MOULTAN
Moult ah Mooltan.
Lkïa. Le la.
D e r a- Ism AÎ L-BHAH ■ D e r a >I im ai Uk ha D.
Deea-Gmaei-hhah. Dera-Ghazi-k h a n.
D* uÂw ALrouB . . . Bahâvrâlpour (Bubawalpoor).
Hhok (Lahore), sur le Râvi , au milieu d'une campagne fertile et assea bien cultivée, grande ville, jadis une des résidences des grands -mogols, et capitale de la province de son nom , actuellement capitale du vaste royaume fondé par Randjit-Singh et résidence de Karrak-Singh son successeur. Quoique très déchue de son ancienne splendeur, elle est encore assez peuplée, commerçante et industrieuse. Lâhor est en général bien bâtie; ses rues sont larges et alignées. On y admire encore le magnifique palais de granit rouge construit par Akbar et augmenté par ses successeurs. Le silence de M. Uamilton sur la richesse des décorations de l'intérieur de ce bel édifice , décrit par Legoux de Flaix est une forte présomption pour croire que son état soit bien changé. On ne connaît pas la population de cette ville, mais il paraît qu'elle peut s'élever à 100,000 âmes.
Dans ses environs immédiats on voit le mausolée de DjUtdng-hir ; c'est un magnifique carré de 66 pieds de long, bien conservé, quoique inférieur au Tâdj-Mahal d'Agra; une muraille de a,4oo yards forme l'enceinte extérieure. Au sud de celui-ci s'élève le tombeau de Nour-Djîhdn-Begoum, autre beau bâtiment quoique plus petit que le précédent.
Plus loin et à 3» milles à I est de Lâhor on trouve Ambktsir, nommée anciennement Tchar et plus tard Ramdaspour , assez grande ville ouverte, avec des rues étroites et des maisons en général assez bien bâties. C'est la papitale de la Confédération et le siège principal de la religion de lHànek,
.IPTIOn DE L'ASIE.
ainsi que le grand entrepôt du commerce des chdles , du safran , des marchandises de l'Hindoustan et du sel gemme qu'on tire de la mine de Miâni. On y remarque Y Amretsir (bassin du breuvage de l'immortalité; d'où celte ville a pris son nom. C'est un étang construit en briques et élégamment décoré, au milieu duquel s'élève le temple dédié à Gourou-Govind Singh. Dans ce lieu sacré , l'on voit placé sous un dais de soie le livre des lois écrit par ce réformateur de la religion de Nànek. Il est desservi par 5oo à 600 akutics ou prêtres. Il paraît que cette ville aussi appartient à Karak-Singh, puisque son père y a fait construire le fort qui la défend, un canal dérivé du Râvi , et qu'il y avait établi un hôtel de monnaie. On ne connaît pas la population d' Amretsir, mais il est probable qu'elle dépasse de beaucoup les 40,000 âmes, que cependant, sans aucun motif, on s'accorde à lui assigner.
Les autres Tilles les plus remarquables sont : K acdmir (Cachemire) , nommée aussi Simhagar, mot indien qui signifie habitation du bonheur, capitale de la province de Kacbmir, grande ville, industrieuse, jadis très peuplée, mais déchue et mal bâtie, avec des rues étroites et sales; elle est située sur les bords du Djilem, qu'on y passe sur cinq ponts de bois. Plusieurs maisons ont trois étages, et des toits recouverts d'une couche de terre, qui en été se couvre de fleurs. Cette ville, renommée par la beauté de sa situation, par la douceur de son climat et par les beaux châles qu'on y fabrique, n'offre aucun bâtiment qui soit vraiment remarquable, si ce n'est le palais que les grands-mogols avaient fait bâtir près du lac Dak ou de Kachroir, qui se réunit au Djilem, auprès du faubourg, par un canal étroit. C'est dans ce palais magnifique que les empereurs de l'iude passaient une partie de l'été. En 1809,00 accordait à Kachmir i5o,ooo babitans, malgré l'état peu florissant de ses manufactures et de son commerce; les troubles, qui depuis lors ont agité cette belle province, doivent sans doute avoir diminué ce nombre. Pichaoueb, située au milieu d'une grande plaine de la province de ce nom , dont elle est la capitale. Les rois de Kaboul y résidaient quelquefois dans le Bàlà-Hissàr, vaste édifice, avec de beaux jird'ms , situé dans le fort qui défend la ville. C'est , avec le caravanterai principal , le bâtiment le plus remarquable. Avant les troubles qui agitent ce pays, autrefois si riche et »i florissant par sou commerce et par son agriculture, Picbaouer avait une école mahométane très fréquentée à cause de sa grande célébrité. En 1827, cette ville était occupée par les troupes de RanJjit-Singh. Il est probable que sa population actuelle ne s'élève pas à 70,000 Ames, quoique M. Elphinstone, en 1809, la portât à 100,000.
Mooltas , à quelque distance du Tchinib, daus nue plaine aster bien cultivée, grande ville , assez bien bâtie, très ancienne et très déchue, jadis capitale de la vaste province de ce nom, et maintenant siège d un nabab tributaire du roi de Lâhor. Moultan est défendue par de très hautes murailles et par une citadelle; elle conserve encore quelques bltimens remarquables, ainsi que quelques manufactures de soie et de tapis qu'on compare à ceux de Perse , mais auxquels ils sont inférieurs. Les déprédations des Afghans, des Mahrattes et des Seîkhs, ont singulièrement diminué la population , l'industrie et le commerce de cette ville autrefois si florissante.
Royaume de Nepâl (Nepaul).
COMTOIS. Par les cessions faites en i8i5 à l'empire Anglo- Indieu et à son allié le prince de Sikkim , ce royaume se trouve resserré entre le Kâli à l'ouest, et le Knnki à l'est. Ses limites actuelles sont : au nord , le Tibet, compris dans l'empire Chinois. A Yest, la principauté de Sikkim. Au sud et à Y ouest , le territoire de l'empire Anglo-Indien.
FLEVyiSi La Gogra avec son affluent Kdli ; le Gandack (Gunduck) et le Koussy qui tous sont des affluens du Gange.
BIVISIOWS ADMINXSTÏLATXVZ& et TQFOOAAFHXS. Ce royaume est partagé en 9 districts très inégaux, dont quelques-uns offrent beau-
coup de subdivisions. Nous en donnons les principales avec leurs lieux les plus remarquables dans le tableau suivant.
Districts. Chf.f.*-Liel-x , Vii.lis tr Liecx i.m plcs remarquables.
IN'ErÂL proprement dit. Katmandou ; tÀlili-Pdtân; Bhàtgong (Bhatgnng), remarquable par
son industrie et surtout pur ses fabriques de papier; Noakote , la mieux bâtie de tout le NcpAl; Tambekhana.
Pats des 24 RADjae. . Gorkba; Galcot; Arghat Malebun.
Pays des aa radja». Clihilli; Chinaclùn; GurJon,- Taclagur.
Makwâbfour Makvrànpour (Muckw;mpoor) , forteresse importante, jadis
capitale d'un des états les plus puissaus de celle contrée.
Pats dis Kirats. . . Divisé en un grand nombre de petits chefs; les Kirats (Kirauts) sont
fréquemment nommés dans les légendes indiennes.
KilÂTÂNU HidÂug; Ra'wah.
TcHÂYEirrovR. T c U A y c n p o u r (Ctiayenpoor) , pl.ire fortifiée
SaptaI (Tanakpoor). . Narâgâri; Djdnâkpo'ur, célèbre dans les mytbes des Hindous.
Mo R a kg (Morung). Vidjàyapour; Sorabdgh , TchàltnL
Katmandou (le Goungoulpattln des anciens livres, le Ycndaïse des Pàrbatties et le Knthipour des montagnards), ville de moyenne étendue, arrosée par le Bichenmatty. Ses rues sont étroites et sales, ses maisons d'une vilaine apparence; plusieurs ont jusqu'à 4 étages. Le palais du roi , bâtiment assez grand, est L'édifice le plus remarquable. Kâtmândou , qui jusqu'à 1768 n'était la capitale que du Népal proprement dit, est devenue depuis cette époque la résidence des radja de Gorkah qui en ont fait la conquête. M. Ilainillon lui accorde une population approximative de 20,000 âmes.
Les autres villes les plu» remarquables sont :
Lâmtâ-Patâw , sur le Khâgmalty, mieux balie, plus propre et plus peuplée que Kâlmâudou ; ou lui accorde a 4, 000 babitaus. Goreha, capitale de la principauté de ce nom, cl siège primitif de la famille régnante, qui, dans la secoude moitié du dernier siècle, a fait la conquête de tout le Népal. On lui accordait a, 000 maisons lorsque les princes Gorkba y résidai eut ; on la dit beaucoup déchue depuis que ses princes résident à Kâtmândou.
Principauté du Sindhy (Sinde; Sind).
CONTINS. Cet état qui n'est qu'un démembrement du royaume de Kaboul , dont il était naguère vassal , a pour limites : au nord, le Beloutchistan et le royaume de Lâhor ou la prétendue confédération des Seïkhs. A IV.*/, les états vassaux de l'empire Anglo-Indien dans l'Adjmîret la province de Kateh (Cutch). Au sud , cette dernière et le golfe d'Oman. A Y ouest, le Beloutchistâo.
FLEUVES. Toute la partie inférieure de I'Ikdus.
DIVISIONS ADMINISTRATIVES et TOPOGRAPHIE. Selon M. Bu mes le triumvirat du Sindhy ne serait, a proprement parler, qu'un duumvirat ou bien une tétrarchie; car en i8a8 Kcriin-Ali et Mourad-Ali étaient les deux seuls chefs qui gouvernaient ostensiblement et réellement l'état ; Mir Mohammed , fils de feu Ghoulam-Ali, et Mir Sobdar, fils de feu Fethh-Ali , prenaient une beaucoup moindre part aux affaires du pays, quoique ayant un droit égal au gouvernement et possédant une partie considérable de ses revenus. Les divisions administratives de cet état sont trop nombreuses et trop peu importantes pour nous permettre d'en offrir le tableau. Nom nous bornerons à décrire la ville capitale et à indiquer les villes qui plus que les autres méritent d'être mentionnées.
DESC.HIPTION DE L'ASIE.
Haïdf.ràbâo , située sur une île formée par l'Indns et le Foulaïli , une «le ses brauches. C'est une ville fortifiée et assez commerçante; elle s'est augmentée depuis qu'elle est devenue la capitale de l'état, et la résidence des souverains qui prennent le litre iVou/tiit corruption iVo/tiraw Mous ferons observer avec M. Keinaud que ce mot arabe est le pluriel il »///> ou chef, de même que nnbuh est le pluriel de muh ou lieutenant, et que les dignttaires indiens par un orgueil bizarre, sont dans l'usage de mettre au pluriel le mot qui sert de titre à leurs fonctions. L'industrie des liabitans de cette ville se distingue surtout dans l.i fabrication des armes. Uaïderàbàd n'offre aucun bâtiment publie vraiment remarquable, à l'exception (lu tntnbcau de (,hohhn-(hnh , le fondateur de la dynastie régnante; eet ediliee se trouve sur une colline, au sud du fort qui protège la ville, et où résident les oumirs; on y garde, des trésors immenses, consistant surtout en rubis, diamans, perles, émeraudes, lingots d'or et argent monnayes; ces princes, dit M. Hurnes, possèdent la plus riche collection fïnrmr\ qui existe au monde. M. Ilamilion n'accorde que i r>.ooo habiians à cette ville, nombre qui nous paraît bien petit pour l'époque actuelle.
Les au In* ^ il les U's plus ren>.iri|urdde\ de l'étal «nul ; T v i i À , >uv lis bord- de l'indus . grande ville , anl refois très industrieuse et nts commerçante lorsqu'elle ctail la capil.de du Sihdliy: maintenant elle est prenne déserte (I ne eonlinit , m Ion M. 1 1 uni 1 1 loti . <pu i 5,ooo hairitans. A environ on nulle de y. mm > , l'une, f . seleve , au milieu d'un grand noitdirc de lomlwauA , le mausuiev tir Mir; i-I.ui , que M. Jlamiltuii regarde comme un des plus beaux édifices de ce ^enrr. l'Iu, loin , eu i rinixitunl l'i , un trouve une autre colline rouverte de UlOSepjces et de toiid'c;ui\ mahnmét.ms d'une étendue ennsidé:i idde. Korïtchi (Cnracm) , assez grande \ ille .oec un pu I , détendu par une fui tel e*>e ; c'e>l \,i tille 1.1 plus riche et la plus llnri^anle de l'état, et l'euUepùt d'un commerce ;i-e/ tousidérable entre les royaumes de Kalmul et de Làhm , \n IVise, l'Inde et le IVlmitehi-dan. Il est probable cpie sa population , qu'en i Xinj mi porlnil a i l.cnn ;<me> , s "élevé mainteriant au-dessus de ifl à ao.ooo. < )n doit encore nommer Kumuoi r , T*noa nt Mahomm.kuvws, L-* rrkà?î a (Lbarkhanu; et Nu< char* ^Niivliara;.
Royaume des Maldives.
Ce rovaume se compose de l'archipel des Maldives, vaste assemblage de plusieurs milliers d'ecueils formant 17 groupes ou atollons. Parmi ce grand nombre d'ecueils 40 à 5o se distinguent par leur étendue; ils sont cultivés et ont une population permanente. Le souverain de ce petit état prend le titre pompeux de sultan et réside dans une jolie ville, qui occupe toute l'île de Male, laquelle a trois milles anglais de tour et qu'on regarde comme la plus grande de cet archipel. Le palais du souverain est une espèce de forteresse d'une chelive apparence; mais la ville est ornée de deux belles mosquées; l'art et la nature l'ont rendue très forte. Elle a un port d'où partent tous les ans plusieurs petits bâlimens qui vont à Atchin (Achin) dans l'île Sumatra et à Batassore dans l'Orissa.
INDE TRA NSGANGETIQUB.
Dans l'introduction à la description de l'Inde nous avons signalé les dénominations impropres qu'on a données à cette région. On doit faire la même remarque sur la dénomination que depuis quelques années on s'accorde
ABRÉGli DE GÉOGRAPHIE.
généralement a donner à celle-ci d'après un célèbre géographe. Les noms d1 Indo-Chine et de peuples Indo-Chinois nous paraissent très impropres , puisque les habitans de ce pays n'ont rien de commun ni avec les Hindous ni avec les Chinois. Nous avons donc préféré adopter pour cette vaste contrée l'ancienne dénomination d'Inde-Tranigangetiquc , qui au moins ne contient aucune indication fausse, puisque toute cette partie de l'Asie est au-delà du Gange; on pourrait anssi et même mieux l'appeler Inde- Ultérieure , eu égard à sa position relativement à nous.
POSITION ASTRONOMIQUE, longitude orientale , entre 88° et 107". Latitude , entre i° et 37°.
CONFINS. Dans l'introduction à la description de l'Inde nous avons tracé la limite naturelle occidentale qu'il faudrait donner à cette contrée. Les géographes s'accordent cependant à lui assigner pour limites : au nord, l'empire Chinois, savoir le Boutân, le Tibet et la Chine proprement dite. A Y est, la Chine le long d'un petit espace , ensuite la mer de la Chine. Au sud , cette même mer , le détroit de Singhapour et le golfe du Bengale. A Y ouest , le détroit ou canal de Malacca, le golfe du Bengale, le Bengale dans l'Inde et le Boulân dans l'empire Chinois.
FLEUVES. La partie supérieure du cours des quatre grands fleuves de l'Inde-Transgangétique, à l'exception du Brahmapoutre, est encore réellement inconnue, quoiqu'on la marque sur les cartes d'une manière positive, et malgré les longues recherches faites par les plus savans géographes aiin de pouvoir le connaître. Tout en rendant justice au profond savoir de M. Hamilton nous n'hésitons pas à nous ranger du côté do M. Klaproth relativement aux sources de Plraouady , du Salouen et du Rarabodje ou Menam-kong. Quant à celles du Brahmapoutre, l'exploration faite en 1827 par les lieutenans Wilcox et Burlton ne laisse plus aucun doute, et a fourni une nouvelle preuve combien les plus grands géogra- • phes peuvent se tromper lorsqu'ils veulent remplacer les faits qui manquent par des conjectures.
L'Inde-Transgangétique a deux pentes principales ; une vers le golfe du Bengale, l'autre vers la mer de la Chine.
Le GOLFE du BENGALE reçoit :
Le Brahm apoutra , qui prend dans son cours inférieur le nom de Mkoxa , et se joint au Gange un peu avant l'embouchure de celui-ci. Voyez les fleuves de l'Iude à la page 69a.
L'Ararak , qui traverse le pays des Birmans et le ri-devant royaume d'Araian. Son embouchure est très large et le Koladyng est son principal affluent i la droite.
L'Iraouady , qui est un des plus grands fleuves de l'Asie. Il parait prendre sa source dans le Tibet sous le nom de Zzahgbo-tchou , traverse sous celui de Pijv-liavghmaho la pointe occidentale du Tuu-nan. Il entre ensuite daus le pays des Birmans et traverse tout leur empire du Nord au Sud. Dans le Pegou il se subdivise" en plusieurs branches qui arrosent une immense étendue de pays , et facilitent beaucoup la navigation ; c'est sur ces branches que se trouvent Bàssin , Dalla, Ràngoun, Syriân et autres villes. Enfui ce £rand fleuve se jette dans la mer par plus de quatorze embouchures. Ses plus grands alfluens sont tous à la droite, savoir : la rivière de Paiacnducn, qui passe par la ville de ce nom; sa source se trouve dans les monts neigeux de Langtan ; les Birmans la regardent comme la partie supérieure du véritable Iraouady;le Kyaindo uen (Kyenduen), qui naît dans les montagnes de l'Assam et jvarait être le principal affluent de l'Iraouady.
Le Zittawg , qui naît dans le pays des Birmans, le traverse en partie, et , après avoir arrosé le Pegou , se rend à la mer par uue embouchure tellement large , qu'elle ressemble plutôt à un bras de mer qu'à un fleuve.
Le TasAK-LOUBH ou Sa loue w , qui parait naître dans les montagnes de la parti* s*p-
tentrionale du K'ham , proTÏnce du Tibe! , où it est connu sous le nom d'Oïn-Tciion ; il traverse le Yun-nan sous la dénomination de Nou-eiawg ou Lou-kiaro. En sortant de cette province de la (.lime , il prend le nom de Sa louer , en séparaut le Mrelap dans l'empire Birman, du Louachan et du Yunchan dans le royaume de Siam. Ce fleuve se jette enfin dans la mer après avoir coupé illégalement, entre les Birmans et les Anglais, le culevant royaume de Martaban , et après en avoir arrosé la capitale du même nom; la ville d'Ainherst que Ion vient de Irôtir est peu loin de sou embouchure. La carie de Wyld et celle de Carry représentent diverses branches qui établissent plusieurs communications entre le Salouen , le Zittang et l'Iraouady.
Le Tava y et le Tznasserim sont deux fleuves d'un cours borné ; le premier naît dans la province de Te et passe par Tavay , le second prend sa source dans celle de Tenasserim , et passe par la ville de ce nom et par celle de Merghi. La MER DE LA CHINE reçoit :
Le Mnoi ou le Fleuvk dk Siam, qui paraît avoir sa source dans le Yun-nan. Ce fleuve traverse le Louachan , le Younchan ou Yangoma et le royaume de Siam proprement dit, en passant par Tchang-maï (Chimay), Siam et Rankok. Dans le Siam proprement dit , le Menam se partage en plusieurs branches qui coupent eu un grand nombre d'îles cette fertile contrée. Dans le pays des Laos il y a la rivière Ànan~myit , qui joint le Menam du Siam avec le Menam-kong du Kamlwdje ; des renseignemens sur le Laos qu'on nous a donnés à Lisbonne contiennent la continuation de ce fait curieux de l'hydrographie de celte contrée; mais nous devons faire observer que, d'après ces mêmes renseignemens , ce n'est pas un puissant courant d'eau, comme le Cassiquiari de l'Amérique qui joint le Rio-Négro à l'Orénoque , mais bien une petite rivière, qui n'est navigable que daus la saison des grandes eaux.
Le Mejtam-eowg (Mekon ou MaykaoUng) , qui naît dans les montagnes de la partie septentrionale du Kam, province du Tibet, où il court sous le nom de Dza-tcuou ou Sa-tchou; il traverse le Yun-nan sous celui de Lan-thsaxg-biahg ; ce fleuve baigne ensuite le Laos , et , après avoir traversé le royaume de Kambodje, dépendant de l'empire d'An-nam, il entre dans la mer sous le nom de aiviànE de Kambodje.
Le Sauko ou Donnai , dans le Bas-Kambodje ; son cours est très borné. Il passe par la grande wlle de Saigon.
Le Sahc-roï , qui est le plus grand fleuve du Tonquin. Il prend sa source dans le Yun-uan, où il est nommé Holi kiako ; il reçoit à la droite !e Using-kiang. Le Sang-koï passe par Ketcho et se rend ensuite dans la mer.
Le Tche-saï-ho , vient également du Yun-nan où il a sa source ; après avoir traversé le Tonquin oriental , il entre dans la mer.
RELIGION. Le Bouddhisme est professé par les Birmans, les Magh (Mugh) ou Arakaniens, les Pegouans, les Sinmois, les Chan ou Laosiens, les Khomen ou Kambodjiens, les nombreux colons Chinois, et par les basses classes chez les Cochinchinois et les Tonquinois dans les empires Birman et d'An-nam, dans le royaume de Siam et dans une partie de l'Inde-Transgangétique Anglaise; en outre par les Plan , les Singhpho et autres peuplades demi barbares, mais mêlé aux restes de leurs superstitions primitives. Le Brahmanisme est professé par les peuples les plus civilisés du ci-devant royaume d'Assam et des pays de Tipera, de Manipour ou Kassay, de Djinthia et de Katchar dans rinde-Transgangétique Anglaise. Une partie des hautes classes chez les Tonquinois et chez les Cochinchinois professent les religions de Tao-ssk et de Confucius. L'Islamisme est la religion de tous les Malais établis depuis plusieurs siècles le long des côtes de la péninsule de Malacca et de plusieurs îles dépendantes geographiquement de l'Inde -Transgangétique, ainsi que dans le Tsiampa et quelques autres localités. Un nombre considérable d'habitans dans le Tonquin , dans la Cochinchine, dans le Kambodje et quelques centaines dans le royaume de Siam et dans l'empire Birman professent la religion Chrb-
tienne Catholique. Quelques milliers de Protestans se trouvent dans l'Inde-Transgangetique Anglaise. La plupart des peuplades barbares répandues dans les empires Birman et d'An-nam, dans le royaume de Siam, dans l'Inde-Transgangétiquc Anglaise et dans l'intérieur de la péninsule de Malacca , vivent sans culte ou sont adonnées aux superstitions les plus absurdes.
GOUVERNE RTE NT. Les grands états de t'Inde-Transgangétique sont pour ainsi dire la terre classique du pur despotisme. De même qu'en Chine, sous peine de mort, les noms de l'empereur des Birmans et du roi de Siam ne doivent jamais être prononcés pendant leur vie, par aucun de leurs sujets; et ce nom redoutable n'est confié qu'à un petit nombre de courtisans en faveur. Dans ces deux états , ainsi que dans l'empire d'An-nam, tout homme au-dessus de 10 ans, les prêtres et les fonctionnaires publics exceptés, est obligé de consacrer au service de l'état, soit comme soldat, soit comme laboureur, au moins chaque troisième année de son existence. Voilà pourquoi l'émigration parmi ces peuples est réputée crime de haute trahison, et comme l'équivalent d'un vol fait au prince de sa propriété. Malgré les vices de ces gouvernemens, il y règne dans les temps paisibles beaucoup d'ordre et de régularité. La justice civile et criminelle y est administrée avec plus de fermeté et moins de précipitation que chez plusieurs autres nations de l'Asie; d'où résulte beaucoup plus de sécurité pour la vie et les propriétés. Les formes de l'administration chez les Birmans et les Siamois sont d'une lenteur interminable; le contraire a lieu à la Cochinchine, où l'action du gouvernement est aussi vigoureuse que rapide. L'empereur d'An-nam se disait, il n'y a pas long-temps, vassal de la Chine; et le roi de Siam se reconnaît encore vassal de cet empire; mais cette dépendance n'existe que de nom. Le tribut qu'ils paient n'est que pour la forme, et toute intervention de la Chine dans les affaires du gouvernement est repoussée avec fermeté. Les peuplades barbares ou demi sauvages répandues sur l'Inde- Transgangétique vivent sous leurs chefs respectifs, les unes plus ou moins opprimées, mais plusieurs autres jouissent au contraire de la plus grande liberté.
INDUSTRIE. Les nations policées de cette partie de l'Asie n'ont pas fait de grands progrés dans les arts utiles et de luxe. Ils excellent cependant dans la dorure, dans une espèce de fabrication vernissée avec du laque et ornée d'une riche mosaïque en nacre de perles, dans celle de leurs idoles depuis les plus petites dimeusions jusqu'aux proportions les plus colossales, dans certains ouvrages d'or et d'argent, dans la poterie commune et dans la construction des vaisseaux et des pirogues. Les huions t dont les Siamois se servent pour la navigation sur les rivières et pour la guerre, sont faits d'un seul tronc d'arbre, quelquefois de 16 à 20 toises. Les anciens voyageurs sont unanimes sur leur beauté et leur magnificence ; les balons royaux, montés par le souverain et les grands, se distinguaient par leur forme qui variait selon la dignité du persounage, leurs sièges, leurs impériales en pyramide soutenue par des colonnes, et les sculptures de* extrémités, qui étaient dorées, de même que les rames. Le balou royal , manoeuvré par 120 rameurs, était vraiment superbe. 11 parait, d'après les dernières relations , que l'art de construire ces bâtimens a dégénéré en simplicité rustique. Les Cochiuchiuois au contraire ont fait de grands progrès dans l'architecture navale et l'art nautique, ainsi que tout ce qui
tient à l'art militaire; ils le doivent au vertueux évéque d'Adran, l'eu Pigneau, et à plusieurs ingénieurs français. En 1787, le roi de la Coeliincliine .ivant rte rétabli sur son trône par les soins de l'évêque d'Adran et des missionnaires français, plusieurs ofCciers et ingénieurs de cette nation lurent appelés dans le pays, y formèrent des établissemens très importait--. et dirigèrent toutes les innovations faites par Ghia-long, qui a été pour ainsi dire pour l'empire d'An-nam ce que Pierre-le-Grand a été pour la Russie. Sans la révolution de 1789 l'influence française dans cette partie du monde serait devenue immense. Au reste, les peuples de ces vastes contrées ne savent pas travailler le coton comme les Hindous, la porcelaine comme les Japonais, la soie comme les Chinois. Les soins qu'ils mettent à imiter ces derniers donne aux Cochiuchinois et surtout aux Tonquinois un grand Avantage dans les arts utiles, sur les nations plus occidentales. Ils fabriquent des cotons grossiers pour leur usage domestique, ainsi que des soies légères, qu'autrefois, dans l'enfance des manufactures européennes, on recherchait avec empressement sur nos marchés. Les grandes villes de rinde-Transgangetique sont le siège principal de l'industrie de ces peuples. Dans l'empire Birman l'agriculture est principalement le partage des Karyan (Kai yen) , des Kyen et d'autres peuples qui n'habitent pas dans les villes et dont quelques-uns n'ont pas cessé d'être nomades.
COMMERCE. Depuis quelques années les relations commerciales des peuples européens et surtout des Anglais avec les états polios de cette contrée sont devenues beaucoup plus fréquentes qu'elles ne l'étaient auparavant; et depuis une quarantaine d'aunées les Chinois se sont emparés de tout le commerce du royaume de Siam, dont ils sont les marchands à l'étranger, les navigateurs et les matelots. Cent quarante jonques du pin 1 de 35,ooo tonneaux vont annuellement à la Chine; 40 à 5o visitent annuellement le florissant établissement anglais de Singhapour, qui est aussi fréquenté annuellement par une trentaine de jonques cochinchinoises. L'empereur régnant d'An-nam , qui a beaucoup de goût pour le commerce, expédie pour son propre compte un certain nombre de jonques; en i8a5 il v ajouta deux vaisseaux à grande envergure, construits et manœuvres à la manière européenne; leurs équipages étaient composés de Cochinchinois. Outre le commerce qui se fait dans l'empire Birman par les vaisseaux européens , les bateaux birmans en font un très considérable, en se glissant pendant la belle saison, le long de la côte d'Arakan, par où ils arrivent à travers les bancs de sables jusqu'à Calcutta. Des affaires commerciales assez importantes ont lieu par terre entre les possessions Anglaises et les Birmans, entre ces derniers et la Chine, entre les Tonquinois et les Chinois. Mais les Birmans n'ont point de rapports commerciaux avec Siam : une haine implacable et un état de guerre continuel existent entre œfl deux états. Leurs frontières respectives offrent l'aspect d'un désert, et l'esclavage attend le malheureux habitant qui dépasse sa frontière, ou qui a le malheur de tomber dans les embûches que ces deux peuples ennemis se tendent réciproquement.
Les principaux articles d'exportation sont : coton, soie, étain, bois de tek, bois d'aigle et de sandale, gomme laque, cachou, grains, sel, huile, sucre, ivoire, poivre, nids d'oiseaux, pierres précieuses surtout rubis et agates, fer (du royaume de Siam), ouvrages vernissés, etc., etc. Les principaux articles d'importation sont : étoffes de coton, soies ouvrées,
ABRKGK DE GÉOGRAPHIE.
draps , opium, velours , porcelaine , papier , thé , lin , chanvre , et un grand nombre d'articles des fabriques et des manufactures de l'Europe et de la Chine. Les principales places de commerce dans l'intérieur sont : Ava , Prome, Blianmo dans l'empire Birman , et Ketcho dans l'empire d'An-nam. Les principa'es places de commerce maritimes sont : Singhapour et Georgctown dans rinde-Transgangétique Anglaise \Rangoun dans l'empire Birman; Bangkok et Tchantibon dans le royaume de Siam; Saîgong, Hue-han ou Faifo et Toaron ou Hansan dans l'empire d'An-nam.
DIVISION. En ne tenant pas compte des peuplades tout à-fait sauvages ou demi barbares qui vivent indépendantes sur les territoires que nous avons regardés comme appartenant aux états policés de cette contrée, on peut partager l'Inde-Transgangétique dans les six parties suivantes : Inde- Transgangétique Anglaise, empire Birman, royaume de Siam , états indépendans de la péninsule de Malucca , empire d'An-nam , et des appartenant géographiquement à r Inde- Transgangétique.
Empire Birman.
GOBJFUfBa Après les grandes cessions faites aux Anglais par l'empereur actuel en i8a6 par le traité de Yandabou, et en supposant que la frontière orientale de l'empire soit leSaloucn, les limites de cet état sont: au nord, l'Assam dépendant des Anglais, les cantons occupés par des tribus de montagnards peu connus et l'Yun-nan dans l'empire Chinois. A Y est, l'Yun-nau et le Salouen qui le sépare du territoire soumis au roi de Siam et de celui appartenant aux Anglais. Au sud, le golfe de Bengale. A Youest, ce même golfe, le royaume d'Arakan, le Kathy ou Kassaï et autres pays regardés comme formant partie de l'Inde-Transgangétique Anglaise.
Fl^UVXS. L'Ibaouady , qui vient du Yun-nan , et traverse tout l'empire du nord au sud; nous en avons tracé le cours à la page 73a. Le ZiTTÂiro, qui passe par Tongo; tout son bassin appartient à l'empire. Le Salouen, qui vient du Yun-nan et forme la frontière orientale de l'empire.
DIVISIONS ADMINISTRATIVES et TOPOGRAPHIE. Tout l'empire est divisé en provinces ou vice-royautés, dont le nombre parait être aussi variable que le pouvoir donné aux gouverneurs qui le régissent. La division civile la plus commune est en myos ou arrondissemens. Ces derniers sont trop nombreux pour pouvoir être cités dans cet ouvrage. Nous classerons dans le tableau suivant les principales villes de l'empire d'après les grandes divisions géographiques; en rappelant que quelques-unes de ces dernières sont encore très imparfaitement connues , surtout le Mrclapchan et le Laos-Birman.
Pats. Chefs-Liecx , Vim.es et Lieux les plus remaeqoam.es.
Birma (MratnmaphaloDg). C'est la patrie des Birmans, àva ; Amarapourd (Ummeraponra) ;
Saïgaïng (Zockain ou Chagrin); Kjkok'Zeit ; Vandabott , remarquable par le traité de paix de 1826; Bhanmo, principal entrepôt du commerce avec la Chine; Âtontckabou , patrie d'Alompra, fondateur de la dynastie régnante, et jadis, ca pitalc de l'empire; Pagham, prc«>quc dé«ertc, nui» remarquable par ses temples et pour avoir été la capitale de l'empire; MiuïJaj; Yeynang-gheoun ; Raina-thaï» ; Tcngo (Taungoo) , Prome (Panï-Mcir, Pecaje ou Pea).
Pecoc (Talong) Pegou (Bagou); Syrian i Rangoon ,• Meaoun, jadis très florissante et aujourd'hui très décbne; Batttn (Rasscco ; Penains); Negraît, importante par son beau port.
DESCRIPTION DE L'ASIK.
Martaran » Ma rtaban , jadis capitale du royaume indépendant de ce
uora et très florissante; aujourd'hui presque déserte.
Laos BlRMAH Où il faut distinguer le Alrclap-chan (Kochampri; , situé
entre le Birma et le Safoueu; c'est une partie du pays des t'han ou Laosciens ; il est partagé entre plusieurs princes tri» butaires des Birmans. Ses Tilles principales paraissent être Seïnni (Theinui) ; Main-Pineïn ; Gnângrue; Mofndh; Morte. Le Laouachan (Lowasban ; Leng) , divisé en Médiat ou tri» butaireet en Immédiat on soumis; le premier parait avoir pour capitale Kiaintoun; le second, I*ng , sur le Meuam-l.Vi ou Menan-tai , affluent du May-kouang; Lcng était l'ancienne capitale du Laos en i65a.
Autre* Pays tributaires. Ce sont les territoires de plusieurs peuples plutôt tributaires
que sujets des Birmans; la plupart sont régis par des chefs pris dans leur sein. Nous nommerons parmi ces peuples les Karyaiu (Karayn), qui sont les plus nombreux et qui s'a* donnent à l'agriculture ; les Zabat/u et les Kyens, qui sont presque aussi civilisés que les Birmans; les Taoung-tou ; les Yaou; les Palaon; les Pyont les Le n zen; les Law'a; les D'hanru; les D'hanao et les Zalaung.
Ava, nommée dans les documens de l'empire Rathâ-poura (la ville des Joyaux). C'est une ville grande, mais peu peuplée, située sur la gauche de l'Iraouady; ses maisons clairsemées sur la grande superficie qu'elle occupe ne sont à proprement parler que des cabanes couvertes de chaume. Quelques habitations des chefs sont construites en planches, mais il n'y a vraisemblablement pas une demi-douzaine de maisons en briques. Ava renferme un- grand nombre de temples, dont les longues flèches verticales, blanchies ou dorées, lui donnent de loin un air imposant, qui disparaît quand on s'en approche. Le plus considérable de ces temples est le Logartharbou ; il se compose de deux édifices bâtis dans deux styles dilïérens. L'autre bâtiment le plus remarquable est le palais du roi, quoique bâti tout en bois; il a été achevé en 182/» ; c'est un vaste édifice dont on vante la salle d'audience par son étendue et surtout par la richesse de ses ornemens; elle est partout ouverte et n'a de mur que derrière le trône; un grand nombre de belles colonnes en supportent le toit. On voit encore dans plusieurs endroits les ruines des anciens édifices de cette antique capitale de l'empire. M. Ilamilton ne lui accordait que 3o,ooo hahitans au commencement de 1827; nous croyons qu'on pourrait bien porter sa population actuelle à 5o,ooo âmes.
Dans ses environs on trouve : Amarafoura , située sur la rite gauche de l'Iraouady et sur les bords romantiques d'un lac. Bâtie en 1783, elle a été la capitale de l'empire sous le dernier empereur et sous son successeur jusqu'en 1824. Amarapoura est toi; te bâtie en bois, à l'exception de quelques temples ; un rempart et une citadelle vaste et solide la défendent. Il parait que le temple dit d ' Arnkan , orné de sculptures et de ?5o hautes colonnes de bois, chacune d'un seul tronc et dorée, est le plus bel édifice de cette ville; on y révère la figure colossale en bronze de Gautama, le dernier des personnages qui dans le système du Bouddhisme aient joué le rôle de Bouddhah. Dans une longue galerie, construite exprès, se trouve une collection de 260 inscriptions anciennes et modernes, apportées de différens lieux de l'empire; une petite partie seulement est gravée sur le marbre, la plupart sont taillées sur le grès. Os mouumens sont très importans pour l'histoire. Amarapoura, à laquelle le capitaine Cox donnait en 1800 environ 175,000 habitans, n'en contenait plus eu 1827, selon M. Ilamilton, que 3o,ooo. En 18 10, selon le capitaine Canning, 2 0,000 maisons furent détruites par un incendie.
SaïgaÏng (Zeekain ), sur la rive droite de l'Iraouady vis-à-vis d'Ava. Le nombre de ses temples , tant anciens que modernes, est prodigieux; mais plusieurs tombent en mines
depuis qu'elle a cessé d'être la capitale de l'empire. Presque toutes les cimes des coHiircs de ses environs sont couronnées de temples , la plupart ornés de flèches et de toits dorés, ce qui forme une des plus belles vues du monde. Saïgaïng est, avec la ville de Kveoezeit, le grand atelier où Ton sculpte presque toutes les statues de Gautama répandues dans l'empire. En 1 8aG , elle était encore très peuplée. Nous ferons observer que les trois villes que uous venons de décrire sont tellement voisines l'une de l'autre qu'elles pourraient être regardées comme n'eu formaul qu'une seule. Ou porte leur population réunie, y compris celle de leurs banlieues respectives , â 354,ooo habitans.
Les autres villes les plus remarquables de l'empire sont : Ybthaho-Gbeoijii , dans le Birma, située à la gauche de l'Iraouady, ville florissante et bien peuplée; c'est dansse« environs qu'où trouve les sources de pétrole les plus abondantes que l'on connaisse; elles forment une des principales branches des reveuus de l'empire. Prome, sur la rive gauche de riraouady, regardée eu 1796 comme plus grande et plus peuplée que Rangoun, a beaucoup déchu depuis. Naguère on n'es limait sa population qu'à 3,ooo âmes; mais des rapports plus récens disent que cette ville prospère, et lui accordent déjà 10,000 habitans. On y construit beaucoup dè vaisseaux. Towoo (Taungoo) , sur le Miaï-Zillàng , capitale d'une province presque déserte , qui a le litre de royaume ; c'est le fameux royaume de Tangou des voyageurs du xvic siècle , qui a causé à cette époque tant de révolutions mémorables dans l'ouest et le centre de l'Inde-Ultérieure. Comme ses habitaus étaient les premiers Birmans que l'on ait connus distinctement sous cette dénomination , les géographes et les historiens ont supposé jusqu'à ce jour que le Tangou était la patrie primitive de ce peuple qui , par la force des armes, s'était répandu dans les pays voisins.
Pegou, située sur les bords du Pegou et sur l'emplacement de l'ancienne capitale du royaume de ce nom, entièrement détruite en 1757 par Alompra , à l'exception de ses temples. Elle a été rebâtie en 1790, mais elle était encore presque déserte lorsque les Anglais y entrèrent en i8a4.X>n y admire le fameux temple de Cltoumadou; c'est une pyramide composée de briques et de mortier, sans aucun creux ni ouverture, de {orme octogone à sa base, et fiuissanl eu spirale. La hauteur est de 33 1 pieds anglais, et la circonférence de la base est de 1 ,196 pieds. Le sommet est surmonté d'une espèce de parasol en fer doré, et de 50 pieds de circonférence. Les prêtres qui le desservent prétendent qu'il a été bâti il y a a,3oo ans par plusieurs monarques successifs. Cest sans contredit une des constructions les plus remarquables et les plus hautes de toute l'Asie , et supérieure , sous le rapport de l'architecture, au temple de Choudagon à Rangoun.
Rahoouv, sur le Rangoun, une des branches de riraouady. Cest la ville la plus commerçante et le premier port de l'empire. Elle a plusieurs chantiers, sur lesquels on construit les plus gros \ aisseaux marchands et militaires. Rangoun est le grand entrepôt du bois de tek. Sa population, qu'on portait autrefois à 3o,ooo habitans, est estimée à 14,000, mais il est probable qu'elle s'élève actuellement à 20,000. A environ deux milles de distance, sur le sommet d'une colline, s'élève le fameux temple de Choudagon ; c'est une pjramide semblable au Choumadou de Pegou , qu'on pourrait comparer à un portevoix renversé; le parasol eu fer doré qui le surmoute est plus petit et moins haut que l'autre, mais la hauteur de la pyramide de celui-ci est de 338 pieds anglais. Le long de tout le chemin qui mène à ce sanctuaire bouddhiste, on voit un grand nombre de petits temples bâtis par des particuliers; abandonnés à eux-mêmes], plusieurs de ces édifiées tombent eu ruines. Celte magnifique pyramide nous parait être le plus haut bâtiment de l'Asie. Daus le voisinage se trouve une cloche en bronze de sept coudées de hauteur, ciuq de diamètre et douze pouces d'épaisseur, qui sert à annoncer les offrandes faites au temple et les actes de dévotion mis en pratique. Cette cloche a été érigée vers l'an x 780 par le prince du pays qui a cru par là se rendre la divinité favorable. C'est ce qu'on lit sur une inscription en laugue pali qui est gravée autour de la cloche et qui a été expliquée dernièrement. Celle inscription est très importante par les notions qu'elle renferme sur l'histoire el les opinions religieuses des Birmans.
Royaume de Siam.
CONTINS. Cet état, dont les géographes, d'après la carte du major Symcs , s'accordent à diminuer tant l'étendue, en augmentant extraordi-
nairement a ses dépens celle des empires Birmans et d'An-nam, nous
f>araît devoir s'étendre au nord jusqu'à la Chine, à l'ouest jusqu'au Saouen, et à test et au siul beaucoup plus que ne le représentent les cartes les plus récentes , sans en excepter celle de M. Wyld. En admettant d'après les nouvelles les plus récentes que la partie septentrionale du royaume des Langians dans le Laos, dont on faisait il y a quelque temps un royaume indépendant, ait été subjuguée par les Siamois et qu'elle soit renfermée dans le rovaume de Siam , les limites de ce dernier nous paraissent être : au nord y le Yun-nan dans l'empire Chinois; à Vcxt , l'empire d'An-nam; au siui, le golfe de Siam , la mer de la Chine et les royaumes indépendans de la péninsule de Malacca ; à l'ouest, la partie du golfe de Bengale nommée communément le canal ou le détroit de Malacca ; ensuite les nouvelles provinces anglaises de Tenasserim , de Tavay et de Ye , et l'empire Birman.
FLEUVES. Le Saloukw , qui trace la frontière occidentale du royaume; le Meinam, qui vient du Yun-nan et qui parcourt tout le rovaume du nord au sud; et le Mknam-eoug ou May-kaouxg, qui vient du Laos et qui baigne une partie de la contrée des Chan ou des Laosiens, dépendante du royaume. Il y a un grand nombre d'autres rivières trop peu importâmes et trop peu connues pour être mentionnées. Voyez à la page 733.
divisions administratives et topographie. On ne connaît pas bien les divisions administratives de ce royaume , qui a pris un nouvel essor sous la dynastie chinoise fondée par Piatak, nommé communément le roi chinois. Cet homme habile après avoir délivré en 1768 le royaume du joug des Birmans, fit rentrer dans l'obéissance le Yangoma et les autres parties du Laos qui en dépendaient autrefois, uinsi que presque tous les petits rois de la péninsule de Malacca; il reprit aussi au roi de Kambodje la belle province de Chantibon et toute la côte jusqu'au voisinage de Kankao ou Athien, aussi bien que tout l'archipel qui se développe devant elle. Le tableau ci-dessous offre les contrées différentes dont se compose actuellement ce royaume, et leurs villes principales.
Pats. Chefs-Lieux, Villes et Lieux les plus remarquable».
Royaume de Siam ]>ro- Bangkok. (Bancasuj; Fon des Siamois); Paknam , importante par ses prennent dit (Pays des fortifications; Si-yo-thi-ya ( Yuthia ou Siam des Européen»; Doua- Thay). raouddy des Birmans); Portetouc,' Koupengbet; Tchatnat; Louro ,
Pra-bat; Bankanam; le groupe de» lies Ko^si-chang, remarquable par son beau port; Chant, Cin et Barda, sur 1m côte occidentale; Chantibon , sur la cote orientale.
Kamrodje Siamois. . . Baysaye, petit port sur la côte; Yarchipel de Kambodje formé (Gamboge). d'un grand numbre d'iles ; il est encore peu conuu.
Laos Siamois Encore très peu conuu ; il nous semble qu'il faudrait y distinguer le
(Pays des Chan). royaume de-Zimé ou Yangoma , dont la capitale est Zimè ou
Tchang-maî {Zemee; Saymmay) ; on y trouve aussi Ix>gan, petite tille à laquelle le docteur Richardson n'accorde que 3400 âmes; la partie septentrionale du royaume des La nj ans (£oji/shang, Layn-Zayn), dont la capitale est Langione ou Winkjan. PÉniHSULE de Malacca partagée dans le<» petits royaumes suivaos : royaume de Ligor,
jadis indépendant, aujourd'hui cuti* renient soumis; Ligor. Royaume de Bondelon, jadis indépendant, aujourd'hui entièrement soumis ; B o n d c 1 o n ; l'île Tantalam. Royaume de Patani. Ccst le plus grand, le plus peuplé et le plus fertile ; Patani, siège d'un sultan tributaire ; Sangora. Royaume de Kalantcn. Kalantan, siège d'un sultan tributaire. Royaume <l<- Tringanou. Tringano on Tringanou, résidence d'uu sultan tributaire.
PirriNiOLE dkMai.acca. Royaume de Kedah (Qucds), Kedah; Ailes ta r, naguère
résidence farorite du sultan allié des Angbis. Chassé de ses états par le roi de Siam en t8ia, ce prince vit maintenant avec toute sa famille à Georgetown , d'une pension qne lui accorde le gouvernement du Bengale. C'est à ce royaume qu'appartenait l'Ile de Poulo-Pinang et la petite province de Wellesley qui en dépend, aiusi que le groupe de Lunkava dans l'archipel de Djaukseylon-Piuang.
Ile de Diankteylon (Junkscylon; Salanga), dans Y archipel Djankseyion-Pinang. Cest nne dépendance de l'établissement siamois de Pangdh (Pungab), situé sur la péninsule. Très peuplée et florissante avant l'invasion des Birmans en 1810, cette Ile était presque déserte en i8a4> Le9 Anglais ont le projet de se la faire céder à cause de sa position et de ses riches mines d'étain.
Bangkok. (Bankok), située sur le Mcînam, non loin de son embouchure. C'est une grande ville, presque entièrement bâtie sous la dynastie actuelle, après le pillage de Siam ; elle est le siège d'un grand commerce et des principales branches de l'industrie du royaume. Tous ses édifices sont en bois, à l'exception de la résidence royale , des temples et d'un petit nombre d'autres bâtimens. Une très grande partie de Bangkok consiste en maisons bâties sur de grands radeaux amarres le long des rives du Meïnam. Elles forment une seconde ville flottante, avec des rues et des bazars sur l'eau, fréquentés par un grand nombre de personnes qui s'y font conduire en bateau. L'édifice le plus remarquable est le temple principal consacré à Bouddhah. C'est un bâtiment de forme pyramidale, terminé par une flèche légère et haute de 200 pieds anglais. L'intérieur offre une grande salle presque • carrée , pavée en pierre et ayant dans le milieu un grand nombre de petites images de Bouddhah, entre lesquelles on voit des petits morceaux de miroir, de papier doré et des peintures chinoises. Dans un autre temple de Bouddhah il y a une statue colossale de ce dieu en bois doré. Bangkok possède un vaste port, un arsenal très bien fourni et plusieurs chantiers sur lesquels on construit un grand nombre de vaisseaux. Il y a une grande diversité d'opinions sur la population de cette ville; nous croyons qu'on pourrait lui accorder 90,000 âmes, dont près des trois quarts sont Chinois.
Les autres villes les plus remarquables sont : Si-yo-tih-ya nommée aussi Siam par les Européens, bâtie sur une île formée par le Meïnam, qui selon I-aloubère n'a que a, a 00 toises de long sur 800 à 1,400 de large; à peine la sixième partie de cette surface était-elle habitée ; le resle ne renfermait guère que des temples et l'arsenal . C'était an xvtn* siècle une des plus belles villes de rinde-Transgangétique ; ses rues étaient droites et arrosées par des canaux ; les principales étaient larges et pavées de briques; un grand nombre de ponts, la plupart de claie, traversaient ces canaux; ceux du grand-canal étaient de briques et longs de 80 pas. Le peuple habitait des cabanes en bois. Les maisons des grands, construites en briques, avaient très peu d'apparence; les plus belles avaient été bâties par des Européens Le palais royal, d'une demi-lieue de tour, en briques, à un étage et sans mérite extérieur, renfermait dans la dernière de ses trois enceintes le palais proprement dit, c'est-à-dire l'appartement du roi. Selon Gervaise, son plan avait la forme d'une croix ; du centre s'élevait une haute pyramide à plusieurs étages, distinction réservée aux demeures royales. Il était couvert de câlin , espèce d'étain blauc et brillant , orné en dehors de belles sculptures et tout éclatant d'or. Le palais en général renfermait aussi le palais de la fille du roi et ceux de plusieurs anciens monarques, et quelques temples remarquables par la richesse de leurs ornemens. Si-yo-tbi-ya comptait plus de aoo temples ; les principaux , selou Kaempfer et les autres voyageurs, qui en cela ne sont pas d'accord avec Labubére, se distinguaient par quelques beautés et par une extrême magnificence à l'intérieur et à l'extérieur; c'est-à-dire par le grand nombre de leurs toits superposes, leurs frontispices dorés, les pyramides qui les entouraient et les nombreuses idoles, quelques-unes dorées et
d'autres du graudeur colossale, qu'ils renfermaient. Dans le temple particulier du roi, situé daus l'eueeiate du palais , la principale idole qui était debout et dorée avait 45 pieds de hauteur; elle était composée, selon Krcmpfer, comme les autres idoles, d'un mélangu de plâtre , de résine et de poils. Près du palais était un autre temple eu forme du croix et surmonté de cinq dômes couverts en câlin; il s'élevait sur plusieurs bases qui soutenaient 44 pyramides de différentes dimensions , surchargées d'ornemens cl dorées à leur sommet, qui se terminait tantôt en pointe, tantôt eu dôme. Au bas du grand escalier qui conduisait à ce temple on voyait de chaque côté ao figures de personnages et d'animaux de dimensions colossales, mais d'une exécution médiocre. L'édifice était renfermé dans uu cloître de nu pas de long sur ioo de large. La galerie qui régnait en dedans offrait plus du 400 statues très bien dorées, toutes semblables et assez bien faites; les plus grandes qui étaient assises avaient 6 pieds depuis le haut du genou jusqu'au bout du pied. L'extérieur du temple était eovirouoé de 16 pyramides de 40 pieds de haut de n de largeur à la hase et à sommet doré.
Dans les environs immédiats de Siam , on voyait du temps de Kœmpfer les monuinens tuivans : uu temple à l'usage des Peguans ; il renfermait une statue de Bouddhah assise sur un autel; elle aurait eu tao pieds de long, si elle eût été droite; Ktempfer dit qu'elle ne cède en grandeur ni eu beauté à la représentation du même dieu qu'il vit depuis à Miako. Le beau temple de Berklam , remarquable surtout par les ciselures de sa porte, et un autre temple dont on vantait beaucoup les quatre toits et les beaux ornemens des portes; enfin là pyramide Pouk a-thon , érigée en mémoire d'une victoire remportée daus le lieu même sur un roi de Pegou. L'architecture en était lourde mais magnifique; elle s'élevait à la hauteur de a o brasses ou lao pieds; sa partie inférieure consistait en un massif cari »' de 1 (5 pas de côté à la base et de 36 au sommet, et élevé de 60 pieds. On parvenait au sommet par un escalier découvert. Le piédestal de la partie supérieure était octogone et se terminait par une aiguille; des saillies, des corniches, des colonnes a chapiteaux et des globes ornaient avec profusion ce bel édifice, qui probablement a été détruit par les Birmans, maîtres du Pegou, lorsqu'en 176711$ dévastèrent cette ville. Siam depuis long-temps, malgré les brillantes descriptions qu'on en trouve dans les géographies les plus récentes, n'offre plus qu'un vaste amas de ruines , parmi lesquelles habite un petit nombre de Siamois. Les relations diplomatiques de Louis XIV avec Tchaou-naraïa , vers 1680, et la mémorable révolution qui en est résultée nous ont engagé à entrer dans quelques détails sur une ville autrefois si importante. Nous avons eu aussi eu vue de montrer les erreurs et les exagérations de certains géographes, qui continuent encore à la décrire d'après son ancien état, et celles d'autres géographes moins récens, tels que La Croix, édition de 1780 , et celle de Ruache de 177a qui ne lui donnent pas moins de 600,000 imes !
A une trentaine de milles au nord de Siam on voyait sur les bords du Meiuani la ville de Locvo , où Tchaou-naraïa résidait la plus grande partie de l'anuée dans un palais qu'il avait fait bâtir. Plus loin encore au nord de Louvo» est situé le Paa-Bat, c'est-à-dire le pied sacre, prétendue empreinte colossale du pied de Bouddhah dans un rocher; c'est le plus fameux pèlerinage bouddhique du royaume de Siam.
Laboiohz, sur le May-Kaoung , capitale du ci-devant royaume des Lanjans. Selon Martoi qui la décrivit vers i65o on y remarquait le palais royal pour sou étendue, sa structure et sa symétrie; l'appartement du roi, bâti en bois incorruptible, avec un superbe frontispice , était orné en dehors et en dedans d'cxcellens bas-reliefs parfaitement dorés. Selon Tan Vusthorf cette ville renfermait de beaux édifices religieux , tels que des temples a flèche dorée et une haute pyramide, dont le sommet était couvert de lames d'or.
Cbaktibor , sur le Chant i bon , ville de moyenne étendue , mais très florissante par son commerce, entièrement exploité par les Chinois qui forment la plus grande partie de sa population. C'est aussi un des meilleurs ports et un des grands arsenaux du royaume. Une caravane y arrive tous les ans du Bas-Laos, chargée des riches produits de ce pays.
Malacca Indépendant.
La péninsule de Malacca, qui vers la ûn du xviii* et au commencement du xix* siècle était parvenue à secouer le joug du roi de Siam , est ren-
tréc presque entièrement sous le joug de la domination étrangère. La partie qui conserve encore son indépendance ne comprend aujourd'hui que les peuplades sauvages et en partie nègres qui errent dans les montagnes de l'intérieur, et l'extrémité méridionale de la péuinsule au sud des limites des royaumes dépendant de Siam. Les peuplades sauvages les plus connues sont : les Samang dans les limites qu on assigne au royaume de Kedah, et les Dlahong et les Bcnoua dans les territoires de Malacca, de Roumbo et de Djohore. Les royaumes qu'on peut regarder encore comme indépendant de Siam sont :
Royaumes. CHars-Luirx, Villes et Lieux i.ts rues remarquables.
Perae. ... Ce royaume est le plus riche en étain. On y trouve Peratt, qui est la capitale de nom; K a la n g, qui est le siège ordinaire du sultan.
Salekgore, fondu par une colonie de Bugis de Cclebes. Sultan Ibrahim, son souverain actuel, parait être le plus puissant. Dès l'année 1 8 1 8 il a fait un traité de commerce avec le gouverneur anglais de Poulo-Pinaug, et en 1812 il a aidé le sultan de Perak à secouer le joug des Siamois. Ses sujets sont redoutes comme de terribles corsaires. K olong ou K a long est sa capitale. Salengortt, qui l'était autrefois, est maintenant presque déserte.
Djohore. . Ce royaume jadis très puissant, est aujourd'hui aussi faible que dépeuplé. Son (Johor). souverain actuel est sous la protection des Anglais , qui lui ont acheté l'île de Singhapour et quelques îlots voisins. Djohore, misérable village de pécheurs, est selon M. Harailton la capitale de ce royaume. Voycx le royaume de Lingnn , dans le groupe deSnmatra dans l'Occanic.
Pahaitg. . . Ce royaume est assez, fertile et peuplé. Son souverain a le titre de trésorier du roi de Djohore, mais il est de fait entièrement indépendant. Pahang, petite ville avec un port, en est la capitale; Tnngoram est remarquable par son port.
Roumbo. . . Ce petit royaume situé dans l'intérieur de la péninsule, était vassal de l'empire de Menangokabou dans l'île de Sumatra. Il parait qu'il est devenu entière» ment indépendant depuis la dissolution de cet empire. Ses habitans se livrent presque tous à l'agriculture.
Inde- Transgangétique- Anglaise.
CONFINS. Cette partie de l'empire Anglo- Indien se compose de trois parties différentes: les pays détachés dernièrement de l'empire Birman; les îles de Poulo-Pinang et de Singhapour achetées des sultans de Kedah et de Djohore; et le territoire de Malacca cédé parles Néerlandais en 1824. Les confins de la partie principale qui touche au Bengale sont : au nord , l'empire Chinois; à IV*/, ce même empire et celui des Birmans; au sud, le golfe du Bengale; à Yourst, ce même golfe et le Bengale dans la présidence de Calcutta. Les provinces à l'est du Saloucn sont bornées par l'empire Birman, le royaume de Siam et le golfe du Bengale. Le territoire de Malacca est renfermé entre les royaumes de Salcngore, de Roumbo et de Djohore.
FLEUVES. Les principaux fleuves de cette partie de l'Asie Anglaise sont : la partie supérieure du cours du Brahmapovtra, ainsi que la partie supérieure du cours de ses affluens le Brak et le Gounity. L'Arakatc , qui vient de l'empire Birman. La partie inférieure du cours du Salouf.x. Le Tavay et le Tenasserim. Voyez aux pages 7^2 et 7*33.
DIVISIONS ADMINISTRATIVES et TOPOGRAPHES • Toute Plnde- Transgangétique Anglaise est provisoirement partagée dans les pays stiîvans, où il faut distinguer: les pays entièremeiit iwdépenoans, parmi lesquels il faut ranger les lerritoires occupes par les montagnards Garrot* v, par les Nagas , par les féroces Koutchoung et par les Kouki , ainsi rine
nKSCKIi'TIoN DE L'ASIE. 743
par les Afismi, le» Sing/ipho , les Abor> les Khamti et Autres peuplades encore peu connues, qui vivent dans les hautes vallées du ci-devant royaume d'Assam. Les pays tributaires ou vassaux, tels que les pays de Katchar ou Hatroumbo , et de Kassaï ou Mannipoury naguère vassaux de l'empire Birman ; le pays de Djintiah et une partie du Tipernh. Enfin les
P*YS P.NTIKRFMF.KT flLI'KNUAWS , tels (JUC les Cl-devaiU royaumes iV AsmiH et
$Arahm% 1rs proviners de Martaban , de Je, de Tara y et de Tenasserini , cèdres dernièrement par les Birmans; l'île de P<ndo-Pinan» ou du Prime de Galles , celle de Singhapuur et le territoire de iMal<u eu. Par une ordonnance du mois de juin iH^o du gouverneur gênerai de l'Inde-Anglaise, les îles du Prince de Galles et de Singapour ainsi que le territoire de Malacca, qui formaient des petits gouvernemens sépares, viennent d'être réunis à la présidence de Calcutta. Il nv a aucune ville qu'on puisse regarder comme la capitale de ces pays qui relèvent tons immédiatement de la présidence de Calcutta. Nous rappellerons cependant que le colonel Farguliar a proposé dernièrement de former un noiueau gouvernement qui comprendrait toutes les possessions à l'est et au sud du Salouen, et dont Malacca serait le eheMieu.
Le tableau suivant olïre les villes principales des pays que nous venons de nommer. Nous partagerons tontes ces possessions en deux sections géographiques que nous nommerons Purs à l'ouest de l'Jraouady et Pars à l'est du Salouen.
PaY». (IIKKS-I.O l X , Villes fcl Lltt X 111 PLlil
PAYS A L'OUEST DE L'IR AOL Al) V.
RoYAUMK d'Ajsam. .... DjorhAt (Jorhaiit; ; Rangjmur, l.i plus gran<l« et la plu»
peuplée de tout le royaume; Ghergong, jadis capitale et maintenant un «mas de' ruines ; Soufya; Gohati (Gwahatcc) ; Kamlar.
Pats de Djuttiah (Gentiab). Djintiahponr. Cest le pays dea Kotsjrah on Kkmtiya ,
qui offrent encore à leurs dieux des sacrifices humains.
Pats de Katchae Koipour. Ce pays parait être le plus peuplé de toute cette
(Hairoumbo; Cacher), section, quoiqu'il le soit très peu, comparé ans province»
de l'Inde, même médiocrement peuplées. Ses babitans font encore de» sacrifices humain* à la déesse Kali.
Pats des Gaeraus Karribary (Curribary), dans la partie soumise aux An-
(Garrowa). g'»»»- Les territoires independans sont régis par plusieurs
chefs, parmi lesquels Ajjsnd , en i8i3, était le plus puissant. Les crânes humains peuvent être regardés comme la monnaie principale chea ces féroce» sauvages, qui ont l'usage affreux de manger la tétc de leurs ennemis.
Pays des Kouei Il n'y a que des villages. C'est la partie du Tipperah qui ne
(Kookies ; Lunctas). dépend pas des Anglais.
Pats des Moïtay. . . . . . Mannipour, ville entièrement détruite par les Birman*
(Ka-thee ; Cussay). pendant la dernière guerre ; elle est encore presque déserta.
Rotatjme n'A r axai* A r a k a n ; Varchipel <? Arakan, dont les (les principales sont
Ramri (Ramree), remarquable par sa population, ses for* tifications et ses volcans vaseux; et Tckedabà (Cbeduha). par ses volcans vasenx et sa population. PAYS A L'EST DU SALOUEN.
Peovihce de MtRTABAir. . Amberst-town; Jumalaen. Province de Y t. Ye.
Provckce de Tavat Ta va y (Tavoy).
Peovcscb de Taxaiserim Mcrglii (Mergui); Tenasserim, ^archipel JeMerghi habité par
les Tcholnmè et le* Posé; ses lies principales sont : Kings , cédée jadis par le roi de Siam anx Français, qui n'en prirent jamais possession ; Domet, qui est la plus grande, mais sans habitans; et Sa vu- Mathieu, remarquable par son beau port.
Ile du Prince de Galle» Georgetown. La petite province de Wcllesley sur le
(Poolo-Pinang). continent opposé en dépend.
PaovftrcE de Malacca. Malacca.
Ue de Singbafoor Singbaponr (Sincapore).
Us villes les plus remarquables de cette partie de l'Asie sont :
Aeaeak , grande ville située sur l'Arakan, jadis populeuse et florissante, mais réduite à la plus grande misère pendant la domination des Birmans, qui la conquirent en 1783. Ses maisons ne sont que des cabanes de bambous bâties sur des piliers le long du fleuve, d'après l'usage des peuples riverains de l'Inde Transgangctique et de la Malaisie. Dans le centre se trouve mi emplacement carré environné d'une muraille , et dans son enceinte s'élèvent plusieurs temples , avec un grand nombre de statues de Gaulama , depuis un pouce jusqu'à 20 pieds de hauteur. C'est dans un de ces temples que se trouvait la fameuse figure colossale de Gautama représenté assis et en demi-relief sur une table de bronze ; c'est l'objet de la vénération d'un grand nombre de pèlerins , qui s'y rendaient de toutes les contrées où domine la religion de Bouddhah. Cette figure, ainsi que le fameux canon de trente pieds de long composé de très grosses barres de fer battu , ont été transportés à Amarapoura par les Birmans. L'air d'Arakan est très malsain , et sa population , que les géographes s'accordaient à porter au-delà de 100,000 âmes, parait ne pas s'élever aujourd'hui au tiers de ce nombre.
A* HEiiST-Towif , petite ville du royaume de Martaban , bâtie en 1 8a6 près de l'embouchure du Salouen. C'est une place importante sous le double rapport militaire et commercial. Son port est excellent, et sa. proximité de la frontière birmane y attire tons les jours un grand nombre de Pegouans, et d'autres habilans de l'empire Birman, qui viennent chercher dans Amherst-town un meilleur gouvernement et tous les avantages qui en résultent. La population de cette ville , qui, en janvier 1837 1 s'élevait déjà à 1,600 âmes , doit être actuellement de 10,000 au moins.
Mkrghi, ville assez bien bâtie, sur les bords du Tenasserim, non loin de sou embouchure , petite , mais très importante par sa position , par la bonté de son port et par la salubrité de son climat. En i8a5, elle comptait environ 8,000 habitans, y compris ceux répandus dans les villages voisins.
George-towv , dans l'île du prince de Galles, jolie ville , bien bâtie et assez bien fortifiée , avec un port, une citadelle, un arsenal et quelques édifices remarquables. C'est le siège d'une cour supérieure de justice et d'un évéché auglican. Cette ville prend chaque jour uu nouvel accroissement dû au commerce qui y est très florissant. Sa population parait s'élever actuellement au-dessus de i5,ooo âmes. Depuis quelques années on y publie un journal.
M a la ce a , à l'extrémité de la péninsule et sur le détroit auquel elle donne son nom , ville jadis très commerçante et forte, mais actuellement très déchue sous tous les rapports. Elle commence cependant à se relever un peu depuis qu'elle est passée sous la domination auglaise. Une partie de la ville est assez bien bâtie ; son port est bon et sa populatiou paraît s'élever à environ 5,ooo habitans.
, Sm ghapour , fondée en 1 8 1 9 par sir Thomas Raffles sur l'ilot de ce nom ; c'est une ville bien bâtie et déjà très florissante. Plusieurs grandes maisons de commerce y ont été établies par des Européens, et beaucoup d'autres par des Chinois, des Arabes, des Indiens, des Arméniens et autres nations de l'Orient. On a déjà construit plusieurs gros vaisseaux sur ses chantiers, et son port, déclaré franc et ouvert à toutes les nations indistinctement , est devenu le rendez-vous des vaisseaux de tous les peuples maritimes de l'Asie et de l'Océan ie, qui regardent Singhapour comme le marché le plus avantageux des produits de leur sol respectif. On y a transféré et réuni au collège Malais, fondé par Raffles , le collège Chinois établi à Malacca. Le Singhapoor ckronicle , qu'on y publie depuis quelques années, contient des articles très importans pour la géographie de l'Asie- Orieutale et de l'Océanie. La brillante peinture que Fénélon a tracée de l'ancienne Tyr, se trouve , en quelque sorte , réalisée de nos jours par l'étonnante prospérité de cette ville qui, dans le court espace de cinq ans, a vu s'élever sa populatiou de i5o misérables pécheurs à i5,ooo habitans aussi riches qu'industrieux , et a vu porter la valeur de son mouvement commercial à la somme énorme de 1 10,000,000 de francs.
Empire d'An-nam ou de Viêt-nam.
. On connaît encore très imparfaitement les limites taies de cet empire , fondé au commencement du siècle actuel par le brave et habile Ngaï-en-choung ou Gia-long, dernier rejeton des rois de Cochinchine. Il nous semble cependant que dans son état actuel on pourrait tracer ses limites de la manière suivante : au nord, l'empire de la Chine
tiroprement dit; à l'est, la mer de la Chine; au sud, cette même mer; à 'ouest, le royaume de Siara.
FLEUVES» Le Mayxaukg ou Menam-Koiig, qui vient du Yun-nan et du Laos dépendant de Siam ; il traverse le Laos tributaire et le royaume de Kambodje, en passant par leurs capitales; le SàiiG-xoï, qui vient aussi du Yun-nan , traverse le Tonqitin en passant par sa capitale Ke-tcho; il reçoit dans ce royaume le Lt-sing-Kia/ig,qu'i est son principal affluent à la droite. Le cours de ces deux, fleuves dépasse de beaucoup celui de tous les autres de l'empire. Viennent ensuite le Tche laï-ho, qui prend sa source dans le Yun-nan et traverse le Tonquin. Tous les fleuves de la Cochitichîne ont un cours très borné ; I'Huk n'est remarquable que parce qu'il baigne la capitale de l'empire. Dans le Kambodje (Camboge) on peut nommer, outre le Menam-Kong déjà mentionné, le Saung ou Doit aï, qui passe par la grande ville de Saigon.
DIVISION* ADMINISTRATIVES et TOPOGRAPHIE. Comme on ne connaît pas exactement toutes les divisions et les subdivisions actuelles de l'empire, nous offrirons dans le tableau suivant ses grandes divisions géographiques, en y intercalant les villes principales respectives, autant que la géographie encore si imparfaite de ces régions et le cadre resserré; de cet ouvrage peuvent le permettre.
Pays. Chefs-Lieux , Ville* et Lieux le» plu» eemarqcablks.
Royaume de Cocbihcbiite Hué (Hoefo); Keoha (Toanhoa) ; Huohan (Faïfo) ; Touron (Drang-trong ou royaume (Uanaan); ville très déchue , quoique toujours importante du Dedans ; royaume d'An* par son commerce et par sa baie superbe ; les Français , à qui na m Méridional). elle fut cédée en 1787 , n'en prirent jamais possession ; Kitta
(Quitta); Kinhone (Quinbone); Phuyen (Quippbu). Varchipcl de Paracefs, composé d'ilôts fréquentés |»ar les pécheurs. Royaume de Towquiw. . . «Le te ho (Bak.-k.inb, Doog-king ou Catcbao); Jfanvints,-J/un- (Drang-ngay ou royaume non,- Domea ; Chinten. Nous ajouterons que le Lactho, du Dehors; royaume d'An- mentiouné par M. de la Bissachèrc et dont la situation a tant nam Septentrional). embarrassé les géographes, n'est, selon ce que nous a dit
M. Langtois, supérieur des missions étrangères, qui a séjourné dans ce pays, qu'un hujren nu subdivision de la province de Than-hoa ; à la vérité , aussi grande à elle seule que totitea les autres ensemble. Ce pays est habité par un peuple qui parle une langue particulière. Le groupe des Pirates , jadia et peut être encore aujourd'hui habité par des pirates Ts iampa (Binh-Tuam). . . . Une grande partie est occupée par des peuplades indépendantes et belliqueuses. Dans la partie soumise il n'y a que des villages. Padaran et Phanary en sont les principaux. Royaume de Kambodje. . . Saigon (Saygan) ; Kambodje (Lâweik) ; Panomping, seconde (Camboge, Cambodia). capitale du royaume de Kambodje; depuis 18*4 cet état a
été réuni à l'empire après la mort de son roi ; Kankao ois Athien, petit état fonde par un négociant chinois, autrefois indépendant et aujourd'hui entièrement soumis. Le groupe de Poufo-ConJor{ en 1704 les Anglais y avaient fondé une rolouie qui fut détruite par les Makassara. Poulo- ffray, lie déserte, où se réfugia Ngat-cn-choung'; ce prince y séjourna pendant les troubles qui agitèrent la Cochinchine.
Laos Ajiamitb Cette partie de l'empire d'An-nam parait être composée de
trois parties distinctes : le royaume du Petit- Laos, a l'ouest du Tonquin, dont il est tributaire , selon Mariai; sa capitale est Han-niech, selon M. de la Bis&acUèrc ; le rojra u me de Tiem, mentionne par Choisi et Van Vusthorf. situé dans les montagnes à l'ouest de la Corhinchine»Septentrionale ; la partie méridionale du royaume des L a nj a ns , où l'on troure Sandapoura.
Rota u M* ds Bao (Boatau). Cette contrée mentionnée par le père Tissanier , Daœpier et
autres, était tributaire du Tonquin, selon Mariai, et avait pour capitale Bao. Nous ne mentionnons ce pays, ainsi que plusieurs antres, que pour engager les géographes à les rétablir sur les cartes , d'où ils ont été effacés sans qu'aucune récente exploration ait infirmé leur existence.
Tir n (toi r es ihdépehdans Dans les limites de l'empire et spécialement dans les hautes
vallées des montagnes qui séparent la Chine du Tonquin et le bassin du Mcnam-kong, du Tonquin et de b Coebincbine, rivent plusieurs tribus plus ou moins féroce* , plus ou moins belliqueuses , parmi lesquels se distinguent les Moi on Meut et les Mouang , par leur nombre et par le vaste trrritoirc qu'ils occupent. Quelques-unes de leurs tribus font des fréquentes incursions sur le territoire cocliiuchinois. Vieunrut ensuite les hoyes qui habitent les hautes vallées du Binb- Tuam ou Tsiampa. Ces peuplades sont régies par différens chefs tont-à-fait indépendant
Hué, ville grande et Irès forte, située sur l'Hué, dans l'An-nam Méridional. Ses ouvrages extérieurs et intérieurs, construits par des ingénieurs français, sont immenses et d'une grande solidité. M. Finlayson loue surtout les greniers, les magasins, les casernes et les arsenaux de terre et de mer, dont la plupart s'élèvent sur les bords d'un canal navigable qui traverse la ville. Selon M. White on a employé à ces travaux, depuis 20 ans, près de 100,000 hommes. Le fossé qui environne la place a trois lieues de circuit et 100 pieds de large; les murs ont 60 pieds de haut Ces immenses fortifications , qui font de Hué la première place d'armes de V Asie , sont presque achevées. On y entretiendra une garnison de 40,000 hommes, et les remparts seront garnis de 1 ,200 canons. La citadelle est de forme carrée. Le palais de l'empereur est aussi vaste que massif. Hué possède une immense fonderie de canons , qui , après la suppression de celle de Kambodje, est la seule de l'empire. Elle est aussi la station ordinaire d'une iorte section de la flotte des galères. Tous les ans on construit sur ses chantiers des bâtimens de guerre, les uns d'après la coupe des vaisseaux européens, les autres d'après des modèles qui sont un mélange des formes 'des bâtimens de l'Europe et de l'Asie. Quoique M. Hamilton n'estime la population de cette ville qu'à 3o,ooo âmes, nous croyons qu'on pourrait sans exagération la porter jusqu'à 100,000.
Les autres villes les plus remarquables sont :
Kktcbo, située sur le Sankoï dans l'An-nam Septentrional. Richard la dit égale à Paris en étendue, et cependant M. de ht Bissachère ne lui accorde que 40,000 babitans! Ces deux faits peuvent se concilier dès qu'on observe que des cabanes, des jardins, de larges mes et de vastes terreins couverts de décombres , en occupent la plus grande partie. Les palais du roi et des mandarins sont les seuls construits en briques sécbées au soleil. La résidence des derniers rois est très vaste, mais elle tombe en ruines; une partie sert actuellement de demeure au vice-roi du Tonquin. Dans les environs de Kclcho ou voyait du temps de Baron et l'on voit encore selon M. Chaigueau la triple enceinte de Va mcit n ne ville et les ruines du palais des anciens rois ; ce dernier avait 6 à 7 mille* de eirconféreuce. Ses cours pavées de marbre, ses portes, les restes de ses appartemens an-
noncent que celait un des plus magnifiques édifices de l'Asie. Nous rappellerons aussi avec M. de la Rissachcre, qu'uu grand chemin conduit par Cia-long nu m- de eetic > die a celle d'Hué et que Ketcho en x8oo possédait la seule imprimerie de l'empire.
Saîgohg (Saigon), bâtie sur la péuinsule, formée par la réunion des deux branches dn Donnai ; cette capitale du royaume de Kamhodjc se compose de deux tilles distinctes : la ville nouvelle , dite Bingeh , et la ville ancienne , nommée Saigon g. Tout près de la première s' élevé une immense citadelle construite sous la direction des ingénieurs français. Klle n'était pas encore achew'c en i Ait ; pour la force et l'étendue , elle rivalise avec les immenses fortitications de Hué. Au milieu de la ville s'élève un \ailu palais , bâti pour le roi, qui cependant n'y a\;ut jamais réside jusqu'à l'époque ou M. NVlnle était a Saignng. Selon ce voyageur, Y arsenal maritime ne le cède guère aux établissement de ce genre qui sont en Europe. Eu 1819 il y avait 190 galères d'uuc construction excellente, longues de 40, à 100 pieds, et portant les unes 16 canons, les autres seulement de 4 à 6 ; ces pièces sont en cuivre et de la plus belle fonte. A la mèrne époque il y avait aussi deux frégates de construction européenne, l es maisons de cette ville sont , pour la plupart , construites en bois et revêtues d'un chaume de feuilles de palmier et de pailles de riz ; quelques-unes sont bâties en briques et en tuiles; elles n'ont qu'un étage et n'ont pas de croisées à ritres, mais des volets qu'il faut ouvrir pour éclairer l'appartement. Les maisons de ta classe pauvre sont sales et misérables. On y remarquait une église chrétienne, desservie par deux missionnaires italiens. Un canal navigable, construit dernièrement, joint celte ville au Kambodje. Saïgong est aussi la première place de commerce de I empire. Quoique M. White lui accorde 180.000 habilans, nous n'hésitons pas à réduire ce nombre à 100,000. Dans les environs immédiats de celte ville on voit le monument que la reconnaissance de Gia-long a élevé à celui qu'il appelait le maître illustre, c'est-à-dire à son vertueux cl habile ministre l'évéque d'Adran ; c'est une plate-forme surmontée d'uue belle maison, dont la conservation est confiée à un détachement de la garde impériale.
Kambodje {Camboge; Eauwek; Ijhvrih; Loech), bâtie sur une île formée par un bras du Mennm-konç on Ma\ kaolin;; et traversée par plusieurs . anaux. Selon Van Yiisthrof, qui la visita en 1637 , toutes les maisons étaient contiguès et situées le long d'une digue. I.c palais du roi, d'une architecture très simple, et bali en bois, éclatait d'or et d'argent daus l'intérieur. Cette ville renfermait un temple très beau , dont le toit était soutenu par des piliers de bois vernissés, avec des ornemeus en relief et dorés; le pavé en était précieux ; ou y voyait trois grandes statues couvertes d'or. Kambodje est très déchue depuis que la résidence royale avait été transférée, selon M. Hamilton, à Panompin. 11 parait que le beau palais royal et ses magnifiques pagodes tombent en ruines. On ne saurait rien dire sur le nombre de ses habitaus, qui sûrement doit avoir bien diminue.
Archipels tC jinàaman et de IS ikubai .
Ces deux archipels forment une longue chaîne d'îles qui s'étendent du nord au sud dans le golfe du Bengale entre le cap Negrais dans l'empire Hirman et l'extrémité nord-ouest de l'île de Sumatra. Leurs habilans sont très peu nombreux, et sont absolument indépendans, malgré les assertions des géographes qui font dépendre l'archipel d'Andaman des Anglais et celui de Nikobar des Danois. Nous ajouterons cependant que ces derniers ont le projet d'y faire un nouvel établissement.
Archi ml d'Ahoamak. Il est composé d'une grande ile , de deux autres moindres et d'un grand nombre d'autres encore plus petites. Les meilleures cartes nous représentent la plus grande, nommée Grande- Andaman, partagée en deux îles, séparées par le détroit d'Andaman. Celle du nord est la plus étendue ; on y tiouve le beau port Cornwalis , où les Anglais, en 1793, avaient construit un fort qu'ils oui abandonné depuis à cause du mauvais air. Dans celle du sud est situé le port de Chatham , où les Anglais avaient fondé une colonie en 1791 , qu'ils ont ensuite abandonnée pour aller s'établir au port Cornwalis. La Petite- A ndaman est plus élevée que la grande et bien boisée , mais privée de bons ports. Les habitans de cet Archipel sont des nègres très laids, aussi féroces qu'abrutis.
ABREGK DE GÉOGRAPHIE.
Arcbipel de Nieobar (les Frederiksôerne , ou iles de Féderik des Danois), composé de dix îles principales et d'un grand nombre d'autres beaucoup pins petites disposées eu trois groupes. Leurs babitans, doux et paisibles, ressemblent aux Malais par les formes et par la couleur de leur corps. Dans leur habillement , une petite bande de drap pend derrière eux , ce qui peut-être fit croire au suédois Koeping, marin ignorant , que ces insulaires avaient une queue; conte absurde , qui a été cependant cru par Linnée, Buffon et Monboddo. Les iles principales sout : Grand-Nikobar , qui est la pins grande de tout l'Archipel ; Petit- Nikobar ou Sambeiong; Katchoul (Katchal); Kamorta, où les Autrichiens, en 1778, ont fondé unecolouie, qu'ils ont abandonnée depuis; Nancowry (Pïoncovery), où les Danois avaient un établissement, abandonne depuis plusieurs années à cause du mauvais air; Terressa; Chowry; Tillantchong; Karnikobar, la plus septentrionale , et où était rétablissement danois qui a été le dernier abandonné.