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ACTION DE L’ÉLECTRICITÉ SUR LES SELS

Tous les sels sont décomposés par la pile, lorsqu’ils sont humectés ou dissous. L’acide se rend au pôle positif, et la base au pôle négatif.

11 arrive souvent que la base du sel se trouve aussi décomposée, et que le métal réduit se rend au pôle négatif, tandis que l’acide et l'oxygène de la base se portent au pôle positif.

Loi de Faraday. — Lorsqu’un même courant traverse successivement plusieurs corps différents pouvant se décomposer sous son influence, les poids des éléments qu'il sépare dans chacun d'eux sont entre eux comme les équivalents chimiques de ces éléments.

Si, par exemple, les pôles d’une pile viennent plonger dans deux appareils contenant l’un du chlorure de plomb fondu, l’autre du chlorure d’argent également fondu et mis en communication par un corps conducteur, le chlore sera transporté dans chaque appareil du côté du pôle positif, le plomb et l'argent du côté du pôle négatif; et le rapport entre le poids du plomb et le poids de l’argent sera précisément celui qui existe entre l’équivalent du plomb et celui de l’argent.

Dans la décomposition des sels par un courant électrique, c’est toujours un équivalent d’acide qui se transporte au pôle positif, et la quantité correspondante de base qui se rend au pôle négatif, quelle que soit la composition de ce sel (M. Edmond

Becquerel).

(*) Lorsqu'une dissolution saline est décomposée par 1 électricité et que le métal se sépare à l’état de liberté, on ignore encore dans l’état actuel de la science, si l’hydrogène de l'eau décomposée a réduit l’oxyde métallique, si l'oxyde a été réduit directement par l'électricité, ou bien enfin si 1 hydrogène et l’électricité ont agi simultanément. Il est probable que ces trois cas peuvent se présenter, suivant la nature des sels et l’intensité des courants électriques.

Eu soumettant à l’influence de l’électricité une dissolution contenant un ou plusieurs sels, on constate que les composés qui se fixent autour des lames polaires (électrodes) peuvent être de composition très-variable et se combiner entre eux de diverses manières, pour produire des composés secondaires dont il est quelquefois impossible de fixer à priori la composition.

On obtient des produits constants en combinant les effets et en disposant les appareils de manière à faire naître ou à éviter ' les réactions chimiques.

L’électricité à faible tension a été appliquée, dans ces dernières années, par M. Becquerel, à la préparation d’un grand nombre de corps cristallisés : métaux, oxydes, sulfures, sels insolubles, que l’on n’eût pas obtenus par les procédés ordinaires de cristallisation.

Action des métaux sur les dissolutions salines. — Lorsqu’on plonge dans une dissolution saline contenant un métal des quatre dernières sections, un métal appartenant à l’une de ces sections et ayant plus d’affinité pour l’oxygène que celui de la dissolution, ce métal se substitue en général à celui du sel çjt le précipite.

Ordinairement le métal précipité s’attache au métal précipitant, avec lequel il forme un élément de pile qui détermine la décomposition complète du sel. Le métal, en se déposant lentement, affecte quelquefois de belles formes cristallines.

La cristallisation la plus remarquable est celle qui porte le nom à’ arbre de Saturne, et que l’on obtient en plongeant dans une dissolution d’acétate de plomb un morceau de zinc en contact avec des fils de cuivre.

On prépare cette cristallisation en versant dans un flacon à large col de l’eau contenant la trentième partie de son poids d’acétate de plomb, rendue préalablement acide par l’acide acétique. On introduit dans le flacon un morceau de zinc attaché à un bouchon avec des fils de laiton ou de cuivre. Bientôt le zinc et surtout les fils de laiton se recouvrent de lames de plomb brillantes et très-longues.

On donne le nom d 'arbre de Diane à la cristallisation que l’on obtient en précipitant l'azotate d’argent par le mercure. Le corps qui cristallise est un amalgame d’argent.

Cette action des métaux sur les dissolutions salines a été signalée pour la première fois par Richter :.il remarqua que, dans ces réactions, le poids de l’acide et celui de l’oxygène contenu dans la base restent invariables ; le poids du métal seul change.

Action hygrométrique rte l’air sur les sels. — Les sels qui attirent l’humidité lorsqu’on les expose au contact de l’air, et deviennent liquides en se dissolvant dans l’eau qu’ils absorbent, sont appelés déliquescents . Tels sont les sels de potasse.

Tous les sels très-solubles sont déliquescents dans un air saturé d’humidité.

11 existe, au contraire, des sels qui cèdent à l’air, en totalité ou

en partie, lleur eau de cristallisation : on les nomme sels efflorescents. Tels sont les sels de soude.

Il peut arriver cependant que certains sels anhydres et fondus deviennent efflorescents en attirant l’humidité de l’air. Ainsi le sulfate de soude fondu absorbe de l’eau au contact de l’air, et tombe en poussière; il reste sous cette forme parce que le sulfate de soude hydraté n’est pas déliquescent.

Quelques sels, tels que le sulfate de soude, perdent à l’air sec toute leur eau de cristallisation, tandis que d’autres, comme le carbonate de soude, en conservent toujours une certaine quantité, quel que soit le degré de sécheresse de l’atmosphère.

Action «le l’eau sur les sels. — La solubilité des sels dans l’eau est très-variable.

Certains sels, tels que le sulfate de baryte, le phosphate de chaux, etc., sont insolubles; d’autres sels exigent souvent moins de leur poids d’eau pour se dissoudre.

Les sels anhydres qui peuvent former des hydrates solides avec l’eau, développent en général de la chaleur lorsqu’on les met en contact avec ce liquide. Tel est le- chlorure de calcium anhydre.

Les sels qui ne se combinent pas avec l’eau, ou ceux qui contiennent toute l’eau de cristallisation] qu’ils peuvent prendre, produisent, au contraire, du froid en passant de Tétat solide à l’étal liquide au contact de l’eau. Tels sont le chlorure de potassium, l’azotate d’ammoniaque, Kle sulfate de magnésie, le chlorure de calcium hydraté, etc.

Une absorption de chaleur a lieu aussi dans le premier cas ; néanmoins la chaleur développée par la combinaison est assez intense pour que l’on constate le plus souvent une élévation de température.

Le froid produit par l’action de l’eau sur les sels est d autant plus grand quela dissolution estplus rapide ; aussi remplace-t-on souvent l’eau parles acides étendus, qui dissolvent plus promptement les sels hydratés.

On obtient un froid plus intense en mélangeant les sels hydratés avec de la glace pulvérisée ou mieux avec de la neige. Ce fait s’explique aisément, car la glace ou la neige absorbent en fondant une quantité considérable de chaleur.

Tous ces mélanges sont appelés mélanges réfrigérants ; voici la composition de ceux qu’on emploie le plus souvent :

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