CIV
INTRODUCTION
English, h'adding/on , Rùppell, Catt , etc., ele A la page 853 nous avons ludique les savans célèbres qui ont bien voulu nous aider de leurs lumières dans la description de l'Egypte. Ici nous signalerons encore les ouvrages de Prosper Alpin, Sicard , Cranger. Mordait, Folney; Pacocke , Delzoni, Hamilton , Lcgh , Rifaut , Minutait parmi ceux auxquels nous avons fait le plus d'emprunts. Nos deux, amis MM. Passalacqua de Triesteet Failoni de Vérone, qui ont fait un long séjour en Egypte, nous oui donné plusieurs rcuseiguemens utiles. Mais nous ne quitterons pas cette terre classique sans rappeler au lecteur le dernier voyage scientifique entrepris par MM. Champollion jeune et IL Rosellini, qui l'un et l'autre, accompagnés d'habiles dessinateurs et sous les auspices protecteurs du roi de France et du priuec éclairé qui régit la Toscane, ont exploré avec tant de sucrés tous les monumens des bords du Nil depuis son embouchure jusqu'à la seconde cataracte. La mort a déjà frappe au milieu de ses importai» travaux le jeuue archéologue qui, avec une érudiliou égale à son génie, avait jeté une si vive lumière sur les mouumens de l'ancienne Egypte. Du reste le moude savant apprendra avec satisfaction que les nombreux matériaux, fruits de ce voyage et de ces profondes éludes , ne seront poiut perdus pour la science; une commission de savans et d'hommes d'état , nommée par ordre du roi Louis-Philippe et présidée par l'illustre Sylvestre de Sacy, doit proposer des mesures qui assureront la conservation et la publication de ses savautes recherches, notamment de la grammaire égyptienne , heureusement terminée, et dont la publication est annoncée comme prochaine. Nous avons déjà signalé dans le texte ce que nous devons à l'obligeance de l'infatigable voyageur, M. De Ricnzi, pour l'intérieur de i Abyssiuic et le pays des Saumolis.
Réoiow du M agu red. Tous les géographes s'accordent à décrire séparément la Barbarie, le Bclad-el-Djdrj d et le Ssahhrà, dont l'ensemble forme la région que nous nom* mous Maghreb, en empruntant cette dénomination aux Arabes; c'est la même pour laquelle nous avions proposé, dans notre Atlas Ethnographique , le nom de Ssahhrà Atlas , tiré des deux traits principaux de sa géographie physique , le grand système de l'Atlas et les arides solitudes du Ssahhrà. Dans l'état actuel de nos connaissances sur celte région, le géographe n'a presque aucun moyen de tracer la ligne de séparation eutre chacune de ces trois contrées ; les divisions politiques que nous connaissons et celles que l'ethnographie nous indique , exigent au contraire qu'on les mette ensemble. En effet, toutes les puissances barbaresques embrassent dans leur domination de droit ou de fait des parties plus ou moins grandes du Belad-èl-Djiryd et du Ssahhrà , et les peuples qui appartiennent à la grande famille Atlantique , sont répandus sur ces deux contrées, ainsi que sur le sol regardé comme formant la barbarie. Ces motifs nous ont paru assez forts pour nous engager à introduire , sous le nom déjà consacré par les géographes arabes , une division que nous avions déjà proposée dans notre Atlas , et qui , comme celle du Nil , est une des mieux tracées sur le globe par la main puissante de la nature.
On se tromperait beaucoup, si en voyant le grand nombre d'ouvrages publiés sur cette région on croyait qu'on en connût bien la géographie. Peu de contrées sur le globe offrent de plus grandes incertitudes et de plus grandes lacunes , malgré la multitude de notions publiées sur ses différentes parties. Parmi le grand nombre d'ouvrages que noua avons compulsés, nous nous bornerons à citer les suivans : outre les relations générales de Léon l'Africain, de Shaw , à'Ali-Bey (Radia), de Pananii, nous avons consulté pour l'état de Tripoli Hornemann, Lyon, Dtlla Crlla , Pacha, Denham et une notice publiée dernièrement par jV. Graberg, ancien consul-général de Suède près de cette régence; pour l'élal de Tunis, Blaqaicns, Maggil , etc.; pour l'état d'Alger , Laugier de Tassj, Shaler, Renaudot , etc. , et le savant article dans lequel M. de Larenaudière* fait connaître tout ce que l'on avait publié de plus important sur cette contrée; pour l'empire de Maroc , Pidou de Saint'Olon , ff indus, Ilôst, Lemprtère , Jackson, CaiUié*\ Jt ashington ; pour le nouvel étal de Sidy-Hescham , Follie, Saugnier, Robert Adams, Cochelet et Riley; pour le Ssahhrà, les cinq naufragés que nous venons de citer , et de plus Léon l'Africain, Brisson, Hornemann . Robert Adams , Loin g , Denham, Caillié et les savantes recherches de MM. Ritter , Walckenaer et Jomard. Mais nous avons surtout pris pour guide dans la description de cette région, notre ami M. <?Avezac, dont les travaux sur l' Afrique-Occidentale offrent l'autorité la plus imposante à laquelle on puisse avoir recours eu pareille ma
A LA GÉOGRAPHIK. \« v
tière. (Test à lui que nous devons spécialement d'être sorti du labyrinthe que présentait la classification des peuples et des J ri bus du Ssahbrà. M. Reinaud, si souvent meutiouné dans cet Abrégé , nous a fourni les renseignemeus précieux que uous avons donnés à la page 880 , eu décrivant les ruines de l'ancienne Cartbage. Nous a vous aus>i proGté des notes que M. Guillaume Barbie du Bocage, employé comme géographe au ministère des affaires étrangères, a tirées de son grand travail Historique, Statistique et Géographique mit les Étals Barbaresqiies et particulièrement sur Alger et Maroc, ouvrage que nous avons consul le nous-niéme, et qui parles nombreux tableaux statistiques, par le» plans et par les cartes qui l'accompagnent, sera saus doute, quand il verra le jour , le plus complet qu'on ait eucore public sur cette partie de l'Afrique.
Apres rindicatiou de toutes ces sources, nous espérons que nos lecteurs n'attribueront pas à ignorance de notre part l'omission de la florissante ville de Tafilelt, dont l'existence est aojourd hui révoquée en doute; l'importance que nous donnons à ùes contrées , à des villes et à des peuples que les géographes routiniers daignent à peine nommer , et la mention restreinte a laquelle nous nous bornons au contraire à l'égard de certains autres auxquels toutes les géographies accordent de brillantes descriptions. Aiusi , nous n'avons pas mentionné, parmi les villes les plus remarquables de l'état de Maroc, la célèbre Scdjelinesse , parce que nous ne savons pas si sou territoire, dont F.bn-al-Ouardi , Ra- Loui , I-éou et Ben- A) as ont tant célèbre la fertilité et la richesse, appartient encore à cet empire. D'ailleurs cette grande ville, qui s'élevait sur les bords du Ziz et qui a été le premier siège de la dynastie des Almoravides , n'existait déjà plus du temps de Léon ; elle avait clé abandonnée par ses ha bit ans à la suite de nombreuse* révolutions.
KtoaiTia ou R tu ion dks Nègkks. Un usage banal désigne depuis long-temps sous les noms de Soudan, de Sénégambie, de Côtes de Guinée et de Congo, toutes ces vastes contrées que nous proposons d'appeler Nigtitie, nom qui traduit fidèlement celui de Belad-nl- Soudàn ou Pays des Nègres que lui donnent les Arabes et les Nègres musulmans euxmêmes; il nous parait préférable à des dénominations et à des divisions inexactes cl inconnues aux indigènes. Ceux-ci n'ont guère, dans leurs lainages propres, de noms généraux pour désigner les grandes divisions terrestres , parce qu'ils ont trop peu de rapports entre eux ; mais les Maures , dont les caravanes parcourent en tout sens l'Afriqucitaréale, ont senti le besoin de dénominations générales pour indiquer ces grandes régions. Leur système geo^aphique sur cette partie du monde a été exposé dans un mémoire bien connu de M. tf Avezac , qui sert d'introduction à ses Considérations critiques sur la géographie positive de l ' Afrique-lntérieure-Occidentale , travail fondamental , dont la publication complète est vivemeut désirée par le monde savant , et qui asseoit enfin sur des ba>es solides le tracé, jusqu'à préseut si arbitraire, de cette vaste portion du glube.
Nous n'avons ni l'espace ni le temps nécessaire pour inoutrer l'inexactitude des dénominations adoptées dans toutes les géographies ; uous ferons seulement observer que la Séoégambic, d'après celle dénomination, ne devrait comprendre que les pays arrosés par le Sénégal , la Gambie et leurs affluens, tandis qu'elle embrasse de vastes contrées traversées par d'autres fleuves; qu'il est absurde d'appeler côtes des pays qui s'étendent à 3 et 400 milles dans l'intérieur d'un continent ; et que la dénomination de Soudan convient, en général, a tous les pays Nègres, au lieu d'être exclusivement applicuble à ceux que les géographes comprennent sous ce nom. D'ailleurs la subdivision de la Guinée en différentes côtes n'est à proprement parler en usage que chez les marins , qui en outre différent dans la détermination des limites qu'ils assignent à chacune d'elles. Atout cela il faut ajouter que l'état encore si imparfait de la géographie de l'Afrique ne permet pas de tracer une ligne de démarcation entre le Soudan, tel qu'il est restreint par les Européens , et la Guinée; enfin, que toutes les lumières réunies jusqu'à présent sur le cours du Dhioliba ou Ko narra , par les voyageurs les plus judicieux et surtout par la mémorable expédition des frères Lander, tendent à porter le bassin de ce fleuve ou du Soudan-Occidental jusqu'aux cotes de Bénin et de Calabar , dont la plus grande partie parait former le delta de ce grand fleuve. Tous ces motifs nous ont engagé à modifier les grandes divisions de l'Afrique de manière à ranger parmi ses subdivisions géographiques les divisions banales, inexactes et inutiles, adoptées par le commun des géographes , et connues depuis long-temps sous les noms de Soudan , de Sénégambie , de
INTRODUCTION
Guinée t\ de Congo. A la page 89 3 nous avons indiqué le motif qui nous a empêché de les supprimer entièrement et de leur substituer de nouvelles dénominations.
Mais si nous avons été si sobres d'innovations pour ce qui regarde l'introduction de nouveaux noms et de nouvelles divisions principales, nous ne l'avons aucunement été pour ce qui concerne les subdivisions et le ehoix des t tais. Sans aucun égard pour les pays que nous trouvons indiqués ou décrits dans les meilleurs traités de géographie , et dausce déluge d'abrégés, de manuels, de résumés et autres ouvrages prétendus élémentaires, nous avons choisi, parmi le millier d'états que renferme cette vaste région , ceux qui nous paraissaient mériter uue description ou du moins une mention , autant que le cadre de cet ouvrage nous le permettait. Nous n'avons pas rraiut de nous exposer à la critique de certains Zofles en traitant avec quelques détails les puissances prépondérantes de la Sénégambie, de la Guinée et du Soudan proprement dit, auxquelles les faiseurs d'abrégés de géographie et de tableaux statistiques et géographiques n'accordent que quelques lignes consacrées à indiquer leur position et parfois leurs productions , lorsqu'ils ne les passent pas entièrement sous silence. Nous n'avons pas craint non plus les observations de plusieurs géographes, que nous sommes très éloigné de confondre avec les critiques ignoraus et passionnés que nous venons de désigner , en donnant la description abrégée de plusieurs villes de ces vastes contrées , pour lesquelles ils se bornent à une simple mention , et dont quelquefois ou cherche même eu vain les noms dans leurs ouvrages , quoique imprimés plusieurs années après la publication des résultats importons des explorations qui nous les ont fait connaître. L'exactitude à laquelle nous visons a un but entièrement différent. Nous laisserons ces géographes décrire encore minutieusement en 1827 , 1828 et f 8ag les royaumes de Dar*Four, de Galam, d'Amanahea, de Commcnda , etc. , etc., et ne consacrer ensuite que quelques lignes à la description de l'empire des Fellatah, le plus puissant état de toute la TNigritie; décrire encore d'après les récits vagues et suraunés recueillis des indigènes , l'empire de liornou , que la mémorable exploration de Dcnham et Clapperton nous a fait connaître ; se borner à la simple indication des confins du Fouta-Toro, qui est une des puissances prépondérantes de la Sénégambie et accorder en même temps une mention pareille aux royaumes de Geduma et de Jafoou , depuis long-temps effacés du sol de ccl'.e région; omettre enfin tout-à-fail le royaume de Cap-Monte , qui est l'état principal de la Guinée Occidentale. A l'égard do tous les autres états, nous avons cru que se bornera une simple nomenclature aurait été aussi complètement inutile que fatigant pour la classe de lecteurs auxquels ce livre est consacré. Les noms géographiques dans un ouvrage élémentaire u'offreut d'intérêt qu'autant qu'ils rappellent à notre esprit des pays importans, soit par leur étendue, leur population ou leurs souvenirs historiques , soit par leurs productions, l'industrie et le caractère de leurs habitans. L'extrême imperfection de la géographie de cette région présente des centaines d'états qui sont encore à-peu-près nuls sous tous les rapports. Nous avons pensé que le meilleur parti à prendre était de les négliger entièrement, laissant aux faiseurs d'abrégés la tâche aussi pénible qu'inutile d'agglomérer des centaines de noms l»arbares , propres seulement à dégoûter de la science ceux qui n'y sont pas encore initiés , mais que les géographes ne doivent point omettre sur leurs cartes, vu qu'ils peuvent servir de documeus aux voyageurs à venir. D'ailleurs plusieurs de ces noms de pays , ainsi que la position qu'on leur assigne, ou sout dûs aux rapports vagues d'indigènes peu instruits, ou bieu|offrent, sous des nomsdiiïérens, une même contrée, que l'ignorance ou l'inattentiou déplus d'uu géographe a eu le talent de transformer en trois ou quatre royaumes différens.
Voici les principaux auteurs que nous avons consultés pour décrire cette vaste partie de l'Afrique. Pour la Nigritic-Ccnlrale ou Soudan des géographes, Léon r Africain , ffiridus, Drowne , Ilornemann , Lyon, Seetzen, Bitrckhardt , Mungn-Parfc , Bowdich , Denham et Clapperton, Caillic , les" frères Lander, etc. , etc. Pour la Nigritie-Occiden talc ou Sénégambie, Labat, Adanson, Golberry, Durand, Wtnterbottom , MnngoPark, Mol'icn, Beaufort , Roger, etc., etc. Pour la Guinée, Barbot , Bosman, d'Elbée, Smith, Desmarchais, Robert A 'or ris, Isert , Dalzel, La Barthe , Roemer , Meredith, A dams, Robcrtson, John M'Uod, Bowdich, Loin g, Dttpuis , Hutton , Clapperton, les frères Lander, etc., etc. Pour le Congo, Cavazzi , ZucchelU , Prvjart, De Grand-Ptc, Tuckej, d'EtourvilU , Feo-de-Torrres , Roivdich, Domille, etc., etc., etc.
▲ Là GÉOGRAPHIE
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Le résumé que nous a tous donné aux pages 899-903, de la distribution ethnogra pli ique des états nègres de la Sénégambie , est emprunté aux savans travaux de M. d'Avcxac. Nos lecteurs pourront juger combien cette partie de la géographie de l'Afrique est présentée sous un point de vue nouveau et intéressant Cette analyse que nous avons soumise à la révision de Fauteur, lui a paru avoir besoin, pour rendre fidèlement sa pensée, d'être rectifiée ou plutôt expliquée et complétée par une observation essentielle que nous nous empressons de transcrire ici. • L'état de Salouuj , que le Résumé descriptif de la Sénégambie classe exclusivement dans lè nombre des états Mandings, appartient à-lafou aux. Maudiugs et aux Ghiolofs. Le noyau en est gbiolof, ainsi que l'indique, du reste, le titre de bour , que porte le souverain. Les démembrement seuls en sont mandings; ils grandissent de jour en jour, resserrant au nord-ouest le nojau gliiolof dont Kalion e*t la capitale; ils comprennent l'état de Barra , à l'entrée de la Gambie, état assez puissant pour avoir mis récemment eu péril les établissement anglais sur ce fleuve; un autre état de Barra ou Manding dans l'intérieur, celui de Banbouk limitrophe de ce dernier , ceux, de Kolar, de Sanjalii et de Badibou. Le Saloum manding est, comme tous les pays occupés par ces peuples, morcelé entre de nombreux chefs, dont une ntlioualité commune est le seul lien fédératif. »
A la page 905 nous avons indiqué tout ce que nous devons à l'obligeance de M. Dou- *ilU et de M. Ejriès, et à la page suivante nous avons exposé nos conjectures sur l'identité probable du royaume de Bomba avec le Mani-Emougi des meilleures cartes, et du royaume de Sala avec celui d'Anzico des mêmes cartes.
Régi os dx c'Ara (que Australs. Nous avons cru pouvoir réuuir sous cette dénomination générale les deux contrées connues depuis si long-temps sous les noms de Hottentotie et de Colonie du Cap de Bonne- Espérance, la lisière le long de la côte occidentale que les géographes modernes s'accordeut à nommer Cimbebasie , et le vaste pays habité par des peuples que l'ethnographie regarde comme appartenant à une même souche, et dont nous avons formé la famille cafre de V Atlas ethnographique du globe. Quoique celte division n'ait pas absolument toutes les conditions nécessaires pour être une région physique, elle offre cependant l'avantage d'en être une assez bien déterminée, sous le rapport politique et ethnographique, malgré le petit territoire que les Portugais réclament le long du Mafumo, de riohambane, du Sabia et du Sofala, malgré les incertitudes qui enveloppent encore l'extension de la souche cafre du côté du nord , et malgré la partie, non encore explorée, qui s'étend au nord-ouest du territoire occupé par les Cafre* MorroJonp. Ces considérations nous ont engagé à eu faire une des divisions principales de l'Afrique; et nous espérons que les géographes de profession l'approuveront Nous croyons inutile de justifier les dénominations que nous avous proposées de Ca/rérie Maritime, pour les pays occupés par les tribus cafres de la côte de Natal, et de Cafrérie- Intérieure, pour les pays où vivent les autres peuples appartenant à cette souche.
Pour décrire ces différens pays, nous a vous surtout consulté les ouvrages de Patterson, Le Vaillant, Barrow, Percual ,'Uchtenstcin , Campbell, Latrobe, Dure lu II et Georges Thompson.
Rioiov ot L'AraïQUE-hrriftiECRa et ns la. Côte-Oeikntali. Quand on compare l'abondance des matériaux à la pénurie des résultats certains sur la géographie des pays compris dans cette division , on se sent découragé, et on déplore l'état imparfait dans lequel se trouve cette science. Un géographe éclairé et consciencieux, hésite, chancelle presqu'à chaque pas dans le labyrinthe de notions contradictoires et vagues où il s'est engage par amour pour la science. Peu de parties de la description de la Terre exigent d'aussi pénibles recherches de la part du géographe , et procurent au lecteur si peu de satisfaction. Rien n'est plus aisé que de dire beaucoup, et rien n'est si difficile que de dire vrai. Il nous semble que, dans l'état actuel de nos connaissances sur cette vaste partie de l'Afrique, le géographe qui sait le plus est en quelque sorte celui qui peut le moins apprendre aux personnes avides de savoir. On voudrait connaître des divisions naturelle.*, ou du moins des divisions politiques , avoir quelques notions certaines sur l'étendue, la population , l'état social des Etats de cette région ; mais quand on veut être de bonne foi , il faut rejeter comme faux, ou du moins comme conjectural tout ce que l'on trouve dans les meilleures géogi apbies , quoiqu'elles abondent en détails présentes d'une manière posi-
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INTRODUCTION
tive, comme s'il était question de décrire un comté de l'Angleterre ou un département de la France. Guidé par ces cousidèrations , nous n'offrons à nos lecteurs que le peu de faits qui nous paraissent avérés. Nous avons donc été très court sur un sujet immense. Non-seulement l'intérieur est presque iguoré , mais même les côtes sont en partie mal conuues. Quoi, pourrait-ou dire, la côte orientale u'est-clle pas assez connue? Ouvrez les géographies et vous y verrez môme des détails. Nous nous bornerons à répondre que nous traitons de la géographie actuelle, et que nous ne voulons pas donner comme telle une géographie surannée, vieillie de deux nu trois siècles. Quant à nous, nous laissons aux compilateurs le plaisir d'offrir, en i83o et i83t, le tableau de la domination portugaise sur la côte orientale, et les descriptions brillantes du royaume de Melinde, de la république de Brava, et d'autres états sur celte même côte, quoique les Portugais n'y exercent plus une domination générale depuis environ un siècle, et que l'étal de ces pavsait chaugé, ou que l'on ignore leur situatiou acluelle. Nous ne suivrons pas non plus leur exemple relativement au royaume de Gingiro et autres états, dont ils parlent sjos prévenir qu'on ne les connaît, à l'exception de ce dernier, que par les rapports suspects faits par des iudigènes , et anciens déjà de plusieurs siècles. Il en est de même de l'empire du Mouomotapa, qui, dissous délinitivement en 17 5a, n'en figure pas moins dans presque toutes les géographies et sur des cartes très récentes, comme un des plus grands et îles plus puissans Etats de l'Afrique. Le lecteur trouvera daus le texte d'autres motifs que nous avons exposé* pour justifier cette manière de partager l'Afrique.
Pour la description de la partie coutineutalede cette divisioti de l'Afrique, nous a von» consulté Barros, dos Sanlos , Lobo , Uam'dton, Thomann , Sait, Sautiller de Mondevït , Chapeltier et Epidariste Colin; ces trois derniers dans les Annales des Voyages; plusieurs itmseLneinens publiés récemment dans les journaux anglais, et daus leur excellent extrait offert 'par la Revue Britannique, les doeumens rassemblés par Bo.vdich et publiés après sa mort , et les reuseiguemeus que uous avons publiés en 1 8ua dans les V ariétes Statistico- Politiques de ia monarchie Portugaise, renseignemeus dont nous trouvons l'extrait dans beaucoup de géographics sans qu'on ait eu la délicatesse d'en nommer la source. Nous regrettons que la relatiou de la reconnaissance que le capitaine O.ven a faite de toute la rôte Orientale n'ait pas encore enrichi la géographie : elle nous aurait éclaira bien des doutes, et Tait éviter peut-être bieu des erreurs.
L'ile de Madagascar, si fameuse et si importante par son étendue, sa fertilité, sa population et par les progrès que la civilisation y a faits de nos jours, avait été jusqu'à présent presque dédaignée par les géographes compilateurs. Elle a été pour nous l'objet d'investigâtions laborieuses, et nous avous taché de réunir, avec la plus grande concision, tout ce que sa géographie politique , presque entièrement négligée par nos prédécesseurs, offrait d'essentiel. Pour atteindre ce but, nous avons eu recours surtout à Flacouri, à Drurr à Le Gentil, aux mémoires de Fressange,du mine, Chapellier et autres publiés dans les Annales des Voja^es à d'autres plus récens insérés dans la Revue Britannique. Notre savant collègue et ami, M. Thomas, qui a publié dernièrement une excelleute statistique de l'île Bourbon , et qui a rassemblé beaucoup de renscignemens sur Madagascar , nous a puissamment aidé dans la description de celte grande île. Nous avons déjà vu à la page lxxxiii ce que nous lui devons pour toutes les colonies françaises.
Possessions dm puissances étrangères en Afrique. Nous n'avons rieu à dire sur cette partie de l'Afrique. Les pays qu'où y décrit , apppartenaut géographiquemeut aux cinq grandes régions daus lesquelles nous avons partagé celte partie du monde, le lecteur connaît déjà tous les principaux ouvrages que nous avons dô consulter pour en faire la description. Nous ajouterons rependaul que uous avons tâché d'offrir l'état actuel de ces possessions, en évitant de reproduire les descriptions surannées et les divisions inexactes nue l'on rencontre dans toutes les géographies; tâche difficile dans laquelle nous avons été aidé par MU. Jomard, d'Àvetac, Doimlle , Thomas, ainsi que par quelques-uns de nos collaborateurs de Y Essai statistique sur le royaume de Portugal et d" Al garve, el eutre autre par Jf. Pussich, gouverneur général des îles du Cap- Vert , qui, eu 18a 1 , no:is a donné à Lisbonne uue excellente statistique manuscrite de cet archipel
A LA GÉOGRAPHIK
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Amérique.
Ce vaste continent, auquel l'Europe doit en grande partie sa puissance et ses richesses, avait été aperçu, dés le ix* siècle, par les intrépides Scandinaves et vers la fin du xive par les frères Zeni, navigateurs vénitiens; mais ces tentatives partielles et incomplètes étaient demeurées sans résultat pour l'Ancien- Monde, et ce ne fut qu'en 149a que l'immortel Co\ooib, guidé par une hypothèse ingénieuse, favorise par un heureux hasard el soutenu par une héroïque intrépidité, réalisa cette importante découverte, qui dota l'univers d'un second hémisphère.
.Si la géographie de l'Amérique n'offre pas les ténèbres qui enveloppent encore une si grande partie de l'intérieur de l'Asie; si sa vaste surface ne présente pas les lacunes que nous avons trouvées dans les grandes terres de TOcéanie; si enfin le géographe ne rencontre pas dans le Nouveau- Monde les vides immenses qu'il trouve dans l'Afrique, il en est redevable à la cupide activité des premiers eonquérans qui parcoururent dans tous les sens ce nouvel hémisphère pour y chercher des trésors, ainsi qu'à la pieuse sollicitude des missionnaires catholiques qui, conquérans d un nouveau genre, firent marcher les conquêtes de l'évangile de pair avec les progrès de la civilisation et les découvertes géographiques. Plus tard, le plus célèbre des voyageurs modernes, le baron A. de Humboldt, créant un nouveau genre dans l'art de décrire les pays, eut le talent difficile d'embrasser toute la géographie du Nouveau-Monde dans la relation de son mémorable vovage. Sous sa plume habile, on vit naître la géographie physique du Nouveau- Monde , sur laquelle on n'avait encore que quelques faits isoles, mêlés à beaucoup d'erreurs; il discuta avec un talent remarquable tous les points encore douteux , et combla une foule de lacunes qu'offrait av.mt lui la description de l'Amérique. Son exemple ne fut pas perdu, et ion vit naître les savantes explorations entreprises sous les auspices de l'empereur d'Autriche et du roi de Bavière, qui nous firent connaître si bien une si vaste partie de l'Amérique-Méridionale ; d'autres sa vans entreprirent la description des principales régions de l'Amériquedu-Nord, tandis que les remarquables explorations, ordonnées par les présidens de l'Union, dans l'intérieur de l'Amériquc-du-Nord, et les navigations non moins importantes faites par ordre du roi de France le long des côtes de l'Amérique-du-Sud, et du roi d'Angleterre dans les mers boréales et australes, apportèrent de nouvelles richesses au géographe et complétèrent les découvertes qui restaient à faire dans le Nouveau-Monde. La création de nouveaux états enrichit eucorc la géographie de la masse de documens publiés par leurs gouvernemens respectifs , par les commissaires étrangers envoyés pour examiner leur situation et par les nombreux voyageurs qui accourent de toutes les parties de l'Europe pour visiter les magnifiques régions qui avaient été jusqu'alors fermées à la curiosité du savant, aux investigations du politique et aux spéculations du négociant.
.Mais, si la géographie proprement dite de l'Amérique n'offre presque plus d'importantes lacunes à remplirai n'en est pas de même de la topographie ni de la statistique, et, si l'on -veut être sincère, il faut convenir qu'à l'exception delà moitié orientale du sol de l'Union, c'est-à-dire des a 4 états, du district fédéral et des trois territoires organisés, tout le reste de cette puissante confédération , ainsi que du continent Américain est, à quelque pe-
INTRODUCTION
tite exception près, resté en dehors du domaine de la statistique, et est même très imparfaitement connu sous le rapport topographique. Les guerres intestines, qui continuent à agiter les nouveaux états élevés sur les débris des colonies espagnoles et portugaises, n'ont pas encore laissé à leurs gouvernement assez de loisir pour s'occuper chacun de la rédaction de leurs statistiques et de leurs topographies avec le soin désirable. Tout ce que Ton possède jusqu'ici se réduit à des généralités pour chaque état; encore sout-elles bien loin d'être exactes et complètes. Si l'on veut éviter les erreurs et les méprises, ii faut renoncera inscrire, dans une description des états, les détails minutieux que les géographes se complaisent ordinairement à recueillir. Les longues et difficiles recherches auxquelles nous nous sommes livré pour la rédaction de la Balance politique du Globe , jointes à nos relations personnelles avec quelques-uns des chefs des principales républiques, avec plusieurs diplomates distingués et avec quelques administrateurs habiles de ces nouveaux états, nous ont convaincu de celte vérité; elles ont même contribué, comme nous l'avons déjà fait observer, à nous faire renoncer au plan d'après lequel nous nous étions proposé de décrire tous les états de cette partie du monde.
Les Etats-Unis sont la première puissance du Nouveau-Monde; leur marine marchande n'est inférieure qu'à celle de la monarchie Anglaise; leurs monumens, leurs canaux, leurs établisse mens scientifiques et littéraires rivalisent déjà avec les constructions et ies établissemens correspondans de l'Europe; leur population , déjà assez considérable par elle-même, l'est encore plus lorsqu'on la compare à celle des autres états de l'Amérique, sur lesquels elle influe doublement par sa masse et par l'entreprenante activité de son gouvernement; les Etats-Unis enfin sont à la tête de la civilisation qui marche rapidement d'un bout à l'autre de cette partie du monde. Tels sont les motifs qui nous ont engagé à traiter cette partie de l'Amérique d'après le plan adopté par nous dans la description des états de l'Europe et des grands empires de l'Asie. Nous avons décrit tous les autres états d'après le plan suivi dans la description de l'Océanie et de l'Afrique, mais sur une échelle un peu plus large à l'égard de l'empire du Brésil et des principales républiques, vu la grande importance de ces nouveaux états.
États-Unis. La confédération Auglo- Américaine est sans contredit la partie de l'Amérique la mieux connue. Nous avons déjà dit qu'elle était aussi la seule comprise dans le domaine de la statistique; nous ajouterons que c'est la partie du Nouveau-Monde sur laquelle on a public le plu* grand nombre d'ouvrages. Au milieu de tant de richesses, il semble tout naturel de croire que sa description n'oiïre aucune difficulté au géographe. Mais ici un élément d'un genre nouveau vient rendre sa tâche très laborieuse. Les progrès extraordinaires de la population , le développement prodigieux que présentent l'agriculture, les fabriques et le commerce; la fondation de nouvelles villes, l'ouverture de nouveaux canaux, la construction de nouvelles routes, et les nouvelles divisions du territoire, rendues nécessaires par tant de progrès et par t'affluencc de la population dans des terreins encore vierges, sont autant d'élémens d'erreurs pour le géographe le plus exact , le plus consciencieux , surtout lorsque c'est en Europe qu'il rédige sa description. Des villages et même de simples hameaux deviennent en quelques mois des villes importantes par la construction d'un chemin en fer, par l'ouverture d'un canal , on par l'exploitation d'une mine nouvelle; et tel État qui n'avait que 3o ou 40 comtés, peut , dans le court espace de deux ou trois ans , en avoir un quart, un tiers, et jusqu'à la moitié de plus. Nous engageons ceux de nos lecteurs à qui notre assertion pourrait paraître exagérée, à comparer la description des differeos Étals de l'Union, donnée par notre
A LA GÉOGRAPHIE
Abrège, avec la description correspondante offerte dans l'Atlas des Deux Amériques, rédigé et publié en t8?5 par M. Ruchon, sur les ouvrages nationaux les plus récens. Ils verront peut-être avec surprise que, tandis que l'Atlas n'accorde que 18, 48, 67 et 5o comté* aux États du Mississipi , du Tennessee, du Kenturky et de l'Ohio, nous avons porté le nombre respectif de leurs comtés à 36, 6a, 83 et 73; ils y chercheront en vain, dans la description particulière de chaque État, les grands canaux de la Pennsylvanie, de rohio et d'autres coulrces, que nous avons indiqués à l'article où nous avons tracé le cours de cm grands moyens de communications; ils n'y trouverout pas non plus l'indication d'aucun des nombreux chemins en fer pratiqués sur plusieurs points de l'Union; ils n'y trouveront pas davantage les florissantes villes que nous a\ou» décrites ou simplement indiquées dans le voisinage des riches mines de charbon exploitées dans la Pennsylvanie, ni les villes fondées dernièrement à l'embouchure des nouveaux canaux, ni. enfin des misérables hameaux que cette même cause vient de changer en villes importantes.
Nous avons fait tout ce qui dépendait de nous pour donner autant que possible un, calque fidèle du pays. L'espace nous manque pour indiquer toutes les précieuses ressources dont nous nous sommes entouré pour décrire convenablement cette partie de l'Amérique , et pour écarter les erreurs et les inexactitudes. Nous nous bornerons à citer au moins les ouvrages auxquels nous avons fait le plus <lVui|irunts, et les saxans estimables qui ont bien voulu nous aider dans cette tâche difficile. Nous nommerons parmi les premiers Morse, Pitkin , Seyltert , Lewis et Clark, I-ong et Keating, Sidon, Mellish , Tanner, Darbjr, le duc Bernard de Saxe-fVeimar, Schoolcraft , Basil Hall, Beltrami , etc. Nmis devons une foule d'indications excellentes à nos deux savans amis, M. Warden, attentif à suivre tons les changemens que subit la géographie d'une contrée sur laquelle il a publié une statistique supérieure à celles de tous ses devanciers; et M. U docteur Constancio , qu'un long séjour dans les Etats-Unis, où il a été chargé d'affaires du Portugal , ses nombreuses relations avec les savans les plus distingués, ainsi que ses connaissances variées out mi* à même de connaître parfaitement cette puissante confédération. La reconnaissance nous tait aussi un devoir dénommer M. Milite rt , le sa vaut auteur de l'Itinéraire pittoresque du fleuve Hudson , auquel nous devons plusieurs notes avec quelques importanséclaircisst mens, et qui , ainsi que MM. Warden et Constancio , a bien voulu revoir les épreuves de celle partie de notre ouvrage. Malgré tant de ressources, nous n'aurions jamais pu offrir l'étal actuel de ce pays extraordinaire, sans nn hrutcux hasard qui conduisit eu Europe M. If 'orcrster, un des rédacteurs de /'.-/flienc«« Almanac et auteur de la meilleure Géographie élémentaire publiée en Amérique; et M. le major Poussin, aide-decamp du général Bernard, qui, avec ce tacticien célèbre, traça le vaste plan des fortifications, des canaux et des chemins en fer des États-Unis. Ces deux savans, qui venaient à peine de quitter le sol de l'Union, dont ils possédaient , surtout le second, h lopograpbie dans ses moindres détails, ont eu l'extrême obligeance, non-senlemcut de revoir nos épreuves, mais d'y ajouter une multitude d'indications précieuses , relatives aux différent sujets admis dans le plan de nus descriptions.
Aux pages ioi5 et 1016, nous avons appelé l'attention du lecteur sur la singulière anomalie géographique qu'offrent les Etats-Unis d cire encore sans nom propre, et nous avon> justifie les dénominations employées par nous dans le cours de cet ouvrage. Ayant consulté sur ce point notre savant ami M. Constancio , il nous a témoigné combien il serait flatté s'il avait le bouheur d'être le parrain de celle confédération, devenue trop puissante pour pouvoir se passer d'une dénomination spéciale. Le nom que M. Constancio propose est celui de Pi aÎADt(.riuA. Il renferme les idées suivantes: Union fraternelle boreo-hespé-, riant d'Etats navigateurs , étant composé d' Adelphïa et de Pleins ou Pléiade. Celle con- *MlaUou boréale, nommée Hespéridcs el Allantides par les anciens, était rcgnrdcc comme U protectrice des navigateurs. Le pavillon de l'Union étant composé d'étotles, dont chacune représente un état, offre effectivement à l'œil une véritable constellation.
Noiteacx états de la ci devant Amérique-Espaokole. Depuis quelques années tous les regards de l'Europe se portent vers les nouveaux états qui se sont élevés sur les débris des ma;-nifiques colonies de l'Amériquc-Espagnole. Plusieurs rivalisent pour l'étendue a»er le» plus grands empires du monde; leur population collective, quoique très faible relativement au sol sur lequel elle esl distribuée , est néanmoins très considérable lors-
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qu'on la compare à celle des autres puissances du Nouveau-Monde , surtout si Ton pense qu'elle dépasse les deux cinquièmes de la population totale de ce vaste contineut ; les villes principales de ces nouveaux états rivalisent pour leur beauté avec les plus belles villes du monde, et, sous le rapport du nombre de leurs habitans, elles figurent parmi les plus grandes de l'Amérique; enfin le produit des mines de quelques-uns de rcs élats, quoique considérablement diminué depuis quelques années , est encore si important , que sous ce rapport , leur richesse dépasse relie de tous les autres états du globe. Tous ces motifs nous ont engagé à sortir un peu de notre cadre lorsqu'il s'agissait de les décrire.
Nos guides principaux ont été les voyages et les ouvrages du baron de Hwnboldt , de Ward% Bullock, Lyon , Hardy, Deltrami, Mo/lien , Thompson, Renggeret. I.ongchamp, Nurïez et une foule d'autres qu'il serait fastidieux de nommer. Nous avous profité des avantages inappréciables que nous offrait notre séjour dans la capitale de la France, pour remplir les lacunes laissées dans la géographie de ce pays par les savaus estimables que nous venons de nommer et pour corriger les erreurs échappées à quelques-uns d'entre eux , en nous mettant en rapport direct avec plusieurs personnes instruites des pays mêmes que nous voulions décrire, et, qui plus est, avec les chefs politiques de ces nouvelles républiques. C'est ainsi que, par un heureux concours de circonstances, nous avons eu l'honneur de connaître personnellement plusieurs de ces personnages marquans et de recevoir de précieux rensei^nemens de M. Pedraza, ancien premier président des États-Unis du Mexique; de M. Santander > vice-président de la république de Colombie; de M. Uer~ ran , général de brigade au service de cette répilblique; de M. le général Mosqueira t ancien préfet du département du Cauca ; de M. d'Egana, ancien ministre de l'intérieur de la république du Chili; de M. de la Barra, chargé d'affaires de cet état; de M. Barberena , ancien député du Guatemala et ministre à Londres des États-Unis de l' Amérique- Centrale; de M. t'asquez, ministre plénipotentiaire à Rome pour les États-Unis du Mexique. D'autres circonstances favorables nous mirent en rapport avec MM. d'Acosta, capitaine du génie au service de la Colombie; de la Torre, bibliothécaire à Arequipa; Gordon, ancien député de l'état de San-Luiz; de la Garza, docteur en médecine natif de Taroaulipas ; Bibciro, Fincendon La Tour et plusieurs autres qu'il serait trop long de nommer, parmi lesquels quelques-uns nous défendent, par une modestie excessive, mais que nous respectons, de prononcer leurs uon». Nous nous plaisons à avouer cpie nous avons obtenu de précieux renseignemens sur la géographie cl les monumeus de la république de Bolivia de l'obligeance de M. Pcntland, mentionné dans uotre description de cet état et surtout à la page i ma. D'autres notes non moins importantes nous ont été fournies sur le nouvel État Oriental de l'Uruguay et sur les Ktats-Unis du Rio de la Plata par M. Varaigne, l'ami intime de M. Ribadavia, si connu par ses lumières et par la sagesse qu'il a déployée lorsqu'il était à la tète de la république Argentine.
C'est surtout aux lumières des personnages que nous venons Jeciter que nous sommes redevable de l'avantage inappréciable pour la géographie , de présenter dans cet Abrégé les véritables divisions actuelles de ces nouveaux états, divisions que nous avons jusqu'à présent trouvées plus ou moins inexactes dans tous les ouvrages même les plus récens que nous avons consultés, comme aussi l'avantage non moi us important de donner une description exempte des erreurs qui déparent les meilleurs ouvrages de géographie. C'est encore les uotes de ces messieurs qui nous ont mis en état d'éviter les méprises que nous avons signalées dans plusieurs parties de cet ouvrage , et de remplir bieu des lacunes qu'offrait encore la géographie.
L'citriRE ou Krksii. méritait à tous égards d'être traité avec quelques détails. Nous avons consulté pour le décrire les ouvrages de MM. Southej, Koster, Ma** , Eschivegc, prince de JF'ted-Neu<,viedy Schœffér, Freireis^ ffeech, (Iront, accompagné de notesde M. Navarrod'Andrada, et celui qui les vaut tous ensemble , la Relation historique des voyageurs bavarois Spix et Martius, que nous avons connus k Lisbonne, celles non moins remarquables de M. de Saint'Hilairec\ùe M. de Freycinet et la Corografia Hrazilicadu père Arres de Cazal; cette dernière, malgré ses grandes imperfections et ses erreurs, est encore l'ouvrage géographique le plus important que l'on ait publié sur cet empire; c'est une riche mine que bien des littérateurs exploitent dans le silence, se gardant bien de signaler au public le mérita de son modeste auteur, pour prolonger le profit de leurs plagiats ; cet ouvrage a
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été presque littéralement traduit par M. Henderson dans son Historj of the Brazil , qui n'est que la reproduction du travail du savant brésilien , avec quelque» remarques du voyageur anglais et quelques addition» relatives au commerce et à d'autres sujets.
Des Portugais qui ont été pendant long-temps à la tête des affaires du Brésil, et quelques diplomates que nous avons eu occasion de rounailreà Paris, nous ont fourni une foule de documens sur la géographie et sur la statistique de cet empire. Mous en avons déjà publié un grand nombre dans notre Estai statistique sur le royaume de Portugal, aiusi que dans plusieurs articles des Revues Britannique, Ency clopédique et autres écrits périodiques; d'autres ont tu le jour dans la savante relation du voyage de M. le capitaine de Freycinet.Li reconnaissance nous impose le devoir de nommer ici M. Joao Paulo dos Santos , lieutenant-colonel et professeur de mathématiques à l'académie militaire de Rio-de-Jaoeiro; feu M. le vicomte de San-F^nrenço, ancien ministre du Trésor au Brésil; M. SiUestre Pinheiro, ancien ministre des alTaiics étrangères au Brésil; M. le baron de PeJre-Branca , ancien chargé d'affaires du Brésil i Pans; et MM. de Cunka et marquis de Retende, qui lui oui succédé. C'est a leurs lumières et aux. secours qu'ils nous ont procurés, que nous devons la conuais»auce de beaucoup de faits importai», a l'aide desquels nous avons pu remplir bien des lacunes et éviter un plus grand nombre encore de méprises. Aussi notre tableau géographique de cet empire diffet e-t-il beaucoup de tous ceux qu'on a publiés jusqu'à présent dans les ouvrages les pins récens et les plus applaudis. M. Ferdinand Denis, qui a visité lui-même cette partie de l'Amérique-Méridionalc et public plusieurs ouvrages connus sur le Brésil et le Portugal, après nous avoir fourni divers reuseignemeus, a revu notre article avec soin. Nous saisissons cette occasion pour annoncer deux ouvrages dont nous avons été à mémo d'apprécier toute l'importance et que prépare depuis long-temps notre savant ami; nous voulons parler de ses travaux sur Us plùlosoplùe et la poésie des voyages, et de son livre sur les poésies de tous les peuples dans l'enfance de la civilisation.
La RtrcaLio L£ n*H\irv, par son importance politique et commerciale, par ses rapports intimes avec la France , et l'intérêt qu'inspirent les rapides progrès faits dans la civilisation par ses habitans presque tous d'origine africaine , nous a paru mériter quelques détails, malgré le plan rétréci de cet Abrégé. Les sources principales auxquelles nous avons puisé le* bits pour en tracer le tableau sont : les ouvrages de Moreait de Saint' i/crr, de Dotvo S.-ulattre, de James Barshett. de Placide Justin, de Macienzic, etc., etc. ; mais surtout ce qui nous a été du plus grand secours ce sont les renseigncintm précieux que nou.* devons à feu Y abbé Grégoire , ancien évoque de Rlois, et les communications non moins importantes que M. Mollien a bien voulu nous faire. Environné de tous ces secours, nous avons pu offrir pour la première fois à nos lecteurs plusieurs détails topographiques aussi curieux qu importait-, et les véritables divisions administratives de cet état, qu'on cherche en vain dans toutes les géographies , les dictionnaires et les tableaux statistiques Ici plus récens, où l'on ne trouve que les 33 arrumli*«cmcns militaires au lieu des 6 dépar'eineus dans lesquels tout le territoire de la république est partagé depuis sa dernière conslitutiou.
AMisiQcc-lxDiGÙfB-IaoÉpixoAiiTE. Les traités de géographie et tes dictionnaires de cette science ne consacrent jamais un chapitreott un article spécial sur cette vaste portion du >uu veau Monde, quoique les peuples qu'elle embrasse occupent de fait ou parcourent en maîtres dans toutes les directions , un espace que par des calculs approximatifs uous avons trouvé pouvoir être estimé à prés de 6,000,000 de milles carrés , c'est-à-dire à plus de la moitié de l'aréa de tout le Nouveau-Continent. Nous verrons aux pages 11 34 et 11 77, que quoique leur nombre ne soit pas le dixième de celui auquel des personnes étrangères à la géographie s latislique le faisaient monter, il est toujours assez considérable lorsqu'on le compare à la population totale du Nouveau-Monde. D'ailleurs, ce sont justement ces nations peu nombreuses qui offrent la partie la plus intéressante de la population indigène de ce vaste continent , partie à laquelle les recherches philologiques et ethnographiques , devenues de nos jours si importantes et si communes , ajoutent un nouvel intérêt. Ces motifs nous avaient engagé à lui consacrer un chapitre spécial dans notre Compendio di Geografia univcnale; nous espérions que notre exemple serait suivi par les géographes; nuis nous avons été trompé dans uolre espoir , et les amateure de la géographie , les
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philologues et tous ceux qui veulent connaître cette intéressante partie de l'Amérique sont encore obligés de chercher une à une les innombrables peuplades indépendantes , dans les descriptions des solitudes que les Européens et leurs descendans regardent comme faisant partie de leurs territoires respectifs. Le Wollstœndigts Handbuch dtr Erdbeschrcihung même, malgré ses gros et nombreux volumes , se borne dans l'introduction des deux Amériques à donuer plusieurs centaines de noms barbares , reovoyaut pour les détails aux chapitres cousacrés à la description des états différens. Nous avons exposé dans le texte nos moyens d'éviter les répétitions, qui, sans utilité auraient grossi notre Abrégé, sans négliger d'en donner tous les détails que nous croyions nécessaires pour mettre le lecteur en état de connaître les principales nations qui appartiennent à cette intéressante partie de l'Amérique.
La Patagonie qui , dans les limites assignées parles meilleures cartes et les plus récentes, offre une région physique des mieux tracées du globe, est encore une terre entièrement indépendante par le fait, et sur laquelle plusieurs natious contestent à tort aux Espagnols la droit de suzeraineté. Ces considérations nous engagèrent à en placer la description dans le chapitre de i'Amériquc-Indépendante-Indigènc, à laquelle, selon nous, on devrait aussi ajouter toute la partie du Chili qui s'étend au sud du Bobio. En effet , au-delà de ce fleuve les Chiliens ne possèdent que Valdivia et quelques établi&semens isolés ; la plupart des villes qu'ils ont autrefois fondées ont été détiuites par les Araucans, qui ont chassé de leur territoire ces incommodes voisins ; et quoique nos géographes , même les plus consciencieux , continuent à représenter sur leurs cartes et à décrire dans leurs livres Villarica et autres villes, leur existence n'en est pas moins fictive ; elles doivent disparaître de la géographie moderne ou actuelle , pour entrer dans le domaine de l'histoire de la géographie.
Amériqui* Coloniale. Les bornes de ce livre ne nous permettent pas d'exposer tous les motifs qui nous ont guidé dans la description des parties du Nouveau-Monde que nous avons ainsi appelées , parce qu'elles embrassent les colonies dépendantes des puissances européennes. Nous ne pouvons non plus indiquer toutes les sources auxquelles nous avons puisé. Nous nous bornerons seulement à faire quelques observations qui nous paraissent indispensables pour éviter les critiques qui pourraient nous cire adressées.
Le développement extraordinaire qu'ont pris l'agriculture , la population et le commerce dans le Haut et Ras-Canada , dans la Nouvel le-Écosse , le INouxeau Rrunswïck et autres parties de l'Amérique du Nord Anglaise, nous a paru devoir mériter quelques détails, ne fût-ce que pour attirer l'attention du lecteur sur des contrées que les géographes routiniers continuent à décrire encore comme à-peu- près désertes, tandis que des villes florissantes y rem place ut tous les ans d'anciennes forêts , que des canaux et des chemins maguiliques y traversent des contrées populeuses, naguère demeure de quelques faibles tribus sauvages, et que les forteresses, les arsenaux, les établissemens littéraires de tout genre et la publication régulière de plusieurs journaux annoncent l'activité d'un pays entièrement civilisé. Cette négligence de la part des géographes et des cartographes nous étoune d'autant plus , que depuis nombre d'années des voyageurs ont publié une foule de faits qui devaient éveiller l'attention des faiseurs de géographie*. Passant entièrement sous silence comme déjà connus de tout le monde les principaux ouvrages publiés sur cette partie de l'Amérique, nous ne mentionnerons que les trois suivans qui viennent de paraître à Londres : British America par John WGregor , The Canadas par Andrew PicXen, et T/ie Columbia River par Ross Cox. Nous ajouterons que M. M'dbtrt , dont nous avons parlé à la page ci, et M. Marshall, établi à Saiut-Jobn dans l'ile de Terreneuvc, ont bien voulu nous donner des éclaircissemens et des notes sur quelques parties de ces vastes contrées. Nous passerons sous silence, puisqu'on l'exige absolument, les noms de quelques autres personnes estimables auxquelles uous avons Ses mêmes obligations.
Nous avons déjà vu, en parlant de l'Europe, quels sont les savans qui ont bien voulu nous aider dans la description des autres contrées de l'Amérique-Coloniale. I es faits importans que nous avons exposés aux pages 1174 et 1 1 7 5 , justifient l'étendue que nous avons donnée à la description de l'ile de Cuba , à laquelle les géographes routiniers , en répétant les descriptions surannées, accordait à peine quelques lignes dans lesquelles ils ne nous apprennent rien de curieux et d'important , malgré les ouvrages remarquables pu-
A LA GÉOGRAPHIE
bliés dans ces dernières années par MM. de HumboUt , Huber, et le tarant article de la Revue Britannique où M. GaUbert, arec un talent remarquable, a su résumer tout ce qu'on avait publié de plus important sur cette colonie que tout bien pesé, nous n'hésitons pas à regarder comme la plus riche de toutes celles que les Européens ont fondées jusqu'à présent. A la page x 1 8a nous avons mentionné le savant et modeste statisticien qui a de main de maître rassemblé et coordonné tant de documens précieux sur ce magnifique
Océanie.
Un peu plus grande que l'Europe, mais composée d'un nombre presque infini d'iles éparses sur plus de la moitié de la circonférence du globe; offrant le plus petit de ses continens et la plus grande de ses îles; ne présentant au géographe que des pays inconnus dans l'intérieur des grandes terres, et une foule de petits états dans celles d'une médiocre étendue; rOcéante demandait un plan de description tout particulier. Suivre autant que possible les grandes divisions géographiques, sans négliger entièrement les divisions politiques; conserver les synonymies généralement adoptées, sans laisser ignorer les noms véritables imposés par les naturels aux terres qu'ils habitent, et ceux que les premiers naviçatetirs leur ont donnés; rattacher aux archipels principaux les nouvelles îles découvertes de nos jours, et imposer aux nouveaux groupes des noms nouveaux, demandés par l'état actuel de la géographie de cette partie du monde : voilà les difficultés principales qu'il fallait vaincre, indépendamment de celles qui sont inséparables de toute description géographique. C'est aux géographes studieux, qui suivent les progrès de la géographie de l'Océanie, a juger jusqu'à quel point nous avons pu atteindre le but que nous nous sommes proposé. Quelques observations générales, et l'indication de quelques ouvrages sont indispensables pour faire connaître au lecteur le plan de notre travail et les sources principales où nous avons puisé.
Ce que nous avons dit dans le chapitre vin* et à la page ia34, nous dispense d'ex* poser les motifs qui nous ont engagé à employer indifféremment , dans la description de cette partie du monde, les dénomination* $ Océanie et de Monde-Maritime. Mais ayant été obligé, comme nous venons de le dire, de grouper plusieurs terres , et nos groupes •'"graphiques se trouvant parfois différer entièrement des divisions généralement reçues ou proposées par quelque savant géographe, nous croyons indispensable de dire un mol à l'appui de celles que nous proposons, pour classer avec clarté, et d'après une méthode scientifique , les innombrables Iles du Monde-Maritime.
L'ethnographie et la géographie politique nous obligeaient à siibdi\iscr en trois parties la grande chaîne d'iles qui s'étend depuis l'extrémité occidentale de Sumatra jusqu'à Pile de Timor; nous en avons fait trois groupes, que nous avons nommés groupe de Sw matra , groupe de Java et archipel de Sumbav a-Timor. Nous avons pis le détroit d'Alias pour le point de séparation entre le groupe de Java et l'archipel de Sumbava-Timor , parce que Bali, formant incontestablement partie du groupe de Java , il n'en fallait pas séparer l'île de Lombok. , qui en dépend sous le double rapport géographique et politique. D'ailleurs, c'est aussi ce point que M. Crawfurd a choisi pour partager en deux parties cette longue chaîne d'iles. Fidèles aux principes que nous nous sommes imposés toutes les fois que nous devions faire quelque nouvelle division géographique, nous avons nommé archipel Sumbava-Timor, le troisième groupe, en composant son nom de ceux de ses deux îles princ pales.
Dans le grand an hij>el des Moiuques , nous avons proposé de former un groupe des Moluques proprement dites, en rattachant ces petites îles à celle de Gilolo. et de le nommer groupe de Gilolo, pour donner à la partie un nom diflérent du tout, cl pour suivre, à l'égard de ce groupe, le priocipe qui doit guider le géographe dans la dcuouii-
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nation des groupes el des. archipels. Giloio, en effet, surpassa àt beaucoup toutes les autres îles voisines. C'est pour ne pas reuverser tes divisions administratives existante* de|Miis long-temps, que nous avons cru devoir négliger les divisions géographiques, à IVgard de quelques îles encore peu importantes, que les géographes hollandais classent parrui les dé|>eudauces du petit groupe de Hauda, sous les noms de Ites du Sud-Est et Mes du Sud-Ouest. Celle dernière chaîne surtout offre de grandes interruptions. Il nous semble qu'il serait beaucoup plus convenable de classer ses îles avec l'archipel de Sumbava-Timor , dont elles sont évidemment une dépendance géographique, iudiquée par la position des îles Wetter, Letli, Moa, Lackar et Sermatta.
Nous aurious préféré ranger V archipel de Nicobar parmi les dépendances géographiques de la grande île de Sumatra; mais en le laissant en Asie et en le rattachant aux. île* de l'Iode Transgangétique , nous avons voulu accorder quelque chose aux géographes routiniers, qui n'auraient pas manqué de pousser les hauts cris coutre une si grande innovation.
Nous avons réuui , sous le nom d'archipel Mouniii'Volcanique , toutes ces îles éparscs, don! plusieurs forment Y archipel de Magellan de quelques géographes; déuoniiuatiou nouvelle peu heureuse, que nous avons cru ne devoir pas conserver. Nous avons compote la nôtre du nom de Mounin (Honiu), sous lequel M. Abel-liému&al et ensuite M. Klaproth ont fait couoaitre les premiers les seules îles habitées de tout cet archipel, el nous v avons joint celui de Volcanique. , pour rappeler le Irait physique principal des iles qui foi meut le groupe de ce nom, dont plusieurs ont des volcans. Le groupe oriental et le groupe occidental out reçu leurs uoms de leur position, relativement au\ autres iles de cet archipel. Nous avons Jéjà expliqué du us le texte de quelle manière nous croyons pouvoir concilier l'opinion du savant marin anglais, M le capitaine Beechey. qui nie l'existence des îles Mounin -Si ma , el celle des illustres orientalistes que nous venons de citer.
Le grand nombre d'iles découvertes dernièrement depuis l'archipel de Palaos (Pelew) jusqu'à ceux de Vili (Fidgt) el des II «moa (des Navigateurs), permettent , jusqu'à un certain point, de les regarder , si l'on veut, comme ue formant qu'un seul archipel. Mais la science exige des subdivisions méthodiques pour aider la mémoire, pour faciliter l'intelligence des anciens voyages et des descriptions publiées par les navigateurs modernes, comme aussi pour éviter la confusion inévitable dans la description d'un si grand nombre d'iles, rep indues sur un si vaste espace de l'Océan . habitées par tant de peuplades différentes et offrant, dans quelques il»**, de graude* différences sous le double rapport ph) siqueet moral. Nous avons pensé qu'il fallait en former plusieurs archipels, el nous avons nommé .4rchipcl*Central tous ces groupes d'iles qui , sous différentes dénominations, occupent te reutre de la Polynésie, et dont la direction priucipale , étant du nord au sud , est diamétralement opposée à celle de la grande chaîne des Caroline* , avec lesquelles on persiste à les ranger
Nous avons fait disparaître de notre Océauie V archipel de Jloggctvcitt , que quelques géographes, peu au courant des progrès de la science, s'obstinent encore à tracer sur les cartes de cette partie du monde. L'important voyage de M. Kol/.ebue et les savantes discussions de M. de Krusensteru . ont démontré la oon-exislenre de cet archipel , du «noius dans les parages où il devrait exister, d'après les calculs des plus sa vans géographes modernes.
Nous avons étendu la dénomination de Sporades à toutes les iles de la Polynésie, que dans Pélat actuel de la géographie nous avoos cru devoir ne rattacher à aucune de ses divisions principales. Malte Brima été le premier à proposer ce nom si sonore et si con- \euable pour les iles éjwrses de l'hémisphère austral. Dès l'année 1816, nous l'avons étendu , dans notre Compendio di Geugrajia , à toutes les iles éparscs qu'on connaissait alors dans l'hémisphère boréal. Il serait à désirer qu'en géographie, comme dans les autres sciences, on fut moins difficile à rejeter d'anciennes classification»- . qui entravent plutôt qu'elles ne faeilitent la marche de celte science, et qu'on adoptât toutes les innovations qui portent les marques évidentes de leur utilité.
Les autres archipels ne nous paraivwnt exiger aucune observation importa nie pour tout lecteur qui voudra suivre la description de notre Ovéanie sur de» cartes, où l'on trouve déjà placés tous les résultats des plus récentes explorations dans cette partie du globe.
A LA GKOT.RAinnK.
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Mais , nous ne garantissons pas que les groupes que nous offrons aujourd liui ne puissent être modifiés dans quelques années par les conquêtes géographiques que de nouvelles explorations peuvent amener. Un seul exemple suffira pour donner une idée des immenses variations auxquelles est sujette cette partie delà géographie. V archipel actuel de Pattmotou ondes Iles-Basses, correspond aux trois archipels distincts dans lesquels les géographes partaient celte partie de la Polynésie, savoir : YAnhipeUMéridional, YArcliipel- Dangereux de Rougainville , et Y Archipel de la mer Mawaise de Srhoutten. Mais la dé* couverte d'un grand nombre d'îles faite depuis une trentaine d'années par Wilson, Kotzeboe, Bellinghausen , Dnperrey, Becehey et autres navigateurs, ont rempli les intervalles qui séparaient ces trois archipels, et obligé le géographe à les réunir dans un seul, sous la dénomination A' archipel des Iles-Basses, nom qui est très approprié a la nature de ces ile?, toutes presqu'à fleur d'eau , et entrant dans la classe des attuloits. Les découvertes nouvelles qui se succèdent si rapidement nous font même penser que les vides qui séparent aujourd'hui les Sporades pourraient bien se remplir da us quelques années. Bientôt peut-être il faudra former un nouvel archipel des îles qui s'étendent au sud de Tahiti et de l'archipel Paumotou, depuis l'île Rimatara jusqu'à celle de Ducie. Situées tontes sous le tropique austral, ou à une très petite distance, elles forment une chaine d'iles presque toutes hautes , dirigée de l'est à l'ouest , que nous proposerions de nommer archipel du Capricorne. Cet archipel embrasserait par conséquent le groupe de Ton» bouai , décrit a la page 1x77, e* '** Pitcairn, Pâques et Sain, ainsi que le groupe de Gambier, compris dans les Sporades Australes et décrites aux pages 138a et 118 5. Nous entrevoyons encore la composition probable d'autres archipels; mais il serait trop long d'en parler ici.
L'bUloire de Sumatra du célèbre orientaliste Marsden , celle de Jasa de Raffles , le mémorable ouvrage de M. Cra*furd sur les îles de l'Archipt-l-lndien ou de la Malaisie, YEast-lndta Gazetteer de M. Ha mi lion , qui offre nu excellent résumé de tout ce qu'on a publié de plu* authentique et de plus important sur la Malaisie; la statistique des Philippines de M. Tkom. Comyn et l'ouvrage remarquable que M. le comte de Hogendorp a publié en r83o sous le titre modeste de Coup-d'OEil sur Vile de Java, etc., sont les sources principales ou nous avons puisé pour la description de l'Océanie-Occidentale. lies documens important, que nous devons à l'obligeance de M. le baron Fan der Cappellen, avant dernier gouverneur général de l'Océanie- Hollandaise , et de M. Schneiter, secrétaire général à Batavia , nous ont mis à même d'améliorer la géographie politique de ces belles contrées. De même, un aperçu statistique sur l'Océanie- Portugaise, rédigé par un des derniers gouverneurs de Timor, et quelques précieux renseignemens que nous devons i l'obligeance de M. le capitaine Freycinet, snr l'île de Timor et sur celles qui l'environnent, nous ont permis d'offrir l'état actuel de la géographie de cette partie de la Malaisie, traitée jusqu'à présent si imparfaitement dans toutes les géographies. Nous devons aussi ajouter que nous avons de grandes obligations à un v oyageur célèbre, M. Domenyde Bienzi, qui , dans ses longs et nombreux voyages , a parcouru les cinq parties du monde, où il a fait de savantes découvertes historiques, anthropologiques et archéologiques, et d'où il a rapporté plusieurs objets précieux , acquis depuis un naufrage qui a privé le monde savant d'une des plus riches collections qu'un voyageur eût encore formée. Dans le corps de l'ouvrage nous avons toujours signalé au lecteur tout ce que nous devons à cet intrépide expl orateur.
L'ouvrage de Brosse, si remarquable pour l'époque à laquelle il a paru, et ceux de Fteurieu , de Burney et de Krusenstern , mais surtout celui de ce dernier , nous ont été d'un grand secours pour tout ce qui regarde les généralités du Monde-Maritime, et partieuhemnent de la Polynésie. Pour la description des autres parties du Monde-Maritime, nous avons consulté surtout les ouvrages de LoU'tns, Wcntworth , Cunningham, Oxley , Evans pour le Continent-Austral ou l'Australie proprement dite et pour la Diemeuie (Van-Diemen) ; et les voyages maritimes de Forest, Dompter, Cook et Forster, Bougaiit ville, La-Pérouse, D ' kntrecasteaux , Wilson, Delano, Krusenstern, Flinders, /Vrnn , Bellinglimuen, Freycînet, Kotzeboe et Chamisso , Dnperrey , Kitig , DttrvUlt , K°ffî» *tc <> etc., pour le Continent-Austral, pour la Diemenie et pour les autres terres 4e l'Australie ou Océanie - Centrale; les descriptions de Marsden et Edwardton
I INTRODUCTION
]x>ur la Nouvelle-Zélande ; à'Ellis et de ses sa vans collaborateurs pour la Polyuésie et s|m> rialcment pour les archipels de Sandwich et de Tahiti ; de Mariner pour ceux de Tonga et de Viti. Nos liaisons d'estime et d'amitié avec plusieurs officiers et savans qui ont fait partie des expéditions mémorables de MM. Freycinet, Dtiperrey el Durville et de celle de M. Helhnghausen , nous ont valu la cotiuaissauce d'une foule de faits curieux el importai», qui out trouvé place dans la description de celte partie du monde. Nous nommeront entre autres, MM. Gapnar, Le non et Garnot, parmi les Français, et M. Simonojft parmi les Russes. La justice et la reconnaissance eiigeul même un aveu de notre part ; c'est que nous devons à l'obligeante amitié de M. Jutes de Blosseville, officier de la marine ravale , la correction de quelques inexactitudes qui nous étaient échappées dans la rédactiou de cette partie de notre Abrégé , dout il a revu les épreuves en y ajoutant plusieurs rcjiseignemens, qu'on trouve rarement dans les ouvrages déjà publiés et qui sont le résultat de ses observations Incales et des longues recherches auxquelles il s'est livré pour connaître l'état social des intéressantes peuplades du Monde Maritime. Nous avons déjà signalé dans le texte les nombreux emprunts que nous avous faits au frère de ce marin, à M. Ernest de Blosseville f dont l'ouvrage récemment public sous le tiire A Histoire des colonies pénales de t Angleterre dans l'Australie , offre le résumé de tout ce qu'on sa tait de plus important et de plus positif sur la géographie du Continent-Austral et sur la Diemenie jusqu'en i83i , époque de sa publication. Le même écrivain a hieu voulu revoir et enrichir de notes notre description de l'Océanie-OnlraJe.
Telles sont et l'expo>.ition du plan et l'indication fidèle uVs sources nombreuses auxquelles on a puisé pour rédiger cet Abrégé de géographie. Nous n'avons pas la prétention ridicule de croire que tout ce que notre livre contient soit exempl d'erreurs; mais nous avons fait tous nos efforts pour arriver à toute l'exactitude que comporte un sujet aussi vaste, et qui embrasse une infinité de détails si différens et si variables. Nous y avons consacré dix ans de recherches; nous pouvons même dire que la plus grande partie de notre vie n'a été employée qu'à nous préparer à sa composition. Nous prions ceux de nos lecteurs qui douteraient qu'un seul volume contienne réellement tout ce que nous venons d'exposer, et cela avec assez de détails pour ne pas nuire à l'intelligence des différens sujets qui y sont traités, de vouloir bien comparer chacun de nos articles de la géographie générale et particulière, nos descriptions des villes les plus importantes, avec les articles et les descriptions correspondans qu'on trouve dans tous les traités de géographie et les dictionnaires géographiques. Presque tous nos articles généraux ont été pour nous l'occasion de nous livrer à de longues et pénibles recherches; ils ont été trouvés tellement neufs et importans, que des juges éclairés les ont fait figurer dans les recueils périodiques les plus estimés de la capitale de la France. Aussi la nouveauté du plan de cet ouvrage, l'état encore imparfait de la science qu'il traite et la célébrité dont jouissent depuis long-temps des géographies placées entre les mains de tout le monde, exigeaient de notre part J'cvposc raisonné que nous venons de faire, quelque disproportionné qu'il piU paraître avec l'étendue du livre qu'il devait précéder. D'ailleurs, en rédigeant cette introduction, notre but était non-seulement de coordonner les observations critiqties répandues dans le corps de l'ouvrage pour signaler l'état actuel de la science, mais aussi de résoudre le problème récemment proposé par la Société royale de Géographie de Londres f) , en détcrminaul
(*) Aq F.ssay on tbe actti.il sîate of Gcograpliy in ita Tarious départaient* , ilistingtii-lting the knnvrn frora tbc unkoown, and showing what ba» bcen, and what romains to be doue io order to render it an eurt Science; toçether wtth an indication of tbc bot procrées to be adopted io order to »upply tlie scrcral desiderata.
A LA GÉOGRAPHIF
c:ix
les limites de la science du géographe , en signalant tout ce que nous connaissons de positif en géographie, en indiquant tout ce qui est douteux et tout ce qui nous reste encore à connaître. Aussi aurions-nous obtenu la plus belle comme la plus honorable récompense de nos longues études géographiques, si notre livre, jugé par le tribunal le plus compétent , était trouvé digne du prix décerné à la solution de ce problème aussi diflicilc qu'éminemment utile.
Bien différent de ces auteurs qui , comptant sur une célébrité justement acquise par la publication d'ouvrages étrangers à la géographie, et de certains autres qui , saus avoir même ce précédent avantageux , osent aborder un sujet si vaste et si difficile sous la seule garantie de leur nom, nous avons préféré suivre l'exemple que nous donnaient des hommes éminemment savans, des célébrités universelles, les llumboldl, lesCuvier, les Ritter, les Heeren, les Malte-Brun , etc. , en citant à chaque pas les sources auxquelles nous puisions. Oubliant que trente années d'études spéciales et une quinzaine d'ouvrages géographiques ou statistiques favorablement accueillis par le public nous donnaient peut-être le droit de compter sur nos propres forces, nous n'avons vu devant nous que l'immensité du sujet que nous embrassions et toutes les difficultés que nous opposaient ses innombrables détails pour les traiter convenablement. Nous avons imploré le secours des savans qui avaient bien voulu nous aider dans la composition d'autres ouvrages, et, comptant toujours sur cette aménité de caractère, sur cette exquise politesse sociale qui , dans tous les temps et dans tous les pays, ont si justement recommandé le nom français, nous nous sommes adressé à un grand nombre de savans et de personnes distinguées de la nation dont nous empruntions la langue, et nous en avons obtenu la plus généreuse coopération. Nous nous plaisons ici à avouer que c'est à l'assistance désintéressée de tant de Français et d'étrangers estimables que nous devons l'avantage d'avoir pu éviter une foule d'erreurs qui déparent les meilleurs ouvrages de nos prédécesseurs; que c'est à leurs lumières que nous sommes redevable de tout ce que notre livre offre de moins imparfait; que c'est enfin à eux qu'appartient le mérite de nous avoir mis en état d'offrir le tableau le plus complet de la Terre qu'on ait encore rédigé , autant que le comportent le plan restreint de cet ouvrage, l'état actuel de la géographie, les temps difficiles où nous vivons, et l'éloignement immense qui sépare le géographe de certaines contrées. Nous prions tous nos généreux et savans collaborateurs de vouloir bien recevoir ici l'hommage sincère de notre vive reconnaissance.
Mais il nous reste encore à faire un aveu aussi important que délicat, et nous nous y décidons avec d'autant inoins de répugnance que la justice et notre reconnaissance envers nos savans collaborateurs nous en font un devoir. Pressé par des considérations d'intérêt , nous avons communiqué notre travail manuscrit sur l'Asie, l'Afrique, l'Amérique et l'Océanie à M. Uuot, chargé de rédiger la partie descriptive de l'Ai>régé de Géographie de Malte-Brun. M. Huot ayant négligé de faire connaître cette circonstance, nous sommes forcé de la révéler nous-mêmes au public. En effet, son Abrégé contenant une foule de divisions géographiques et administratives, de dénominations nouvelles et un grand nombre de faits qui nous appartiennent, la priorité de la publication de cet ouvrage pourrait nous faire injustement et faussement soupçonner d'avoir emprunté à cet estimable
INTRODUCTION
auteur, sans le citer, des faits qui sont réellement le fruit de nos propres recherches D'ailleurs le lecteur judicieux qui confrontera les deux ouvrages verra facilement que, riches de notre fonds et des contributions bienveillantes de nos savans collaborateurs, nous n'avions aucune raison d'être plagiaires. Et puisque ce mot nous ramène sur un sujet si délicat, nous saisissons cette occasion de publier une réclamation aussi légitime que fondée, réclamation que nos seules occupations nous avaient empêché de faire jusqu'à ce jour.
Dès qu'un ouvrage a été publié, l'usage en appartient au public, c'est ce que chacun sait; mais la propriété en reste à l'auteur, clest ce que quelques personnes paraissent ignorer. Si les emprunts avoués sont pour lui la récompense la plus flatteuse qu'il puisse retirer de ses veilles, il n'en est pas de même des emprunts clandestins. Ceux-ci tendent manifestement à le dépouiller, au profit d'autrui, de ses droits aux suffrages de la partie du public, fort nombreuse de nos jours, qui est avide de lumières, mais non assez éclairée pour pouvoir connaître et confronter tous les ouvrages successivement publiés sur la même branche de connaissances. Or , n'est-il pas fâcheux pour un auteur consciencieux et original , qui a toujours soin d'indiquer les autorités d'après lesquelles il écrit, de se voir ravir ainsi le fruit de ses veilles par des personnes peu délicates, qui tantôt ne rougissent pas de copier à la lettre ses calculs et ses déductions, et tantôt, afin de déguiser leurs larcins, dénaturent les faits qu'elles lui ont pris? Absorbé par la quantité innombrable de recherches et de calculs qu'exigeaient la rédaction de cet Abrégé et celle de nos tableaux de statistique comparée , nous avons eu la douleur de reconnaître souvent dans des ouvrages de la nature la plus différente l<*s résultats de nos longues veilles, sans qu'on indiquât la source à laquelle on les avait empruntés, et sans que nous eussions la possibilité de réclamer contre cet attentat. Nous avons même vu l'injustice et la malveillance de certains écrivains portée au point d'attribuer nos travaux à des auteurs imaginaires pour nous frustrer de l'honneur qui nous était dû , ayant été les premiers à publier des docuinens officiels jusqu'alors inconnus , et dont on savait tirer un si grand parti. Ici nous nous plaisons à rendre justice à ces estimables auteurs qui, préférant les progrès de .la science et la vérité à une gloire usurpée, ont eu la délicatesse de signaler toujours les emprunts qu'ils nous ont faits, et que nous regardons comme une honorable récompense de nos travaux. Nous nous bornerons à citer les savans et consciencieux rédacteurs du Companion to the Almanac, et l'éditeur du Dictionnaire classique et universel de géographie moderne, ou- „ vrage que, malgré ses imperfections, nous n'hésitons pas a proclamer comme le meilleur en ce genre, parce que, M. Hyacinthe Langlois ayant indiqué à la fin de chaque article la source à laquelle il a puisé pour sa rédaction , ce Dictionnaire offre aux personnes, qui ne sont pas étrangères À l'histoire de la science, le moyen d'en apprécier la valeur et l'exactitude^ Rentré bientôt dans notre patrie, nous espérons être en mesure de suivre les progrès de la géographie, pour tenir toujours notre livre au niveau de la science, et en même temps surveiller notre propriété littéraire. Indépendant de tous les partis, complètement étranger à la politique, toujours prêt à louer nos rivaux et même nos ennemis, nous avons peut-être acquis le droit décompter sur la justice, l'impartialité et lin
A Là CÉO(,RÀl>HfE.
diligence des auteurs des journaux et des revues, qui nous ont donné si souvent des preuves de bienveillance. Nous attendous beaucoup de ces hommes courageux , véritables distributeurs de la gloire, ennemis du charlatanisme et de l'injustice, pour conserver les droits imprescriptibles et sacrés de la propriété littéraire. Né sur le sol de l'Italie, nous avons habité la France durant la meilleure partie de notre vie, et c'est dans sa langue qu'ont été publiés nos ouvrages les plus importans. En la quittant , nous avons \oulu lui laisser par cet Abrégé un souvenir de notre reconnaissance pour la noble hospitalité qu'elle nous a donnée. Nous mettons ce travail , que tant de recherches et de sacrifices ont tendu à rendre digne du but élevé dans lequel nous le rédigions, sous la protection des lois, des magistrats civils et des magistrats littéraires. Nous sommes persuadé qu'à labri de leur puissante cgide, nous n'aurons rien à craindre de ces plagiaires, de ces contrefacteurs qui déshonorent la république des lettres, entravent les auteurs consciencieux dans leurs travaux et font reculer les sciences où ils osent s'ériger en maîtres.
Nous insistons d'autant plus sur ce sujet que ce n'est point ici notre propre cause que nous défendons : n est-elle pas celle de l'éditeur consciencieux et éclairé qui nous a si généreusement offert son concours, et qui, ne reculant ni devant des sacrifices sans nombre, ni devant les lenteurs inséparables d'une semblable entreprise, a consacre malgré les temps les plus difficiles de grands capitaux à l'exécution de cette œuvre? N'est-elle pas aussi celle de nos nombreux collaborateurs , qui ont mis généreusement à notre disposition les précieux documens qu'ils avaient recueillis soit dans leurs voyages, soit dans leurs études? Or, celui qui emprunte des fragmeiis à notre ouvrage sans le citer, commet souvent un double plagiat, parce qu'il frustre à- la-fois et l'auteur qui a fourni ses observations et celui qui les a coordonnées , en même temps qu'il prive le public des moyens de pouvoir recourir aux sources primitives. Cette dernière circonstance est tellement importante en géographie, que presque tout ce qui n'est pas appuyé par des témoignages authentiques ou par des auteurs assez renommés pour faire autorité, n'a droit à aucune confiance. Que l'on ne trouve donc pas étrange que celui qui a si long-temps médité sur cette branche des connaissances humaines insiste sur ce point. Nous défendons a-la lois la cause de nos collaborateurs, l'intérêt de la science et la seule propriété que nous aient créée nos longues veilles; car, comme Bias, nous pouvons dire en quittant la France, omnia mecum jtorto ; en effet, nous ne rougissons pas de l'avouer, la réputation que nous ont value nos ouvrages est tout ce que nous possédons après avoir consacré notre vie entière à l'étude , et avoir employé dix ans à élever, aux dépens de notre santé, de notre fortuoe et de notre carrière civile, l'édifice géographique que nous livrons au public.
d'apkèa