‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 143 sur 320 · A LA GÉOGRAPHIE DE L'ASIE · texte numérisé non relu

A LA GÉOGRAPHIE DE L'ASIE

GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude, entre a4 orientale et 172 occidentale. Latitude boréale, entre i° et le 780 (en ne tenant pas compte des îlots qui forment l'extrémité australe de l'archipel des Maldives ).

DIMENSIONS. Plus grande longueur, depuis le cap Oriental sur le détroit de Bering jusqu'au cap Bad ou Ras-Bad près de Djidah en Arabie, 5,820 milles. Si l'on négligeait la petite largeur du golfe Persique, on aurait 6,110 milles depuis le cap Oriental jusqu'aux environs de Moka au sud-ouest de l'Arabie. Plus grande largeur, depuis l'Oural à la latitude de64°, jusqu'à l'embouchure du Camboge ou Maykaoung, 3,780 milles. La plus grande largeur absolue, en ne tenant pas compte ni de la direction de la ligne ni des bras de mer qu'elle devrait traverser, serait de /„5oo milles depuis le cap Séverovostotchnoï ou Sacré, extrémité septentrionale de l'Asie, et le cap Tamdjong-Bourou , extrémité méridionale de cette partie du monde.

CONFINS. Au nord, la mer de Marmara et la mer Noire, la Russie Européenne, la mer Caspienne et l'Océau-Glacial- Arctique. A Vest, le détroit et la mer de Bering, le Grand-Océan et la mer dé la Chine «ui en est une branche. Au sud, la mer de la Chine et l'Océan-Indien avec ses différentes branches. A Y ouest , le détroit de Bab-el-Mandeb et la mer Rouge , qui séparent l'Asie de l'Afrique; ensuite l'isthme de Suez, qui la rattache à cette dernière; la mer Méditerranée, l'Archipel, les détroits des Dardanelles et de Constantinople qui, avec la mer de Marmara, la mer Noire et le détroit d'Iénikale, la séparent de l'Europe; plus loin la mer Caspienne, le fleuve Oural et la chaîne principale de ce nom; enfin \e fleuve Kara et la mer ou pour mieux dire le golfe qui porte son nom. Voyez à la page 77. 1 r

MERS. On a vu en traçant les confins de l'Asie quelles sont ses mers principales. Nous allons maintenant tracer le tableau abrégé de leurs subdivisions et de leurs principaux en fonce mens.

L'Océak-Glacial-Abctique, qui baigne toute la côte boréale de l'Asie forme un grand enfoncement entre la côte orientale du Novaïa-Zemlia (Nouvelle-Zemble) et la côte opposée de l'extrémité septentrionale des gouvernemens de Tobolsk et de Ienisseïsk. Cette mer, qui n'a pas encore reçu de nom gênerai , pourrait bien être nommée mer Asiatico-Yo-

DESCRIPTION DK L'ASIE.

réale. Elle offre deux golfes principaux : celui de Kara, décoré du titre pompeux de mer de Kara, et celui de YOb, nommé aussi baie de l'Ob.

L Ocean-Glacial -Arctique forme un second enfoncement nommé baie de Ta / m ours A a ta ; il est très petit, mais remarquable parce qu'il reçoit la Taïrooura, qui est le fleuve le plus boréal de tout l' Ancien- Continent.

Le Khatanga, le Lena, le Yana, Ylndigirka et le Kovyma ont tous à leur embouchure un golfe plus ou moins remarquable.

Le Grand-Océan forme le long de la cote orientale de l'Asie et des grandes îles qui du nord au sud se développent devant elle * une série de mediterranées à plusieurs issues, connues sous les noms suivans : mer de Bering ou Bassin du Nord, entre le Kamtchatka, l'extrémité nordouest de l'Amérique et l'archipel des Aleoutes; mer d'Okhotsk ou de Tarrakaï, entre le Kamtchatka, la côte d'Okhotsk et la grande île de Tarrakaï ou Tchoka, celle de Ieso et les Kouriles; mer du Japon, entre le pays des Mandchoux, la Corée, l'archipel du Japon et les îles de Ieso et de Tarrakaï; mer Orientale ou Toung- haï, entre la Corée, le pays de Mandchoux, la Chine, l'île Formose, l'archipel de Lieou-khieou et l'extrémité sud-ouest de celui du Japon; une partie de cette mer est connue sous la dénomination de Houang- haï ou mer Jaune; elle se termine au nord par le golfe de PhoU-hai , ou de Liaa-toung; mer de la Chine, entre la Chine, l'Inde-Transgangélique et la partie nord-ouest de la Malaisie (Archipel Indien) ou les côtes de Sumatra, Bornéo, Paragua, Luçon, les îles Bachi et celle de Formose; ses principaux enfoncemens portent les noms de golfe de Tonquin et de golfe de Siam. Dès l'année 1816, dans la première édition de notre Comjtendio di Geographia , nous avons proposé de réunir sous le nom général de Méditerranée A siatico - Orientale les quatre dernières méditerranées formées par la longue série d'îles comprise entre le cap Lopatka dans la péninsule de Kamtchatka et le cap Tamdjong-Bourou dans celle de Malacca. C'est la plus vaste méditerranée du globe, quoique on n'eût pas encore pensé à lui imposer «n nom général. Le canal de Formose, celui de Corée, le détroit ae La Pérouse et la Manche de Tartarie , qu'avec M. Klaproth nous appellerons plus exactement Manche de Tarrakaï, font communiquer entre elles les quatre mers secondaires, dont elle se compose.

Le Grand-Océan, en s'enfonçant entre l'Afrique, l'Asie et l'Océanie, forme la vaste mer des Indes , qu'il nous paraîtrait plus convenable de nommer Océan-Indien. Ce dernier offre deux grands enfoncemens, que l'usage nomme golfe du Bengale, entre l'Inde et l'Inde -Transgangétique, et golfe d'Oman, entre l'Arabie, la Perse et l'Inde. Le golfe d'Oman, en pénétrant dans l'intérieur de l'Inde, forme, à l'est et au nord de la péninsule de Guzerate, deux petits golfes, nommés golfe de Cambaye et golfe de Cutch; mais, plus à l'ouest, en s'enfonçant entre la Perse et l'Arabie, il en offre un bien plus considérable entre l'Arabie et la côte d'Afrique , et qui est connu sous le nom de mer Rouge.

Nous avons vu à la page 78, dans la géographie physique de l'Europe, que I'Océan-Atlantique en pénétrant dans l'intérieur de l' Ancien-Continent forme la mer Méditerranée proprement dite, qui appartient à l'Afrique, à l'Europe et à l'Asie. Dans la partie qui baigne les côtes de cette dernière, elle offre un enfoncement considérable entre la Syrie et l'Asie-

ARRÉGÉ DK GÉOGRAPHIE.

Mineure; on le nomme golfe d'Alexandrctte ou de Scanderoun. La côte de l'Asie- Mineure présente plusieurs autres golfes, parmi lesquels nous nommerons celui de Sa t ait e, au sud, et ceux de Makry, S ta nc/tio , Scala-Nova et Adramiti à l'occident. Ces derniers appartiennent ài 'Archipel, qui est lui-môme une branche de la mer Méditerranée. La mer de Marmara et la mer Noire n'offrent sur la côte asiatique aucune subdivision assez importante pour être nommée dans cet ouvrage.

DÉTROITS. L'Asie en offre plusieurs; voici les plus remarquables et les plus fréquentés : le détroit de Bab-el-Mandeb entre la mer Rouge et le golfe d'Oman; il sépare l'Asie de l'Afrique; le détroit d'Hormouz, entre le golfe Persique et le golfe d'Oman; le détroit de Malacca, entre la péninsule de ce nom et le groupe de Sumatra; celui de Singapoura , eutre l'îlot de ce nom et l'extrémité de la péninsule de Malacca ; ces deux détroits sont très fréquentés et séparent l'Asie de l'Océanie; le canal de Formosv, entre l'île de ce nom et la Chine; le détroit de Corée, entre la péninsule de ce nom et l'archipel du Japon; le détroit de Tsoiigar nommé sur nos cartes détroit de Sangar, et improprement de Matsmai , entre l'île Nippon et celle de Ieso dont Matsmaï n'est que la capitale ; il établit la communication entre la mer du Japon et le Grand-Océan; le détroit de La Pérouse, entre la grande île Tarrakaï et celle de Ieso ; il fait communiquer la mer d'Okhotsk avec celle du Japon ; la manche de Tatarie, dont on a voulu révoquer en doute l'existence; elle sépare la grande île de Tarrakaï du pays des Mantchoux; le détroit de Bering, qui sépare l'Asie de l'Amérique et établit la communication entre la mer de Bering et l'Océan- Glacial -Arctique.

CAPS. L'Asie en a un grand nombre ; nous nommerons les suivnns comme les plus remarquables : sur l'Océan-Glacial- Arctique on trouve le cap Olénii; le cap Taïnumrski ; le Scverovostotclinoï ou Sacré (ùu Nord-Est \ mais il serait plus convenable de l'appeler Cap-Nord, étant l'extrémité boréale non-seulement de l'Asie-Continentale , mais de tout ^ l'Ancien- Continent; il est situé dans le nouveau gouvernement de Ienisseïsk; le cap Saint ou Sviatoï-noss , dans la province tic Iakoutsk ; le cap Chelakhsku, dans le pays des Tchoutches, reconnu dernièrement par M. Wrangel. Sur le Grand-Océan et sur ses branches : le cap Oriental, sur le détroit de Bering; c'est la pointe la plus orientale de l'Asie et de tout l'Ancien-Continent; le cap l^jmtka , extrémité australe du Kamtchatka; le cap Tarndjong-Bourou, dans la péninsule de Malacca, pointe la plus méridionale du continent Asiatique; le cap Romania, à l'ouest du précédent , signalé à tort dans presque toutes les géographics comme le plus austral de ce contiuent ; le cap Negrais, dans l'empire Birman et sur le golfe du Bengale; le cap Comorin, extrémité australe du continent Indien; le cap Moiiz, à l'extrémité de la côte occidentale de l'Inde; le cap Mocadon, en Arabie, à l'entrée du golfe Persique; le cap Rasalgat, extrémité orientale de l'Arabie; le cap Fartak, presque au milieu de sa côte méridionale; le Bas Bail , au sud de Djidah , sur la mer Rouge. Sur la mer Méditerranée on trouve le cap Chelidonia sur la côte méridionale de l'Asie- M incure. Sur l'Archipel on voit le cap Baba qui est le point le plus occidental de tout le continent Asiatique : sur la mer Noire on observe le Kercmpeh et Xlndjé qui sont les parties les plus boréales de l'Asie- Mineure.

fêles QU'IXÀSé L'Asie offre parmi ses nombreuses péninsules Y Arabie, qu'on doit ranger parmi les plus grandes du monde. Viennent ensuite U

prrsqu'/ïc du Décan, dans l'Inde; celle de Malacca, dans l'Inde-Transgangctique ; celle de Corée , dans l'empire Chinois, et celle de Kamtchatka, dans l'Asie- Russe. Toutes ces presqu'îles sont baignées par l'Océan-Indien, le Grand-Océan et leurs branches. La Sibérie présente trois grandes péninsules que nous ne sachons encore avoir reçu aucun nom particulier. Nous proposons d'appeler presqu 'tle des Tchoutches l'extrémité nord-est de l'Asie comprise entre le golfe d'Anadyr, le cap Oriental et lo cap Nord, dans le pays des Tchoutches; presqu'île des Samnyèdcs, l'extrémité boréale du gouvernement de Ienisscïsk, dont le dernier prolongement dans l'Océan- Glacial-Arctique forme le cap Séverovostotchnoï ; et péninsule Kara-Ob , la partie du gouvememmt de Tobolsk, qui s'avance dans le même océan, entre les embouchures de la Kara et de l'Ob. L'Asic-Occidentale offre dans la vaste péninsule de f Asie- Mineure , un des plus beaux pays du monde, et le berceau de vingt peuples célèbres qui ont entièrement disparu.

FXEITVES. Quoique l'Asie soit la plus grande de toutes 1rs partiel du monde, ses fleuves n'occupent que le second rang, comparés à ceux du l'Amérique. De même que cette dernière, aucun (te ses plus grands fleuves ne court vers l'occident ; tous ses principaux fleuves prennent la direction du nord, de l'est et du sud. Nous allons nommer ceux qui sont les plus remarquables par la longueur de leur cours , en les classant d'après les différentes mers auxquelles ils portent le tribut de leurs eaux, et en renvoyant pour les détails aux introductions des principales régions entru lesquelles nous avons partagé cette partie du monde.

L'OplAN-C.LAClAL-ARCTIQLE reçoit :

L'Ob, formé par la réunion de la Katounia et de la Diva; il est grossi par le puissant ïrtyche ; ce dernier, considéré à tort comme affluent de l'Ob, devrait en être regarde comme la branche principale; il prend m source sur le territoire de l'empire Chinois.

Le Ieîiissf.ï, formé par la réunion de VOulou-Kcm et du Beï-Kem, dont le cours appartient à l'empire Chinois ; il est grossi par Y Angara ou Toungouska- Supérieure , qui sort du lac Raïkal. En regardant la Sctenga, qui entre dans ce lac, et l'Angara, qui en sort, comme un même fleuve " et comme la branche principale du Ienisseï, ce fleuve dépasserait tous ceux de l' Ancien-Continent pour la longueur de son cours.

Le Lf.ua, qui est le troisième grand fleuve de la Sibérie, dont il parcourt les vastes solitudes orientales.

Le GRAND-OCÉAN, l'OCÉAN INDIEN et leurs branches reçoivent L'Amour ou S ami a mat» (le Noir), formé par la réunion du heu.ulun ou Argonn, avec la Chilka, mais dont le premier est regardé comme la branche principale. Le domaine de ce grand fleuve appartient presque tout entier à l'cmpircChinois ; le reste est compris dans l'empire Russe. L'Amour débouche flans une espèce de bassin formé par la côte du pays des Mandchoux et celle de la grande ile de Tarrakaï.

Le Hoi Ajrc-Ho ou Flkuvk-Jaunf , en n.ongol Karà-mourex (fleuve noir); c'est le second fleuve de la Chine; il prend sa source dans le paya des Mongols du Khoukhou-noor ; après avoir arrosé toute la Cliinc-Septentrionale, il entre dans la mer Jaune.

Le h i \ \< . (c'est-à-dire le Jleme par excellence), est le plus grand courant d'eau de l'empire Chinois, et un des plus grands fleuves du monde. Il est forme par l'union de trois grandes branches nommées hin-cha-kittn^

(fleuve au sable d'or), Yalou-kiang et Min-kiang; cette dernière, regardée à tort comme la principale, doit céder la place au Kin-cha-kiang , pour la longueur du cours. Le Kiang traverse le K'ham ou Tibet-Oriental et toute la Chine-Centrale. II entre par une large embouchure dans le Tounghaï ou la mer Orientale.

Le Maykaounc , le Salouen et I'Iraouaddi, prennent leurs sources dans le Tibet , traversent sous différentes dénominations cette région élevée, ainsi que la partie occidentale de la vaste province de Yun-nan dans la Chine ; en la quittant ils entrent dans l'Inde-Transgangétique. Le Mayraouxg traverse le Laos-Indépendant , et celui qui est soumis au roi de Siam et à l'empire d'An-nam, ainsi que le royaume de Camboge dépendant de ce dernier; il se décharge ensuite dans la mer de la Chine. Le Saloukn et rifVAOUADDi après avoir parcouru l'empire Birman , entrent dans le golfe du Bengale; nous verrons plus bas que selon un savant géographe, qui est en même temps un célèbre orientaliste, l'Iraouaddi est identique avec le grand courant qui traverse le Tibet sous le nom de Zzangbo-tchou et la pointe occidentale du Yun-nan sous celui de Piw-lang-xiai»g ; ce grand fleuve forme à son embouchure un des plus vastes delta de l'Ancien -Continent.

Le Garce et le Brahmapoutra appelé Megna dans son cours inférieur. Ces deux fleuves se réunissent à leur embouchure; ils parcourent, surtout le premier, les plus belles parties de l'Inde, et forment à leur va^te embouchure le plus grand delta de tout l' Ancien-Continent.

L'Indls ou Sindh, appelé aussi Mita M or an (le Fleuve Doux), est le second fleuve de l'Inde, à laquelle il a donné son nom. Il a sa source dans le versant septentrional de l'Himalaya, parcourt le Petit -Tibet et toute Tlnde-Occidentale. C'est au golfe d'Oman qu'il porte le tribut de ses eaux.

L'Euphrate et le Tigre forment par leur réunion le Chat-el-Arar (la rive des Arabes) t qui se décharge par plusieurs bras dans le golfe Persique; le premier de ces fleuves est le plus considérable de ceux qui arrosent l'Asie Ottomane. De grands souvenirs historiques et la splendeur des premiers empires fondés sur ses bords par les peuples de l'Asie Occidentale, relèvent l'importance de son bassin.

L'Asie offre en outre plusieurs grands fleuves qui n'aboutissent pas à la mer, mais qui se jettent dans de vastes lacs intérieurs dont quelquesuns sont décorés du titre de mer. Pour éviter les répétitions inutiles nous renvoyons pour tout ce qui les regarde à l'article qui traite des lacs.

CANAUX. Les canaux navigables ne se trouvent dans cette partie du monde qu'à la Chine et dans l'empire d'An-nam; mais le Ytt-ho ou canal Impérial de la Chine , offre l'ouvrage hydraulique de ce genre le plus long qui existe sur le globe , puisque, indépendamment des rivières dont il opère la jonction, il a plus de 600 milles de longueur. Ce grand monument d'une industrie perfectionnée , appliquée à de grands objets d'utilité, permet d'aller par eau de Canton à Peking, et met en communication avec cette métropole les villes principales de la Chine-Orientale, Occidentale et Méridionale. Le grand canal indiqué par Arrowsmith dans l'île >'iphon. au Japon, qui dans cette île joindrait le Tenriou à la mer de Corée, n'existe nullement. L'empire d'An-nam en a deux considérables : celui d'Hué et celui de Saigon. Tou« les deux ont été construits depuis peu d'années. Celui de Saigon met la ville de ce nom en communication avec le Camboge ou Maykaonng, en traversant des forêts et des marais; il a

environ ao milles de longueur, la pieds de profondeur et près de 80 pieds de largeur. Ce beau canal a été creusé dans l'espace de six semaines. Vingt-six mille hommes y furent employés nuit et jour et 7,000 d'entre eux périrent de fatigue ou des maladies qui en furent la suite.

Les canaux d'irrigation sont beaucoup plus nombreux , surtout dans la Chine, au Japon, dans l'Inde et dans les parties les mieux cultivées du Turkestan-Indépcndant, comme les khanat» deBoukhara et de Chehrisebz. L'Hindouslan présentait au commencement du siècle passé dans le Zabeta, auquel M. Hamilton donne 200 milles anglais de longueur, le canal de ce genre peut-être le plus long existant alors; il s'étendait depui* les collines jusqu'à Delhy dans lcHaut-Dotiâb,ou la Mésopotamie formée par laDjemna et le Gange. Il est question de le restaurer pour redonner ù la province de Delhy son ancienne fertilité. La Perse et l'Asie Ottomane avaient anciennement un grand nombre de canaux d'irrigation. Leur destruction et leur dépérissement sont une des causes principales de la stérilité à laquelle sont condamnées de vastes régions, renommées autrefois par leur florissante culture. Il faut cependant avouer que quelques cantons de la Syrie, de la Mésopotamie et de la Perse, doivent encore leur état prospère à des canaux d'irrigation.

XtACS. Cette partie du monde offre dans la mer Caspienne le plus grand lac connu du globe et la partie de sa surface la plus basse connue. Quoique plus des deux tiers de ses côtes appartiennent à celte partie du monde, les côtes Asiatiques ne reçoivent pas les plus grands fleuves qui se jettent dans la mer Caspienne; car nous avons vu que tout le cours du J'olga appartient à l'Europe, et que l'Asie partage avec cette dernière le cours de YOural. Celui-ci prend sa source dans les montagnes de ce nom, traverse le territoire russe et se jette par plusieurs embouchures dans la partie septentrionale de la mer Caspienne. L'autre grand fleuve qni appartient a la partie asiatique de cette prétendue mer est le Koue, qui naît dans l'Arménie Ottomane, traverse cette région ainsi que la Géorgie, et après avoir reçu Y Aras , se jette dans la mer Caspienne au sud de Bakou. Pour détruire une erreur propagée par quelques naturalistes, nous ajouterons sur l'autorité imposante de AI. Klaproth que la mer Caspienne et le lac Baïkal nourrissent une grande quantité de phoques, dont les peaux forment un article considérable de commerce en Russie.

L'Aral est un autre grand lac de l'Asie, décore par les géographes du litre de Mer. Il est situé dans la moitié occidentale du Turkestan-Indépendant, dont il reçoit les deux plus grands fleuves: Y A mou- d a ri a ou Djihoun et le Syr daria ou Si ho un.

Voici les autres lacs les plus remarquables de cette partie du monde :

Le Tkle-eoul, situe presque au centre du Turkestan-Indépcndant; il reçoit le Sa ras ou, qui traverse le Pays des Rirghu de la Grande-Horde.

Le Kaban- Koulak , dans le pays des Kirghiz; il reçoit le Tc/iotn r, fleuve qui sort du lac Touz-koul dans le Thian-chan-pc-lou, contrée dépendante de l'empire Chinois.

Le Lop et le Bosteng réunis par la rivière Khaïdou, dans le Thianchan-nan-lou, soumis à l'empire Chinois; le Lop reçoit le Tari m ou Erghéou , qui est le plus grand de tous les fleuves de l'Asie qui ne se rendent pas à une nier proprement dite, à l'exception de ceux qui se jettent dans la mer d'Aral et la mer Caspienne.

AimtfOti I)B Ol>OOR\PHïE.

Le Balkaciii-noor, sur les confins du Thian-chan-pe-lou et du Turkestan-Indépendant ; il reçoit I'///, qui traverse la partie méridionale de ce grand gouvernement de l'empire Chinois.

Le Khourhou-ïioor , en chinois Thsiptg-haÏ (mer Bleue), dans le pays des Mongols du Tangout, auxquels il donne son nom.

Le Namtso, en mongol TENCRi-noor (lac Céleste), qui est le plus grand lac du Tibet; il reçoit le Dargou- zzangbo.

Le Yarrrogb-youmtso ou lac de IUi.nni, dans le Tibet, remarquable par la singularité de sa forme que, d'après les missionnaires et M. Klaproth, on pourrait comparer à un fossé environnant une île; c'est dans cette dernière que réside la grande prêtresse Jamaïque, regardée comme une divinité incarnée.

Le Zerrah, dans le royaume de Kaboul; il reçoit YHelmend ou Hirmend , qui est actuellement le plus grand courant de ce royaume.

Le Barhtechian, dans le royaume de Perse; il reçoit le Bcnd-E int'r ou. Kuren. D'après M. Christie ce lac offre de grandes variations périodiques dans son étendue.

Le M ara cii a ou Ocrmtah, dans le royaume de Perse; il reçoit la rivière qui passe par Tavriz.

Le Goktcha ou lac d'EaiVAW, dans l'Arménie Russe.

Le lac de Vachpouracan, nommé aussi lac de Van et par les Turks Ardich ; le Kochab est son plus grand affluent.

Le Bahr-fl-Louth ou mer Morte, dans l'Asie Ottomane; il reçoit le célèbre Jourdain.

Nous ne classerons pas avec les lacs »us-mentionnés le Tchaitt , situé sur les limites des gouvernemens de Tobolsk et de Tomsk, parce que, à proprement parler, ce n'est pas un lac, mais un vaste marais, qui par lois paraît se décharger dans l'Irtyche. C'est par la même raison que nous n'y classerons pas non plus le Rix (le Rttnn de Hamilton et autres auteurs anglais) qui s'étend au nord du Cuteh dans l'Inde, n'étant que la lagune marécageuse peut-être la plus vaste de toute l' Asie-Méridionale, aussi remarquable par son étendue que par la grande quantité de sel qu'on y recueille et par le curieux phénomène du mirage qu'on y observe souvent. Notre cadre ne nous permet pas d'indiquer seulement le nombre prodigieux d'autres lacs sans issue qu'on trouve surtout en Sibérie, dans l' Asie- Mineure, l' Asie-Centrale, le Tibet et la Perse. C'est en examinant attentivement les meilleures cartes qu'on pourra se former une idée de ce trait principal de la géographie physique de ces régions.

Nous passerons maintenant à indiquer quelques-uns des nombreux lacs qui sont traversés par des fleuves. Nous nous bornerons à mentionner quelques-uns des principaux; ils sont situés dans l'empire Chinois et dans l'Asie Russe, régions qui offrent les plus grands lacs de cette espèce que possède l'Asie.

L'empire Chinois offre le Dzaïsaxg, dans le Thian-cîi.ui-pe lou ; il esl traversé par Ylrtrche, affluent de l Ob; le Tuoexc-Tnn o , entre les provinces de Hoti-pe et Hmi-nan, c'est le plus grand lac de la Chine; il est traversé par YHcng-kiang , un des atfluens du Kiang ; le Phov-yavg, dans le Kiang-si; le Kan-kiang t aflluent du Kiang, le traverse. Nous citerons aussi parmi celle espèce de lacs: le Maxassabovar , à cause de son importance religieuse, étant un des principaux pèlerinages des llin-

dous, et à cause de la grande élévation à laquelle il se trouve; le niveau de ses eaux paraît être au-dessus du plus haut sommet des Alpes. D'après les géographes Chinois ce lac communique avec le Ravanhrad, d'où sort le Lajig-tchou, qui réuni au La-tchou , forme le Setledje , le plus grand affluent de l'Indus.

L'Asie Russe nous présente le Baïkal, qui est le plus grand de tous les lacs de l'Asie, la mer Caspienne et celle d'Aral exceptées; il reçoit le Selenga , et est la source de X Angara , qu'on doit regarder avec leSclenga comme la branche principale du Ienisseï, le pins grand fleuve de l'Ancien-Continent. Le Taimour, dans la péninsule des Samoyèdcs à l'extrémité boréale du gouvernement de lenisseïsk; il en sort la Taimourcha ; ce sont le lac et le fleuve les plus septentrionaux de tout l'Ancien- Continent.

ILES. Avant indiqué dans la description des diflérens Etats de l'Asie les principales îles qui leur appartiennent, nous nous bornerons ici a nommer les principaux archipels et les îles qui se font remarquer par leur grande étendue. Nous les classerons d'après U s mers différentes auxquelles ces terres appartiennent.

Iles r.T Archipels pans i.'Océ vx-Clac.ial-Arctique. A cette classe appartiennent : i'îlc Bièloï , à l'extrémité septentrionale de la péninsule Kara-Ob; l'île Khangalaounoï , dans l'archipel à l'embouchure de la Lena; les îles Kotclnoi et Aouvellc-Sibcrie, dans celui auquel cette dernière donne le nom; l'île Liakhovsky, au sud de l'archipel de la Nouvelle-Sibérie; enfin X archipel des Ours, vis-à-vis l'embouchure de la Kolyma.

Iles et Archipels dans le Grand-Océan et ses branches. Dans cette série nous citerons: l'île de Saint- Laurent , dans la mer de Bering; l'archipel des Kouriles; les iles de leso et do Tarrakat , qui ferment la mer d'Okhotsk ; l'île JViphon, dans l'archipel du Japon ; c'est la plus grande île de toute l'Asie; viennent ensuite dans le même archipel les îles Saïkokf ou Kiousion et celle de Sikokf ; plus au sud et vis-à-vis les côtes de la Chine, Xarchipel de Lieou-khicou, l'île de Furmose et celle iïHaï-nan.

Iles et Archipels dans l'Océan-Inmikn. Cette classe nous offre le long de la côte de la péninsule de Malacca un archipel qui n'a pas encore reçu de nom général et que nous proposons de nommer archipel de Jtinhselon-Pinang, du nom de ses deux îles principales; et plus au nord IV// chipel de Mcrghi; à l'ouest de ce dernier se trouvent les archipels de Aicohar et d' Andaman ; et non loin de l'extrémité méridionale de l'Inde, le groupe de Ceylan, si important par ses productions et par la pèche de perles; enfin les archipels des Maldives et des LakedtWs. Dans le golfe Persique nous trouvons le groupe de Kichm avec l'île de ce nom, la plus grande de tout le golfe, et le stérile îlot iXHormouz, si célèbre dans les annales du commerce de l'Orient; plus à l'ouest et près des côtes de l'Arabie , le groupe de Bahraïn, si renommé par sa pêche de perles.

Iles et Archipels dans la Mer Méditerranée et ses branches. Nous classerons dans cette série l'île de Chypre , une «les pins grandes de cette mer, et plus à l'ouest, près de la côte de l'Asie-Mincurc, les iles de Rhodes, de Samos , de Chio et de AJe/efine , qui, avec d'autres moins considérables, forment la partie asiatique de P Archipel proprement dit.

MONTAGNES. On connaît encore trop peu la direction des chaînes de montagnes de l'Asie pour pouvoir entreprendre d'en décrire les diffé-

rentes branches, comme on l'a fait à l'égard de celles d'Kurope. Mais si le manque de matériaux nous empêche d'entrer dans les détails de leurs innombrables ramifications, on a assez de données sur la direction des chaînes principales pour essayer de les classer par massifs ou systèmes. En attendant que de nouvelles explorations viennent ajouter de nouveaux faits relatifs à la classification des montagnes de cette partie du monde , nous proposons de les ranger toutes dans les cinq systèmes suivans t

Le SYSTÈME ORIENTAL ou ALTAÏ- HIMALAYA. La première de w» dénominations rappelle la position de ce système à Pégard des quatre autres; la seconde, le nom de ses deux groupes extrêmes. Oaus le système Allai-Himalaya on peut distinguer cinq groupes principaux , savoir : V Allai, qui est le plus septeulrional ; le Thian-chan , qui est le plus central et offre néanmoins les phénomène* volcaniques les plus éloignes de la mer , que Ton connaisse; le Kuen-luu , auquel appartiennent les plus grandes élévations de la Chine et toutes les montagnes de cette vaste région; Y Himalaya, qui est le plus méridional et en même temps le groupe dont les sommets offrent les plus hauts pics connus de tout le globe; enfui le Japonais ou Maritime, remarquable par ses terribles et nombreux volcaus. Le système Altaï-Himalaya peut ètreregardècomme le plus vaste de tout le globe ; il embrasse toutes les montagnes des empires Chinois et Japonais, celles de rinde-Transgangétique, de l'Inde- Septentrionale, des royaumes de Kaboul et de Herat, du Baloutchislan et presque loutes celles du Turkcstan-Indépendaut el de la Sibérie. Ou le connait encore trop impar faitement pour être en état de dire quel est son noyau principal; cependant il nous semble qu'on pourrait regarder provisoirement comme tel le grand nœud que forme le Bolor avec le Thsoung-ling entre le Turkestan , le Thiau-chan-nan-lou et le Baltistan.

Groupe de l'Ait ai. Il entoure les sources de l'Irtyche , et du Ienisseï ou Kern ; à l'est, il prend le nom de Tan gnou; eclui des monts Sa? a /tiens, entre les lacs Kossogol (Kousou-koul) et Baïkal; plus loin celui de Haut- Ken tei et des monts de Daourie ; enfin au nord-est il se rattache au lablonRoi-khrebet (chaîne des Pommes), au Khingkhan, aux monts Aldan, qui s'avancent le long de la mer d'Okhotsk, et sous la dénomination de Stanovoi, parcourent toute l'extrémité nord-est de l'Asie et vont aboutir au cap Oriental au détroit de Bering. Du côté de l'ouest l'Altaï s'avance de l'orient à l'occidcut sous les noms AcOulou k-t a g , A l g h i n s* koe khrehet {Datai Kamtchal des Kirghiz, Y Alghidin-tsano de uos cartes). Mais lei nous devons faire remarquer, avec M. de Humboldt , que ce prolongement de l'Altaï n'est pas nue chaîne continue, ainsi que la représentent les cartes publiées jusqu'à présent , mais bien une série de collines isolées et de petites montagnes qui s'élèvent brusquement au-dessus des plaines parcourues par les Kirghiz; ces peuples ignorent jusqu'au nom d'Alghiditf-tsano qu'on donne à cette prétendue chaîne de montagnes. Parmi les chaînes secondaires qui se détachent de celle qu'on peut regarder comme la principale de ce groupe, nous nommerons: les monts de Kolyvan, eutre l'Irtyche et la Riva, si riches en mines d'or et d'argent; la chaîne Haikalien/ie , qui forme une partie du coutour du lac Baïkal ; les monts de A'ertchinsk , si iin|>ortans par leurs grandes richesses minérales , surtout en argent, plomb et cuivre; la haute et longue chaîne du Kamtchatka, si remarquable par ses terribles volcans ; la chaîne que M. de Humboldt propose d'appeler Grand- Allai, dout les plus hautes cimes sont à deui degrés de latitude au sud-est du lac Ieké Aral-tioor , et qu'il ne faut pas confondre avec la chaiue imaginaire que représentent les cartes; elle va du nord -ouest au sud-est el parait se joindre au Thian-chan; enfin la chaîne de Tarhagatai, qui s'étend à l'ouest des lacs Diaisang et Alak-lougoul , nommée Ala-tau entre ce dernier et le Italkhach. Nous ferons remarquer qu'une grande partie de la chaîne princijtale de ce groupe forme la frontière entre les empires Russe et Cfîiuois, el que selon M. de Ifuraboldt c'est justement dans sa partie, nommée Petit-Altai par les géographes européens, que se trouvent quelques-uns de ses sommets les plus élevés.

Croupe du Thian-chan ou Mont Céleste. Son point culminant parait être la masse de montagnes remarquable par ses trois cimes couvertes de neiges éternelles qui s'élèvent presque au centre de l'A>ie dans l'empire Chinois sur les coufius du K an-su,

DLSCIUPTION DE L'ASIE.

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