ALUN DE POTASSE
ALUN DE POTASSE. (K0,S03),(Al"O3,3SO3),24H0.
Equiv. — 5930,73 ou 473,65.
Ce sel est blanc, sa saveur est astringente, et sa réaction est acide. Sa densité est représentée par 1,7 1 .
Sa solubilité augmente rapidement avec la température.
L’alun, exposé à l’air, s’effleurit lentement. 11 peut cristalliser en octaèdres ou en cubes.
Une dissolution concentrée d’alun dans l’eau bouillante laisse déposer des cristaux octaédriques.
L’alun cubique tend surtout à se former sous l’influence^ d’un excès d’alumine et à une température qui n’excède pas 40 à 50°. En dissolvant l’alun octaédrique dans de l’eau à 40 ou 45°, ajoutant du carbonate dépotasse jusqu’à ce que le précipité cesse de se dissoudre en totalité, et faisant cristalliser a une douce chaleur la liqueur filtrée, on obtient de l’alun cubique exempt de fer et aussi pur que celui qu’on retire de l’alunite.
L’alun cubique paraît avoir la même composition que l’alun octaédrique, et lorsqu’on le dissout dans l’eau froide, on obtient par évaporation spontanée des cristaux d’alun octaédrique. Souvent ces deux formes se combinent, et les faces du cube remplacent les angles solides de l’octaèdre.
L’alun soumis à l’action de la chaleur entre en fusion à la température de 92°; refroidi dans cet état, il conserve sa transparence : on le nomme alors alun de roche. A une température plus élevée, il perd de l’eau, se boursoufle beaucoup et forme une espèce de champignon volumineux et opaque, employé en médecine comme caustique, sous le nom d’alun calciné.
Si l’on chauffe l’alun à une température rouge, on le décompose complètement; le résidu de cette décomposition est un mélange d alumine et de sulfate de potasse. A une chaleur trèsintense, le sulfate de potasse est lui-même décomposé par l’alumine, et le résidu est formé alors d’alumine et de potasse.
Un mélange d’alun et de charbon donne, par la calcination, un pyrophore dont nous avons parlé en traitant du sulfure de potasse.
La polasse et la soude déterminent dans les dissolutions d’alun un précipité d’alumine gélatineuse, qui se redissout dans • un excès d’alcali en formant un aluminate soluble.
L’ammoniaque y produit un précipité insoluble dans un excès de réactif.
1 00 p. (l’eau à 0° dissolvent
3,29 parties d’aluu.
(M. Poggiale.)
ALUN DE TOTASSE.
■•réparation. — Il existe à Pouzzoles, près de Naples, une roche qui contient de l’alun tout formé ; on la pulvérise et on la soumet à l’action de l’eau : les liqueurs laissent déposer par l’évaporation des cristaux octaédriques d’alun.
On trouve encore en Italie, à la Tolfa, près de Civita-Veechia, une roche qui porte le nom de pierre d'alun ou alunite et qu’on peut regarder comme de l'alun ordinaire, combiné avec un excès d’alumine hydratée. Lorsqu’on soumet cette pierre aune légère calcination, on déshydrate environ les deux tiers de l’alumine qu’elle contient, et l’on rend cet excès de base insoluble dans l’eau. La chaleur doit être ménagée, car une température trop élevée décomposerait complètement l’alun.
Le résidu repris par l’eau donne de l’alun qui est connu sous le nom à’ alun de Rome. Ce produit est coloré en rose pâle par une petite quantité de sesqui-oxyde de fer qui, étant insoluble, ne nuit pas dans les opérations de teinture.
La plus grande partie de l’alun que l’on consomme en France, en Allemagne et en Angleterre, s’extrait d’un schiste alumineux contenant du sulfure de fer et des matières bitumineuses; le sulfure de fer exposé à l’air se transforme en sulfate de fer et en acide sulfurique, comme l’exprime l’équation suivante :
FeS2 + 07 = S03,Fe0 + SO3.
Cette oxydation, se produisant en présence des schistes qui contiennent de l’alumine, donne naissance à des mélanges de sulfate de fer et de sulfate d’alumine :
3FeS- + A1!03 + O31 = 3(S03,Fe0) + 3S03,Al303.
On reprend la masse par l’eau et l’on évapore les liqueurs ; le sulfate de fer se dépose encristaux que l’on enlève, tandis que le sulfate d’alumine reste dans les eaux mères : on ajoute alors un sel de potasse qui détermine la précipitation de l’alun ; cette opération porte le nom de brevetage des liqueurs. L alun est ensuite puritié par cristallisation. .
On fabrique aussi de grandes quantités de sulfate d alumine et d’alun en traitant par l’acide sulfurique 1 argile préalablement calcinée. Cetlc calcination a pour but de peioxjdei le fei qui se trouve dans l'argile et de le rendre moins soluble dans
l’acide sulfurique.
Le sulfate d’alumine ainsi obtenu et précipité par le sulfate de potasse, il se forme de l’alun brut que 1 on purifie par la même méthode que l’alun produit avec les schistes alumineux.
l'saçrs. — L’alun est employé dans la fabrication des loiles peintes comme mordant, dans la préparation des peaux de mouton, le collage du papier, la clarification des liquides, la tabn-
cation des laques, etc.
L’alun que I on dest evanoferruro de potassium ,
lion cigs vit. r .
L’alun que l’on destine à la teinture peut être essayé avec le - H • ■ • si ce sel est pur, sa dissolution ne
KAOLTN. — TERRE A PORCELAINE.
doit pas donner de précipité bleu quand on le traite par le cyanoferrure de potassium.
alun d'ammoniaque. (AzH3,H0,S03), A1203,3S03),24H0.
Équiv. = 3,606, 80 ou 463, 34.
On obtient directement l’alun ammoniacal en unissant le sulfate d’ammoniaque au sulfate d’alumine ; ce sel cristallise en octaèdres comme l’alun de potasse, avec lequel il est isomorphe.
Lorsqu’on le calcine, il laisse un résidu d’alumine parfaitement pure (Gay-Lussaç).
Les propriétés générales, la solubilité et les usages de l’alun d’ammoniaque sont les mêmes que ceux de l’alun à base de potasse. On le distingue de ce dernier sel par le dégagement d’ammoniaque qu’il produit lorsqu’on le môle avec une base alcaline, et qu’on chauffe le mélange.