GIS
La majeure partie de ces genres appartient aux familles des ombeUifères , des rosacée* , des synanthe'rces , des gentianées , des graminées, des cjpcracèes , des crucifères, de» légumineuses et des renonculacées. Ou en trouve égal émeut d'autres qui sout comme les représeu tans des petites familles dout ils font partie. Dans les ombellifères nous cilcrous plusieurs espèces de ligusticum et de selinum particulières aux bords du Iaïk et de la Lena. Le genre spiraa de la famille des rosacées est presque entièrement indigène de la Sibérie. Les asters, les absinthes (arlemisia) , les gentianes , les pédiculaires , les dauphintUes , les carext etc., sont fort uombreux dans les contrées à Test au Ienisseï. Parmi les légumineuses ou remarque le genre astragalus, composé d'une masse éuorme d'espèces presque toutes particulières à la Sibérie , mais répandues de loin eu loin sur cette immense région. On conçoit, en effet, que la diversité des stations doit faire naître des plantes voisines quant aux formes génériques, mais très différentes par leur port , leur feuillage , etc. Ainsi , un genre de plantes tel que Y as ira gai us dont il vieut d'être question, affeclionue un climat particulier comme celui de la Sibérie; mais ses nombreuses espèces sout modifiées d'après les changeuieus des localités. D'un autre côté, la région Sibérienne est tellement vaste qu'on doit y distinguer plusieurs climats; par conséquent les piaules qui uaissent sous l'influence de ces climats divers, ne doivent point se ressembler. Aussi la végétation du Kamtchatka a-t-clle de grands rapports avec celle de la cote uord-ouest d'Amérique; tandis que les végétaux de la Daourie ressemblent à ceux de la Russie-Méridionale, ceux des monts Altaï ont des rapports avec les végétaux des chaîne? Gaucasiques et ceux du gouvernement d'Irkoutsk avec les plantes de la Chine Ocvidentale.
Rxoiojr Suuco-jAroniQUK. Elle comprend uou-seulemcut la Chine proprement dite , mais encore tout le royaume d'An>nam y compris la Cochinchiue qui fait le prolongement méridional du littoral chinois sur l'Océan, ainsi que les grandes îles situées dans celle mer à l'est de la Chiue , et qui dépeudent de la monarchie Japonaise. Les difficultés sans uombre qu'ont éprouvées les Européens et surtout les savaus pour pénétrer dans ces pays si digues de l'attention des naturalistes, ont singulièrement relardé la connaissance des plantes qui y croissent naturellement. Après avoir demeuré deux ans au Japon , Kamipfer , médecin allemand, 4e quitta en 169a et publia la relation de son voyage sous le litre de Amœnttates exoticœ, etc. , ouvrage daus lequel il décrivit et figura les plautes les plus remarquables du Japon. Eu 1775 , le docteur Thunberg, au i nié du zèle le plus ardeut pour la science, sur» moula tous les obstacles, s'établit comme chirurgien daus la petite ile où est située la ville de Nagasaki , eu explora les richesses végétales sous le prétexte de chercher des plantes médicinales, parcourut eusuite pendant quatre mois tout le pays jusqu'à Iedo, capitale de l'empire. La Flora Japonica fut le résultat de cette expédition. Ce livre , malgré ses imperfections , est fort précieux à cause des reuseignemeus qu'il fournit sur l'état général de la végétation. De nouveaux reuseignemeus sout promis à l'Europe savante par le docteur Siebold, naturaliste hollandais, qui a fait un long séjour au Japon et qui a déjà publié quelques résultats de ses observations botaniques , particulièrement sur le geure hydrange*. Il s'eu faut de beaucoup que uous ayons sur la Chine des documeus aussi importaus. La science des végétaux ne parait pas a\oir fait de grands progrès chez les Chinois, car d'à. près les dessins des plantes qui uous sont venus de la Chiue, par la voie du commerce, on s'aperçoit bien qu'ils ont tout sacrifié à la bizarrerie des formes et au brillaut du coloris , et qu'ils se soucient fort peu de ce qui peut instruire sur les objets qu'ils oui voulu représenter. Cependant, grâces au goût des Chiuois pour les plantes d'ornement, les uégociaus d'Europe out pu se les procurer à Cautou, le seul port qui leur soit pcimisde visiter et aux euvirous duquel quelques botauisles out herborisé pour ainsi dire j»ar procuration. Loureiro , missionuaire Portugais, qui a passé trois ans daus cette ville, ue pouvait obtenir les plantes des euvirous que par l'intermédiaire d'un paysan chiuois. (iet auteur les a publiées dans l'ou\ragc importaut qui a pour titre : Flora Cocfiituhinensis; mais le plus grand nombre des végétaux dout ee livre renferme l'histoire botanique, croit daus la Cochinchiue.
Lue singulière analogie avec la flore Européenne , et en même temps la présence de plusieurs végétaux de l'Inde; tels sout les traits priucipaux qui caractérisent la flore Japonaise. Ou y reucootre, eu effet, des vtromea, des iris, des carex , des campanula , des càcuopodium , des allium, des ju/uus , des euphotbta , etc., etc., spécifiquement yem •
DESCRIPTION DE L'ASEE. 61 «J
blabla à nos plantes européennes. Mais, d'un autre coté, le Japou nourrit des canna, des amomum , des justicia, des celastrus, des caris ta, des diuscorea, des diospyros, des pauliinia, des luurus , etc. , que nous savons être des plantes indiennes ou indigènes des climats tropiques. Ce mélange des deux végctalious peut s'expliquer par la position géographique des îles japonaises, par la grande chaleur qui y règne pendant Tété et la basse température de l'hiver , enfin par l'inégalité et la différence de nature du sol qui donne naissance à des piaules fort diverses. Le Japon offre en outre des espèces et même des geures particuliers. Nous citerons, eutre autres plusieurs plantes remarquables, Yole a fragrans qui sert , dil-oo , à aromatiser le thé ; Yaukuoa japonica, arbrisseau que Ton cultive dans les jardins d'Europe, à cause de son feuillage touffu , luisant et tacheté ; le gardénia fonda , si multiplié dans les serres des jardins d'Europe et dout les fleurs toujours doubles exhalent l'odeur la plus suave; le rhus vernis, célèbre par le vernis qui en découle; tes araJia cordata, pentaphyUa et japonica, ces végétaux d'une petite famille voisine des ombellifères et dont les fleurs offrent l'élégante disposition qui caractérisent ces dernières ; plusieurs liliacées, telles que X amary llis sarniensis , le lilium japonicum, les Itemerocallis japonica et cordata, qui se sont répaudues dans tous uns jardins; le cametlia , qui , par les soins de nos horticulteurs, s'est extraordinairement multiplié el a produit un grand nombre de variétés aussi remarquables par la vivacité et la fraîcheur de leurs couleurs que par l'élégance de leurs formes ; le daphne odora ; le sophora japonica ; le pyrus japonica à fleurs d'un beau ronge écarlate; le mespilus japonica; plusieurs spirées, et enfin le corchorus japonicus ou plutôt spirœa japonica , qui décorent maintenant les bosquets de l'Europe.
Quoique nous ne possédions que peu de données sur la végétation de la Chine, nous pouvons néaumoins avancer d'une manière générale qu'elle a beaucoup de rapport avec celle du Japou. Seulement elle est moins riche en pUntes aualogues à celles de l'Iude , taudis qu'au contraire elle nourrit beaucoup de végétaux semblables à ceux de la régiou Sibérique et qui appartiennent même pour la plupart à des genres européens. La fertilité du territoire chinois, sa culture extrêmement soignée, ont changé, sans doute, l'aspect du pays, soit par l'extirpation désespères semées par la nature, soit par les chaugemens que la culture du riz el d'autres céréales ont fait subir au sol. Aux environs de Péking les plantes herbacées sont pour la plupart les mêmes que celles des environs de Paris. M. de Jussieu possède un herbier formé par un missionnaire (le pere dlncarwlle), et qui peut servir de preuve à notre assertion. Cependant, certaines contrées de la Cbiue et particulièrement les provinces méridionales , sout Ici habitations naturelles de plusieurs plantes remarquables par leur extrême beauté ou par les usages qu'en font journellement, nonseulement les Chinois, mais encore des nations répandues sur toute la terre. Il uous suffira de citer parmi les plantes d'oruemeut, l'hortensia, V hibiscus sinensis, le magnifique aster connu sous le nom de reine-marguerite , la jolie primevère nouvellement introduite dans les jardins d'Europe sous le nom de primula sinensis, le glycine sinensis , magnifique légumineuse à fleur de couleur lilos et qui se multiplie avec lu plus grande facilité par le» soins de nos horticulteurs , etc. Le thé (thea viridis) , dout tout le monde connaît l'utilité , est indigène de la Chiue. Les différentes sortes que l'on rcucoulre dans le commerce ne proviennent pas d'espèces différentes sous le rapport Iwtauiqne, elles doivent leurs qualités à la meilleure préparation qu'où leur fait subir ainsi qu'à la stratification de plusieurs couches des fleurs de Yotea fragrans et du camellia sesanqua , végétaux communs dans les lieux où croit le thé. Nous ineutionuerous encore , comme une des plantes les plus intéressantes par leur importance commerciale : Yillicium anisatum, qui fournit l'anis éloilé ou anis de la Chine, avec lequel on aromatise l'anisetle de Bordeaux , et plusieurs autres liqueurs de table.
Réoiow AaxBico-PEBsioue. Toute la partie sud-ouest de l'Asie, ou celle que nous désignons en Europe sous le uom d'Orient, est comprise dans cette régiou. Au nord , sa végétation se coufond avec celle de l'Europe Méridionale et Orientale; excepté dans la partie située entre la mer Caspienne et la mer Noire, où de hautes chaînes de montagnes (le Caucase et le Taurus), et dans les plaiues voisines des mers où la dépression d'un sol arenacé et imprégué de sel détermineut la croissance des végétaux particuliers. Les plantes de l'Asie Mineure, c'esUa-dire de tout le littoral Asiatique de la Méditerranée, out les
plus grands rapports avec celles de la Grèce, de l'Italie et de l'Egypte. Cependant , quelques pays dont le sol est 1res varié, la Syrie, par exemple, offrent aussi plus de variétés dans lei espèces qu'ils nourrissent. Ainsi le Liban nourrit un certain nombre de plantes que l'on ne retrouve point ailleurs. C'est dans cette chaîne de montagaes que croissait en abondance, aux temps les plus reculés de l'histoire sacrée, le fameux cèdre (pinus cednis L. , cet/rus excclsa des auteurs modernes) qui servit à la construction du temple de Jérusalem. Ce bel arbre est maintenant si rare dans sa patrie, que, suivant des voyageurs dignes de foi , on n'en trouverait pas trente individus dans toute la chaîne du Liban. D'antres plantes s'y sont au contraire extraordinaircmenl multipliées. Ce sont principalement celles dont les produits sont devenus des objets de commerce très considérables. Telles sont les diverses es|»èces iVastra galas , d'où découle la gomme adraganth. L'empire Persan a reçu la visite d'un grand nombre de voyageurs; mais ces voyageurs se sont plutôt appliqués à transmettre leurs observations sur les mu-urs. les usages et les antiquités des pays qu'ils ont parcourus, qu'à nous en faire connaître l'histoire naturelle. Les seuls documeus importons que l'on ]iossède eu Europe sur la flore de l'intérieur de la Perse, sont encore inédits et consistent en quelques herbiers recueillis par les voyageurs» Michaux. Bruguières et Olivier. Espérons que les matériaux recueillis par M. Kélanger, dans la traversée de la Perse depuis le Caucase jusqu'au golfe Persique , fourniront des renseignemens nombreux et intéressaus pour la Flore de cette contrée. Ces collections, quoique fort incomplètes, donnent néanmoins une idée suffisante de la végétation persique; on cesse d'y voir les formes européennes qu'offraient encore les plautes de l'Asie-Mincure ; les genres ont changé et ils offrent de grandes aflinilés avec les plautes de l'Ilindostan. De tout temps les Persans ont été passionnés pour les jardins d'agrément, et ils y ont cultivé un certain nombre de charmaus végétaux qui se sont répandus dans les jardins d'Europe ; tels sont le lilas, le cyclamen, plusieurs espèces d'œillets, de roses, etc., auxquels on donne pour nom spécifique celui de la Perse leur pairie originaire.
La flore de l'Arabie voisine de la mer Rouge, car c'est la seule partie de cette région que l'on connaisse suffisamment, se lie avec celle d'Egypte. Parmi les botanistes qui ont exploré avec succès cette région . Forskal est celui qui a laissé le plus de renseiguemens positifs; un séjour de plusieurs années dans l'Arabie heureuse, pendant lequel il se concilia l'amitié des indigènes, le mit à portée de connaître les végétaux du pays beaucoup mieux que n'aurait pu le faire tout autre voyageur. Sa flore d'Egypte et d'Arabie comprend un plus grand nombre de plantes appartenant à cette dernière contrée qu'à la première. Le littoral arabique de la mer Rouge est célèbre par la beauté et la richesse de ses productions végétales, à l'exception des euvirons de Suez où la végétation est extrêmement aride. Près deTor, ville située au pied du mont Sinaï , on cultive en abondance plusieurs sortes d'arbres fruitiers, et on rencontre cà et là de petites forêts de palmiers. Au sud de ces contrées est située la partie principale de l'Arabie nommée Yémen ou Arabie heureuse. Ce riche pays est entrecoupé de rivières et de chaînes de montagnes qui entretiennent la fertilité de son territoire le plus souvent argillcux. Le climat y est assez pluvieux ; ce qui , joint aux autres circonstances, fait que la température y éprouve beaucoup de vicivsiludes. C'est non loin de Loheïa, ville située sur les bords de la mer Rouge, qu'est le centre de la flore Arabique. On y rencontre de temps en temps, dans les terreius sablonneux, le conplia umhraculifrra ou palmier-éventail qui croit abondamment dans les Indes-Orientales. Le café {cofftva arahica) est spontané dans les monls Djèbbel èsuad , près de la ville dclladie; mais on cultive cette précieuse plante dans toute l'étendue de la contrée. lH*pui s la ville de Djohla jusqu'à Tacrs, le pays est pour ainsi dire envahi par de petits bois d'euphorbes arborescentes. On y voit aussi, mais en petite quantité, U* mimosa nilvtica , arbre qui fournit la gomme arabique. La présence en Arabie de ces plantes à gomme, de plusieurs autres qui se retrouvent également eu Afrique, particulièrement sur la côte occidcutalc, indique un certain rapport de végétation entre ces diverses contrées. D'un autre côté, la Flore de la partie sud de la presqu'île Arabique , se lie avec celle de llnde- Méridionalc et de sou archipel, ainsi que le prouve le palmier que nous avons mentionné plus haut.
Si nous no craignions pas d'être par trop prolixe , nous citerions une fotde de végétaux qui croissent dans l'Arabie et qui depuis long-temps sont célèbres par les parfums et les
médira meus qu'on en retire; nous parlerions de ces piaules céréales tellemenl nombreuse* et rigoureuses dans cette partie du inonde, qu'où a prétendu que celle-ci en avait été le berceau ; mais ces renseignement nous forceraient de dépasser les limites de cette notice qui a seulement pour but de douner une idée générale sur la végétatiou des diverses régions.
RÉutox Indique. De toutes les parties du continent Asiatique, c'est la plus favorisée delà nature. Après les conquêtes d'Alexandre , lorsque l'ou eut jiénétré dans les routrées au-delà du Gange, rien ne frappa plus d'admiration les anciens que les productions aussi belles que singulières de ces Indes-Orientales qui semblaient avoir en dépôt tuutes les richesses et les magnificences naturelles. Cependant ou ne les connut pendant long-temps que d'une manière très imparfaite, quoique les naturalistes, et particulièrement Ai islolc , «ment porté vers elles une vive aiteulion. Mais la science des végétaux n'était encore appuyée sur aucun principe stable; l'art de la culture n'avait d'ailleurs fait aucun progrès en Europe, et dès-lors on ne pouvait avoir sur les plantes de l'Inde d'autres notions que celles qui étaient fournies par les voyageurs dans l'esprit desquels les êtres les plus disparates se confondaient.
Ce ne fut qu'après la découverte du passage aux Indes p.ir le Cap-dc-ltonne-Espérance, et lorsque les Portugais el \vs Hollandais eurent établi îles comptoirs sur les côtes des vastes presqu'îles de l'Asie - Méridionale , qu'on commença à se former des idées exactes sur leurs productions végétales. Plusieurs d'entr» elles devinrent des objets important de commerce, et par cela même leur origine fut tenue, pour ainsi dire, secrète, par les nations ou les particuliers qui \oulaient en perpétuer le monopole eutre leurs mains. Les propriétés médicales, vraies ou imaginaires, d'un très grand nombre de ces plantes, employées par les naturels contre une iulinité de maladies, déterminèrent quelques médecins à les étudier avec plus de soin qu'on ne l'avait fait jusqu'alors. C'est dans ce but que Rumph el Rliéedc écrivirent leurs énormes in-folios, dont l'un a |K>ur titre Ifrrbarium A 'mooirten se ; et l'autre : florins Malabarieus. Nous citons ici l'ouvrage de Rumph quoiqu'il traite des végétaux appartenant à une partie de l'Océauie, mais la similitude de ces plantes avec celles du (.outillent Indien, oblige les botanistes qui étudient celles-ci, à consulter les planches dont cet ouvrage est orné et qui souvent sont les seules que l'on possède. Aussitôt que la botanique eut pris rang parmi les véritables sciences, on ne tarda pas à explorer les végétaux de l'Inde avec autant et même plus de succès que pour d'autres contrées plus rapprochées de nous. Burmann, contemporain de Linné, écrivit une Flora Indien, résumé de tout ce que l'on avait écrit jusqu'alors , enrichi de plusieurs espèces que le savant Paul Hermann avait recueillies lui-même et dont fturmann avait acquis la précieuse collection. Enfin , de nos jours les travaux de Roxhurgh , dans le magnifique ouvrage -m les plantes de Coromandel , des docteurs Francis Hamilton, Carej et W allie!» , dans les deux volumes qui ont paru récemment de la nouvelle Florti Indien , les immenses matériaux rapportés eu Europe par M. Wallich qui en a commencé la publication dans ses Plantée Asiaticœ rario/cs, ont presque complété les connaissances qu'il était possible d'acquérir sur la végétation du Continent Indien.
Au nord de la presqu'île en-deçà du Gange, court la vaste chaîne des monts Himalava. Les pays adjacens nourrissent des plantes qui offrent de grands rapports avec les piaules des climats septeutrionaux. Celles du Népal, par exemple, qui sont les mieux connues , ont toutes une physionomie que nous nommerions volontiers européenne, car une grande quantité d'entre elles appartiennent à des geures dont la majeure partie des espèces croit parmi nous. C'est dans cette partie de l'Inde que croit naturellement le beau marronnier [asculus liipijocastnnum) si répandu aujourd'hui dans l'Europe. Mais à mesure que l'on s'approche de l'équaleur et que l'on descend en même temps , des plateaux élevés sur lesquels s'appuient les hautes montagnes, la végétation change de face, elle déploie alors font le luxe el la majesté qu'elle offre ordinairement sous les climats tropiques , lorsqu'elle est secondée par les agens les plus puissans, comme la nature du sol el l'humidité. En effet , ce n'est point aux plages arides de l'Afrique situées sous les mêmes latitudes, mais au Brésil et à l'Amérique -Méridionale que les Indes-Orientales peuvent être comparées. Mais, malgré l'analogie qu'on observe entre les végétations de régions si distantes entre elles , on trouve que chacune a reçu en partage des plantes qui en font la décoration particulière el caractéristique.
Dans la région Indique équatoriale on trouve le plus grand nombre des espèces de la famille des cannées ou amomées , plantes d'ornement dont les fruits et les racines sont en outre des épiceries très recherchées ; tels sout les plantes des genres canna , amomum , costiu , ùngiber, maranta , curcuma , etc. Tout le monde connaît les beuiliers , les amo~ mes , le gingembre, le galanga, le cardamome , le curcuma, qui sont ou ces plantes ellesmêmes ou les produits utiles qu'on en relire. Le poivre noir (piper nigrum) et le bétel (piper bétel), masticatoire très en usage chez les Indons, croissent en abondance sur la côte du Malabar. Une foule de graminées utiles {eleusine coracana, panicum , sorghum, etc.) sont vulgaires partout. D'autres monocotyledones remarquables |var leur élégance, sont particulières aux climats chauds de l'Inde. Mous citerous entre autres le crinum asiaticum , le polyanthes tuberosa, le methonica superba , le Jiagellaria indica, plusieurs amaryllis , pancralium, aloës, etc. Le plus grand nombre des liserons {convolvalus) et ipomtea habite encore les mêmes contrées Asiatiques. On y remarque aussi dans la grande quantité de végétaux utiles, toute la famille des laurinées. Les lauriers qui four* nissent la candie, le raniphre {lanrus cinnamomum , L. campliora . L. malabathrum, etc.), forment des forêts surtout dans l'île de Ceylan déjà renommée chez les anciens sous le nom de Trapobaue. Le muscadier (myristica officinalis\ le giroflier {caryophyltus aromaticus\ le jamhosier(.£u£r/}ùi jambos)% ue sont point étrangers au Continent de l'Inde, quoique leur patrie soit plus particulièrement les îles de l'Océanie situées eutre les tropiques. Dans le nombre immense des légumineuses qu'on y voit croître en abondance, nous ferons remarquer principalement le tamarinier {tamarindus ittdica) dont le fruit est un purgatif acidulé emploie par toute la terre; le cœsalpinia sappan, qui fournit un bois de teinture, semblable à celui du buis de Brésil ; le guilandina bon duc , le moringa oleifera qui fournit Y huile de Ben, plusieurs espèces de casses , de bauhinia , etc. Enfin, ne pou vaut ici nous étendre sur les détails de tous les végétaux remarquables do l'Iude, nous nous bornerons » citer le daphne indica, dont l'odeur suave parfume les serres chaudes où on le cultive en Europe; le manguier {mangi/era indica), le goyavier {psidium pomiferum), le durion (durio zibetbinus) et surtout le maugoiLste {garcinia mangostana) dont les fruits passent pour être délicieux.
Parmi les arbres à fruits qui se trouvent auprès des habitations, on distingue surtout les mangifera , les citrus , les artocarpus , les eugenia , les elate et les borassus. Les arbres qui forment l'essence des forêts appartiennent aux genres rhizoplwra %orgiceras, aviceania, ionneratia et Iteritîera. Ces derniers sont les plus abondans.
ANIMAUX. Deux grands systèmes de montagnes diriges dans le sens des parallèles à l'équateur divisent l'Asie en trois zones. La ligne des sommets glacés de ces montagnes n'est interrompue que par quelques gorges peu évasées , quelques déchirures profondes ou par des plateaux presque toujours très etilminans au-dessus des zones latérales. Aucun grand Beuve comparable a ceux qui parcourent les zones latérales n'arrose la zone intermédiaire. Les cours d'eau qui la traversent ça et là s'épuisent en général peu loin de leur naissance, ou pour former des lacs, ou par le seul effet de l'évaporation et de la iilt ration sur un sable aride. Quelques plantes herbacées et quelques arbustes amaigris étendent seuls une mince nappe de verdure sur ces plaines sablonneuses et souvent salines nommées strps
S>ar les Russes. Des deux zones latérales , l'australe presque toujours bràante, la boréale presque toujours glacée, ont cela de commun d'être arrosées par de grands fleuves, généralement parallèles entre eux, assez voisins les uns des autres et courant presque perpendiculairement des cimes où ils prennent naissance aux mers qu'ils entretiennent. Ces grandes bandes, qu'ils découpent sur leurs versans, sont sillonnées par des affluens collatéraux dont l'irrigation et les vapeurs entretiennent d'immenses forêts ou de vastes prairies. Ces grands caractères çéognostiques, dont les causes ont nécessité la distribution actuelle des animaux d'Asie,
marquent les limites de cette distribution dont nous signalerons les traits principaux dans le tableau suivant.
Ijc chameau bactrien ou à deux bosses, le chesal sauvage ou tarpaa, le djigheiei autre espèce de cheval , »i rapide, que les Mongols en ont fait le coursier du soleil ; plusieurs variétés et peut-être même plusieurs e*pcccs de ces bœufs à queue de cheval, dont les queues ondoyantes marquent les dignités militaires par tout l'Orient; au moins deux espèces d'antiU>pes , le dzeren ou chèvre jaune , aussi rapide que le djigheiei et le saïga presque aveugle, parcourent paisiblement les steps de la zone centrale , sans avoir presque d'autre ennemi redoutable que l'homme. Ce n'est que dans quelques parties oceiden taies de cette zone que la panthère leur dresse ses embûches. Lue seule espèce de chat , le manu/ , souche de nos chats angoras , habite ces vastes steps. Le tigre de l'Inde-Transgan» gétique parait cependant avoir été vu en Sibérie sur les bords de quelques rivières , même jusqu'aux sources de l'Ob; il est nombreux encore aujourd'hui dans les forêts du Mazanderan et de l'Adzarbaïdjan , d'où les chasses d'AbbasMirza le font fuir souvent jusqu'auprès de Tiflis. La patrie du tigre d'ailleurs s'étend au nord jusqu'aux bords du Kcroulun et de l'Orkhon dans le Pays des Kalkas et jusqu'au mont Altaï; toute la Chine enfin en est remplie, si l'on doit s'en rapporter à l'Altnanach de Péking qui relate, parmi les évenemens naturels qui ont lieu chaque moi% que les tigre» s'accouplent dao« le onzième mois, c'està-dire vers la fin de décembre. Les tigres qui se montrent de temps en temps dans la Sibérie sont originaires de la Mongolie, où l'empereur de la Chine les chasse annuellement. Des troupes de plusieurs espères de chiens , des chacals, des loups chasseut aussi par meutes les antilopes , les ânes et les chevaux sauvages. Tontes les montagnes qui circonscrivent celte zone ont également leurs sommets habités par le muse; la chaîne du nord , l'Altaï, l'est en outre par Yargali ou mouton des rochers sibérien ; celle du sud par Xégngre ou chèvre sauvage ; le (Caucase l'est par le bouquetin de ce nom et par le chamois. Le grand prolongement de cette zone, qui parlant de la Itactriane et de la Perse se termine en Arabie , est peuplé de nouvelles espèces d'antilopes , lu chèvre bleue , Valgazel, la gazelle Corinne; enfin par le chameau à une bosse ou dromadaire, autochtone de la seule Arabie, et partout ailleurs établi avec les Arabes. La presqu'île Arabique et la Perse doivent aux lions, à la foule des pantlières , des caracals et autres espèces de cliats , aux chacals, aux antilopes et aux singes une physionomie africaine. Leurs montagnes et leurs plateaux arides sont parcourus, ainsi que la partie Caspienne de la zone centrale, par Y onagre ou êne sauvage, type de ces ânes si beaux et si rapides, vantés dans l'Ecriture et si estimés encore aujourd'hui en Orient.
Sur les bords des fleuves et dans les vastes forêts des plaines sibériennes vivent d'innombrables troupes de rennes , d'élans, de loups , de renards ordinaires , bleus et noirs, d'ours , de gloutons, de plusieurs espèces de martes et surtout de ses nombreuses espèces de rongeurs habitant, ou bien sur la cime des arbres comme les écureuils , dont une, le taguan , peut même s'élancer dans les airs, ou toujours cachées sous terre sans en sortir jamais, comme le temni et le spalax aveugles, ou sillonnant les terres et les eaux par des voyages sans but apparent, puisqu'ils n'ont pas pour terme l'expatriation , tel par exemple le campagnol économe du Kamtchatka. Enfin , sur tous les bords de la mer Glaciale, le terrible ours polaire fait la guerre à toute la nature vivante. Dans les eaux de ces rivages vivent tous ces grands phoques, ces grands cétacés , dont les espèces sont encore en partie indéterminées, mais dont celles qui sont bien connues sont propres à ces rivages. Sur les bords du grand promontoire oriental vit ce lamantin dt Steuer à dents plates et sans racine, comme celles de l'ornithorynque et qui parvient à 19 et ao pieds de long. Le lac Baikal , malgré ses eaux douces et son isolement au centre de ces montagnes qui hérissent la Daourie , a aussi , comme la mer Caspienne , ses espèces particulières de phoques ou plutôt de loutres. Tous ces quadrupèdes sibériens, par le renforcement de toutes les causes créatrices de vie animale et de vie végétale que distribuent les eaux de nombreuses rivières, acquièrent des dimensions plus grandes qu'ailleurs dans ces marécages découverts ou boisés, étendus depuis l'Ob jusqu'au Khatanga. Cette exubérance luxueuse de la ualurè* •e répétera tout-à-l'heure dans les deltas de l'Inde-Transgangétiqne par rapport au reste de la zone australe , jusqu'aux pieds des montagnes de l'Altaï et de Kolyvan, toutes les
peuplades sibériennes ont de tout temps dressé le renne, et les plus orientales, le chien, au tirage des traîneaux.
Dans la zone australe le soleil des tropiques multiplie à l'indu ces richesses que la terre doit partout à l'action fécondante des eaux. Dans lin de de nouvelles espèces d'antilopes, le tayl-gau, le cervicapre errent sur ces plaines du Siod qui rappellent les déserts de la Perse. Dans les forêts de l'intérieur et surtout daus celles qui revêtent les peutes et les éperons de l'Himalaya, vivent cinq ou si\ espèces de cerfs inconnoes encore il y a quelque* aunées , Vhrpélaphe d'Aristote, le cerf Je fVallich, celui de Duvaucei. Dans le Tibet, errent des essaims à' antilopes bleuet (A. Hodgsoni), dont les cornes par leur chute annuelle ont plus d'une fois rappelé au* auteurs anglais la fabuleuse licorne. Là , se présente aussi cette gracieuse ehitekara aux quatre cornes, aux formes gracieuses et sveltes. Dans les forêts du Heu pale habitent ces eharmans axis perpétuellement mouchetés de blanc, comme nos daims le sont en été. Daus les forêts à'Orissa vit ce jungly-gau , souche sauvage des bœufs domestiques de l'Iude, et qui représente notre antique urus, autre souche des bœufs domestiques d'une autre cootrée , et dont la patrie, renfermée dans l'Europe Oeridentale , ne s'étendait pas plus à l'est que la Vistule. Dans cette belle région, à partir de l'Indus, les rugissemens du lion n'effraient plus l'homme et le reste de la uat un-. Mais sur les bords du Gange un danger peut-être plus terrible encore recommence. Le tigre aux ravi ires noires se tapit auprès de toutes les eaux où l'ardeur du climat appelle à chaque instant l'homme et les auimaux. Et ce danger est partout présent dans rinde-Transgaugetique et sou archipel. Partout lecontiuent indien, le buffle à la peau noire et demi-nue , aux cornes procliv es en arrière , habite , soit sauvage , soit domestique , tous les rivages fangeux de la mer et des fleuves. Entre le Gange et l'Indus les forêts sont peuplées d'une foule d écureuils , de ces beaux paons , de ces fat sa ns , dveescoqs sauvages depuis naturalisés partout et partout devenus domestiques de l'homme. Plusieurs espèces t\'ours , dont une, au |»elag«' d'un pied de long, fut long-temps prise pour un paresseux , habitent les solitudes des forêts des Gates et des montagnes du Mysore. La aussi se trouve ce joli chevrotain memina naguère connu dans la seule Ceylau. Dans tout cet espace l'ennemi le plus à craindre pour l'homme est peut-être cette sangsue de terre si nombreuse daus les gazons épais du Decau , et qui dans les campemens des armées peut verser plus de sang que les faibles troupes des Hindous. Véléphant indien et le rltinocéros unicorne peuplent aussi toutes les forêts solitaires ; mais c'est dans l'Inde-Transgangétique que ces deux animaux parviennent » toute leur grandeur. Dans cette dernière région , le tapir bicoloreâc Malacca, dont la patrie semble s'étendre depuis Malacca , où l'on vient de le découvrir jusque dans les provinces méridionales de la Chine , rappelle la zoologie américaine. Là vivent des o rangs , des gibbons , des vouvoi/s tous aux longs bras et marchant à quatre pattes sans cesser d'être debout , ces guenons kaau au nez gigantesque, et cette guenon doue habillée de toute couleur comme les suisses de nos cathédrales. Vélcphant indien sur les bords du Can> boge et de Tlraouaddi , aiteint jusqu'à 1 6 pieds de haut ; mais ses défenses toujours moins courbées sont aussi toujours plus petites que celles de l'éléphant d'Afrique. Dans le seul Gange , a5o espèces autochtones de poissons décrits et représentés par Hamilton Ruchauan , servent de pâture à ces grands gavials ou crocodiles à bec allongé comme celui d'une bécasse , à ces dauphins gangétiques connus de Pline sous le nom de platanista , et dont le bec est encore plus effilé que celui des gavials. Mais comme si la nature avait voulu faire de cet Hindoustan , rendu si malheureux par l'homme , une contrée de délices , ces énormes gavials de 1 5 à ao pieds de long sont innorens pour notre espèce; le guépard, inoffensif pour i'homme, habite l'Inde au sud du bassin du Gange, où les troupes du chacal indien ne chassent que de petits animaux. Néanmoins , dans les canaux d'eau salée du delta du Bengale vivent quelques espèces iVfndrophb ou serpens à plusieurs dents maxillaires, dont la première seule est percée pour le venin.
Les oiseaux sont aussi riches que variés dans toute l'Asie, et les zones de cette grande région se trouvent occupées par un nombre considérable d'espèces de toute ..grandeur et de toute livrée. De gigantesques vautours, tels que le chaugoun et Voricou régnent en tyrans sur les rivages de l'Indus, où pullulent un grand nombre d'aigles, de faucons , de buses , de chouettes , rapaees diurnes et nocturnes sans cesse à l'affût d'une proie. Des essaims de perroquets à plumage rouge, vert, blanc ou peint de raille couleurs,
hal) lient le Continent et les îles qui en dépendent. On sait que ce fut sur les bords du Gange, au temps de l'expédition d'Alexandre, que fut découverte la grande perruche verte qui apprend si facilement à imiter la voix de Hwmme. Les loris au plumage cramoisi, les cacatoès k la livrée blanc de lait, les psittacules émaillés, sont donc très abondans dans toute la partie chaude de l'Asie. Mais les espèces les plus remarquables et qui ont offert dans ces derniers temps une série aussi neuve que précieuse pour les naturalistes, sont ces coitroucous au plumage d'or et vermillon ; ces malcohas à gros bec , ces coucals aux plumes rigides, ces boubous ou coucous à bec rond : le taccoide indien , les édolios, les eudynamis , les surnicous, les barbus, les pics, oiseaux grimpeurs variés à l'infini. Les martins-pêcheurs fréquentent les grèves et la petite tribu des Ceyx , celle des tan) aptère t et des choucalcyons y viveut plus exclusivement. Les calaos, les corbeaux, les mainates , sont les passereaux de grande taille les plus dignes de fixer l'attention. Mais des espèces admirables, dont l'Asie a enrichi nos cabinets, sont venues dans ces derniers temps frapper nos regards par l'incomparable beauté de leur plumage ou par la nouveauté et la bizarrerie de leurs formes. Tels sont ce superbe drongo dont la livrée brille de l'azur le plus pur et le plus vif, ce caiyptomine vert dont le corps chatoie comme une émeraude, ces eurylaimes à bec massif, ces myophones métallisés, ces verdins si gracieux, etc., etc. Des centaines de passereaux devenus les types du genres auraient besoin d'être cités, mais il nous suffira de mentionner les pomatorhins , les prinia, les arachnotères , etc. L'Asie possède les oiseaux gallinacés les plus brillans par les couleurs, les plus grands par la taille , les plus exquis par la délicatesse de la chair. Telles sont ces légions de colombes , ces francolins du Pégou , ce criptonyx de Malacca , cet admirable /««i dont l'immense queue est semée de mille yeux , ces faisans du Népaul si riches, ce» satjra, et* coqs, ces lophophores, ce* paons dont rien ailleurs ne rappelle la magnificence. Les mers, les fleuves, les ruisseaux de cet .immense continent sont fréquentés par des oiseaux palmipèdes et échassiers , dont les espèces varient suivant les latitudes, et dont beaucoup sont identiques avec celles d'Europe et d'Amérique.
L'Asie nourrit les plus grands reptiles du monde connu. C'est sur ses côtes que pullulent les tortues franc/ies et le caret ; c'est dans ses rivières que vivent les gigantesques gavials , les crocodiles bi-caréne's , ces monstrueux pythons. Mille couleuvres, mille serpen* venimeux , ce naya des bateleurs , ces oular-limpé, si atrocement mortifères, forment des légions , où viennent s'adjoindre des hydrophis , des lézards de grande taille, des batraciens dont les noms formeraient un long catalogue.
Soit au nord, où les mers de la zone glaciale l'entourent, soit au sud , où mille canaux séparent les îles morcelées de l'Asie , soit sur ses côtes où elle confine à l'Afrique et à l'Amérique , partout de nombreuses tribus de poissons vivent dans ses eaux douces ou sa* lées. "Les squales y sont par centaines et presque tous de grande taille. Les balistes , les aleutères , (es chœtodons , les murénophis , les labres , richement parés , vivent de préférence dans les zones intertropicales. Le poisson le plus célèbre des eaux douces est le gouramy, qui fournit une nourriture aussi délicate qu'abondante.
Les insectes , les brillans papillons, les cigales, Ws libellules y comptent de riches espèces. Il en est de même des mollusques , soit terrestres, soit marins , et parmi les plus célèbres de ces derniers il suffira de citer ces huîtres à perles , que des plongeurs indiens vont arracher au fond des rivages. Une grande variété de zoophytes , de ceux surtout qui affectionnent la température équatoriale, se fait remarquer sur les côtes, soit de l'Inde, soit des iles qui en dépendent, et consistent principalement en holothuries, dont les peuples asiatiques font leurs délices, eu actinozoaires , en polypiers coraUigènes , etc. Mais parmi les produits recherchés comme objet de nourriture, nous ne devons pas oublier ces nids de salangane, si avidement convoités par les A pic i us chinois comme un mets analeptique et puissamment restaurant, que produit ou que façonne, avec le mucilage de fucus pétri dans son gésier, la petite lùrondelU salangane.
GÉOGRAPHIE POLITIQUE
superficie* Malgré l'estimation erronée adoptée par bien des géographes, d'après laquelle l'Amérique serait la plus grande des cinq parties du monde, nous n'hésitons pas à regarder comme telle l'Asie, dont nous avons vu à la page 47 que la superficie, même en retranchant la Malaisie (Archipel Indien) , comptée par les géographes anglais et allemands parmi ses dépendances, s'élève à 12,118,000 milles carrés, tandis que la surface de l'Amérique n'est que de 11,146,000 de ces mêmes milles.
POPULATION. Cette partie du monde offre aussi la plus grande population absolue t puisque nous avons vu à la page 47 qu'elle s'élève à environ 390,000,000 d'habitans, même d'après les calculs les plus modérés et faits avec tout le soin qu'on peut apporter dans de semblables sujets. Mais sa population relative est de beaucoup inférieure à celle de l'Europe; celle-ci compte 8a habitans par mille carré, tandis que l'Asie n'en a que 3a.
ETHNOGRAPHIE. Les limites de cet ouvrage ne nous permettent pas d'indiquer tous les peuples que nous avons essayé de classer d'après leurs langues dans V Atlas ethnograpliiauc du globe. Nous nous bornerons à indiquer ici toutes les familles regardées comme asiatiques, en signalant leurs peuples principaux et quelques autres dont les idiomes encore trop
5 eu connus n ont pas été jusqu'à présent classés. Guidé par les résultats es nouvelles recherches que M. Klaproth vient de faire sur les langues de l'Inde, et qu'il a bien voulu nous communiquer, nous réunissons sous le nom de famille malabare les peuples qui parlent le telougou, le karnata, le tamoul et le malabare; c'est une souche à part, dont le fond n'a rien de commun avec le sanscrit, quoiqu'un grand nombre de mots de ce dernier idiome s'y soient glissés à cause des doctrines religieuses des hindous adoptées par les peuples malabares. Voyez à la page io3.
TABLEAU
DK LA CLASSIFICATION DES PB D PLU DE L'ASIE d'aPRKS LES LANGUE».
Famille Sémitique : \t% Juifs , répandus sur la plus grande partie de l'Asie; les pays où ils vivent en plus grand nombre sont : l'Asie Ottomane et l'Arabie; ensuite l'Inde , 1» Perse . le Turkcstan-Indépcudant et la Chine. Les Arabes; c'est le peuple le plus nombreux et le plus puissant de cette famille; ils occupent presque toute l'Arabie, la plus grande partie de la Syrie et de la Mésopotamie, dans l'Asie Ottomane; une partie du Khouristan et du Fars dans le royaume de Perse , et sont établis dan* quelques localités sur les côtes de Malabar et de Co romande! dans l'Inde, ainsi que dans quelques autres parties de l'Asie, telles que le Turkestan-Indépendant et la Région du Caucase.
Famille Géorgienne : les Géorgiens , dans la Géorgie et l'Imerethi , dans l'Asie Russe; les Mingrelirns , dans la Mingrclie et les Souanes dans le Souanetbi, dans l'Asie Russe; le* Laies , établis le long de Ta mer Noire depuis TrébUonde jusqu'au Tcborokb.
Famille Arménienne : les Haïkans, nommés communément Arménie**,- Us forment la grande masse de la population dans presque tous les eyalets de l'Asie Ottomane qui correspondent a l'Arménie, ainsi que dans la ci-devant Arménie Persane, aujourd'hui province russe d'Erivan; ce peuple est aussi asscx nombreux dans une partie de la Géorgie et du Chirran dans l'Asie Russe , et de l'Adserbaidjan dans le royaume de Perse. Les Arméniens sont en outre répandus dans presque toutes les villes marchandes de l'Asie Ottomane et Russe, de la Perse, de l'Inde, de l'Inde-Transgangétiqne, du TurkesUo et même de quelques-unes de la Chine, où ils font les plus importante» affaires.
Les Arassesoii Absne, qui demeurent dans Abakhssetlii ou Grande- Abassic ; plusieurs tribus
sont vassales de l'empire Russe. Les Naloukhaclù , uue de leur» tribus, sont de terribles voleurs, qui n'obéissent à aucun maître.
Famille Persan r : les Pertes ou Guebies , dont le plus grand nombre vit à Surate et à Boni* bay, etc., dans l'Inde, à lezd en Pcr»e; on en trouve aussi, mais en moindre nombre dans le Kerman , dans le Moultau , et à Bakou dans le Cbirvan. Les Tadjikt plus connus sous le nom de Persans ils forment encore la masse priucipale de la population de la Perse, et sont la nation la plus nombreuse et la plus policée de cette famille. Les Boukhares , qui sont les habitaus indigènes de la Grandc-Boukbartc dans le Turkestan-Iudépendant et des villes principales du Turkestan Chinois. Les Boukbares, que les géograpbes continuent encore à classera tort parmi les peuples turks, se trouvent aussi dispersés comme négocions dans les grandes villes de la Sibérie, dans celles de l'Asie Centrale, et dans les principales villes de la Chine, entre autres à Peking, à Hsng-tcbeou et à Canton. Les Kurdes et les Lomres, dans le Kurdistan et le Lourîstan. Les Afghans ou Pouchtaneh , nation jadis très puissante; elle est encore le peuple dominant dans les royaume» de Herat et de Caboul, et forme uue grande partie de la population des provinces enlevées à ce dernier état par le chef des Seikhs; les Rohillas qui vivent dan» les districts anglais de Mourabad et de Bareily, appartiennent à cette branche de la famille persane. Les Beloutchi, qui sont la nation dominante du Bcloutchistan et du Sind ; quclques-*uues de leurs tribus vivent dans le M oui tan.
Famille Hindoue; c'est uue des plus nombreuses du globe; son domaine s'étend sur toute la partie septentrionale de l'Inde, au nord du Tapty et du bassiu du Godavery. Ses principaux peuples sont : les prétendus Mongols origiuairement composés de Turks, de Boukbares et de Persans ; ils parlent l'biudoustani et formaient la nation dominante dans l'empire du Grand-Mogol avant sa dissolution ; ils sont répandus sur la plus grande partie de l'Inde, surtout dans l'Uindoustan proprement dit. Les Seikhs, peuple dominant dans la confédération qui en porte le nom. Les Bengalais, un des peuples les plus nombreux de cette famille ; ils formeut la plus grande partie de la population du Bengale et une fraction de celle des pays limitrophes. Les Maharattes, qui pendant la décadence de l'empire du Grand-Mogol et jusqu'à ces derniers temps ont été la puissance prépondérante dans l'Inde ; ils sont très belliqueux et occupent une partie des provinces d'Aurungabad , de Bejapour , de Bcrar , de Guudwana, de Malwa , de Candeisch , de Guxcrate , etc. Les Cingalais , établis dans la plus grande partie de l'Ile Ceylan. Les Mahliviens ils habitent l'archipel des Maldives. Les Zinganes, plus connus sous le nom do Bohémiens; ce peuple vagabond, répandu dans presque toute l'Europe, daus toute l'Asie Occidentale et dans l'Afrique Septentrionale, parait être originaire de» eu virons de l'embouchure de Tlndus; mais par une singularité remarquable, c est justement dans son pays uatal où aujourd'hui il se trouve eu moindre nombre.
Famille Maladarf; elle comprend les peuples qui habitent la partie méridioualc de l'Inde entre le cap Comoriu, le Tapty et les aftlueus Je la gauche du Godavery. Ses principaux peuples sont les Malabat es , étendu* sur une grande partie du Malabar; les Ta moules , qui habitent le Caruatic; les Tdinga, étendus depuis la rivière de Paliacate jusqu'à la cote d'Orissa.
Les Garrovys, les Cattywars, les Cou us et autres peuples, quoique vivant de temps immémorial dans l'Inde, u'appartienueut pas a la Jauni le etlinogiapbiquc qui forme la grande masse de sa population ; ils sont tous plus nu moins sauvages et abrutis.
Famille Tibétaine : les Bodk ou Tibétains, dans le Tibet. Les Tibétains on Bouthias, montagnards qui vivent daus les plus hautes vallées de l'Himalaya.
Famille Cuisoise : cette souche est remarquable en ce qu'elle offre les peuples les plus nombreux nou-seulemeut de l'Asie mais de tout le globe; elle prend sa dénomination des Chinois, qui sont la nation la plus policée et la plus nombreuse de l'empire Chinois, et forment la presque totalité de la population de la Chine proprement dite; ils sont aussi établis le long des c6tes de l'Ile d'Hai-uan, de la côte occidentale de celle de Formose, dan» le royaume de Siam, dans la péninsule de Malacca et autres parties de l'Inde-Transgangétique, ainsi qu'à Singapoure, à l'Ile du Prince de Galles et jusque dans l'Ile de Ceylan.
Les Mianmai ou Myamma , plus counus sous le nom de Birmans; ils sont la nation dominante de l'empire Birman , où ils occupent la plus grande partie du royaume d'Ava proprement dit; une de leurs branches, le» Ma-ramma, habitent le royaume d'Aracan dans les possessions Anglaises.
Les Mo ans, plus connus sous le nom de Péa>lans; ils vivent dans le royaume de Pegou , partie de 1 empire Birman.
Les Thay ou Tmay-way (Taï-néc), nommés Siamois par les Européens; ils sont la nation dominante du royaume de Siam; ils occupeut tout le Laos sou» dilfércns noms et regardent comme leurs ancêtres le» Thaj-jhaj ou Tai-yaï qui habitent le Kocbampri ou Mrelapclian qui eu est une partie; le Laos paraît actuellement être très illégalement pnrtagé entre les empire» Birman et d'An naro et le royaume de Siam.
Les Awamites, subdivisés en Tonquinois , qni sont les pins nombreux, et en Coclt inchinois , qui dans ces derniers temps sont devenus la nation dominante de l'empire d'An-nam , et une de» plus puissantes de l'Asie, par les progrès qu'ils ont faits dans l'art de la guerre en adoptant la discipline des Européens.
Les SiAN-rt ou Corkhus ; ils forment la presque totalité de la population du royaume de Corée.
Famille Japonaise: les Japonais* répandus sur tout l'empire du Japon, où ils forment la presque totalité de la population ; sous le rapport de la puissance et de la civilisation, ils sont au premier rang parmi les peuples Asiatiques. Les Lieou-Khieou, établis dans l'archipel de ce nom , appartiennent à cette souche.
Les MiAoasEs, les Lolos, les MiEirriaoa sont des nations assez nombreuses qui vivent dans la Chine proprement dite, sans appartenir à la souche chinoise. Les sauvages qui habitent l'intérieur de l'Ile d'HAÏ-NAN, les Kemoys, dans les montagnes qui séparent le Laos de la Cochincbine; les Plat ou Karatn dans l'empire Birman, sont d'autres peuples étrangers aux familles ethnographiques des peuples civilises au milieu desquels ils vivent.
Famille Touwoouse : les Toungouses, subdivisés en Mandcknux t qui depuis 1644 sont devenus lu uation dominante dans l'empire Chinois ; ils sont très avancés dans la civilisation et forment la moitié de la population du Liao-toung et la totalité de celle de la Maudchourie jusqu'au confluent de l'Ousouri avec l'Amour; les Toungouses proprement dits, qui sont très arriérés sous le rapport de la civilisation ; ils vivent dans l'empire Russe où ils sont répaudus sur plus d'un tiers de la Sibérie, depuis le Ienisseï jusqu'à la mer d'Okhotsk. Nous rappellerons que les Manchoux offrent un phénomène remarquable dans l'histoire de la civilisation, puisqu'il y a à peine a5o ans qu'ils étaient encore nomades , ne sachant ni lire ni écrire, et qu'aujourd'hui ils ont une littérature riche, très importante surtout pour l'étude de la littérature chinoise dont elle aide l'intelligence par ses traductions des textes originaux chinois. C'est le mandchou et uon pas le chinois que depuis cette époque on parle à la cour de Ptking.
Famille Mongole : les Mongols subdivisés en Mongols proprement dits, en Khalkka et en Charraïgol ou Mongols du Tibet i ils occupent la Mongolie et une partie du Tibet , ainsi que le Pays du Khonkhou-noor , dans l'empire Chinois; une partie vit daus l'Asie Russe; les Mongols dans le xmr siècle furent la nation dominante du plus grand empire dont l'histoire ait conservé le souvenir. Les Kalmuks ou Olet; ils occupent une grande partie de la Dzoungaric. Les Bourètes , répandus dans le gouvernement d'Irkoutsk.
Famille Turque : les Osmanlis ou les Turks proprement dits des Européens; ils forment la nation dominante de l'empire Ottoman; c'est le peuple le plus puissant et le plus civilisé de cette famille; les eyalets d'Aoadouli, d'Erzerouin , de Konieh, etc., sont les contrées où ils sont en plus grand nombre; les Ouzbecks , qui sont le peuple dominateur du Turkestan-Indépendant; les Turks de Sibérie ou Touraliens , qui sont les prétendus Talars de Sibérie ou Tatares Touraliens des géographes; ils ?ont répandus dans les gouvernemens de Tobolsk, de Tomsk et de lenisseisk; les Turkomans, subdivisés en un nombre prodi-
Sieux de branches et de rameaux, répandus dans les royaumes de Caboul, de Herat, ans leTurkcstan-Tndépendant, dans l'Asie Ottomane et dans l'Asie Russe; dans cette dernière région ils vivent dans les provinces du Caucase; les Turkomans du royaume de Perse sont devenus depuis long-temps la nation dominante de cette monarchie; les Kirghiz, subdivisés eu Boumuts ou Orientaux et en Kazak ou Occidentaux ,• une partie des Orientaux est tributaire de l'empire Chinois; la plus grande partie des Occidentaux est vassale de l'empire Russe; le reste vit tont-à-fait indépendant. Tous les nombreux peuples que nons venons de nommer sont ceusés parler des dialectes de la langue turque; les suivans parlent des langues sœurs : les Sokha ou Yakoules , établis dans le gouvernement de Icnisseïsk, et dans la province de Iakoutsk; ce sont les plus orientaux et les plus septentrionaux de tous les peuples de cette famille, mais aussi un des plus abrutis; les Tchouwaches , nommés improprement Tatars montagnards par les Russes ; ils errent clans une partie du gouvernement d'Or en bourg. Famille SamotÈof : les Tawghi, répandus depuis le Ienisseï jusqu'au Lena; c'est le peuple le plus septentrional de tout l'Ancien-Continent; les Ouriangkhaï nommés aussi Sojrotes; le plus grand nombre vit sur le territoire de l'empire Chinois entre les moûts Sayans et les monts Khangaï et Altaï ; le reste sur celui de l'empire Russe. La faim rend parfois anthropophage une des tribus soumise aux Chinois ; les Ouriangkhaï sont le peuple le plus méridional de cette famille.
Famille Ienisseï , dont les différens peuples sont confondus par les géographes arec les Ostiakes, qui appartiennent à la souche Ouralienne ou Finnoise. Ces peuples, peu nombreux et abrutis, vivent dans le gouvernement de lenisseisk ; les Denka, les Imbazk, les Poumpokolsk , les Kottes et les Assanes en sont les peuples principaux. Famille Koeyèee : cette souche ne comprend que quelques peuples de ce nom, abrutis et
DESCRIPTION DE L'ASIK
peu nombreux, répandus dan» l'extrémité nord-est de l'Asie dan* le» district* d'OkhoUk, de Kamtchatka, dans la pruvincc de Iakoutsk et dan» le Pays des Tcbouktchi. Les Amdon-Domiii ou Youeaghires, peuplade très peu nombreuse, dont les tribus virent encre les Ukoutes et les Korièkes le long de l'Océan-Glacial depuis la Iana jusqu'à la Kolyma.
Famille Kamtcmadale : elle embrasse les peuplades peu nombreuses et presque entièrement iclitjophages répandues sur la pénio>uie de Kamtchatka.
Famille KotiRii.iKif kb : les Kourt tiens ou Kouriles,- ils habitent l'archipel des Kouriles partagé entre les empires Russe et Japonais, et l'extrémité méridiouale du Kamtchatka; les Âinos ou fesso, établis sur l'île de lesso dans l'empire Japonais; les Tarakai nu les Atnos de la grande Ile Tarakai ou Scghalien, et les Giliaki de la partie de la Maudrhourie à l'est de l'Ousouri; ces derniers sont nommés Fiaka et Khcrfjen par le» Mandchoux.
Famille Quraliehiie ou Tchoude : les Fagoules ou Matui , répandus entre Kourgan et Beresov dans le gouvernement de Tobolsk ; les Ostiakes, distingués en At-lakh ou Oitiakes de rObj, Ottiakct de Berezov, du fougan, de Narjtn, etc., etc.
Famille Malaisiestke : les indigènes de l'Ile Formate dans l'empire Chinois; les Malais qui forment la masse principale de la population de la péninsule de Malacca dans Plnde- Tran>gaugétique , et une grande partie de celle des Iles voisines, telles que Salanga, l'rinre-de-Galles , Singapoure , etc. ; il faut cependant excepter les montagues de l'intérieur de la péninsule habitées par des peuple» nègres ou de race entièrement différente.
La supériorité des races européennes sur les rares Asiatiques a exposé ces dernières à de fréqueos eavabissemens, qui eurent lieu du temps des Grecs et des Romains , et plus tard par les nations modernes, particulièrement par les Portugais, les Hollandais, les Russes, les Anglais et les Français. Les peuples européen» les plus nombreux établis en Asie sont les Grées dans l'Asie Ottomane, et les Russes dau» l'Asie Russe. Viennent ensuite les Portugais, les Anglais ,• et après ceux-ci les Français , les Danois et le» HtAlandais ; ces derniers vivent dans las possessions qui appartenaient autrefois à la Hollande et qui maintenant font partie de l'Asie Anglaise.
BXlVZOXOaVB. L'Asie eal le domaine des fables, des rêveries sans objet, dit un célèbre orientaliste, des imaginations fantastiques : aussi quelles étonnantes variations, et, on peut le dire, quelle déplorable diversité n'observe- 1- ou pas dans la manière dont la raisou humaine, privée de guide et livrée à ses seules inspirations , a tâché de satisfaire à ce premier besoin des sociétés antiques, la religion! Si le judaïsme et le christianisme sont nés en Asie, s'il est peu de vérités qui n'aient été enseiguées dans cette partie du monde, on peut dire en revanche qu'il est aussi peu d'extravagances qui n'y aient été en honneur, ou qui n'y aient pris naissance. La superstition des Sabéens, le culte du feu et des autres élémens, l'islamisme, le polythéisme des brahmanes, celui des bouddhistes et des sectateurs du grand lama, le culte du ciel et des ancêtres, celui des esprits et des démons, et tant de sectes secondaires ou peu connues, enchérissant l'une sur l'antre en fait de dogmes insensés ou de pratiqties bizarres et même atroces, donnent une faible idée de l'étonnante variété qu'offrent les croyances religieuses des Asiatiques. Devant indiquer dans la description de chaque état les religions différentes qu'on y professe, nous allons essayer de classer les principaux peuples de l'Asie d'après les principales croyances qui se partagent entre elles la nombreuse population de cette partie du "monde.
Le Judaïsme, qui comptait jadis tant de disciples dans l'Asie Occidentale, où les Juifs avaient fondé un royaume florissant, n'est plus dominant dans aucun état, à moins qu'on ne regarde comme tel la partie du désert de l'Arabie habitée par les Rechabites , qui depuis bien des siècles conservent leur religion et leur indépendance. Le Judaïsme est en outre professé par quelques milliers d'individus dans le Turkestan-Indépendant , dans la Perse, dans la Chine; mais c'est l'Asie Ottomane, l'Arabie et l'Inde, où les Juifs sont les plus nombreux.
ABRKGK DR GKOGK Al'HlE.
Le Christianisme, autrefois dominant dans une si grande partie de l'Asie Occidentale et si répandu dans l'Asie Moyenne et dans la Chine , ne compte plus dans ces régions qu'un petit nombre de fidèles; mais aussi il s'est beaucoup étendu dans les contrées boréales et dans l'Indc-Ultérieure ou l'Inde-Transgangétique. L'Eglise Orientale ou Grecque orthodoxe est dominante dans toute l'Asie Russe, et ses nombreux sectaires sont tolérés dans l'Asie Ottomane. Quant aux principales sectes de cette église, que les orthodoxes considèrent comme des hérétiques, nous trouvons les Nestoriens dans l'Asie Ottomane , dans le Turkestan-Indépcndant , dans les royaumes de Perse et de Caboul , et, sous le nom de chrétiens <ie Saint- Thomas , dans l'Inde. Les Arméniens , qui forment une grande partie de la population de l'Arménie, sont dispersés dans toute l'Asie Occidentale, et se rencontrent d'un bout à l'autre de ce continent dans toutes les grandes villes de commerce. L'Eglise Occidentale ou Latine compte beaucoup de croyans ; le plus grand nombre appartient à /'Eglise Catholique et vit dans l'Inde, l'empire d'An-nam, la Chine, l'Asie Ottomane et la Perse* Après les catholiques viennent les protestans attachés à YEglisc Episcoptdc ; ils se rencontrent dans toutes les vastes possessions Anglaises, où vivent aussi plusieurs milliers d'individus attachés aux Eglises Luthérienne , Presbytérienne et Réformée. Voyez aux pages 60 et 67.
L'Islamisme ou la Religion Mahométane est de tous les cultes dominans en Asie celui qui est le plus répandu, quoique le nombre de ses croyans ne soit pas le plus grand. Cette religion est professée par les Arabes, les Persans , les Afghans et par tous les peuples turks , à l'exception de ceux connus sous les noms impropres de Tartares de l'Ob , de Tchoulym , de Verkho-Tomsk , des Katchintsi, des Kistim et Toulibertes, des Birioosses, des Abintsi , des Sayans, des Beltires, des Teleoutes et des Yakoutes, qui sont tous ou encore attachés à l'idolâtrie la plus grossière, ou bien convertis au christianisme par les Russes. L'islamisme est aussi adopté par les Beloutchis, les prétendus Maures ou Mogols de l'Inde, les Malais de la presqu'île de Malacca, les Circassicns, les Abasses et autres |>euples de la Région du Caucase , ainsi que par la plus grande partie des habitans du Kachmire.
Nous verrons dans la description de la Perse et de l'Inde les localités peu nombreuses où l'on rencontre encore des Guerres, dont nous avons indiqué les dogmes aux pages 74 et 75. Nous renvoyons à la page 75 pour tout ce qui concerne la Religion de Nankk professée par les Seikhs dans le nord -ouest de l'Inde.
Le Brahmanisme , dont nous avons indiqué les dogmes à la page 7 1 , étend son domaine sur presque toute l'Inde.
Le Bouddhisme est la religion de l'Asie qui compte le plus grand nombre de croyans. Nous avons exposé les principaux dogmes de cette religion aux pages 7a et 73 ; elle domine, à quelques exceptions près, sur toute l'Inde-Transgangétique , sur le Tibet, la Mongolie, le Pays des Mandchoux, la Chine, la Corée, le Japon et compte plusieurs milliers de croyans dans l'Asie Russe.
Nous renvoyons aussi aux pages 73 et 7/, pour ce qui concerne le Culte des Esprits et celui de Confucius professés à la Chine , au Japon , dans la Corée, au Tonquin et autres pays; et à la page 74 pour la Rkliu-iok du Sinto , qui est la plus ancienue de celles qu'on professe au Japon.
DESCRIPTION DK L'ASIE. fl.il
On peut qualifier (I'idolatrik et de pratiques superstitieuses et non de religion positive les croyances des peuples les plus abrutis que nous rencontrerons dans la description des principaux états de l'Asie. Nous ne citerons ici que les Toungouscs , les Samojèdes , les Tchouktchî , les You~ kaghires , etc., etc. , dans l'Asie Russe; quelques tribus de Toungouses , les Soyotes , les peuplades de l'intérieur de l'île d'Hai-nan et de la partie orientale de l'île Fo/niose, ainsi que quelques peuplades encore sauvages de l'intérieur de la Chine ; les Ainos ou Kouriles , dans l'Asie Russe et dans l'empire Japonais ; les Nagas, les Koutchoung, les Mismi, \e%Singhphos> etc., dans l'Inde-Transgangétique Anglaise, et un grand nombre d'autres peuples sauvages dans l'empire Birman , dans celui d'An-nam et dans le royaume de Si a m ; les Gonds , les Cattywars et autres dans l'Inde et les Bedahs dans l'île de Ccylan; enfin plusieurs peuplades du Caucase et tous les peuples turis de l'Asie Russe que nous avons nommés à la page 63o en parlant de l'islamisme et qui ne sont ni mahométans , ni chrétiens.
gouvernement. Si l'on entend , disait naguère un savant nui ne veut pas être nommé, par despote un maître absolu, qui dispose des biens, de l'honneur et de la vie de ses sujets , usant et abusant d'une autorité sons bornes et sans contrôle, on ne voit nulle part, dans les états policés de l'Asie Orientale de semblables despotes , malgré toutes les déclamations dont les gouvememens de ces pays ont été le but. Partout les mœurs , les coutumes antiques, les idées reçues et les erreurs même imposent au pouvoir des entraves plus embarrassantes que les stipulations écrites et dont la tyrannie ne peut se délivrer qu'en s'exposant à périr par sa violence même. Ce n'est que dans quelques états musulmaus , et surtout en Perse qu'on rencontre le despostime le plus odieux et cette servitude avilissante qu'on s'est plu à attribuer à toutes les nations de l'Asie. Quelque nouvelle que soit cette manière d'envisager les gouvernemens de cette partie du monde, elle n'en est pas moins vraie; et le géographe qui veut être exact doit l'admettre , en rejetant les opinions erronées admises dans tous les traités de géographie. On a pris tous les monarques de l'Asie pour des despotes, parce qu'on leur parle à genoux et qu'on les aborde en se prosternant dans la poussière. On s'en est rapporté à l'apparence, faute d'avoir su pénétrer la réalité; on a vu en eux des dieux sur la terre, parce qu'on n'apercevait pas les obstacles invincibles qu'opposaient à leurs volontés les religions, les coutumes, les mœurs et les préjugés. Un roi des Indes ne peut lever des taxes sur un brahmane, quand lui-même mourrait de faim, ni faire un marchand d'un laboureur, ni enfreindre la moindre disposition d'un code qui passe pour révélé, et qui décide des intérêts civils comme des matières religieuses. L'empereur de la Chine ne peut choisir un sous-gouverneur de province que sur une liste de candidats dressée par les lettrés, et s'il négligeait, le jour d'une éclipse, de jeûner et de reconnaître publiquement les fautes de son ministère , cent mille pamphlets autorisés par la loi viendraient lui tracer ses devoirs , et le rappeler à l'observation des usages antiques.
L'Asie offre aussi beaucoup de peuples , dont le gouvernement pourrait être comparé â celui de nos empires féodaux du moyen âge; tels sont par exemple les Mahrattes, les Afghans, les Beloulchis, les Mongols, les Kalmuks, les Mandchoux, plusieurs peuples turkset plusieurs nations du Caucase, entre autres les Circassiens et ks Abasses. L'empire même du
Japon n'est à proprement parler qu'une monarchie féodale sous la domination d'un prince qu'on pourrait comparer aux maires du palais. D'autres peuples sont entièrement libres, tels que les Arabes Bédouins, les Kurdes Bilbas, plusieurs peuplades de la Région du Caucase et de la Syrie et les Seikhs; ces derniers même sont peut-être la seule nation asiatique policée, chez laquelle tous les habitans soient parfaitement égaux. Les petites nations nomades et plusieurs tribus arabes sont régies par un gouvernement pastoral ou patriarcal , ordinairement héréditaire dans certaines familles ; d'autres peuples sont gouvernés par des vieillards et forment une espèce de république , tels que la ville et territoire d'Anlsoug dans la Région du Caucase. L'empire des Wahhabites offrait naguère un singulier mélange de . monarchie, aristocratie et démocratie. Le Tibet , le Boutan et une partie de l'Arabie sont gouvernés théocratiquement ; cette dernière par les imams de Sana, de Mascate et par le grand-cherif de la Mecque, dont le pouvoir est tempéré par les kadis; les deux premiers, par des pontifes absolus, mais électifs, qui ont le titre de Datai-lama^ de Boghdo-lama et de Dharma-lama , et sont considérés comme une émanation de la divinité même. En général on peut dire que cette partie du monde offre toutes les nuances possibles de gouvernement depuis les formes républicaines dominantes chez les sauvages, chez les nomades, les peuples pasteurs et quelques tribus chrétiennes de l'Inde, jusqu'au despotisme le plus atroce de certain gouvernement de l'Asie Occidentale.
DIVISION. Nous avons vu à la page 6i5 les grandes divisions physiques de l'Asie. Sous le rapport politique cette partie du monde peut actuellement être partagée dans les 9 grandes régions suivantes : Y Asie Ottomane ; Y Arabie , subdivisée en plusieurs états, dont ceux d'Yémen et de Mascate sont maintenant les plus importans ; la Perse, subdivisée dans les trois royaumes de Perse proprement dite, de Kaboul, et de Herat, et dans la confédération des Bcloutchis; le Turkestan-lndépendant , qui comprend les khanats de Boukhara, de Khokan, de Khi va, etc., etc., le territoire des Kirghiz-Indépendans et autres pays; Y Inde t subdivisée en plusieurs états, dont l'empire Anglo-Indien, les royaumes de Sindia et du Népal , la confédération des Seikhs et la principauté du Sind sont les principaux ; c'est aussi à cette région qu'appartiennent les petits territoires, que nous décrirons sous les litres d'Asie Française, d'Asie Danoise et d'Asie Portugaise; Y Indc-Transgangétique , dont les principaux étals sont les empires Birman et d'An-nam et le royaume de Siam ; les Anglais viennent d'y acquérir de vastes et importans territoires; Y empire Chinois, qui comprend la Chine, le Tibet, le Boutan, la Corée, la Mongolie, le Turkcstan-Oricntal ou la Petite-Boukharie , et le Pays des Mandchoux; les Portugais y possèdent la ville de Macao dans la province de Canton ; Y empire du Japon; et Y/tsieRusse, qui comprend la Sibérie et la Région du Caucase.