PÉNINSULE ORIENTALE
Nous proposons de réunir sous cette dénomination purement géographique toutes les contrées que les géographes routiniers continuent encore à désigner sous le nom impropre de Turquie d'Europe. Les Turks , nation d'origine asiatique, sont étrangers à ces pays qu'ils n'ont jamais entièrement soumis à leur domination , et où, depuis seulement quatre siècles environ, ils sont campes plutôt qu'établis; leur nombre est de beaucoup inférieur, non-seulement à la totalité de tous les autres habitans , mais il l'est -même à celui des peuples compris dans la souche grécolatine. D'ailleurs , une assez gr ande partie de ces pays vient de se soustraire tout-à-fait à leur domination , une autre encore plus considérable n'est
plus que vassale du sultan, et il est défendu aux Turks de s'établir sur son territoire. Tous ces motifs nous ont engagé à réunir ces pays sous une dénomination qui , prise dans la nature même, n'offre aucun des inconvéniens qu'on peut reprocher aux autres. Nous avons réuni comme une dépendance géographique de cette grande péninsule ouverte (voyez à la page 17) les trois groupes d'îles qui forment la république des Iles Ioniennes, malgré son entière indépendance de l'empire Ottoman et les liens étroits qui l'attachent à la monarchie Anglaise. Nous ne devions pas la joindre à la description de cette dernière comme l'ont fait plusieurs géographes célèbres, et il n'était pas convenable non plus de laisser isole ce petit état, qui, par sa position , par la langue et la religion de ses habitans, tient si étroitement à la Grèce. Afin d'éviter les répétitions, et pour ménager l'espace, nous réunirons dans quelques articles généraux , comme nous l'avons fait pour l'Italie et d'autres régions , tout ce que la géographie physique et politique de X empire Ottoman, du nouvel État de la Grèce, des principautés vassales de Servie, de Valachie et de Moldavie, et de la république des Iles Ioniennes offre de plus important.
POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale, entre i3° et 27°- Latitude y entre 35° et /48°. Dans ces calculs on a compris les îles regardées comme dépendances du Continent Européen.
DIMENSIONS. Plus grande longueur : depuis Constantinoplc jusqu'à l'extrémité nord-ouest de la Croatie Ottomane, 6t.i milles. Plus grande largeur : depuis le Prulh , à lest de Jassi , jusqu'à Dragomestre vis-à-vis l'île de Teaki , 600 milles.
CONFINS Au nord, les Confins Militaires de Croatie, de Slavouie, de Hongrie et de Transylvanie , et la Bukovine, contrées comprises dans l'empire d'Autriche, ensuite la Bessarabie appartenant à l'empire Russe A Yest, la Bessarabie, la mer Noire, le détroit de Constantinople, celui des Dardanelles et l'Archipel. Au sud, la mer de Marmara, l'Archipel et la Méditerranée. A Youest, la mer Ionienne, le canal d'Otrante, la mer Adriatique et l'empire d'Autriche, c'est-à-dire le royaume de Daîmatie et les Confins Militaires Croates.
montagnes . On peut ranger toutes les montagnes de cette partie de l'Europe dans deux systèmes principaux : Le système Hercynio- Carpa t/iien, auquel appartiennent toutes les hauteurs qui s'étendent au-delà du Danube dans la Valachie et la Moldavie; elles se trouvent presque toutes sur la frontière du côte de l'empire d'Autriche. Le sy stème Slavo-Hellénique ou des Alpes Orientales qui embrasse toutes les autres; le point culminant de la chaîne principale de ce dernier est le Tchar-dagh , dont on estime l'élévation à 1,600 toises; c'est aussi le plus haut sommet de toute cette vaste région. Voyez pour les détails aux pages 89, 90, 91 et 9?..
VLJB&. Les Turks ne font aucune distinction entre les des qui appartiennent à l'Europe et celles que nos géographes placent en Asie. Pour éviter les répétitions, nous renvoyons aux articles Divisions administratives et Topographie des états compris dans celle division; ici nous nous bornerons à nommer les Iles Ioniennes, dont l'ensemble forme la république de ce nom; l'île de Candie, qui est la plus grande; celle de Nègre po nt , qui vient après, et les nombreuses îles qui, en différens groupes, forment ce qu'on appelle V Archipel.
lacs et LAGUNIS. Le plus grand de tous est le Rasclm ou Ras-
sein dans le pays des Turks Doubroudjis, au sud des embouchures du Danube : ce n'est à proprement parler qu'une vaste lagune. Viennent ensuite les lacs de Scutan'on Zente , à'Ochrida et de Janina dans l'Albanie ; ceux de Kadaka , de Yenidje et de Betchik dans la Macédoine; de Tapolias dans la Grèce Orientale. On pourrait ranger parmi les lagunes celles de Mtssolonghi dans la Grèce Occidentale, qui ont fait donner à cette ville I épitbéte de Prtite-V mise , à cause de leur ressemblance aux lagunes qui environnent la magnifique capitale de la ci-devant république de Venise.
VUQ A l'exception du Danube et de la Maritza , tous les fleuves de cette région ont un cours peu étendu. Nous nous bornerons donc à tracer le cours des plis grands, en les classant d'après les cinq mers auxquelles ils aboutissent, et en négligeant entièrement les courans très petits quelle que soit d'ailleurs leur grande célébrité. Cest dans la géographie ancienne comparée à la moderne, qu'il faut chercher la description de YAclwron , de Ylnachus, du Céphise qui franchissait les murs de Pirée, de l'autre Céphise qui arrosait la Phocide et la Béotic , et d'une foule de petits courans dont les noms retentissent dans l'antiquité. Cette remarque doit s'étendre aux lacs et marais si remarquables dans la mythologie et l'histoire de ces pays classiques,
U MER NOIRE reçoit :
Le Davube, qui est le second fleuve deTEurope.il vieu t de l'empire d'Autriche, et a vec la Sava et l'Unnail irace la frontière de l'empire Ottoman et des Etats qui
de l'empire Ottoman et des Etats qui en sont < le long des limites des empires d'Autriche et de Russie. Le Danube passe par Belgrade el Semendria dans la principauté de Servie; par Vidin, Nicopoli, Sistow, Roustcbouk, Silistrie, Rasova, Hirsova, Matchin, Isa oh i et Tnltcha dans l'empire Ottoman; ïurna visà-vis Nicopoli, Ghiurgevo vis-à-vis Roustcbouk et Brahilov dans ht principauté de Valacnie, et Galatz dans la Moldavie; après avoir formé un vaste délia nommé Bogasi , ce grand fleuve entre par plusieurs branches dans la mer Noire. Par le traité d'Aadrinople ce n est plus la branche nommée Soûlote, regardée comme la principale, qui forme la I imite du côié de l'empire Russe , mais celle plus méridionale nommée de Saiht-George. Le* pnocipaux affluens du Danube à la droite sont : la Sa t> a , qui vient de l'empire d'Autriche , passe par Gradisca ou Bebir et Brod dans l'empire Ottoman, par ScbabaU dans la principauté de Servie, où à Belgrade elle entre dans le Danube; la Sava reçoit à la droite YUnna, qui baigne Bihach, Novi el Dubitza dans la Croatie Ottomane; la Verbas ou Verbitta , qui passe par Jaitie et Banialouka dans la Bosnie; la Bosna, à laquelle appartiennent la Miçliatza ou Melaska qui passe par Bosna-Seraï et un autre courant qui arrose Trawnik; enfin la Dr'ma, qui passe par Foczia en Servie, Visegrad et Zwornik en Bosnie; la Morawa, formée par deux branches principales : 1 Occidentale qui tiaverse la Servie» passe par Krucbewatz et est grossie par plusieurs courans qui descendent des monts Glubotin; et Y Orientale qui passe par Nova-Berda et reçoit la Nissan qui vient de la Bulgarie et arrose Nissa; Ylsker, qui passe près de Samakov, si importante par ses mine» de fer, et à quelques milles de Sophia ou Triaditza, dans la Bulgarie. Les principaux affluons du Danube à la gauche sont : le S y II ou Se h y II, qui iravcrse la Petite-Valachie ou la Valachie-Occidentale, en passant par Krajo va ; VOlt ou Alouta, qui vient dr la Transylvanie dans l'empire d'Autriche , traverse la Valachic, arrose Rimnik; c'est à son bassin qu'appartient la riche mine de sel dH)knamare; YArdjs, qui est grossi « la gauche par la Dumbrovitza , qui traverse Bukarest; la Jalonitza, qui passe par Tergovist; le Seret, qui vient de la Galicie dans l'empire d'Autriche, traverse la principauté de Moldavie, en passant par Bakou; c'est à son bassin qu'appartiennent les riches mines de sel exploitées à Okna dans cette principauté; enfin le P ru t h , qui vienl également de la Galicie, sépare la principauté de Moldavie de la province russe de Bessarabie , et baigne Faltsi; cet affluent est grossi k la droite par le Bagltti, qui passe par Jassi. Voyex aux pages ai5 et /,«».
L'ARCHIPEL reçoit:
La MARiiXA.qui est le fleuve le plu* considérable; elle prend sa source dans le mont Egrisau. Ce fleuve traverse la Romélie proprement dite, arrose Talar-Bazardjik , Philippopoli et Adrianople, et se partageant en deux branches vers l'extrémité de son cours, il se rend dans l'Archipel ; sa branche orientale débouche dans le petit golfe d'Enos. L Arda est son principal affluent à la droite; ses principaux affluens i la gauche sont: la Tundj a, qui baigue Kasanlik et reçoit elle-même un autrecourantquipas.se par l'importante ville deSelimno; VErkenê ou Ergené, qui arrose Djesr Erkené.
Le Karasoc ou Strouma, dit aussi Marmara; ce fleuve descend du mont Argentan) et traverse ia Macédoine Orientale; c'est à son bassin, encore très mal connu des géographes, qu'appartiennent Dupindja, Guisteudil et Seres; ce fleuve débouche dans le golfe d'Orphano ou de Contessa , après avoir traversé le lac Kadaka. Pour éviter les répétitions et les méprises nous ferons observer qu'il y a un grand nombre de romans d'eau désignés par le nom de Kaposou, composé de deux mots turks qui signifient eau noire , parce que les Turks ont donné cette dénomination à toutes les rivières dont le lit est profond ou dont l'eau est trouble , pai opposition aux rivières qui n'ont que peu de profondeur ou dont l'eau est limpide; ils appellent ces dernières Ak-sou, c'est-à-dire eau blanche.
Le Vardar , descend du Tchardagh, traverse la Macédoine, passe par Uscup, Gradisra et entre dans le golfe de Salonique à quelques milles à l'ouest de cette ville.
L'Irdji-Karasoo, parcourt l'extrémité méridionale de la Macédoine, et remontant au nord, vient presque confondre sont petit delta avec celui du Vardar. Le beau lac de Ka>toria et la florissante ville de ce nom , aiusi que lLara-Veria, peuvent être regardés comme des dépendances du bassin de ce fleuve.
La Salamrria , qui descend du Pindus ou Mezzovo, traverse et fertilise la magnifique vallée qui forme la plus belle partie de la Thcssalie, passe peu loiu de Tricala, arrose La risse, et , s'ouvrant un passage entre l'Olympe (Lakha) et l'Ossa, se jette dans le golfe de Salonique.
L'Hrllada , qui traverse la partie méridionale de la Thessalie, passe près de Patratchik , et laissant Isdin ou Zeitoun au nord et la fameuse gorge des Therroopyles au sud, entre dans le golfe de Zeitoun.
La MER MÉDITERRANÉE reçoit :
L'Iris, nommé Rivière o'Hrlos au-dessous de Scala; il descend du plateau central de la Morée, traverse l'ancienne Arcadie et la Laconie, et débouche daus le golfe que nos cartes nomment de Kolochina. Ce petit fleuve est le célèbre Eurotat , qui, selon la remarque de Villoison, porta dans le moyen âge le nom de Pasiii Potamas ou de fleuve royal, à rau*e du séjour des despotes de Morée à Mtsitra. La MER. IONffiNNE et ses GOLFES reçoivent :
Le Rovia (Alpheus), qui descend du plateau central de la Morée, où il traverse V Arcadie et l'EJide. Malgré la petitesse de son cours, c'est le plus grand courant de la Morée.
L'Asrao Potamo descend du Mezzovo ou Pinde, traverse du nord au sud l'extrémité occidentale de la Thessalie, arrose l'Etolie à la gauche et l'Aca manie à la droite, et après avoir reçu le tribut des eaux du lac de Soudi ou de Yrachori et avoir servi dans la partie extrême de son cours de frontière entre l'empire Ottoman et le nouvel État de la Grèce, il entre dans un des golfes formés par la mer Ionienne.
L'AaTA, descend du Pinde, traverse l'Epire Oriental, baigne Arta et entre dans le golfe ou la lagune de ce nom.
Le Cala mas , parait descendre des montagnes qui s'élèvent au nord-ouest du bassin de Jaaina , traverse les campagnes naguère si florissantes de l'Epire ou de ia Basse-Albanie, cultivées par les Philates, tribu grecque , et va aboutir dans le canal de Corfou. On pourrait regarder le beau bassin de Jaoina , si florissant avant les troubles qui ont désolé cette contrée, comme une dépendance hydrographique de ce bassin. La MER ADRIATIQUE reçoit :
Le Voïossa ou Trois, qui descend du Pinde, traverse la Rasse-Albanie en passant par Conitza, Premili et Tebelen, et se rend dans l'Adriatique. Parmi ses affluens nous nommerons au moins K Argyrocaslron à la gauche, qui passe par la ville de ce nom.
L'Ergent, dit aussi Beratiito et Krevasta ; il descend des montagnes qui s'élèvent au nord-ouest de Kastoria, traverse l'Albanie-Moyeune, passe par Berat et débouche . daus l'Adriatique.
Le Scombi ou Tobi qui prend sa source dans la même chaîne où naît l'Ergent , traverse la même contrée , passe peu loin d'Elbassan , et , après avoir baigné Pekim , entre dans l'Adriatique.
Le Mati, doot le cours est beaucoup plus petit que celui des précédens, mais que nous nommons, parce qu'il parcourt la contrée moutagneuse habitée par les Mirdites , peuplade albanaise catholique, qui conserve une sorte d'indépendance. Ce fleuve naît daus la chaîne qui s'élève à l'ouest du Driu-Noir, passe peu loin d'Ischmid et entre daus l'Adriatique. Croïa ou Akseraï et Orocher appartiennent à son bassin.
Le Dai*, qui est formé par la réunion des deux branches nommées Dam Noir , qui sort du lac d'Ochrida, passe près de Haute-Dibre, Basse- Dibre et Ibali, et Drim Blanc qui vient du côté opposé ; Prisrend et Iacovo appartiennent au bassin de ce dernier. Le Driu passe ensuite par Dagno, Alessio et entre dans l'Adriatique. Ce fleuve qui parait être le plus grand de cette contrée , traverse la parti* nommée Haute-Albanie.
La Bojaka , nommée Moracca dans la partie supérieure de sou cours, traverse la Haute-Albanie eu (tassant par Podgoritza, entre dans le lac de Scutari, d'où elle sort sous le nom de Bojana, arrose la "ville de Scutari, et au-dessous de Saint-George elle entre dans l'Adriatique. Presque tout l'intéressant canton du Monténégro appartient an bassin de ce fleuve.
La Narbhta, dont le cours supérieur forme un coude immense , arrose l 'Herzégovine ou Dalmatie Ottomane, passe par Mostar et entre dans la Dalmatie Autrichienne où elle aboutit à l'Adriatique.
ETHNOGRAPHIE. Un grand nombre de peuples différées, que l'ethnographie classe en six souches principales, vivent dans cette partie de I Europe ; la souche slave et la sottc/ic gréco-latine sont les deux familles ethnographiques auxquelles appartient le plus grand nombre de ses habitons. La souchf. Gnitao- Latine comprend : les Grecs, qui occupent maintenant presque sans mélange tout le territoire du nouvel État de la Grèce; ils sont aussi très nombreux dans la Thessalie, dans la Basse- Albanie, dans une partie de la Macédoine, de la Romélic ou Thrace, dans l'île de Candie; on en trouve aussi quelques milliers dans les principautés de Valachie et Moldavie , où ils se sont établis à la suite des hospodars qui étaient choisis dans des familles grecques. Les Grecs forment aussi la nation dominante et la très grande majorité de la population de la république des Iles Ioniennes. Parmi les nombreuses peuplades grecques connues sous des noms particuliers, nous ne nommerons que les Mainates comme les plus célèbres. Les Roumnaje ou Roumouni, plus connus sous le nom de V" alaa uc s ; ils forment presque exclusivement la population des principautés de Valachie et de Moldavie , et une fraction de la population des provinces intérieures dé l'empire Ottoman; ils sont surtout nombreux dans les vallées du Pinde. Les Itali en s y qui forment presque un vingtième de la population de la république de Iles Ioniennes, et qu'on rencontre en assez grand nombre dans les principales villes commerçantes de l'empire Ottoman. Les Skipctars , nommés Arnaut par les Turks et Albanais par les Européens; ils forment la population principale de l'Albanie, et sont répandus en assez grand nombre dans la Roraélie, la Bulgarie et la Macédoine, provinces de l'empire Ottoman; on les trouve aussi dans le nouvel État de la Grèce, par exemple à Hydra, Spetzia , dans l'Argolidc et autres cantons; leurs tribus principales paraissent être les Guegîtes, dans la Haute- Albanie; les Mirdites et les Toskes ou Toxides dans
la Moyenne, les Chami ou Choumi et les Liapi ou Lapy dans la Basse. Les principaux peuples compris dans la souche Slave sont : les Serbli ou Se r viens , qui occupent presque exclusivement toute la principauté de Servie et I'Herlzegovine ou Dalmatic Ottomane; les Bosniens , qui forment la grande masse de la population de la Bosnie, et les Monténégrins , qui dans les montagnes du Monténégro conservent depuis si longtemps leur indépendance. La souche Turque, répandue , il y a quelques années, sur tous les pays de cette région qui dépendaient du grand-seigneur , est maintenant restreinte dans les bornes actuelles de l'empire Ottoman. Ses principaux peuples sont : les Osmanlis , nommés Turks par les Européens, dénomination qu'ils regardent comme une injure, ayant depuis long-temps secoué le joug des mœurs sauvages de leurs ancêtres nomades , descendus du plateau de l'Asie-Moyenne. Les Osmanlis bont la nation dominante de l'empire ; ils se distinguent aussi des autres peuples par leur civilisation assez avancée. Viennent ensuite les Turks Dobrudj is , improprement nommés Tatarcs, les Iotirouk et autres inoins nombreux. Les souches Arménienne et Sémitique comprennent les Arméniens et les Suifs, répandus dans toutes les villes les plus commerçantes des états compris dans cette région. La souche Sanskrits ou Indienne ne comprend que ce peuple vagabond et abruti, connu en Europe sous différentes dénominations, et en France appelé Bohémiens ; c'est dans les principautés de Moldavie et Valachie qu'on le trouve en plus grand nombre, ensuite dans les provinces intérieures de l'empire Ottoman.
religion. L'Islamisme ou la religion de Mahomet est le culte dominant dans l'empire Ottoman; tous les autres, quoique professés publiquement , n'y sont que tolérés. Les Osmanlis, les Turks des embouchures du Danube , les Iuruk et une partie considérable des Bosniens, des Albanais et des Bulgares sont mahométans, et reconnaissent pour chef spirituel le Moufti, qui est le vicaire du grand -seigneur pour tout ce qui regarde la religion et l'exercice de la justice civile. Le Christianisme est professé par le plus grand nombre des habitans de cette région , mais ses disciples sont divisés en plusieurs églises; les Grecs, les Valaques, les Serviens et une grande partie des Bosniens et des Bulgares appartiennent à Yéglise Grecque Orthodoxe, dont le chef est le patriarche de Constantinople. Une partie assez considérable des Albanais, des Bosniens et des Arméniens, près d'un cinquième de la population des Iles Ioniennes et une fraction des insulaires de l'Archipel sont attachés à Xéglise Catholique Romaine. La majorité des Arméniens professe les dogmes de Xéglise Arménienne. La religion de Moïse est suivie par les Juifs tant du rit karaïte que du rit rabbiniste.
INDUSTRIE. Toutes les branches de l'industrie sont plus ou moins arriérées dans cette région, malgré la beauté et l'abondance des matières premières. L'invariabilité des usages a pendant long-temps contribue à cette langueur, pour tout ce qui regarde l'habillement et les branches de commerce qui eu dépendent. Quelques villes se distinguent cependant par leur industrie et font exception. Constantinople , Salonique , Andrinoplc , Routschoukj Screset Choumla î>ont les villes qui offrent le plus d'activité sous, le rapport manufacturier. On prépare bien le maroquin et le cordouan ou cuir à Larissa, Salonique, Gallipoli, Janina, etc. Il y a des teinturiers très adroits à Ambelakia , à Larissa , etc. ; des manufactures de coton à Salonique ,
Seres, Constantinople , Silistria et à Turnavos en Thessalie. On fait d'assez bonnes étoffes de soie à Constantinople et à Salonique. Les chaudronniers et les ferblantiers de Choumla ont porté leur art à une très grande perfection. On travaille bien Y acier à Bosna- Serai , à Scutari , à Caratova et i Constantinople. On fabrique des armes à feu à Semendria, à Grabora , etc. Enfin , Yimprùnerie orientale établie à Constantinople fournit , concurremment avec l'imprimerie du Caire, des livres arabes, persans et turks à tout l'empire. On ne peut rien dire de l'industrie du nouvel État de la Grèce et des principautés de Valachie et de Moldavie ; désolés par la guerre, ces pays n'offrent sous ce rapport rien qui mérite d'être mentionné. Les lies Ioniennes , malgré les progrès faits par certains arts depuis une trentaine d'anuées, sont encore très arriérées sous le rapport de l'industrie. Cependant les habitans de ces îles ainsi que ceux du nouvel État de la Grèce se distinguent par leur habileté dans la construction des nombreux bâtimens marchands qui naviguent dans les parages de cette partie de l'Europe, et qui pendant la longue guerre de la révolution française poussaient leurs courses jusqu'en France , en Espagne et même en Amérique.
GOKMzrce. Le commerce maritime et terrestre de l'empire Ottoman est très important ; mais la plupart des affaires sont faites par les Grecs , les Arméniens, les Juifs et les Albanais, ainsi que par le grand nombre d'étrangers Autrichiens, Russes, Anglais, Français, Hollandais et autres Européens qui y sont établis. Le commerce du nouvel État de la Grèce , si florissant avant la guerre de l'insurrection , est presque entièrement anéanti : nous signalerons dans la topographie les villes qui offrent encore quelque importance sous ce rapport. Les Iles Ioniennes, grâce à la paix dont elles jouissent depuis plusieurs années, présentent un commerce florissant et une navigation assez étendue; les franchises accordées d'abord à Corfou et récemment aux autres ports, en sont en grande partie la cause. Les principales exportations des états compris dans cette région consistent en bétails, surtout chevaux, bœufs et cochons; en peaux tannées et brutes; laine, vins, tabac, coton, raisin de Corinthe , amandes, figues sèches, dattes et autres fruits; huile d'olive, cire, miel, soie crue et filée, camelot, tapis, maroquin, noix de galle, garance, gomme dragant, éponges, cuivre, alun, terre sigiléc, etc., etc. Les principaux articles d importation sont : toile , étoffes de soie, draps, bonnets, fourrures, miroirs, verres et autres objets de cristal et de verre ; montres et pendules , porcelaine, papier, aiguilles, plusieurs articles en métal et en bois, sucre, café et autres denrées coloniales, et des sommes assez considérables d'argent comptant» surtout de sequins de Venise. On doit ajouter que l'on importe une grande quantité de blé, de gros et menu bétail et de bois dans les Iles Ioniennes, qui exportent en revanche une grande quantité d'huile, de vin , de liqueurs, de raisin de Corinthe et de sel.
Les villes maritimes les plus commerçantes sont : Constantinople, Salonique, Gallipoli, Enos et F orna dans l'empire Ottoman; Sjrra, Hydra, Nauplia et Patron dans le nouvel État de la Grèce; Zante, Corfou et Argostoli dans la république des lies Ioniennes. Parmi les places les plus commerçantes de l'intérieur de l'empire Ottoman, on doit nommer Andrinople, Bosna-Scraï et Janina ; et dans les principautés Belgrade en Servie, Bu- Àarcst en Valachie et Galact en Moldavie.
PLACES FORTES et PORTS MILITAIRES. Les principales for-
teresses de cette région sont : fVùlin, Silistric, Routschouk , Choutnla, Varna, Scutari, Zwornik , BUuicz, Banialouka et Candie dans l'empire Ottoman. On peut ranger dans la même catégorie les fortifications qui défendent le passage de Y Hellespont ou détroit des Dardanelles et celui du Bosphore ou détroit de Constantinople , ainsi que la chaîne du Balkan ; on peut même dire que celte dernière est le principal boulevard de l'empire contre les ennemis du Nord. Par son développement de l'occident à l'orient et parallèlement au cours du Danube, elle servit long-temps de barrière contre les incursions des Daces, des Goths et des Bulgares, et elle avait jusqu'à ces derniers temps arrêté tous les efforts des Russes. Cest ce qui fait que les Turks l'ont aussi nommée Emineh-dagh , c'est-àdire montagne qui sert d'abri. Les Turks ont de plus le droit de tenir garnison dans l'importante place de Belgrade dans la principauté de Servie. y au plia, Negrepont, Missolonghi , les citadelles de Corinthe, d' Athènes, le château de Marée , celui de Lepante , Modon et Coron sont les principales forteresses de la Grèce. Cotfou, dans la république des Iles Ioniennes, passe justement pour une des plus fortes places de l'Europe. Les forteresses le long de la rive gauche du Danube, qui appartiennent à la principauté de Valachie devant être démolies, cet état n'en offrira alors aucune qui mérite d'être citée pour sa force.
Les principaux ports militaires de cette partie de l'empire Ottoman sont : Constantinople, Varna, GallipolL Le nouvel État de la Grèce offre Navarin, Poros et Lepante. Dans la république des Iles Ioniennes Corfou est la station ordinaire d'une partie de la flotte anglaise dans la Méditerranée.
divisions politiques. IN'ous avons déjà vu les différens états dans lesquels cette région est actuellement partagée. Ici nous les répéterons pour indiquer l'ordrç que l'on suivra dans leur description. Ces états sont : X empire Ottoman, dont nous décrirons la seule partie qu'on peut regarder comme appartenant à l'Europe; le nouvel État de la Grèce; les principautés de Servie, de Valachie et de Moldavie, tributaires de l'empire Ottoman; la république des lies Ioniennes.
Mais avant de passer à la description de ces différens états, qu'il nous soit permis de faire quelques observations sur leurs divisions administratives et leur topographie. Malgré tous les soins que nous avons mis à offrir l'état actuel de ces contrées, nous sommes bien loin de nous flatter d'avoir atteint le but de tant de recherches. L'anarchie, les guerres intérieures et extérieures, la famine, la peste et autres fléaux qui ont désolé ces contrées , les réformes qu'elles subissent depuis quelque temps de la part de leurs gouvernemens respectifs qui sont encore mal affermis, l'occupation des principautés de Valachie et de Moldavie par les Russes, laissent encore de grandes lacunes et bien des doutes dans tout ce qui concerne les divisions administratives de ces états. D'ailleurs les Turks n'ont pas encore remis aux Serviens les six districts qui doivent être réunis à la principauté de Servie; la grande île de Negrepont vient à peine d'être rendue aux Grecs, et Athènes ne l'a pas encore été. Il est donc impossible d'offrir un tableau exact et complet des divisions administratives de tous ces états. Aidé par notre savant ami M. Reinaud, nous avons essayé de tracer les divisions actuelles de l'empire Ottoman , autant que ces ditîérens obstacles le permettaient. A l'égard de la Grèce
nous offrons le tableau que nous devons à l'obligeance et à l'amitié de M. Michel Schinas, de Constantinople , membre de la commission française en Morée; quoique ses divisions diffèrent considérablement de celles qu'ont publiées plusieurs journaux d'après des documens qui paraissent officiels, nous avions trop de motifs pour leur préférer celles de M. Schinas. A l'égard des divisions administratives des principautés de Valachie, de Moldavie et de Servie, nous aimons encore mieux n'en donner aucune que de nous exposer à rédiger un tableau erroné. La seule république des Iles Ioniennes est exempte de ces incertitudes, grâce à la stabilité de son gouvernement et à la paix dont elle a joui. Ce que nous venons de dire sur les divisions administratives doit nous servir de justification pour la marche que nous avons suivie dans l'article topagraphie. Imitant notre célèbre ami, nous décrirons, comme l'auteur du Précis, les principales villes de l'empire Ottoman d'après les cinq grandes régions que l'usage appelle Rom/lie, Macédoine, Albanie , Bosnie et Bulgarie. Nous avons ajouté à la Macédoine la lÀvadie Septentrionale , qui correspond à l'ancienne Thessalie, et nous avons joint à la Bosnie la Dalmatie. et la Croatie Ottomanes. Fidèle au plan adopté dans cet Abrégé, nous avons groupé autour des villes principales de ces grandes divisions toutes les autres villes qui méritaient d'être mentionnées. La topographie de la Grèce n'offrirait aujourd'hui presque aucune ville remarquable sous le rapport du commerce, de l'industrie, de la population et des établissemens littéraires. Mais ses villes classiques offrent tant d'intérêt sous le rapport historique et archéologique , que nous avons cru devoir entrer dans quelques détails pour présenter le tableau de ses imposantes ruines et de ses vénérables souvenirs. Ce sont les conseils et les lumières de M. Dubois, directeur de la section archéologique de l'expédition française en Morée , qui nous ont guidé dans cette tâche difficile.
Empire Ottoman.
CONFINS. Au nord, les Confins Militaires dans l'empire d'Autriche, les principautés de Servie, de Valachie et de Moldavie» et la province russe de Bessarabie. A Y est, la mer Noire, le Bosphore ou le détroit de Constantinople, l'Hellespont ou le détroit des Dardanelles et l'Archipel. Au sud, la mer de Marmara, l'Archipel et la mer Méditerranée, le nouvel Étal de la Grèce. A Youest, la mer Ionienne, la mer Adriatique, la Dalmatie et les Confins Militaires dans l'empire d'Autriche.
FATS. Toute la ci-devant Turquie Européenne, moins la Bessarabie et la partie de la Moldavie, cédées à la Russie, ainsi que les pays qui forment les principautés de Servie, de Valachie et de Moldavie, et le nouvel État de la Grèce. Tant de pertes n'ont été compensées que par l'acquisition des petits territoires de Butrinto, Parga, Prevesa et Vonitza qui appartenaient à la ci-devant république de Venise.
FLEUVES. Le Danube, la Maritza , le Karasou , le Vardar ,Y Indje- Karasou, la Salambria , YHellada, Y Aspropotamo , YArta, le Voioussa , le Brin , la Bojana et la Narenta. Voyez aux pages 5o4 , 5o5 et 5o6.
OOUVERNIMENT. Il est absolu, et le souverain, réunissant dans sa personne la puissance temporelle et spirituelle, ne reconnaît pas de frein à ses volontés. Néanmoins^ dans la pratique, le souverain n'ose pas se mettre ouvertement au-dessus des volontés de la nation. Les circon-
stances d'ailleurs ont clé depuis près de deux siècles tellement défavorables , que si le sultan fait trembler le peuple, le peuple n'inspire pas moins d'effroi au sultan. Nous allons tracer un tableau rapide de 1 état actuel du gouvernement Ottoman, que nous devons à l'obligeance de M. Reinaud. Ce tableau est ici d'autant plus nécessaire, qu'il nous dispensera d'y revenir de nouveau, lorsqu'il sera question des provinces Ottomanes d'Asie et d'Afrique.
Le Coran, livre sacré des musulmans, servant à la-fois de code religieux, civil et politique, et le sultan étant regardé comme le successeur des anciens califes, il en resuite que le prince e*t investi de tous les pouvoirs a-la-fois. Mais le sultan , du moins depuis plu» de deux siècles, n'exerce pas l'autorité par lui-môme et, il a deux lieutenans qui sont censés le représenter. Le premier, sous le nom de mufti est à la tète des ministres de la religion et de la lui décorés du uum à* oulémas ou savant; le second, appelé gixindvizir , dirige le gouvernement civil et militaire.
Sous les ordres de ces deux grands dignitaires se trouveut tous les fonctionnaires de l'empire. Ceux dont il est le plus souvent question dans nos relations sont les pachas. Le root pacha, qu'on prononce aussi bâcha , est d'origine turque et signifie chef. Il sert de titre au grand-vizir et au capiton -pacha qui est le commandant eu chef des forces navales de l'empire. Mais il désigne d'une manière plus générale les gouverneurs des provinces. On en dislingue trois classes , suivant l'étendue des pays soumis à leur juridiction , et Us reçoivent pour emblème de leur autorité une queue de cheval suspendue au bout d'une pique, terminée par un pommeau doré. Les pachas du premier rang reçoivent trois de ces queues; ceux du second rang, deux; et ceux du troisièmo une. L'usage des queues de cheval vient de la Tartane, pays d'où les Turks tirent leur origine.
La réunion du grand-vizir, du mufti, du rapitan-pacha et de tous les chefs d'administration en conseil , s'appelle divan : ce mot est d'origine arabe et signifie assemblée. Ainsi le divan est proprement le conseil de l'empire, et il traite de toutes les grandes affaire» d'état. Il n'est pas besoin d'ajouter qu'il ne s'assemble qu'à Constantiuople.
Le gouvernement reconnaît au reste deux classes de sujets bien distinctes : les musulmans qui représentent les vainqueurs et constituent l'état proprement dit, et les nonmusulmans, c'est a -dire les chrétiens, les juifs et les païens, qui représentent le parti vaincu , et qui sont soumis à la capitation. Les sujets non-musulmans sont appelés du nom général de rayas, mot arabe qui signifie troupeau. Jusqu'ici la loi les avait placés fort au-dessous des musulmans: ils ne laissaient pas cependant de jouir de certains privilèges; par exemple, dans chaque localité, là où ils étaient un peu nombreux, ils formaient une espèce de communauté présidée par un d'entre eux appelé primat.
Il existe encore une classe de sujets, et celle-ci est privée de tout droit politique : c'est celle des esclaves. L'esclavage est admis dans les pays musulmans, comme il l'a été de tout temps en Orient : seulement il est de principe qu'un musulman né libre ne peut pas être fait esclave; et si étant esclave il embrasse l'islamisme, il reçoit ordinairement la liberté. Cctre classe est malheureusement très nombreuse. Les Turks, ainsi que les Asiatiques en général , ont toujours recherché des esclaves des deux sexes, soit pour se décharger sur eux de toutes les fonctions pénibles, soit pour satisfaire plus librement leur penchant à la volupté , penchant qui est plus fort en Orient qu'ailleurs. Il n'est guère de musulman qui n'ait une femme esclave pour partager son lit, et quelques-uns en ont vingt et même davantage. Ce goût même a été commun à des chrétiens et à des juifs. Les esclaves sont nés dans une condition servile , ou ont été pris à la guerre, ou bien encore ils ont été achetés ii prix d'argent de parens inhumains. Le nombre tend sans doute à diminuer. D'une part le gouvernement Ottoman commence à user de quelques ménagement envers les prisonniers de guerre; de l'autre . la Cireassie et la Géorgie , où se faisait surtout le commerce de jeunes filles, étant maintenant au pouvoir des Russes, les parens doivent se porter plus difficilement à ce sacrifiée contre nature. Une chose qui n'a rien de contradictoire avec le despotisme , c'est que les esclaves deviennent quelquefois pachas et grands- vizirs.
L'empire Ottoman s'est formé des conquêtes successives faites par les sultans, et quelquesunes de ces couquétes ontétéassujéties à des restrictions. Non seulement certaines con-
trées, telles que la Crimée, la Transylvanie, les régences de Tunis, de Tripoli et d'Alger, avaient conservé leur gouvernement particulier , ce qui a fait qu'avec le temps plusieurs d'entre elles ont été détachées de l'empire; mais quelques-unes, tout en recevant un gouverneur nommé par le sultan, jouissaient d'institutions locales fort étendues. C'est ainsi que la Bosnie est encore divisée en capitaineries héréditaires, dont les titulaires réunis en corps représentent le pays. Il y a même des contrées où il reste des familles ^seigneuriales dont la puissance remonte à plusieurs siècles, et qui se sont toujours maintenues da us leurs possessions. La famille Gbaurini possède depuis 1427 plusieurs villages en Macédoine; une partie des campagnes voisines d'Angora eu Asie Mineure appartient à la famille de Tchapan-Oglou , et une partie des campagnes de Pergame à celle de Kara- Osroan-Oglou. Quelques villes étaient la propriété de certains dignitaires; par exemple l'illustre Athènes formait un fief attaché à la place de chef des eunuques du sérail.
Anciennement les sultans exerçaient eux-mêmes l'autorité , et marchaient & la tète de leurs armées. C'est ce qui a fait la gloire des Amurat, des Mahomet II, des Selim et de» Soliman. Mais depuis plus de deux siècles les princes de la famille impériale out été tenus par le souverain dans le sérail , sans prendre part aux affaires. Aussi lorsqu'ils arrivaient au pouvoir, ils se trouvaient étrangers aux détails du gouvernement, et tout se faisait par les mains des ministres. Pour eux, ib vivaient confinés dans le sérail , au milieu de femmes et d'eunuques.
Les gouverneurs de province, ceux surtout qui étaient éloignés du siège de l'empire, profitèrent de la négligence du souveraiu pour étendre leur autorité. Comme les places s'achetaient à prix d'argent, et que les gouverneurs, d'après les lois existantes, étaient revêtus de l'autorité civile et militaire, ils profitaient de leur position pour amasser de grandes richesses, et quelquefois se faisaient la guerre entre eux comme entre ennemis; ils parvenaient même à transmettre l'autorité à leurs parens ou à leurs favoris. Lorsque le sultan actuel, Mahmoud II , monta sur le trône en 1808 , le vaste gouvernement de Bagdad était depuis plus de 5o ans entre les mains de pachas qui se l'étaient légué les uns aux autres. Le fameux Ali, pacha de Janina, non content d'avoir obtenu pour ses fils le gouvernement d'une partie de la Grèce actuelle , avait conquis par la force des armes plusieurs villes d'Albanie qu'il joignit à son pachalik.
Dans les guerres extérieures, les armées ottomanes étaient constamment battues. La Russie, étendant sans cesse ses conquêtes , s'était avancée jusqu'au Danube, et après avoir subjugué la Crimée, menaçait l'empire du côté du Balkan et du Caucase.
Une des causes principales de la faiblesse du gouvernement et de l'anarchie qui se taisait remarquer dans toutes les parties de l'administration, c'était I insubordination et l'arrogance des janissaires. Ces troupes, autrefois si braves et si disciplinées, n'opposaient plus de résistance à l'ennemi , et n'étaient redoutables que pour leur souverain.
Les janissaires, créés dans le xiv* siècle, furent ainsi nommés de deux mot* turks qui signifient nouvelles troupes. Ils étaient d'abord choisis parmi les enfaus des chrétiens de Bosnie, d'Albanie et de Bulgarie, hommes robustes et belliqueux. On avait décidé qu'ils ne pourraient pas se marier, et que constamment sous les armes ils seraient eu toute saisou sous les ordres du gouvernement. Dans ces temps reculés où l'Europe chrétienne n'avait pas d'armée permanente , les janissaires se présentèrent avec une grande supériorité; mais avec le temps l'institution des janissaires, comme toutes les institutions des hommes, subit de sensibles altérations. Au titre de janissaire étaient attachés de nombreux privilèges et des revenus en terres très considérables; les gens en crédit cherchèrent 4 faire admettre leurs créatures dans ce corps privilégié, et on y inscrivit les artisans, les employés de l'administration; le titre de janissaire devint même héréditaire, et l'on vit des enfaus eu bas âge décorés de ce nom jadis si terrible. Sur ces eutrefailes l'Europe éclairée avait formé des armées régulières, et créé une lactique qui quadruplait la force des individus; dès-lors les janissaires furent hors d'état de se mesurer avec les armées chrétiennes. En vain les sultans, à diverses reprises, essayèrent de réformer des abus si crians, et de remplacer les janissaires par des troupes plus fortes et plus dociles ; les abus avaient eu le temps de s'enraciner, et des individus de toutes les classes y trouvaient leur profit. Aussi les sultans échouèrent; plusieurs même, tels que Selim III, périrent victimes de leurs iu4>les intentions.
description du l'europe.
jI3
Le sultan actuel , homme dégagé de beaucoup de préjugés et doué d'une fermeté inchranlable, a enfin commencé de régénérer l'empire. Le* circonstances était-ut lui 1 critiques; mais <^es mêmes circonstances l'ont puissamment aide dans Mi projt ts dt réfoi me, Nous aVOM dit que, lorsqu'il monta sur le troue, plusieurs pachas s'étaient rendus presque indépendant, et que l'esprit de désordre s'était empare de la plupart fies esprits; effrayé par le malheureux sort de ses prédécesseurs, il usa d'ahord de la plus grande circonspection; il ramenait par la douceur ceux qui n'ctaieul qu'égares; il eoidirmait ou opposait les uns aux autres ceux qu'il n'était pas en état de déposséder; à l'égard de ceux qui paraissaient intraitables, il recourait quelquefois à la politique orientale, et les taisait périr par le poignard, le poison ou le cordon. A mesure que les éseuemens devinrent plus graves, il redoubla de vigueur. Ali , pacha de fini ni , ne dissimulant plus sel projets d'imlt peudauee, fut extermine avec sa famille, et l'Albanie rament e sous les lois de l'empii e
Pendant la guerre contre la Grèce, en i8a6, les janissaires annonçant de nouveaux projets de révolte, il abolit l'institution tout entière, et ht massacrer tous ceux qu'on soupçonnait de voul-ni i -i pfi r. A Constantinople , sculenu nt . plus de mii^i mille hommes furent tués, brûlés ou noyés. C'est alors qu'a l'imitation de ce qui existait déjà en Igypte, les troupes régulières actuelles fuient créées; et si , dans la guerre qui eut lieu en 1828 et 183g contre la Russie, ces troupes opposèrent des efforts impuissant, il faut s'en prendre non pas seulement a la supériorité morale tic Ru-.es, mais .1 l'infi rioriié numérique des troupes régulières turques, et au peu de temps qu'el e- avau nt eu pour *' exercer à la lactique européenne. L'empire Ottoman se trouva un moment à deux doigts de sa perte; déjà les Russes s'avançant du coté de l'Europe et de l'Asie étaient maîtres à-lafois d'Andrinople et d'Erzeruum, et cernaient la capitale; mais depuis la paix, Mahmoud n'a pas cessé de porter la main à toutes les branches de l'administration , et avec les événemens qui se passent aujourd'hui dans les Etats chrétiens d'Europe , événement qui doivent absorber l'attention de la Russie , l'ennemie naturelle de la Turquie, il est permis de supposer que le sultau , s'il vit encore quelques années, donnera une nouvelle face à son empii e.
Par le traité de paix du 14 septembre 1839, les Russes ont été reconnus maîtres d'Anapa et de toutes les côtes septentrionales de la mer Noire, depuis l'embouchure du Danube jusqu'à celle du Ratoumi; ils occupent les places fortes de la Valachie et de la Moldavie, et même celle de Silistrie , eu attendant (pie le sultan ait achevé de payer les contributions de guerre auxquelles il s'est obligé. La Valachie, la Moldavie et la Servie ont obtenu une administration particulière; la Grèce a conquis sou indépendance, et les chrétiens de la Bulgarie ont été imeslis du droit de soumetlie leurs griefs aux consuls russes. D'un autre côté, Mohammed-ali , pacha d'Egypte, qui avait fait accorder a son fils Ibrahim le gouvernement de (iedda et d'une partie de l'Arabie, en récompenso du zèle dont il fit preuve contre les YVahhabites, vient de recevoir le gouvernement de l'importante île de Crète, comme dédommagement de ses sacrifiées dans la guerre de Grèce ; enfin la régence d'Alger qui , à l'exemple de celles de Tripoli et de Tunis , reconnaissait la suzeraineté du sultan, a passé sous la domiuation de la France. Il existe d'ailleurs de nombreux germes de mécontentement dans la Bosnie et l'Asie-Miucure : cependant le sultan se montre inébranlable. Une des mesures les plus efficaces qu'il a prises pour réduire l'autorité des pachas à de justes bornes , c'est de séparer l'autorité civile de l'autorité militaire; de plus il a aboli le droit de confiscation, droit barbare qui si souvent faisait imaginer des criminels et des coupables; enfin, voulant se rattacher les dive rses classes de ses sujets chrétiens , il a défini d'une manière plus piérise les droits de < luque communion , et a accordé un chef particulier aux Arméniens du rit catholique, qui jusqu'ici étaient en butte aux vexations de leurs compatriotes du nt schématique : il a même cherché à réveiller dans la masse de ses sujets le sentiment du bien public, en invitant pendant la dernière guerre l«*s ayons, ou notables de toutes les provinces, à se rendu a Constantinople pour v délivrer sur la situation de l'empire. Non- seulement il a fondé à Constantinople un collège de médecine, et des écoles militaires et navales; mais à I imitation du pacha d'Egypte, il vient d'envoyer à Paris quelques jeunes Turks pour qu'ils v profitent des lumières de l'Europe civilisée. Déjà il existait des traductions turques des réglemcns militaires de terre et de mer de la France. Le sultan est si peu accessible aux préjugés de sa nation, que sans cesse il dit à ses courtisans : «Si vous voulez
être hommes , imitez les Européens. » Lui-même se montre souvent têtu à l'européenne, el prend plaisir à assister à leurs fêtes et à leur» amusemens. Peut-être cette affectation est poussée trop loin , peut-être elle se manifeste d'une manière trop brusque; du moins elle a contribué d'abord à l'espère d'indifférence avec laquelle, dans plusieurs provinces, les peuples ont tu arriver les soldats russes, et elle continue à entretenir une grande irritation dans une partie du peuple.
Le sultan vient de publier un édit par lequel tous les sujets , de quelque religion qu'ils soient et à quelque classe qu'ils appai tiennent , sont déclarés égaux devaut la loi et soumis au même code; la différence de religion, est-il dit dans le décret , étant une affaire de conscience qui ne regarde que Dieu. A l'avenir les magistrats ne pourront iufliger de châtiment aux rayas, que du consentement des primats dont ils dépendent. Quant aux îles et autres lieux occupés exclusivement par les chrétiens, et qui se trouvent encore sous l'autorité immédiate du sultan . les gouverneurs turks seront obligés de soumettre tous leurs actes à l'approbation des primat*. Les habitans ne pourront être jugés que d'après leurs propres lois, et jamais ils ne seront soustraits à leurs juges naturels. Les habitans de l'île de Sainos n'auront daus leur île ni cadi ui gouverneur turk. Ils seront libres de demander quelque Grec , leur compatriote, pour les gouverner. Il lenr est accordé de porter un pavillon particulier, dans lequel se verra la croix.
Il ne serait pas étonnant que les Grecs des diverses provinces ottomanes, qui , il y a quelques années, s'enfuyaient en Morée et dans les îles indépendantes, pour se dérol>er au fanatisme des janissaires et aux avanies des pachas , courussent au contraire se ranger sous le joug du sultan, pour y recouvrer la liberté et le repos. Mais quel ne doit pas être le dépit des vieux musulmans, quaud ils voient professer des idées si nouvelles potir eux! Jusqu'où ne s'étendrait pas la vengeance , si le sultan venait à succomber!
Une justice à rendre aux Turks, c'est qu'au milieu de religions et de races si diverses, ce sont eux dont le caractère moral offrirait le plus de garanties. D'un naturel mou et insouciant, imbus de préjugés, ils ne sont pas sales comme les Juifs, avides et fourbes comme les Grecs. Leur caractère est à-la-fois simple et plein de dignité. Il est vrai que les Turks n'ont pas, comme les juifs et les chrétiens, été soumis depuis plusieurs siècles a un despotisme capricieux et barbare, à un joug avilissant
DIVISION* ADMINISTRATIVES. Les Turks ne connaissent pas les divisions adoptées dans nos géographie*; celles qui ont été données par les meilleurs géographes allemands, quoique exactes pour l'époque à laquelle écrivaient les géographes turks Hadgi-Khalfa et Hczar-Fcnn, ne correspondent plus aux divisions actuelles. Les Turks avaient partagé leurs possessions d'Europe et d'Asie en deux grandes divisions, dont chacune était mise sous les ordres d'un commandant-général , nommé beylerhey, c'est-àdire , bey des beys. Le premier résidait tantôt à M onastir , tantôt à Sophia ; le second, tantôt à Angora, tantôt à Kutahya. Outre cette division générale, il existait des gouvernemens appelés cjraict ou principautés, lesquels étaient subdivisés en livas ou sangiaAs, c'est-à-dire, bannières. Les gouvernemens étaient sous les ordres de visirs ou de pachas à trois queues , et les li vas sous ceux de mirmirans ou de pachas à deux queues. La délimitation de ces gouvernemens avait d'ailleurs été faite d'une manière bizarre et sans égard aux divisions qu'indique la géographie; par exemple on avait placé dans le gouvernement des djazayrs ou des îles , gouvernement qui appartenait au ca pi tan-pacha, non -seulement les îles turques d'Europe et d'Asie, mais la Morée, la province de Gallipoli et les côtes de Smyrne. Le sultan-avait cru devoir mettre sous l'autorité immédiate du grandamiral , toutes les contrées qui n'étaient accessibles que du côté de la mer, ou qui par leur position pouvaient contribuer à l'armement et au bienêtre de la flotte. Au commencement du xvir* siècle, lorsque l'empire Ottoman embrassait dans ses limites la plus grande partie de la Hoogrie, la
Transvlvanie, la Circassie, l' Azerbaïdjan, on comptait 44 cyalets et 220 livns; il n'existe ptf maintenant beaucoup plus de la moitié de ces divers gouvernemens ; et d'ailleurs les limites de chaque province < • 11 1 changé 'el changent encore tous les jours. Voici le tableau actuel des eyalet.s de la Turquie d'Europe et des livas qui en dépendent. Nous avons dressé ce tableau d'après celui qui se trouve dans le savant ouvrage de Mouradgca d'Ohvson sur l'empire Ottoman, nous contentant de réunir ensemble les dénominations turques et européennes, et de passer sous silence les pays soustraits au joug du sultan à la suite des derniers é\ènemens. N<>us axons de plus supprime l'importante île de Crète qui a été mise sous 1rs ordres du pacha a Egypte; mais pour nous conformer au plan suivi dans eer Abrégé, nous en avons décrit les villes principales à la suite «le la topo graphie de la partie européenne de l'empire.
EYALET DE ROUM-ILI, chef-lieu tantAt Sophia tantôt Mofuarin.
I<c« livas qui en dépendent et qui portent le nom de leurs chefs-lieu* respectifs, sont : Jania (Janiaa) , Salonique , Tirhala (Trikala) , Etkenderyè (Scntari). Okhri (Oelirida), Abùmiya (ÀTlone), KustemdU ((«uatcndil), fl-Bassan, Perzertn (Pnsrendi). Ducaktn (Dukagin), Uikiup (tlscnp), DeUàn* iHcWinu ou Dclonia), k'rtUtchurin (Vcldgt-tcrin, moins la partie qui doit être rendue à lu Servie). C avala, Aladja-lhssar (Kroue liera cz, moins la partie qui doit être rendue à la Servie).
ETÀLET DE BOSN1F , chef-lieu Bosj«A-Sm\ï; néanmoins le pari» rtside à Tkatkik. Le* Uvas qui en dépendent et leurs chefs-lieux sont
Fuiin, KUiss-Busna , Izvénùk (Zvornik), Ada-i- htlir , TreUtgne (chef-lieu dr Llarsek on Herzégovine).
ETALET DE SILISTRIE, chef-lien Siumil.
Les livas (jui en dépendent et leurs chefs-lieux , sont :
.Vicftpoti , Tchermen , Vite , Kirkilissa ; ensuite la forteresse de Belgrade.
ETALET DES DJEZAYRS ou DES ILES, chef-lieu Callipoli. Les Uvas qni en dépendent et leurs chefs-lieux sont :
Iznikmul 'KXicomedie en hythinie). Château des Dardanelles , Oulnukhor (dans le C.irelilli 00 A cornu nie), Mezestt 1, ?,Smyrne , Bigha , Mrtelm , Rhodes, l.e/kruschr (Nicosie dans l'Ile de Chypre) , Chio, Sa/nos et autres Iles de l'Archipel.
TOPOGRAPHIE. Constantinople est située dans une eontree charmante, entre la mer Noire et celle de Marmara, stir le canal qui sépare l'Europe de l'Asie, et dont l'enfoncement forme un des plus beaux ports de l'Europe. Cette cité porta d'abord le nom de Ryzancc, et ce n'est que vers l'an \io de notre ère, que l'empereur Constantin l'ayant choisie pour la capitale de l'empire Romain, elle reçut , avec sa nouvelle importance, le nom qu'elle porte aujourd'hui. Tombée au pouvoir des Turks en i45*î,enc devint Ja capitale des vainqueurs, et est appelée par eux tantôt Costantinié, tantôt Isiamboul ou ville de i Islamisme. La ville proprement dite forme mie espèce de triangle, dont la pointe s'avance dans la mer. Au-delà du bras qui (orme le port, sont l'arsenal , les chantiers de construction et les faubourgs de Pera et de Galata. En face sur la côte d'Asie, se trouve près de l'ancienne Chalcédoine, Scutari, qui est une assez grande \ ille, et qu'on peut cependant regarder comme une dependanec de la capitale.
Peu de villes au monde se présentent extérieurement sous un aspect plus imposant; mais des rues étroites et fort sales, des maisons pour la plupart basses et construites en terre et en bois, détruisent en partie la première impression. Les incendies y sont frequens et quelquefois terribles; celui de i8a6 détruisit six mille maisons. Souvent ce sont les mécontens qui y mettent le feu , et c'est pour le peuple une manière de faire
Digitizë
510 ABRltoA DE GÉOGRAPHIE.
connaître ses griefs. Il est vrai que les immenses forêts qui bordent les côtes de la mer Noire permettent de reconstruire les maisons brûlées: d'ailleurs ces maisons sont loin d'offrir le luxe de meubles et d'ornemens que présentent les nôtres. Des tapis, des sofas, quelques matelas , voilà tout leur mobilier. Mais comment remplacer les objets de tout genre entassés dans les bazars et qui deviennent trop souvent la proie des flammes! Un autre fléau non moins terrible pour cette ville , c'est la peste qui presque chaque année y exerce ses ravages. Jusqu'ici l'insouciance des musulmans et l'esprit de fatalisme qui les anime ont fait négliger les ressources de la prudence humaine ; sans doute à une époque où des idées de réforme animent le souverain, on cherchera à imiter les mesures préventives mises eu usage dans l'Europe civilisée.
Constantinople est la résidence du sultan, du mufti, des ministres et de tous les grands dignitaires de l'empire. Les religions chrétienne et juive y ont également un chef particulier qui les représente auprès du gouvernement. Les Grecs du rit schismatique, qui rappellent les anciens maîtres du pays, ont un patriarche qui prend le titre d* œcuménique , c'est-à-dire d'universel t et qui est à la téte d'un synode de douze évéf/ucs ; les Arméniens schismatiques ont un archevêque, et la même faveur vient d'être accordée aux Arméniens catholiques; enfin, les Juifs sont gouvernés par un Hakam-baschi.
Les palais impériaux à Constantinople portent le nom de sérail; c'est une corruption du mot turk serai, qui signiGe demeure. Le Sérail par excellence est le palais qu'occupe le sultan régnant et qui est construit sur l'emplacement de l'ancienne Byzance. Ce palais, bâti par Mahomet II, se compose d'édifices et de jardins , et peut être considéré comme une ville à part. On difqu'il égale par son étendue la ville de Vienne proprement dite; on y distingue l'appartement du prince et celui de ses femmes, qui est appelé harem, la salle du trône, l'hôtel des monnaies, le seul qui existe maintenant dans l'empire, et le trésor, où sont déposées toutes les richesses acquises depuis l'origine de la monarchie. On a long-temps cru que ce trésor renfermait des manuscrits d'ouvrages grecs et latins qui ne nous sont point parvenus, et qui se trouvaient dans les bibliothèques de la ville, lorsque les musulmans y entrèrent. Ce qu'il y a de certain, c'est que M. le général Sébastiani y découvrit un fort beau manuscrit de Ptolomée , qui depuis a été vendu en Angleterre, et que ce trésor recèle eucore des objets de tout genre, bien dignes d'exciter la curiosité des savans si jamais ces vieux débris étaient rendus à la lumière. Un genre d'objets qui intéressent beaucoup plus les musulmans, ee sont des espèces de reliques qui se rattachent à la gloire de l'islamisme , et qui y sont déposées. Il suffira de citer le sangiak-schértf ou noble drapeau , étendard qu on dît avoir appartenu au prophète Mahomet, et qui étant déployé dans les circonstances critiques, a plus d'une fois relevé l'empire sur le penchant de sa ruine. La porte principale du sérail a reçu le nom de porte Auguste et de porte Sublime ; et comme jadis en Orient la porte d'une maison était la partie principale de l'édiflce , parce qu'on y traitait de toutes les affaires importantes, le mot /sorte a désigné ensuite le palais lui-même et la cour impériale. Nous citerons encore Y Eski-serat ou vieux sérail , palais situé dans l'intérieur de la ville, et qui est habité par les femmes et les esclaves du sultan mort ou déposé.
Parmi les plus beaux mo nu mens de Constantinople, il faut placer les mosquées; on en compte 344- Rien de plus pittoresque que cette forêt de coupoles et de minarets qui s'élèvent dans les airs; la principale mosquée est Aia Sophia ou Sainte-Sophie , église fondée par l'empereur Justiuien en 53a , et qui fut convertie en mosquée lorsque Mahomet II s'empara de la ville. Sainte-Sophie, eu égard à son ancienneté et à la place qu'elle occupe dans l'histoire de l'architecture, mérite d'être comparée à Saint - Pierre de Rome. Sa coupole a servi de modèle à celles qui furent élevées plus tard à Venise, a Pise, à Rome et ailleurs; les autres mosquées qni méritent d'être citées sont celles de Sultan Ahmed , située sur la place de l'Hippodrome, de Sultan Soieyinan et de Sultan Osman; cette dernière est moins grande que les autres ; mais elle les su passe toutes en élégance et en régularité. On cite encore la mosquée de la Sultane Validé, c'est-àdire de la sultane- mère, du nom de la mère de Mahomet IV, parce que la plupart des colonnes qui la supportent ont été tirées des ruines (ÏAle.randria- Troas. 11 n'est pas besoin d'ajouter qu'à l'exception de Sainte- Sophie, chaque mosquée est appelée du nom de son fondateur.
Les mosquées forment ordinairement un corps isolé, et sont entourées de parvis où se trouvent des fontaines à l'usage des personnes qui veulent faire les ablutions prescrites par la religion. Plusieurs de ces mosquées sont accompagnées de turbés ou chapelles sépulcrales, où reposent les corps des sultans et des grands personnages de l'empire ; chaque turhé a on gardien particulier, et des vieillards y doivent réciter tons les jours le Coran à l'intention du mort. A la plupart des mosquées sont annexées des écoles ou mcktcb, où l'on apprend à lire et à écrire, et des collèges ou medressé, où l'on forme la jeunesse dans la logique, lu théologie et la jurisprudence ; on y trouve même des bibliothèques publiques, des hôpitaux pour les malades, des lieux de distribution d'alimens pour les pauvres; plus de 3o,ooo personnes y reçoivent des secours chaque jour. Les mosquées comme les autres établissemens publics, sont en possession de recevoir les legs en argent ou en terres, que les personnes pieuses veulent leur faire : aussi n'est-ce pas une exagération de dire que ces établissemens jouissent maintenant d'une grande partie des richesses de l'empire. On peut citer à la suite des mosquées les nombreux couvens de religieux mahométans, qui composent plusieurs ordres différens, el qui, sous le uom de derviches, de sofis, possèdent des biens considérables. Le couvent des Meulevis y à Galata, passe pour le plus beau de tous.
La principale église des Grecs est Y église dite patriarcale ; celle des Arméniens est V église de Saint-George.
Constantinople offre plusieurs places remarquables. Toules sont appelées meidan, d un mot persan qui signifie plaine. La plus célèbre porte le nom d'At-Meidani ou place aux chevaux, parce que les jeunes Turks s'y exercent encore à monter à cheval; c'est l'ancien Hippodrome , el il esi encore orné d'un obélisque égyptien en granit de soixante pieds de haut, ainsi que des débris de la colonne aux trois scr/jens, qu'on croit avoir jadis supporté le fameux trépied offert au temple de Delphes par les Grecs vainqueurs a Platée; vient ensuite la place de To/t-Khana , qui est décorée d'une fontaine superbe.
On compte à Constantinople un grand nombre de bazars ou marchés, remplis de tout ce que l'empire offre de plus précieux. C'est là qu'on
àl» ABRÉGÉ DE GÉOGRAFH1K.
trouve ordinairement les médailles, les pierres gravées et autres objets curieux qu'enfanta l'ancienne Grèce, et qui, après un oubli de plusieurs siècles, sortent chaque jour du sein de la terre. Telle est la sûreté des bazars en général , qu'on a coutume d'y déposer les biens des mineurs , des orphelins et des voyageurs. Un genre de marché dont on se fait difficilement l'idée dans l'Europe chrétienne, c'est le marché d'esclaves. Là sont exposées les persounesà vendre. Les filles esclaves sont examinées par des matrones préposées à cet objet. Leur prix dépend de leur âge, de leurs attraits et de leurs talens pour la danse , la musique et la broderie. Des femmes font la spéculation d'en acheter de très jeunes, et de leur donner une éducation soignée pour les revendre. C'est le présent le phis précieux qu'on puisse offrir.
Outre les marchés proprement dits, il y a des khans, espèces d'hôtels réservés aux banquiers et aux gros comnierçans qui y suivent le cours de leurs affaires, et des caravanseraïs , c'est-à-dire séjour des caravanes, espèce de halles où descendent les voyageurs et les marchands avec leurs effets. On sait qu'en Orient, faute de sûreté su fusante sur les routes, les voyageurs ont coutume de se réunir ensemble, et traînent avec eux leurs bagages et presque tout ce qui leur appartient. Dans toutes les villes musulmanes, particulièrement en Asie, et d'espace en espace sur toutes les routes, le gouvernement ou des personnes charitables font construire de ces édifices, où les voyageurs et leur escorte trouvent un abri assuré.
On conçoit que dans une aussi grande capitale, et avec une situation aussi bien choisie, le commerce soit très considérable. Malheureusement les Turks sont paresseux, et ne tirent pas de leur position le parti convenable; d'ailleurs un très grand nombre de navires qui passent devant Constantinople ne s'y arrêtent pas. On sait que depuis l'essor qu'ont pris dans ces derniers temps l'agriculture et le commerce dans les provinces méridionales de l'empire Russe, le commerce de la France, de l'Italie, et de bien d'autres pays avec ces contrées, est devenu non moins florissant que dans l'antiquité. Jusqu'ici le sultan s'était réservé la faculté de fernier le Bosphore aux puissances qui lui portaient ombrage. Par le traité de 1829, la Russie a exigé que le passage fût entièrement libre.
Les Orientaux n'ayant pas de linge comme nous, et ayant conservé le goût de leurs ancêtres , font un fréquent usage des bains; on remarque à Constantinople plus de 3oo édifices destinés à cet objet ; les femmes surtout recherchent ce genre de plaisir. Privées de la faculté de se promener dans la ville , si ce n'est couvertes d'un voile, et ne pouvant recevoir aucun étranger chez elles , elles trouvent une société choisie dans les bains et y passent les journées entières; quant aux hommes ils ont la faculté de se rendre dans les cafés et les autres lieux publics. On trouve à Constantinople des cabarets ; mais ces maisons sont ordinairement tenues par des chrétiens et des juifs.
On se tromperait beaucoup si on croyait que Constantinople manque d'établissemens littéraires et de moyens d'instruction. Nous avons dit qu a la plupart des mosquées sont attachées des écoles où l'on enseigne à lire et à écrire, et des collèges destinés à l'étude de la logique, du droit et de la théologie. Le nombre des écoles primaires s'élève à i,?55; ou compte dans les collèges environ 1,600 jeunes gens qui reçoivent une éducation gratuite. C'est dans les principaux de ces collèges, qu'à l'exemple de
DESCRIPTION DU I/ELROPK.
ce qui se passe dans nos universités , se confèrent les grades aux etudians qui se consacrent à la carrière des emplois civils ou ecclésiastiques. Il existe encore quelques écoles supérieures, telles qu'une école de mathématiques, une école de navigation, une école de médecine et une école militaire fondées par le sultan actuel; la ville possède encore près de 40 bibliothèques publiques où se trouvent les principaux ouvrages orientaux, et qui pourraient fournir d'utiles supplemens aux collections analogues de Paris, de .Saint-Pétersbourg, etc. Eniin, Constantinople, outre son ancienne imprimerie rabbinique et arménienne , a une imprimerie arabe , persane et turque y qui, jusqu'à la fondation d'un établissement du même genre en Egypte par le pacha actuel et à Tauris par le prince royal de Perse, était la seule en possession de fournir les musulmans de livres consacrés à leur litteralure. Cet établissement , créé en 1717 et interrompu en 1746, a été restauré en 1784; il a été transféré à Scutari et acquiert tous les jours plus d'importance. On y publie toute sorte de livres, sans excepter les ouvrages qui nécessitent l'emploi de figures, tels que les livres de médecine et d'art militaire; le Coran seul est excepté, et il sert encore à occuper un grand nombre de copistes qui n'auraient pas d'autre moyen d'existence. Jl est vrai que la plupart de ces divers établisseraens ont été formés sur des bases surannées, ou sont d'une date trop récente pour avoir commencé à porter du fruit; le temps seul pourra féconder des semences d'une nature si différente. Une circonstance qui doit rendre les progrès plus lents , c'est que, malgré la publication d'une gazette arabe et turque qui s'imprime au Caire, le sultan n'a pas encore songé à établir un journal à Constantinople: il n'y existe d'ailleurs ni observatoire ni cabinet d'histoire naturelle.
Un genre de monumens qui dans ces derniers temps a excité les recherches des sa vans, ce sont les aqueducs qui fournissent de l'eau à Constantinople; les uns sont sur arcades, les autres forment des canaux souterrains. Les uns , ainsi que la plupart des citernes de l'intérieur de la ville, remontent au règne de Constantin; d'autres datent du bas empire; quelques-uns appartiennent à la domination ottomane. Les plus connus sont: Y aqueduc de Valcns , la citerne des mille et une colonnes , Y aqueduc a\e Justinien. Le général Andréossi , qui a fait une étude particulière de ce genre de monumens , a cru y reconnaître des procédés qui étaient en usage chez les anciens, et qui sont tombés en désuétude chez nous.
Constantinople étant le centre de l'empire, renferme tout ce qui se rapporte à l'armée, à la marine et au gouvernement civil. On trouve le long du port , les arsenaux, les chantiers de construction et tout ce qui appartient au matériel de la marine. L'arsenal militaire , situé dans le voi- MÛgG «'t appelé top-khana (dépôt de l'artillerie), contient une manufacture d'armes qui fournit des fusils, des bombes et des canons. Dans l'intérieur de la ville sont plusieurs casernes qui pourraient rivaliser avec les plus belles casernes de l'Europe civilisée. Les deux qui sont aux environs sont des espèces de camps retranchés pouvant renfermer une armée ; l'une porte le nom de Daoud-pacha , et 1 autre de Ramis - Tchifjlik. C'est dans celle-ci que, pendant la dernière guerre contre la Russie, le sultan planta son étendard, ne se montrant qu'en habit militaire, et annonçant l'intention de s'ensevelir sous les ruines de l'empire. On peut citer à la même ocra si on le fameux château des Sept- Tours, situé à I extrémité méridionale de la ville, sur les bords de la mer, et où l'on enferme les pri-
AKRÉGÉ DE GÉOGRAPHIE.
sonniers d'état. Quant aux remparts qui entourent la ville, ils consistent dans un double mur garanti par des fossés et fortifie de tours , et ils pourraient donner lieu à une défense formidable. Mais quelle armée ne faudrait-il pas pour garnir une si vaste enceinte!
Puisqu'il est ici question de fortifications, nous ne pouvons nous dispenser de parler de l'ouverture que présente le Bosphore, et qui pourrait voir arriver en moins de trois jours une flotte russe des côtes de Crimée. Les fortifications élevées à l'entrée du Bosphore en rendent l'accès fort difficile , et la côte n'offre point d'endroits favorables pour le débarquement ; d'ailleurs , la grande proximité de la capitale permettrait d'envoyer à temps du secours. Quant au passage des Dardanelles qui communique avec la Méditerranée, et qui en 1807 fut forcé par la flotte anglaise, les châteaux qui le bordent en Europe et en Asie présentent un aspect redoutable ; mais ouverts du côté de terre et entourés de hauteurs , ils seraient facilement tournés par des troupes de débarquement, et ne pourraient résister à une attaque combinée de terre et de mer. La plupart des fortifications des Dardanelles et du Bosphore ont été élevées sous la direction d'officiers français.
Outre Sainte-Sophie, les aqueducs, une portion des remparts et les monument de l'Hippodrome, il reste encore à Constantinople des débris de l'ancienne domination des Césars. On peut citer la colonne dite historique, et représentant les exploits de l'empereur Arcadius; les vestiges du palais des Blaquernes ; la colonne brûlée, située près de l'At-Meidani et dont les débris ont encore environ 90 pieds de haut; la colonne corintftienne, érigée en mémoire d'une victoire remportée sur les Goths, et qui est placée dans les jardins du sérail; les bas-reliefs qui ornent l'ancienne porte du château fies Sept- Tours; mais les Turks, par une suite de leur horrenr pour les figures, ont brisé ou mutilé la plupart des statues et des bas-reliefs; d'ailleurs, dès l'aunée iao4, lorsque les croisés de France et d'Italie entrèrent dans la ville, ils y firent des ravages irréparables: les incendies ont porté le dernier coup.
La ville est accompagnée de plusieurs faubourgs considérables: celui àlÂyoub est ainsi appelé du nom d'un compagnon du prophète qui y fut tué, lors du premier siège de Constantinople par les musulmans, l'an 668 de notre ère ; les Turks y construisirent plus tard en l'honneur d'Ayoub une mosquée où les sultans en montant sur le trône, sont dans l'usage d'aller ceindre le sabre, cérémonie qui leur tient lieu de couronnement. Ce faubourg est situé à l'ouest de la ville, vers le fond du port. Les autres sont placés de l'autre côté du port; ce sont, outre l'arsenal proprement dit et ses dépendances, Pera et Galata. Galata est le quartier des négocians, Pera celui de la diplomatie. C'est à Pera que les ambassadeurs des puissances chrétiennes ont établi eux et leur suite leur séjour; dans les villes du Levant les chrétiens n'osent pas se mêler avec les musulmans, et ils adoptent un quartier particulier, autant pour leur sûreté commune que pour les a^iémens de la société. Pera, par son élévation, domiue le Bosphore , le sérail , le port et une bonne partie de la ville. Rieu de plus frappant que ce mélange de costumes, d'idiomes, de mœurs et d'usages ; cette diversité se fait remarquer surtout dans les fêtes que donnent les Européens, et auxquelles assistent depuis quelque temps le sultan et les officiers de sa cour.
DESCRIPHON DK L'KIÏROPK.
Derrière Pera et Galata est un autre faubourg appelé Saint-Demetri et qui est occupé par les Grecs; ce faubourg ne doit pas être confondu avec le Fanal ou Fanar, quartier habite par les anciennes familles grecques qui depuis long-temps étaient en possession de fournir des hospodars à la Valachie et à la Moldavie. Le Fanal est situé sur le port, dans l'intérieur de la ville.
Les Turks étant naturellement graves et sédentaires , sentent peu le besoin des promenades; aussi en existe- t-il peu dans les environs de Constantinople. On rencontre seulement ça et là des kiosks et des fontaines élevées par la piété des Gdèles , et auprès desquelles les musulmans viennent fumer et boire du café; l'heure de la prière arrivée, ils font leur ablution, tendent un tapis à terre et s'acquittent de ce qu'ils regardent comme un devoir sacré. On ne voit guère les musulmans se promener que dans les cimetières, surtout celui qui avoisine le faubourg de Pera. Les cimetières sont plantés d'arbres, particulièrement de cyprès, et les tombes sont couvertes de fleurs ; ce mélange d'images tendres et lugubres inspire une mélancolie qui plaît à l'âme. Il est remarquable que les Turks de la capitale, ayant conservé une espèce de prédilection pour l'Asie , berceau de leur religion et de leur nation , préfèrent se faire enterrer sur les côtes d'Asie; aussi trouve-t-on à Scutari un cimetière qui est regardé comme le plus vaste de l'empire. Un genre de promenade que les musulmans recherchent beaucoup , c'est la promenade en bateau sur le Bosphore et vers les îles des Princes; le soir, dans la belle saison , l'eau est sillonnée dans tous les sens et l'on jouit du plus beau spectacle qu'offre la nature.
On est loin de connaître d'une manière précise la population de Constantinople; chaque année, suivant la remarque de M. Reinaud , la population des provinces, fatiguée par la tyrannie des agens subalternes, vient y chercher un refuge ; et le gouvernement craignant de ne pouvoir suffire à l'approvisionnement d'une grande multitude, est obligé de renouveler de temps en temps la défense d'agrandir la ville par de nouvelles bâtisses. Nous croyons pouvoir évaluer le nombre des habitans de Constantinople à 600,000.
Autant, dit le général Andreossy, les environs de Constantinople sont incultes, arides et prives d'arbres et d'habitations, autant les coteaux des deux rives du Bosphore sont rians et peuplés de jardins, de villages, de palais , de kiosks, de fontaines, de bouquets de bois. Ils n'offrent pas d'interruption d'une extrémité à l'autre du canal: disposés sans art, ces objets si diversifiés imitent dans leur ensemble la prodigieuse variété de la nature. Parmi les nombreuses localités qui méritent d'être citées, uous nommerons : Belgrade, dans une situation charmante, autrefois séjour d'été de plusieurs Européens, enais que le mauvais air a engagé à déserter ; c'est encore l'endroit où se retirent les plus riches familles chrétiennes de Pera et de Galata lorsque lu peste fait ses ravages à Constantinople. Doulukh-Bakiche, avec un palais du grand -seigneur construit d'après le goût chinois. Bechiktach, remarquable par le magnifique palais du grand-seigneur qui se trouve dans sou voisinage et dont une grande partie fut brûlée en 18 16. Kouroutchesme , où les principales familles grecques se retirent pendant l'été. Ro 11 m i ly- Hîtsar, le plus fort de tous les châteaux qui défendent le Bosphore, presque au milieu du canal. Therapia , avec un grand nombre de m.dsous de campagne. Houiouk- De'rc , lieu considérable , orné d'un quai serxant de promenade; la plupart des ministres européens y (tassent tout le temps de la belle saison.
Plus loin et dans un ravon de 40 milles, au milieu des hauteurs du Strandjea , on trouve Isdchiguis, petite ville remarquable par ses sources minérales et surtout par ses nombreuses habitations taillées dans le roc vif, formaut des étages et de longues suites; c'est
uue véritable wUe de Troglodytes , semblable à celle qu'à la page 337 nous avous décrite dans la vallée d'Ipsic a eu Sicile. Sur le bord de la n cr de Marmara on voit Siliv&ia , beaucoup plus coosidérable que la précédente, avec un port fréquenté par plusieurs petits bâtimens. Tous ces lieux soul en Europe.
Scutari, sur le Bosphore, est située en Asie, vis-à-vis Gonstantinople, dont elle est regardée comme un des faubourgs. Quoique bien déchue, cette ville est encore très commerçante, étant le rendez-vous des caravanes de l'Asie qui font le commerce de Coustantinoplc et d'une partie de l'Occident. Elle est remplie de belles maisons et de mosquées; on y voit aussi les plus beaux cimetières de l'empire Ottoman , étant le lieu que les plus riches Turks de Constantinople choisissent pour se faire euterrer. Sa population peut s'élever encore à 35,ooo habitans.
Adrianople ou AjtDBiiîOPLE (Ederneh des Turks) , située partie sur une colline et partie sur les bords de la Tundja, près de son confluent avec la Maritza. On la regarde comme la seconde capitale de l'empire; les sultans y ont résidé depuis i366 jusqu'en i453, époque où ils transférèrent leur résidence à Constantinople. Parmi les bâtimens les plus remarquables qui décorent la seconde capitale de l'empire Ottoman, il faut d'abord nommer la mosquée de Sélim 11 , regardée comme le temple le plus magnifique que l'on ait encore élevé à l'islamisme; on dit que son immense dôme, soutenu par des colonnes de porphyre, est de a pieds plus haut que celui de Sainte-Sophie à Constantinople; il faut monter 38o inarches pour arriver à la galerie supérieure de ses quatre minarets, d'où l'on jouît d'un coup-d'œil superbe ; on admire leur grande élévation et leur forme svelte et élégante. Viennent ensuite la mosquée de sultan Bajazet 11 , surmontée d'une belle coupole et de deux minarets ; celle de sultan Mourad 11, dite aussi Outch-Serfcli , située au milieu de la ville et ornée de neuf coupoles et de quatre minarets. Mats on doit mentionner un bâtiment d'un autre genre qui vient immédiatement après la mosquée de Sélim II ; c'est le bazar d'Ali Pacha ; M. Alexander le regarde comme un des plus beaux du inonde; sa haute galerie a près d'un quart de mille de longueur. On ne doit pas oublier Y Eski-Seraï ou l'ancien palais des sultans, bâti hors de la ville sur les rives de la Tundja; abandonné depuis long-temps, ce magnifique bâtiment a beaucoup souffert; la tour octogone, entourée de beaux kiosks qui s'élèvent dans sa vaste cour intérieure, et la belle porte, par laquelle on y entreront maintenant les parties les plus remarquables de cette résidence , où les sultans , dans la plénitude de leur puissance , ont reçu avec un luxe asiatique les ambassadeurs de tant de princes dont ils étaient le fléau et la terreur. On doit aussi mentionner le bel aqueduc qui fournit l'eau à la ville, le pont sur la Tundja, les murailles et les portes de construction romaine , plusieurs inscriptions découvertes dernièrement et le tronc d'une statue colossale d'environ 1 1 pieds de haut , qui , d'après les traditions populaires, aurait représenté l'empereur Adrien. Andriuople est le siège d'un grand-mollah, d'un archevêque grec, et possède plusieurs écoles supérieures turques; elle se distingue aussi par son industrie , dont les articles principaux sont les étoffes de soie, de laine et de coton, les teintureries, les distilleries d'esseuce et eaux odoriférantes, les maroquins, les tanneries et les fabriques de tapis; elles forment avec les productions de son fertile territoire la base de son commerce florissant, dont le principal débouché est le port d'Euos. Les principaux articles d'importation consistent en draps, étoffes et galons de Lyon, en sucre, café , cochenille, indigo et petites calottes rouges vulgairement appelées faz; ceux d'expor-
DESCRIFllON DE L'EUROffi. 523
talion, cm belles laines, cuirs, « m-,, suk^ «|. Xaiiora et autres marchandises propres an\ fabriques enropeeimes. On ne connaît pas la population de celte \ille; nous lui Accorderons 100,000 Ames, en suivant l'opinion d'an voyageur recrut, M. Alexander. Depuis Iepoquc où les Turks cninrent à Andrinople, cette ville n'avait pas vu flotter l'étendard chrétien Les Russes l'ont occupée peudant quelque temps en 1829.
Parmi les lieux les plus reniai quables situés autour d' Andrinople , dans un rayon de 40 milles, nous nommerons les suivaos : Tchirmen , petite ville, chef-lieu d'un sandjak; Ujisb Mustapha (Mustapha Pacha Ku-pri, c'est-à-dire [Mut de Mustapha), petite ville, remarquable |>ar son beau pont sur la Maritza; Drmotica, importante par sa population qu'on porte au-dessus de 1 5, 000 âmes, par son siège grec archiépiscopal, par la belle poterie qu'on y fabrique et jwr ses étoffes de laine et de soie; Kinr-Kilissi , chef-lieu du sandjak de ce nom; m s nombreux Juifs fournissent une grande partie du beurre et du fromage consommés à Constant inople.
Voici les autres villes les plus remarquables de la Romémk :
Dans l'intérieur nous nommerons : Philippopom (Filil>é des Turks), grande ville, à laquelle M. l'aima accorde 3o,ooo habitaus, et florissante par ses f.ilu njoes de soieries, de draps et de toiles de coton , et par sou commerce; elle est le siège d'un archevêché grec et offre q in iques restes d'antiquités iutéreasiuj; le tremblement <k- («-ne de 181S détruisit une grande partie de ses édifices. Tatar-Hazardjir , sur la grande route de Helgrade i Con»taotinople; on lui accorde 10,000 âmes; on y avait établi uue horloge publique avant l'année i658. Esri-Saora, située au pied du Halkau , au milieu de ta m j Lignes bien cultnées, arec plusieurs fabri<|ues de tapis et autres objets; ou porte au-dessus de 18,000 âmes sa |K>pulalion; ses baini sont très fréquentés. Kaisaki.ik. , dau<< les défilés du Halkau, avec environ 10,000 âmes. Semmkia (lslemje des Turks), prés de l'important défdé du Halkau, nommé Demir Kapou ou Porte de Fer; sa foire est une des plus importantes de l'empire; on y fabrique divers articles tres recherchés comme étoffes communes de laine, canons de fusil, carabines très estimées chez les Turks; ou y prépare une grande quantité d'essence de rose, et des terreius immenses sont consacrés à la culture de cette fleur. Des relations modernes lui accordent ju*qu a ao.ooo habitaus presque tous Bulgares. Ourouhdjov a, importante par son commerce et par sa foire, qui, comme celle de Selimnia , est le rendez-vous des principaux négocians de l'Asie-Mineurc, de l'Arménie, de la 1 1 nnée, delà Russie, de l'Allemagne, de la Pologne et des pays circou voisins.
Sur la côte de l'Archipel on trouve : Ravala, petite ville, importante par son petit port et par ses grandes plantations de tabac. Ehos, qu'on peut regarder comme le port d 'Andrinople , dont elle est le débouché principal ; on lui accorde 7,000 hnbitans; son port est sûr et commode.
Sur la mer Je Marmara on voit: Galmpoli, sur la péninsule de ce nom. graiulc ville , avec un port à l'entrée du détroit des Dardanelles et uu évéché grec. Ses fabriques de maroquin qui jouissent d'une grande célébrité, sou commerce assez éteudu , ses magasins pour l'approvisionnement de la flotte ottomane et les 80,000 habitaus que M. Turner lui accordait en 1 8 1 5 , la placent à coté des principales villes de l'empire ; le capilaupacha,qui résideordinairementàConstantinople,y tenait son lieutenant , de qui dépendaient jusqu'à ces derniers temps tous les pays compris dans le saudjak auquel Gallipoli donne son nom. Kimd-Raiir , petite forteresse, la plus importante de celle* construites sur la côte d'Europe pour défendre le passage des Dardanelles; on la nomme aussi le Château d'Europe ; elle est armée de 1 55 canons dont plusieurs d'un calibre énorme ; vis-à-*. is , sur la côte d'Asie, s'élèvent les batteries de Stiltanie-Kalessie, armées de 196 pièces. BovALLt-K alessîe, l'ancien Sestos, autre batterie de 5o canons; \iva vis, sur la côte d'Asie, est situe N a g a ra-B ou r uni , l'ancien Abydos^ armé de Si «nions; c'est là, selon le capitaine Trant , le seul ouvrage >ur le détroit qui , étant entouré de muraille-» . fut susceptible d'être défendu du côté de terre. Nous ajouterons que , d'après cet officier anglais, toutes les batteries élevées sur la côte d'Europe comptent 33a canons et 4 mortiers; celles qui défendent la côte Asiatique ont 482 canons et 4 mortiers, ce qui fait un
total de 8 1 4 pièces de canons et 8 mortiers. Rodosto . ville florissante par son commerce elle est le siège d'un archevêché grec et parait avoir pris beaucoup d'accroissement dans ces dernières aunées, puisque un voyageur récent lui accorde 40,000 habitans.
Sur la côte de la mer Noire ou à quelques milles de distance on trouve : Minus, petite ville , remarquable par ses monumetu soutcrtxùn* très curieux , qui ont appartenu à Pan» cienne Salm ydessus ; M. AJexander attribue aux Génois ses fortifications et lui accorde de 6 à 7,000 babitans. Visa, petite ville, qui n'est importante que parce qu'elle est le chef-lieu du sandjak de son nom. Ikada (Aïnada) , petite ville, qui jouit d'une triste célébrité, étant regardée par les ,Turks comme la place la plus malsaine de toute la côte de la mer Noire ; sa garuison y est changée tous les 1 5 jours ; sans cette précaution tous les soldats succomberaient aux fièvres malignes causées par les miasmes délétères qui s'élèvent des marais qui l'environnent. Bourgas , que sur l'autorité de M. Alcxander, nous qualifierais de petite vil'e, en dépit des cartographes qui la représentent comme uue ville très considérable; sou port la rend très importante en temps de guerre; cet officier ne lui accorde que 4 à 5,ooo âmes.
Les principales villes de la MACÉDOINE sont :
Salonique {Selaniki des Turks et Thessahnica de la géographie ancienne), grande ville, située presque au milieu des côtes de Macédoine , au fond du golfe qui porte son nom , et au pied du mont Kortiach, contre lequel elle est en partie bâtie. Vue de la mer, son aspect, est celui d*un vaste amphithéâtre demi-circulaire, dans lequel les maisons et édifices •'élèvent par degrés jusqu'à la moitié des hauteurs sur lesquelles la ville est construite. C'est sans contredit la première place commerçante de la Turquie d'Europe après Coustantinople ; toutes les nations maritimes de celte partie du monde y entretiennent des consuls, et son port reçoit tous les ans plusieurs centaines de vaisseaux étrangers; les négocians européens y ont établi une poste régulière avec Constantinople aussi bien qu'avec Vienne en Autriche, et deux fois par mois des courriers arrivent et partent à jours fixes. Salonique tient aussi un rang distingué parmi les villes les plus industrieuses de l'empire, par ses fabriques de coton supérieures à celles de Smyrne, par ses fabriques de maroquin, de tapis, d'étoffes de soie et de plusieurs articles en cuivre, acier et fer. Elle est la résidence d'un archevêque grec, d'un grand-mollah et du grand-hakam des Juifs, espèce de grandprêtre de cette religion, dont les disciples qui y sont très nombreux, possédaient jadis une école célèbre regardée comme leur université. 1-es Juifs partagent avec les Grecs la supériorité dans les manufactures et le commerce de la ville. Une grande partie des Turks qui habitent Salonique, est regardée comme de race juive; aussi les musulmans de la ville sontils distingués en deux classes. Salonique n'est pas fortifiée, mais seulement environnée de murailles construites en partie sur fondations en pierre de taille d'une épaisseur extraordinaire, et Hanquécs de tours. Cinq portes dounent entrée dans la ville. La porte du Vardar, ainsi appelée parce qu'elle mène à ce fleuve, est un ancien arc de triomphe , élevé probablement en l'honneur d' Auguste. On ne doit pas oublier un autre arc de triomphe assez bien conservé, que les uns attribuent à Constantin et d'autres à Antanin; mais un tiers de sa hauteur est enseveli dans le sol. Eu général Salonique est un lieu très important par les monumens d'architecture qu'elle possède, et par les objets d'antiquité, tels que médailles, mosaïques et bas-reliefs qu'on y découvre chaque jour. Dans le quartier grec est l'ancien Uippodivnie , et au milieu des constructions modernes qui obstruent l'ancienne grande rue , on distingue des restes d'une colonnade
n&SCRIP'IION DE L'EUROPE. 52à
bâtie sous Néron avec huit statues. Ces statues reçurent dos juifs d'Espagne le nom de las < ncantadas (figures enchantées), nom qu'elle^ conservent encore; quant aux Turks ils les nomment soureti malrk , c'est-à-dire figures d'anges. Cette ville était jadis célèbre par ses relises; la plupart ont été converties en mosquées, et on y distingue h peine quelques traces de leur ancienne origine. Il est vrai que quelques-unes, dit-on, n'étaient pas l'ouvrage des chniinis, et avaient été primitivement elewes par les païens. La mostjurr de Cassim est l'ancienne enlise de Saint- George, UEskt-djunit <>u vieille mosquée , composée de deux temples <t revêtue de porphire et de jaspe, est la célèbre église de Saint- Ih nittrius. On en pourrait dire autant de la Rotonde , bâtie sur le modèle du Panthéon de Rome, et de Sainte-Sophie y construite à l'imitation de Sainte- Sophie de Constantinnple. Les trois principaux marchés de Salonique sont ceux de Sulidjv- khan , Mustapha-pacha khan et Miita-khan. Quelques palais y attirent aussi l'attention des curieux par leur luxe intérieur. On sait que cette ville et la résidence de plusieurs familles distinguées, entre autres de celle dcsCihavrinos, descendant du conquérant de la Macédoine sous Amurat II. La population de Salonique nous parait pouvoir être évaluée à 70,000 habitans.
Dans 110 rayon «le ;6 milles on trouve: Sedes, village, <lans les murons immédiats deSaloniqm , remarquable par ses bains mmeiaux assez fi equenlé*. Oi roi moju, autre village, où un grand nombre de Francs se retirent pendant la belle saison. I».ntojR-VAadu, petite ville, importante par son industrie et par ses vastes plantations de tabac, regardé comme le meilleur de la Macédoine; ou lui accorde 6,000 âmes; dans son voisinage on soit les ruines de l'ancienne Pella, où naquit Ale\andre-le Grand. Karaveria, importante par ses nombreuses fabriques de coton et ses teintureries, ainsi que par les carrières de inarbre rouge «pion exploite dans ses environs; M. Iteaujour lui accorde 8,000 habitans. Voni.iv, qui correspond à l'ancienne Edessa, première capitale des Macédoniens et asile funèbre de leurs rois ; l'Eordsus ( Vistrixa) forme parmi ses édifices plusieurs cascades pittoresques; c'est le siège d'un évèché grec.
Seres , assez grande ville , située au pied des montagnes , à quelques milles à Pat du lac Takinos, florissante par ses fabriques de coton, de luine et de tabac, et remarquable en ce qu'elle est le ceotre de la culture et du commerce du coton de la Turquie Européenne. On lui accorde une population de 3o,ooo âmes en biver ; ce nombre est réduit à environ 1 5,ooo pendant Tété, à cause du mauvais air qui oblige les habitans les plus riches à se retirer sur la montagne voisine nommée E grisou, où depuis plusieurs années il s'est formé une nouvelle ville. Seres est le siège d'un archevêché grec et dépend d'un bey, qui est un des plus puissans feudataires de l'empire Ottoman. On y trouve quelques antiquités. Orfbaro, petite ville, commerçante, située sur le golfe auquel elle donue son nom , et que les Grecs nomment Confessa. Dram» , ville assez florissante par ses manufactures de calicot et de tabac, et dont les environs sont d'une grande importance historique et archéologique, parce qu'ils offrent les ruines Je Philippi, qui, malgré leur importance, n'ont encore été visitées par aucun voyageur récent ; Belon qui les examina en détail cite de grands tombeaux de marbre blanc, un amphithéâtre de forme ronde, plusieurs statues et les restes d'un temple élevé à Claude. C'est dans le voisiuage de Philippi qu'eut lieu la mémorable bataille qui, pour la seconde fois, décida du destin de Rome; celte ville ruinée joue un rôle non moins important dans les annales de la religion chrétienne; c'est dans ses murs que l'évangile fut prêché pour la première fois en Europe, al qu'on y éleva le premier temple chrétien ; c'est aussi à Philippi qu'eut lieu I emprisonnement de saint Paul.
Dans ce même raven, mais vers le sud-est de Salonique, commence l'isthme de la célèbre péninsule Chalcidique , à l'extrém té de laquelle s'éieve le Mort Athos, nommé Hagion Oros (Montagne Sainte) par les (irves modernes. Avant les troubles et lev dévastations qui eurent lieu dernièrement dans cette partie de l'empire Ottoman . cette mon-
Digitizod
tagne célèbre portait sur ses flaucs plusieurs bourgades, 23 couvens, outre 5oo chapelles , cellules et grottes qui servaieut d'habitations à plus de 4,000 moines; ceux nommés ermites, dont on comptait une vingtaine, vivaient daus des grottes. Ces moines, entre leurs offices religieux, labouraient la terre, cultivaient des vignes et des oliviers et élevaient un grand nombre d'abeilles , qui les mettaient en état d'exporter annuellement de 36 à 40,00» okas de cire; plusieurs fabriquaient un grand nombre d'images saintes, de couteaux, de cuillers et autres objets en bois qui formaient des articles imporlans déportation par le port é.4 Ivara, bourg fortifié, situé sur le côté orientale de cette montagne et habité par environ 5oo moines. C'est encore ici que se trouvaient le premier séminaire ecclésiastique de l'église grecque et son école théologique la plus célèbre, ainsi que les débris des fameuses bibliothèques qui fournirent, il y a quelques siècles, à l'Europe savante les manuscrits de tant de chefs-d'œuvre de l'ancienne littérature grecque. Nous rappellerons avec Malte- Brun , que c'est la philosophie qui a préparé à la piété cette demeure solitaire et romantique; Philostrate nous apprend, qu'un grand uombre de philosophes grecs avaieut coutume de se retirer sur celte montagne pour y mieux contempler les cieux et la nature. Le mont Athos joue aussi uu grand rôle dans l'urologie si imparfaite des anciens géographes, qui lui attribuaient une élévation extraordinaire, daus la supposition que le soleil était visible à son sommet trois heures plus tôt que sur les côtes de la mer Egée; mais M. de Humboldt a réduit à sa juste valeur cette opinion absurde , en démontrant que sur la cime du pic de Ténériffe, dont la hauteur est presque double de celle du mont ai h os . le soleil n'est cependant visible que ia minuies avant de l'être au bord de l'Océan. Nous ajouterons quafiu d'éviter le passage de ce promontoire, si désastreux poyr la flotte de Darius , Xercès fit couper l'isthme qui l'attache au continent ; que M. Choiseul et un savant marin , M. Dumont d'TJrville, ont reconnu les vestiges de ce canal artificiel, qui a disparu par la suite des temps; et nous rappellerons enfin qu'un architecte à grandes idées proposa a Alexandre de tailler cette montagne de manière à représenter un colosse qui tiendrait une ville dans sa main.
Au sud de Salonique , mais un peu vers l'ouest , s'élève le majestueux Mont Lâcha , qui est I'Olymfe des anciens Grecs ; il sépare la Macédoine de la Thcssalie et est la pin* célèbre de toutes les montagnes , connues anciennement sous ce nom ; Homère en fit le séjour des dieux. Elle est aussi remarquable en ce qu'elle est probablement une des premières montagnes qui aient été mesurées; Xenagoras lui accordait 10 stades de hauteur perpendiculaire, mesure que Barthélémy réduit à 960 toises; Bernoulli ne lui accordait que 1,017 el M. de Beaujour 1,000 seulement; en admettant avec M. Mano, géographe grec, qu'elle conserve la neige toute l'année, elle n'aurait pas moins de 1,700 toises, et serait le point culminant de toute la Péninsule Orientale. Nous rappellerons que, selon le docteur Clarke, tous les ans , le 20 juin , le prêtre du village de Se a m nia va célébrer une messe dans la chapelle élevée sur un des plus hauts sommets de l'Olympe; c'est la continuation d'une ancienne fête religieuse qu'on y célébrait au temps du paganisme.
Le géographe ne doit pas oublier de sigualer plusieurs autres villes de la Macédoine remarquables sous bien des rapports. Nous indiquerons les principales d'après leur position géographique. Sur le versant oriental du Pinde on trouve : ïor.t-MonASTia ou Bitolia , assez grande ville, a laquelle la résidence du Roméli- Falicy ou grand prévôt , qui exerçait une sorte de police sur toute la vaste division que les Turks appellent Romélîe, donnait une grande importance, et l'a fait prendre même pour la capitale de cette grande division administrative de l'empire Ottoman ; on lui accorde i5,ooo habitaus. Kastoria (Kessriê des Turks), sur le beau lac qui porte son nom, siège d'un archoiêché gtvc; on portait sa population de 7 à 18,000 âmes! Dans ses environs vivent les K astarèses , mélange bizarre de Scrviens et de Vainques.
Dans la vallée du Vardar on trouve : liseur ou SsoriA , chef-lieu d'un sandjak , siège d'un archevêché grec; on vante beaucoup la beauté de sa position, son architecture et ses tanneries; pop. environ 10,000 âmes. Keufeurleu ou Keupki m , petite ville, d'environ 4.000 Ames, importante par son pont de pierre sur lequel on (tasse le Vardar; Istib , par ses fabriques de fer et d'acier ; on la regarde comme identique à l'ancienne Stori.
Daus le eentre et vers la frontière orientale on voit : Stromza ou Strcbutitza , autrefois importante par ses fortifications et encore aujourd'hui par ses sources chaudes; Petrovtcw ,
chef-lieu d'un petit district qui a\ant l'insurrection fournissait annuellement près de 10,000 balles d'excellent la bac connu sous le uooi de Petricfi. Mblu» , petite ville, d'environ 5,ooo âmes , siège d'un archevêché grec.
Sur le versant méridional de la chaîne du mont Argenlaro est située Kustekdil, ville de médiocre étendue, chef-lieu du saodjak de sou nom , avec un archevêché grec, des bains chauds sulfureux et peul-clrc 8,000 hahitans. A quelques milles de dislance, vers l'est de cette ville , on trouve plusieurs lieux remarquables ; nous nous l>ornerons à nommer Rahatova, gros bourg , très important par la mine de cuivre argentifère qu'on dit cire exploitée dans son territoire, et par ses nombreuses fabriques de chaudrons et autres ustensiles en cuivre.
Nous placerons provisoirement ici les villes suivantes, situées sur le versant septentrional du mont Orl>elo ou Argcutaro ; ces villes ont jadis appartenu à la Servie, mais n'étant pas comprises dans les six districts qui doivent être rendus à celle principauté , elles ne sauraient être placées avec cette partie maintenant tnut-à-fait distincte de l'empire Ottoman. Pikistlva ou Pristina, ville de médiocre étendue, siège d'un évéché grec et de l'inspectorat des mines de la Macédoiuc; M. Palma lui accorde 10,000 habilans. Kossova, petite ville, remarquable par les deux grandes batailles gaguées par les Turks en 1389, et t44» . et par le monument funéraire élevé a Amurat lpr, qui y fut tué par un seigneur bosniaque; une garde de derviches est chargée de l'entretien des lampes qui y brûlent nuit et jour. Nova-Hkrd* , importante par les mines d'argent qu'on dit être exploitées dans son territoire; Vraka, par ses forges, ses fabriques de faux et d'armes.
C'est encore ici qu'il nous semble plus convenable de placer les petites îles européennes que les derniers traités ont laissées sous la domination ottomane ; on |>eut les regarder comme des dépendances géographiques de la Romélie; ces îles sont : Thasso (Thassos des anciens Grecs et Tfiâchos des Turks), qui n'offre rien de remarquable à l'exception de ses beaux marbres, dont on ne fait aucun usage. Samothwari (Samothrace des anciens Grecs et Scmcnderck des Turks) , si déchue de nos jours et si renommée dans toute l'antiquité par les mystères qu'on y célébrait en l'honneur des dieux Cabires , et auxquels les plus grands personnages étrangers s'empressaient de se faire initier ; le temple consacré à res dieux était un asile sacré et inviolable. C'est dans cette île qu'a été découvert le célèbre bas-relief d' Agamemnon , conservé au Louvre et réputé l'un des plus anciens monumens de l'art grec. Imbso (Imbras des anciens Grecs et Irnrouz des Turks) , moins déchue que la précédente , et comme elle , consacrée anciennement aux dieux Cabires. Livho ou Stalimenx (Lemnos des anciens et Limno ou Limni des Turks), la plus importante de ce groupe; Le m no (Myrina des anciens), petite ville, avec un port , une citadeileet environ 1,000 habitans, en est le chef-lieu ; on y construit plusieurs navires marchands. Cette île offrait autrefois un des quatre fameux labyrinthes de l'antiquité, remarquable surtout par ses i5o colonnes, qui selon Pline pouvaient être facilement mises en mouvement sur leurs pivots malgré leurs énormes dimensions. La terre sigillée qu'on extrait encore avec de grandes cérémonies des collines au nord-ouest de File , et qu'on vend pour le compte du gouvernement , a beaucoup perdu de sa célébrité depuis que la médecine moderne a réduit à leur juste valeur les propriétés extraordinaires que l'ignorance et la superstition loi avaient attribuées.
Les villes principales de la THESSAL1E sont :
La&issz (Larissa des anciens ; Icnischehr des Turks), assez grande ville, située sur les bords de la Salampria , presque au centre de cette province, qui avanf la dernière guerre était une des contrées les plus florissantes de la Turquie. Une population qu'on portait à 3o,ooo âmes, plusieurs fabriques de coton , de soie, de maroquin et de tabac, et surtout ses fameuses teintureries en rouge lui assignaient une place distinguée parmi les principales villes de l'empire. Toutes les grandes routes de la Thessalie y aboutissent et contribuent à la rendre le centre d'un commerce étendu. Larisse est le siège d'un archevêché grec. Son pont de 10 arches paraît être la construction la plus remarquable qui mérite d'être mentionnée.
Dam un rayon de «7 milles on trouve : Tricaul (Tirhala), ville de médiocre étendue , importante par son château, par sa population estimée à 12,000 Ames et parce qu'elle est la résidence du pacha qui gouverne cette province et d'un archevêque grec. Dans ses environs sont situés les défi lés du cantou d' Agrafa, susceptibles d'une longue défense; ils conduisent dans la Basse-Albanie ou Epire; et les Métiora (les hauts lieux) , série de monastères situés sur des pics escarpes et isolés, où Ton ne monte que dans des corbeilles suspendues à des cordes; ces retraites extraordinaires sont des cavernes naturelles ou des chambres taillées dans le roc; aujourd'hui on ne compte que dix de ces couvem.
Toorkavos, petite ville , renommée par la fabrication de ces étoffes légères , t issues de coton et de soie , connues dans le commerce européen sous le nom de bourres de la Grèce. Ambelaria, dans la vallée de Tempé, gros bourg auquel on accordait 6,000 habitans, dont la plupart étaient occupes à la fabrication du fil de coton rouge regardé comme le plus beau de tout l'empire. Baba ou Baba Hassan , renommé par la même industrie, mais habité presque exclusivement par des mahométans. Poarsala (Sataldjé des Turks) , à jamais mémorable par la victoire remportée par (&ar sur Pompée, et encore assez importante par son industrie, son commerce, son siège grec épiscopal et par sa population, que les uns portaient à 5 et d'autres à 7,000 âmes. Nous avons déjà décrit à la page 5a6 le Mont Olym ps compris dans ce rayon.
Les autres villes les plus remarquables de la Thessalie sont : Zacora , gros village situé près de la mer , chef-lieu du canton de ce nom , naguère si florissant par la culture de» vers à soie, qui lui rapportait annuellement des sommes très considérables; gouverné par ses propres lois, ce riche cantou formait une espèce de république, qui ne reconnaissait que l'autorité de la sultane Validé. Volo, petite ville, remarquable par le beau golfe auquel elle donne le nom , mais qui n'a rien de l'importance de l'ancienne Demetriade , station navale qui, avec Chalcis et Gorinthc, était censée dominer la Grèce. Tireri , petite ville , avec un beau port à l'entrée du golfe de Volo ; avant les derniers troubles c'était un des plus fréquentés de l'Archipel; on lui accordait au-dessus de 5,ooo âmes. Zritour? ou Izoibt , petite ville fortifiée, non loin du golfe auquel elle donne son nom. Pktraojir, presque au milieu de la belle vallée de l'Hellada , petite ville, naguère importante par son commerce et par son siège grec archiépiscopal.
La BULGARIE et ses dépendances nous offrent les villes suivantes : Sophia ( Triaditza des Bulgares), située entre l'Isker et la Nissava, et environuée de hautes montagnes, grande ville, mal bâtie comme presque toutes les autres villes de la Turquie, résidence d'un métropolitain grec et d'un archevêque catholique. On la regardait comme le chef-lieu du sandjak de son nom , et elle était censée la capitale de l'eyalet de Roum- Ili. Son commerce florissant était alimenté par plusieurs fabriques de draps, de soie , de tabac et par de nombreuses tanneries. On lui accordait depuis 3o jusqu'à 5o,ooo habitans.
Dans un rayon de 40 milles on trouve : Ibtmak (Ichleman), très petite ville, sur le grand chemin de Constantinople; on commence à y monter le Baikau pour passer le fameux défilé nommé Soulu Derbend ou Porte de Trajan, à cause des restes d'une porte attribuée à cet empereur. Samarop, petite ville, dans une haute vallée, importante par ses inines de fer exploitées depuis long-temps et par les florissantes usines où l'on travaille ce métal. Dans ses environs est située la fameuse gorge nommée K i s Derbend, qui , avec le Soulu Derbend et ses branches, forme la grande position militaire centrale qui domine la Turquie d'Europe. Dupikdjia (Dupnizza) , censée appartenir à la Macédoine, autre petite ville, située dans une haute vallée, et florissante par les mines de fer de son voisinage, dont on travaille le métal dans ses forges; on lui accorde 6,000 habitans. Bkrkofdjia (Bergovacs), petite ville, importante parla riche mine d'argent exploitée dans ses environs; Mostapha Palaxra, par ses fortifications; Nissa , par ses fortificatious, son siège épiscopal grec; on lui accorde environ 4,000 habitans.
Choumla ou Schoumua , agréablement bâtie sur une colline, assez grande ville k laquelle on accorde au-dessus de 3o,ooo habitans et qu'on
place justement parmi les principaux boulevards <l«i l'empire, et une des plus fortes positions de l*BHHH. La grande circonférence qu'embrassent ses fortifications impubères, les vallées (nii coupent le ter rein et l'cscarj>ement des pentes, sont <lts obstacles qui s'opposent nu blocus et à l'attaque de cette position Parfaitement en sûreté contre un bombardement, « lie a un espace suffisant pour fournir aux besoins de l'armée qui la dé* fend; c'est le point militaire le plus important de la Turquie Orientale; elle occupe le centre où viennent aboutir toutes les routes des forteresses du Danube et d'où partent celles qui, a travers le Ballcan, se dirigent vers la mer Noire et la Thrace. Déjà cette position était importante sons les Romains; des inscriptions latines, trouvées dans ses environs, prouvent que des troupes considérables y étaient chargées de défendre le passage. Choumla occupe aussi une place distinguée par son industrie et son coin merce; elle possède plusieurs fdatures et fabriques de soie, de nombreuses tanneries, des fonderies de cuivre, et se distingue surtout par le talent de ses chaudronniers et ferblantiers, regardes comme les plus habiles de toute la Turquie. On doit citer aussi le mattsolrc du célèbre amiral Hassan-Pnchn.
Dans uii rayon de 58 milles on trouve : Madara , gros village dans les environs de Choumla, qu'on dit habité uniquement par 2,000 femmes maliométaucs, vivant en communauté et se recrutant depuis long-temps de toutes les jeunes et belles persouues des pays limitrophes qui veulent se soustraire à la vengeante d'un mari ou de païens irrités par leur mauvaise conduite. C'est dans celte singulière colonie que les Dèré-Beys choi- MWiient leurs (iuveinUs , qui, «*n temps de guerre, armées de pied eu cap les simaicnt a dictai dans leurs expéditions contre l'ennemi. Rasgrad (Hazargard), petite \ille, assez commerçante, remarquable surtout par sa belle mo* /«<<•. Toki.m m ou Toui.oqui , petit village que nous ne citons que pour mentionner, d'après le docteur Ncale, le berceau d'une secte de derviches errai», qui visent aux dépei» de la slupide terreur des Turks, qui croient, à l'aide de prêseus, pouvoir être délivrés des ravages de la peste, des treniblemens de terre, de la disette et autres fléaux dont les menace uu vieux fripon que rcs derviches mènent avec eux, et qui y a sa station principale; ce personnage extraordinaire, de même que le Xamolxis des anciens Getes et le Daim-Lama des Tibétains, est regardé comme un dieu incarné, et traité avec les plus grands honneurs. Routschour , assez grande ville, importante par son industrie et sou commerce, siège d'un archevêché grec; on lui accorde 3o,ooo habitai»; les fortifications de Giurgcvo, située sur la rive gauche du Danube , doivent être démolies et ce faubourg appartiendra à la Valachie. SiLtsTRiK (Dristra) , assez grande ville, à laquelle on s'accorde à donner 20,000 hahitam, importante par son commerce et encore plus par ses fortifications, et jwirce qu'elle est censée être le chef-lieu de l'eyalet de son nom , qui comprenait toute la ligne des forteresses du Ras-Danube. Les Russes l'occupent en attendant que le sultan ait achevé de payer les contributions de guerre auxquelles il s'est engagé.
Bazardjir, petite ville, importante par sa position et par son commerce. Warra, |>ar ses fortifications, par son port qui est le meilleur de la Turquie Kuiopéenne, sur la mer Nuire, et par sa population qui avant la dernière guerre était estimée à 1 <i, <<.»<. âmes, et parce qu'elle est la résidence d'un métropolitain grec; Carmabat (Kariuabad) et Parvv*d( , par leur position sur les grands chemins militaires , au milieu des défilés du Balkan ; AÏdos, par ses sources thermales et le grand marché qu'on y tient; Dkmir-Kai>u (Porte de Fer), défilé célèbre et très important dans le Balkan, qui mène de Selimuia eu Roe à Stareka dans la Bulgarie.
Voici les autres villes les plus remarquables de la Bulgarie :
Sur le Danube on trouve, outre Roctscroux et Simstrie déjà décrite* . I< s villes suivantes: Viniif, chef-lieu du saudjak de ce nom , assez grande ville, commerçante, siège d'un cvëché grec, et une des plus importantes forteresses de l'empire; on lui accorde de
ao à a5,ooo liabitans. Nicorour, chef-lien du sandjak de son nom, siè^e d'an archevêché grec, d'un évèché catholique , ville foiiiCée , assez commerçante , avec environ 10,000 habilans. Sistova (Schstab), importante par ses fabriques de coton et ses tanneries, par sou commerce florissant et par sa populatiou qu'on portait à a 1,000 âmes. Rsssova (Riszovat), et Hirsova, par leurs fortificatious ; Match in, Isatchi et Tottltcha, places fortes destinées à défendre la rive droite du Danube ; à Isatçhi se trouve un bac qui est le passage ordinaire entre la Basse-Bulgarie et la Moldavie ; Toultcha commande la plus importante bifurcation du Danube. Toutes ces forteresses ont acquis une nouvelle important depuis que las Turks ont été obligea de céder les fortifications de Rraila, de Giurgffto, de Tourna et autres places sur la rive gauche.
Dans la Tartarie Dobroudjie nous citerons Baba-Dagk , assez jolie viUe , près du lac Rassein, importante par son commerce et sa positiou militaire; un bel aqueduc y conduit l'eau qui sert à la consommation de ses habitai» qu'où évaluait au-dessus de 10,000. Vers le sud on trouve les traces d'un ancien lit du Danube et les vestiges d'une muraille romaine qui en suivait le cours. Presqu'au milieu de la Bulgarie est située Tiehava , entourée d'une forte enceinte , et siège d'un archevêché grec ; on lui accorde 12,000 âmes.
La vaste contrée, connue depuis long-temps sous la dénomination d* ALBANIE, offre plusieurs villes considérables , dont, avant les derniers troubles , la principale sous tous les rapports était
Janina (Ianina des Albanais, Yania des Turks), située presqu'au milieu de la Basse- Albanie, dans une situation pittoresque, sur la rive occidentale du lac de Janina , assez bieu bâtie , mais avec des rues étroites et mal pavées, à l'exception de celle du Bazar. Janina est une ville ouverte, dominée par deux fortes citadelles, l'une construite sur la péninsule qui s'avance dans le lac, et l'autre nommée Litharitza, bâtie sur une roche escarpée située au milieu de la ville. C'est dans la première de ces forteresses que se trouve le sérail du pacha; le célèbre Ali-Pacha résidait ordinairement dans un palais qui y est renfermé. Il avait en outre fait bâtir un autre palais d'une magnificence vraiment royale dans la Litharitza; toutes les ressources des arts de l'Europe civilisée avaient été mises à contribution pour son ameublement. De simple chef de klephtes, cet homme extraordinaire était parvenu peu -à-peu à se rendre maître, non-seulement du sandjak de Janina, mais aussi de ceux de Delvino, Avlona, Elbassan et Ochri dans l'Albanie, de Tricala dans la Thessalie. Maître absolu dans tout ce qui regarde l'administration intérieure de ces vastes provinces, faisant des traités de paix et d'alliance avec les souverains des pays limitrophes et avec les principales puissances maritimes de l'Europe qui tenaient des représentans à sa cour, Ali-Pacha ne reconnaissait que de nom la suzeraineté du grand-seigneur, auquel il payait un tribut amrael. Il s'était formé une flottille de quelques corvettes et une armée forte de ao,ooo hommes , mieux organisée et mieux commandée que tont antre corps ottoman. Assiégé en i8aa, dans la citadelle du lac, il termina misérablement sa longue vie et son règne souillé de crimes. Mais l'histoire impartiale attestera à la postérité que, malgré sa tyrannie atroce, ce despote avait rendu Janina une des villes les plus florissantes de la Turquie; sa population s'était élevée jusqu'à 40,000 âmes. Ses habitans étaient presque à l'unisson des cités italiennes, dont ils avaient adopté insensiblement les mœurs et les usages. Ou avait établi non-seulement plusieurs écoles élémentaires , mais même un lycée , où l'on enseignait les langues anciennes et modernes, la philosophie et les mathématiques; il y avait une bibliothèque publique assez riche, et quelques négocians qui faisaient des affaires de It-
hi aii i<- asM'/. coiihidt-r.ihlrs. I Jurant la catastrophe qui termina le rri^uv (!' Ali- Pacha et les (roubles qui la suivirent, tous ces établissemens littéraires furent détruits, et le commerce de Janiua et son industrie, qui avaient pris un si t^rancf développement, disparurent. Cette ville paraît n être habitée maintenant que par quelques milliers d'Albanais mahomélanset par de* Juifs.
Dans un rayon <!<• »i nul li s on trouve : Mt/zovo, petite ville, située, sur la grande roule de Janina a Trirala, ee qui la rend très commerçante ; on lui accorde près de 7,000 habitant Valaque*. Kokitza , petite ville d'environ 4,000 habitans, où Ah- Hacha avait un sérail; Premithi et Clsissovra, petites villes, importantes par leurs fortifications, surtout la seeonde; A ne. y no -Castro (Frgir-Kaslri), à laquelle ou accorde de 4,000 à 9,000 âmes; Liaoovo , tristement célèhre par les atrocités exercées par la rruelle ( ha initia, sœur d'Ali-Pacha , qui y faisait son séjour ordinaire. Dki.vijio (Delonia), cheflieu du uudjak de ee nom, assez grande ville, avee un château fort, dont la population parait avoir heaueoup diminué depuis quelques années; on lui areordait dernièrement 8,000 âmes. Pbiî.atrs ou Phii.oti , chef-lieu dos Philates , peuplade albanaise-mahométaur, composée de soldat'. helliqucus. I'aramitmia, chef-lieu des Paramith'mtes, trihu de pasteurs, dont une partie se fait redouter par ses brigandages. Soui.i, chef-lieu du canton «pre et rocailleux habité jmr le* Sm/ioies, si célèbres par la longue et héroïque résistance qu'ils opposèrent à Ali-Pacha ; après la mort de ce tyran les Souliotes paraissent avoir repeuplé une partie de leurs villages détruits , et repris leur liberté. Nous avons déjà décrit dans le rayon de Larissa, Tricala et les Météora qui se trouvent aussi compris dans relui de Janina. Mais nous ajouterons que c'est dans la s allée de Janina que parait avoir existé la ville de Donoxt, si renommée dans toute l'antiquité par le célèbre temple Je Jupiter et VoracU le plia ancien de la Grèce. Ee temple du dieu était environné d'une épaisse forêt, dont tous les arbres avaient le don de prophétie; les chênes sacrés et les colombes qui vivaient sous leur ombrage étaient censés répondre avec une voix intelligible aux questions des mortels.
Voici les autres ville* les plus remarquables de I'Ai.hamf. :
Daus la basse- A liianie (Épire et partie de l'Acarnanie et de l'Etolie) nous citerons: Vracbori, petite ville, d'environ 3, 000 âmes, importante par ses foires renommées. Arta (Narda) , siège d'un archevêché grec, ville naguère très florissante par le commerce qui y avait pris un grand essor, et avait porté sa population au-dessus de 9,000 ânes. Sac agora, avee de vastes salines et un port sur le beau golfe d'Arta, si important par ses pêcheries abondantes, par les bel ha forêts qui recouvrent ses promontoires et les nombreux ports qu'il offre aux navigateurs; Salagora est regardé comme le port de la ville d'Arta. VoxiTZA, avec un fort et un port sur le même golfe; on lui accordait a,5oo habitans. Privraa, située à l'entrée du golfe d'Arta, ville naguère très florissante, avec un port regardé comme le principal débouche des produits de lu Basse-Albanie; on lui accordait au-delà de 8,000 habitans presque tous Grecs; tout près ou voit les ruines de l'ancienne Sicopolis. Parga, petite ville, naguère très florissante par son commerce, favorisé par les privilèges dont elle a joui pendant la domination vénitienne, et importante par sa position sur un haut rocher couique , dont tVOM entés sont battus par la mer; elle M presque déserte depuis 18 19, époque où ses habitans préférèrent émigrer à Corfou et à Paxo plutôt que de devenu sujets de l'empire ( Htoman. IWtiwtro , petite forteresse vénitienne, avec un petit port et des pêcheries considérables. Chinera (Kimera) , canton d« M sauvages Chimariotes , qui, vivaient de piraterie sur mer et de brigandages sur terre; ils forment une espèce de république militaire, qui ne reconnaissait (pie de nom la suzeraineté d'Ali-Pacha et coi.-i 1 \< encore son indépendance.
Dans l' Albanie-Moyenne nous citeious: Valoka (Avlona), siège d'un évêché grec, 1 iiiportatite surtout par son beau port; M. Gall lui accorde 5, 000 habitans. Ifctfttur, petite ville à laquelle la naissance d'Ali Pacha a donné une triste célébrité. Di «su -, petite ville, regardée comme le chef-lieu de la nombreuse tribu albanaise des Japrs, dont le gouvernement est patriarcal et dont une partie a adopté les dogmes de l'islamisme, taudis (pie l'autre est restée fidèle à ceux du christianisme. Rrrat (Arnaoïtt Betigratt) t
connue dans le moyen âge sous les noms bulgaro-slavons de Brt.igrao et Balaoorod (tiHc blanche) , siège d'un archevêché grec; on lui accorde 9,000 hahilaus : dans ses environs très mal cultives vivent quelques Bohémiens. Et.bassah (Ilbassau), chef-lieu du sandjak de ce nom, siège d'un évèehé grec; sa nombreuse population parait èlre réduite à environ /hooo aines. Dcrazzo (Dyrrachium de la géographie ancienne), petite ville, avec uu port sur l'Adriatique , jadis refuge des pirates qui habitaient dans ses environs; ou fui accorde 5,ooo âmes, dont les chefs spirituels sont deux archevêques , un catholique et l'autre grec.
Dans la Haute- Albanie on trouve dans le bassin du Drin encore si imparfaitement connu : Ochrida ou Ocnai . ville qui parait être assez considérable, ciief-lieu du sandjak de ce nom et siège d'un archevêché grec; on dit qu'on exploite une aune d'argent dans ses environs. Le Haut et le Bas-Dibrr sont les chefs-lieux de deux cantons sauvages mais fertiles , qui ont fourni beaucoup de soldats à la milice algérienne, et dont on a vu quelques-uns monter sur le trône de cette turbulente olygarchie militaire. Dueagih , ville qu'on cherche en vain sur les cartes de celte région, quoiqu'elle paraisse être le chef-lieu d'un sandjak qui en prend la dénomination, et dont le territoire est une des parties les moins connues de la Turquie européenne. Pxasxnajini (Prisreudi ou Perzerin), chef-lieu d'un sandjak de ce nom; M. Palma lui accorde 4,000 maisons; son territoire est aussi imparfaitement connu que celui de la précédente; ses lia bilans, Slaves et Albanais, passent pour être aussi sauvages qu'iuhospitaliers. Alessio (Alise, Lesch), petite ville , importante par sou port à l'embouchure du Drin , siège d'un évèehé catholique , avec environ 3,ooo habitans; on y voyait le tombeau du fameux Scanderbeg. Dans ses environs est le canton de Za-Drina , composé de 3a villages peuplés d'Albanais féroces, qui conservent encore leur indépendance. Croïa (Ak serai), qui paraît être la ville la plus remarquable du pays des Mirdites , n'a qu'en virou 6,000 âmes; elle était sans doute beaucoup plus considérable lorsqu'elle était la résidence de Scanderbeg. Celte peuplade albanaise catholique conserve une sorte d'indépendance ; elle se gouverne par ses lois , choisit ses magistrats, s'impose elle-même et ne fournit aux armées ottomanes qu'un contiugent déterminé; les Mirdites exercent publiquement leur culte et se distinguent avantageusement des autres Albanais grecs et mahométans par une plus grande loyauté et par quelques idées de morale. Ils ont deux prink ou chefs; un spirituel, qui est l'abbé mitré d'Orocher, l'autre temporel, qui est un seigneur de la famille des Leclù. Ou exagère sans doute beaucoup trop leur nombre en le portant à 2 5o,ooo imes.
Scutari {Iskanderie des Turks , Scodra des Illyriens) , située entre le Boyana et le Drinassa , à l'endroit où le premier , en sortant du lac du même nom , reçoit le second; assez grande ville, défendue par deux châteaux forts et par des remparts étendus. Les fabriques d'armes et d'étoffes de laine, la construction des navires, la pèche dans ie lac enrichissent , dk Malle- Brun , ses 16 ou ao,ooo habitans. Elle est le siège d'un évècbé grec et d'un autre catholique, et uu des boulevards qui protègent la frontière occidentale de l'empire Ottoman; son pacha est regardé comme un des plus puissaus de la Turquie d'Europe; en vain Ali-Pacha a-t-il essayé de le soumettre à sa domination ; c'est encore ce pacba qui dernièrement osa résister aux ordres du sultan , relativement à I évacuation d'une partie du territoire ottoman qui, par le traité d'Andrinople , devait être occupée par les troupes russes et qui se bat actuellement contre le grand-vizir. Doxcicwo (CHgun en Turk) , petite ville avec un bon port , et environ 6,000 habitans occupes encore plos de piraterie que de commerce; on les regardait jusqu'à ces derniers temps comme les corsaires les plus redoutables de la mer Adriatique. Ahtivari (Bar) , petite ville, importante par sa situation , par son port et par son siège catholique archiépiscopal ; elle fait quelque commerce et on estime sa population à environ 4,000 àmes.
Ckt(ghk ou Cettiïca, très petite ville, chef-lieu du Monte- Negro ( Czema-(lcra des Slaves , Kara- Tag des Turks et MaUlsis des Albanais ) , canton remarquable par la féroce bravoure de ses habitans , qu'on peut regarder comme tout-à-fait indépendants de l'empire Ottoman. Leur gouvernement est une espèce de république, avec uu conseil et un chef suprême, dont l'autorité limitée rencontre encore un pouvoir rival dans Pévéque du pays. Cinq villages Serviens-grecs et cinq villages Albanais-catholiques dont la population est estimée à environ 10,000 Âmes , sont les alliés fidèles des Monte-Negrtns et jouissent d'une égale indépendance.
DESCRIPTION DE L'EUROPE. f>33
I,a BOSNIE et ses dépendances offrent les villes suivantes : BusifA-Sr.RAÏ (Serajevo en illyricn), grande ville, située sur la Migliazz.t ou Miliaska, affluent de la Bosna, sur un plateau élevé et couronné de montagnes boisées. Des murs épais de deux toises forment son enceinte, et de petits forts défendent la Ville-Haute. Le sérail ou palais construit par le sultan Mahomet II, une ou deux de ses nombreuses mosquées , quelques-uns de ses bains, et le plus considérable de ses ponts méritent d'être mentionnés. Ses fabriques d'armes, de lames, d'ustensiles en fer et en cuivre, son orfèvrerie, ses manufactures de laine et de coton , ses tanneries lui assignent un rang important parmi les principales villes industrieuses de la Turquie; elle est en outre le centre non-seulement du commerce de toute la Bosnie, mais aussi du commerce de transit très considérable qui a lieu par des caravanes entre Salonique et Janina. Bosna Seraï est le siège des principaux capitaines héréditaires qui gouvernent la Bosnie, dont elle est censée la capitale, quoique le pacha à trois queues de cette grande division de l'empire réside à Traunik. Malgré l'étonnante disparité d'opinions émises sur le nombre d'habitans de cette ville , nous ii hésitons pas à lui en accorder environ 70,000, sur des renseignement que nous nous sommes procurés pendant notre assez long séjour dans le Littoral Hongrois.
Dans les environs immédiats de celle grande ville se trouvent les bains de Serajivsro, et quelques milles plus loin au nord et au uord-ouesl Varesch , Vissoko et Krsssrvo (Kxecbevo; Kressovo), petits lieux imporlans par leurs forges et par les mines de fer exploitées dans leur voisinage. Plus loin encore et dans un rayon de 47 milles on trouve : Iracitik , ville de médioere étendue, avec une citadelle el peut-être 8,000 habitans; c'est la résidence actuelle du visir-pacha de cet cyalet ; la Porte lui donne le vain titre de 1 isir de Hongrie; c'est un des plus riches de tout l'empire, et sa cour conserve tous les dignitaires de l'ancienne cour royale de Bosnie. Daus les environs immédiats de cette ville on voit Slanitza, village où se trouvent ces fameuses mines d'or attihuées à la Dalmatic > \ jadis exploitées avec tant de profit par les Romains; elles offrent de grandes excavations, dont les habitans, par superstition, n'osent approcher. Quelques milles plus loin vers le sud-sud-est est situé Fuinitza, gros village, important par les riches mines de fer exploitées dans son voisinage,
Vradur et M agi. aï, petites villes sur la Bfcsna , importantes par leurs fortes citadelles; Touzia, par ses riches sources salées; Srebrhuik, parce qu'elle est le chef-lieu d'un sandjak; Zworhir (Isvornik), assez grande ville, une des trois places principales de la Bosnie, chef-lieu du sandjak de son nom; on lui accordait il y a quelques années jusq«ri 14,000 habitans; son territoire possède des mines de plomb. Mostau, sur la Narenla, dans la Dalmatie-Ottomane; ville de médiocre étendue , d'environ 9,000 âmes, florissante par son industrie et son commerce , et remarquable par le pont en pierre d'une seule arche, construit dans la seconde moitié du xrv' siècle , regardé par un voyageur moderne comme une merveille à cause de l'amplitude de sa corde, qu'il dit n'avoir pas moins de 3oo pieds.
Dans le bassin de lTJnna on trouve : Rouez, petite ville de 3,ooo Ames, regardée comme une des trois principales forteresses de cette partie de l'empire; Novr , petite nUe, importante par ses fortifications; Kamkrgrad et Stari-Maïoar , par leurs forges el par les mines de fer de leur voisinage ; il paraît que dans la banlieue de Kameugrad on exploité aussi une mine d'argent. Sur le Ver bas sont situées : Jaïcza , petite ville, importante par sa citadelle , par sa fabrique de nitre et parce qu'elle a été la résidence des rois catholiques de la Bosnie; sa population actuelle est réduite à environ 1,000 Ames. Babialouka , chef-lieu du sandjak de son nom , assez grande ville, une des trois principales forteresses de Bosnie, assez florissante par son commerce et son industrie ; M. Palm i lui accorde i5,ooo habitans; sa banlieue offre des eaux thermales, l.c lonj; de la S.m;
ou voil : Bibir (Gradisca-Ottomane) et Baon, petites villes importantes par leurs fortifications; et daus la Daiiuatie-Ottomane Livao, petite ville d'envirou 4,000 habitans, située sur la graude route qui mène de la Dalmalie-AuU'ichtenne eu Bosuie , ce qui U rend assez, commerçante; Thebigsk (Trebin), place fortifiée, siège d'un évéché catholique; ou lui accorde environ i 0,000 liabitans.
Nous avons déjà mentionné les îles principales qui appartiennent à cette partie de l'empire Ottoman. Maintenant il ne nous reste qu'à décrire les villes et les lieux les plus remarquables de la grande île de Candie, que le sultan a mise en dépôt entre les mains du vice-roi d'Egypte, pour le dédommager des dépenses de la guerre de Morée ; elle formait l'eyalet de Kirid.
Candie (Kirid en Turk), ville de médiocre étendue et, quoique capitale de l'île, très déchue en comparaison de ce qu'elle était lorsque les Vénitiens en étaient les maîtres. Les fortifications qu'ils ont élevées sont assez bien entretenues , mais les maisons qu'ils avaient bâties sont tombées eu ruines et le port est presque entièrement comblé. Le palais habité par le pacha et ses nombreuses savonneries méritent d'être mentionnés. Candie est la résidence de l'archevêque de Gortyne; ce prélat grec jouit de grands privilèges et tient un rang éuiinent dans l'église orthodoxe grecque.
Dans ses environs immédiats et dans un rayon de 14 milles on trouve : les rames de l'aucienne Chossds, qui était la capitale de File, au» beaux temps de la Grèce, et où se trouvait le fameux labyrinthc% dont il ue restait plus aucune trace du temps de Pline. Standca , îlot au nord-nord-est de Candie , important par ses beaux ports et par ses carrières de marbre et d'albâtre. Le Mort Psiloriti , si célèbre sous le nom d'IoA ; les Grecs croyaient que Jupiler y avait été élevé par les Corybantes ; nous avons déjà vu que c'est la plus haute moutagne de File. Hauios-Dk*a, petit village près de l'emplacement de Gorijrna, qui sous les Romains effaça toutes les autres villes de Crète; les nombreux débris de corniches, de colonnes, etc., etc., attestent encore sa raaguificence. Tout près se trouve, selon Tournefort, une vaste caverne , qui par mille détours, semblables à des rues souterraines , s étend sous une colline située au pied du mont Ida. Parmi une infinité de routes qui mènent à des recoins ou culs-de-sac , il se trouve une allée principale longue d'environ i,aoo pas , qui aboutit à une graude et belle salle , haute de 7 à 8 pieds. Malte- Brun parait croire que cet autre naturel a pu être agrandi par les hommes, afin d'y trouver un asile en temps de guerre ; il ne doit pas être confondu, comme on le fait ordinairement, avec le fameux labyrinthe de Cnossus. Castcl-Priotisa , village habité par les Abdtotes t tribu de pâtres et d'agriculteurs qui vit dans une sorte d'indépendance, mais s'adounant par lois au brigandage et même à la piraterie.
Les autres villes et lieux les plus remarquables de File sont : Rettmo , petite ville d'environ C,ooo aines, chef-lieu du sandjak de son nom et siège d'un évéché grec , avec un petit port. La Suda, îlot important par ses fortifications, ses salines et par le beau port qu'elles protègeut, regardé comme le meilleur de toute File; ou voit dans ses environs deux énormes citernes qui ont appartenu à l'ancienne Amphimale. La Came a [fiydonia des anciens Grecs) , ville de médiocre étcudue, chef-lieu du sandjak de son nom et siège d'un évéché grec; son petit port est aujourd'hui le plus fréquenté de toute Vile , et eu fait la première place commerçante; on lui accorde 13,000 habitant. G ah abusa , autre îlot, auquel ses fortifications naturelles, son beau port et les brigandages commis par les forbans qui en avaient fait leur repaire, ont donné de nos jours une triste célébrité. Sfuaxia, chef-lieu des Spliakiotet , populaliou belliqueuse établie dans les vallées formées par les Montagnes Blanches, le long de la rôle sud-ouest de File ;cetle peuplade, composée de pasteurs, d'agriculteurs et d'artisans, n'a jamais pu être entièrement soumise ni aux Vénitiens ui aux Osmanlis; elle s'est rendue souvent redoutable aux navigateurs par ses pirateries. Spikalosga, petite forteresse sur la côte septentrionale, avec un bon port.
possessions. Nous verrons dans la description de l'Asie et de l'Afrique Ottomanes quels sont les pays qui, hors de l'Europo, dépendent en-
core du grand-seigneur. Nous avons déjà signalé les difficultés inséparables de l'évaluation de la superficie et de la population générales de l'empire Ottoman. Ici nous nous bornerons a faire observer , qu'en excluant du calcul tous les pays seulement vassaux ou tributaires que les derniers évène moas en ont séparés et les trois régences de la Barba rte t mais en y comprenant toutes les vastes contrées occupées par les troupes du vice-roi d'Egypte, la première se réduit a i,o35,ooo milles carrés et la seconde à aï>6oo,ooobab. Voy. l'Asie et l'Afrique ottomanes et aux pages 536 et 538.
Principauté de Servie.
COVrara. En comptant les six districts qui en ont été détachés au commencement du siècle , et qui ne lui ont pas encore été rendus, cet état confine au nord, avec les Contins Militaires Autrichiens. A Y est, avec la principauté de Valachie et avec la Bulgarie. Au sud, avec la Homélie, la Macédoine et l'Albanie. A Youest, avec la Bosnie.
W>« Presque toute la Servie, dans les confins qu'elle avait avant l'insurrection de 1801.
IXjEITFES. Le Danube qui reçoit la Save grossie par le Drin, etc.i la Morava; le Timok. Voyez à la page 5o4.
QOWWMMWÊÊMMT» Depuis le traite stipulé entre la Porte et les Serviens, garanti par la Russie et confirmé par celui d'Andrinople, on doit regarder la Servie comme un état seulement tributaire et non sujet de l'empire Ottoman. Le firman envoyé dernièrement au pacha de Belgrade , accorde aux Serviens entre autres privilèges les suivans : la liberté complète du culte; la faculté de choisir librement les chefs de l'administration ; l 'in cl t peu dance de l'administration intérieure; l'intégrité de l'ancien territoire de la Servie; la fixation invariable de la somme que la Servie doit payer en tribut à la Porte; l'administration par les Serviens de toutes les propriétés turques qui sont en Servie; la liberté de faire le commerce dans tout l'empire Ottoman avec des passeports serviens ; la faculté d'établir des hôpitaux, des écoles et des imprimeries; l'interdiction à tous les Turks de résider en Servie à l'exception de ceux qui font partie des garnisons qui doivent occuper certaines places fortes. Le gouvernement pourrait être regardé actuellement comme monarchique héréditaire constitutionnel, puisque le grand-seigneur vient de confirmer l'élection faite par l'assemblée nationale réunie à Kragojevacz le 4 février i83o, d'un prince héréditaire dans la personne et dans les descendans de Mil ose h Obronovritsch , qui déjà depuis 1 4 ans dirigeait l'administration de ce pays. Une commission s'occupe depuis trois ans par ses ordres de la rédaction d'un code de lois, en prenant pour base celui de Napoléon; d'autres mesures sont prises pour établir des écoles , des imprimeries et des hôpitaux.
TOPOGRAPHIE. Skmkndria ( Smedreno , ou Sv.nt-Andriya ou Saint- André des Serviens et Semendra des Turks), située au confluent de la Jessova ou de la branche occidentale de la Morawa avec le Danube, ville de médiocre étendue et fortifiée, regardée depuis assez long-temps comme la capitale de la principauté, étant la résidence du prince, du sénat servien et d'un archevêque qui a le titre de primat de la Servie. On estime à 10 ou 1 2,000 âmes sa population.
Dans un rayon de 22 milles on trouve :
ëxlgbaob, ville la plus grande et la mieux bâtie de toute la Servie,
siège d'un évèché grec, une des plus fortes places de l'Europe et depuis long-temps renommée dans les annales militaires de la Turquie. Ses vastes et belles fortifications sont gardées par une garnison turque qu'on estime au moins à G,ooo hommes. Quelques-unes de ses mosquées, le palais du pacha , l'arsenal et le puits très protond dans la citadelle, sont ce qu'elle offre de plus remarquable. Belgrade est l'entrepôt principal entre Constantinople et Salonique d'un côté, et Vienne et Pesth de l'autre; elle se distingue aussi avantageusement par son industrie , surtout par ses fabriques d'armes , de tapis , d'étoffes de soie et de coton , ainsi que par ses tanneries et sa fonderie de cloches. On estime sa population à près de 3o,ooo âmes.
A 8 milles au sud de Belgrade on trouve : le moitt Hat.ooa ou Havaixa , remarquable par les importantes ruiues d'une ville gothique visitée par un voyageur, opinion partagée par Malte-Brun. A ta milles de Semendria est située Hassak-Pa laites, petite ville, importante par ses fortifications.
Les autres villes les plus remarquables de la principauté sont : Kaagojivacz (Karagiofdschaf), petite ville, où eu 1 83o les représentons de la nation servienne se sout assemblés au nombre de mille, pour élire Milosch, prince héréditaire, élection confirmée par le grand-seigneur. Usicza , centre du commerce de la Servie-Occidentale et point important pour les routes qui y aboutissent; on lui accorde 6,000 habilans. Valmevo, gros bourg, où l'on tient des marchés très fréqueutés. Gladova ou Kxidova, petit endroit sur la rive droite du Danube, près de remplacement du fameux pont de Trajan , que l'histoire accuse Adrien d'avoir détruit par jalousie envers sou grand prédécesseur, mais, qui, comme observe Malte-Brun , peut-être n'a jamais été acheté, tel qu'il figure sur la colonne Trajane; on en voit encore les piliers.
Daus les districts qui doivent être rendus à la Servie on trouve : Kruschevagx (Aladja- H'tssar des Turks), presqu'au milieu de la principauté, siège d'un évèché grec, avec un cliAtcau où plusieurs souverains de la Servie ont résidé. Schabacz {BogurdUn des Turks), sur la Save, petite ville, importante par ses fortifications. Novi-Bazar (/eni-Bazar des Turks), assez grande ville, fortifiée, chef-lieu d'un pays connu sous le nom de Ras cic ; on lui accorde de 7 à 8,000 habitans. Nissa , place forte, restaurée dernièrement, siège d'un évéché grec, dont ou estime la population à 4,000 âmes.
Principauté de Valachie.
CONFINS. Au nord, la Transylvanie ou les Confins Militaires Autrichiens et la principauté de Moldavie. A Vest, la Bulgarie. Au sud, la Bulgarie. A Y ouest, la Bulgarie, la principauté de Servie et les Cernons Militaires Autrichiens.
PATS* Toute la ci-devant principauté de Valachie, plus les petits districts qui formaient la banlieue des forteresses turques sur la rive gauche du Danube.
FLEUVES. Le Danube , qui sépare la principauté de l'empire Ottoman et qui reçoit le Schyi, YJluia, YJrdjis grossi par la Dumbovitza, la Jalovitza et le Sereth; ce dernier trace une partie de la frontière du côté de la Moldavie. Voyez à la page 5o4-
GOUVERNEMENT. Cette principauté, ainsi que celle de Moldavie, étant eucore occupée par les troupes russes, et l'hospodar ou prince n'étant pas encore nommé , son gouvernement est provisoire. Un sénat , composé des boyars présidés par un gouverneur russe , est à la tête de l'administration, line commission chargée de rédiger la constitution a déjà commencé ses séances, et l'on a lieu d'espérer que bientôt ce pays jouira d'un gouvernement régulier. L'hospodar qui doit être nommé à vie et ne peut jamais être déposé que pour cause des délits prévus par le traité d'An-
drinople, a le droit dérégler librement toutes 1rs a Un ires intérieures des provinces soumises à son administration; lui et sa nation jouissent des mêmes privilèges accordes aux Serviens; cette principauté ainsi que celle de Moldavie ont en outre l'avantage de n'avoir aucune garnison turque sur leur territoire; elles ont été aussi affranchies des fournitures qu'elles livraient pour l'approvisionnement de Constantinoplc , Aet lorteresaes turques situées sur le Danube, et de l'arsenal ; mats elles doivent payer une somme dont le montant doit être fixé une lois pour toujours comme dédommagement annuel du trésor impérial pour l'abandon de ces droits; ensuite le tribut annuel que depuis iHou elles payaient en argent.
TOPOGRAPHIE. Bi rarrst [Buharcscht des Valaqucs), grande ville moderne, fort sale, située sur la Dumbovitza dans une vaste plaine marécageuse, siège d'un archevêché grec, devenue depuis 1698 capitale de la principauté et résidem e des consuls étrangers. Ce n'est, dit un géographe célèbre, qu'un grand village, où quelques châteaux, plusieurs beaux et grands couveus, les tours nombreuses de soixante eglitetgNCqucs, se perdent parmi des jardins fleuris, des bosquets <xl« u ans , des promenades délicieuses. Ses rues sont droites, assez I n - , . 1 presque toutes garnies, au lieu de pave, d'un plancher en madrier, sous lequel on a creusé de larges canaux pour recevoir les immondices. Les m usons sont construites en briques, enduites de plâtre et blanchies en dehors et en dedans. Le paUùs , où résidait l'hospodar, vaste édifice, a été brûle en 181 3 par accident ; nous ne sachons pas qu'il ait été rebâti depuis. Les hôtels des consuls autrichien et russe , le palais archiépiscopal , Y église métropolitaine et la tour du Kolza ou Hôpital sont les bâtimens les plus t emai-qualdes. Bokarost pourrait être regardée comme le point de partage entre la civilisation européenne et la civilisation asiatique; les mœurs et les usages de ces deux parties du inonde viennent pour ainsi dire s'y confondre. Le lycée, qui comptait il y a quelques années 12 professeurs et près de 3oo etudians; la bibliothèque publique et la sot m te littéraire sont des etahlisscmciis qui doivent être mentionnés, ainsi «pie la ga/.ette en valaque qu'on y publie depuis quelque temps. L'industrie de cette fille est très petite eu égard à son étendue; mais en revanche le commerce y était très considérable avant la dernière guerre, époque où l'on portait jusqu'à 80,000 le nombre de ses habitans.
Dans un rayon de 45 milles on trouve : Ployesti, gros bourg, remarquable par la grande foire de laine qu'on y tient; Walehi et Kimiwna, par leurs douanes, leur commette et surtout par les riches mines de sel gemme qu'on exploite à Slan iknl près du premier, et à Okna-Teleaga près du second ; près de ce dernier on recueille aussi du bithume qui sourdit en al>ondauce. Tergovist (Tergowischti), dont les grandes mai sous, les |talai$ et les remparts tombent en ruines, depuis qu'elle a cessé d'être la résidence de l'hospodar; sa population, qui autrefois s'élevait à 3o,oooâmes, est réduite à S,ooo. Giommwo, place forte, sur la gauche du Danube, vis-à-vis Rouisrhouk, importante par son commerce et par ses fortifications qui, d'après le dernier traité, doivent être rasées.
Les antres villes les plus remarquables de la principauté sont : Foxschaji y, sur la frontière de la Moldavie, principauté à laquelle appartient une partie de cette ville, qui n'est importante que par son commerce ; on accorde 4,000 habitans à la partie valaque. Bcsco, ville épiseopale, très déchue, avec environ 4,000 âmes. Braïlow, place forte, mu le Danube, dont les fortification^ doivent t"-i 1 » i..sèes; des troupes de janissaires el de spahis sortaient autrefois de ses remparts pour piller les champs et enlever les Iroupvaux des malheureux pa t sans valaqucs.
A l'ouest de Hukarest ou trouve: Aaostscu ou Arojisch (Kurlca de Ardjivch) , petite
ville, remarquable par son monastère dont l'église est réputée la plus belle de tonte la Valachie; la grande route qui mène au fameux défilé de JaTour Rouge (Rotbe-Thurmpass) dans les Kra packs y passe, et va aboutir au magnifique chemin Carotiuien, dout la raustrnctiou a conté des sommes énormes au gouvernement autriebieu. Crajova, ville de médiocre étendue, mais régulièrement bâtie, et importante par sou commerce et par l'industrie de ses habitans, dont on porte le nombre à près de 8,000. Izlas, près du confluent de l'Aima avec le Danube, petite ville, importante par son commerce; Rimstik., qu'il ne faut pas confondre avec une autre ville de ce nom située dans la Valachie-Orientale; c'est dans ses euvirous qu'est située Okna Mare, gros bourg, très important par la mine de sel gemme qu'on y exploite, et dont le produit annuel rivalise avec celui des plus riches miues de ce genre que possède l'Europe.
Principauté de Moldavie.
CONFINS. Au nord, la fiukovine dans l'empire d'Autriche et la Bessarabie dans l'empire Russe. A l'est, la Bessarabie. Au sud, le Danube qui le long d'un très petit espace la sépare de l'empire Ottoman, et la principauté de Valachie. A Y ouest, la Transylvanie et la Bukovine dans l'empire d'Autriche.
FATS. Toute la Moldavie à l'occident du Pruth , à l'exception de la Bukovine, qui depuis long-temps a été cédée à l'empire d'Autriche ; la partie à l'est du Pruth depuis 181 a a été incorporée à l'empire Russe, et forme la province de Bessarabie.
FLEUVES. Le Danube, qui reçoit le Sereth et le Pruth grossi par le Bachliù. Voyez, à la page 5o/|.
GOUTXEITEMXaTT. Tout ce qtte nous avons dit en parlant du gou vernement de la Valachie doit s'appliquer aussi à celui de la Moldavie. Voyez à la page 536.
topographie. Jassy (Jasch), assez grande ville, située sur une hauteur, environnée d eminences encore plus élevées et arrosées par le Bachlui , qui est plutôt une longue série d'étangs bourbeux qu'une rivière. C'est la capitale de la principauté, le siège d'un archevêché grec et la résidence des consuls étrangers. Irrégulièrement bâtie, avec des rues recouvertes de grosses planches de chêne au-dessous desquelles coulent des ruisseaux fétides, son séjour n'est rien moins que sain et agréable, surtout pendant les fortes chaleurs. Les maisons n'ont en général qu'un seul étage, sont presque toutes en bois et assez dans le goût oriental. Nous n'avons aucun moyen d'indiquer quels sont ses édifices les plus remarquables, tant cette ville a été ravagée par les incendies. L'ancienne Cour des Princes, dont on attribuait la construction aux Romains sous Trajan, a été la proie des flammes en 1783. Avant les deux terribles incendies qui en 1827 out détruit la plus grande partie de Jassy , Y archevêché avec Yéglise métropolitaine , celle de Saint- TV icolas , où les princes sont sacrés par l'archevêque, le Golic avec la plus haute tour de la ville, Yimprimerie valaque et quelques couvens étaient les édifices les plus remarquables. Un petit gymnase décoré du titre de lycée avec trois professeurs , était encore dernièrement l'établissement littéraire le plus important de cette ville et de toute la principauté. Le peu d'industrie qu'on y voit est entre les mains des Allemauds qui s'y sont établis depuis plusieurs années. Mais le commerce est assez actif; les plus grandes affaires sont faites par des maisons grecques et arméniennes. Avant la dernière guerre et les. deux incendies de 1817 on portait la population de cette ville jusqu'à près de 40,000 âmes.
Les autre» villes les plus remarquables de la principauté dans la fiasse Moldavie (Zara de Schoss ou Pay s-Ras) sont : Romau , petite ville épiscopalc , d'environ i,5oo habitai)*, dans les environs de laquelle on voit les ruines d'une ville slavonue nommée Sente n dron a. Huscu, autre petite ville épiscopale, renommée par sou tabac regardé connue le meilleur de toute la Moldavie, et célèbre dans les annales militaires par lu paix que Pierre- le-Graud fut obligé de faire avec les Turks en 171 1. Gacacz (Galaseh), située sur le Danube, entourée de rempart* et beaucoup mieux bAtie qne les autres villes de la Moldavie; c'est le centre principal du commerce d'importation, qui par ce grand fleu\e se fait dans les deux principautés. Ce port, qu'un célèbre géographe nomme V Alexandrie du Danube t est très fréquenté par des b&timens autrichiens et russes; des vaisseaux de 3oo tonneaux peuvent s'approcher jusqu'au quai. Avant la dernière guerre ou estimait à 7,000 âmes la population permanente de Galacz. Foischaxy , petite ville, commerçante doutla partie la plus considérable appartient à la Valachie; ou accorde près de a, 000 habilausà la partie Moldave.
Dans la Haute-Moldavie {Zara de Sttss ou Pays-Haut) ou trouve : Donosot (Dorogoie), petite ville, regardée comme la capitale de la Haute-Moldavie. Botuschaxi (Boltoschaui), la plus considérable de celte partie de la principauté par sa population qu'on portail avant la dernière guerre au-dessus de 4,000 âmes, et surtout par ses relations commerciales qui s'étendaient jusqu'à Brody, Rrunn et Leipzig. Niamts (Nenua), remarquable par sa situation pittoresque et par sou vaste monastère où se trouve uue image de la Vierge en argent massif, visitée annuellement par un grand nombre de pèlerins. Oa.it a , petite ville, très importante par ses miues de sel gemme, dont le produit rivalise avec les plus riches mines de ce genre que possède l'Europe.
Etat de la Grèce. * r#M
CONTINS. Au non/, lu partie continentale européenne de l'empire Ottoman et l'Archipel. A Yest, l'Archipel. Au sud, l'Archipel et la Méditerranée. A l'ouest , la mer Ionienne.
FATS. Le ci-devant pachalik de Morée et la plus grande partie du sandjak de JJvadie ; ensuite l'Ile de Negrepont, les Cyclades et une partie de* Sporade* qui dépendaient de l'evalet du capitan-pacha.
FLEUVES. Ils sont tous très petit»; nous avons déjà tracé le cours des principaux à la page 5o5.
GOUVUlNEMtNT. Tout est encore provisoire dans ce nouvel état. A la tête du gouvernement est placé depuis trois ans M. le comte Capod'Istrias, élu président pour sept ans par l'assemblée nationale de Damala Trézène). Le congrès convoqué à Argos en 1829, ayant présenté, sur la proposition du président, une liste de soixante de ses membres, M. Ca~ po-d'lstrias y prit une vingtaine de députés auxquels il en adjoignit d'autres de son choix, et composa ainsi un sénat ( rtpouoîa ) de 28 à 3o individus. Le président fait coopérer le sénat à la formation aes décrets , qui tiennent lieu de lois, et rend des ordonnances pour leur exécution, sous le contreseing des secrétaires du gouvernement préposés aux différens départemens administratifs. Un tribunal de première instance siège dans chaque chef-lieu des divisions administratives ou à une petite distance; un tribunal supérieur sans appel est installé à Argos. Des juges de paix sont établis dans chaque subdivision ou canton.
CAPITALE. Pendant la courte période de l'indépendance nationale, le. siège du gouvernement a été transféré tantôt à Nauplia, k Dama la (Trézène) , tantôt à Eginc, Poros, Spetzia et Argos. Maintenant il est à Nauplia; mais il parait probable que les souvenirs historiques, la centrante de sa position et la bonté du port <ï Athènes, assigneront à celte
dernière ville la place que plus que toute autre elle mérite d'occuper dans la Grèce régénérée.
DIVISIONS ADMINISTRATIVES . Le nouvel état de la Grèce paraît être provisoirement divisé dans les treize sections administratives suivantes :
DIVISIONS ADMINISTRATIVES. ChEES-LiEUX , Vll.1,1* , LlEUX ET ILES LE* PLUS REMAR-
QUABLES.
Abgolide Naupli on Ifapoli de Rominie (Nauplia); Argo ;
Karrathy; Tyrintbc; Ligourio; Pitliarra ; Metbana ; Da-
tnala; Corintbe?
AncADiE. Tri polit ta; Paleopoli ; Caritène ; Sioano; Londari;
Agios— Georgios ; Skleru.
Lacoitie Mistra; Magoula ; Monerabasie; Marathonisi.
Babsi-Mfshenib. C a 1 a m a t a ; Tchiraora ; Marromatbi ; Coron.
Haute-Messbnie Mo don; Arcadia; Navarin.
Elide. Pyrgos; Miraca; Lala; Gastonni.
Achaie. Patras; CbAteau de Morée; Vostitxa; Mcgaspiléon.
GnàcE Occidentale Missolongbi; Anatolico; Lepante; Salona ; Galaaidi ;
Cattri.
Grèce Orienta lb. Athènes; Megare ; Tbèbes ; Livadic.
Evbbe ? Negrepont; Carysto ; les Sporades Septentrionale* , savoir : les lies Skiato , Scopelo , Skjrrms, Celidoiùe, Piperi , Sarakina.
Cyclade* Septentrionale*. S y ra daus l'Ile de ce nom; les Iles Thermie, Z*a, AnJm,
Tine, Myconi et Deios.
Cyclade* Méridionale*. . . Na xos? sur l'Ile de ce nom; les Iles Paras, Sipkno ou Si-
Janto, Serpho, Argentière ou Kimoli, Milo, Policandru ,
Skino, IS'io, Sanlorin, Anaphia ou Namphio, Stampalia ?
Atnorgo*
Sporades Occidentale*. . . H y d ra , dans l'Ile de ce nom; les tlrnSpeizim, Porcs . Egime,
Colouri. ,
Topographie. Naupli (Nauplia; Napoli de Romanie), petite ville de l'Argolide, située sur une langue de terre qui s'avance dans le golfe de son nom, devenue dernièrement la capitale de l'état, prérogative dont il paraît difficile qu'elle continue à jouir à cause du mauvais air qui y règne et de la petitesse de son enceinte. L'impression produite par sa situation , si pittoresque et si favorable au commerce et à sa défense , est détruite à la vue de l'irrégularité et de la malpropreté de ses rues. La partie inférieure de ses murailles est de construction européenne , le reste appartient aux Grecs et aux Romains, et même aux Vénitiens; mais la vaste citadelle qui couronne le rocher Palamède a été construite par ces derniers; on y monte
I)ar un passage couvert de 5oo marches taillées dans le roc; on l'appelle e Gibraltar de l'Archipel. Le lion ailé de Saint-Marc , sculpté sur *es portes ainsi que sur celles d'autres villes de la Morée et du Levant, rappelle les temps de la domination des Vénitiens qui avaient fait de Nauplia la capitale de cette riche province de leur puissante république. Son port devenu peu profond à cause des atterissemens , n'en est pas moins un des meilleurs de l'Archipel. Depuis que Nauplia est devenue le siège du gouvernement, les Grecs les plus riches y ont fait construire quelques bonnes maisons; on a construit une belle caserne pour les troupes régulières et on a bâti un assez beau palais pour le président. Son établissement littéraire le plus important est V école militaire, où environ 5o élèves sont instruits dans tout ce qui est nécessaire pour former des officiers habiles. Nauplia , avant les désastres qu elle a éprouvés, faisait un commerce assez étendu , qui a acquis une nouvelle extension depuis qu'elle est devenue
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le siège du gouvernement et de la troupe régulière; depuis long-temps elle l'est d'un évéché grec. Sa population, que la peste et les derniers evènemens ont tant fait varier dans l'intervalle des trente dernières années, parait s'élever aujourd'hui à près de 12,000 ames.
Dan* un rayon de 10 millet ou trouve: Aaoo (Argot), petite ville, une des plus florissantes avant la guerre de l'insurrection, mais réduite à un amas de ruines par les ravages que les Turks et les Grecs y ont faits alternativement. La paix , le voisinage de la capitale et ta fertilité de son territoire y ont attiré un grand nombre de réfugies; elle répare rapidement ses pertes. Argos est une des villes les plus anciennes du monde, puisque sa fondatiou remonte à l'année i85r> avant Jésus-Christ. Si ses trente temples, ses superbes tombeaux , le gymnase, le stadium et les nombreux monumens décrits par Pausanias ont entièrement disparu, l'antiquaire est en partie dédommagé par quelques débris d'antiquités du plus haut iutérét. On doit citer d'abord les restes de V enceinte de Larissa ; le* assises inférieures de cette cidatelle sont évidemment de construction ryelopéenne , le reste de construction romaine et même vénitienne; le théâtre, un de* plus anciens de la Grèce , quoique selon M. Trant tiu des moins beaux ; ses gradins sont taillés dans le rocher qui forme sa courbure naturelle; il a été à demi déblayé pour servir aux réunious des députés du congrès de 1829; le passage souterrain taillé dans le roc; il est d'une longueur extraordinaire et pénètre sous le rocher de la ci'adelle; les ruines d'un ancien temple, où l'on voyait encore du temps de Clarke les conduits souterrains pratiqués par des prêtres adroits au-dessous de l'autel pour rendre leurs faux oracles d'une manière merveilleuse. Argo peut avoir aujourd'hui prés de 6,000 âmes. Le marais de Lerne, à quelques milles au sud de la ville jouit encore justement de la mauvaise réputation qu'il avait dans l'antiquité; tout le moude connaît le rôle important qu'il joue dans l'histoire des exploits d'Hercule.
Rarvathy, misérable village auquel le voisinage des ruines de Mycèmes donne une grande importance ; on doit les ranger parmi les plus extraordinaires et les p'us importantes qu'offre l'Europe. Quoique des ouvrages, regardés comme classiques pour l'étude des antiquités, disent encore qu'où peut à peine reconnaître l'emplacement de la capitale d* Agameranon , les murailles de sa citadelle sont d'une conservation parfaite. On y entre par la porte d' Argos, par laquelle passa le roi des rois en partant de M) cènes pour aller au siège de Troie; celte porte est aussi nommée des Lions, à cause d'une sculpture qui représente une colonne au milieu de deux lions ; M. Gell la regarde comme le morceau sculpté le plus ancien de l'Europe. Ces constructions cyclopéenncs nous offrent des monumens antérieurs à la guerre de Troie , des modèles de fortifications en usage aux temps héroïques, et le plan de ces portes qui dans les temps les plus reculés servaient alternativement aux cérémonies religieuses et à l'administration de la justice. Etant près de Mécènes, sur la pente d'une colline, on voit l'entrée de ce mouument extraordinaire et gigantesque, qui tient à-la fuis d'une grotte sauvage et de la grandeur d'une civilisation régulière; l'architrave, quoique d'un seul bloc , a 37 pieds anglais de long, 1 7 de large et 4 et demi d'épaisseur ; ou le connaissait dans le pays sous le nom de trésor d'Atrée, mais on le nomme actuellement le tombeau d'Agame m non ; il a vivement excité la curiosité et les investigations des plus sa vans antiquaires de nos jours. Nous ajouterons que M v cènes a été détruite 568 aus avant Jésus-Christ.
TYatimiB ou Tinvws, à l'est de Nauplta, dont les buttes cyclopéennes s'élèvent majestueusement sous la forme d'un grand polygone au milieu des orges et des roseaux. Ce sout les restes imposans de la ville où les Grecs font naître et élever Hercule. Quoique sou enceinte soit plus petite que celle de Mycènes , elle est supérieure à celle de cette dernière sous le rapport de l'épaisseur et de la hauteur et , jusqu'à un certain point , sous celui de la conservation. Les murs sont encore en plusieurs endroits hauts de 40 pieds; à en juger par les débris, ils devaient avoir un tiers de plus lorsque Hercule eu précipita Ipbitus. A peine ébauchées , l'ensemble entier forme un système de roches superposées, mais fréquemment interrompu par un chaos de blocs, de pyramides renversées, comme si le tout avait été écrasé par les masses supérieures. Vers le milieu, de l'est à l'ouest, sont deux larges brèches , dont l'une est le reste d'une porte ; et l'autre une ouverture terminée en py-
ratnide el qui regarde le golfe. Ces ruines imposantes, qu'on regarde comme la plus grande
construction cyclopéeune de la Grèce, nous rappellent les mitrailla de Norba, celles de Cortona, le* ruines de Saturnia, de Cora et de Cossa, et le Ieron ou sanctuaire de la Sabine, construits dans la péninsule Italienne par un peuple inconnu dont l'existence a exercé la sagacité et l'érudition de tant de sa vans, à la tète desquels tout le monde s'accorde à placer M. Petit Radel , qui a fait de si importantes découvertes sur ce sujet. C'est près de ces imposai» débris que le gouvernement grec vient de fouder un établissement agricole, l>our répandre cet art utile , maintenant ai négligé par les Grecs.
Hors du cercle de Nauplia, à quelques milles vers le nord-est et l'est on trouve : Lioouhio , gros village , important par les lieux célèbres situés dans son voisinage et les antiquités qu'ils contiennent; nous citerons le Hiéron Alsos (le Bois sacré), dont il ne reste plus que quelques buissons au milieu desquels on voit tes ruines du temple d'Esculape, le plus célèbre parmi ceux consacrés à ce dieu , et fréquenté par les malades de tous les pays civilisés de l'Aucieu-Monde Occidental; il était rempli de riches présens envoyés par ceux qui croyaient devoir h Esculape le rétablissement de leur santé; on y voyait la statue du dieu faite d'or et d'ivoire, et les prêtres y entretenaient une espèce de serpens apprivoisés, qu'ils cédaient aux dévots qui en demandaient , persuadés qu'ils étaient que le dieu résidait dans ces animaux ; c'est à un de ces serpens, conduit a Rome par les ambassadeurs députés à ce temple , que le grave sénat romain fit élever un temple dans l'île du Tibre. Tout près on retrouve encore les eaux minérales si renommées dans l'antiquité, et les débris des thermes et de Yhâpitml bâtis par l'empereur Antonio pour recevoir les femmes en couche et les malades mourans; cet endroit était le Spa, le Car/sbad et le Clieltenham de l'ancienne Europe. Pithavra (Epidaurns), jadis rivale tfArgos, de Corintbe et d'Egine , n'est plus qu'un misérable village qui a acquis de nos jours une sorte de célébrité , servant à désigner le Code adopté par le corps législatif de la Grèce moderne. Tout près se trouve le magnifique théâtre de Potyctète, dans la colline qui ferme l'horizon au levant; ses Go gradius tous intacts, sculptés sur les bords , atteignent encore jusqu'au sommet; dans l'intérieur de son proscenium on trouve des fragmens de porphyre; il est si bien conservé qu'avec Uès peu de dépense on pourrait le rétablir entièrement; malgré le silence des géographes nous n'hésitons pas , appuyéssur l'autorité de MM. Dubois et Trant, à le regarder comme un des plus imposans restes des monument qui décoraient le beau sol de In Grèce. Piatba ou Piada, autre village, où s'assembla le premier congrès grec. Mxtsaha, remarquable par son pic volcanique, par les murailles de l'acropoùs de l'ancienne Methmna et par quelques débris d'anciens édifices; Damala, par sa position romantique près des ruines de Trtezene, par le congrès qui s'y assembla eu 1 817 , et par uffe foule de souvenir» mythologiques et historiques qui se rattachent à ce lien célèbre.
Tripolitza, bâtie sur le plateau central de la Morée, dont elle était censée la capitale, étant sous les Turks la résidence du pacha et le siège d'un métropolitain grec. Ses mosquées , son château , son vaste sérail , ses tours et ses trois mille maisons ont été tour- à-tour détruits par les Grecs cl par les Turks, (^inq cents mauvaises baraques en bois, cachées sorts les inégalités des décombres à la fantaisie de chacun , et séparées les unes des antres par de très grands intervalles, remplacent déjà ses anciens édifices. Sa population, qui paraît s'être élevée jusqu'à i5 ou 18,000 âmes, semble aujourd'hui arriver à peine à a,ooo.
Dans ses environs immédiats on voit les ruines de Tegée, la ville principale de l'ancienne Arcadie avant la fondation de Mégalopolis, et renommée par le magnifique temple de Minerve , qui a été pendant longtemps un asile inviolable pour les criminels de toute la Grèce. Plus loin et dans un rayon de i5 milles on trouve : Pal atorou , où Ton voit les ruines de M astis te , que la victoire d'Epaminonda* a rendu si célèbre. Caarr&xx, petite ville, où commença la révolution de la Morée; brûlée trois fois par Ibrahim, die n'offre plus qu'un amas de ruines et une centaine de petites maisons habitées par 6 à 700 hobitans. Sutawo, petite colonie d'Albanais, assez florissante, remarquable parce que dans ses environs se trouvent les mines de Mégalopolis, bâtie par les Arcadiens après la
Italaillc de I.euctres cl devenue en peu de temps la ville la plus grande et nue des plus Mie* du Péloponèse par le grand nombre de aes temples, de ses portiques et autres mouutneiis ; on \oit encore plusieurs vestiges des premiers et les restes de son fameux thèdtre qui passait pour le plus grand dé la Grèce; de M le» nasses de murailles semblables à celles de Messme le llaiiqueul de deux mies . »t l'on découvre en avant de larges débris du proscenium. Lon dar r , petite ville, située sur une colline à l'extrémité du mont Taygete , n'est plus qu'un amas de ruines ; huit maisons seulement y étaient habitées lorsque le capitaine Trant la visita en i83o.
Mistra, sur le penchant d'une colline au pied du mont Pcntadactylnn ou l'ancien Taygète , dans une position des plus pittoresque; le capitaine Gordon la compare à celle de Grenada en Espagne. Mistra était avant la dernière guerre la ville la plus peuplée de la Morée, et la résidence d'un sandjak et d'un métropolitain ; maintenant elle n'offre qu'un amas de ruines, a l'exception de sa citadelle qui a résisté a Ibrahim. Sa population, estimée autrefois de i5 à ao,ooo âmes, est réduite selon M. Trant à i,5oo, en grande partie aussi par la retraite des Turks qui y étaient très nombreux.
Dans ses eu virons immédiat-. e>t situé Mai.oi la , misérable village , tout près duquel se trouvent les ruines de Sparte. Les restes de ses murailles construites sous la domination romaine, quelques vestiges de ses temples et de son vaste t/utttre sont (ont ce qui reste de cette villa qui a été pendant si long-temps la capitale d'une des plus célèbres républiques du monde; WCltuL uro.s , cotisai re ,t Minerve , et construit tMi airain; \cportique des Perses et le grand tfiédtre déjà mentionné., étaient ses editices les plus remarquables
Dans un rayon de ao milles on trouve : Marathon m , petite ville, regardée comme le chef-lieu du Magne-Oriental , canton stérile et montueux , habité par les M ai notes , peuplade féroce et bel ligueuse, qui n'a jamais été entièrement soumise par les maîtres* de la Morée; elle offrait encore naguère l'image la plus fidèle des usages et des désordres du gouvernement féodal du moyen ége; huit capitaines héréditaires s'y partageaient l'administration sousuu beyqui était censé en être le chef: ce dernier était électif. LesMaïnotes ue payaient qu'un léger tribut aux Turks. Plus au sud et hors du ravon de Mistra , près du capMalapan , le Tanarium promontorium des anciens, habitent les Cacovouniotes , pirates sanguinaires qui ne respirent que le pillage et le meurtre; et sur le golfe de Coron est situé Cltimava, petite ville ou gros village regardé comme le chef lieu du Mague- Occidculal. Calamata, gros village détruit dernièrement par Ibrahim, mais dont on a déjà rebâti une partie des maisons; c'est le chef-lieu du la liasse- M essénie. En piolongeant fe rayon à 3o milles de Mistra vers le sud-est on trouve : Nai»oli os Mai \ asia \tonemvaria ou Monembasià), petite ville, résidence d'un métropolitain, importante par son port, ses fortifications, et renommée par ses vins excellens; on y voit les ratai d'Ern>AURcs Limera , dont les matériaux ont servi en grande partie à sa construction ; la chapelle de Saint-George a hérité d'une grande partie de la réputation dont jouissait l'ancien temple d'Esculape ; elle est visitée par un grand nombre de paysans des environs.
Abcaoia, petite ville, bâtie en partie sur le penchant d'une montagne, assez florissante par son commerce avant la dernière guerre et résidence d'un métropolitain; sa citadelle en partie ruinée offre les débris de l'acropolis de Cypabissa, recouverte par une triple enceinte de belle construction vénitienne; on lui accordait .'1,000 ûmes, mais sa population actuelle « st très faible.
Dans un rayon de ao milles ou trouve : Agios-Croroios . près du village de S ta la , dénomination donnée à l'emplacement que M. Dodwell croit être identique à celui qu'occupait Lyrosoura , regardée par Pausanias comme la plus ancieune ville du plus ancien peuple du monde; on en voit eucore les murailles de construction cydopéenne et quelques débris de colonnes , de bases, etc. ; ses ruines sout situées dans le Lycée , canton montueux et agreste. Srleru, village remarquable en ce que ses environs offrent les restes du fameux temple d'Apollon Fpirurius, qui était tout en marbre, même le toit, et réputé
DigitizeAy G^Dglc
le plus beau du Pélopouèse après celui de Tegée, par la beauté de La matière et par l'harmonie des proportions. Trente-une colonnes sont encore debout, presque toutes unies entre elles par leurs architraves; le pavé tout entier subsiste; mais le toit et les murs sont renversés pêle-mêle sur les côtés. On sait que les sculptures, qui décoraient la frise intérieure et qui représentaient les centaures et les lapithes et le combat des Amazoues, forment un des plus grands ornemens du musée Britannique i Londres; ces métopes ont 96 pieds anglais de long et a de haut; elles sont connues sous le nom de marbres phigaliens. Non loin se trouvent aussi les ruines de Phigaleia, dont il reste encore une partie des murailles et une porte.
Mavronatmi , petit village d'une quarantaine de maisons; il tient aujourd'hui La place de la ville de Mxsskhe fondée par Épaminondas; on voit encore les restes de ses murailles au pied du mont Ithome, les fondemens de Vacropolis , quelques tours et la grande porte d 'sfreadia, l'un des plus beaux mon u meus de ce genre qui soient encore eu Grèce; une large voie eu dalles conduit à une enceinte circulaire de 60 pieds de diamètre ; on doit encore mentionner les débris de Yhiérothysium où étaient réunies les statues de tous les dieux , le stade , Vamp/ù théâtre et un beau reste de mur percé de deux portes à augles aigus semblables à celles de Tyriuthe, tous monumens visités ou découverts dernièrement par les sa va us de l'expédition française. Navarih (Pvlus), petite ville, importante par ses fortifications et surtout par son port, un des plus beaux de la Méditerranée et fermé en partie par l'île de Sphaclerie, célèbre par le désastre de» Lacédémoniens; c'est dans ce vaste bassin qu'en 1827 la flotte lurco-égypUeune a été détruite par les trois flottes combinées de la France , de l'Angleterre et de la Russie ; la citadelle , qui avait été réparée par les Français, a été récemment ruinée par l'explosion des poudres produite par le tonnerre. Zokchio, château du moyen âge, bAti sur l'emplacement de la vieille Pyios de Messénie, et qui présente encore des restes uombreux de construction hellénique. Hors du rayon d'Areadia sont situées Monoa et Coroh , petites villes, importantes par leurs fortifications et leurs rades assez bien abritées; la première est le chet-Iieu de la Haute-Messéoic.
Pyrcos , petite ville, naguère encore florissante par son commerce favorise par un petit port à l'embouchure du Ruphia , autrefois YJlphéc , mais prés de marais malsains ; entièrement détruite par Ibrahim, elle commence à se relever de ses ruines ; c'est le chef-lieu de l'Elide.
Dans un rayon de ao milles nous trouvons : Miraca, misérable village près de l'emplacement d'OLYxria, renommée dans toute la Grèce par les jeux qu'on y célébrait tous les 5 ans en l'honneur de Jupiter Olympien et qui y attiraient un concours prodigieux de monde. Le gymnase , le prjtaneum , Yampfùthédtre bâti par Trajan, Yftyppodrome et le stadium , le temple de Junon et surtout le magnifique temple de Jupiter Olympien formaient son plus grand ornement. Les archéologues frauçais ont dernièrement découvert plusieurs vestiges de ce dernier monument et entre autres des bas-reliefs trouvés à l'avant et à l'arrière du temple de Jupiter, déposés déjà au Louvre; Us offrent le groupe d'Hercule et du taureau de Guosse , le lion de TN'émée, un guerrier vaincu , une figure de Minerve et d'autres débris concordant bien avec la description qu'en a douuée Pausanias; le Pronaos du même temple est recouvert par une superbe mosaïque en très petits cailloux , figurant des caissons contenant des animaux chimériques. Ce magnifique édifice passait pour le plus grand temple de la Grèce; c'est dans son intérieur qu'était assise sur un trône enrichi d'or et d'ivoire la statue de Jupiter, chef-d'œuvre de Phidias; ce superbe colosse , travaillé en or et en ivoire avait 60 pieds de haut , et {tassait justement pour une des merveilles du monde. Lala, petite ville, aujourd'hui rasée ; avant la révolution elle était le chef- lieu d'une colonie d'Albanais mahométans, devenus par leurs brigandages la terreur et le fléau de tous les pays environnans. Gastouwi, petite ville, siège d'un archevêché, assez florissante avant la révolution, mai» que M. Emerson a trouvée en i8a5 réduite à un amas de ruines par les Albanais de Lala. Dans ses environs on voit les vestiges de l'ancienne Eli s, capitale de l'Elide, une des villes les plus considérables du Péloponése. Caste i-Torwesi et Cmiarkhxa, autres lieux jadis très importans et aujourd'hui très déchus et presque abandonnés.
Pat» as (Patrœ; Baliabadra des Turks), bâtie en amphithéâtre sur une
colline près du golfe qui en reçoit le nom, résidence d'un métropolitain et chef-lieu de l'Achaie. Entièrement détruite pendant la guerre, le gouvernement grec se propose de la faire rebâtir d'après le plan tracé par M. Biilgari ; s'il est exécuté, la ville future ne le cédera ni en beauté ni en magnificence aux plus jolies villes de l'Europe. Il y aurait en effet neuf places publiques, des quais, de vastes boulevards, de larges et longues rues parfaitement aérées, un grand nombre de fontaines et un théâtre. Plus de 100,000 habitans pourront tenir à Taise dans l'enceinte de cette place, dont la force serait augmentée par la citadelle. Sa population, qui était réduite à quelques centaines d'habitans, paraît s'élever déjà au-dessus de 8,000 Ames. Malgré ses désastres et son peu de salubrité, Patras est redevenue encore le centre de toutes les relations commerciales de la Mbrée avec les principales places commerçantes de l'Europe. Les ruines les plus considérables qu'elle présente sont celles d'un aqueduc romain.
Dans un rayon de ao milles on trouve : le Château ni Murée, dont les fortification* ont été dernièrement augmentées par les troupes françaises; il défend avec le Chatkau de R.oM£Lit , situé vis-à-vis , sur la côte opposée de l'Hellas , le passage nommé les Petites Dardanelles , à cause de ces deux forts; dans le château de Morée on voit encore quelques débris du temple Je Neptune, sous la protection duquel se trouvait autrefois cette plage. Vostoïa, petite ville, que nous ne nommons que parce qu'elle occupe l'emplacement d .Hoivu, prés de laquelle était un bois consacré à Jupiter, où se tenaient anciennement les états-généraux de l'Achaie. Megaspiléon, vaste monastère, remarquable par sa position romantique, ses fortifications et ses caves immenses; c'est up des plus riches de la Grèce; il contient actuellement 200 frères dont 80 sont prêtres; sa fondation remonte au v* siècle: une image de la Sainte-Vierge , qu'où dit avoir été peinte par Saint-Luc, y attire un grand nombre de dévots.
De l'autre coté, dans l'Hellas, outre le château de Romélic, mais toujours dans le rayon de ao milles , on trouve : Lepante {Natipactus ; Aïnabachti des Turks), petite ville, fortifiée, siège d'un archevêché, avec un port , où en i83o stationnait l'escadre grecque commandée par le comte Auguste Capo-d'Istrias. Missoloughi, dans une lagune , place forte, ruinée par les Turks qui s'en emparèrent en i8a6 après un long siège ; c'est le chef-lieu de rUellas-Occidentale. Dans ses environs est situé A natolico, fort environné de basfonds dont les pécheurs, comme jadis dans l'enfance de la société et encore aujourd'hui chez les peuples sauvages, se servent de monoxylons ; ce sont des canots formés d'un tronc d'arbre creusé en forme de nacelle; une longue perche leur tient lieu de rame. On aurait peine à croire avec quelle vitesse ces nacelles informes filent sur l'eau. En prolongeant le rayon de 3 milles dans l'intérieur de la Morée on trouve : Calavrita , petite ville, environnée de hautes montagnes , et renommée par ses fromages.
Cor uf the [Kordos des Turks), petite ville, siège d'un archevêché, naguère encore commerçante et assez peuplée, mais entièrement ruinée pendant la guerre; on commence à la rebâtir. Peu de villes offrent une position aussi belle et aussi favorable au commerce; située entre les deux golfes d'Athènes et de Lepante, dit aussi de Corinlhe, sa vaste et forte citadelle s'élève majestueusement; elle offre trois rangs de fortifications formidables, et avant l'invention de l'artillerie elle passait pour imprenable ; l'acro-corinthe a été et est encore le boulevard du Péloponèse; on n'v monte que par un chemin escarpé et rétréci ; une partie de ses murailles intérieures sont de construction cyclopêenne ; on y trouve des sources abondantes et entre autres la fameuse fontaine Pyrcne. Sept colonnes, qu'on croit avoir appartenu au temple de Neptune ou de Vénus , sont les plus importans débris qui restent des magnifiques et nombreux monumens de cette ville, qui était l'orgueil de la Grèce , l'entrepôt de son commerce
ABRKGÉ DE GÉOGRAPHIE.
et dont la richesse , le faste et le luxe étaient passés en proverbe. Nous remarquerons avec M. Dodwell qu'on n'a pas encore trouvé dans cette ville ni dans son voisinage aucun reste de l'ordre d'architecture dont on lui attribue l'invention, et que la flore de l'isthme n'offre pas même la plante d'acanthe qui en (orme le caractère distinctif.
Dans ses environs immédiats on trouve : Kekhries (Cenchrea), petit village, avec ttu port sur le golfe d'Athènes , par lequel Coriuthe recevait les marchandises de l'Orient ; sur la route qui y conduit, M. Gell a découvert les débris du magnifique amplùtliédtre taillé dans le roc. Hixamilîa , petit village , ainsi nommé parce qu'il est situé à l'endroit où l'isthme a 6 milles de largeur. Tout prés on voit la colonie agricole fondée par le docteur Howe, philhellènc anglo-américain ; 40 familles de pauvres Grecs y sont logées ; ou y voit aussi les ruines du temple de Neptune et dustadium où l'on célébrait les jettx Isthmient. L'importante place de Léchée ou Leuchokum, dont le port sur le golfe Corinlhiaque servait à Coriuthe pour faire le commerce avec l'Occident, u'ofl'rail plus du temps de Gell que six maisous, quelques magasins et un bureau de douane; les rentes de l'ancien môle étaieut encore visibles , ainsi que les traces du fameux canal, que Néron essaya d'ouvrir pour couper l'isthme et faire une ile du Pélopouèse. C'est encore dans le voisiuage de Corinthc qu'on voit les débris de cette muraille qui allait d'une mer à l'autre et qui a été restaurée plus tard deux fois par les Paléologues et autant par les Vénitiens; ces derniers, en 1463, la fortifièrent avec i36 tours et de doubles tranchées; ce travail immense a été exécuté en 1 5 jours seulement par 3o,ooo hommes.
Plus loiu et daus un rayon de ao milles on trouve: Colonne, misérable hatnenn qui remplace l'ancienne ville de Nemée , prés de laquelle il y avait un temple d'une grande beauté dédié à Jupiter Aéme'en avec un bois de cyprès, où l'on célébrait tous Its ans les fameux jeux funèbres en l'honneur de Palémou et d'Àrehéinore; trois colonnes de ce temple sont encore debout. Vasilico ou Basilic*, misérable village qui remplace la capitale du royaume de Sicyon, le plus ancien de la Grèce et dont les chronologistes placent la fondation 74 ans avant la naissance d'Abraham. La citadelle, qu'Aral us escalada pendant ta nuit , a conservé une de ses tours carrées. Dans le vaste emplacement qu'occupait cette ville, regardée comme l'uu des grands ateliers de la Grèce pour la sculpture et la peinture , on voit encore le théâtre , resté presque intact et que M. Clarke regarde comme le plu* beau pour l'architecture, et pour la vue magnifique dont on y jouit; et les restes du stadium dont les assises sont de construction cvclopcenne. Meoare, naguère une des villes les plus florissantes de la Grèce, dont la population industrieuse était estimée à 13.000 âmes, et jouissait de grandes immunités sous la domination Ottomane, étant les seuls gardiens des gorges qui mènent en M orée, u'offre plus que des ruines; elle a été détruite par l'armée grecque. Nous avons déjà décrit dans les environs de Nauplia: Myceves, Ahgos, Tyrikthe et autres lieux célèbres qui appartiennent égale meut au rayon de Coriuthe et à celui de la capitale actuelle de la Grèce.
Salona, petite ville de la Grèce Occidentale, siège d'un évéché, située près du Liacotira, l'ancien Parnasse; elle occupe une partie de l'ancienne ville d'ÀMPHissA, la plus considérable de la Locride Occidentale.
Dans un ravon de i5 milles on trouve : Scala, misérable endroit, avec un port qui sert de débouché à Saloua; on y voit les vestiges d'une ancienne ville. Galaxidi, qui entièrement détruite en i8ai par les Turks, était devenue depuis le commencement du siècle uite des villes les plus commerçantes de la Grèce par l'activité de ses lia bilans , dont les nombreux vaisseaux étendaient leurs courses en Italie, en Sicile et jusqu'en Espagne. De l'autre côté du golfe de Salona et vis-à-vis Scala, ou voit les restes des murailles de l'ancienne Cyrrha , qui était le port et l'arsenal de Delphes.
Castui, gros village, qui en 1806 ne comptait que 90 cabaues habitées par des Albanais; H occupe remplacement de l'ancienue Delphes, une des plus grandes villes de la Grèce, si renommée dans toute l'antiquité par Vornclc d'Apollon, le plus célèbre et le plus respecté de l'univers. Les rois, les républiques et les particuliers n'entreprenaient
rien d'important , sans consulter la Py thie, qui, assise sur un trépied à rentrée de la ca- \erue auuexce au temple du dieu, répondait aux questions qu'on lui adressait. Ce temple rnaguifique, construit environ 5oo ai» avant Jésus-Christ parles soius des Amphiciyons aux fiais commuus des difïéreiis états de la Grèce, était desservi par un grand nombre de prêtres et (Tautres miuistrcs. qui tous vivaient daus l'opulence , des riches offrandes arrachées à la crédulité des peuples et de ceux qui les gouvernaient. Non-seulement les Grecs et les Italiens, mais les Phrygiens, les Lvdiens, les Assvriens, les Phéuiciens, les Persans et les Uvpei borée us venaient lui offrir de riches piésens. Les trésors immense» accumulés dans son enceinte excitèrent souvent l'avidité de* j»euj.lcs et des monarques; ouze (ois il fut pillé, entre autres par les Gaulois, les Th races et les Phocéeus; le savant auteur du vovage d'Anucharsis estime à près de 5o millions de francs le butin fait par ces s; en 'le réduisant même à la moitié de celte somme, avec M. Dodwell, ce butin lit eucore à côté des plus riche* dont l'histoire ait fait mention. Il ne reste pin* in vestige de ce bâtiment magnifique; mais on a découvert ceux du gymnase, occupé par le monastère Panagi a , et les restes du vaste stadium, où l'on célébrait les jeux Pytluquet, qui y attiraient toute la Grèce. Les cimes majestueuses du mont Parnasse, les restes du boum en marbre qui reçoit les eaux de la célèbre fontaine Castalie , où l'on suppose que la Pythie allait se baigner avant de monter sur le trépied sacré daus le temple d' Apollon; la poiute du rocher llyampeïa, d'où les Drlphieus précipitaient ceux qui étaient les ennemis de leur dieu, et non loiu le rocher Aaupleia, qui remplaça le premier après qu'il eut servi à mettre à mort Ésope, sont autant d'objets qui frappent l'imagination du voyageur.
Rachova ou Araxoba, gros village situé sur la pente du Parnasse, reuommé par la bonté de ses vins et la longévité de ses habitans; on voit tout près l'a ntre Corycius nommé S ara h d'Anli par les indigènes; il sert depuis long-temps de rendez-vous aux brigands du Parnasse ; moins renommé que celui d'Anti-Paros , il est beaucoup plus grand; il est assez vaste pour contenir plus de 3,ooo personne-»; il y a une grande salle de 33o pas de long sur aoo de large, toute remplie de stalactites et de stalagmites superbes; cet autre forme pour ainsi dire le peudaut de la caverne fortifiée d'Odyssous, qui ne la surpasse que sous le rapport de la difficulté d'v parvenir. Daiu, gros village, industrieux, auquel il y a quelques auuéeson accordait 700 maisons. Rodoxitza, petite ville, importante par ses fortifications modernes et par le voisinage du fameux défilé des The r mo pyle t , ainsi nommé des sources sulfureuses qui jaillissent daus ses environs. Nous ferons remarquer que depuis la glorieuse résistance opposée par les 3oo liéros Spartiates à l'innombrable armée de Xerces,cc passage n'a presque jamais arrêté l'ennemi, ayant toujours été tourné.
, d'un métropolitain, située à quelques milles à l'ouest
du lac Copaïs, dont les fréquens débordemens joints à d'autres circonstances topographiques, la rendent une des villes les plus malsaines de la Grèce. Avant l'insurrection elle était le chef- lieu du sandjak de son nom, son industrie et son commerce étaient assez florissans et on lui accordait 10,000 habitans. Comme les autres villes, elle a été complètement ruinée pendant la guerre, mais elle est remarquable parce qu'elle paraît occuper la place du bois sacré de Trop ho nius , si renommé par son oracle, qui se rendait avec plus de cérémonie que celui d'aucun autre dieu, et qui subsista même long-temps après que ceux de la Grèce eurent cessé. Il se rendait dans une caverne à double étage, située sur une montagne; les consultans en revenaient toujours effrayés, et il y avait peine de mort pour ceux qui osaient interroger le dieu sans les nombreux préparatifs qui étaient prescrits. Un voyageur moderne croit avoir retrouvé cet antre célèbre ainsi que les deux ruisseaux le Le thé , dont les eaux bues parles consultans effaçaient de l'esprit toutes leurs pensées profanes, et la Mnémosync , dont l'onde pure leur faisait retenir tout ce qu'ils devaient
voir dans l'antre sacré ; la réunion de ces deux ruisseaux formait YHcrcine y affluent du lac Copaïs.
Dans un rayon de ao milles ou trouve : Ta la ht i ou Talawta, petite ville épiscopale , située sur le canal qui en reçoit le nom ; avant l'insurrection elle était assez commerçante et on lui accordait 5,ooo habituas. Thebes [Thiva des Turks) «jadis si puissante au temps de Pélopidas et Épaminondas, n'était avaut l'insurrection qu'une petite ville épiscopale de 3 à 4,000 âmes ; quelques anciennes inscriptions étaient les seuls vestiges des beaux monumens qui la décoraient à l'époque de sa grande prospérité.
Athènes (Àthina) , située à environ 6 milles du golfe de son nom, ville archiépiscopale, une des plus célèbres du monde par son ancienne splendeur, lorsqu'elle dirigeait les destinées de la Grèce et que long-temps après elle était le foyer des sciences, des lettres et des beaux-arts. La ville actuelle n'occupe plus qu'une partie de l'espace qu'embrassait l'ancienne ; quoique infiniment déehue, elle était encore une des plus florissantes avant l'insurrection, et soit dans ses édifices, soit dans la manière de vivre de ses habitans , elle se distinguait avantageusement des autres villes de ces contrées classiques. Son commerce était assez étendu ; on évaluait sa population de 1 a à 1 5, 000 âmes. Aujourd'hui elle n'offre que des ruines et compte à peine le tiers de ses habitans. Malgré les fréquentes révolutions politiques qu'elle a subies et ses derniers désastres, elle présente encore plus que toute autre ville de la Grèce un grand nombre & antiquités qui attestent son ancienne gloire ; nous essayerons de tracer le tableau rapide des plus remarquables , en le faisant précéder de quelques généralités relatives à la description de la ville ancienne dont elles formaient le plus bel ornement.
Athènes, dans son état le plus florissant, avait aa milles de circuit, i3 portes et 3 ports, savoir : ceux de Phalère, de Munychie et le Pirée; ce dernier était le plus grand; on le nomme aujourd'hui Porto-Léone. La ville était partagée en plusieurs quartiers, doot les principaux étaient le Céramique, le Prytanée, le Lycée, le Théâtre, YAcropoUs on citadelle, Y Aréopage et Y Académie. Deux petits ruisseaux, TU issus et FEridan, affluent du premier, arrosaient ses environs. Les rues n'avaient rien de remarquable, soit pour la largeur , soit pour la régularité ; les maisons étaient en général fort simples; mais les places et même la plupart des rues étaient ornées de portiques, dont plusieurs servaient de promenades aux citoyens, et quelques autres de sièges à plusieurs tribunaux. Là les statues, les inscriptions rappelaient partout d'anciens et de glorieux souvenirs. La population d'Athènes a subi de très grandes variations; il parait que du temps de Démétrius de Phalère elle comptait 71,000 habitai*, dont 40,000 étaient serviteurs ou esclaves et 1 0,000 étrangers.
Voici les édifices les plus remarquables dont il reste encore des parties plus ou moins considérables. Nous commencerons par YAcropoUs, qui est encore capable d'opposer une avseï longue résistance , surtout depuis que les Grecs, lorsqu'ils en étaient maîtres, ont découvert la célèbre fontaine de Pan, réunie par un nouveau bastion à ses lignes de défense. Dans sa vaste enceinte on admire le Parthénon ou le temple de Minerve, nomme aussi Hecatompedon, parce qu'il avait 100 pieds grecs de façade; c'est encore on des plus beaux restes de l'architecture ancienne; il a été beaucoup endommagé par l'armée vénitienne qui prit Athènes en 1687 , et souffrit encore d'autres dommages pendant la dernière guerre; quarante-huit colonnes doriques, hautes de 4a pieds , formaient tout autour une galerie superbe; c'est à ce magnifique édifice qu'appartiennent ces belles métopes , cette frise magnifique et ces étonnaus débris de frontons , enlevés par lord Elgin pour les transporter en Angleterre. Le temple de Thésée, ce vieux trophée de Marathon , doot on admire autant la beauté des proportions que l'étonnante solidité. La tour octogone d'Andronhcus, nommée communément le temple des Vents, parce que sur ses faces sont sculptées les figures des vents, qui emportent dans des draperies les fruits des diverses saisons; Stuart
l démontré qu'elle était en comrouuicatiou avec la fontaine de Clepsydre aux Propylées . et qu'elle servait à-la-fow d'hydromètre et d'horloge solaire. Le monument ehoragique de fysicrate, plus connu sous le nom de lanterne de Démosthine, et dont on trouve une copie en terre cuite près de Paris dans les jardins de Saint-Cloud ; la délicatesse de se* bas-reliefs est cause qu'ils sont fort altérés ; néanmoins on y recounail encore les pirates Tyrrhéniens changés eu dauphins par Bacchus, et l'excellence d'exécution qui distingue éminemment les monumens d'Athènes ; on a peine à concevoir comment cet édifice, dout le diamètre n'est que de 5 pieds et demi, ait pu traverser iutact tant de siècles m milieu des bouleversement qu'a subis Athènes. Le temple de Jupiter Olympien , qui ne fut achevé que sous Adrien , 700 ans après que Pisistrate en eut jeté les fondemens ; ou voit encore treize colonnes réunies entre elles par des architraves; elles étaient d'abord au nombre de lao, de 60 pieds de haut sur f> et demi de diamètre, et formaient un diptère, qui joiguait à l'élégance attique l'immensité orientale-, plus grand que tous ceux de la Grèce, ce temple n'était inférieur qu'a relui de Diane àEphèse; c'est dans sa celle qu'était la belle statue colossale aussi admirable par sa richesse que par la bel le proportion de ses parties ; elle était d'or et d'ivoire, et dépassait d'un tiers la hauteur de la Minerve du Parthéuon ; le long circuit de ce \aste édifice était décoré d'un nombre prodigieux de statues , parce que chaque ville, pour signaler son zèle , avait voulu donner la sienne. I.e théâtre d'Hérode Atticus, regardé comme un modèle de ce genre d'archi-
tecture ancienne. La porte d Adrien, eucore bien conservée, mais qui depuis long temps ne sert plus à 1 usage pour lequel on l'a construite. Le théâtre de liacchus, dont on admirait la belle architecture; il servait mm. seulement aux jeux publics, mais encore aux assemblées de l'État : les philosophes les plus fameux \ \< liaient même quelquefois expliquer leur doctrine à leurs disciples. Il ne reste pas, dit M. Quinet, une seule pierre du stade , où s'épuisèrent les carrières du mont Pentélique, tous le> marbres avant été réduits en chaux; il passait pour le plus beau de la Grèce, il ne reste rien non plus des grands murs qui unissaient Athènes à ses trois ports. Pendant la guerre d» l'insurrection le monument de Trasyllus de Décelia a été détruit; le toit de Y Erechtheum s'est enfoncé; et les ruines du beau temple de la Victoire ont servi de retranchement aux Grecs et aux Turks. On voit eucore des colonnes qui formaient le portique dédié à Auguste, et une infinité d'autres débris sur lesquels le temps et l'examen fourniront sans doute des lumières. Les déblaiement que lord Aberdeeu a fait faire, il y a 20 ans, lors de son voyage en Crèce, ont mis à découvert le Pnyx, où le lieu des assemblées populaires ; le voyageur Barlholdy y a reconnu la tribune des orateurs et les bancs des magistrats , taillés dans le roc. L'espace nous manque pour indiquer seulement tous les restes d'antiquités qu'offre la capitale de l'Attique; nous ferons seulement observer que l'observateur attentif en découvre pour ainsi dire à chaque pas, dans les maisons, les églises, les fontaines et autres édifices publics et particuliers. Il peut encore reconnaître l'emplacement de plusieurs monumens célèbres tels que Yodeum, théâtre où se célébraient, à certaines époques, des concours entre les poètes; le prytanée, vaste place, environnée de bàtimens destinés à divers usages pour le service et l'utilité do public, et où l'on gardait les fameuses lois de Solon ; Yaréopage, palais d'un seul étage, où siégeait le tribunal célèbre dont il recevait la dénomination ; le pacile, portique renommé par la riche collée lion des tableaux des plus grands maîtres, Mycon , Parrhasius, Apelles, Polygnote, et où Zénon professa le fameux système nommé la philosophie du portique ou stoïcisme , du mot .itoà qui signifie portique; Yacadémie, ainsi nommée d'Académus l'ancien propriétaire du champ où elle fut élevée; le chemin qui y conduisait traversait les champs couverts de tombeaux élevés aux héros morts pour la patrie ; elle fut ornée par la suite de statues, de fontaines et d'allées d'arbres pour la commodité des philosophes qui s'y assemblaient, et qui pour cette raison furent appelés académiciens; c'est dans ce lieu délicieux que Platon enseigna sa philosophie; enfin le lycée, autre fameuse école située aussi hors de la ville et dans laquelle Aristote et ses sectateurs faisaient leurs cours; on y voyait des portiques et des allées d'arbres plantés en quinconce , où les aristotéliciens agitaient les questions en se promenant; e'est de là qu'on donna à ces philosophes le nom de
Parmi les lieux remarquables qu'on trouv. autour d'Athènes dans uu rayon de ao
wo AMIÉGÉ DE GÉOGRAPHIE.
milles nous nommerons: Porto -Léohe, dénomination moderne donnée au Pirée, qui, privé de ses anciens bâti mens n'en est pas moins un assez bon port, pouvant recevoir de grosses frégates. Padjschah, village, naguère si connu par ses jardins et ses belles plantations de cyprès; il n'offre pins que des ruines et ne répond à aucun bourg fameux dans l'antiquité. Lepmna, village ruiné qui occupe une partie de l'emplacement d'Etscsis, si renommée dam toute l'antiquité par les Eleusinics, ou fêtes qu'on y célébrait en l'honneur de Cérès et de Proscrpine; elles remontaient à la plus haute antiquité et ont été pendant dix-huit siècles les plus célèbres et les plus fréquentées de tout le paganisme; les mystères et les cérémonies bizarres dont elles étaient accompagnées les ont fait appeler les mystères eleusiens. On voit encore quelques débris du %aste temple de Cerès, dont l'entrée était interdite aux profanes. Giphto Castro, dénomination qu'on donne à l'emplacement de l'ancienne Eleusther>e, dont on voyait encore il y a quelques aunées l'enceinte construite dans le genre de celles de Mantinée et de Messènc. Mar athoh, misérable village qui remplace la ville de ce nom , si renommée dans la mythologie et dans l'histoire de la Grèce. C'est dans ce même rajon qu'on trouve le noht Pautbexique, dont les carrières ont fourni des marbres pour l'ornement de tant de beaux édifices élevés daus l'antiquité, et le moht Htmkte, sur lequel on recueille encore le meilleur miel qu'on connaisse. Nous avons déjà mentionné Megare, dans les environs de Corintbe, et nous parlerons de Coeouri et d'EoiKE dans la description des îles. Hors du rayon est situé le cap Colohke , ainsi nommé des colonnes , restes du magnifique temple de Minerve Suniade , qui en couronnait le sommet.
Negrepont (Cftalcis ; Egriboz des Turks), assez grande ville , naguère encore chef-lieu du sandjak de son nom, qui embrassait non-seulement toute l'île de Negrepont [Eubœn des anciens), où elle est située, mais l'Attique, la Béotie, la Phocide et les îles de Colouri et d'Egine. C'est encore, comme aux beaux temps de la Grèce, un des boulevards de cette contrée; un pont construit sur le célèbre Euripe l'unit au continent. Negrepont a un port où stationnait la flottille du capitan-pacha , et un assez vaste palais où cet amiral résidait pendant sa course annuelle dans l'Archipel; elle est le siège d'un archevêché; avant l'insurrection on lui accordait 16,000 hubitans.
Dans lesSporades Septentrionales , qui probablement seront comprises dans la section administrative de Negrepont, nous nommerons : 5airt-Georce de Sevra , petite ville, dans Pile de ce nom («Serra des anciens Grecs, hhkiros des Turks) , remarquable comme lieu où Achille fut élevé et épousa Deïdamie, fille de Lycomède, et en ce qu'elle fut la demeure des Dolopes, ces impitoyables corsaires, qui en furent chassés par Cimon l'Athénien. Seopelo , encore plus petite, dans l'île de ce nom. Nous ferons remarquer que presque toutes les îles de ce groupe, que les géographes représentent comme désertes > sont en général assez peuplées, et ont toujours été un repaire de tartans.
Psara (Psyra; fpsara des Turks), ville ruinée en 1824 par les Turks et encore presqne déserte, chef-lieu de l'îlot de ce nom, autrefois habité par de pauvres pécheurs et des pirates; ce rocher stérile s'était enrichi depuis 3o aus par le commerce; on estimait sa population immédiatement avant la catastrophe de 1 834 de 1 5 à 20,000 âmes, dont plus de la moitié étaient des réfugiés de Kidonia , Chio et autres villes de l'Asie et des îles qui en dépendent. Ce sont les batimens des Ipsarioles qui ont commencé la course contre les Turks. Le plus grand nombre de ces insulaires était dispersé en 18 J0 à Nauplia, Egine , Poros et autres villes maritimes de la Grèce. Ces réfugiés ont l'intention de fonder une autre Psara sur le territoire que le gouvernement voudra leur accorder. Sur l'autorité de M. le capitaine Jourdain nous ajouterons un fait trop curieux pour être passé sous silence ; c'est qu'un ancien temple de BaccJms étant devenu un monastère consacré à la sainte Vierge , les nonnes de ce pieux asile se trouvent remplacer les bacchantes.
Stra (Sjtos; C/iira des Turks), résidence d'un évôquc catholique <-t chef-lieu de l'île de ce nom, située presqu'au centre de l'Archipel et chef-lieu des Cyclades Septentrionales et du tribunal de commerce. En
dépit des géographes, qui en i83o continuent à la représenter comme une île insignifiante et presque déserte, nous n'hésitons pas a regarder son chef-lieu comme la première place commerçante de la Grèce. A côté do la petite ville ancienne, il s'est élevé comme par enchantement une ville nouvelle, où vient aboutir tout le commerce de l'Europe, de la Turquie et de l'Egypte. Son port est toujours rempli d'une foule de bâti mens, et dans les petites rues de son l>a/ar on \<>it s'entasser les amandes deChio, les vins M Naxos, les raisins de Pu ras, les huiles et les soies de la Morée, les cordages de l'Olympe, le tabac de Volo, le riz d'Alexandrie , les laines de la Homélie, etc. Près du rivage sont ces fameux chantiers , où des ingénieurs, sans plumes ni compas, construisent avec les bois de Prévesa ces briks ftilél , si r emarquables par la rapidité de leur course. Immédiatement avant la paix, la population de Ifle de Syra , qu'avant l'insurrection on n'évaluait qu'à ft à 5,ooo aines, s "était (levée au-dessus de 3o,ooo. Elle doit celte étonnante prospérité a la neutralité observée par ses habitans; on s'y porta en foule de tous les pays désoles par la guerre , et le commerce s'y concentra, surtout celui des grains. Syra devint l'entrepôt des subsistances qu'on apportait du dehors pour nourrir la Grèce, dont le sol dcvaaté M produisait pas assez pour fournir aux besoins de ses habitans dispersé!. Mais nous devons rappeler avec le judicieux et impartial auteur de Y Histoire de la Grrcr tn 18991 que la plus grande partie de l'étonnante prospérité de cette place est due en ce qu'elle était aussi devenue l'entrepôt des corsaires, dont les pirateries ont cause au commerce européen la perte da plus de cent millions de francs, somme dans laquelle la France entre pour \ in^t millions et l'Angleterre pour trente. Le retour de la paix et l'anéantissement des pirates ont déjà fait sentir leur influence sur Syra; il CSl plus que probable que dans quelque teinps elle verra diminuer considérablement la population et les richesses que des circonstances extraordinaires avaient accumulées.
Nous nommerons dans la division de Syra les Iles suivantes : Thermu (Cythniu), renommée dans l'antiquité par se, « aux thermales, dont les voyageurs modernes ne fout aurune RMatfioa. ÏÀA (Ceos; 3/nr/ed-Adassi des Turks); c'est sous les ruines de l'ancienne sille de Julis que, selon quelques sa vans , on aurait trouvé la célèbre chronique de Pavot, grasèe sur marbre et maintenant DOnaCTtéc i Oxford, où on la oonnail sous la dénomination de marhrrs d'Arundrl du nom de relui qui en fit l'acquisition.
Abdro {Andros; Andra dos Turks), où l'on trouve A ma, petite ville, siège d'un étêché grec et d'un autre catholique, avec un port et peut-être 5,ooo babitans; on y soit encore des quartiers de ses anciennes murailles et quelques antres débris de ses ancien», édifie» l.i population de rette [le qui fournit un grand nombre de serviteurs et de servantes aux Européens établis à Constantinople , à Smyrne et autres villes du Levant. Tijce (Tenos ; Istrndit .les Torts), une des plus importantes de tout l'Archipel, par le eonimrire, l'industrie, l'agriculture et la population; on porte cette dernière à t»o,,ooo âmes; sur ce nombre r> i 10,000 personnes forment une espèce de colonie voyageuu-, dont les membres se succèdent alternativement dans le séjour qu'ils font à Smyrne et à Conetantinople , où ils exercent les métiers de maçon , de cordonnier, de menuisier, et se louent comme doim Miquc ■ t hommes de peine. l ine est le siège d'un archevêché grec et d'un évêché catholique. Mtcoki [Myconos; Myknos des Turks), remarquable par sa nombreuse marine marchande; ses matelots ne le cèdent qu'aux Hydriolesct aux Spelziotes. Delos (De/os ; Dilès d es Tu r k « , et 9&U), très petite, mais remarquable par sa grande célébrité due au culte qu'où rendait à Diane et à Apollon; ce dieu y avait un temyl» qui était un asile inviolable et qui de\int le rendez- vous commun de tous les peuples de la Grèce. Quelques débris de cet édHfc Bt et les restes dn portique de Philippe-le-
AMRÉGÉ DE GÉOGRAPHIE
Macédonien sout tout ce qui subsiste de la ville qui parait avoir occupé un asvz petit terraiu. Deux bergers formaient toute la population de l'île lorsque M. James Emerson la visitée en i8?5. Rhévea , qui est la plus grande du groupe uommé Sdili ou Delos par les modernes, n'offre aucun monument et servait de sépulture aux ancieus babitans de Delos, avec laquelle bien des géographes la confondent.
Naxie , petite ville, siège d'un archevêché catholique et d'un évéchégrec, chef-lieu de l'île de Naxia ou Naxie (Naxos; Nakcha des Turks), la plus grande des Cyclades, et remarquable parce qu'elle a été le noyau du duché de Naxie fondé par Marc Sanudo, noble vénitien, et devenu depuis un des principaux étals de cette partie de l'Europe pendant le moyen âge; on voit encore le cluiteau ducal, les restes du môle qu'il fit construire, et sur un écueil , une porte que l'on croit avoir appartenu à un temple de Bacchus.
Les autres iles les plus remarquables de cette division sont : Par os, dont le nom n'a pas changé depuis tant de siècles ; mais qui est un désert en comparaison de ce qu'elle était aux beaux temps de la Grèce et lorsqu'on y exploitait les carrières de ses marbres tant recherchés par les statuaires, et qui ont servi à produire tant de chefs-d'œuvre que l'auti« <juité nous a légués; c'est parmi ses ruines qu'a été découverte la célèbre chronique d'Arundel, aujourd'hui conservée à Oxford ; ses ports excellens servent depuis long-temps de refuge aux corsaires ; le souvenir du célèbre Crevclier qui avait fait du port de Marmara sa retraite favorite, dure encore chez ses habit ans; la flottille du capilan-paeha séjournait tous les ans pendant un moi» dans celui de Trion. Aïitiparos (Oliaros) , si renommée par sa belle grotte inconnue aux anciens, mais dont on a tant exagéré la beauté et l'étendue. Sirnvo ou Sifhahto (Siphantus ; Si/nos des Turks) , renommée par les chapeaux de paille qu'on y fabrique. Sirpho {Seripluts; Serf os des Turks) , remarquable par ses miues d'or et d'argent abandonnées, de fer et d'aimant à fleur de terre et par les rochers dont elle est hérissée, circonstance qui donna lieu à la fable mythologique d'après laquelle la téte de Méduse y avait pétrifié tout jusqu'aux habilans. Argentiers (Cimolis; Kutchuk Deyirmenlik des Turks) , ainsi nommée des mines d'argent qu'on y a exploitées , et de la terre à foulon {cimolis) qu'elle produit.
Milo {Melos; Buyuk-Deyirmenlik des Turks), importante par sou port un des plus beaux et des plus sûrs de la Méditerranée et par ses belles antiquités parmi lesquelles il iaut citer Yamphit/te'dtre qui n'a jamais été achevé, les murailles cyclopéennes , une statue d'Antiphanes d'Argus, encore inédite, le temple et la l émis de Milo découverts récemment; cette dernière est un des plus beaux ornemens du musée du Louvre; ou doit aussi mentionner les vases peints et les bijoux précieux trouvés depuis peu d'années dans ses tombeaux , ainsi que ses nombreuses catacombes comparables à celles d'Antipbcllus dan« l'Asie Mineure. Milo a des bains chauds autrefois fréquentés par tous les babitans des Cyclades et offre dans son Kalamo uu volcan qui n'est pas encore tout-à-fait éteiut. Au lieu des 5oo lia bilans que les géographes s'accordent à lui donner , nous porterons à 7,000 âmes sa population , d'après le savant auteur du Tableau des Iles de ta mer Blanche, en ajoutant qu'elle est aussi la résidence actuelle de» pilotes qui ont du abaudonuer Argeutière. Policahdro (Pholegandros des Turks), n'offre rien de remarquable. Sx 11*0 (Sicinos; Sik'uios des Turks), renommée par ses figues, d'où elle tire sa déuominatiou. IS10 {/os; Enios des Turks), remarquable par son beau port; c'est dans cette île, selon M. Emerson, qu'Homère expira en se rendant de Samosà Athènes. Sahtorik {Thera), une des plus florissantes de l'Archipel , siège d'un évéché catholique et d'uu autre gi^ec, et remarquable par les vases de terre peinte , d'une très haute antiquité qu'on vient d'y découvrir, ainsi que par son volcan sous-marin , qui depuis vingt siècles à différentes éj»oques a produit plusieurs îles. Asafbia ou Namphi (Anaphie; Anafi des Turks), où l'ou voit encore les ruines d'un temple d Apollon. Stampalia (Astipalca; Istoupalie des Turks), habitée par d'excelleus plongeurs occupés de la pêche des éponges, dont les plus fines sout expédiées dans toutes les parties du monde ; cette pèche se fait aussi dans les parages des iles Nicaria, Pathmos, Lero, Colymno, Piscopi et Nicero comprise* dans la partie asiatique
de l'empire Olloroan. Amorgo {Amorgos; Amorglios des Turks) , ou y voit un monastère auquel on ne parvient qu'au moyen d'échelles.
Htdra , ville de médiocre étendue, bâtie en amphithéâtre sur un rocher avec les débris des édilices dej Calaurie, et regardée justement comme une des plus belles de l'Orient. Des rues propres et pavées, de beaux quais, plusieurs églises , dont deux avec des portails en marbre , des maisons construites en pierre, parmi lesquelles plusieurs se font remarquer par une assez belle architecture, le bâtiment de la bourse , un calé à l'européenne, des écoles de commerce , de navigation et de grec classique , et une population qu'on porte encore à près de 20,000 âmes, distinguent avantageusement la capitale des Sporades Occidentales et le chef-lieu de l'île d'Hytlra, V.lristcra des anciens, nommée Tchamlûljah par les Turks. Grâce au commerce immense que les réfugiés Albanais établis sur ce rocher stérile, sans eaux et sans productions, firent pendant tout le temps ue les Français furent exclus des ports du Levant, Hydra parvint à un egré de prospérité dont l'histoire ancienne et moderne offre peu d'exemples. Sa population s'est élevée jusqu'à près de 40,000 âmes; et selon M. Pouqueville, sa marine marchande dès l'année 181 3 compta jusqu'à ^5 navires du port de 45,000 tonneaux, montés par 5, 400 matelots estimés les meilleurs marins de tout le Levant. Boulevard principal de l'insurrection , cette île a beaucoup contribué à l'indépendance de la Grèce, mais son commerce a été presque entièrement ruiné pendant la dernière guerre, et il est très difficile qu'il puisse jamais acquérir son ancienne importance. Nous avons vu que Sy ra s'est emparée de la plus grande partie de ce commerce.
I.es autres Sporades Occidentales les plus remarquables sont: Scitzia (Tiparenu* ,■ Soulidja des Turks), autre rocher semblable au précédent, quoique moins stérile. Les réfugiés Albanais prospérant a la faveur de l'entière liberté que leur laissaient les Turks, et des grands privilèges commerciaux dont ils jouissaient, égalèrent en peu de temps la richesse et la prospérité des Hvdriotes et des Psariotes; mais, comme eux aussi, ils virent ruiner leur commerce pendant la guerre de l'insurrection durant laquelle ils furent un des principaux soutiens de la Grèce. La ville de Spctzia est petite et compte peut-être 3,ooo âmes. Poios ( Spharia) , petite Ile, importante parce que la petite ville du même nom, qui en est Je chef-lieu , a été pendant quelque temps la capitale de la Grèce , et à cause de sou port superbe , à double entrée , dout on veut faire le principal établissement naval de la marine militaire; en i83o plusieurs briks y étaient déjà stationnés, mais l'arsenal n'avait presque pas de provisions. Tout près se trouve l'ancieu îlot de Cai.ooria , qu'un banc de sable un à Poros dans la ba<se marée ; on y voit encore les restes du temple de Neptune , qu'on prétend avoir été consacré avant ceux de Delos et de Delphes ; c'était un asile inviolable, ce qui y accumula d'immenses richesses et le rendit un des plus célèbres de la Grèce. Une partie de ses débris a servi à construire les édifices publics d'Hydra.
Ecihe (Aigina; Eghinë des Turks) , petite île située presqu'au milieu du golfe d'Athènes, qui en prend le nom, remarquable par ses antiquités et par plusieurs établissement littéraires et philanthropiques que le gouvernement y a établis lorsque la ville ù'Eginc était la capitale de la Grèce. Parmi ces derniers il faut surtout mentionner Yorphanotroplu où 600 enfans sont instruits et nourris aux frais de l'état : c'est dans ce bel établissement que se trouve une bibliothèque publique et le musée national encore peu considérable ; viennent ensuite le séminaire ecclésiastique qui contient une douzaine d'élèves. Parmi les antiquités on doit citer surtout les restes des temples de t énus et surtout celui de Jupiter Panhellenius ; ce dernier , en admettant l'opinion de Pausanias , qui parait cependant bien sujette à contestation, ne compterait pas moins de 3o65 ans. Les sculptures de ses frontons forment le plus bel ornement du musée roval de Munich , et ont déjà été soumises à l'examen du savant Schilling. Des fragmens cyclo|>éens à demi enfouis prouvent qu'il y a eu deux âges dans la construction de ce temple, placé sur une hauteur, dans un des site* le.
plus pittoresque» ; les archéologues n'ont pas encore décide quels personnages représentent les fameuses statues, dérouvertes sous ses ruines. Egine a servi, pendant la guerre , d'asile à un grand nombre de réfugiés grecs» et par une coïncidence bien singulière, les nombreux tombeaux taillés dans les hauteurs qui environneut la ville d'Egine et qui ont jadis accueilli les Athéniens qui fuyaient les armées de Xercès , ont de nos jours abrité d'autres fugitifs, échappés également d'Athènes pour se soustraire aux armes des Turks, c'est dans ces tombeaux qu'on a dérouvert uu grand nombre de vases en terre peinte et des scarabées gravés. Colodri (Salamine ; Kolouri des Turks), petite ile au nord delà précédente, à jamais mémorable dans l'histoire par la grande victoire remportée dans ses parages par la flotte grecque sous le commandement de Tbémistocle, sur les innombrables vaisseaux de Xercès ; en i83o elle était le quartier d'une grande partie des pal irai es uu des troupes irrégulières de la Grèce.
République des lies Ioniennes.
POSITION et PATS. Cet état comprend le ci-devant Levante f~rnctox moins la partie continentale qui, après la chute de la république de Venise, a été incorporée à l'empire Ottoman. Il se compose des sept îles principales situées toutes, à l'exception de Cérigo, dans la mer Iouienne. Ces îles forment trois groupes distincts : le Groupe Septentrional, qu'on pourrait appeler Groupe de Corfou j il comprend les îles de Cor/ou , Paxo , et les îlots Antijxuco et Fana; le Groupe Moyen , qu'on pourrait appeler Groupe n* Céphai.onie; il embrasse les îles Sainte-Maure, Theaki, Céphalonic et Zante , outre plusieurs îlots ou écueils peu imporlans ; le Groupe Méridional, qu'on pourrait nommer Groupe de Cérigo, ne comprend que Cérigo et Cèrigotto et quelques autres îlots très petits. Le groupe Septentrional se trouve vis-à-vis l'ancienne Kpire; le Moyen, devant le golfe de Patras; le Méridional, à l'entrée de l'Archipel entre la Morée et l'île de Candie.
GOUVERNEMENT. Les sept îles Ioniennes forment , sous le titre impropre d'États-Unis des lies Ioniennes , une république aristocratique représentative, sous le protectorat perpétuel du roi d'Angleterre, qui a le droit de mettre garnison dans ses places et de commander ses troupes. Il faut aussi ajouter que le lord haut-commissaire de sa majesté le rot d'Angleterre dirige toutes les affaires les plus importantes avec le président du sénat, qui représente le pouvoir exécutif de la république. Le sénat est élu tous les cinq ans par les députés envoyés à Corfou par chaeune des sept îles, eu nombre proportionné à leur population respective. Il est composé d'un président, qui est le chef de la république, d'un secrétaire d'état nommé par le lord haut-commissaire et de cinq sénateurs, dont quatre pour les îles de Corfou , Céphalonie, Zantc et Sainte-Maure et un pour celles de Paxo, Ithaca et Cérigo.
DIVISIONS ADMINISTRATIVES. Les sept îles principales forment Autant de petites provinces qui ont leurs administrations locales et leurs tribunaux particuliers. Le tableau ci-dessous offre leurs capitales, les lieux les plus remarquables et les principaux îlots qui en dépendent. Iles et Proyiucks. Cbeks-Lircx , Vu. ml» et Lrtox i.ra pi.r» remarquable».
Corfou Cor roc ; Coracbiana; Agrafa; Pntami; Milicltia. L'Ilot Pano.
Paxo. P o r t o - (i a i (Saiof-Kicolas). L'Ilot désert d'Anùpaxo.
Saihte-MaURE. . . . A m a x i c h i ; Sainte-Maure ; Porto Drapaoo ; Vaulichi. Ithaca ou Thk&ri. Vatbi. Le» Ilots Kalamo, Atakos et Maganisi. CÉFHwojftE Argostoli; Liiuri; Asso; Livato.
ZtttTt. Z a o te; Porto-Cliicrri ; Scliiuari. Les flots Suivait ou Stropkades.
Ctan.o Capsali; Saint-Nicolas. L'Ilot Cerig<tt^.
topographie. Corfou , capitale de ln république, petite ville bâtie mit un promontoire de la cote orientale de l'île de son nom, résidence d'un Métropolite grec; rnrehevéque eatholiquc ou latin n'y réside plus drpuU quelques innées. Corfou se compose de trois parties distinctes : la ville proprement dite, qui est pelite mais très forte; la citadelle et les faubourg*. Uégtise 4b S/int-Spindion , celle de Marie Spiliotissa , le palais où roule le lord haut-commissaire, le marché et Ynrscnal, mais surtout ses formidables fnrtif'n /ifi'<ns sont les objets les plus remarquables de Corfou. L'unitei \/fr fendéc < * ri 1818, le collège ou lycée, la bibliothèque publique et la soeù'té ionienne pour le perfectionnement de l'agriculture, du commerce et de l'industrie, sont ses principaux établissemens littéraires. Corfbe a un bon port et fait un commerce aussi riche qu'étendu; sa population peut s'élever à environ i4»ooo âmes.
Zante, située sur la côte orientale de l'île de Zantc, au fond d'une petite baie, avec 1111 porl < 1 environ 19,000 habitans. Zanteest le chef-lien de l'ile de son nom, la plus grande ville de la république, la mieux biUie et la plus rommcri .nit« . I > .1 cz beaux édifices bordent la Calle Larga ou rue principale qui la traverse. La place du marché (Piazza dcll' Erbc) est assez grande et jolie; la cathédrale catholique et les deux églises grecques de Saint- Denis et de Phancromt nie , le palais de Vévéquc catholique , la douane, le palais des archives et X arsenal sont ses principaux édifices; on construit actuellement un théâtre et une bourse. Zante possède un lycée et est le fttègfl d'un évéque grec et d'un autre catholique.
L» > .mires li s plus remarquables sont : Amaxichi, pelite ville, chef-lieu de l'ilc
de Sainte-Maure (I^cucade) , avec un port , un évéché grec et ei.viron fi.ooo bahitans; dans ce nombre vont compri* roux do Sainte- Maure, forteresse bâtie sur un Iwnc de sable, vis-à-vis Amaxieln ; on doit citer son aqueduc, remarquable par sa longueur et par sa position. Du coté oppose de l'ile est le cap Ducat o , si célèbre dan» ranli(|oité sous le nom de Leucate pronwntorium ; sur sou sommet s'élevait le temple $.4 potion l eucadlen, près duquel était le fameux rocher d'où les amans malheureux se précipi- 1 unit dans la mer, follemt'iil persuadés que ce saut redoutable les guérirait pour toujours de leur passion. Quoiqu'il > eût au bas du rocher des gens préposés pour aller avec des < li.iloujws les secourir au moment de leur chute, ce secours n'était pas toujours assez prompt pour les empêcher de |>énr. A l'exception d'un petit nombre d'hommes vigoureux, rr spécifique lut I us ceux, qui réprouvèrent. On cile parmi les principales victimes de cette superstition D- ucalion, le poète Nicoslrate, Artémisc, reine de Carie, et surtout la fameuse Sapho. helairé» enfin par l'expéi n n< :e , les hommes n'osèrent plus tenter cette cuie ave ntureuse; on se contenta de jeter une somme d'argent de l'endroit d'où auparavant l'on m- pié< ipitail. Nous rappellerons que c'est aussi de ce roeber que les xrarnaniens, pendant la fête <l Apollon, précipi'aieut tous les ans un criminel condamné à mort, dans la pensée que le dieu déchargerait sur ce misérable tous les malheurs dont ils étaient menacés.
"Vathi, chef-lieu de l'ile d'Mhaea, très petite ville, remarquable surtout par le beau ]>ort de Ski no sa , qui se trouve dans son voisinage, et par les 200 tombeaux découverts dans ses environs au pied de la montagne et sous le château d'Ulysse par le capitaine <; n ncra qui y fil faire des fouilles en 1S11, 181a , i8i3et 1814, lorsqu'il commandait dans cette île; on en relira plusieurs objets d'or, tels que bracelets, bagues, boucles d'oreilles, plusieurs figurines, des médailles d'argent de villes ou de rois grecs, des médailles romaines, etc., etc.
AncosToi.r, petite ville, chef-lieu de l'ile de Céphalonie, avec un port, un petit lycée, un évéque grec et environ 5,ooo habitans; elle est remarquable surtout par sa nombreuse niariue marchande et par son commerce.
C*mu , pelite ville épiscopalc, chef-lieu de l'ilc de Cerigo (</.y tbera). Dans sescuvi-
ABRÉGÉ DK GÉOGRAPHIE.
' rons on voit plusieurs anciens tombeaux grecs taillés dans le roc, les ruines de l'ancienne ville de Cy t lier a, ainsi que du magnifique temple de Vénus , le plus célèbre de tous ceux élevés à cette divinité dans la Grèce.