TURKESTAN
ZOSITION ASTROWOMIÇOTE. Longitude orientale, entre 479 et 80». Latitude, entre 36° et 5i°.
OO NT lies. Au nord, les territoires des Kirghiz vassaux de l'empire Russe. A Y est, le Thian-chan-pelou, le Thian-chan-nan-lnu et le Baltistan, pays compris dans l'empire Chinois. Au sud, la partie de l'Inde dépendante de la confédération de Seikhs et du royaume de Kaboul , ensuite l'Afghanistan compris dans ce dernier et le royaume de Perse- A Youest , la mer Caspienne et le territoire des Kirghir de la Petite-Horde , vassaux de l'empire Russe.
fueuviis. On connaît encore très imparfaitement le cours des fleuves
de cette vaste région j ils aboutissent tous à des lacs intérieurs, dont les deux plus grands ont le titre de mers.
Dans la MER d'ARAL se rendent :
L'Amou-Daria , dit aussi Djihouk, formé, scion M. de Meyendorf, par la jonction du Zocr-Ab, Dkkvazkh ou Wahkh avec la rivière de Radarhchar qui descendent des hautes Alpes du Belour. La branche principale parail être le Zour-Ab qui passe par Dervazeh. Tous ses affluons conuus sont peu considérables. Le plus important parait être le Kafer-niUan, qui traverse les khanats de Ramide et de Hissar. L'Amou passe par Termedz, Tchardjou, Khi va, et, après si tre divisé en deux bras, il se jetle dans la mer d'Aral. Le prétendu affluent de l'Amou qui passe pnr Samarcande et par Boukhara est, selon M. de Meyendorf, uue rivière entieremeul indépendante de ce fleuve , qui est la plus grande de toute cette contrée. Dans le khanat de Kbiva , ses eaux réparties entre un grand nombre de canaux rendent très fertile le territoire qu'elles parcourent.
Le Sir-Daria ou Sihouw est le secoud fleuve du Turkestan. Selon les renseigueraens que nous devons à l'obligeance de M. Klaproth la partie supérieure de son cours porte le nom de Nartm; sa source est dans les hautes Alpes des Thianchan ou Monts (délestes , au sud de l'angle sud-ouest du lac Temourtou-uoor ou Issi-koul, daus le pays des Kirkhiz montagnards soumis a l'empire Chinois. Le Narym a des affluens considérables. A environ 100 lieues au-dessus de son embouchure, dans la mer d'Aral, le Kouwan s'en détache. Cette branche , dans le milieu de son cours , se partage elle aussi en cinq ramcaux ; ils se réunissent ensuite, et un peu plus bas ils forment un grand uombre de lacs de diverses grandeurs. Selon M. de Meyendorf, le Sir, à peu de distance de son embouchure, se rejoint au Kouwau par un petit ruisseau. Le Sir baigne Kodjend, Tounkat et Olrar ; il passe peu loin au nord de Khokand , et a quelques milles à l'ouest de Tachkend.
Les principaux fleuves qui entrent dans les LACS de moindre étendue sont :
Le Sara-sou , qui traverse le pays des Kirghiz de la Grande Horde et se jette dans le lac TeUs-koul.
Le Tcaoci , qui vient de la Dzoungarie dans l'empire Chinois ; il sort du lac Issikoul, entre dans le Turkestan ; traverse daus cette contrée le territoire des Kirghiz de la Moyenne Horde et de la Grande, et se jette dans le lac Kaban-Koulak ou beî-le-kont.
Le Kouwah, ainsi nommé à Samarcande; dans la partie inférieure de son cours il prend le nom Zta Afcbak dans les environs de Roukhara ; c'est peut-être le Sogd des anciens géographes ; au lieu de se jeter dans l'Amou , comme ou le représente encore sur toutes les cartes et dans les géographies , ce fleuve entre daus le lac de Kara-koul , après avoir traversé la plus belle partie du khauat de Boukhara; il preud sa source daus uue des branches du Belour, au-dessus de Faui.
La rivière de Karcui (Kachka ou Chersebz), dont le cours est très borné en comparaison des fleuves précédens , traverse le florissant khanat de Chersebz et partie de celui de Roukhara, où il parait se perdra dans un lac ou bien au milieu des sables. Il i passe près des villes de Chersebz et de Karchi; au-dessus de cette dernière il prend le de Kachka.
T. La presque totalité des habitans se compose de mahométnns sunnites. Les habitans du pays de Dervazeh sont idolâtres. Il y a en outre quelques milliers de Juifs et un nombre encore moindre d'individus qui professent d'autres religions.
gouvernement. I| est plus ou moins despotique dans presque tous les khanats; mais la rigueur de l'arbitraire y est adoucie par l'influence de la religion , et par les habitudes nomades d'un grand nombre de leurs habitans.
industrie. Les habitans du khanat de Boukhara se distinguent sur tous leurs voisins par leur industrie et par les belles étoffes de coton , de soie , par les bonnets , les papiers et autres articles qu'ils savent fabriquer. On peut dire en général que dans toutes les grandes villes des khanats entre lesquels le Turkestau est partagé, l'industrie est assez florissante, et
que la plupart de leurs nombreux habîtans s'adonnent à l'agriculture; plusieurs cantons même sont si bien cultivés qu'ils ressemblent à des jardins. Dans ces contrées, que bien des géographes représentent encore comme des déserts stériles , les canaux d'arrosement sont aussi multipliés que dans les parties les mieux cultivées du royaume Lombard-Vénitien. L'éducation du bétail et le pillage sont les principaux moyens de subsistance des peuples entièrement nomades.
Commerce. Peu de nations sont plus adonnées au commerce que les Boukhares. Ils mettent autant d'intelligence et d'activité dans leurs opérations commerciales que de parcimonie dans leur manière de vivre. Les marchands boukhares parcourent toute l'Asie pour se livrer à leur trafic; aussi ont- ils formé de nombreuses colonies en Chine, en Russie et dans les états limitrophes du Turkestan. Ils font leurs plus importantes affaires avec la Russie par Orenbourg; viennent ensuite celles avec la Chine, par Kachgar, avec Kaboul, par Balkh, et avec l'Inde, par Kachmir. Leur commerce avec les autres contrées est moins important. Les principaux articles d'EXPORTATior» sont : coton , coton filé , toiles et étoffes de coton , bonnets, étoffes de soie , chevaux, turquoises, lapis-lazuli , peaux de renards, peaux d'agneaux avortés, fruits secs, pistaches, semences de vers à soie, or en poudre. Les principaux articles d'iMPORTATiow sont : thé , étoffes de soie, rhubarbe , porcelaine et autres articles de l'empire Chinois; indigo , chftles de Kachemir, étoffes de soie et de coton de l'Inde; en outre plusieurs articles produits du sol et des fabriques des royaumes de Kaboul et de Perse, et surtout de l'empire de Russie. La
Ï)lus grande partie de ces marchandises est exportée vers les pays avec esquels les Boukhares ont des relations commerciales et auxquels elles conviennent. Les féroces Kirghiz et plusieurs tribus de Turkomans font de temps immémorial l'abominable commerce des esclaves. Les villes les plus commerçantes sont: Boukhara, Khokand, Tachkcnd, Balkh, Nouvelle • Ourghandj et K/uva.
DIVISION POLITIQUE et TOPOGRAPHIE. Le Turkestan depuis long-temps n'est plus soumis au même souverain ; mais il est partagé en un grand nombre d'états, dont l'étendue et la population sont très différentes. Le khanat de Boukhara et ensuite ceux de Khiva et de Khokand sont actuellement les puissances prépondérantes de cette contrée. Vieunent ensuite les khanats de liissar , de Badakhchan , de Chersebz, de Khoulru et de Balkh, et les autres que nous indiquons ci -dessous d'après les relations les plus récentes.
Khanat de Boukhara. C'esî le plus riche, le plus peuplé et le plus puissant. Il comprend les plus belles contrées du Turkestan; mais sa partie cultivée occupe à peine le dixième de sa surface qui consiste eu vastes déserts.
Boukhara, grande ville, bâtie au milieu d'une plaine très bien cultivée et traversée par un grand canal dérivé du Zer-Afchan, est la capitale de cet état, et la résidence ordinaire du khan. Peu de villes répondent plus mal que Boukhara à l'impression agréable produite par son extérieur; car, à l'exception des bains, des mosquées et des médresscs, on ne voit que des maisons en terre de couleur grisâtre, entassées sans ordre et formant des rues étroites, tortueuses , sales et tracées au hasard. Ces maisons , qui ont leurs façade* sur des cours, n'offrent du coté des rues que des murs uniformes, sans fenêtres, sans rien qui puisse fixer l'attention ou récréer les regards des passans. Un mur en terre, de 4 toises de haut, flanqué de tours rondes avec des bastions, environne celte ville. La population de Boukhara parait s'élever au-dessus de 80,000 Ames; dans ce nombre près des trois
quarts ou près de 60,000 sont Tadjiks; le reste se compose d'Ou/.bcks qui sont la nalion dominante; de Juifs, qui sont ici plus uombreux que dans aucune autre ville de l'Asie- Centrale; de Turks, d'Afghans, de Kalmouks et d'autres peuples beaucoup moins nombreux. L'édiGce le plus remarquable de Buukbara est X Ark ou le palais du khan ; on ledit bâli dans le ixe siècle; il est sur une éminence et entouré d'un mur , haut de 10 toises; il n'a qu'une seule porte d'entrée. On doit citer immédiatement après le minan t ,/<■ Mughharab , regarde comme le monument le plus beau sous le rapport de l'architecture; il ressemble à une grande colonne. Viennent ensuite quelques-unes des 36o mosquées que compte Boukhara et plusieurs des 60 médressés (collèges) construites ordinairement vis-à-vis les mosquées ; celle de Kokaltach est regardée comme la plus graude; sa partie nommée filnassar-Eltcbi a été bâtie aux frais de Catherine II. Enfin le caravansérail d' 'Abdallah- Djansar ai qui est le plus grand édifice de ce genre; el dans les courons immédiats de Boukhara le médressc, le couvent el le cimetière de Tcheharbekr, réputé le plus bel édifice de cette métropole. Boukhara a un grand nombre de fabriques et de manufactures et son commerce est très étendu, étant pour ainsi dire le rendez-vous de toutes les nations commerçantes de l'Asie. On doit ajouter que, quoique cette ville ne soit plus ce qu'elle était sous la dynastie des Samanides (de 896 à 998), elle est encore un des principaux foyers de lumières pour tous les peuples mahométaus, qui envoient de l'extrémité de l'Asie leurs enfans étudier dans ses écoles célèbres la théologie mahométane et la médecine; M. ds Meyendorf porte le nombre des étudians et des écoliers de cette ville à environ 10,000.
Les autres villes du khanat les plus importantes sont : Samarrano ou Samarcavdb, sur le Kouwan , grande ville, autrefois Mûrissante et capitale du vaste empire de Tamerlan. On sait que ce conquérant voulant la rendre la première ville du monde, y amena de toutes les contrées de l'Asie les artisans les plus habiles avec les objets les plus précieux. Clavijo, qui la visita à cette époque, porte leur nombre à 1 5o,ooo et dit qu'elle n'était pas plus grande que Séville, mais beaucoup plus peuplée et avait des faubourgs immenses avec de grands jardins et des vignobles. Quoique très déchue de sa grande splendeur elle est encore très importante par ses fabriques de papier de soie, par ses étoffes de soie et de coton, par son commerce et par ses écoles mahomélanes, rivales de celles de Boukhara. Si l'on recherche en vain jusqu'aux traces de ['observatoire d'Oloug-bey, on y admire encore le tombeau de Timour; il est en jaspe. Un voyageur récent n'accorde qu'environ 5 0,000 habitans à cette ancienne métropole du Turkestan. Karcbi ou Narhchib, non loin du Karcbi , ville industrieuse et commerçante à laquelle on donne 40,000 Ames. Kara-ioul, près de l'embouchure du Zer-Afchaz dans le lac de Kara-koul ; on estime sa population à 3o,ooo âmes. Viennent ensuite : Tcharaghtcim , OuitATiran, etc., etc.
Khanat de Cherscbz, enclavé dans le territoire de celui de Boukhara , dont il a été détaché en 175t. C'est un des plus peuplés el des plus fertiles. Chrrserz ou Chrhri-skbz, est la résidence du khan.
Khanat de H i s s a r , au sud de ceux de Ramid et de Boukhara. C'est un des plus puissanset le plus riche de tous après ceux de Boukhara et de Khokand. Hissar , à quelques milles de la rive gauche du Saridjouï ou Kafer-nihan, en est la capitale; on lui accorde 3, 000 maisons. Deïnaou est la seconde ville du khanat.
Khanat «l' A n k o ï , vers la frontière méridionale et au nord-ouest de Balkh. Aîtkoï , ville qu'on dit contenir 4,000 maisons, en est la capitale.
Khanat de Me imam eh, au sud d'Ankoï. Mkïmameh ou Mkïmerd, ville d'environ 1,000 maisons, en est la capitale.
Khanat de Balkh, au sud-est d'Ankoï, autrefois très puissant, et maintenant un des plus faibles et des moins étendus. Balkh , une des villes les plus anciennes de l'Asie, jadis des plus grandes et des plus populeuses, mais dont la population est aujourd'hui réduite , à ce qu'un dit, à environ 10,000 habitans; elle possède encore quelques manufactures et fait un commerce assez étendu. Balkh fut dès la plus haute antiquité la capitale d'un royaume qui se forma sur les bords de l'Oxus, et devint plus tard, sous le nom de Bactra, la résidence des rois de la Bactriane. Balkh rivalisait alors avec INinive, Babylone et Seleucie , servant d'intermédiaire pour les communications qui avaient lieu entre la Chine et l'Inde d'une part , et les pays riverains de la mer Caspienne , de la mer Noire et de la mer Méditerranée. Sa position sur l'Oxus, fleuve qui parait avoir été jadis en
communicatioD avec la mer Caspienne, favorisait singulièrement les entreprises de ses •oarchands. Il parait que de plus cette ville donna naissance à Zoroaslre, et que dans ses wurs s'éleva le premier temple érigé au culte du feu. Tont porte i croire que dans ces temps recules Balkh était un foyer de civil isal ion , l'entrepôt du commerce de l'Asie Centrale, Panneau qui unissait les peuples de l'Orient avec ceux de l'Occident.
Khanat de K h oui m. C'est le plus puissant de tous ceux du Turkestan méridional. Il s'étend depuis l'Hindou-koh jusqu'à l'Amoii , et il parait exercer une grande in Ou once politique sur le khauat de Koundouz. Khoolm, sur le Khoulm , grande ville, a laquelle M. Elphiustone accorde 8,000 maisons, est la capitale de cet état, dont le souverain prend le titre oVatalik.
Khanat de Koundouz, à l'est du précédent ; les dernières notices le représentent comme vassal de celui de Khoulm. Kocxoouz, au milieu d'une plaine très peuplée et très bien cultivée en est la capitale; ou dit qu'elle est plus grande que Khoulm.
Khanat de Talikhan. Talikhar, sur le Furkhar, est le siège de khan, qui, à la tète de ses belliqueux Ouzbeks , fait souvent des incursions sur le territoire de ses voisins.
Nous rappellerons que les six derniers khanats, que nous venons de nommer, étaient il y a quelques années vassaux du royaume de Kaboul.
Khanat de Badakbchan, à Test de celui de Talikhan. C'est un des plus riches et des plus puissans. Badabhcbah , l'ancienne capitale , est une grande'ville, sur le Kokcha; actuellement le khan réside à Feïzabao, ville de médiocre étendue, située sur la même rivière. Dans ses environs se trouvent de riches mines de rubis.
Khauat de Dervazeh, au nord du précédent. Dkbvazeb, sur le Dervazeh, est le siège du khan , qui prétend descendre d'Alexamlre-le Grand ; prétention qui est reconnue, à ce qu'on dit, par les princes voisins.
Khauat de K o u 1 a b , au nord de celui de Badakbchan. Koulab , ville a laquelle M. de Meyendorf accorde 3 ,000 maisons, en est lu capitale.
Khanat d'Abi-Gherm, situé au uord du précédent. Abi-ohzam est U résidence du khan, souvent en guerre avec celui de Hissar.
Khanat de Ramid, à l'ouest du précédent. Ramid, ville assez considérable, eu est la capitale.
Pays de Ghaltcha, nommé aussi K ara teg h in. Il est habité par des montagnards pauvres et agriculteurs, qui professent le mahométisme et qui paraissent être gouvernés par plusieurs chefs. Matcba et Ion au semblent être leurs villes principales.
Le Kaferistau, qui , eu égard à sa position , devrait former partie de llnde puis* qu'il appartient à la partie supérieure du bassiu de l'Indus. Ses habitans sont idolâtres, ce qui lui a valu le nom sous lequel il est counu , et qui signifie le pays des infidèles. Ces montagnards, connus aussi sous le nom de Siah-pouchi, et remarquables jwir leur beauté et par leurs usages, sont partagés en plusieurs tribus indépendantes, régies jar leurs chefs respectifs. Kamotchi , gros village de 5 00 maisons , parait être le lieu le plus considérable de ce peuple intéressant.
Khanat de Khokand. C'est le deuxième état du Turkestan pour la population et le troisième pour l'étendue. Depuis i8o5 il a réuni le khauat de Tachkend, et depuis i8i5 celui de Turkestan. Khokabd ou Khoeman, située sur un petit affluent et à quelques milles de la rive gauche du Sir-Daria est la capitale. Cest une ville indus trieuse et commerçante, qu'on dit être aussi grande que Boukhara; peut-être sa population s'élève-t-elle a 60,000 âmes. Le château du khan est sa seule fortification. Les trois bazars en pierre, les vastes écuries du khan, bâties en briques, sont, avec son château et quelques mosquées, les édifices les plus remarquables. Toutes les maisons sont en terre. Les autres villes du khanat les plus importantes sont : Mabohalah et Kboojbhd , qui selon MM. de Meyendorf et Naxarov sont aussi grandes que Khokand. Kodjand est situé sur le Sir-Daria, ainsi que Ocbatoupa , qu'on dit être grande et très peuplée. Tachexvd , sur des canaux dérivés du Tchirtchik, ville marchande, mais peu industrieuse, jadis capitale du khauat de ce nom; on lui accorde au moins 3, 000 maisons. Tubeestab , jadis florissante lorsqu'elle était la capitale du khanat de ce nom; on dit qu'elle ne contient aujourd'hui qu'un millier de maisons en terre.
Le Pays desKirghiz de la grandeHorde, qui parait occuper une grande partie du Turkestan moyeu et septentrional depuis les environs de la mer d'Aral et de la mer Caspienne (vers Mang-kichlak) jusqu'au lac Issi-koul , dans l'empire Chinois. Ils se nomment eux-mêmes Kaissak ou Kasak, et la plupart sout de redoutables voleurs. Ils n'ont point de chef suprême ; ils sont sous la dépendance de divers sultans , dont quelques-uns se mettent tantôt sous la protection de la Russie , tantôt sous celle de la Chine, afin d'eu obtenir des présens. Leur vaste territoire est traversé par le Sara-sou et le Tchouï. Il paraît que la tribu des Ousoun , qui erre dans les environs du Sara-sou , est la plus puissante parmi celles qui habitent vers l'Ouest, tandis que celles des Tchongbag et des Bourout-Occidentaitx se distinguent parmi celles qui errent vers l'Est.
Khanat de Khiva. C'est le plus étendu de tout le Turkestan, mais presque toute sa surface est occupée par des déserts. C'est à Mohammed Rahim , père du sultan actuel, que cet état est redevable de sa puissance. Ce prince, aussi heureux qu'entreprenant. est parvenu à soumettre plusieurs hordes de Turkomans et à se faire reconnaître comme suzerain par les Karakalpaks et les Araliem. Khiva, sur un canal dérixe de l'Amou-Daria, au milieu d'un territoire fertile, en est la capitale; on lui accorde 3,ooo maisons. C'est le plus grand marche tVesclaves de tout le Turkestan. Les autres villes les plus remarquables sont : Noi vellk Ouroiiehdj, sur un caual dérivé de l'Amou-Daria; ou lui accorde 1,000 maisons, et on la regarde comme la ville la plus commerçante de tout le khanat. Konrat, sur la rive gauche de l'Amou-Daria; c'est le cbef-lieu de la tribu la plus nombreuse des Araliens, qui, suivant l'habitude d'autres hordes nomades, l'habitent pendant l'hiver et l'abaudonnent |>endanl l'été.
Le Pays des Korakalpak, le long du Sir-Daria, habité par des tribus de ce nom , nomades en été et sédentaires en hiver, et une partie du Pays des Turkomans, sout vassaux du khan de Khiva, et n'offrent aucune localité assez remarquable pour être mentionnée dans cet Abrégé.
Pays des Turkomans, compris entre la mer Caspienne , la mer d'Aral, le khanat de Khiva proprement dit, et de Khorassan. Il est partagé entre un grand nombre de tribus dont le gouvernement est entièrement démocratique. La partie qui avoisine la baie de Mang-kichlak parait avoir été conquise dernièrement par des tribus des Kirghiz de la Grande-Horde : la plus grande partie du territoire qui s'étend vers le Sud et surtout les environs de la baie de Balkau doivent être regardés comme compris dans le khanat de
Khiva. Le reste parait conserver encore ion indépendance.