flamme de l’alcool.
Le chlorure de strontium est presque insoluble dans l’acide chlorhydrique concentré. Après avoir été desséché, il absorbe 4 équivalents ou 40 pour 100 de gaz ammoniac.
CARACTÈRES DES SELS DE STRONTIANE
Potasse. — Précipité abondant de strontiane hydratée, qui se dissout dans un excès d’eau.
Ammoniaque. — Pas de précipité.
Acide sulfurique et sulfates. — Précipité blanc, à peine soluble dans l’eau et les acides, et qui n’apparaît qu’au bout d’un certain temps, lorsque la, liqueur contient des acides libres. Le su. late de, strontiane étant soluble dans environ 4000 parties d eau, la dissolution de ce sel se trouble sensiblement lorsqu’on la traite par un sel de baryte. Les sels de strontiane, dissous dans une grande quantité d’eau, cessent d’être précipités par 1 acide sulfurique et les sulfates.
Chlorate de potasse. — Ne trouble pas les sels de strontiane, à moins qu’ils ne soient en dissolutions concentrées.
Carbonates alcalins. — Précipité de carbonate de strontiane.