‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 168 sur 320 · EMPIRE CHINOIS · texte numérisé non relu

EMPIRE CHINOIS

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale. Entre 69° et i4 1°. Latitude. Entre 180 et 5i°. Dans ces calculs on a compris l'île d'Haï -nan et la partie septentrionale de celle de Tarrakaï ou Tchoka.

CONTINS* Au nord, le Turkestan , l'Asie Russe et la mer d'Okhotsk; à Yest, les parties du Grand-Océan nommées mer d'Okhotsk, mer du Japon, mer Orientale et mer de la Chine ; au sud, cette même mer , l'empire d'Annam, le royaume de Siam, l'empire Birman, l'empire Anglo-Indien et le royaume de Nepâl ; à Vouest, la confédération des Seïkhs et le Turkestan.

TliEUVES» La position des vastes chaînes de montagnes qui parcourent cet empire donne à ses nombreux fleuves cinq pentes différentes qui les mènent à autant de mers diverses.

L'OCÉAN-GLACIAL-ARCTIQUE reçoit :

L'Obou Oby, dont le puissant affluent Irtych» nait dans la province de Tarbagataï, dans le gouvernement du Thiau-chan-pe-lou , au pied du Grand- Altaï, traverse le lac Dzaisang et entre ensuite dans la province d'Omsk dans l'Asie-Russe.

L'IÉniscï, qui est formé par l'union des deux branches nommées Oulou-Ksm et Bet-Kem , dans le pays des Ouriangkaï; après leur jonction il prend la dénomination de IÉjrtsKÎ en franchissant les monts de Sayansk, sur les confins méridionaux de l'Asie Russe. Ce grand fleuve reçoit à la droite Y Angara supérieure, dont la Se l i n g a , qui ualt dans les monts Tanguou-oola , dans le pays des Khalkha, et entre dans le lac Baïkal, peut être regardée comme la partie supérieure du cours de ce grand affluent. La MER d'OKHOTSK reçoit :

L'Amour (Sakhalian-oula, ou He-loung-kiang) , qui est formé par la réunion du KaanocLtm avec l'Oaow. Le Kherouluk, nommé, après avoir passé parle lacKuhinnoor, Eruouite ou Argvk par les Mongols et les Russes , est regardé comme la branche principale; il prend sa source dans les monts Barka-dabahn , traverse le pays des Khalkha et le lac Kulun et sépare ensuite, sous le nom d'Aaocn, la Daurie chinoise de la Daurie russe; I'Okon ou Chilra passe par Nertcbinsk. L'Argoun ou Amour traverse ensuite le pays des Mandchoux , en passant par Sakhalien-oula-khoton , et se jette dans un golfe de la mer d'Okhotsk , vis-à-vis l'île de Tarrakaï. Ses principaux affluens sur le territoire chinois, sont : le Soungari, grossi par le Non et le Khourka, et 1' Ousouri, à la droite; le Dzinghiri est son plus grand affluent à la gauche. La MER DU JAPON reçoit :

Le Ioumkit, qui parcourt la partie septentrionale du royaume de Corée; sou cours est très borné en comparaison de celui des fleuves que nous venous de nommer. La MER ORD2NTALE ou TOUNGHAI et ses branches reçoivent :

Le Ya-low , qui naît dans les monts Chanyan-alin et parcourt la partie septentrionale du royaume de Corée, dont il est le plus grand fleuve. Il entre dans la mer Jaune

LeLiAO-Mo, qui naît dam les monts Khingkan, traverse, sont le nom de Chaba- Mociiut , une partie de la Mongolie , et, sous celui de Liao-bo, le Cbing-king ; il se jette dans le golfe de Liao-toung , le Fhou-hai des Chinois.

Le Pe no , qui prend sa sourie dans les monts Khingkan , traverse une partie de la Mongolie et la province de Tcbi-ly, et entre dans le Phou-hai , après avoir passé non loin de Peking et par les villes de Toung-tcheou et Thian-lsing. Ses principaux afilueus sont :le Ychao-fio, le Sang-kan-ho et le Hon tho-fto ; ce dernier est traversé par le canal Impérial qui bit communiquer Peking avec le Kiang.

Le Hocahg-ho ou le Flkuvk-Javhb , ainsi nommé à cause de la couleur dorée qne le limon donne à ses eaux. Ses sources sont dans les monts Koulkoun, dans le pays des Mongols du Kboukhounoor. Il y fait de grands détours , passe à Lan-tcheou dans le Kansou, fait un détour immense dans la Mongolie, traverse le Chau-si, l'Ho nan, touche le Chau-loung et dans le Kiang-sou entre dans la mer Jaune. Les débordement de ce fleuve ont occasioné, dès la plus haute antiquité, de grands travaux hydrauliques, qui ont été continués ou repris sous le règne des derniers empereurs. M. Abel Remusat observe que l'on a des raisons de croire que l'embouchure du Hoaug-ho n'était pas jadis où nous le voyons aujourd'hui; mais que ce fleuve allait porter ses eaux dans le golfe du Liao-toung au Pbou-haï en traversant le Chan-toung. Ses principaux affluens à la droite sont : le Oueï'ho, qui traverse le Kan-sou et le Chen-si; et le H oei-ho, qui passe par l'Honan, le Ngan-hoeï et Kiang-sou, et traverse le lac Houngtse. Le Fuen-ho, qui parcourt le Chan-si, est le principal affluent à la gauche.

Le Gbabd-Kiarg (Fleuve par excellence), dit aussi Fccuvt-Rt.EC par nos géographes , nommé à son embouchure Yawg-tsu-biahg (fleuve du fils de l'Océan) par les Chiuois; c'est le plus grand fleuve de l'empire. Il est formé par la réunion de trois branches nommées Kib-cha-biabg, Yamïu-xiawg et le Min-kiabg ; cette dernière est regardée à tort comme la principale. Mais, sur les traces de M. Klaproth, nous considérerons comme telle le Kih cha-xiahg (rivière à sable d'or), nommée Mounoui-oassou , dans le nord-est du Tibet ; RocnAÏ-Tcaou , dans la province de K'iiam dans la même contrée; Kik-cba-xiabg , dans le Yun-nan et le Szu-tchhouan, et Ta-kiahg {grand- Riang ou grand- fleuve) , après sa jonction avec le Tchouan-kiang au Min-kiang , dans le Szu-tcbhouao , près de Siu-tcheou. Le Kiang traverse ensuite cette grande province , celle de Hou-pe, touche celle de Kiang-si, et, après avoir coupé celle de Nganlioei et de Kiang-sou, il entre dans la mer Orientale. Ses principaux affluens, outre le Ya-loung-kiang (en tibétain Yarloung), qui parcourt la proviucc de K'ham dans le Tibet , et une partie du Szu-tchhouan en Chine, et le M iu- kiang, qui vient du K'ham et traverse le Szu-tchhouan, sont à la droite: YHeng, qui naît dans les montagnes du Kouei-lcheou , traverse cette province et celle de Hou-nan, est grossi par le Lo, eutre dans le lac Thouug-thing et le décharge ensuite dans le Kiang; le K an, qui prend sa source dans le mont Mei-liug, traverse le Kiang-si, entre dans le lac Phou-yang et se reud ensuite dans le Kiang. Les principaux affluens à la gauche sont : le Kia-ling, qui vient des montagnes du K au -sou cl traverse le Szutchhouan; le Hany qui traverse le Chen si et le Hou pc.

Le Mih-aiarg ou Otï-louhg-xiaiig ; c'est le plus grand fleuve du Fou-kian ; il a son embouchure dans le canal de Formose.

La MER DE LA CHINE et ses branches reçoivent :

Le Si-kiarg , appelé Tioaa à sou embouchure , formé par la réunion de plusieurs branches. C'est le plus grand fleuve de la Chine-Méridionale; il parcourt le Kouang-si et le Kouang-toung ; le Hong-kiang ou Teien-kiang et le Pe-kiang sont ses principaux atflueus. Le Si-kiang passe par Fo-chan et entre dans le golfe de Canton.

Le Ho-li kiang, qui naît dans le Yun-nau, parcourt celte province et entre dans le Tonquin pour se rendre dans le golfe de ce nom.

Le Mat xaukg , le Thaloukh (Salouen) et l'I baouadi ou Yahou-Zzahgbo , naisseut dans les montagnes du Tibet , arrosent ce pays et le Yun-nan , et entrent, le premier dans le Laos, et les deux derniers dans l'empire Birman. Voyez les fleuves de l'Iude-Transgaugétique, aux pages 73a et 733.

Plusieurs fleuves de l'empire Chinois ne se rendent pas à la mer. Noirs nous bornerons à eiter les suivans comme les principaux de ce genre.

AKRÉGÉ DE GÉOGRAPHIE

L'Im ; U naît dans les monts Célestes ou Thian-cban , traverse la Dioungarie, passe par lli ou Gouldja et se jetle dans le lac ttalkachi.

Le Tcmoui sort du lac Teraourtou (ferrugineux) dit aussi Touzkoul (salé), situé dans les monts Moussour, traverse ce lac, aiusi que le pavs des Kalmuk Torgot, et quitte cette contrée pour entrer dans le Turkestan , où il se jette dans le lac Kaban-koulak. Voyei à la page 685.

Le Yarkaho-daria , dit aussi Tarim et Eruhrou-coi.. C'est le plus grand de tous les fleuves de cette espèce «pie possède l'Asie. Il parait prendre sa source dans le Mouz-lagh , traverse de l'ouest à Test tout le Thiaii-cban-nan-lou , en (tassant par Yarkaud , et aboutit au lac Lob. Selon la carte de M. Klaproth, ses principaux affluens sont : à la droite, la rivière de Kkotan ; à la gauche, la rivière de Khachkar, la rivière d'Aksou, le Moussour et le Kaidou.

RELIGION. La très grande masse des habitans de la Chine professe les dogmes du Bouddhisme on la religion de Foe, qui est aussi la religion des Coréens , des habitans de l'archipel de Licou -khieou , des Lolos du Yun-nan , et qui parait aussi être professée par les Mienting dans cette dernière province, et par les Miaotsc dans plusieurs autres. Il compte également parmi ses croyans presque tous les habitans du Tibet et du pays du Deb-radja appelé vulgairement Boutan; et les nombreuses hordes de» Mongols, des Kalmuks, ainsi que les Mandchoux. La relicion de Coirrucius, ou la doctrine des lettrés, est la religion de l'empire; elle est professée par les classes lesvplus élevées et les plus instruites de la population de la Chine et de la Corée. Chaque magistrat y pratique ce culte dans la sphère de ses fonctions, et l'empereur lui même en est le patriarche. Généralement tous les lettrés s'y attachent sans renoncer tou tefois à des usages empruntés aux autres cultes. Les dogmes des Tao -sse, ou docteurs de la RAisoif comptent aussi dans cette vaste contrée un grand nombre de croyans. L'Islamisme est professé par les Kirghbs- Kaïsak et les Bourout, ainsi que par les nombreux Boukhares et les Turks qui forment la masse principale de la population du Thian-chan-nan-lou Petite - Boukharie ) et qui sont répandus dans plusieurs provinces de a Chine , principalement dans celles de Chen-si et de Kan-sou. Nous rangerons sous le titre d'iDOLATRis et pratiques superstitieuses les croyances des anciens Mandchoux, de quelques tribus de Toungouses, celles des Soyotes , et celles des peuplades sauvaçes qui occupent l'intérieur de la Chine, de File d'Haï-nan et la partie onentale de celle de Formose. Le Christianisme compte plusieurs milliers de croyans parmi les Chinois, qui presque tous appartiennent \ V Eglise catholique ; dans le xvue siècle ces néophytes y étaient très nombreux, mais ils ont beaucoup diminué, surtout dans ces dernières années, à cause des persécutions qu'ils ont endurées. Quelques Protestons ont essayé plus récemment de répandre leur religion à la Chine, par la traduction de la Bible ; mais ils n'ont jusqu'ici fait aucun progrès dans l'esprit des Chinois. Le Judaïsme est professé par quelques milliers des habitans de la Chine; c'est une colonie de Juifs qui y ont passé très anciennement des provinces les plus orientales de la Perse. On y trouve aussi des Manichéens et des Parsi , restes des établissemens que ces réligionnaires ont eus autrefois dans l'Asie-Centrale.

GOUVERNEMENT. Le gouvernement chinois a long-temps passé pour despotique. On sait à présent, dit M. Abel Rémusat, qu'il est limité par le droit de représentation donné à de certaines classes de magistrats, et plus encore par l'obligation où est le souverain de choisir ses agens , d'a-

près des règles fixes, dans le corps des lettres. Ceux-ci forment une véritable aristocratie qui se recrute perpétuellement par les examens et les concours. Les jeunes gens de toutes les conditions sont admis indistinctement à concourir au V grade littéraire. Ceux qui l'ont obtenu concourent entre eux pour le a" grade, qui est exigé de ceux qui doivent exercer des fonctions publiques» Du a° grade, on peut, par le même moyen, s'élever au i", qui conduit aux charges les plus élevées. Cette institution qui, sous sa forme actuelle remonte au vu' siècle, tient lieu de noblesse, et a beaucoup contribué à la longue durée de l'empire, et a y maintenir l'ordre et la tranquillité. Il n'y a du reste de titres héréditaires que pour les princes de la famille impériale et pour les descendant de Confucius, ainsi que ceux de Mencius et de Lao-kitm; mais on accorde souvent des titres rétrogrades qui anoblissent les ancêtres de l'homme qu'on veut recompenser, et le préjugé chinois fait attacher un grand prix à celte marque d'honneur. Le pouvoir suprême est exclusivement exercé par l'empereur qui prend le titre de fils du ciel et d'auguste empereur. La couronne est héréditaire et la succession est fixée depuis long-temps dans la ligne masculine; mais l'ordre de primogeniture n'y est pas toujours suivi. D'après les idées reçues en Chine, tout prince étranger qui envoie une ambassade à l'empereur se reconnaît son vassal. Cet usage a induit et induit encore en erreur beaucoup de géographes. Le système de la subdivision des fonctions a prévalu depuis long-temps. L'administration des provinces est partagée entre plusieurs ni liciers qui n'ont pas de contrôle les uns sur les autres, et qui doivent porter à la cour les affaires sur lesquelles ils ne peuvent pas s'accorder. Le gouverneur général, que les Européens nomment vice -roi , a ordinairement deux provinces sous son administration. Il y a en outre un intendant de la province, un surintendant des lettres, un directeur des finances, un juge criminel et deux intendans, l'un pour les salines, l'autie pour les greniers publics. Chaque département, diaque arrondissement et chaque district, ont encore des magistrats particuliers qui exercent concurremment des fonctions administratives et judiciaires. L'empereur nomme à tous les emplois , d'après une présentation triple du conseil du personnel. Beaucoup de rapports , de décrets et d'autres documens officiels sont donnés sous la forme d'instructions adressées aux magistrats ou au peuple. On les imprime régulièrement dans la Gazette officielle , dont des extraits sont repris et publiés de nouveau dans les gazettes provinciales qui s'impriment dans les principales villes. Lorsque l'empereur prend une mesure ou promulgue une loi à laquelle il peut supposer que l'opinion publique ne sera pas favorable , il déduit dans la gazette sus-mentionnée les motifs qui ont déterminé sa résolution ; et , ce qui est bien plus remarquable, c'est que l'empereur se croit responsable envers ses sujets de toutes les calamités qu'ils éprouvent, telles que famines, épidémies, trembiemens de terre, etc. ; dans ces cas il s'accuse publiquement d'avoir irrite le ciel en négligeant ses devoirs et il s'impose des pénitences, qui consistent en retraites plus ou moins longues, en jeûnes, en prières extraordinaires, etc.

Le gouvernement du Tibet et du Boutan est une véritable théocratie. La constitution politique des Mongols, des Kalmuks et des Kirghiz ressemble à celle des royaumes de l'Europe dans le moyen âge. Le gouvernement de la Corée et de l'archipel de Lieou-khieou paraît être despotique. Le Dalaï-

ARRÉGl* DE GÉOGRAPHIE

lama et le Bantchan-erdeni envoient annuellement une ambassade à Péking avec des présens, qui consistent en draps et en étoffes fines de laine, en bâtons d'odeur , en petites colonnes ou obélisques d'argent , en idoles et autres objets relatifs au service divin du lamisme , en chapelets de corail ou de succin. Toute la valeur des présens du Dalaï-lama est estimée à 60,000 roubles en argent , ou à 240,000 francs. Il paraît que le Deb- radja, qui est moins soumis aux Chinois , n'envoie rien à Péking. Le roi de Corée reçoit l'investiture de son royaume de l'empereur de la Chine , auquel il envoie des présens comme gage de sa fidélité, mais il en reçoit réciproquement, quoique d'une valeur beaucoup inférieure. Le roi de Corée paie également un tribut en or aux Japonais. Selon M. Golovnin le roi de Lieou-khieou aussi paie un tribut aux deux empereurs de la Chine et du Japon , mais paraît être encore plus dépendant de ce dernier que du premier. Les khans des Mongols, au lieu de payer un tribut, reçoivent de forts appointemens comme généraux au service de l'empire, ainsi que des présens considérables en étoffes de soie et en riches babil lemens. Les empereurs Mandchoux leur donnent souvent en mariage leurs tilles, leurs sœurs et leurs nièces pour les attacher à leur dynastie. Depuis plusieurs années les principautés de la Petite-Boukharie (f hian-chan-nan-lou) sont administrées comme une province de l'empire.

INDUSTRIE. L'industrie des Chinois est merveilleuse en tout ce qui concerne les aisances et les commodités de la vie. L'origine de plusieurs arts se perd chez eux dans la nuit des temps, et l'invention en est attribuée à des personnages, dont l'existence historique a souvent été mise en doute. Ils ont toujours su préparer la soie et fabriquer des étoffes qui ont attiré chez eux les marchands d'une grande partie de l'Asie. La fabrication de la porcelaine a été portée chez eux à un degré de perfection qui n'a été dépassé en Europe que depuis peu d'années. Le bambou leur sert à faire des milliers d'ouvrage* de toute espèce. Leurs toiles de coton sont renommées dans le monde entier. Leurs meubles , leurs vases , leurs instrumens et outils de toute espèce, sont remarquables par une grande solidité, jointe à une certaine simplicité ingénieuse qui mériterait souvent d'être imitée. De tout temps ils ont su travailler les métaux, faire des instrumens de musique, polir et tailler les pierres dures. La gravure en bois et l'imprimerie stéréotype remontent chez les Chinois au milieu du xe siècle. Ils excellent dans la broderie, la teinture, les ouvrages de vernis et l'art de découper l'ivoire; les éventails qu'ils en font sont admirés de tout le monde ; leurs ouvrages en filigrane sont fort beaux ; leurs fleurs artificielles n'ont pas encore été surpassées, et nous leur devons l'usage des papiers de tenture. On n'imite qu'imparfaitement en Europe certaines productions de leur industrie , telles que leurs couleurs vives et inaltérables, leur papier à-la- fois fin et solide, leur encre et une infinité d'autres objets qui exigent de la patience, du soin et de la dextérité. Il se plaiseut à reproduire des modèles qui leur viennent des pays étrangers; ils les copient avec une exactitude scrupuleuse et une fidélité servile. Ils fabriquent même tout exprès pour les Européens des objets qui sont du goût de ces derniers, comme des magots ou des figurines en stéatite, en porcelaine, en bois peint ; et la main d'œuvre est à si bon marché chez eux , qu'il y a souvent de l'avantage à leur commander des ouvrages que des artisan* européens ne pourraient exécuter qu'à grands frais.

Sous le rapport de l'industrie on peut ranger les Coréens avec les Chinois ; ils se distinguent surtout dans la fabrication d'une étoffe de coton connue sous le nom de nankin et dans celle du papier à écrire. Les Tibétains sont beaucoup moins industrieux, quoique leurs tissus de laine aient un grand débit dans la Chine, dans l'Inde et dans la Mongolie. Les Tibétains égalent les Chinois dans la fabrication de plusieurs objets en métaux et dans les ornemens de tète des femmes. Les Roukhares dans le Thian-chan-nan-lou paraissent être, sous le rapport de l'industrie, supérieurs aux habitans du Tibet; ils excellent surtout dans l'art de polir le jade oriental et dans la fabrication du drap d'or et d'argent, ainsi que dans celle des étoffes de soie et de la toile. Les Kalmuks, les Mongols et les Kirghiz reçoivent des peuples que nous venons de nommer tous les articles de luxe, et quelquefois même quelques-uns de ceux de première nécessité. Les grandes villes et les gros bourgs qui se distinguent sur tous les autres par leur industrie, sont : Peking et Thiantsin , dans le Tchy-li; Canton et Fou-chan, dans le Kouang-toung ; Tchajig-tcheou et Foutcheou , dans le Fou-kian ; Hangtcheou et Ning-pho , dans le Tche-kiang; Kiang-ning , Sou- tcheou, Soungkiang et Yang-tcheou dans le K.iang-sou; King-te-tcliing et Kan-tcheou , dans le kiang-si; Kachkar et Yarkand , dans le Thian-chan-nan-lou et Hlassa (Lassa) dans le Tibet.

COMMERCE. Le commerce intérieur de la Chine l'emporte de beaucoup sur le commerce extérieur ; il se fait par les rivières et les canaux, et consiste principalement en échange de productions naturelles ou industrielles des diverses provinces. La Chine est un pays si vaste, et il règne tant de variétés dans ses productions, que ce trafic suflit pour occuper la partie de la nation qui peut se livrer aux opérations mercantiles. Cette circonstance a contribué à faire négliger par les Chinois leur commerce maritime, qui s'étendait autrefois jusqu'à la mer Rouge. Cependant leurs marchands visitent encore les principaux ports de la Malaisie (Archipel- Indien), de l'Inde-Transgangétique et quelques-uns du Japon et de la Papouasie (Nouvelle-Guinée).

Dans le commerce étranger on doit distinguer le commerce maritime et le commerce par terre. Le premier est beaucoup plus considérable que le second. Son entrepôt principal est le port de Canton , qui est le plus fréquenté par les nations maritimes de l'Furope et par les Anglo-Américains. Ces derniers et les Anglais y font à eux seuls presque les trois quarts de toutes les affaires. Le gouvernement chinois non content d'avoir limité les lieux où les marchands européens peuvent être admis, le lieu où ils peuvent habiter et la durée du séjour qu'ils peuvent faire à Canton, ne leur a pas seulement laissé la liberté de choisir les commerçans chinois avec lesquels ils peuvent négocier , il a confié le monopole du commerce européen à des négocians privilégiés, dont le nombre a été fixé h m jusqu'en 1792, où il a été porté à 18. Ces négocians, que les Français nomment /ta ni s tes et les Anglais hongy d'un mot chinois qui signifie magasin, sont les intermédiaires obligés dans toutes les opérations commerciales; ils fournissent des garanties , des cautionnemens et des répondans , et leurs fonctions s'étendent souvent à une sorte d'intervention polilique dans les difficultés qui s'élèvent fréquemment entre les négocians étrangers et les autorités locales. Après le port de Canton viennent ceux de Tchang-tcheou , de Hiamen ou Emouy, de Tcliao-hing et celui de Ning-pho. Les F:spagnols

de Manille ont seuls le droit de trafiquer à Tchang-tcheou dans le Fou-kian.

Le commerce étranger par terre a lieu sur cinq frontières principales : i° sur les confins de la Sibérie , où M aï match in vis-à-vis Kiakhta est la place principale. On a beaucoup exagéré l'importance de ce commerce; selon M. Klaprolh le prix de toutes les marchandises qu'on y échange surpasse rarement la somme de 8 millions de francs par an , et ne s'élève souvent qu'à 6 millions. 2° Sur les confins du Turkestan , où Yarkand est le principal entrepôt; Khachkar sur la frontière et Aksou dans l'intérieur sont aussi des places qui y prennent une grande part. 3° Sur les confins de l'Inde , où Leh dans le Petit-Tibet, Takakote sur la frontière et Lassa, dans l'intérieur du Tibet, sont les principaux eutrepôts. 4° Sur les confins de l'empire Bu man , où Young-tchhang-fou est la place principale. 5° Sur les confins de l'empire d'An-nam le commerce se lait par les négocians de Kueï- lin-fou.

Les villes de l'empire que l'on peut regarder comme ses principales places de commerce , outre celles que nous venons de nommer et celles mentionnées dans l'article industrie , sont : TchJiang-kia-kheou, en mongol Khalgan , dans le Tchy-li ; Lin-thsin tcheou , dans le Chan-tounç; Wou-tchhang, dans le Hou-pe; Yo-tc/ieou, dans le Hou-nan; Nan-kangt dans le Kiang-si; Gouldja ou IU, dans la Dzoungarie; Ourga ou Kouren, dans la Mongolie.

Les principaux articles exportés sont : thé, toiles de nankin, porcelaine, rhubarbe, squine, musc, gingembre, badiane, mercure, zinc, borax, soie, châles, nacre de perle, écaille de tortue et les objets mentionnés dans l'article industrie. Nous ferons observer que le thé est celui qui dé passe de beaucoup tous les autres, puisque les Anglais seuls en ont acheté 29,345,775 livres pesant en 1826, et que les 27,478,813 livres qu'ils ont exportées en 1823 représentent une valeur de 1,924,738 livres sterling. Les principaux articles importes sont : draps et autres lainages, fourrures de la Sibérie et de l'Amérique du Nord, fils d'or et d'argent, cannetilles et paillettes, glaces et verres de Bohême, plomb, corail, cochenille, bleu de Prusse , cobalt, vins de Champagne, ouvrages d'horlogerie , ébène , poivre , bois de sandal et de calambac, ivoire , étain , cuivre, ailerons de requins, holothuries, nids de salangane, écaille et nacre de perle, benjoin, camphre, encens, tabac et surtout opium, qui, quoique prohibé à la Chine, y est reçu avec le plus vif empressement. Ce dernier est même l'article le plus fort parmi les importations, puisque la valeur moyenne de l'opium introduit à Canton de 1821 à 1825 inclusivement s'est élevé à environ 8,000,000 de dollars ou à plus de 40,000,000 de francs. La valeur moyenne des nids d'oiseaux, regardes comme une friandise par les Chiuois et importés à Cauton , s'est élevée dans ces dernières années à 280,000 livres sterling ou à 7,000,000 de francs.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES et TOPOGRAPHIE. Dans les nombreux et vastes pays dont l'ensemble forme l'empire Chinois , il faut d'abord distinguer les pays entièrement soumis , les pays tributaires et les pays vassaux ou protégés. La première classe comprend : La Chine proprement dite; c'est le noyau de l'empire; elle forme avec une fraction du Pays des Mandchoux , qui est le pays natal de la famille régnante, et une partie de la Petite -Boukha rie, les dix-huit provinces de la Chine; daosle tableau suivant on a rangé ces dernières en cinq groupes géographiques, afin d'aider ]e lecteur à les retrouver sur les cartes. Les autres pays compris dans

cette classe sont la Dzoungarie ou le Thian-chan-pe-lou et le Thian-chan- > \ \ - 1 1 1 1 ou la Petite-Boukharie; depuis 1760 ces pays forment une province de l'empire. Dans la seconde classe il faut ranger la Mongolie proprement dite , le Pays des Mongols du Khoukhounoor , une partie du Pays des Kirghiz-KaÏsak. ou de la Grande-Horde et du Pays des Bourout. La troisième classe comprend les royaumes de Corée et de Lieouehieou, le Tibet et le Pays du Debradja, improprement nommé Boutan ou Bhotan par les Européens. Le Thian-chan-pe-i.ou ou la province au nord des monts Célestes, et le Thian-chan-nan-lou ou la province au sud des monts Célestes, forment réunis ce que les Chinois appellent Siw-Kiawg ou la Nouvelle-Frontière; tous les deux dépendent du gouverneur général militaire qui réside à Ili. A l'égard du Tibet, qui n'est ni un royaume, ni une province de l'empire Chinois, comme le décrivent nos géographes, mais bien une vaste région géographique, nous le partagerons avec M. Klaproth en quatre provinces, ou pour mieux dire en quatre grandes contrées, subdivisées chacune en plusieurs états dont le plus grand nombre paie un petit tribut au Dalai-lama; celui-ci, de même que le Bogdo-lama ou Bantchan-lama , et les autres sont sous la protection de Tempereur de la Chine. Les résidens de ce monarque auprès des cours des lamas souveraius ont acquis depuis quelques années une si grande influence dans l'administration intérieure du pays, qu'on pourrait le regarder comme entièrement dépendant de la Chine. Nous ajouterons que dans la Chine proprement dite il y a plusieurs peuplades qui ne sont sotimises que de nom, mais qui de fait sont entièrement indépendantes, comme quelques tribus des Micnting et des Miaotse; les Lolos ne sont que vassaux.

Nous venons de voir que la Chine proprement dite avec une partie de la Petite-Boukharie et du Pays des Mandchous sont partagées en provinces ; chaque province est subdivisée en départemens (/ou); ceux-ci sont subdivisés en arrondissemens (tc/ieou), et en districts (hian). Il y a de plus un certain nombre d'arrondissemens et de districts qui ne dépendent d'aucun département, mais qui relèvent immédiatement du gouvernement de la province; on nomme ces derniers tchy-liow mouvances directes. Dans le tableau suivant on a écrit leurs noms en caractères romains. Dans ce même tableau on a donné, d'après MM. Klaproth et Abel Rémusat, tous les départemens, tous les tchjr-li et tous les cantons immédiats de la Chine proprement dite et ceux de la partie de la Petite-Boukharie qui lui a été incorporée, parce que ces divisions donnant presque toujours leurs noms aux villes qui en sont le chef-lieu, c'était le moyen de faire connaître ces dernières. On a mis un * avant le nom de celles qui ne sont le chef-lieu d'aucune des divisions sus-menlionnées, afin d'éviter toute confusion. Nous citerons comme un fait remarquable nue les villes chinoises n'ont pas de nom; on les désigne par le nom du département, de l'arrondissement ou du district dont elles sont les chefs-lieux. On dit la ville du dr~* partement de Kouarig-toung (Canton), la ville du département de Kiangning (le Nan-king de nos cartes), etc., etc. La ville où réside actuellement la cour, chef-lieu du département de Chun-thian, dans le Tchv-li, n'a pas elle-même d'autre nom que King-szu, la capitale. Lorsqu'il y a eu en Chine plusieurs dominations simultanées ou que la cour a changé de résidence , on a donné aux diverses villes où elle s'établissait des noms qui marquaient leur positiou : Pe-king, cour du nord; Nanking , cour du

midi; Tming-king , cour orientale, etc., etc. Ces dénominations n'ont rien de spécial , et peuvent s'appliquer à toutes autres villes que celle que les Européens ont coutume de désigner de cette manière; cet usage a été et est encore une source inépuisable d'erreurs graves dans lesquelles sont tombés les plus savans géographes, lorsque, ignorant le chinois, le mandchou et aulres langues, ils n'ont pas eu recours aux savans orientalistes , qui pouvaient seuls les guider dans la description de ces contrées éloignées et encore si mal connues.

Pays it Pkoviwces. Chefs- Lieux, Villes et Lieux les plus remarquables

CHINE proprement dite.

Septentrionales.

TcMX-i.t Chch-thia!» ou Peeixg; * Toung-tcheou. (imi

?ien PeMchi-li avec une impériaux de sel); Hat-ùan, * Yuen^mmg-yuen; Pao-ting,

But

Traction du Pays des Mand- résidence du gouverneur du Tcby-li; Young-phing; Ho-kian; choux). Thian-tsin; Tching-ting ; Otun-te; Kouang-phing; Tahming;

Siuan-hoa; * Tehang-kia~kheou ou Khalgan; Tching-ie (Je-lio ou Gé-liol) Le» cautons immédiats de Tsun-hoa, Yi-tcbeou , Ki, Tchao.Tchin, Ting.

ChaH-si Thai-youan; Phing-yang; Phou~tcheou; Lou-'an; Fen-tcheou;

Thse-tcheou; IVing-wou,- Taï-thoung; Sou-phing. Les cantons immédiats de Phing-ting, H in , Tnï , Hou , Kiaï , Kiang, Thsin, Liao , Pao-te , Chi. La ville de Koueï-boa , dont relèvent sis cantons.

CHEH-sr Si -'an (Singan); Yanlan; Foung-thsiang; Hanrtchoung; Yu-!in;

• Hing-'an; Thoung-tcheou. Chang; Khinn; Pan; Feou ; Souï-te.

K a il -sou L a u-t c h e o n ; Koung-tchang; Phing-liang; Khing-yang; Ntng-

(la partie occidentale de la hia; Kan-tcheou; Lùtng-tcheou; Si-ning; Tchinsi (Bar-kol); province de Chen-si et partie * Ty-houa-cheou (Ouroumtsi); * Toung-ou; * Cha-cheou. Les candc la Petite-Boukharic). tons immédiats de King, Tbsin, Kiaï, Sou, 'An-si, Ti-hoa.

Provinces Occidentales.

Szb-tchouax Tching-tou; Tchoung-khing; Pao-ning; Chun-khing ; Siu-

tcheou; Khoueî-tcheou (dan» les montagnes de son territoire vit un peuple sauvage); Loung-'an; Ningyouan; Ta-tcheou; Kia'ting; T/toung-tchouan. Les cantons immédiats de Meî, Khioung , Lou , Tscu , Mian , Mcou , Tba , Tclioung , Si-yang , Siu-youug, Soung-fau, Chi-tchu , Tsa-kon, Argon, Meï-no (Grand et Pctit-Kin-tchhouan).

liiW-itAM Ynn-nan; Kio-tsing; Un-' an; Tchhing-kiang; Kouang-nan;

Khaï-hoa; Toung-tchhouan ; Tchao-thoung; Phou-euJ; Taï-U; Thsou-hioung; Young-lchhang; Chun-ning; Li-kiang. Le» cantons immédiats de Kouang-si , Wou-ting , Yo'uan-kiang . Tchin-youan, Young-pe, Meng-hoa , King-toung. Le Pays des Lolat , partagé en plusieurs fiefs vassaux de l'empire; et le Pays des Mienting, beaucoup moins considérable.

KoUahg-si Koucï-lin; LUou -tcheou; Kfàng-youan; Sse-'en; Sse-tchhing;

Phing-lo; Ou-icheou ; Thsin-tcheou ; Nan-ning ; Thaî-phing ; Tchin-'an. Le cauton immédiat de Yo-ling. Le Pays des

Kowawc-todhc K o u a n g-t c b e o u (Canton); Chao-tcheou; Nan-hioung; Hoet-

tcheou ; Tchhao-tcheou ,- Tchao-khing ; Kao- tcheou; Liait' tcheou; Louï-tcheou; *Fou-chan; * ilutnehanghien; Khioungtcheou (dans l'Ile d'H aï-na n , si importante par sa population, ses salines et plusieurs produits )>rérieux, et dout l'intérieur est occupé par des sauvages indépendans). Les cantons immédiats de Lo-ting , Lian, Kia-j ing. "L'archipel des Larrons occupé par des pirates , dont le chef paraît resittlc

Pats w Provinces. Cbefs-Lieux, Villes et Lielx les rccs rkmaho^ ables.

Provinces Orientales et Maritime».

FoOfclAN Foo-tchoou; Hing-houa ; Thsiaan-*cheou ; Trhang-tcheou ;

* Hiamen ou Emouy; Yan-phing; Kan-ning; Chao-wou. Tengtcheom ; Fou-runç ; Thaî-wan (dans l'île de Formas e, si remarquable par .sou étendue et si importante par ses beaux ports, ses bois de construction et autre* produit*; la partie orientale est habitée par de* sauvages indépeudan»; et la partie sud-ouest depuis i8o5 parait être occupée par des pirates). Les canton» immédiats de Youug-chhuu , Loting-\au. L'archipel Pheng/tu iPescadorcs des Européens), composé d'Ilots encore déserts , sur un desquels il y a un fort et une garnison de Chinois.

TcU£<*kia.jiu Han g- tcheou; Kia-hing; Hou-tcheou; Sing-pho; Chao-hmg;

Taï- tcheou; Ktn-hoa; Khiu-tcheou; Yan-tcheou ,- f'cn-tcheou; Ti hou-tcheou. L'archipel des 4oo îlots dont Km ta m {i/iatong des Anglais) et Tcheou (Chutum des Anglais) sont les principaux.

KiaKO-sou Kiaug-ning (Xan-king); Sou-tcheon ; Soung-kiang ; Tchang-

(la partie orientale de l'an» tcheou ; Tchin-kiang; Hoeï-'an, ï'ang- tcheou; Sin-tchecu. Taicien Kiang-nan). lh*ang,Haï,Tuoung. L'IleThsong-ning arec d'immenses salines.

Cman-TOCJIo Tsi-nan; Yan-tcheou ; Toung-tchhang ; • Un-thsm- tcheou ,

Thsing-tcheou; Teng-tcheou, uue des stations de la flottille; Laï-tcheou, une des stations de la flottille; Wou-ùng; Yi-tcheou- Thai*'an{ Tsao-tcheou. Tsi-uing, Lin-thsing.

Khaî-fung; Koueî-te ; Tchang-te ; tPeî-hoet ; Itoaï-khing;

Ho-nan, regardée comme la ville centrale de ta Chiuc; IS'an-yang; Ju-ntng, Tchin-tt hcoti. Hiu, Jou, Chcn, Kouong.

'Alf-HOlï 'A n-k h i u g ; tf'et-tcheou; \tng-koue; Tchi-tcheou; Tha'i-phing;

(la partie occidentale de Liu-tcheou; Foung-yang; Ying-tcheou. Tchhu, Ho, Konaugtc, l'ancien Kiang-nan). Lou-'an,Sze.

Houfe Wou-tchhang; f/an-yang; Hoang-tcheou; \4n4ou; Te-' an,-

(la partie septentrionale de King tcheou; Siang-yan'g; Yun-yang; Yi-tchhang. l'ancien Hou-kouang).

Kianc - si N a u - t c h h a n g ; Jao-tcheou ; * King-te-tchin ; Kouang-sin ;

• H'ou-tchin , bourg immense, entrepôt du commerce de II» Chine-Méridionale avec la Chine-Septentrionale; Nan-khang~ Kieou-kiang; Kian-tchhang; Fou-tehtou; Lin-kiang; Ki-'an; Chouî-tcheou; Youan-tcheou; Kan-tcheou,- Non- an. Niug-tou.

Hoo - Nam T c h h a n g - c h a ; Pao-khing ; Yo-tcheou ; Tchang-te ; Heng-

(la partie méridionale de tcheou ; Young-tchcou; Tchin-tcheou ; dans les montagnes de l'ancien Hou-kouang). son territoire vivent plusieurs tribus de Miaotse , indépeu-

dans de fait quoique soumis de nom ; Yuan-tcheou ; Youngchun. Foung; Tehin ; Tsing; Koueï-yang.

Ko CEI - TCHEOU. Koueï-yang; 'An-chun; Phing-youeï; Tou-yun; T chin-j-ouan;

Szu-nan; Chi-thsian; S zu- tcheou; Thoung-jin; Lt-ping; Taï-ting; Nan-loung; Tsun-yi

PAYS DES MANDCHOUX, partagé en trois departemeos ;

Ctff ng-kj no Ching-yang ou Moukden; Foung-thian ; l'archipel du

Liao-toung ou de Jean Potocki. 4 GaiMN. Ghiriu; Bèdouné ; Ningouta ; Tandon, lieu d'exil pour les

criminels chinois.

Sakhalieh-ocla SaLlialico-oula-khoton; Tsttsikar; Kaïïar. La partie

septentrionale de l'île Tarrakaï ou Tchoka.

MONGOLIE, où il faut distinguer :

Li Pats des Mongols subdivise en Kortsin, on se trouvent les ruine* des ville»

Al mat ou et Sihé ; Tournirr; Djalait, ou se trouve Tcholkhoto; Gorlos, où l'on voit les ruines des villes Loung-ngan, 'Ao-khotô et Bar-khotb; Arou-Kortsin ; Tocmkt, où est la ville ruinée de Khara-khotb ; Kar atsin , où l'on voit le» ruines de plusieurs villes aucienucs, et le temple bouddhi-

Pats et Pnovincu. Chefs-Lieux, Villes et Lieux les n.vs remarquables.

que Kou-jruan-ming-szu , avec des inscriptions du temps de la dynastie mongole de Yuan; Aoehah; NaImati ; OcircffiouT, avec les ruines de Jao-tcheou; Kh a le h a (aile ganclie) ; Djaeoct, où est situé un célèbre temple du bouddha S'akimmouni; Abarhaï; Abarhahar ; Khaotsit ; Oudjoumoutmh; Barih, où Ton trouve Barin-khoto, et les tombeaux des empereurs Khitans. Kesieteh; Souhiodt; Dou&bor-eocbokhh ; Khalema (aile droite); Toumet de Koueou-khoto,où se trouve Koukou-khoto (en chinois Kouci-houa-tchhiog) , résidence d'une iucarnatiou divine; Oc rat, où il faut placer l'ancien pars de Tendue ou Tkian-te mentionné par Marco Polo , et où se trouvent plusieurs temples célèbres ; Ordos;Tchakhar

OU MOKGOLS DE LA FROB IlÈftE , ToiSÏUS de la provint c i lu-

noise de Cban-si ; on y voit les ruines de plusieurs anciennes ▼illes; Districts de» huit taturaoes appartenant au gouvernement chinois, où il y a la ville de Tchao-naircan-soumé, nommée autrefois Khai~phing , qui est selon les savantes recherches de M. Klaprotb le Clemenfnu de Marco Polo , résidence d'été des kbaus mongols de la dynastie de Ynan. Plus tard cette ville reçut le nom de Chang-ton , ou de résidence supérieure; elle fut détruite sous les Ming. Le Pats des Kualeua qui se compose de l'ancien Pats des Khaleha, d'nne partie

du DÉSERT DE GoBI , du PaTS DES OuRIAlfGEH AÏ et d'une

portion de celui des Elects ou Oelet. Ses villes les plus remarquables sont : Ourga ou Kourè; Mal-tma-tchin; Ouhatoutaï , où réside un général mandchou commandant en chef les troupes du Pays des Klialkba. Plusieurs bordes de Kalmuks errent dans cette région élevée. Dans l'Ouriangkhai vivent les Sojrotes qui par fois sont antropophages. Selon les recherches de M. Klaprotb, c'est dans cette partie de l'empire et proprement sur la rive gauche de l'Orkhon, peu loin des sources de ce fleuve, qu'on doit placer Karakhorin ou Caracorum. Cette ville qui, suivant Rubriquis, témoin oculaire, n'était au temps même de sa gloire pas plus grande

Îue Saint-Denis , servait de point de ralliemeot aux innomrablcs hordes de la Tartaric; elle était cependant la résidence ordinaire des premiers successeurs de Trhinghiz-khan, et par conséquent la capitale du plus -vaste empire qui ait jamais existé. C'est dans son enceinte que Koublaî et Argoun reçureut les ambassadeurs de toutes les puissances de l'Asie, et ceux d'une grande partie de l'Europe et de l'Amérique THIAN-CHAN-PE-LOU , où il faut distinguer :

La Dzocmgarie subdivisée en trois divisions militaires qui prennent le nom de

celui de leur» chefs-lieux respectifs. Jli ou Couldja (Ifoeï-jruan-tchhing des Chinois) ; Kour-khara-oussom CtTaroagatat (le Soun-tsing-tchhing des Chinois). Le Pats des Kirghie. . . qni comprend upe partie du territoire des Kirghiz de la

Grande-Horde, qui errent aux environs du lac Balkarhi , et une partie de celui des Bourout aux environs du lac Dxaïsang.

Le Pats des Torcot. .' « qui comprend le territoire le long du Hant-Ili, assigné par l'empereur de la Chine aux restes des Torgots , qui en 1770 quittèrent les bords du Volga pour se retirer sons la protection de l'empire Chinois.

THIAN-CHAN-NAPÏ-LOU (Petitc-Boukbaric), partagé autrefois en 8 principautés tributaires de l'empire, et maintenant en 10 principautés entièrement soumises. Elles portent la même dénomination de leurs chefs-lieux respectifs, que nous nommerons pour faire connaître les unes et les autres , savoir : Kuamil ou Ha au, Pidjah, Kharachar, Koltche, Sairam, Aesoc, Oucmi, Kachghar ou Kachear, Yareaud et Kmdun Aksou pourrait être regardée comme la ville capitale, étant le siège du

I*»t» et Proy scu. CaEre-LiEux, Ville» et Lieux uu nu remarquerle**

commandant en chef de toutes les troupes de cette division de l'empire. Noos rn pi* lierons que c'est dans cette province et surtout duos tes principautés de Kacbgar et de Yarkaud , que depuis quelques années des prince* turks se sont révoltés et font la guerre ans Chinois. Malqré les défaites qu'ils ont éprouvés , il parait que l'insurrection n'est pas entièrement éteinte.

PAYS DES MONGOLS DU KflOUKHOU-NOOR , partagé selon M. Klaprolh en 3o bannières; ils habitent dam la contrée tnontneusc et très élevée sur laquelle se trouve le lac Khouklmn-noor ; ce sont à proprement parler des Kalmnks. C'est dans les montage* de cette Suisse de l'Aaie-Centrale que le Houang-ho prend sa source, et sur leur versant méridional sont celles du Kin-chakiang, dn Tlialouen et du Menang-kong qui ligurcnt parmi les plus grands fleuves du monde.

TIBET on Sl-ZZANG, subdivisé en:

Oui H ' I a s s a (Lassa) ; Botala; Mgagmnggar.

Zzvtru Jikadie, à laquelle M. Klaproth donne 3o,ooo habitant;

Djachi-fvumbo (Tissou-loumbou), résidence dit Bantrhaulama ; Ghiandt*; Phari, petite forteresse nou loin du mont Chamoulari; Tehakakott, ville commerçante de 1,000 maisons , près dn Dhawalagbiri ; Baldhi.

K'uiM Bathang; Tsiamdo; Sourmang ou Sourman; Stmk; il parait

que la partie orientale de cette province a été réunie à la province chinoise de Sse-tchouan.

IMuari Elle comprend plusieurs petit» états, tributaires du DalaMama.

dont les villes principales sont : Tchoumarte,- Bcurang-dakla; Deba , capitale de 1 Undes ou Urna-De«ia , et résidence d'un lama; Toling, résidence d'un grand-lama. Ladak 6u l^et, capitale du Ladak ou Petit-Tibet; Cariou ou Gotorpe. avec un poste militaire chinois. La partie orientale de cette province est occupée par des tribus mongoles nommées Khor ou Cbarai-gol.

PAYS DU DEB-RADJA (Bouton on Bhotan), subdivisé en:

Pat* du Der-radja. . . . Tassisudon; Pounakka , résidence dn Deb-radja en hiver;

Ouundtpour; Chassa; Mouritcham; Bouxedaouar.

Principauté ut Bisîu. . Bisni, siège d'un prince tributaire du Deb-radja , et payant

aussi an tribut aux Anglais pour la partie de son territoire comprise dans les limites du Bengale.

ROYAUME DE CORÉE. Han-yang-tchhing. Varckipel <U Corée, formé d'an

grand nombre d'Ilots; l'Ile Quelpaert {Muse des Coréens), remarquable par son haut pic, pourrait être regardée comme une dépendance géographique de ce groupe. ROYAUME DE L1EOU-KIEOU , qui comprend l'archipel de ce nom divisé en deux gronpes:

Groupe de Lirou-eieou , dont les Mes principales sont: lÀeou-khieou on la Grande-L*eou~

k hic ou (Loochoo des Anglais) ; on y trouve : King^tching, où réside le roi , et Napakiang qui en est le port. Les antres Iles les plus remarquables sont : Lieou-houang-chan (île do Soufre), avec une montagne qui fume; Komisang , remarquable par un volcan qui parait brûler encore; Ile du Port (Harbonr-Island) , qui est la plus septentrionale.

Groupe de Madjicosiha , dont les Iles principales sont: Tyvinsan, la plus grande du

groupe; Patchoajan et Roehoukoko, qui viennent après pour l'étendue; Koumi, la plus occidentale de tout l'archipel.

Peiuwg , située dans une grande plaine sur le Yu-ho, petit affluent du Pe-ho, ville immense, dont le circuit, sans comprendre les faubourgs, est de 5a H ou 1 5,4oo toises. C'est la capitale du Tchy-li et de tout l'empire. On y arrive du côté de l'est par une superbe avenue longue d'environ 4 milles, pavée dans une largeur de 3o pieds avec des dalles de granit qui ont depuis 6 jusqu'à 16 pieds de long; elle est annoncée par un grand arc

de triomphe construit en pierre et d'une architecture très riche. Peking se compose de deux villes entièrement distinctes: celles du nord, nommée King-tchliing ou la Ville- Impériale , dite aussi la Ville - Tatare , parce qu'elle a été fondée par les Tartares ou Mongols; on devrait la nommer Ville - Mandchoue , parce qu'elle est actuellement habitée surtout par les Mandchoux. C'est presque un carré parfait. La ville du sud, nommée Lao-tching ou Vieille- Ville ou fVaï-lo-tching; on l'appelle aussi la Ville- Chinoise , parce que de tout temps elle a été habitée par les Chinois ; elle a la figure d'un carré oblong. Les deux villes sont environnées de hautes murailles; celles de la Yille-Tatare sont de briques, hautes de 40 pieds et assez larges pour qu'on puisse s'y promener à cheval. Les portes de la Ville- Tatare , au nombre de neuf, sont dépourvues d'ornemens, mais elles offrent des tours élevées à plusieurs étages et d'un aspect imposant Devant chaque porte est une esplanade de plus de 36o pieds, enclose d'un mur demi-circulaire, et formant comme une place d'armes. Les rues du King-tchhing sout très longues , larges , tirées au cordeau et très pro près ; les principales out environ 20 toises de largeur. Celle qui est nommée Tchliang-ngankiai (rue du repos perpétuel) a 3o toises de large. C'est la plus belle de Peking; elle va de l'est à l'ouest; au nord elle est bordée en partie par les murs du palais impérial , et au sud par plusieurs palais et tribunaux. Les maisons de Peking sont très basses et n'ont souvent qu'un rez-de-chaussée; quelquefois ce dernier est surmonté d'un étage. Elles sont assez mal bâties sur le devant; niais l'éclat et la variété des marchandises exposées aux yeux des passans dans les boutiques, leurs enseignes et leurs frontispices resplendissant de sculptures dorées, qui selon M. Ellis sont d'une très belle exécution, forment dans plusieurs quartiers un coup-d'œil satisfaisant. Les rues et les maisons de la Ville-Chinoise sont fort inférieures à celles de la Vilîc-Tatarc sous tous les rapports. Dans la plupart des maisons, dans toutes les boutiques et même dans le palais de l'empereur, des sentences remarquables des philosophes ou des poètes célèbres sont écrites sur les papiers qui tapissent les murailles. Chez les gens riches les portes et les cloisons sont en bois précieux, tels que le camphrier, le cyprès, etc., et ornées de sculptures; les tables et les chaises, faites d'un bois choisi , brillent par le vernis dont elles sont revêtues; mais le papier remplace partout le verre que nous mettons aux fenêtres. Les grandes maisons se distinguent par une longue suite de pièces; une galerie couverte, à colonnes, se prolonge devant ces appartenons, et donne entrée dans les chambres qui n'ont pas d'autre communication entre elles.

Outre la Ville-Mandchoue et la Ville-Chinoise, Peking a 12 vastes faubourgs d'environ a milles de long chacun. Les missionnaires et les Anglais ont beaucoup exagéré la population de cette ville. Malgré l'autorité de M. Timkovski , qui , sur les traces du père Gaubil, lui accordait dernièrement 2,000,000 d'habitans, nous n'hésitons pas à la réduire à i,3oo,ooo, nombre qui , tout calculé , nous paraît devoir s'approcher de la vérité.

Le King-tchhing ou la Ville- Tatare est composé de trois villes, renfermées l'une dans l'autre, et chacune de ces trois villes a son enceinte parliculière. L'enceinte intérieure se compose du palais impérial ou du Tsu-kin-tchhing ; c'est peut-être la plus vaste demeure royale qui existe au monde. Même en ne comprenant que le palais proprement dit, sans les immenses jardins et les trois grandes cours qui y mènent et qui appar-

tiennent à la seconde enceinte, sa circonférence est de 6 li ou de 1776 toises. Sa forme est une espèce de carré un peu plus long que large. Il est environné de fortes murailles crénelées, construites de briques et couvertes de tuiles de couleur jaune. Sur chacune des quatre portes il y a un pavillon vaste et élevé; des pavillons semblables se trouvent aussi aux quatre coins de l'enceinte. Un large fossé revêtu de pierres de taille en fait le tour. Le dedans du palais, dont l'architecture ne saurait être jugée d'après les règles de notre art de bâtir, est une enulade de cours environnées de colonnes et de salles ou appartemens qui semblent se disputer le prix de la beauté et de la magnificence. Parmi les nombreux édifices, dont l'ensemble compose ce palais, on doit mentionner surtout le troisième portail nommé Touan- men ; les deux temples Thaï-miao, où l'on rend un culte religieux aux tablettes des ancêtres des empereurs mandchoux, et le Che-tsu-than , élevé à l'esprit qui fertilise les champs; la belle porte Ou-mcn (du Midi) ; la cour de Thai-ho-tian terminée à droite et à gauche par des portes, des portiques et des galeries ornés de balcons et soutenus par des colonnes; la superbe salle du Tai-ho-tian (de la grande unité)*, où l'empereur assis sur son trône reçoit dans les grandes solennités les grands de l'empire et les ambassadeurs étrangers; enfin l'appartement particulièrement destiné à l'empereur, appelé la demeure du ciel serein; c'est le plus haut, le plus riche et le plus magnifique de tous. Derrière ce logement il y a un vaste jardin nommé le jardin impérial. Daus le Houang-tchhing, qui est le palais extérieur et qui forme la seconde enceinte, on voit d'autres jardins beaucoup plus grands, où se trouvent de grands lacs creusés de main d'hommes; le beau temple de Foe avec une statue de ce dieu en bronze doré avec 100 bras et de Go pieds de haut; le vaste temple mongol de Soung-tchhou-szu , habité par le koutoukhtou, le premier des trois grands prêtres de la religion lamaïque résidant à Peking,et près duquel est placée l'imprimerie pour les livres de prière en langue tibétaine; c'est aussi dans le Houang-tchhing que se trouvent les magnifiques appartemens, les salles de spectacle et de concert construites par l'empereur Khian-loung; et les cinq collines artificielles, dont la King-chan ou la Montagne resplendissante est la plus élevée. C'est sur cette colline que l'infortuné IJoai-tsoung, dernier empereur de la dynastie Ming , après avoir tué sa fille, se pendit à un arbre pour éviter de tomber vif entre les mains du rebelle Li-tsu-tchhing. Les successeurs de Tchhiug-lsouug ont concédé à des particuliers divers emplacemcns du Houang-tchhing ; ils ont permis que quantité de marchands vinssent s'y établir; ils y louent même actuellement un grand nombre de boutiques. Cette enceinte est en général habitée par des gens employés au service de la cour. Notre cadre ne nous permet pas d'indiquer les autres édifices du Huuaug-tchhing et les parties les plus remarquables de la troisième enceinte. Nous ajouterons seulement que les temples ou miao, les tribunaux, les palais et en général tous les bàtimens publics sont plus ou moins dignes d'être observés , et que dans la seconde enceinte se trouve un vaste palais , entouré d'un large canal qu'on traverse sur un pont de jaspe noir d'une construction extraordinaire; selon le père Magalhaens, il représente un dragon, dont les pieds forment les piles.

Les lieux les plus considérables du IVai-lo-tchhing ou de la Ville Chinoise sont : le temple du Ciel ou Thian-than ; sa muraille extérieure a 9 li

765 ARRRGÉ DK GÉOGRAPHIE.

ou a664 toises de circonférence; l'empereur s'y rend chaque année le jour du solstice d'hiver pour y offrir un sacrifice au ciel. Les bâtimens dont il se compose sont regardés comme des chefs-d'œuvre de l'architecture chinoise , pour la beauté et la magnificence des ornemens. L'empereur ne peut rien posséder dans les mêmes genres qui puisse égaler les ouvrages de l'art que l'on y admire. Ses principales parties sont : un temple circulaire qui représente le ciel; l'intérieur est occupé par une vaste salle ornée de 82 colonnes; l'or et l'azur y brillent de tous côtes; le toit a trois étages, le supérieur est bleu céleste, l'intermédiaire jaune et l'inférieur vert; les tuiles en sont vernies. Un autre temple dit aussi la Salle tonde ; ou y conserve la tablette sur laquelle est écrit le nom du souverain seigneur du ciel. Un massif rond à trois étages avec des escaliers et des accessoires superbes; on y place sous une tente ronde la tablette du Chang-ti , devant laquelle l'empereur sacrifie. Enfin le Tchai-koung ou palais de retraite et de pénitence , où loge l'empereur pendant les trois jours de jeûne qu'il observe pour se préparer à la cérémonie du sacrifice. Cinq cents musiciens sont attachés au service de ce temple magnifique et y ont leurs demeures. Le Sian-nong-than ou le temple de l'inventeur de ? agriculture , situé à l'ouest du Thian-than; il est également entouré d'une haute muraille, dont la circonférence est de 6 li ou de 1776 toises. L'empereur s'y rend tous les printemps pour y labourer la terre et offrir un sacrifice au ciel.

On ne doit pas oublier dans la Ville-Mongole, le fameux temple du Tiwang-miao, où reposent les tablettes des plus illustres empereurs de la Chine, depuis Fou-hi , fondateur de la monarchie jusqu'à la dynastie Tsing, actuellement régnante; deux grands arcs de triomphe en bois peint et doré accompagnent l'entrée. Un autre temple, non moins remarquable, situé dans le collège Impérial , est celui où l'on offre à Confucius ( Congfou-tzeu) des hommages et des sacrifices sanglans au nom de tout l'empire. La salle est au fond de la seconde cour; elle contient la tablette du philosophe avec cette inscription : lieu où Von honore l'ancien et très sage mattre Confucius. Un peu plus avant, de chaque côté, sont les tablettes de Mencius (Meng-tzeu) , et de trois autres de ses principaux disciples qui sont regardés comme des sages du second ordre. Encore plus avant sont les tablettes de dix autres de' ses disciples, honorés comme sages du troisième ordre. Enfin , dans des salles qui régnent autour de la même cour, sont les tablettes de 97 personnages illustres par leur sagesse et leur vertu. L'entrée de ce temple est flanquée de deux pay-sang; c'est ce que les Européens appellent, d'après leur forme, des arcs de triomphe, mais dont la destination est d'honorer les personnages des deux sexes qui ont laissé des souvenirs glorieux de leurs vertus, de leur science ou des services considérables rendus à l'état. L'empire renferme un grand nombre de ces monumens. Dételles institutions présentent, sous l'aspect le plus favorable, la théorie du gouvernement chinois ; mais on dit qu'à la Chine , comme ailleurs , il y a bien loin de la pratique à la théorie.

Dans un des faubourgs, au nord de la Ville-Tatare , se trouve le magnifique temple du Ti-than , dont l'enceinte a environ aoo pas en carré. On y admire surtout le temple proprement dit ou la salle carrée, et le massif devant lequel l'empereur sacrifie à la vertu de la terre. Nous ajouterons que, dans les différens quartiers de Peking, il y a des cloches qui servent à indiquer les veilles de la nuit. Les sept principales se ressem-

DESCRIPTION DE L'ÀSTE.

blcnt; elles ont chacune , se lon le père Verbiest, 19 pieds de hniiteur sans compter l'anse de suspension qui en a trois, 11 de diamètre intérieur et 4o de circonférence; elles pèsent 120,000 livres. Leur forme est celle d'un cône allongé; on les frappe avec un marteau de bois.

Peking se distingue des autres capitales et des grandes villes de l'Asie par ses constructions et plus encore par une foule d'institutions qui rappellent la civilisation des grandes villes européennes, malgré les différences énormes qu'offrent la manière de bâtir des Chinois et leurs usages. >Tous non lierons a en citer quelques-unes : le /-/an -lin-yuan ou le

tribunal de l'histoire et de la littérature chinoise. Tous les savans de la Chine, toutes les écoles, tous les collèges en dépendent ; il choisit et nomme les juges et les examinateurs des compositions qu'on exige des lettrés, avant que de les promouvoir aux grades. Les lois leur confient l'éducation de l'héritier du trône; et ils sont charges d'écrire l'histoire générale de l'empire et de composer des livres utiles. Le Koue-tsu-kian ou collège impérial, où plusieurs professeurs enseignent à bien composer en chinois et en mandchou. L'f>ùservatoire impérial, bâti en 1*79; ce n'est qu'une tour commune. Les anciens instrumens construits sous la dynastie des Mongols (Yuen) en ont été retirés, et remplacés par des nouveaux qui ont été fabriqués en 1673 sur les dessins du père Verbiest, habile astronome et président du tribunal mathématique. Ils sont en bronze et magnifiquement ornés; le plus exact est le globe céleste qui a 6 pieds de diamètre et qui pèse a,ooo livres. L'exécution des autres a été un peu négligée par les artistes chinois. Dans cet édifice on conserve aussi les beaux instrumens que le roi d'Angleterre a envoyés en présent à l'empereur Khian-loung en 1703. L' imprimerie d'où sortent les meilleurs livres et principalement les livres historiques , que les libraires de Peking et des autres villes achètent à un prix lixé par le gouvernement. Cette imprimerie publie également tons les deux jours une gazelle contenant les évènemens extraordinaires qui arrivent dans l'empire, les ordonnances et surtout la liste des promotions, les grâces accordées par l'empereur, telles que des robes jaunes et des plumes de paon, ce qui équivaut aux ordres de chevalerie en Kurope; la punition des mandarins qui ont mal versé, etc., etc. Il y a en outre un tribunal fHJiir les médecins , une maison (tenfans trouvés, tint* autre pour X inoculation de la vaccine et plusieurs autres institutions philanthropiques. Les écolâi publiques y sont très nombreuses, et la bibUothèque impériale est sans contredit la plus grande qui existe hors de l'Europe. M. Abel Rémusat nous assure qu'elle contient au moins la matière de 3oo,ooo de nos volumes in-8°. Nous ne devons pas oublier les immenses cabinets d'histoire naturelle tic l'empereur; chaque tiroir est accompagné d'un cahier de peintures représentant les objets qui y sont places. Les objets y sont représentes avec une scrupuleuse fidélité. On en conserve également uno copie à Moukden. Le père Grimaldi et autres jésuites y ont travaillé. Co n'est qu'à la cour, dit M. Klaproth, qu'il y a des thédtrcs permanens. La scène y est double et triple, c'est-à-dire à deux ou trois étages, où les acteurs , répartis d'après l'action représentée, jouent une seule et même pièce dans le même temps, avec un tel accord de musique et de paroles, qu'ils no sauraient mettre plus d'ensemble sur une seule scène. Les autres théâtres ne sont que des échoppes ouvertes, transportabies et sans décorations; on y joue presque tous les jours depuis midi jusqu'au soir des tragédies et des

comédies mêlées de chants et de musique. Les rôles de femme y sont remplis par des jeunes gens , qui s'en acquittent très bien.

Peking communique avec le grand canal impérial , ce qui facilite beaucoup son approvisionnement et rend très actif son commerce. Près de chaque porte de la ville on trouve des ânes sellés pour le service du public. On monte ces animaux pour aller d'une porte à l'autre, ou pour transporter des fardeaux peu pesans. La course se paie 10 thsian équivalant à environ 4 copèques de cuivre ou 16 centimes.

Dam les environs de Peking et à la distance d'environ uoe fois et demie l'intervalle de Paris à Saiut-Cloud , prés de Haï-tiau , on voit Yuax-miug-yiex , c'est-à-dire le jardin rond et resplendissant , superbe résidence impériale d'été. Le palais, selon un excellent observa* teur, le frère Attiret , est au moins de la graudeur de Dijon , et l'appartement de l'empereur et de l'impératrice est plus étendu que la ville de Dole. Ce palais est composé d'un grand nombre debâtimens, disposés avec une belle symétrie et séparés par dos cours, des jardins et des parterres. La façade de chacuu éclate d'or, de vernis et de peintures , et l'appartement impérial est orué de tout ce que la Chine , le Japon , les Indes produisent de plus précieux, et même des chefs-d'œuvre de plusieurs des arts de l'Europe. Les jardins de ce palais sont encore plus admirables. Sur une surface de 60,000 acres anglais s c!cvenl des collines de ao à 60 pieds de haut, couvertes d'arbres à fleurs, séparées par des vallons où serpentent des rivières artificielles, bordées de rochers que la nature semble y avoir placés, et que traversent des ponts embellis de balustrades sculptées, de kiosques et d'arcs de triomphe. Ces rivières se rendent dans des lacs artificiels, sillonnés par des barques magnifiques. Chacun de ces vallons a sa maison de plaisance ou son palais d'uue architecture différente des autres ; on en compte plus de deux cents. Leurs frontispices à colonnade, leur charpente dorée, peinte et vernissée, leurs toits couverts de briques vernies, rouges, jaunes, bleues, vertes et violettes, figurant des dessins agréables, leurs escaliers rustiques, composés de rochers , les font ressembler à des palais de fées. Le cèdre, la brique et le marbre ont servi à leur construction. Du centre d'un lac d'uue demi-lieue de diamètre en tous sens s'élève une île de rochers qui soutieot un palais d'uue beauté que le goût européen même est forcé d'admirer ; il renferme plus de cent chambres et salons. De ce palais la vue se promène sur les bords du lac, où l'art s'est épuisé à des édifices et à des imitations de la nature qui produisent les effets les plus pittoresques. Sur la MOHTAGif e de Tm an -CHEou , à environ 11 milles au nord de Peking, se trouvent les treize mausolées des empereurs de la dynastie des Ming. Le père Roux, qui les a visités en 1787 , dit que cinq jours suffiraient à peine pour les bien examiner. Ou y admire surtout une grande salle, dont les colonnes , de bois de nanroou et d'une seule pièce chacune , ont 5o pieds chinois de haut et 10 de circonférence. La salle dite de Young-lo a 180 pieds chinois de long sur 8 3 de large.

Beaucoup plus loin , et dans un rayon d'environ 100 milles , on trouve : Tcha»c-eueheou (en mogol K/ialgan), petite ville du département de Siuan-boa , forte et très peuplée , remarquable par son commerce et plus encore par le voisinage de la grande-muraille qui forme une partie même de son enceinte. Ce monument , qui est peut-être le plus grand ouvrage exécuté par la main des hommes, existe depuis environ vingt siècles. Sur une longueur de plus de i,3oo milles, depuis l'extrémité occidentale du Chen-si jusqu'à l'extrémité orientale du Tchy-li , ce rempart extraordinaire passe sur des hautes montagnes et traverse des vallées profondes. Il est composé de deux murs parallèles; l 'intervalle en est rempli de terre et de gravier. Les fondations consistent en grandes pierres brutes ; le reste du mur est en briques. Sa hauteur est de a 4 pieds et sa largeur d'environ i3. Des tours, dans lesquelles se trouvent beaucoup de canons en fonte, s'élèvent à 100 pas à-peu-près l'une de l'autre. Inabordable pour la cavalerie des belliqueux nomades de l'Asie-Centrale, cette immense muraille n'a pas été assez forte pour arrêter les conquérons qui ont envahi plusieurs fois la Chine. Tchbiro-te-tcbeou (Jedto), château impérial , situé au-delà de la grande muraille, dans la partie de la Mongolie , réuuie à la grande proviuce du Tchy-li. Il a été bâti en 1 703 , sur le plan du palais de Peking , pour servir de pied-à-terre à l'empereur , pendant la saison de la chasse. Ses jardin» ont été décrit» par un connaisseur du

IPTION DE L'ASlr!.

gont le plus éclairé, lord Marartuey; ils offrent» dit cet ambassadeur, une succession de tableaux enchanteurs; le sublime y domine et la gailé met en harmonie l'ensemble du paysage; les cabinets, les pavillons, les pagodes sont parfaits dans leur genre; les uns d'une simplicité élégante, les autres superbement décorés; ils ornent toujours la partie du jardin où ils sont, tandis que tout autre la défigurerait. Ce château est bien distribué et tout y est simple et analogue aux localités. Parmi ses nombreux temples, on doit mentionner le Pltou-ttw-tsoung-ching-miao , au nord du château, construit en 1770 sur le modèle de celui de Botala, auquel on prétend qu'il ne cède rien en magnificence. On y ▼oit 5oo statues dorées représentant des lamas morts en odeur de sainteté et auxquels en a donné les attitudes contraintes et pénibles qu'ils s'étaient imposées pendant leur vie.

Resserré par Pespace, nous nous bornerons à décrire quelques-unes seulement des villes les plus remarquables qu'offrent la Chine proprement dite, le Tibet , le Routan , la Boukharie et la Dzoungarie, parce qu'il nous semble que ce sont les pays qui inspirent le plus d'intérêt. Dans leur description on a suivi l'ordre adopté dans le tableau des divisions administratives, auquel nous renvoyons pour tout ce qui concerne les villes principales des autres parties de l'empire Chinois. Voyez aux pages 756 et 759.

Dans le Chen~ si, nous nommerons Si-'ah (Singan), située sur le Wei-ho; c'est une des plus grandes villes de la Chine. On loue surtout quatre de ses portes, qui sont magnifiques et d'une hauteur extraordinaire, ainsi que les trois ponts sur lesquels 00 passe la rivière. C'est une des places fortes de l'empire , et sa garnison est toujours très nombreuse. On ne sait rien de positif sur sa population , qui pourrait bien s'élever au-delà de 3oo,ooo âmes. Nous ferons ot>server que cette ville possède une collection d'anciens monument, parmi lesquels on distingue une copie authentique de ï inscription de Yu, dont l'original est gravé sur une montagne près des sources du Houaug ho ; elle est destinée à transmettre à la postérité les immenses travaux par lesquels Yu, ministre d'Yao, et après lui le fondateur de la dynastie des Hia, vers l'an 1100 avant l'ère chrétienne, ouvrit un libre cours aux eaux du fleuve Jaune et de plusieurs autres grands courans , qui auparavant inondaient la plus grande partie du territoire chinois et le menaçaient d'une submersion totale. M. Klaproth a publié une nouvelle interprétation de ce monument, accompagnée d'un commentaire critique. C'est aussi près de Si-'an qu'en i6a5 , en creusant les fondemens d'une maison , on trouva une table de marbre avec une inscription en caractères chinois, avec des mots syriaques et une croix gravée au-dessus. Ce monument se rapporte au christianisme introduit daus la Chine par les nestoriens venus de Perse et de Syrie l'an 635 de Jésus-Christ.

Dans le Kou an g-toun g, nous citerons Canton, situé entre le Tchu-kiang , nommé Tigre par les Européens, et le Pe-kiang ou Tchhing kiang, Irès grande ville défendue; par cinq forts et par une muraille sur laquelle on a placé quelques canons. Comme Peking , Singan et autres villes de la Chine, elle est partagée en deux parties distinctes et séparées par une muraille; on les nomme la Ville 'Chinoise et la Ville-Tatare. Les rues de Canton sont bien alignées , pavées et ordinairement très propres , mais très étroites. Les maisons n'ont qu'un étage, et sont bâties en briques ; elles ont deux ou trois cours, sur lesquelles donnent les magasins et les appartenions des femmes. Toutes les rues sont bordées de boutiques ; plusieurs ne sont affectées qu'à une seule espèce d'ouvriers ou de marchands. Les plus beaux édifices de Canton sont les temples, dont plusieurs sont richement ornés de statues et d'arcs de triomphe, et les maisons des Européens. Ces dernières sont toutes sur une même ligne , dans le faubourg méridional , sur le bord du Tchukiang; on les appelle Clij-san-hang ou les treize comptoirs. Elles sont belles et construites avec goût ; ce qui contraste d'une manière frappante avec celles des Chinois. Sur un espace d'environ cinq milles , le Tchu-kiang , à Canton , ressemble à une ville immense composée de navires de toute grandeur rangés en ligues parallèles, entre lesquels il ue reste qu'un passage très étroit pour les vaisseaux. Le propriétaire de ces embarcations y habite avec toute sa famille, qui oe vient presque jamais à terre. Le terrible incendie du irr novembre i8a3 a consumé 10,000 maisons et tous les comptoirs étrangers; mais cet

AURÉGÉ DK GÉOGRAPHIE.

immense désastre était déjà entièrement réparé eu 1834. Nous avons vu ailleurs l'importance et l'éieudue du commerce de cette ville, qui, sous ce rapport, tient une des premières places parmi les villes les plus commerçantes de l'Asie. Sans adopter les calculs exagérés des missionnaires , qui portaient la population de Canton à 1, 5 00,000 âmes, et sans admettre les estimations évidemment trop basses de Cook et de Malte-Brun, nous croyons qu'on pourrait accorder à cette ville 5oo,ooo habitans , sans craindre de s'éloigner beaucoup de la vérité. Dans les environs de Canton on trouve : Houang-phou ( H'hampou) , avec un port , où sont les douanes pour les navires européens qui ne remontent pas le Tchu-kiang plus haut et restent à l'ancre. F ou-chan , bourg immense, bien bali et très industrieux, dont la population , estimée à un million par les missionnaires, ne s'élèverait qu'à 200,000 Ames seulement selon M. Deguigues. On y fabrique une immense quantité d'étoffes de soie et de coton, et une infinité d'articles en cuivre, fer et acier; il possède aussi de grandes raffineries de sucre et des manufactures de porcelaine. C'est le siège d'un grand commerce.

Dans le Fou~kian on trouve : Fou-tchiod, sur le Si-ho, non loin de son embouchure. C'est une des villes les plus graudes et les plus peuplées de la Chine , aussi remarquable par son grand commerce que par son industrie et par la multitude de lettrés dont elle est le séjour ordinaire. Parmi ses constructions les plus remarquables, on doit surtout mentionner le grand pont sur lequel, dans un de ses faubourgs, on passe le Tchaug au «dessous de son confluent avec le Si-ho; il est tout construit en pierres blanches , orné d'une double balustrade sur toute sa longueur, et ne compte pas moins de cent arches: c'est sans contredit un des plus grands et plus beaux ponts du monde. Siouxs-tchsou , grande ville, bien bâtie, remarquable par ses beaux édifices publics, ainsi que par l'activité de son commerce. Dans ses environs , près de la ville de Ho-yang , on admire an pont qui est peut-être le pont en pierre le plus long qui existe. Le père Martini , qui l'a décrit , dit que la partie principale cousiste en plus de 3oo piliers. Il n'a point d'arches. Cinq pierres, chacune de la longueur de 18 pas ordinaires, occupent l'intervalle entre chaque pilier. Il est construit en pierres noirâtres, avec des garde-fous ornés de lions de la même pierre.

Dans le Tche-Jciang, on trouve Hahg-tcheou , sur leThsian-thang, et le lac Si-hou , ville très grande, très commerçante et industrieuse avec des fortifications, une nombreuse garnison , avec un port et peut-être 600 à 700,000 habitans. Ses rues sont larges et pavées. Parmi ses monumens, ou remarque quatre grandes tours à neuf étages, et plusieurs arcs de triomphe. Nous rappellerons que cette ville est la fameuse Kiksaï (Ring-un), de Marco Polo, la capitale de l'empire des Song ou de la Chine-Méridionale. A quelques milles à l'est était la ville de Can/ou du même voyageur, où les Arabes faisaient un commerce maritime très considérable dans le txe siècle. Robcrlson et autres ont conjecturé qu'il s'agissait de la ville de Canton; mais M. Klaproth a démontré la véritable position deCanfou. Son port est comblé et la ville n'existe plus. Dans le lac Si-hou, qui s'étend à l'ouest de la ville, il y a trois ilôts sur lesquels s'élèvent des temples, des arcs de triomphe, des maisons de plaisance et un palais de l'empereur.

Dans le Kiang-sou, nous nommerons: KiAXG-aino, appelée autrefois Nah-kiito, parce qu'elle était la résidence méridionale des empereurs des Miug. Cette ville immense est située sur la rive méridionale du Kiang ; die est encore plus grande que Peking, mai* plus d'un tien offre des ruines, des jardins et même des champs labourés. Le beau palais des anciens empereurs, dont elle était la résidence , a été brûlé en 164 5 par les Mandchoux. Parmi les édifices qui r est eut encore à Kiang-ning, on doit citer le Pao-ngen-tsé ou le temple de la reconnaissance , élevé dans le xiv*siècle par l'empereur Young-lo ; c'est , avec le monastère qui en dépend , un des plus beaux bâti mens de la Chine, surtout par sa fameuse tour, décrite par tous les voyageurs. Cette dernière est un édifice isolé, octogone, de 40 pieds de diamètre à sa base, et de 200 de hauteur totale. Elle a neuf étages, chacun séparé par un toit élégant à huit côtés, et qui semble sortir du mur. A chacun de leurs angles pend une clochette de cuivre. Au sommet s'élève un mit haut de 3o pieds, autour duquel , comme dans les temples des Birmans , règne en spirale un cercle de fer. Ce mât est couronné par une sorte de pomme de pin de cuivre doré , que les Chinois prête»* dent être d'or massif. Au milieu du rez-de-chaussée, et sons un dôme en cuivre, est une

gronde idole dorée. Dans chacun «les autres étages on y trouve également une statue dorée avec d'autres petites sculptées sur les murs et dorées aussi. Le plancher d'en haut est orné de peintures. L'extérieur de la lour est revêtu de briques ou d'une espèce de faïence vernissée bleue, verte et jaune, que Je vulgaire prend pour de la porcelaine. Les tuiles de chaque toit sont d'une de ces couleurs et vernies aussi. Son commerce et son industrie sont très grands, et l'on pourrait porter encore sa population à environ 5 00,000 âmes. Kiaug-niug passe pour la ville savante de la Chine, du moins lot bibliothèques et les savans |»araissent-ils y être plus nombreux que daus la plupart des autres villes.

L'antiquité et l'importance de la littérature chinoise uous engagent à noui écarter de notre plan pour offrir a nos lecteurs un exposé succinct de l'étal des belles-lettres, des sciences et des beaux-arts dans cette contrée célèbre , et afiu de réfuter par des faits positifs une foule de préjugés les uns trop favorables, les autres trop désavantageux aux Chinois. « La littérature chinoise, dit le célèbre professeur de laugtie chinoise au Collège de France , est incontestablement la première de l'Asie, par le nombre, l'importance et l'authenticité des mouumens. Les ouvrages classiques qu'on nomme King , remontent à une époque très ancienne. Les philosophes de l'école de Confucius en ont bit la base de leurs travaux sur la morale et la politique. L'histoire a toujours été l'objet de l'attention des Chinois , et leurs aunales forment le corps le plus complet et le mieux suivi qui existe dans aucune laugue. L'usage des concours a donné uu grand essor à l'éloquence politique et philosophique. L'histoire littéraire , la critique des textes et la biographie sont le sujet d'une foule d'ouvrages remarquables par l'ordre et la régularité qui y sont observés. On j>ossède beaucoup de traductions de livres sanscrits sur la religion et la métaphysique. Les lettrés cultivent la poésie, qui est assujétie chez eux au double joug de la mesure et de la rime; ils ont des poèmes lyriques et narratifs, et surtout des poèmes descriptifs, des pièces de théâtre, des romans de mœurs, des romans où le merveilleux est mis eu usage. On a composé en outre un très grand nombre de recueils spéciaux et généraux , des bibliothèques et des encyclopédies , et dans le dernier siècle on avait commencé l'impression d'une collection d'ouvrages choisis en 180,000 volumes. Les notes , les gloses, les commentaires, les catalogues , les iudex , les extraits par ordre de matières , aident à trouver avec facilité les objets que l'on recherche. Le» Chinois ont d'excellens dictionnaire» où tous les signes de leur écriture et tous les mois de leur langue sont expliqués avec le plus grand soin et dans un ordre très régulier. Les livres sont imprimés sur papier de soie , et comme ce papier est extrêmement fin , on est obligé de u'imprimer que d'un seul côté; les parties eu sont classées, numérotées et paginées; eufiu , il n'y a pas, même en Europe, de nation chez laquelle on trouve tant de livres, ni de livres si bien faits, si commodes à consulter et à si bas prix. »

La géographie a été cultivée par les Chinois depuis la plus haute antiquité; ce que prouve la description de l'empire donnée par le Chou-king cinq siècles avant notre ère ; mais leurs cartes, estimables à certains égards, n'étaient point graduées. Les jésuites ont levé une nouvelle carie de l'empire par ordre de l'empereur kangbi de 1707 à fji5; une nouvelle édition perfectionnée en 104 feuilles fut publiée eu 1760 par ordre do l'empereur Khiau-louug , sous la direction de» missionnaires. M. KJaproth doit publier i«ice*sammenl un grand travail géographique sur la Chine et l'Asie-Ceu traie, lequel est l>asé sur cette carie et sur un grand nombre d'auties matériaux précieux. La géographie impériale forme 260 volumes in-40 avec des plans et des cartes; e'ie embrasse tout : topographie, hydrographie, description des mouumens, des antiquités, des curiosité» naturelles, l'industrie, h. s productions, le commerce, l'agriculture, le gouvernement, la population , l'imloire générale , la biographie et la bibliographie. L'astronomie a toujours été en houncur à la Chine; mais elle n'y a jamais fait que des progrès médiocres. Leurs connaissances en mathématiques paraissent être très bornées; ils emploient le système décimal, et ils exécutent rapidement toutes les opérations d'arithmétique avec une machine, dont l'usage a jULssé en Russie et en Pologne. La théorie de leur tactique est savamment combinée et a fixé même l'attention de quelques généraux de l'école du grand Frédéric ; mais leur artillerie est très mauvaise ; leurs fusils ne sont pas meilleurs et leur poudre ne vaut rien. Cependant ils en ont connu la fabrication longtemps avant nous, de même que l'art de faire des feux d'artifices d'un effet qui Mirpreod. La médecine des Chi-

dois est mêlée de pratiques superstitieuses et fondée sur une théorie absolument imagina re; leur pharmacopée est Assez riche, et ils ont de bons livres d'histoire naturelle médicale, accompagnes de planches qui peuvent nous être très utiles ; les médecins seuls, comme chez nous dans le moyen Age , cultivent l'histoire naturelle. Les arts du dessin sont imparfaitement cultivés par les Chinois; ils n'emploient pas la perspective; ils ne peignent très bien que les plantes, les fleurs, les maisons, les bateaux, en un mot que la nature inanimée. Leur sculpture ne se distingue que par un fini précieux; ils exécutent sur le bois des gravures en relief d'une finesse remarquable. Lenr architecture n'est dé* pourvue ni de grandeur ni d'élégance; d'ailleurs l'ordre et les belles couleurs dont ils oruent leurs édifices produisent un effet séduisant. La magnificence, exclue des constructions particulières , est réservée pour les mou u mens publics, tels que les palais de l'empereur, les temples, les tours , les arcs de triomphe , les remparts et les portes des villes. Les ponts , les canaux , les quais , et surtout les digues qui retiennent les eaux du fleure Jaune, offrent les résultats d'une industrie perfectionnée et appliquée a de grands objets d'utilité. Nous avons déjà fait connaître le mérite de leurs jardins. La musique chinoise, fondée sur un système très compliqué , manque , au jugement des Européens , d'harmonie et de mélodie. Ce que nous avons dit à l'article industrie complétera ce court aperçu de la civilisation des Chinois.

Sou-Tctieou , sur le canal Impérial et près du lac TaMiou , ville très grande et une des plus florissantes de toute la Chine: quelques géographes la regardent comme la capitaledu Kian^son. Elle est traversée par plusieurs canaux sur lesquels s'élèvent des ponts magnifiques. Outre plusieurs beaux temples, on y remarque une tour de sept étages, et un grand nombre d'arcs de triomphe, parmi lesquels se trouve le monument de Pong~hou. Mais ce qu'on doit y admirer surtout, c'est la partie du canal Impérial qui passe par cette ville. Cet ouvrage immense, le plus grand dans son genre qui existe, n'a pas moins de 600 milles. Moyennant plusieurs fleuves navigables , il forme une ligne de navigation intérieure qui va de Peking à Canton , et qui n'est interrompue que par un seul portage à travers les montagnes Nauling. Huttner dit que Sout-cheou est l'école des plus habiles comédiens, des meilleurs danseurs de corde et joueurs de gobelets ; la patrie des femmes à la plus jolie taille et aux plus petits pieds; la législatrice du goût chinois, de la mode et du langage, et le rendez-vous des plus riches oisifs de la Chine. On ne sait rien sur le nombre de ses habitans ; nous penchons à croire qu'il pourrait bien s'élever de 5oo,ooo à 600,000. Sur la route de Peking à Sou-trheou l'empereur a 72 palais; la plupart ne sont que des pieds-à-terre; mais plusieurs se distinguent par leur grandeur et leurs ornemens.

Dans V Ho-nan, on trouve : Kmaï-fuico , sur une branche du Hoang-ho , dans une situation si basse que le niveau des eaux du fleuve est presque deux pieds plus élevé que la ville. Cette circonstance l'expose à de grands dangers , malgré les digues construites |>our parer aux inondations. Les historiens chinois rapportent qu'eu 1642, l'empereur ayant ordonné de percer uue digue pour faire périr un rebelle qui s'était retranché dans Khaî-fung, 3oo,ooo de ses habitans périrent submergés. Depuis ce désastre elle n'a pas encore pu se relever entièrement. C'est dans cette ville que se trouve le principal temple de la colonie juive qui s'établit en Chine envirou 200 ans avant l'ère chrétienne.

Dans le Hou-pe, on trouve Won -tchbahg , sur le Kiang. C'est une des plus grandes villes de la Chine, que les missionnaires comparent à Paris pour l'étendue, et dont la population pourrait bien s'élever à 400,000 Ames. Le fleuve est tellement large et profond à Wou-tchhang qu'il y forme un vaste port , presque toujours rempli d'un grand nombre de grosses barques employées à transporter une immense quantité de marchandises et de denrées dont cette ville est l'entrepôt. Hocawc.-tchrou , sur le Kiang, une des villes les plus riches, les plus industrieuses , les plus commerçantes et les plus peuplées de la Chine. Sa population s'élève probablement au dessus de 200,000 âmes.

Dans le Kiang~si, nous citerons Nas-tchhahg , sur le Kau-kiang , très grande ville, centre du commerce de la porcelaine qu'on fabrique dans cette province. On y fait aussi un grand commerce de soies et de fourrures, et on y fabrique une immense quantité d'idoles. On ne s'éloignerait peut-être pas trop de la vérité en évaluant à 3oo,ooo Ames la population de cette ville. Â i n g- te - 1 ch in , sur le Po , bourg immense auquel les missionnaires accordent 1,000,000 d'habitans; mais dont la population probablement n'ar-

rive pas a la moitié de ce nombre. C'est la plus grande fabrique de porcelaine du monde; elle n'entretient pas moins de 5oo fourneaux.

Dans le Hou- n an, on trouve : Yo-tcheou , sur le lac Thoung thing a l'endroit où il se décharge daus le Kiang. Elle fait un commerce immense de transit , et sa populatiou s'élève peut-être à aoo,ooo Ames. Au-dessus des eaux du lac Thoung-thing s'elev eut plusieurs îles très peuplées et sur lesquelles se trouvent des monastères de bonzes. Parmi ces îles, il y en a quelques-unes qui sont flottantes, comme celles du lac de Mexico et d'autres lacs.

Dans le Tibet, nous nommerons : H'lassa (Lassa), située sur un affluent du Zzaugbo-tchou , assez grande ville, bien bâtie, avec des maisons de deux à trois étages. Elle est la capitale du Tibet, le siège du Dalai-lania et la résidence ordinaire du tazin , ou résident chinois, qui est en réalité un vice-roi. Le vaste et magnifique temple qui s'élève au milieu de la ville et qui est formé par l'assemblage de plusieurs bâtiment, et l'immense bazar qui en fait le tour, sont lés édifices les plus remarquables de cette ville, dont la population permanente, selon un missionnaire qui l'a visitée au commencement du xvm* siècle, s'élevait alors à 80,000 âmes, nombre qui ap|>aremment par une erreur typographique a été changé en 3o,ooo daus les anciennes Annales des Voyages. La population flottante y est toujours très grande, à c^use des nombreux pèlerins qui, des parties les plus éloignées de l'Asie, viennent visiter ce sanctuaire du lainisme. Tout près de Lassa se trouve Botala ou Potala, magnifique couvent construit sur la petite montagne du Marbouri. C'est la résidence ordinaire du dalai-lama pendant l'été. Sou temple est regardé comme le plus beau de tout le Tiliet. Il a environ 3ia pieds de hauteur, et son toit est doré en entier. Les bàtimcns qui l'entourent contiennent plus de x 0,000 chambres ou cellules. Les tours ou obélisques, revêtus d'or et d'argeut, ainsi que les statues de Bouddha , faites de ces métaux et de bronze , y sont sans nombre. Suivant la tradition du pays, ce magnifique édifice a été élevé de 616 à 649 de noire ère par le dzanpou, ou roi des Thoupho. A environ 8 milles au nord-ouest de Lassa, on admire le vaste temple de Brœ-poung-gfiong-pa; il est desservi par plus de 5, 000 lamas.

JiGAGOtmauAn, près de la rive droite du Zzaugi>otchou ou Iraouadi. Quoique cette ville ne soit pas marquée sur nos cartes ni décrite dans nos géographies , elle n'en est pas moins très importante. M. Klaproth, d'après les auteurs chinois, lui accorde 20,000 maisons, en faisant observer que c'est la plus grande ville du Tibet. Jikadze , non loin de la rive droite du Zzanghotchou , assez grande ville, à laquelle M. Klaproth accorde a3tooo familles et 5,3oo hommes de garnison. C'est la capitale du territoire soumis au Bantchan-lama , ou Rogdo-Iama. Tout près, vers l'ouest , se trouve Djachi-loumbo, couvent magnifique où réside ce pontife. On y compte plus de 3,ooo chambres ou cellules. On y voit un grand nombre d'obélisques couverts d'or et d'argent et beaucoup de statues de Bouddha en or , en argent et en bronze. Plus de 3,5oo lamas y font le service.

Bbaldi (Raidi), petite ville, près du lac Yamthso, dit aussi Pallé, remarquable par un couvent célèbre bâti sur une de ses îles. C'est la résidence de la divinité femelle appelée Dontjipamo, ou la sainte mère de la truie. Les Hiudous et les habitans du Népal, ainsi que les Tibétains, la révèrent comme une incarnation de Bhavani. Elle ne sort de son habitation ni de son île, pour se rendre à Lassa, qu'en grande pompe. Peudaut tout le voyage, ou porte devant elle des encensoirs ; elle est assise sur un trône couvert d'une vaste ombrelle. Tout le monde s'empresse de recevoir sa bénédiction , qu'elle donne en faisant baiser son sceau. Les couvens des iles du lac, habités par des moines et par des religieux , se trouvent sous sa direction.

La prétendue civilisation que Bailli et autres écrivains ont cru avoir existé dès les temps les plus reculés dans cette partie de l'Asie, regardée par eux comme le berceau du genre humain, et à laquelle le christianisme lui-même aurait emprunté une partie de ses dogmes et de son culte, nous engage à reproduire ici le résultai des recherches d'un savant pliilologue qui a réduit de pareilles chimères à leur juste valeur. L'opinion de Bailli était fondée sur des relations inexactes et sur des analogies dont l'examen impartial a fait tirer des conséquences diamétralement opposées. Plus tard de nouveaux faits publiés par M. Klaproth sont venus confirmer les raisonnemens du philologue français,

« Il n'est personne, dit M. Abel Remusat , qui n'ait été frappé de la ressemblance surprenante qui existe entre les institutions, les pratiques et les cérémonies qui constituent

la forme extérieure du culte du grand-lama , et celle de l'église Romaine. Chez les Tartares , en effet , on retrouve un poutife, des patriarches chargés du gouvernement spirituel des provinces, uu conseil de lamas supérieurs, qui se réunissent eu conclave pour élire un pontife, et dont les insignes mêmes rcssemhlent a ceux de nos cardinaux , des rouveus de moines et des religieuses, des prières pour les morts, la confession au rien lairc, l'intercession des saints, le jeûne, le haisemenl des pieds, les litanies, les processions , l'eau lustrale. Tous ces rapports embarrassent peu ceux qui sont persuades que le christianisme a été autrefois répaudu dans la Tartarie; il leur semble évident que les institutions des lamas, qui ne remontent pas au-delà du xtxi* siècle de notre ère, ont été calquées sur les nôtres. L'explication est un peu plus difficile dans le système contraire , parce qu'il faudrait avant tout prouver la haute antiquité du pontificat et des pratiques lamaïqucs. Ainsi donc, pour offrir en peu de mots le précis de ce que les traditions des Chinois, d'accord avec la considéi ation de la langue, nous apprennent sur le Tihct, nous dirons que cette contrée montueiise , froide, stérile, a été habitée par des tribus sauvages qui, par la férocité de leurs mœui •» , leur ignorance, la simplicité de leur culte, la rudesse de leur idiome , ont COOWI »é long-temps t 1 coiim'i vent encoi e «mi partie les traces de leur état primitif. Des colonies venues du midi de la Chine , à une très haute antiquité, se sont mêlées aux naturels du paya, Vers l'époque de notre ère, les religieux de l'Hindoustan ont porté leur culte et leur littérature dans quelques monastères qu'ils fondèrent en divers endroits de la Tartane et du Tibet la conversion des Tibétains ne tut complète que % ers le vie siècle de notre ère, où il parait qu'on doit placer la fondation de Lassa. Les lamas prirent alors une autorité qui alla en croissant jusqu'à la conquête des Mongols, et se changea enfin en une domination absolue l a littérature bouddhique s'enrichit par la traduction des ouvrages sanskrits; mais la langue tibétaine conserva toujours les formes agrestes que durent lui imprimer les premiers hommes qui en firent usage. Un idiome barbare, une orthographe irré^ulière , un système grammatical des plus imparfaits, une littérature d'emprunt , une religion transplantée de l'Hindoustan au Tibet, à une époque peu reculée; voilà tout ce qu'on trouve dans ers montagne» sauvages, dont les habitans ne paraissent devoir justifier, sous aucun rapport , la haute attente qu'en ont conçue des écrivains ingénieux, mais peu versés dans l< s antiquités de I* Asie-Orientale. Il faut surtout renoncera placer dans le Tibet le berceau du genre humain . à en faire descendre les religions de l'Hindoustan , à y voir les plus proches héritiers du peuple primitif, a y trouver des traditions antérieures à l'histoire, à y découvrir des monumeus des siècles qui ont suivi ledernier cataclysme. Plus l'on étudiei a les 1 ihetains, et plus on demeurera convaincu qu'ils sont comme les autres Tartares , et qu'ils ont toujours été des pasteurs très ignorons , dont les missionnaires hindous ont été, depuis quelques siècles seulement, les instituteurs en civilisation, en morale et en littérature , et qui n'ont fait encore que des progrès très médiocres. »

Dans le Bon tan, nous décrirons au moins Tassisi no* , qui en est la capitale. C'est une très petite ville située sur le Tchintsiou. Ce n'est, à proprement parler, qu'un château très élevé, à sept étages; dans le quatrième demeure le dacb-radja , qui est le prince séculier du pays ou le vicaire du pontife, et au septième loge le dharma-radja , ou le pontife souverain , regardé comme une incarnation de Mahomoni. Un vaste baldaquin doré couvre le temple, qui est magnifique.

Dans le Thian-chan »nan- lou (Petite-Boukbarie) , on trouve : Yarkaho , sur le Tarkand-daria , grande ville à laquelle on accorde 1 2,000 maisous. Elle est bâtie au milieu d'un territoire aussi fertile que bien cultivé. Son industrie et son commerce la rendent très florissante et y attirent uu grand nombre de Chinois, d'Hindous et de Boukbares des provinces les plus éloignées de la Chine, de l'Inde et du Tirrkestau. On vante beaucoup son bazar , cpii est d'une étendue extraordinaire. C'est sur son territoire qu'on ramasse cette immense quantité de jade, qui annuellement e«t envoyée à la cour de Peking et qui a de tout temps été si célèbre en Chine sous le nom de pierre de Yu; c'est avec cette substance, dit M. Abel Rémusat, que sont faits la plupart des vases et des objets d'ornemens usités chez les Chinois. Kacukar, sur la rivière du même nom, ville riche et florissante par son industrie et son commerce. On lui accorde plus de 40,000 habitans; neuf villes en dépendent. Elle est défendue par une citadelle occupée par une nombreuse garnison chinoise.

JPTION DE L'ASIE.

Dans la Dzoungarie, on trouve Gocldja, sur l'IIi , graudc ville à laquelle Bd. Poutimstev accorde 10,000 maisous. C'est le graud eutrepôt du commerce de l'Asie cenlrale avec ses extrémités occidentale et orientale. Ou peut regarder cette ville nonseulement comme la capitale de la Dzoungaric, mais aussi comme le chef-lieu de tous les pays de la Nouvelle Frontière, puisqu'elle est le siège du général eu chef chinois, dont relèvent les généraux des Solon, des Sibe, des Tsakhar et des Oelet, aimi que les commaudans de» ville» de Yarkaud, de Kachkar et autres de la Petite Boukharie.

Page 1