ACTION DE LA CHALEUR
La chaleur produit sur les sels des effets qui varient avec la nature de 1 acide et celle de la base. Lorsqu’un sel contient beaucoup d eau de cristallisation, il entre facilement en fusion, sans perdre cette eau, et présente ainsi le phénomène de la fusion aqueuse. En continuant l’action de la chaleur, l’eau de ciistalhsation se volatilise, le sel revient à l’état solide et peut
entier une seconde fois en fusion : il éprouve alors la fusion ignée.
Cci tains sels, soumis à l’action de la chaleur, font entendre un brmt particulier, qui a reçu le nom de décrépitation : lorsqu on jette le sel marin sur des charbons ardents, il est lancé de tous côlés en produisant une série de petites détonations.
On a attribué pendant longtemps la décrépitation à l’expansion subite de 1 eau contenue entre les cristaux ; mais il est
démontré aujourd’hui que la volatilisation de l’eau n’est pas la seule cause de ce phénomène^ puisque certains sels décrépitent encore par la chaleur lorsqu’on les a desséchés pendant longtemps dans le vide, et qu’on a volatilisé ainsi la petite quantité d’eau interposée entre leurs molécules. La décrépitalion doit être attribuée alors à une répartition inégale de la chaleur entre les molécules du sel, qui détermine la rupture des cristaux.
La chaleur peut rendre phosphorescents plusieurs sels, tels que le fluorure de calcium, certains sulfures, etc.
(*) Quelques sels et certains oxydes jettent une vive lumière lorsqu’on élève peu à peu leur température; ils manifestent ensuite des propriétés nouvelles, et sont en général plus difficilement attaqués par les agents de dissolution. Ce phénomène d’incandescence paraît correspondre à un changement subit qui survient dans la chaleur spécifique de ces corps (M. Régnault).