‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 170 sur 320 · NAN-KAT-DO · texte numérisé non relu

NAN-KAT-DO

Kii (Ki-siou) Waka-yama; Tanahe; Sin-mijra.

Awasi (fie d') (Tan-siou). Soumoto ou Smoto. AwA(A-sioa) Tok-sima.

Sahouei (San-siou). Taka-raats; Marou-kame , avec le célèbre temple de

Konbira.

Ivo(Yo-siou) Matsouyama; Ouwa-sima; Ima-bari; Saîzioo; Komats,

Daisou; Dagn.

T6sa (Tô-siou) K ô t s i. Cette province ainsi que celles d'Awa , Sanouki etlyo

forment ensemble I'Ile de Sieokf (les quatre royaumes). SAIKATDO (Contrée de ta Mer Occidentale). Tsieoqzeh Fouk-oka; Akitsouki.

Tsieodh co. Kouroume; Yana-gawa. Cette province et celle de Tsi-

kousen portent ensemble le nom de Tsieolsioc. Bouzeh Kokoura; Nakatsou.

BouifGO. Ousooki; Takeda; Salki; Founai; Finodc. Cette province

et celle de Boa zen portent ensemble le nom de Foosroc

Fieejt Saga; Karatsou; Omoura; Sima-bara,- Osima; Firando; Nam-

ga-saki.

Figo Rouma-moto; Yatsou-siro,- Oudo{ Amakoasa.

Fiocga (Asi-siou). I y i f i . Takanabe ; Nobi-oka ; Sadmvara. Cette province et

celle de Figo portent ensemble le nom de Fi-aioc Oosoumi (Gou-siou) Kokon-bou.

Satsouma (Sats-siou) Kago-sima. Cette province avec les huit précédentes em-

brasse toute I'île de Kiocsiou (les neuf royaumes).

L'ILE IRI (Isiou) Ka ton-moto.

L'ILE TSOU-S1MA (Jaï-siou). Fou-tsiou.

OOnVXHZffEMXirr DE MATSMAI subdivisé en :

Ieso (lie de) Où il faut distinguer le gouve me ment de leso proprement dit, qui ne comprend qne la péninsule sud-ouest de l'île de Ieso, où se trouvent Matsmaï et Khakodade. L Ainou-K ou ni (Pays des Ainou ou Aïnos), où il faut encore distinguer la partie vassale des Japonais qui s'étend le long des cotes méridionales et orientales, et où se trouvent : Atkis et Endermo , et la partie entièrement indépendante , qui comprend tout le reste de cette Ile.

Kouriles Méridionales. . Savoir les lies Tchikotan; Kounachir on en i8ri M. Golovuin

fut fait prisonnier par les Japonais ; J/ourouss (Me des Etats ou Atorkou) qui est la plus grande et où se trouve Our~ bitch, avec un fort japonais et un port non loin du volcan de ce nom ; Ou mus dite aussi lté de la Compagnie.

Taraeai (Hc de) Dite aussi Kara/ïo, Tchoka ou Sakhalian. L'extrémité méridionale seulement dépend des Japonais. Leur principal établissement se trouve dans la baie oVAniwa , très importante par l'immense quantité de poisson qu'on y prend et par le grand nombre de baleines qui fréquentent ses parages.

Ykdo (en chinois Kiang-hou)^ située dans une grande plaine de la province de Mousasi , au fond d'un golfe et sur les bords du Tonyak, qui après l'avoir traversée se jette par plusieurs embouchures dans le port; celui-ci est peu profond et n'est accessible qu'aux petits navires. Yedo est une des villes les plus grandes et les plus peuplées du monde. Sa circonférence est estimée à environ ao milles. Quoique son plan ne soit pas aussi régulier que celui de la plupart des villes du Japon , ses rues sont en général assez bien alignées et se coupent à angles droits. La principale, qui traverse la ville du nord nu sud, a 5o pas de large. On y voit le fameux Niphon bas ou le

fx>nt du Japon y d'où l'on compte les distances sur tous les grands chemins de l'empire; il est construit en boi« de cèdre dit du Japon , bordé de balustrades ornées de boules de cuivre doré et long de /jo toises. Les maisons de Yedo, comme celles do tout l'empire, ne peuvent avoir au plus que deux étages, chacun d'une toise et demie ou de deux toises de haut , mais il n'y a d'habité que le rez-de-chaussée; l'étage supérieur sert de garde-meuble et de grenier. Construites en bambou, entremêlé de mortier et peintes en blanc, elles paraissent être en pierre et ne forment qu'une pièce , di\isée à volonté par des châssis mobiles couverts en papier fort et transparent, lin papier très (in tient lieu de vitres. Tout l'intérieur est revêtu de papier peint. Leurs toits sont plats, couverts en tuiles, lourdes et pesantes chez les riches, et en morceaux de bois en forme de tuiles retenues par des pierres chez les pauvres. L'intérieur et l'extérieur sont remarquables par leur propreté. Les meubles y sont très peu nombreux. On n'y voit ni chaises ni tables; les Japonais s'asseyent sur des nattes qui eu couvrent ordinairement le plancher. C'est à la fréquence des tremblemens qu'on éprouve à Yedo ainsi que dans les autres villes du Japon, qu'on doit attribuer le petit nombre de bâtimens remarquables qui les décorent, et leur peu d'élévation. Le principal édifice de cette capitale est le palais du Srogoun ou empereur; il est situé vers le milieu de Yedo, et par son étendue semble former une ville à part; on lui accorde environ 5 lieues japonaises de circonférence. Il est entouré de remparts et de fossés pleins d'eau , sur lesquels s'abattent des ponts-levis. Cette vaste résidence est partagée en trois parties, qui sont séparées les unes des autres de la même manière. Le château extérieur est habite par le p ! 1 1 -» grand nombre des princes de l'empire , dont les palais forment des rues. Le second château contient des rues larges, formées par les palais de plusieurs des plus puissans princes de l'empire , des principaux ofliciers de la couronne , des employés qui correspondent a nos conseillers d'état et autres dignitaires. Le palais proprement dit s'élève sur une hauteur, et domine toute la ville, quoiqu'il n'ait qu'un rez-de-chaussée. Il est surmonte par une tour carrée à plusieurs étages, ornée de toits très beaux et très riches, ainsi que les autres parties de ce château. A cette occasion il est bon de faire remarquer que cette tour carrée est une marque de prééminence, laquelle dans cette villeestinterdite aux autresgrands,quoiquechacun d'eux jouisse de la même prérogative dans ses propres domaines. Le palais en gênerai présente un aspect majestueux et superbe. La salle dite Scn-Sio-Siki , ou aux Cent nattes doit être très vaste, puisque la grandeur légale de chaque natte est de G pieds de Paris sur trois; les portes et les linteaux en sont vernissés et les ferrures dorées; des dragons dorés en ornent les toits; mais tout l'ameublement consiste en nattes blanches garnies de franges d'or. C'est à Yedo qu'a été publiée X Encyclopédie chinoise dite du Japon, ouvrage peut-être le plus précieux que possède la bibliothèque royale de Paris sur la littérature asiatique; il se compose de No volumes in -8° accompagné d'un très grand nombre de planches. On ne sait rien de positif sur la population actuelle de cette ville immense ; les auteurs japonais lui accordent a8o,ooo maisons; nous croyons cependant que sans crainte d'exagération on pourrait estimer à i,3oo,ooo le nombre de ses babitans. Yedo est le séjour ordinaire pendant six mois «les grands feudataires de l'empire , et pendant toute l'année de leurs familles et de leurs nombreuses suites. Cette

seule circonstance doit être prise en considération lorsqu'on veut essayer d'estimer sa population. Yedo comme toutes les autres villes de l'empire est extrêmement sujette aux incendies; il n'y a guère de jour où il n'en éclate plusieurs, et souvent des quartiers entiers sont la proie des flammes; en 1703 et en 1773 elle a été presque entièrement consumée et avec des circonstances effroyables. Pour prévenir ce fléau, on a institué un corps nombreux dont les dctachemens parcourent sans cesse la ville nuit et jour; ils sont vêtus de cuir brun.

Kio (résidence) ou Miya&o (capitale), dont les géographes européens ont fait leur Miaco , très grande ville de la province de Yamasiro, située dans une plaine environnée de collines et baignée au levant par la Karoo ou Kamo-gava, affluent de la Yodo-gava. C'est la ville du Japon qui offre le plus d'édifices remarquables; elle en a été pendant long-temps la capitale , et est encore la résidence du daïri , ou du descendant des anciens empereurs, révéré comme un personnage saint et comme le chef de la religion de 1 eut. Kio est assez régulièrement bâtie, ses rues sont alignées et se coupent à angles droits. Parmi le grand nombre d'édifices publics qu'elle renferme on remarque surtout les suivans : le palais du daïri , entouré de murs et de fossés; il se distingue surtout par son immense étendue et par la belle tour carrée qui le surmonte ; outre le palais proprement dit, il renferme treize rues habitées par les personnes de sa cour. Le palais duscogoun, construit en pierres de taille et environné d'un fossé plein d'eau, entouré lui-même par un fossé sec ; au milieu s'élève aussi une tour carrée à plusieurs étages ; la forme de cet édifice est un carre lon£, dont la principale dimension est de 1 5o toises. Le temple de Fàiâzt, célèbre dans tout le Japon par V image colossale de DfûboiUs ou Grand- Bouddha, appelé Rousiana \\e resplendissant). Cette statue, dit M. Klaproth, représente Daïbouts assis à la manière indienne sur une fleur de lotus; elle était primitivement en bronze doré; mais ayant beaucoup souffert par le tremblement de terre qui ent lieu en 166a , on la remplaça en 1667 par une en bois recouverte de papier doré. La hauteur totale de ce colosse est de 83 pieds du Rhin , dont 73 pieds 9 pouces pour la statue et 9 pieds 10 pouces pour la fleur de lotus. L'intérieur du temple est pave en carreaux de marbre blanc et orné de 96 colonnes en bois de cèdre. Dans un édifice voisin se trouve suspendue la plus grande cloche connue du monde ; elle a 17 pieds 2 pouces et demi de hauteur et pèse 1,700,000 livres japonaises , qui équivalent à a,o4o,ooo livres hollandaises. Le temple de Kwanwun, qui rivalise sous tous les rapports avec le précédent; la statue du dieu, qui est d'une taille extraordinaire, a 36 mains; elle a autour d'elle les statues de six héros de taille gigantesque. Ce temple est aussi remarquable par le grand nombre de statues des dieux et des esprits censés être subordonnés à Kwanwon; ces images sont de différentes grandeurs; les plus petites sont placées en avant, afin que la vue puisse les embrasser toutes à-la-fois; si l'on en croit les Japonais, leur nombre s'élève à 333,333! L'industrie et le commerce sont à Miyako comme dans leur centre. L'on y affine le plus beau cuivre, on y fabrique la porcelaine qui passe pour une des meilleures du Japon, et beaucoup d'étoffes d'or, d'argent, de soie et d'ouvrages en acier. On y frappe aussi toute la monnaie de l'empire. La plupart des livres japonais sont imprimés dans cette ville, où la cour du daïri forme une espèce d'académie qui cultive

la littérature, les sciences et les beaux-arts , et qui selon Caron est chargée de la rédaction des annales de l'empire. Valmanaeh impérial y est aussi composé tous les ans par un des principaux savans et revu par une commission , mats on l'envoie imprimer dans la province d'Ize, regardée comme un pays sacré , parce que c'est là que se trouvent les principaux temples des divinités tutélaires de l'empire. Cet almanach contient la statistique de l'empire, et l'on y indique toutes les charges de l'état, et les revenus des principales maisons depuis les sommes les plus considérables en descendant jusqu'à celle de 10,000 cobangs , ou 120,000 francs inclusivement. Selon le jésuite Pinheiro, Mi va ko renfermait à la fin du xvn# siècle 5oo temples principaux et une des six grandes universités de l'empire; il fait observer qu'en i54° il y en avait quatre autres dans les environs, et que chacune d'elles comptait plus de 3,5oo étudians. D'après Yaratamc ou recensement de la fin du xvne siècle rapporté parKaempfer, Miyako doit avoir au moins un demi-million d'habitans, puisqu'il cette époque on compta 52,169 prêtres, 477,557 laïques des deux sexes, sans y comprendre les étrangers et toute la cour du daïri.

Dans nn rayou de 3o milles 011 trouve : Nam a , ancienne résidence des empereurs, ville très vénérée par les Japonais et très florissante par le grand nombre de «es temples , qui y attirent une foule de dévots de la religion de Botiddab. Le père Almeîda , jésuite portugais , qui la visita vers la seconde moitié du xvti* siècle , décrit plusieurs d<* ses édifices , dont l'étendue et la richesse l'étonnèrent. Le temple de Koubnsi est précédé de trois vastes cours qui s'élèvent en amphithéâtre; on monte de Tune à l'autre par de superbes escaliers. Dans la première cour on remarque deux figures gigantesques armées de massues; la porte du temple proprement dit est gardée par deux lions d'une taille monstrueuse cl d'un ouvrage très curieux. Au fond du temple, on voit la statue de Siaka avec deux autres de chaque côté; elles sont d'une hauteur et d'nne grosseur prodigieuses. Tout l'intérieur de l'édifice est peint en rouge. Le toit avance de plusieurs pieds au-delà du mur. Le monastère qui joint le temple n'est pas moins remarquable par son étendue , sa richesse et les beaux jardins dont il est accompagné. La bibliothèque était remplie de livres au point que les fenêtres en étaient presque fermées. Le temple de Daïbouts est environné d'un portique de 60 toises sur chaque face, et le plafond est soutenu par 98 colonnes de 3 toises et demie de circonférence; la statue du dieu est eu cuivre et d'une dimension colossale; elle a 14 aunes portugaises de largeur à la poitrine. Tous les ans il part de cette ville une troupe de pèlerins sous la conduite de certains bonzes , dans le but de visiter un fameux temple de Siaka pour y expier leurs péchés. Pendant leur longue marche , ils vont nu-pieds et ne viveut que de deux poignées de ri* grillé par jour. Le pays qu'ils traversent est moutagneux et aride ; les bonzes conducteurs les soumettent à des pénitences cruelles. Parvenus au lieu de l'expiation , chaque dévot est mis dans une balance suspendue sur un épouvantable précipice. Là il doit avouer publiquement ses fautes. Si les prêtres s'aperçoivent qu'il hésite ou qu'il use de réticences, ils ôtent le contrepoids de la balance, et le malheureux est précipité dans l'abîme. Les pèlerins prennent ensuite congé des bonzes, auxquels chacun donne la valeur d'environ 12 francs.

Oas>ka , grande ville de la province de Sets , près de l'embouchure du Yodogava. C'est une des cinq villes impériales qui composent l'apanage du koubo. L'ne grande citadelle la protège ; c'est une des constructions de ce genre les plus remarquables du Japon. Favorisée par sa position, elle réunit, dans de vastes magasins, toutes les productions du sol et de l'industrie pour les faire refluer sur tous les points de l'empire ; les plus riches marchands et les artisans les plus habiles y sont établis. Les hommes riches et voluptueux s'y rendent de toutes les parties du Japon. Tous les princes et seigneurs qui possèdent des terres dans les provinces occidentales oui à Osaka des maisons, ou plutôt ce qu'on pourrait appeler uu pied-à-terre ; car il ne leur est pas permis de s'y ar rèler plus d'une nuit ; les plaisirs dont on y jouit lui a mérité le surnom de théâtre du

plaisir. Sans admettre les calculs exagérés des Japonais, qui assurent que la seule population de cette ville peut fournir une armée de 80,000 hommes, nous dirons qu'où peut évaluer au moins à i5o,ooo le nombre de ses habitans. Parmi ses nombreux temples, il faut distinguer celui de Daibouts. Parmi ses curiosités on doit citer le jardin botanique t où l'on cultive avec le plus grand soin tous les arbres, arbustes et autres végétaux qui croissent au Japon; et la rue des Oiseaux, où, selon Thunberg, on transporte des individus de toutes les espèces qu'on trouve dans l'empire, soit pour les vendre, soit pour les faire voir moyennant une rétribution.

Les outres villes les plus remarquables de l'empire que notre cadre uous permet de sigualerà l'attention du lecteur sont : Nahgasaki, sur l'île de Kiousiou, ville ouverte du côté de terre, mais avec quelques fortifications du côté de la mer, avec des rues étroites et tortueuses. Elle est environnée de monlagues couronnées de temples nombreux, et qui en rendent les approches vraiment pittoresques. Son port est le seul dans lequel il soit (tennis aux vaisseaux étrangers de jeter l'ancre. Le commerce et les fabriques la rendent florissante et très peuplée; elle dépend immédiatement du koubo.

Matsmaï, sur une vaste baie de l'île Ieso, ville assez grande et bâtie dans le genre des autres villes japonaises, avec uu port continuellement rempli de bâtimens marchands qu'y attire un commerce florissant. M. Golovniu dit qu'elle possède un théâtre japonais et envirou 5o,ooo habitans. On peut la regarder comme la ville la plus importante de celte partie extrême de l'Asie.

Parmi les curiosités du Japon, on ne doit pas oublier Pile de Fatsisio, qui offre le lieu d'exil peut-être le plus extraordinaire du globe. C'est une petite île située au sud de Yedo; les côtes sont tellement escarpées, que l'on u'y peut aborder que par le moyen d'uue grue. C'est là que tous les grands du Japon tombés en disgrâce sont retenus; on les y emploie à fabriquer différentes sortes d'étoffes si précieuses par leur beauté que le seogoun s'en réserve l'usage.

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