‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 151 sur 320 · ASIE OTTOMANE · texte numérisé non relu

ASIE OTTOMANE

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale , entre a4* et 27°. Latitude y entre 3o° et 42°< Dans ces déterminations on n'a pas compté les vastes contrées de l'Arabie occupées actuellement par les troupes du pacha d'Egypte.

OOMTXVS. Au nord y le détroit des Dardanelles, la mer de Marmara , le détroit de Coustantiuople » la mer Noire et l'Asie Russe. A Y est, l'Asie Russe et le royaume de Perse. Au sud, l'Arabie. A V ouest , la mer Méditerranée et l'Archipel.

fLEUvis. Les fleuves de cette vaste contrée aboutissent à quatre mers différentes. Un grand nombre d'autres moins considérables se perdent dans les sables ou se jettent [dans des lacs intérieurs, parmi lesquels on doit ranger la prétendue mer Caspienne, qui n'est que le plus grand de tous les bassins méditerranéens connus et en même temps le plus vaste lac du globe. Malgré cela, dans le tableau suivant nous le laisserons figurer parmi les mers , en suivant l'usage général adopté par tous les géographes.

La MER NOIRE reçoit :

Le TcaoROKH , qui prend sa source dans la chaîne du Taurus qui s'étend au sud de Trebizonde , traverse une petite partie de l'eyalet d'Erzeroum , passe par Baibourd et au-dessous de Balhoumi entre dans la mer Noire.

Le Irchil-Irmar, qui naît dans les montagnes du Taurus au sud de Tocat, traverse Tevalel de Sivas, passe par Tucat où il s'appelle en turk ToJcat-som, c'est-à-dire rivière de Tokat, touche Àinasia et au-dessous de Samsoun entre dans la mer Noire.

Le Kiztl-Irmak, qui est formé par la réunion de la brauche Orientale ou de Sivas et de la branche Méridionale. Elles naissent toutes deux dans les hautes vallées du Taurus; l'une vient des frontières de Sivas, l'autre preud sou origine sur le Hassan-dagh. Le KizyMrmak passe ensuite par Osmandjik et Baffra, et après avoir traversé les eyalets de Sivas et de Konieh, et touché celui d'Anadoli se reud i la mer Nuire. C'est le célèbre Ualys des anciens et le plus grand fleuve de l'Asie-Mineure proprement dite.

La Sacaria ou Saitgarias des anciens, qui naît dans une des chaînes du Taurus, traverse la partie nord-est de l'eyalet d'Anadoli, reçoit à la gauche le Pursak qui passe par Kutayeh et se rend dans la mer Noire.

La MER DE MARMARA ne reçoit que des petits fleuves, parmi lesquels nous nommerons :

La Nikabitza , qui est le plus grand. Il traverse le sandjak de Khodavcndkiar dans l'eyalet d'Anadoli, et reçoit à la droite le Nitoufer, qui passe non loiu de Brousse. La MER EGÉE ou l' ARCHIPEL reçoit :

Le Kodos ou Sarabat, qui naît dans la chaîne du Taurus nommée Mourad-tagh , traverse les saudjaks de K ou ta) eh et Saroukhan dans l'evalet d'Anadoli , passe nou loin de Maqnesie et au nord de Smyrne se jette dans !e golfe auquel celle ville donne le nom.

Le Mkhdres, le M&amurr des anciens, qui naît daus une diaîne du Taurus, passe près de Guzel-hissar dans le sandjak d'Aïdin daas l'Anadoli , et après un cours célèbre par ses nombreuses tortuosités, se jelte daus l'Archipel au sud de l'île de Samos. La MÉDITERRANÉE reçoit :

Le Smow, qui prend sa source daus une des chaînes du Taurus non loin de Kaïsarieh, sous le nom de Tcharrd sodï, traverse l'eyalet d'Adana, passe par cette ville et se rend ensuite dans la mer Méditerranée.

Le Djihav, qui prend sa source dans une chaîne du Taurus, traverse l'eyalet d'Adana , et après avoir reçu la rivière de Marach se jelte dans le golfe d'Alexandreltc.

L'Asi, I'Orovtk ou Axius des anciens. Il prend sa source daus le Djebel-el-Chaïk ou Anti-Liban, traverse la partie septentrionale de l'eyalet de Damasc cl partie de celui d'Alep, et après avoir passé par Hcms, Hamah et Autakia ou Autioche se jelte dans la Méditerranée.

Le GOLFE PERSIQUE reçoit :

Le Chat-el-Arab, le plus grand fleuve de l'Asie Ottomane , formé comme nous l'a vous dit à la page 600 par la réunion de I'Eupurati proprement dit et du Tiorr. L*EcrnRATK proprement dit est formé lui aussi par la réunion du F rat et du Mocrad- Tchaï. Celui-ci, dont le cours est plus long, a sa source dans les monts Biugueul uue des

AlîRÉGÉ DE GÉOGRAPHIE.

branches du Taurus et passe par Melaz^herd; le Frat naît dans t'Ala-tai;h autre montagne du Taurus, passe peu loin d'Kraeroum et par Erzingan. L'Euphrale passe ensuite par Semisat, Racca, Ana, Hilla, Samara, Gorua. Les afiluens de celte branche sont peu cousidérables à l'exception du Kou ramas ou Kara- sou qu'il reçoit à la droite , et du Khabour qui lui apporte le tribut de ses eaux à la gauche. Le Tigre, le Didjleh des Arabes, que les Orientaux regardent comme la branche principale de l'Euphrate ou Chat-arab, naît dans lY\a1et de Diarbekir par la réunion de deux branches : Î'Occidehtale ou Chatt, qui est la plus grande, passe par Diarbekir, et PORtrirrALE ou Kharour; toutes deux naissent dans les nionls Taurus. Le Tigre ensuite se grossit des eaux de plusieurs rivières considérables qui descendent des montagnes des Kurdes, et passe par Mossoul , Bagdad et Goroa. Après sa réunion avec le Frat au-dessous de Gorna ce fleuve prend le uom de Chat-el-Arab; il passe par Bassorah, et par une seule embouchure il entre dans le golfe Persique. Un canal forme la communication entre le Chat-el-Arab et le Karoun. Le domaine de ce grand fleuve et de ses branches comprend les gouvernemens d'Erzeroum, "Van, Diarbekir, Kacca, Bagdad, Cheherzour, Mossoul, et partie de ceux de Marach, Alep et Damas.

Le Karoun vient du territoire Persan et, après avoir communiqué avec le Chatel-Arab par uu canal , entre par cinq bouches dans le golfe Persique. La MER CASPIENNE reçoit :

Le Koua , qui naît dans l'eyalet d'Erzeroum , traverse celui de Tchildir et entre dans les proviuces Caucasiennes de l'empire Russe, où il se jette dans la mer Caspienne après avoir reçu VAras à la droite ; la source de ce dernier se trouve aussi dans l'eyalet d'Erzeroum.

BASSINS MÉDITERRANÉENS. Purmi les nombreux fleuves qui n'aboutissent à au eu ue mer nous nommerons les suivans :

L'Arden, le Jourdain des anciens. Il nait dans le mont Herroon dans T Anti-Liban ou Djebcl-el-Chaîk , traverse le lac de Taharich (Gcnezarcth) et la Palestine dans l'eyalet de Damas et eulre dans la mer Morte nommée Oulou-Deguizi ou Bahar-el Lonth par les uaturels.

Le Koueîr ou K oie qui naît dans les montagnes au sud d'Aïntab, passe par Alep et se perd dans le lac Kincoin.

Le Barradi, qui descend de l' Anti-Liban, passe par Damas et se rend dans le lac Bo haï rat -el-Mard j .

BXLIGION'S. L'Islamisme est la religion dominante et est professée par le plus grand nombre d'habitans, c'est-à-dire par les Osmanlis, les Turkomans, les Lazes, les Arabes, les Persans ou Tadjiks, les Bohémiens et une partie des Kurdes. Presque tous ces peuples sont sunnites, à l'exception des Moutoualis, des Arabes Kezil, des Persans et des Kurdes Bilbas qui sont schiites. Le Christianisme est professé aussi par un grand nombre. Les Grecs appartiennent à Y Eglise grecque , les Arméniens à Y Eglise arménienne ; les dogmes de Y Eglise catholique sont professés par plusieurs Grecs, Arméniens et Kurdes, et depuis environ un siècle par les Maronites. L'Eglise protestante compte un petit nombre de croyans établis dans les grandes villes de commerce. UEgu'se jacobitique compte un nombre assez considérable de Kurdes et quelques milliers de Grecs. L1 Eglise nestorienne, quoique plus répandue, ne compte qu'un petit nombre de prosélytes parmi les Kurdes et les Arméniens qu'on estime égal à celui de l'Eglise jacobitique. Le Judaïsme est professé par les Juifs, qui sont répandus dans toutes les grandes villes de cette contrée. Les Druzes, les Nosaïbjs, les Ismaéliens et les Yezidis professent des religions différentes de celles que nous venons de nommer; nous avons indiqué à la page 69 les rapports qu'ont les trois premières avec l'Islamisme; et nous avons exposé les principaux dogmes religieux des Yezidis à la page suivante.

DESCRIPTION DE I/ASIH. 6.15

IflinUmi T. Voyez l'empire Ottoman , aux pages 5io à 5 1 4.

UTDU3TRXE. On peut dire qne l'agriculture est dans un état pitoyable dans cette vaste contrée, à I exception de certains districts et des environs des grandes villes. L'industrie manufacturière y est un peu plus florissante, surtout dans les grandes villes. On peut même dire que les teintures du coton , de la soie, de la laine et des peaux surpassent on pour le moins iraient 1 ont ce que l'industrie européenne offre de plus parfait on ce genre. Les principaux articles des fabriques et des manufactures de la Turquie Asiatique sont : les étoffe* de soie d' Al ep, Damas, Mardin , Bagdad et Brousse; les étoffes de coton de Mossoul, Damas, Alcp, Guzelhissar, Diarbekir, .Smyrtic et Manissa ; les toiles de Brousse, Tokat, Amasia, Trebiznndc , llizè, Mardin, Bagdad et Diarbekir; les draps ordinaires de Khannk-kalesi, Guzel-hissar, Hillc; les camelots et les châles d'Angora; les tapis de Brousse, Kara-hissar, Pergame, Alep , Damas; les maroquins de Konteli , Kaisarieli, Ivuskin , Diarbekir et Orfa; le cuir de Diarbekir et Konieh; les selles d'Aintab; les brides de Hillc; le tabac de Latakia; X opium de Kara-hissar ; la faïence de Khanak-kaksi et de Hille; les savons de Damas, Bagdad et Alep; la coutellerie de Damas ; les ustensiles de cuivre de Tokat et d'Er/.eioum, et la verrerie de Mardin et d'Hebron.

COMMERCE, peu de contrées au monde se trouvent mieux placées que l'Asie Ottomane pour être le centre d'un commerce immense. Aussi, ces belles régions, dès la plus haute antiquité et pendant tout le moyen âge , ont-elles été le siège du plus grand commerce du monde ; mais par suite du manque de sûreté, de grands chemins, de canaux navigables et d'encouragemens de la part du gouvernement, leur commerce actuel est à peine une ombre de celui qu'elles faisaient autrefois. Malgré cela la position centrale de ces belles provinces placées entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique, les riches productions de leur sol, les nombreux produits de l'industrie de quelques-unes de leurs grandes villes, et les caravanes de Damas et de Bagdad qui convoient a la Mecque les pèlerins de l'Europe et de l'Asie Orientale, contribuent à donner encore une grande activité aux relations commerciales.

On doit distinguer dans cette contrée le commerce maritime et le commerce intérieur. Celui-ci, qui est de beaucoup le plus considérable, se fait par caravanes comme dans les autres parties de l'intérieur de l'Asie. Erzcroum , Karahisav , Tokat , Angora , Brousse , Smyrne , Bassorah , Bagdad y Diarbekir, Alep, Mossoul et Damas sont les principales villes par lesquelles passent les caravanes qui viennent de la Perse, de l'Arabie et de l'Europe. Le commerce maritime se fait presque en entier par les Européens, à l'exception de celui qui a lieu par Bassorah. C'est ce qu'on appelle le commerce du Levant. Les Anglais, les Français, les Néerlandais, les Russes et les Autrichiens, ou pour mieux dire les Vénitiens et les Tricstins, font les plus grandes affaires. Smyrne, Latakia qui est le port d'Alep, Tripoli nu Turablus, Saint-Jean d'Acre ou Akka en sont les places principales. Trehiz*>nde est le principal port de la mer Noire. Les Arméniens et après eux les Juifs et les Grecs sont parmi les peuples indigènes ceux qui sont le plus adonnés au commerce.

Les principaux articles d'exportation sont : soie, coton , laine, cuir, tabac, cuivre, poil de chameau et de chèvre, opium, safran, noix-degalle, térébenthine, storax, raisin, figues et autres fruits secs, vins de

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Chypre et d'autres endroits, cuirs , maroquins, tapis et autres produits des fabriques indigènes et plusieurs articles manufacturés importés de l'Inde, de la Perse et de l'Arabie. Les principaux articles d'impoktatio» sont : étoffes de soie, draps, aiguilles, montres et quincaillerie, miroirs et verrerie de Bohême et de Venise, papier , étain, objets provenant des fabriques de Nuremberg, porcelaine, denrées coloniales et une foule d'autres articles de l'industrie européenne. L'Arabie, la Perse et l'Inde fournissent une grande partie des produits précieux de leur sol et la dernière de ses nombreuses manufactures.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES et TOFOGELAFHIX. Nous avons déjà signalé ailleurs la difficulté, pour ne pas dire l'impossibilité, où est le géographe d'offrir exactement les divisions administratives actuelles de l'empire Ottoman. Ces difficultés sont encore plus grandes lorsqu'il est question de sa partie asiatique, à cause de l'anarchie à laquelle cette région est livrée depuis long-temps. Aidé par les conseils du savant orientaliste M. Jouannin qui en a traversé une très graude partie et par ceux d'autres savans déjà mentionnés, nous n'avons pas désespéré d'offrir dans le tableau suivant, sinon les divisions exactes de cette importante partie de l'Asie, du moins celles qui s'approchent le plus de ses véritables divisions administratives.

Toute l'Asie Ottomane est partagée eu ao gouvernemens ou eyalets, subdivisés en départemens , sandjaks ou livas. Quelques-uns de ces derniers sont indépendans du pacha gouverneur de l'eyalet auquel ils appartiennent géographiquement. Les gouvernemens et les départemens sont très inégaux par rapport à leur étendue et à leur population. LTn grand nombre de tribus nomades ou montagnardes et plusieurs pays ne sont que tributaires; d'autres ne sont que vassaux et quelques-uns sont même tout-à-fait indépendans. Par des raisons exposées ailleurs , on a réparti les grandes divisions administratives d'après les grandes divisions géographiques dans lesquelles l'usage a depuis long-temps partagé ces vastes contrées; on doit cependant faire observer qu'elles ne leur correspondent pas toujours exactement. On a mis une étoile devant tous les chefs-lieux de Uva, qui en 1826 étaient indépendans du pacha gouverneur de leur eyalet respectif. On a réuni provisoirement à l'eyalet de Kars la partie de la Géorgie Ottomane que le traité d'Andrinople a rendue à l'empire. Les îles de l'Archipel qui appartiennent géographiquement à l'Asie, ainsi que celle de Chypre ne figurent pas dans ce tableau , parce qu'elles forment partie de l'eyalet Djezaïr ou Eyaleti Derïa que nous avons donné tout entier à la partie européenne de l'empire à laquelle appartient son chef- lieu (voyez à la page 5i5); cependant le lecteur en trouvera la description dans ce chapitre d'après le plan suivi dans cet Abrégé. A l'égard des vastes territoires de l'Arabie actuellement occupés par les troupes ottomanes , nous avons cru devoir les décrire dans le chapitre consacré à l'Arabie , parce que ces pays sont regardés sous le rapport administratif comme une dépendance de l'Egypte, et parce qu'en effet ils relèvent immédiatement de son vice-roi.

Eih.it». Cntrs-LiEcx, Vil lu et Lirux iu «.us remarquables.

L'ASIE-MINEURE ou ANADOLt comprend les eyalets et livas boirai» :

Aradoli. . . Kontaieh; * linik-mid ; * Brousse; Moudanta ; Kidnnie ou Hawaii {

Pergame ; Sart; * Smyrne ; * Guxel-kissar, Ayasalouk (Ephèse); * AntaSa

on Adalia;* K a, a hissa r,- • Angora; • Kanghri; • Kastemouni; Si/tope • M;.

Barons on Bartan. Plusieurs tribus de Turkomans seulement vassales. Adaha. . . . Adaua; Tarsous ; Sis; Pat as ; Anemour; Selefkek ; * Alaïïe un Ataîa.

Plusieurs tribus de Turkomans seulement vassales. CarabaYIK. K o o i c h ; Larenda on Karaman ; * Ak-cheker ; • Ak' serai ; * IVikde ; Gou»

rouk ; Maden ; * Kirvher on Kirchehr; * Kaisarieh. Un grand nombre de

tribut Turkomannet seulement vassales.

Maracb. . . Merach ou Maraeb; Albostan ; Aintab ; Malaûua. Plusieurs tribus

de Turkomans ou de Kurdes.

Si vas Si vas; ToAa/,- • Otuca/ ou Ieuxgat ; Amasta ; Merzifoun ; ' Tcltoroum,

yezir-Pacha ; Vnieh. Plusieurs tribus de Turkomans. Trïriroh di. Trebizonde ou Trabezun; Kerasun. • />«r* des Lazes avec une

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