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PORTION CRISTALLISÉE

Silice

Alumine

Chaux

Soude

Soude

(M. Dumas.)

Le verre dévitrifié possède la dureté du grès et souvent la blancheur de la porcelaine ; il fait feu au briquet, et supporte beaucoup plus facilement que le verre les changements de température. Réaumur avait observé que le verre dévitrifié présente jusqu’à un certain point l’aspect et l’infusibilité de la porcelaine: aussi le désigne-t-on quelquefois sous le nom de porcelaine de Réaumur. La dévitrification du verre, et principalement des verres très-calcaires, se fait d’une manière facile en les chauffant fortement dans du sable qui empêche les pièces de se déformer et qui absorbe la portion d’alcali qui se volatilise.

Les verres les plus propres à la dévitrification sont ceux qui contiennent le plus d’alumine; viennent ensuite les verres chargés de chaux. Les verres à base de potasse et d'oxyde de plomb se dévitrifient difficilement.

Les scories des hauts fourneaux peuvent subir aussi la dévitrification.

Le verre, chauffé au point de se ramollir et refroidi brusquement, devient très-cassant; lorsqu’il a été soumis à un refroidissement très-lent, il peut résister, au contraire, sans se casser, à des changements de température assez brusques. Le verre que l’on refroidit subitement éprouve une espèce de trempe et se trouve dans un état physique particulier. En faisant tomber des gouttes de verre fondu dans de l’eau froide, on les trempe et l'on obtient de petites masses ovoïdes terminées en pointe, qui portent le nom de larmes bataviques. La masse vitreuse est alors dans un équilibre forcé, qui est maintenu par la solidarité des molécules formant la surface et qui se détruit lorsqu'on produit une solution de continuité dans l’enveloppe ou qu'on en retranche une partie; aussi les larmes bataviques se réduisent-elles immédiatement en poussière avec une légère détonation, quand on en casse la pointe.

Lin cfi'ct de ce genre se produit avec un objet de verre que l’on appelle fiole philosophique.

La fiole philosophique est une espèce de tube court et épais, fermé par un bout ; ce tube a été obtenu en refroidissant subitement une certaine quantité de verre que l’ouvrier verrier prend à l’extrémité de sa canne pour juger de l’état de la matière qui se trouve dans le creuset. Les couches intérieures du tube ont éprouvé un refroidissement lent et les couches extérieures ont été soumises à un refroidissement rapide ; le verre s’y trouve donc dans un état d’équilibre forcé, comme dans les larmes bataviques : aussi le moindre choc appliqué à l’intérieur du tube,

VERRE

une bille par exemple, qu’on y laisse tomber, suffit pour déterminer la rupture de la fiole philosophique.

Des phénomènes du même genre se produisent dans les objets de verre épais qui sont livrés au commerce sans avoir été refroidis lentement.

On doit donc, pour éviter les effets de la trempe, soumettre le verre à un refroidissement très-lent qui porte le nom de recuit. Le recuit se pratique soit dans un four dont la température s’abaisse peu à peu, soit dans de longues galeries chauffées sous un seul point et dans lesquelles on fait circuler lentement les objets de verre placés dans des caisses de tôle portées par une chaîne sans fin. On enfourne le verre à recuire par une des extrémités de la galerie, et par l’autre on retire le verre recuit.

Le verre qui n’apas été recuit se laisse couper très-facilement lorsqu’on lui fait éprouver un changement de température un peu brusque. Les ouvriers se servent de cette propriété pour détacher de leur canne ou pour couper les objets qu’ils façonnent. Lorsque le verre a été recuit, on le coupe avec un diamant a arêtes curvilignes.

Le verre, en passant de l’état liquide à l’état solide, reste pendant longtemps à Y état pâteux. F

Verre de Bohême

Crown

Glaces de Saint-Gobain

Verres à ritres

Verre à bouteilles

Cristal

Flint-glass

lures alcalins ou terreux colorent direcverre pur, soit les verres du commerce.

VERRE

4° La couleur que prend le verre sous l’influence des métal- . loïdes est due à une seule et môme cause consistant dans leur faculté réduclive.

Les corps désoxydants agissent, sous l’influence de la chaleur, sur les verres qui contiennent des oxydes de fer, de manganèse, de cuivre, et surtout de plomb. Dans* ce cas, l’oxyde est réduit et le verre prend une teinte noire due au métal très-divisé qui reste dans la masse. Ce phénomène se manifeste surtout lorsqu'on chauffe du cristal dans un courant d’hydrogène ou sim-

plement à la lampe d’émailleur : aussi le cristal est-il fabriqué dans des creusets couverts ( fig . lOo) : l’ouverture du creuset par laquelle l’ouvrier prend le cristal est placée en face de l'ouvreau du four, et de cette façon le cristal fondu dans des pots qui ressemblent à une cornue à large col, n’est jamais exposé à l’influence des gaz réducteurs.

Les verres bien fabriqués sont considérés comme insolubles dans l’eau; toutefois l’eau agit sur eux à la longue et tend à les décomposer en silicate alcalin soluble et en silicate terreux insoluble.

Le verre réduit en poudre très-fine est facilement attaque par l’eau (M. Pelouze).

Les vitres des anciennes maisons présentent extérieurement une surface dépolie et irisée, dont la formation doit être attribuée à l'action de l’eau sur le verre.

Certains verres, tels que le crown, le verre à glace, sont souvent assez hygrométriques pour se recouvrir d’une couche d’eau, lorsqu’on les expose à l’air humide.

Les alcalis en excès, chauffés avec du verre, forment des silicates alcalins basiques facilement attaquables par les acides.

Lorsqu’on conserve de l’eau de baryte ou de l'eau de chaux dans des flacons faits avec des verres contenant de l’oxyde de plomb, le verre est attaqué ; il se forme une combinaison soluble d’oxyde de plomb avec la baryte ou la chaux, dont on constate la présence au moyen de l’acide sulfhydrique qui forme dans la liqueur un précipité noir de sulfure de plomb

(M. Chcvreul). , ..

Les acides peuvent agir à la longue sur tous les verres, ils tendent à s’emparer des bases et à éliminer la silice. On constate cette action en laissant séjourner pendant plusieurs années de

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