‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 103 sur 320 · PENINSULE HISPANIQUE · texte numérisé non relu

PENINSULE HISPANIQUE

Cette vaste partie de l'Europe Méridionale, considérée sous le rapport politique, n'offre que trois états seulement, mais très différées entre eux pour l'étendue, la population et les ressources. Os trois états sont : le royaume de Portugal et celui $ Expagne, qui forment les noyaux de» monarchies Portugaise et Espagnole, et la petite république d'Andorre.

Monarch te Portugaise .

POSITION ASTRONOMIQUE . Longitude occidentale , entre 8° 46 et 1 1" 5i . Latitutlc, entre 36° 58' et 7.

dimensions. Plus grande longueur , depuis les environs de Melgaço dans le Minho jusqu'aux environs de Faro dans l'Algarve, 3oq milles. Plus grande largeur, depuis les environs de Campo-Maior dans l'Alera- Tejo jusqu'aux cap Roca dans l'Estremadura , 129 railles.

CONTINS. Au nord et à Yestt la monarchie Espagnole, et particulièrement les provinces ou intendances de Galice ou Santiago , de Valiadoiid, de Zamora , de Salamanca , d'Estremadura ou Badajoz et de Séville. Au sud eCk Youest, l'Océan Atlantique.

FATS. Le royaume de Portugal proprement dit, celui d'Algarve et l'Archipel des Açores.

MONTAGNES. Les montagnes de cette contrée ne sont que la continuation des chaînes du système Hespkrique, qui traverse la monarchie Espagnole. Les points culminans sur le sol portugais sont : la Foya dans l'Algarve appartenant au groupe méridional , haute de 638 toises; la Serra d'Estrella, dans le Beira , dans le groupe central, haute dte 1,077 toises; le Gaviara , dans le groupe septentrional , dans le Minho, haut de i,a3o? Voyez aux pages 84 et 85.

IXiES. Les côtes du Portugal n'offrent que des îlots. Les plus remarquables sont le groupe des Berlengast vis-à-vis Péniche dans l'Estremadura, et celui de Faro , vis-à-vis Faro, dans l'Algarve. Mais au milieu de l'Océan et à environ 800 milles des côtes du Portugal , s'élève l'important archipel des Adores , dont la superficie est estimée à 800 milles carrés. Voyez l'article Division.

IiACS. Ce royaume n'en a aucun assez étendu pour mériter d'être nommé dans cet abrégé.

PLEDvrs. Si le Portugal manque de lacs, il a en revanche beaucoup de fleuves, dont les plus grands viennent de l'Espagne , les autres prennent leurs sources dans ses propres montagnes. Tous ces fleuves ont leur embouchure dans l'Océau-Atlantiquc. Les principaux sont :

Le Mi kho , qui vient d'Espagne et ne fait que toucher la frontière septentrionale du Portugal , en baignant Melgaço, Valença et Caminha.

I<e Lima , vient d'Espagne et traverse le Miuho eu passant par Ponte- de- Lima et Viana.

Le Dodro , vieut d'Espagne, sépare le Tras-os-Montes et le Minho de la Beira , passe par San Joâo da Pesqueira , Peso da Regoa et Porto ; au-dessous de cette dernière ville il en'.re dans l'Océan; ses affluens sur le territoire Portugais* sont : le Sabor, la Tu a et la Ta me g a à droite; XAgueda et la Coa à gauche.

Le Voitga naît dans les montagnes de la Beira, traverse cette provinre et entre dans l'Océan au-dessous d'Aveiro.

Le Mordego est le plus grand des fleuves qui naissent en Portugal. Il prend sa source dans l'Estrella, traverse la Beira et les grandes plaines de Coimbra, et forme les ports de Figueira et de Buarcos.

Le Taoe (Tejo des Portugais) vient d'Espagne, sépare l'Estremadura de l'Alem-Tcjo , baigne A bran tes, Santarem, Aldea-Gallega et Lisbonne , et an-dessous de cette dernière ville il entre dans l'Océan. Ses principaux affluens sur le territoire Portugais sont : YElga , le Ponsel et le Zezere à la droite; le Sever, le Zatas et le Cunha ou A Imansor à la gauche.

Le Saado ou Sadao que quelques caries nomment improprement Caldao dans la partie supérieure de son cours. Il prend sa source dans rAlcm-Tcjo, traverse cette province et l'Estremadura, passe par Aicaccr-do-Sal et Setubal, et après avoir formé une lagune au sud de cette dernière ville , il entre dans l'Océan.

I.e Gcadiara vient d'Espagne, touche la frontière orientale do l'Algarve, et p.issc par Jerumenha, Castro Marim , et au-dessous de Villa-Real entre dau< l'Océan.

DESOUPIIOIS DE L'EUROPE.

CANAUX. Ce royaume n'en a aucun qui mérite d'être mentionné.

ETHNOGRAPHIE.. On peut dire que tous les habitons du Portugal appartiennent à la souche Gréco- Latine , puisqu'à l'exception de quelques milliers d'étrangers établis dans les grandes villes de Lisbonne et de Porto, tout le monde parle portugais, langue sœur de l'espagnole et comprise dans la famille greco-latine.

RELIGION. La catholique est la religion de toute la nation ; les autres croyances religieuses sont tolérées.

GOUVERNEMENT. Le gouvernement du Portugal devrait être constitutionnel , depuis que l'empereur du Brésil dom Pedro, fils aine du dernier roi de Portugal et héritier de la couronne, a donné en 1826 à ce royaume une constitution. Ce monarque a renoncé à ses droits à la couronne du Portugal en faveur de sa fille dona îtfaria II , reconuue comme telle par l'Angleterre, la France et autres grandes puissances; mais dom Miguel, frère de l'empereur, nommé régent par ce dernier, manquant à ses sermens, usurpa la couronne, changea le gouvernement constitutionnel dans^ le plus affreux despotisme. On doit faire observer qu'aucune des grandes puissances ne l'a encore reconnu comme roi.

FORTERESSES et FORTS MILITAIRES. Parmi le grand nombre de lieux du royaume que les Portugais et les géographes qualilient du titre pompeux déplaces fortes, il n'y a que les suivans qui mériteut cette qualification : Èlvas avec ses dépendances dont le fort ta Lippe ou da Graça est la principale; J erumenha , Campo~Maior et Marvât* dans l'Àlem-Tejo; Péniche et les forts qui défendent l'entrée du Tage, dans l'Estreiuadura ; Monsanto et Almcida, dans la Boira; Valenca, dans le Minho. Tous les autres ne sont que des stations militaires, où des corps de l'armée sont en quartier.

On peut dire que Lisbonne est le seul port militaire du royaume. C'est aussi le seul où se trouvent les chantier.-» pour la construction des batimens de la marine militaire. On en construit aussi à Porto, mais seulement de très petits.

INDUSTRIE. Tous les géographes, les économistes et les voyaeeurs font aux Portugais le reproche banal de manquer presque entièrement de fabriques et de manufactures, et d'être obligés d'acheter des étrangers avec l'or du Brésil tous les objets non-seulement de luxe, mais ceux même nécessaires pour l'habillement le plus grossier et pour l'ameublement de leurs maisons. Pour toute réponse et pour donner une idée de l'industrie de cette contrée, nous ferons l'extrait du tableau que nous avons publié dans le premier volume de la Statistique du Portugal , nous bornant à ■citer : les fabriques d'armes de Lisbonne; celles de draps et étoffes de laine de Portalegre, Covilhan et Fundào; \u faïence de Lisbonne, Porto, Coimbra, Beja, Estreraoz, Cercal et Caldas; les todes peintes de Lisbonne, Porto et leurs environs; les ouvrages en fer-blanc de Lisbonne et Porto; les excellentes confitures de Lisbonne, Porto, Coimbra et Guimarâes; la grande filature de coton de Thomar, dont le fil est pour le moins égal à celui d'Angleterre et de France; les gallons , les rubans, les savons fins et grossiers et les pierres fines taillées à Lisbonne; Yorfèvtvrie et la bijouterie de cette ville et de Porto; la verrerie de Marinha-Gran de; la grande papeterie d\Ylemqucr, celles de Guimarâes, Louzan, Feira et celles des environs de Lisbonne; les grandes raffineries de sucre de cette dernière ville et de Porto ; les toiles du Minho^ de la Boira et de Tras-os-Montes, les tricots

ai.

d' Alcobaça et de Thomar ; les tanneries de Lisbonne , Setubal , Porto , Coimbra , Beja , Evora , Guimarâes, etc. , etc. ; la chapellerie de Lisbonne , Porto, El vas, Coimbra, Evora et Thomar; les vanneries de Lisbonne, Porto, Coimbra et de leurs environs, dont les produits sont aussi parfaits que solides. Enfin les soieries de Porto et Bragança et surtout les étoffes en soie de Campo-Grande, près de Lisbonne, qui imitent parfaitement celles de Lyon.

COMMERCE. Quoique très déchu de ce qu'il était dans les dix années qui ont précédé le départ du roi pour le Brésil , le commerce de ce royaume était encore assez important avant les évènemens de 1820. Les troubles et les changemens de gouvernement qui ont eu lieu depuis lors l'ont réduit presque à rien. Les principaux articles exportés à cette époque étaient : vins, citrons, oranges, figues, amandes et autres fruits secs, sel commun, huile, sumac, liège et laine. Les principaux articles importes étaient : froment, seigle, orge et maïs; morue sèche, viande salée, beurre, /romage , bœufs , chevaux , mulets et autres animaux ; drogues médicinales et de teinture; huile de lin; planches, solives, merrain, mâts, douves; beaucoup de fer et d'acier, plomb, étain , cuivre, laiton, charbon de terre, goudron et poix; lin, chanvre et soie; ensuite un grand nombre d'articles des fabriques et manufactures étrangères , dont la plus grande partie était réexportée pour les possessions d'outre-mer. Les principaux articles consistaient en étoffes légères de laine, draps fins, toiles d'Allemagne et d'Irlande, toiles à voile, cordages, étoffes de soie, bougies, montres, pendules, iustrumens de physique, de mathématiques, de chirurgie et de musique, quincaillerie anglaise, aiguilles, cristaux et faïence fine d'Angleterre. Il faut ajouter à cela tous les produits importés des colonies , tels que sucre , café , cacao , etc. , etc.

Les villes les plus marchandes de l'intérieur sont : Elvas , Evora , Fiseuy Braga, Peso da Regoa, Guimarâes, Abrantes, Leiria , Bragança , Beja, Covilhan et Coimbra. Fiseu, Evora , Golegan , Lamego et Pesoda Rcgoa ont des foires très riches et très fréquentées. Les ports de mer les plus importais pour leur commerce sont : Lisbonne , Porto et Setubal; ensuite Faro, Figueira et Fiana.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES D'après le projet de la nouvelle division territoriale du royaume adopté par les Cortès en i8i3, le Portugal avec les îles Açorcs et Madère devait être partagé en douze provinces, divisées en vingt- six comarcas ou arrondissement, subdivisés chacune en plusieurs cantons ou julgados. Les troubles qui depuis lors ont agité cette contrée n'ont pas permis de mettre en exécution ce décret utile, et le Portugal offre encore ses anciennes divisions administratives , véritable chaos géographique. Comme il est très probable que lorsque ce royaume jouira d'un gouvernement régulier on réalisera la division projetée, nous allons la donner à la suite de celle actuellement subsistante. Nous croyons aussi indispensable de faire observer que les six provinces, entre lesquelles nous répartissons les 4 4 comarcas, ne forment pas, comme on le croit généralement, des provinces administratives, militaires ou ecclésiastiques, mais de simples divisions géographiques, répétées , on ne sait pourquoi, par tous les géographes et les cartographes routiniers.

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