‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 102 sur 320 · DOMAINES EN DEÇA DU PHARE · texte numérisé non relu

DOMAINES EN DEÇA DU PHARE

Naplb*. Nartas (N;»poli); Pozxmolt , Somma ;Otta/ano ;Casoria x

Portici ; Résina ; 1rs restes à'Herculanum ; Torre del Greco; Torrt del T Annunciata ; les restes de Pompeta ; Cas tel la mare; Sorrcnto. Les Mrs Proeida , Isehia , Caprt.

Tbrrb dr Labour (Terra di Laroro). C a s e r t a ; Piedimonte; San-Germann et Monte- Cas*

sino; &ra; Arpino; Gaëte; Capoue ; Sainte-Mane ; jVo/a; Acetra; Aversa ; Maddaloni. Le groupe des /les Ponza.

Parucf pautb Citrr isub b Salerne; Campagna ; Sala ; les ruines de Pmstum ; Faite i Amalfi; /Vocera; Cava.

Principauté Ultebiburr. Aveliino; San-Angelode' I^ombardi-, Ariano ; Atonte-

fergine; Atripalda; Montella; Solofra.

Moi.ts» Caqjpobasao; Isernia; Larino; Morcone; Agnon*.

Abb'jZBB'-ITltrbibubc IIe Aqoila; Aveztano; Capùtrvllo; Gvità- Ducale ; Pe-

scina ; Sulmona,

Abalkc-UitÉripcrk I" Teramo; Campli ; Penne (Cm ta di Penne); Civi'

leila del Trontn ; Senaiica.

A»rux*b-CitÉeii0EE Chieti (Cmtà di CUeti) ; Lanciano ; Ortona a Nam

Pescara ; Vatto\ Taranta.

CaMTAIUTK. Eoggia ; Ascoli, Bovino; Lacera ; Man/redonU ;

MonteSan-Angehi San-Severo. Le groupe de* Mes

Tremià où se trouve Hle San-Nicola , etc. Baki B a r i ; Andria ; Terlizst; Bitoato ; Altamura ; C/wpmo;

Barletta; Trani; Biscegiia; Mo\fetta\ Giorenatzo ;

Monopoli.

Tiim D'OTaAinr» Lecce; Santa- Marin di Leuca ; Alejsano; OtranUz.

Brinde» (Brindisi); Francavilla; Tarante, Mandaria;

Galiipoli ; JVardo; Galatina Basiluate P o t e n * a ; Lagonero ; r«r*i ; JVatern j MonUpdoto ;

Calabae - CitÉRIEWES Coieniii Bisignano; Cassano; Castnoviflari ; Cori*

gliano; Rottano\ Sdgtiano ; Paola ou Pau/a ; Longo-

ttuco.

Calabee - Ultérieure II* Catansaro; SanUt-Severina ; Cotrone ; Nicastro ; Pis.

a>; Monte-LeoneiParghelia-, Tropea ; Nicotera ; Stiloz

Calabre • Ultérieure rr Reggio; Sciglio ; Seminara ; Palmi; Ce race \ Opptio;

M aida.

DOMAINES AU DELA DU PHARE (Sicile).

P alarme Palerme; Montréal*; Corlrone; Termùù; Cçfalù; Bi-

sacquino. L'Ile Vstica.

Me.vsihe Messine (Messina); Melazzo; Patti; M'utretta ; /la».

</aS5o ; Taormina ; Castroreale. Le groupe de Lipari ,

on se trouvent les (les Lipari avec Lipari ; Fuie a no ;

Salin* ; Stromboli , etc. , etc.

Catahe. Catanc ( Catania ) ; Aci-neale ; Matcali ; Paterne »

Bronte; Nïcosia ; Caltagimne.

Syracuse Syracuse (Siragosa); Agosla (Augnsu); JVo/o;

Spaccaforno; Itpica ; Modica; ScicU; Ragusa; Comiso.

L'tlot Marzamene.

Caltamisetta Caltanisetta; Mussomeli; San-Cataldo; Leonforte-,

Maaarùtûi lYant ; Terranova; Piazia; Castro Giovanni', Pietra Perzia ; Girgenti; Pabna ; Alicata ; C«a* fti£«/t ; Cattoltca ; Btvona. Les Iles Pantdlaria t habitée; Unota et Lamprdouse , désertes.

Trafahi Tranani; Monte-Giubano ; Castellamare ; Alcamo ;

Calatafimi; Salemi; Castebetrano ; Mazzara ; Afar- #«/a; Sciacca ; Sambucea. Le groupe dea Egadej , où se trouvent les Iles Favignana , Maretimo, Levanto% etc., etc.

TQPOCB-APHiJBa Naples, située dans une position magnifique, à la droite de la petite rivière Sabeto, et s 'élevant en amphithéâtre jusqu'à la hauteur d'environ cinquante toises, entre le Vésuve à Test et le Posilippe à l'ouest , au fond du golfe auquel elle donne son nom. La fertilité de son territoire , la douceur du climat, la beauté incomparable de ses alentours, les nombreuses et imposantes antiquités qui l'environnent, une foule de phénomènes physiques offerts à l'observation du naturaliste et du philosophe, la masse de sa population qui n'est inférieure qu'à celle de Londres, Paris et Constantinople , le mouvement qu'imprime au commerce l'approvisionnement et les amusemens d'une grande métropole, les nombreux établissemens philanthropiques qui la mettent sous ce rapport aux premiers rangs parmi les capitales de l'Europe, et ses importans instituts littéraires, dont quelques-uns rivalisent avec les principaux des plus grandes métropoles; tout cela rend le séjour de Naples un des plus agréables que l'on puisse imaginer. Mais pour être impartial il faut aussi avouer que cette ville, relativement à son étendue et à sou impor-

DKSCRIPTION DB LEUROl'K

tance, offre moins d'édifices remarquables en comparaison des autres grandes villes de l'Italie; ses églises, surchargées dans leur intérieur de dorures, de tableaux des grands maîtres et d'ornemens, sont peu recornmandables par leurs dimensions et par leur architecture : on peut en dire presque autant des palais et des autres édifices publics. Nous allons cependant citer les principaux bàtimens publics et particuliers qui méritent d'être signalés à l'attention du voyageur.

Le Palais-Royal y remarquable par ses vastes dimensions, l'architecture de son frontispice, son magnifique escalier, la beauté et la richesse de ses appartemens; c'est la résidence ordinaire du roi. Deux autres palais s'élèvent à ses côtés : à gauche, celui du prince de Saler ne , dont l'élégance des appartemens et les vastes jardins font la principale beauté; à droite, celui que le roi destine pour le logement des princes étrangers. Le palais royal de Capo di Monte, qui domine la ville et auquel aboutit le nouveau chemin de Capo di Monte par un pont magnifique hardiment jeté par-dessus les maisons du faubourg Sanità; ce palais a été dernièrement beaucoup embelli et augmenté; tout presse trouve uneeascina, établissement champêtre, où l'on forme depuis quelque temps une flore superbe , sur le modèle de celle que le dernier roi a formé à Bocca di Falco, près de Palerme; enfin le petit palais royal dt Chiatamonc, remarquable par sa situation délicieuse et par son jardin suspendu.

Le grand édifice des Studii , où se trouvent la bibliothèque Borbonica, l'école des arts et les musées; X université, le Rcclusorio ou hâtel des pauvres, Y hôpital des incurabili et celui de X Annunziata, auquel est annexée la riche maison des en fans trouvés; X arsenal , le palais archiépiscopal , le théâtre de Saint- Ferdinand , réputé le plus beau pour l'architecture des dix que possède cette ville, et la ficaria ou Castel Capuano , ancienne demeure des rois, occupée maintenant par les tribunaux; les archives générales du royaume , dont une partie est changée en prison ; tous ces bàtimens doivent être rangés parmi les principaux de Naples. Mais deux édifices construits dernièrement méritent surtout une mention particulière; ce sont : le magnifique thédtrc de Saint-Charles, qui est un des plus beaux et des plus grands du monde; et le palais des ministères royaux (reali ministeri) ou des finances, achevé en 1826, et remarquable par son architecture et par ses vastes dimensions. On doit aussi mentionner parmi les principaux édifices publics quelques-uns des nombreux couvens que cette ville renferme. I^ous citerons le couvent de Sainte-Claire, où vers la fin du siècle passé on comptait plus de 35o religieuses outre les domestiques des deux sexes; ceux de Sainte- Marie des Carmes , de la Trinité, de Saint- Dominique-le- Grand , de M ront- Oliveto et celui des Chartreux, occupé maintenant par les invalides; c'est un bâtiment vaste et richement décoré, dans une position vraiment superbe; du haut de sa tour on découvre toute la ville, et ses deux golfes se dessinent dans toute leur étendue; ce point offre encore un effet d'acoustique remarquable ; on y entend le bourdonnement, les voix, les cris de la population, le bruit des voitures, etc., etc. On ne doit pas oublier les catacombes, qui occupent les cavités d'une montagne dans la partie septentrionale de la ville; elles servaient de sépulture dans les premiers siècles de l'église, et on prétend qu'elles sont plus étendues que celles de Rome et de Syracuse.

Parmi le petit nombre de palais particuliers qui méritent une mention

ai.

ABRÉGÉ DE GéOGR&tfHlK.

sous le rapport de l'architecture, nous citerons d'abord ceux de Bisigtiano et d' Orsini ou Gratina, ensuite les palais Colonntt ou Stigliano, Imperiali ou Francavilla, Ferrandina , Filomarino ou Torre, Doria ou Angrif

San-Buono , délia Riccia et de Tarsia ; ce dernier renferme une bibliothèque ouverte au public.

Parmi les églises de Naples nous nommerons : la cathédrale, dédié* à j<w/*f Janvier et renommée par la richesse de ses deux chapelles, dans une desquelles on conserve dans deux ampoules le s;ing de ce saint; Yéglisc de Gesu-Novo , qui passe pour la plus belle de Naples; celle du couvent de Sainte- Claire , qui ressemble plus à une salle de bal qu'à un temple,; elle est destinée à recevoir les dépouilles mortelles du roi et de sa famille; celles de Saint- Dominique , de Saint-Philippe Neri, de Saint-Paul Majeur y de Saint- Martin des Chartreux, de Sainte- Marie des Carmes, des Apôtres. Il faut aussi ajouter celle de Saint- François de Paola , que Ion bâtit actuellement, et qui paraît devoir les surpasser toutes sous plus d'un rapport , malgré les défauts de sou architecture.

Cette ville, à laquelle des voyageurs ignurans ou de mauvaise foi et des géographes peu instruits font le reproche banal de ne contenir qu'une population ignorante et de manquer d'établissemens scientifiques, n'avait pas moins en 1827 de 4 écoles secondaires, 55 écoles primaires, i,58i mai res publics sans compter ceux qui dépendent des autorités ecclésiastiques et un grand nombre d'établissemens scientifiques et littéraires , dont quelques-uns peuvent rivaliser avec les principaux des autres capitales de l'Europe. Nous nous bornerons à citer I l'université , le lycée del Salvatore , l1 'école de paléographie attachée aux archives générales du royaume; Yinstituto ou Yécole de peinture , de sculpture , et l'établissement pour dérouler et décluffrer les manuscrits découverts à Herculanum [officine di papiri) ; le collège militaire, Yécole militaire, Y académie de marine, Yécole vétérinaire , les deux grandes écoles pour les filles , aux Miracoli et à San-Mar~ cellino, dont la pension annuelle monte à 200,000 francs; les collèges de musique pour les hommes, à San-Pietro à Majolla et pour les filles à la doncordia ; Y hôtel royal des pauvres (real albergo de' poveri) où près de 6,000 enfans apprennent tous les arts et les métiers, et qui coûte près de 5oo,ooo francs au gouvernement ; les chaires de clinique , d'accouchement d'ophtalmie et de chirurgie, attachées aux grands hôpitaux de la ville. Viennent ensuite le jardin botanique, un des plus riches de l'Italie; Yobyen-atoire de Miradois , pourvu d'instrumens magnifiques de Reichenbach et de Uerschel, et celui -de la marine h San-Gaudioso ; le bureau topographique avec une riche collection d'instrumens géodésiques; les quatre bibliothèques publiques, parmi lesquelles figure la Borbonica, une des plus riches de l'Europe, et où en 1795 le célèbre astronome Cassella a tracé une grande méridienne ; les cabinets de minéralogie, d'histoire naturelle , de physique et de chimie ; le musée royal des antiques , formé des objets trouvés à Stabia, Herculanum et Pompeïa, des collections de la maison Farnese de Rome, des musées Borgia, Vivenzio et d'autres monumens dispersés de l'art classique des Grecs et des Romains ; sous bien des rapports cet établissement est le plus riche qui existe ; ses nombreux tableaux antiques .surtout lui assurent une supériorité incontestable; Y académie Bourbonique { acadetnia Borbonica), divisée en trois sections, Ercolancnse ou des antiquités, des science* el des beaux-aits, à laquelle le roi assigne près de

60,000 francs par an; V institut d'encouragement; les sociétés Pontaniana et Sebezia.

Naples a plusieurs places, mais elles sont presque toutes irrégulières; les principales pour leur architecture sont : la place du Palais-Royal , qui sous peu sera décorée par les deux statues équestres en bronze de Charles III et de Ferdinand I; ia place degli Sttidj ( des Etudes) et celle du Spirito Santa ( du Saint-Esprit ). Les plus grandes sont la place du Castello (du château), des Pigne, de Fontana Médina, de Monte Calvario, de la Trinità Maggiore, de X Arcivescovado (de l'&rchevéché) , de San- Lvrenzo , de San-Domenico , de la Carità et du Mercato ( marche ) ; cette dernière est la plus fréquentée par le peuple et celle où Tinfortnné Corradin a été décapité. La principale rue de Naples est celle de Tolède; longue presque d'un mille , large, bien alignée , bien pavée et ornée de beaux édifices; elle est toujours remplie de monde, el présente une foire perpétuelle. Viennent ensuite la Riviera di Chiaia, Santa- Lucia , Munteoliveto, Carbonare et Furia. Plusieurs rues du centre sont étroites et rendues obscures par la hauteur des maisons, mais elles sont toutes pavées en dalles de lave noire et très propres. *

Parmi les délicieuses promenades qu'offre celte métropole , celles de Chiaia et de VUla-Rcale sont les plus belles et les plus fréquentées. La première, que nous venons aussi de ranger parmi les plus belles rues de Naples, est un quai immense. On y a planté trois rangées d'arbres en berceaux, défendues par des parapets et des grilles, ornées de fontaines, de statues, de treillages, de gazons, de parterres et d'orangers; on y a bâti terrasses, des casinos, des cafés et des billards. Depuis quelques années on y tient la foire du mois de juillet ; Chiaia est sans contredit une des plus belles promenades du monde. Celle de Villa-Reale a été beaucoup embellie dernièrement; on y voit depuis 18a 5 le fameux bassin de granit oriental d'une seule pièce, quoique ayant 66 palmes de circonférence ; il occupe la place où s'élevait autrefois le fameux groupe du Taureau Farnèse , transporté dans le musée. On doit aussi faire mention du mole, continuellement fréquenté par un grand nombre de personnes. C'est là qu'on entend des improvisateurs qui attirent le peuple en récitant des morceaux de poésie; la tour de la lanterne ou phare et uue belle fontaine ornent cette jolie promenade.

Naples est le siège d'un archevêché et de toutes les autorités supérie ures du royaume; elle est partagée en douze quartiers , parmi lesquels celui d u Mercato (marché) est le plus peuplé; leur population s'élevait en 182 6 * 364,000 habitans sans comprendre lu population flottante qui s'élève co nstamment à plusieurs milliers. Nous rappellerons ici que la population relative des alentours de cette ville est supérieure a celle des environs de toutes les principales villes de l'Europe, sans en excepter Londres et Paris . Voyez Lille à la page 145.

Les fortifications de Naples sont peu importantes sous le rapport militaire. Elles consistent en cinq forts, dont les trois principaux sont: Saint- El me , qui domine toute la ville, et qui paraît plutôt destiné à contenir les habitans qu'à les défendre contre un agresseur étranger; le château de l'OEuf, qui s'élève sur un rocher au milieu de la mer, et célèbre dans l'histoire du royaume ; et le cltAtcau Nerf, remarquable par son arcde-triorophe et par plusieurs objets curieux qu'il renferme. Le port de

3 'o ABRÉGÉ DE GEOGRAPHIE.

Naples, ouvrage de l'art, est petit, mais la rade est très étendue; on penst' ^énéraletnent qu'elle pourrait servir à former un second port très sûr.

Les euvirous de Naples offrent un grand nombre d'eudroits important Du côté de l'ouest ou voil le fameux mont P ausilipp e ; c'est une colline de tuf a volcanique uu pipei iue percée d'uu bout à l'autre sur une longueur de plus d'un mille : celle niaguiGque galerie, qu'on pourrait regarder comme le plus ancien ouvrage de ce genre, jorte le tuun de C.rvtia di Posilipo; un des grands chemins qui mènent à Naples y passe. Non loin se trouve la Villa Ftoridia, création de la duchesse de ce nom ; l'élégance, la richesse, le luxe, les arts et la nature semblent s'être réunis pour embellir cette magnifique habitation. Près de la côte de la Mergellina est situé le tombeau de Virgile, dont il ne reste que les ruines de quatre murailles en briques , recouvertes par une riche végétation; l'authenticité de ce monument lui donne une grande importance.

Poczzouc (Pozzuoli) , petite ville épiscopale de 8,ooo habitans, remarquable par ses antiquités et par sa délicieuse situation, qui avait engagé les Kotnaius à y élever un grand nombre de maisons de campagne. On y voit encore les resles de son ancien amphithéâtre qu'on appcl'e le Coloseo, presque aussi grand que le Cotisée de Rome; l'arèue est aujourd'hui couvertie en jardin; on dislingue encore les portiques qui servaient d'entrée, les raves où l'on renfermait les bétes, et autres parties. On doit citer aussi les restes d'un temple qui devait être de la plus grande beauté, consacré selon les uns aux Nymphes, selon d'autres à Sérapis; ses colonnes percées par des pholades ont été et sont eucore le sujet de grandes disputes parmi les géologues. Les environs de cette petite ville offrent en outre plusieurs curiosités naturelles remarquables, tels que le lac $ Avertie et celui de Lucrino , le fleuve Achéron , la grotte du chien et le lac d'Agnano, la Soljatara (soufrière), petite montagne, dont le sommet est continuellement envirouué d'une vapeur épaisse , et de laquelle on retire beaucoup de soufre ; enfin le Monte-Nuovo , assez haute montagne formée dans une seule nuit par une éruption volcanique en i538 ; elle s'élève sur l'en»* placement qu'occupait le gros bourg de Tripergola, englouti lors de cette catastrophe.

Bâtes (baia) , près du capMisèue, misérable endroit presque désert, avec une rade et un port assez sûrs , mais remarquable parce qu'il a été le séjour délicieux des grands de Home; les femmes les plus galantes ue manquaient pas de s'y rendre pour y passer l'automne ; il u'y avait pas de Romain un peu riche qui ne voulût y avoir une maison. La côte est couverte de magnifiques ruines ; la mer en recouvre une grande partie et em|>êehe les fouilles. On y voit encore les restes des bains de Néron , d'un palais de Jules César, et ceux des temples de Vénus, de Diane et de Mercure; ce dernier est une grande rotonde ; celui de Vénus offre encore la coupole , les petites chambres des côtés et les bains des ministres ; au-dessus sont plusieurs chambres ornées de stucs et de bas-reliefs, qu'on croit avoir été l'asile de la débauche. I* marquis d'Acerno Mascaro fait faire depuis quelque temps de grands travaux pour assainir celte contrée et la rendre à la culture. Dans ses environs, dont une partie se confond avec ceux de Pouzzole, on voit une foule d'objets curieux ; nous nommerons : les Cento Coma elle ; la Piscina 3iirabile, qui n'est plus qu'un réservoir; les resles du théâtre de Lucullus; les ruines de la ville de Cumes, si renommée parmi les Romains par le luxe et la richesse de ses habitans ; la grotte de la Sil>yUe, dont l'entrée était à dîmes, mais qui n'offre plus rien de remarquable, l'intérieur étant presque comblé par l'éboulement des terres ; le tombeau d'Agrippine, dont les sculptures et les bas-reliefs sont encore assez bien conservés; les Champs-Elysées, dont l'air empeste qu'où y respire contraste singulièrement avec la description qu'en out faite les anciens ; le fameux cap Misène, où était la station de la flotte romaine destinée à maintenir la sû- • reté des mers et des côtes depuis le détroit de Messine jusqu'à celjii de Gibraltar; la ville qui s'élevait sur le promontoire n'existe plus , ainsi que les grands travaux faits par le» Romains pour la commodité de leurs marins.

A l'est de Naples ou trouve: Portici r petite ville bâtie au pied du Vésuve avec un palais du roi, beaucoup embelli dernièrement, et près de 5,ooo habitans. Les objets précieux qui formaient son musée oui été réunis au musée Borbonico de Naples. RtsisA, gros village d'euvirou 9,000 habitans, presque contigu à Portici;oo y voit la favorita, belle maison de plaisance du prùicedc Salerue. C'est de Résina qu'on part

ordinairement pour aller visiter le Vésuve. C'est aussi à Résina qu'on descend pour visiter l'ancienne Hercuianum, que la terrible éruption du Vésuve ensevelit l'an 79 de Jésus-Christ sous une couche de lave de 80 pieds d'épaisseur. Les premières fouilles qui annoncèrent son existence remontent à l'an 1713. Celles qui sont postérieures ont ameué à différentes époques les résultats les plus imi>ortans pour l'archéologie; elles donnèrent non-seulement une idée des arts des anciens Romains , mais même de leur manière de> vivre; elles démentirent ou confirmèrent les conjectures que divers commentateurs ont pu hasarder d'après quelques passages obscurs des anciens écrivains. Les monument les plus curieux retirés de cette ville ainsi que de celles de Porapcu et de Stabia ont été rassemblés d'abord dans le musée de Portici et dernièrement dans le Borbooico à Naples; une académie littéraire a été créée pour s'occuper de l'examen et de la description des pièces provenues des fouilles , et les résultats de ses discussions ont été publiés dans un magnifique ouvrage. On voit par la partie déjà explorée de cette ville que les rues d'Herculanum sout tirées au cordeau ; elles ont de chaque côté des trottoirs pour les gens à pied et sont pavées de laves semblables à celles que jette actuellement le Vésuve. Quelques maisons sout pavées de marbre de différentes couleurs, d'autres de mosaïque. Il y a autour des chambres un gradin d'un pied de haut , où l'on croit que se tenaient les esclaves. Les murs sont pour la plupart peiutsà fresque; ces peintures présentent des cercles, des losanges , des colonnes, des guirlandes, des oiseaux. Cet usage s'est conservé en Italie, où jusqu'à ces dernières années l'on ne voyait presque pas de tapisseries dans les appartement ordinaires. Les fenêtres étaient fermées avec des volets pendant la nuit et ouvertes pendant le jour; on n a trouvé de vitres qu'à un petit nombre de maisons; le verre en était très épais. Les deux édifices les plus considérables découverts à Hercuianum sont : le théâtre , situé sous Résina, et le Forum. Le théâtre est grand et magnifique , sa façade est ornée de belles colonnes de marbre et ses décorations étaient très riches. Le Forum était un vaste bâtiment dans lequel on rendait justice; il est de forme rectangulaire, avec un péristyle orné de colonnes; le portique d'entrée était orné de plusieurs statues équestres en marbre, parmi lesquelles figuraient les deux de Balbiu qui sout d'une grande beauté et les seuls mou u mens antiques de cette matière qu'on ait dans ce genre; ou y trouva aussi les statues colossales eu bronze de Néron et de (iermanicus daus des niches ornées de peintures. Le Forum communique par un portique à deux temples voûtés et intérieurement décorés de peintures à fresque.

Parmi les objets les plus curieux qu'on a trouvé dans cette ville ou doit ranger les manuscrits sur des feuilles de cannes de jonc, collées les unes à côtés des autres et roulées sur un cylindre de bois. Il n'y a qu'un côté qui soit chargé de petites colonnes d'écriture lesquelles ont à-peu-près la hauteur de nosin- 1 , . U s manuscrits étaient rangés les uns sur les autres dans une armoire de marqueterie. L'humidité avait pouri ceux qui n'avaient pas été saisis par la chaleur des cendres du Vésuve; ils tombèrent comme des toiles d'araignées, aussitôt qu'ils furent exposés à l'air. Les autres étaient réduits en charbon ; c'est ce qui les a conservés ; ils ressemblent à un bâton de deux pouces de diamètre qui a été brûlé. Un est parvenu à en dérouler quelques-uns par un procédé aussi ingénieux que délicat. Les quatre premiers manuscrits grecs qui out été développés sont un traité de la philosophie d'Epicure, un ouvrage de morale, un poème sur la musique et un livre de rhétorique.

Les fouilles suspendues depuis si long-temps ont été reprises au commencement de i8a8 , par ordre du dernier roi, sur un nouveau plan, sous la direction de l'architecte Bouaeci , si connu par sa belle description de Pompeïa; elles ont déjà donné des résul( tais importons. On a mis a découvert la plus grande maison particulière des anciens que l'on connaisse jusqu'à présent. On y trouve une suite de chambres avec une cour au milieu; puis une division pour les femmes , uu grand jardin entouré d'arcades et de colonnes , enfin de grandes salles qui servaient probablement aux réunions de famille. Une autre maison qu'on a mis aussi à découvert est remarquable par les provisions qu'on y a trouvées dans les magasins encore fermés; elles consistent en dattes, châtaignes, en grosses noix, figues sèches, amandes, prunes, grains, ail, pois, lentilles et petites fèves, de la pâte, de J'huile, des jambons. On y a aussi trouvé plusieurs tableaux, des vases et autres objets en verre, en bronze et en terre cuite, ainsi que des médaillons en argent représentant en relief Apollon et Diane. En outre on a découvert la maison entière d'un barbier ; la

boutique «Je cet artisan , les ustensiles, les bancs où les citoyens se plaçaient en alteudanf leur tour , l'étuve et jusqu'aux épingles qui servaient & la chevelure des femmes , tout est dans un état de conservation extraordinaire. Précédemment on avait trouvé plusieurs instruirons de chirurgie et entre autres des sondes droites en argent dans la maison d'un chirurgien située dans une autre partie de la ville. On continue les fouilles dans toute la rue ; on se propose de pénétrer eusuite dans les boutiques et les maisons qui la bordaient des deux côtés , ainsi que dans les ruelles qui y aboutissent.

Ton re DKL.T.' AnirvnziATA , avec 9,000 hahilans , remarquable par sa grande fabrique d'armes et surtout par son voisinage de Po* feu, ancienne ville de la Campante, découverte en 1 7 55 ; les fouilles ne se firent d'une manière régulière que depuis 1 7o,get surtout dans ces dernières années , par le zèle infatigable du jeune marquis de Ruffo , directeur des arts au ministère de la maison du roi , et sous la direction de l'architecte Bonnaci et de l'estimable savant M. Arditi , directeur des musées royaux. Ou a le projet de déblayer entièrement celte ville unique dans son genre , qui sort pour ainsi dire tout entière du sol pour nous dévoiler les plus petits détails de la vie domestique , et des arts mécaniques et libéraux chez les Romains à l'époque de leur plus grande puissance; aussi son enceinte offre t-elle aujourd'hui le meilleur cours d'antiquités qu'on puisse faire. Il n'y a point de ruiues qui inspirent plus d'intérêt que celles de Pompeïa ; tout s'y trouve tel qu'il était le jour de la terrible catastrophe qui l'an 79 la fit disparaître sous une couche de cendres volcaniques qui s'élève à peiue de quelques pieds au-dessus du faite de ses édifices. Les ornières tracées par les roues des voitures sont encore empreintes sur le pavé. Déjà on se promène dans ses mes garnies de trottoirs de chaque côté et dans ses places ornées de beaux bâtimens; déjà on visite ses temples et les palais des grands; on entre dans ses théâtres, on examine les boutiques, les cabarets et les maisons des particuliers de toutes les classes. Ces dernières se ressemblent toutes ; les pkis grandes comme les plus petites, ont une cour intérieure au milieu de laquelle est une baignoire; cette cour est ordinairement décorée d'un péristyle à eolounes , ainsi qu'on le voit encore en Italie. Leur distribution est fort simple et uniforme. Toutes les chambres donnent sur la cour ou sur les péristy les; toutes sont très petites, isolées, et ne communiquent point entre elles; beaucoup sont sans croisée et ne reçoivent le jour que par la porte ou par une ouverture pratiquée par-dessus. Le goût italien pour la peinture à fresque se retrouve encore ici comme à Herculanum ; il y a fort peu de murailles sur lesquelles il n'y ait quelques peintures; les couleurs dot' vent avoir été bien bonnes, puisque dès qu'on jette uu peu d'eau par-dessus, elles reparaissent avec quelque vivacité Les anciennes fouilles et celles qu'où fait actuellement ont fourni une foule d'objets précieux ou iuléressans sous plusieurs rapports. On y a trouvé des statues , des médailles d'or et d'argent , des vases de toute espèce , des chaînes pour les criminels, des bracelets pour les jeunes filles, des candélabres élégans, des boîtes contenant des pitlules et autres préparations pharmaceutiques, une balance avec son poids, ayant la forme d'un Mercure, une bague avec le root «ce, tons les ustensiles de l'établissement d'un foulon, la bibliothèque de Salluste, les parchemins du consul Pansa, etc.

Parmi les plus belles mai sous de Pomjwï , il faut distinguer celle de Marius-^rrius Divmède ; elle se compose de deux étages ; le rez-de-chaussée seul contient huit chambres; *a cour est grande , environnée d'un portique avec des colonnes en stuc ; un jardin et un bassin en marbre fout partie de l'habitation ; au dessous se trouve une vaste cave où l'on voit encore les emphores , vases dans lesquels les anciens conservaient le vin ; on a trou\è des squelettes dans retle cave. Cet édifice est situé à l'entrée de la ville, où l'on aperçoit plusieurs tombeaux et des monumens funéraires d'une grande beauté. La maison qui se distingue le plus par son élégance, la richesse et la beauté de ses mosaïques est celle qui portait l'inscription de Caius Sallustiut. Les plus beaux édifices publics sont : le grand j>or/i</ue, le forum , le théâtre tragique, le temple d'/sis, le temple d'Esculape , le tlicâtre Comique , qui forme deux théaties, dont l'un, le plus petit, est couvert; mais celui qui surpasse tous les autres édifices par sa magnificence , son bon goût , son luxe et par le peu de dégâts qu'il a éprouvé , est sans eoutredit le bâtiment des bains Pour donner une idée de l'importance de cette ville il suffit de citer une affiche de loyer trouvée à Pompeïa par laquelle Julie Felicia , fille de Spurius , offrait pour cinq ans la location de ses biens consistant en un bain et neuf cents boutiques.

DESCRIPTION DE LEIKOl'E.

la certitude acquise par les fouilles précédentes que la partie dan* laquelle on travaille actuellement est le plus beau quartier de cette antique cité, se trouve confirmée par l'étendue d'une maison que l'ou vient d'y découvrir , et par l'abondance et la perfection des peintures dout elle est décorée. En voici la description succinte. On trouve d'abord , sur le de vaut , V atrium toscan , membre ordinaire, et , pour ainsi due, obligé des hahilaUous de Pocnpeîa. Cet atrium est entouré de petites chambres très agréablement décorées, d'où l'on paw dans un petit jardin, autour duquel sont pareillement disposés des appartenais à l'usage des botes de la maison. A la gauche de l'atrium , se trouve un passage qui conduit à d amples portiques, soutenus par des colonnes peintes en rouge et embellies , jusqu'à profusion, de tout ce que l'antique peinture nous a conservé de plus exquis et de plus gracieux, f^es portiques servaient ouiquemeut pour les promenades; ils enferment un petit jardin, au rentre duquel est un bassin , où l'on nourrissait des poissons , et dans le fond se trouve un va*te triclinium. Le gynécée , ou la partie de l'habitation réservée aux femmes, consiste en un péristyle, pareillement ceint de portiques, entouré de petits apparteniez, où se déploie un luxe de peintures toutes du premier ordre, L'exèdrt, qui est le membre le plus important , est décoré d'admirables peiutures; le style des tableaux représentant un Achille, déguisé eu femme et reconnu par Ulysse à la cour de I.ycomède, et celui d'Llvsse, mendiant, recevant les secours du ûdèle Eumêe, est supérieur à tout ce qu'on connaît de la peinture antique. On passe enfin dans un troisième jardin , aussi entouré de colonnes peintes en rouge et décoré de beaux tableaux.

Tout autour et au pied du Vésuve on trouve :Tor*k dix. Gatco, avec i 3,ooo âmes; Somma , avec 7,000; Ottajajto, avec i5,ooo, et Sa^ta-Akastasia, avec 6,000; tous ces lieux produisent le fameux vin connu sous le nom de Laerima Christi.

C'ASTaixAMARs , ville maritime et episco pale, d'environ i5,ooo Ames, bâtie daus une position délicieuse au-dessus des ruines de l'ancienne ville de Stahia , dont les fouilles ont produit quelques manuscrits, des statues et des peiutures qu'on admire au musée de Naples. Tout près est situé le bourg de Quitisana, avec un beau palais où le roi passe une partie de l'été; c'est ici où se trouve le principal chantier pour la marine du royaume. Plusieurs grands seigneurs y out des maisons de campagne.

SoaasHTo , petite ville archiépiscopale d'environ 5, 000 âmes, renommée par sa belle soie ; on admire la beauté de sa situation et ses antiquités; elle est la patrie du Tasse.

Au nord de Naples on trouve :

Avxrsa, jolie ville dont on porte à 16,000 âmes la population, et remarquable par sa grande maison d'eufans trouvés (orfanotrofîo) , véritable pépinière d'artistes et dartisaos pour le royaume. On doit aussi mentionner sa maison de* fous, un des plus beaux établissement de ce genre qui existe, surtout par la manière philanthropique avec laquelle ces malheureux y sont traités. Il se compose de plusieurs appartemens meublés et ornés de différentes manières selon les divers degrés d'aliénation. Chaque malade y trouve toute sorte de moyens de distraction. Il y a des instrumens de musique, des jeux gymnastique*, des instrumens d'agriculture, des armes, qui sont en fer-blanc ou en étain, pour éviter les accidens. On donne du travail selon leur iuclination ou leur profession aux hommes comme aux tenimes; celles-ci sont daus un quartier séparé. Une grande j>artie du service intérieur est fait par les aliénés mêmes ; ce sont eux aussi qui cultivent un beau jardin qui sert de promenade. Ceux qui sont furieux et ne sont pas susceptibles de distraction, sont soumis à la camisole de force. On doit ajouter que c'est ce bel établissement qui a servi de modèle à ceux de Reggio, de Modène et de l'a 1er me, ainsi qu'à plusieurs autres fondés dernièrement dans quelques villes hors d'Italie. A versa est le siège d'un évèché qui passe pour être le plus ricîie du royaume.

ArsAcoiA. importante par sa population estimée â 1 3,ooo âmes et par ses fabriques de chapeaux. Nola , ville épiseopale d'environ 9,000 habitans , située prés des fameux campi FUgrti% remarquable par quelques restes d'antiquités et surtout par d'anciens tombeaux où l'on a trouvé un grand nombre de vases halo-grecs et autres objets curieux. Ou prétend que c'est dans les églises de celte ville que vers la fin du ive siècle un de ses évéques y a introduit l'usage des cloches pour appeler les fidèles à l'office divin; Nola possède une belle caserne.

Plus loin , mais toujours dans un rayon de ?5 milles autour de Naples on trouve :

Capoui, ville archiépiscopale, importante par ses fortifications, par quelques beaux batimens entre autres sa cathédrale et par sa situation délicieuse; pop. environ 8,000 âmes. Dans ses alentours se trouvent les ruines de l'ancienne Capoue, parmi lesquelles on distingue les restes du fameux amphithéâtre illustré par Mazzochi. Tout prés et à un seul mille plus loin est située Sahta-Maria, importante par ses marchés, par sa population estimée au-dessus de 9,000 âmes et parce qu'elle est le siège du tribunal de la province de la Terre de Labour; on y a construit dernièrement une vaste prison.

Case rte ou Caserta Nuova, petite ville d'envirou 5,ooo âmes, bâtie dans une si* tuatioo délicieuse, avec le plus maguifique palais royal du royaume et un des plus grands et des plus beaux de l'Europe; ses jets d'eau, ses vastes et beaux jardins et surtout l'aqueduc long de a 7 milles sont des ouvrages superbes. Ce dernier traverse la vallée de Maddalone sur un pont, dont on admire autant la hardiesse que la belle architecture; il n'a pas moins de 5oo mètres de longueur et près de 56 de hauteur; il se compose de trois rangs d'arcs les uns sur les autres; le supérieur en compte 43. La différence de niveau a rendu nécessaire la perforation du moul Garzano ; c'est un des passages souterreins les plus remarquables qui existent, a>aut plus de mille mètres de long. On doit aussi mentionner le palais de l'iulendaut et l'intéressante colonie de San Leucio, fondée par le roi Ferdinand IV ; elle offre sur uue petite échelle le modèle de tout ce qui peut contribuer i l'éducation du peuple»

Piedimoste, importante par son industrie et surtout par sa grande manufacture où l'on emploie le coton recueilli dans le royaume et où travaillent 700 personnes ; pop. environ 5,ooo âmes. M adda loue, jolie ville, avec uu collège royal; le graud marché qu'on y tient deux fois par semaine fournit le principal approvisionnement à la capitale. Mowti-Vbruiste, abbaye et sanctuaire célèbres, importante surtout par ses archives. Avellwo , ville épiscopale , siège du tribunal civil et criminel de la Principauté-Ultérieure , et importante par son industrie, son collège royal et surtout par son commerce; pop. 1 3,ooo imes. Nocera dite aussi Nocera de' Paoart, ville épiscopale d'environ 7,000 imes; on y admire sa belle église de Santa- Maria- àlaggiore , ressemblante au Panthéon de Rome et une des plus anciennes de l'Italie. Cava, ville épiscopale, importante par son industrie et par sa célèbre abbaye , qui possède une belle bibliothèque , riche surtout de manuscrits lombards. Plusieurs Auglais attirés par la beauté de sa situation se sont établis daus les beaux villages de la banlieue de cette ville dout la population totale est estimée à 19,000 âmes. Salerhe, ville archiépiscopale et commerçante , siège du tribunal civil et criminel de la Principauté- Intérieure , avec un port sur le golfe de son nom , et renommée par son ancienne école de médecine ; le palais de l'intendant est la plus belle des résidences des gouverneurs des provinces du royaume; Salerne a un fycée et compte environ 11,000 hahitans. AatAirr , petite ville archiépiscopale , qui joua uu grand rôle dans le moyen ige par sa nombreuse marine marchande répandue dans tous les ports du monde alors connu , et à laquelle la découverte des Pandcctes, le perfectionnement de la boussole, l'origine de l'ordre militaire de Malte et les tables qui portent encore son nom assignent une place distinguée parmi les villes remarquables de l'Europe, malgré la petitesse de sa population qui u'atteint pas même 3, 000 Ames.

A l'entrée du golfe de Naples on trouve les délicieuses îles de CArai , Iscma et Paocida ; celle-ci remarquable par le costume de ses femmes qui ont presque conservé les babillemens des anciennes grecques, par le graud nombre de marins qu'elle possède et par l'activité de ses chantiers où l'on construit plus de navires marchands que dans aucune autre localité du royaume. Ischia, par sa grande fertilité, par sa nombreuse population, par ses eaux minérales très fréquentées, et par une maison champêtre du roi ; Capri, par la beauté, par la salubrité de son climat, jwr ses souvenirs historiques et par ses antiquités; ou y voit encore les restes du palais, des aqueducs et des bains d'Auguste qui y passa quelque temps ; ceux des douze palais élevés aux douze divinité* majeures, par Tibère, ainsi que les ruines du forum , des thermes, du temple de Matrimagna et d'autres constructions remarquables. Depuis quelques temps on fait des fouilles sur remplacement d'une des villas de l'empereur Tibère, dont les infâmes débauches et la mort rendirent à jamais célèbre cette petite île.

On doit ajouter qu'à ao milles au sud-sud-est de Salerne et près de la côte, au milieu

d'une plaine marécageuse et au sud du Silaro m trouvent les magnifiques ruines de Pourvu nommée Possidosia jusqu'à l'an 480 de Home, époque où une colonie romaine s'y établit. Horriblement pillée par les Sarrasins en o3o , et entièrement détruite par les Normands eu 1080, les restes de cette ancienne colonie grecque, autrefois si renommée par ses campagnes aussi fertiles que délicieuses , ne furent découverts par hasard qu'en 1755. Les débris de ses murs, d'un amphithéâtre et d'autres édifices, mats surtout la porte ttptentrionaU de la ville et les trois temples de dimensions colossales et frappaus par la beauté et la perfection de leur architecture sont les morceaux que l'on y admire le plus. Le fronton qui couronne la façade du temple du milieu rappelle celui du Panthéon i Rome. Les feuilles faites au commencement de i83o out lait découvrir une rue entière, une lougue colonnade et un vaste temple enseveli sous ses propres décombres; les métopes de ce dernier , qui paraissent dire contemporaines de celles de Selinonte , proroeitent de rem* piir une importante lacuue dans l'histoire de la sculpture.

Aouila, ville fortifiée et épiscopale, bâtie sur uue colline près de l'Aterno, chef-lieu de l'Abruzze- Ultérieure IJ , siège de son tribunal civil et criminel et d'un tribunal d'appel; c'est une des villes les mieux bâties et des plus commerçantes du royaume. Le lycée est son établissement littéraire le plus important; on ne lui accorde qu'environ 8,000 habitans.

Chieti, assez belle ville, située sur la Pescara, chef-lieu de l'Abbruzze- Citérieure, siège d'un archevêché, du tribunal civil et criminel de la province. La cathédrale et le séminaire sont ses plus beaux édifices; le collège royal et la société d'agriculture , des arts et du commerce , ses principaux établisse meus littéraires; pop. environ i3,ooo âmes.

FocciA, chef-lieu de laCapitanatc , sur la Cervara , ville commerçante, assez bien bâtie, mais dont l'air est malsain. Elle est le siège d'un tribunal de commerce et compte environ 21,000 habitans y compris ceux de sa banlieue. La douane est son plus bel édifice , et Y école d'économie rurale son principal établissement littéraire.

Baei, chef- lieu de la Terre de Bari, ville archiépiscopale, fortifiée et commerçante, avec un port sur la mer Adriatique , un lycée, plusieurs manufactures et environ 19,000 habitans; on y construit un beau théâtre. Teaxi , jolie ville archiépiscopale, bâtie sur les bords de l'Adriatique , avec un port et environ 14,000 habitans. Elle est le siège d'un tribunal d'appel. La tour de sa cathédrale est une des plus hautes de l'Italie. Barletta , jolie ville, agréablement située sur le bord de l'Adriatique avec une belle place décorée d'une statue colossale en bronze, une belle cathédrale et autres édifices remarquables. Sa population qu'on porte au-dessus de 18,000 âmes, son commerce florissant et plus encore les riches salines de son voisinage la rendent très importante.

Lecce, chef-lieu de la Terre d'Otrantc, ville fortiBée, assez bien bâtie, industrieuse et commerçante, siè^e d'un évêché et d'un tribunal civil et criminel , avec un collège et environ 14,000 habitans. Cette ville donne le nom à la pierre qu'on trouve dans ses environs et dont on fait une foule d'ouvrages au tour et au rabot et ces vases immenses où l'on conserve l'huile. Tarekte , ville archiépiscopale , forte , industrieuse et commerçante, avec de vastes salines, un port qui se comble tous les jours et environ 14,000 habitans. Tarentc a donné le nom à la tarentule {lycosa tarentula), si connue par les récits populaires des effets produits par sa piqûre.

Cataiizaeo , chef-lieu de la Calabre-Ultérieure II, située sur une eminence entre les montagnes et la mer Ionienne, siège d'un évéché, du tri-

ARRÉGK DE GEOGRAPHIE

bunal civil et criminel de la province et d'un tribunal d'appel. Elle a un lycée et on porte à 11,000 âmes sa population.

Les autres villes les plus remarquables du royaume de Naples sont :Teramo, ville épiscopale, chef-lieu de l'Abnuxe-Ultérieure Ir% avec un collège royal, le tribunal de la province et 9,000 âmes. Giulia-Nova, très petite ville, importante par sa douane. (lirrriLi* dkl Tromto, par ses fortifications. Lahciaho, siège d'un archevêché; on la regarde comme la plus commerçante de toute l'Abruzze; pop. 9,000 âmes. Solmoha, ville épiscupale, renommée surtout par ses confitures ; pop. f ,000 âmes. Avezzako , près du lac Celano; on y admire le canal creusé par les Romains, pour décharger ce lac; on travaille à le désobstruer ; pop. 6,000 âmes environ.

Camfo-Basso, petite ville, chef-lieu du Molise, importante par son collège royal, son tribunal civil et criminel et surtout par les produits de ses nombreuses fabriques parmi lesquelles sa coutellerie est très renommée; la belle route qui la traverse et qui forme la communication entre Naples et les villes situées sur l'Adriatique, Ta rendue la première place commerçante du royaume; pop. 8,000 hahitans. Aghohe, par ses manufactures de cuivre estimées les meilleures du royaume; pop. environ 7,000 habitant. Iservia, petite ville épiscopale, fort intéressante à cause de ses nombreux monumeus d'antiquité.

Maherkooitia , petite ville de la Capitanate, remarquable parce qu'elle donne sou nom à uu golfe de l'Adriatique et parce qu'elle est le siège d'un archevêché; pop. ô.ooo âmes environ. San Severo , ville épiscopale, importante par sa populatiou qu'on porte à x 6,000 âmes. Lucera , par son tribunal civil et crimiuel, par son collège royal, et parce qu'elle est le siège d'uu évéché; pop. environ 8,000 âmes.

Moi.fetta , ville épiscopale de la Terre de Bari , importante par ses nombreuses fabriques de toile et par son commerce ; pop. 1 1 ,000 âmes. Altamura , par ses restes d'antiquités, par ses foires et par sa population qu'on estime à 16,000 âmes. Momofoli, ville épiscopale, remarquable par son industrie et par les habitations souterreines qu'on trouve dans ses environs et qu'on suppose avoir été creusées dès la plus haute autiquité, ainsi que par les ruines de l'ancienne E g natta dont ou voit encore les restes à quelques milles plus loin. Giovehazzo , petite ville d'environ 6,000 habita os , importante par sa grande maison d'enfaus trouvés, qui, par l'éducation qu'on donne â ces malheureux, est une véritable pépinière d'artisans pour le royaume.

Galmpoli, petite ville épiscopale de la Terre d'Otraute, importante par ses fortifications, sou port et sou commerce; pop. 8,000 âmes. Galatiha, par sa beauté et son commerce. Brirhes (Brindisi) , par son antiquité, son port et surtout par son commerce; elle est le siège d'un archevêché ; pop. 6,000 âmes.

Potesza , ville épiscopale , chef-lieu de la Basilicate, avec uu tribunal civil et criminel et un collège royal; pop. 9,000 âmes. Matera , ville archiépiscopale, avec un collège et environ 1 1,000 habita us.

Cossu z a , chef-lieu de la talabre-Citérieure, ville archiépiscopale, industrieuse et commerçante, siège du tribunal civil et criminel de la province, avec un collège royal, une belle cathédrale, un beau palais de justice et quelques autres édifices remarquables ; pop. in Ira mur os 8,000 âmes.

Castroviliari , petite ville importante par ses nombreuses plantations de coton, de mûriers et de fruits; dans ses euvirous op fait près du mont Pollino le fameux fromage appelé Cacciocavallo; pop. près de 5,ooo âmes. Lohgobuco, petit endroit, remarquable par ses miues de fer.

Mohtileowe, ville épiscopale, iudustricuseeteommerçante de la Calabre Ultérieure IIr, avec un collège royal, et environ 7,000 habita us. Cotroxe, petite ville épiscopale, très ancienne , importante par son port sur la mer Ionienne, par quelques fortifications et surtout par son commerce; pop. environ 5,ooo âmes. Stilo, petit endroit de la Mongiaua , important par l'exploitation de ses mines de fer.

Reogio , sur le détroit de Messine, ville archiépiscopale, chef-lieu de la Calabre-Ulté- 1 ieure lre, avec uu tribunal civil et criminel , uu collège royal et une bibliothèque oublique assez considérable. Reggio passe pour être la ville de province la plus riche du

royaume de Naples proprement dit, avantage qu'elle doit à l'industrie et au commerce de ses habitans; pop. 1 7,000 âmes.

knnxo , petite ville de la Terre de Labour , très importante par ses nombreuses fabriques de draps, de papier, de toile et autres, qui la metteut au premier rang parmi les villes les plus industrieuses du royaume; pop. environ 8,000 âmes. Foi* 01, ville episcojmIc très ancienne, remarquable par ses antiquités, parmi lesquelles on doit compter les restes de la voie Àppienne, qui en forme la rue principale et dont le pave s'est conservé dans son état primitif, ainsi qu'une partie de ses anciennes murailles. Les grands travaux, entrepris dans ces dernières années pour le dessèchement progressif des marais situés dans ses environs ont eu le résultat le plus heureux ; de vastes terreins ont été rendus à la culture et l'épidémie endémique qui moissonnait leur population a cessé sa funeste influence, pop. 5,ooo âmes. Tout près de Fond i se trouve Porte lia, petit endroit remarquable par sa grande douane et pour donner le titre à la principauté appartenant au priuce de Mrtîernich.

Gactc, petite ville épiscopale, importante par ses fortifications, par son port et par plusieurs antiquités; pop. 3, 000 Ames sans les militaires.

Soiovka, petite ville de la Principauté-Ultérieure, importante par ses nombreuses tanneries et autres fabriques ; pop. environ 6,000 Ames.

Palkeme, grande et belle ville, fortifiée et agréablement située sur la cote septentrionale de la Sicile, dans une plaine fertile et bien cultivée, au fond du golfe qui porte son nom et y forme un port. Les maisons sont construites comme dans toute l'Italie méridionale ; les toits sont presque entièrement plats; au lieu de fenêtres il y a des balcons avec des portes vitrées. Les rues sont bien alignées et viennent presque toutes aboutir aux deux principales , la rue Cassaro oti Tolcdo et la rue Neuve. La plus belle promenade de Païenne est celle de la Marina, le long de la mer, elle aboutit a la Flora , vaste jardin botanique, un des premiers et des mieux entretenus de l'Italie. Ici, comme dans plusieurs autres villes du royaume des Deux-Siciles, les boutiques des marchands d'eau à la glace contribuent à l'ornement des rues. On vend ce liquide dans de petites boutiques, où sont empilés de chaque côté, en assez bon ordre, des citrons, des oranges des brugnons et toutes sortes de fruits du midi ; entre ces tas sont placés de grands bocaux de verre remplis d'eau, dans lesquels jouent des poissons dorés. Une multitude de petits jets d'eau s'élance d'entre les fleurs odorantes, et tout, au milieu de la rue, dont la chaleur est brûlante, exhale une agréable fraîcheur. Plusieurs beaux édifices, sept places principales, de belles promenades, plusieurs établisscmens littéraires, une population d'environ 168,000 habitans et un commerce assez actif, mettent Palerme au rang des principales villes de l'Europe.

Ses plus beaux édifices sont : le palais royal, bâtiment imposant par sa masse, mais dont les parties, construites à différentes époques, ne sont nullement en harmonie; on y distingue la magnifique chapelle, bâtie par le roi Roger, et l'observatoire, construit en 1791 dans la partie la plus élevée du palais et fourni d'instrumens e.xcellens , avec lesquels le célèbre Piazzi découvrit la planète Cérès; la Vicaria ou le palais de justice ; le grand hôpital; la cat/iedrale, un des plus beaux monumens gothiques de la Sicile; ['église de Jésus, qui vient immédiatement après pour (architecture et pour la richesse de ses décorations ; celle des Capucins , remarquable par ses caveaux où l'on conserve les morts placés debout, tout habillés, dans des espèces de niches, et qu'on revêt d'habits magnifiques tous les ans le jour des Trépassés; ■ l'église de Saint-Joseph , remarquabk

par son temple souterrain aussi grand que le supérieur et soutenu par un grand nombre de colonnes colossales en marbre; Yéglise de VOlivella, . appartenant au couvent des Olivctains; et celle de la Casa Professa, qui appartient aux jésuites. On ne doit pas oublier le bel établissement pour les fous existant depuis quelques années; il rivalise avec celui d'Aversa mentionné à la page 329; et la fontaine qui décore la Piazza Grande (Grande Place), remarquable autant par ses dimensions colossales, que par la bizarrerie de son architecture et de ses ornemens.

Les principaux établissemens littéraires sont : l'université, le lycée, le séminaire, le collège des Jésuites regardé comme un lycée, six autres maisons d'éducation ou collèges, les trois bibliot/ièques publiques, le jardin botanique et Y observatoire déjà mentionnés. V académie royale de médecine, celle del Buon Gusto ou de littérature, et les belles collections scientifiques annexées à quelques-uns des établissemens que nous venons de nommer ajoutent à 1 importance de cette belle ville, qui est le siège d'un archevêché d'un tribunal de commerce , d'un tribunal d'appel et de la cour suprême de justice ou de cassation pour toute la Sicile, ainsi que de son gouverneur général , qui maintenant n'a plus que le titre de lieutenant (luogotcnente).

La féte de Sainte- Rosalie attire à Palerme tous les ans dans le mois de juillet un peuple immense de tous les points de l'île, et donne une grande activité à son commerce, qui d'ailleurs est très considérable.

Les alentours de Palerme offrent plusieurs lieux qui méritent d'être mentionnés. ISous citerons : M orr trial, ville archiépiscopale, avec un collège royal et environ i3,ooo liabitans, y compris ceux de R occa et San- Martino ; on y admire sa magnifique basilique, qui est peut-être le plus beau temple de toute la Sicile. La Baghema, petite ville de 4.000 âmes, agréablement située et environnée de jolies maisons de campagne de la noblesse de Palerme. Bocca di Falco, remarquable par les établissemens agricoles, phi- . lant [ironiques et d'industrie, créés par le dernier roi lorsqu'il n'était que prince héréditaire; on y distingue surtout un jardin botanique, riche d'un grand nombre de plant «a exotiques. Sa population jadis de 400 habitans s'est élevée à 4,000 dans l'espace de huit ans. La Favomta et Ficuzza , charmantes maisons de plaisance avec de beaux parcs.

Plus loin et dans un rayon d'euviron 30 milles on trouve : vers l'ouest, Alcamo, ville médiocre d'environ 1 1,000 habitans , dans les environs de laquelle on voit les restes de l'ancienne Se g et ta, réduits à un tas de pierres dont on ne peut deviner l'ancienne forme; et tout près de cette dernière, le magnifique temple de Vénus, un des monumet» les plus parfaits et les plus grands de l'antiquité ; les colonnes , l'architrave et le fronton sout a>sez bien conservés; vers le sud, Corlkohk , importante par son collège rayai; on lui accorde 13,000 habitans; et vers Test, Tmsiihi, par son port, par ses fortifications , par sou collège royal, son école de navigation (seminario nautico) et par ses eaux minérales renommées; pop. x 4,000 Ames environ.

Messine, chef-lieu de l'intendance de ce nom, grande et belle ville épiscopale, forte, assez industrieuse et très commerçante, avec le plus beau port du royaume des Ûeux-Siciles et un des plus beaux de l'Europe, située dans une position délicieuse sur le détroit auquel elle donne son nom. Le palais Scnatorio ou hàtel-de-ville , d'une architecture simple et imposante , mais pas encore achevé ; V arsenal, la cathédrale, avec son fameux autel dédié à la sacra lettra (la lettre de la Vierge aux Messéniens) ; le palais épiscopal , la loggia, le séminaire et le grand-hôpital sont ses plus beaux édifices. Le collège royal , le séminaire et la bibliothèque royale sont Jes principaux établissemens littéraires de cette ville, qui est la plu3 industrieuse et la plus commerçante de la Sicile, et dont la population est

estimée au-dessus de 40,000 âmes. Messine, dit M. Quattromani , est peutêtre la seule ville de la Sicile nui n*oflre aucune antiquité ; elle a été entièrement détruite par le tremblement de terre de 1783. Cette ville est le siège d'un tribunal de commerce et d'un tribunal d'appel ; ses belles et vastes fortifications, sa citadelle et son arsenal méritent d'être vus; ses environs offrent une des parties les plus peuplées et les mieux cultivées de l'île ; on doit ajouter que Messine est le point stratégique le plus important du royaume des Deux-Siciles.

Cataite (Catania), chef-lieu de l'intendance de ce nom, grande et belle ville, avec un port et des rues tirées au cordeau , larges et propres partout; on y jouit sur tous les points de la vue soit de la mer, soit de l'Etna. Si des torrens de lave n'avaient pas renversé et englouti plusieurs fois ses mon u mens , et si de nouveaux édifices ne s'étaient pas élevés en si grand nombre à leur place, Catanc serait aussi sous ce rapport une des villes les plus remarquables de la Sicile. On y voit encore les restes de Y amphithéâtre le plus vaste que l'on connaisse, puisque sa circonférence dépasse de presque un tiers celle du fameux colisée de Rome ; on doit citer aussi les restes d'un théâtre, d'un odeiim ou théâtre comique, et de vastes bains chauds et froids. La cathédrale , Y hôtel- de -ville (palazzo del Senato) et le magnifique et vaste couvent des Bénédictins sont ses édifices modernes les plus remarquables. Parmi ses établisseraens littéraires on doit citer surtout Y université, le lycée, la bibliothèque publique et le musée. Catane doit ce dernier ainsi que plusieurs statues, un éléphant en basalte et la plupart des beaux restes d'antiquités qui la décorent, au prince de Biscari. Ce riche seigneur employa sa fortune à faire des fouilles, et grâces à son intelligente persévérance l'on put jouir de la vue du théâtre, des bains, de l'amphithéâtre et d'autres monumens cachés sous plusieurs couches de lave et de dépôts d'alluvions. Le médailler et le musée particuliers du prince Riscari, le cabinet d'histoire naturelle de M. Gioeni méritent d'être mentionnés, ainsi que Y académie Giojena qui s'occupe de tout ce qui concerne les trois règnes de la nature. Les étoffes de soie qu'on fabrique à Catane rivalisent avec les meilleures qu'on fait dans le royaume. Cette ville est le siège d'un archevêché, d'un tribunal de commerce et d'un tribunal d'appel; elle compte environ 47,000 habitans.

Dan» ses environs, remarquables par la beauté de la campagne, la douceur du climat et l'étonnante fertilité du sol , on trouve plusieurs petites villes importantes sous plus d'un rapport; nous citerons : Aci-Re m. , bâtie sur un énorme massif de laves basaltiques; elle est remarquable par son voisinage de l'Etna qui est le plus grand volcan de l'Europe, par son industrie et par la régularité de sa construction. Agosta ou AuensTA , ville de médiocre étendue , mais très importante par ses fortifications , par son port et par sa situation délicieuse ; on lui accorde 10,000 habitans. Taoamiha, petite ville, qui, par la beauté de sa position, l'emporte, selon M. Kepbalides, sur les autres villes de la Sicile; on y admire surtout le théâtre, qui malgré ses grandes dimensions est presque tout taillé dans le roc; viennent eusuite la naumachie, la citerne et Ytupudnc. Nous rappellerons que dans le moyen âge cette ville soutint contre les Sarrasin» on siège qui est peut-être le plus long dont l'histoire ancienne ou moderne fasse mention , puisqu'il dura, selon le savant M, Rotta, environ 80 ans.

Les autres villes les plus remarquables de la Sicile sont :

Caltavisktta , chef-lieu de l'intendance de ce nom, à laquelle on vient de réunir la pins grande partie de celle de Girgenti; c'est une ville assez grande, bien bâtie et «ne des plus importantes de la Sicile; pop. if>,ooo habitans environ. r.morwTi, ville

33fl

AIIHÉGÉ DE GÉOGRAPHIE.

épiscopale, mal bàlie et située peu loin de la côte sur une colline, dan* le voisinage de l'ancienne A grigente, avec un port, quelques fortifications et environ i5,ooo habitans. La cathédrale et le couvent de Saint-Nicolas sont ses principaux édifices ; la bibliothèque publique et le me'dail/er, ses principaux établissemens littéraires. Dans son voisinage on trouve à Girgcnti Vecchio (Vieux Girgentï) le temple de la Concorde, qui ayant été consacré à Saint- Grégoire est presque entier ; celui de Junon et les restes de ceux de Cérèt et de Proserpine , d'Hercule, lïÀpollo/t, de Diane, de Castor et Pollux, A'Esculape et de Jupiter Olympien, que Diodore de Sicile regardait comme le plus grand de l'antiquité, quoique sa longueur n'égalât que la moitié de celle de Saint-Pierre de Rome. Ou sait qu'il ne fut jamais achevé, car les Carthaginois le détruisirent lorsque l'on allait y poser le toit. Il avait intérieurement trois nefs; des colonnes de lao pieds de hauteur supportaient des géans en guise de cariatides. Le môle du port de Girgeuti a été construit avec uue partie des ruines de ces temples magnifiques. Aragoxa , petite ville d'environ 6,000 habitans, remarquable par sa galerie de tableaux, par ses antiquités et par le voisinage du volcan vaseux de Macaluba , le plus connu parmi ceux de ce genre. Castro-Giovawhi, par sa position sur une haute montagne, située presque au milieu de la Sicile et par son collège royal; elle occupe remplacement de l'ancienne Enna, célèbre par le culte qu'on rendait à Gérés dans un temple magnifique ; pop. 1 1,000 Ames.

Trapahi, ville forte, industrieuse et commerçante, bâtie sur une presqu'île, avec un collège royal, un tribunal de commerce et 24,000 habitans. Marsala, assez grande ville, avec un collège royal, un port eucombré de sable et environ 21,000 habitans; ses vins renommés forment un article importaut d'exportation. Mazzaha, ville forte et épiscopale , à laquelle on accorde 8,000 habitans. Castrl-V&traho, ville d'environ 1 3,ooo habitans, remarquable par ses fabriques de corail, par ses ouvrages en albâtre et surtout par le voisinage des restes de l'antique Selinonte; on y voit d'énormes monceaux de ruines que les gens du pays appellent pilteri de' giganti ou pifiers des géans. Les superbes métopes sculptées, découvertes dernièrement en fouillant à la base de la façade du temple feutrai , et le savant ouvrage publié par MM. Uarris et Saint-Angell pour illustrer ces magnifiques ruines, ont ajoute à leur importance. M. Angell suppose que les six temples de Selinonte furent construits avant la 3e année de la 92e olympiade , et fiait remonter la construction du temple central à la 3ae ou à environ 5o ans avant la date assignée aux fameux marbres d'Egine et à 1 5o ans avant l'érection du temple de Thésée a Athènes. M. Kephalides regarde ces ruines comme les débris des plus grands monumens de l'Europe; leur aspect frappe d'étonuement; on ne peut le comparer qu'à celui du enlisée de Rome. Du milieu de la masse éuorme de débris qui ressemblent k des quartiers de rochers, s'élèvent quelques colonnes gigantesques; toutes les autres sont étendues péle-méle à terre; le style de leur architecture est dorique comme ceux de Ségeste et de Girgenti.

Cefamj, ville épiscopale, d'environ 9,000 habitans, dans l'intendance de Palerme» importante par son port , son commerce, son école de navigation et ses pèches.

Syracosk, ville de 1 4,000 âmes, forte et épiscopale , avec un port, un collège royal, deux séminaires, une bibliothèque et un musée où l'on admire la fameuse Vénus Calliprge découverte dernièrement. La vue de peu de villes inspire des seutimens plus pénibles que ceux que font éprouver la solitude , les décombres et la destruction qui environnent cette ancienne métropole de la Sicile. Des cinq quartiers magnifiques et populeux Ortjgie, Adiradine, Tychê, Neapol'u et Epipole dout l'ensemble formait la superbe Pentapolc, la seule Ortygie est encore habitée; cette petite île, berceau de l aucienne Syracuse est tout ce qui reste d'une ville immense qui osa braver la puissance d'Athènes, de Carthage et de Rome. Des masses éuormes , des décombres d'environ ao milles de circonférence et quelques monumens sont tout ce qui reste pour attester sa grandeur passée; son port,jadis undes plus beaux de la Méditerranée , est cusablé et ne peut plus recevoir que des cbebeks ou brigantins ; la célèbre fontaine d'Axé th use a tellement diminué le volume de ses eaux qu'elle <»st devenue un des lavoirs de la ville moderne. Parmi les magnifiques restes qui annoncent son ancienne splendeur nous citerous : la cathédrale, qui est l'ancien temple de Minerve, défiguré par différentes constructions de mauvais goût; Y amphithéâtre qui est un des plus grands que l'on connaisse; le théâtre, qui, malgré son immense étendue, est tout taillé

dans le roc ; il a 66 rangs de siège», ei pouvait contenir 40,000 spectateurs ; on le regarde justement comme un des ouvrages les plus étonnans que les anciens nous aient laisses ; l'oreille de Denys , qui n'est qu'une voûte de la grande lato mit- du Paradiso, située mire le théâtre et l'amphithéâtre; elle se recourbe en forme d'un S et l'écho y est tic* fort ; ou y distingue encore les traces des anneaux auxquels on attachait les malheureux prisonniers; mais les passages par où on pouvait entendre leurs cris sont entièrement détruits. Celte latomie et plusieurs autres encore plus grandes sont justement ce que Syracuse offre de plus étonnant. Os immenses cavités, taillées dans le roc, forment des galeries boutes et larges avec lesquelles les catacombes de Rome , percées dans une terre sans consistance , ne peuvent entrer en comparaison. Souvent leur partie supérieure est disposée en petite» coupoles coniques, dont le sommet offre un trou qui servait à y faire pénétrer le jour, ou peut-être à y descendre des vivres. Il est iudubilable qu'elles ont fini par servir de sépulture , quoique dans l'origine ce ne fussent que des carrières ; nous avons déjà mentionné celle du Parad iso destinée par Denys à servir de prison. Elles offrent encore plusieurs tombeaux très bien conservés et des inscriptions qui remontent aux premiers temps du christianisme; les premiers sont creusés par rangées da us les galeries; on peut très bien distinguer les sépultures de familles qui sont pratiquées dans les niches des parois : quand la nécessité l'exigeait , on creusait plus profondément ces niches dans le roc. Dans une de ces latomics on a découvert uue église assez grande. Ou débite à Syracuse les histoires les plus extraordinaires pour prouver que ces excavations immenses se prolongent jusqu'à Catane. Sans admettre ces contes a lourde* , nous ferons observer qu'on s'accorde généralement à les regarder comme les plus grandes du inonde , quoique celles de Saint Janvier à IVaples soient bien plus hautes, et que personne n'ait encore parcouru ni ces dernières ni celles de Rome dans toute leur étendue.

Caltagiroxe, assex grande ville épiseopale, importante par son industrie, son commerce, son collège royal et a nombreuse population qu'on porte à prés de 20,000 âmes. Modica , qui en compte autant, est remarquable surtout par le voisinage de la voiler d'Ipsica dite aussi la vallée des Troglodytes, parce qu on croit que ses grottes innombrables, creusées dans le roc et formant une rue longue de plus d'un mille, ont servi de demeure à une des plus anciennes tribus qui habitaient la Sicile. De chaque côté et a l'extrémité supérieure de la vallée, ou voit un grand nombre de petites chambres disposées par étages; elle* s'étendent jusqu'à Spaccafurno. Cette disposition ne permettait (^atteindre à celles d'en haut que par des échelles. Os chambres singulières ont la forme d'un carré ordinairement régulier, quelquefois obbng; l'cutréeen est très large , mais très basse ; dans quelques-unes , La partie supérieure de l'entrée est voûtée. Toutes ces différences provenaient sans doute des destinations diverses de ces grottes, ainsi que du rang et de la richesse de leurs habitans; quelques-uues ont plusieurs subdivisions , d'autres ne consistent qu'eu uue pièce; cependant elles se ressemblent toutes non seulement entre elles, mais aussi avec celles qu'on a découvert dans les environs di Caslro-Giovanui et même avec les fameuses catacombes de Syracuse. Noto, petite ville d'environ 1 1,000 habitans; elle domine la vallée du même nom, qui donnait la dénomination à une des trois anciennes divisions administratives de la Sicile ; le musée de M. Astuto, baron de Fargionc. offre le plus beau médailler de la Sicile; on y voit les médailles de toutes les anciennes villes de cette île.

Page 1