‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 169 sur 320 · EMPIRE JAPONAIS · texte numérisé non relu

EMPIRE JAPONAIS

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale, entre 126° et 14 8°. Latitude, entre 2tf et 470.

. CONTINS. Au nord, la partie indépendante de l'île Tarrakaï (Sakha~ lian) , et les îles Kouriles dépendantes de l'empire Russe. A Y est, le Grand- Océan. Au sud, ce même Océan , la mer Orientale ou le Toung-haï des Chinois. A Y ouest , le caual occidental de la Corée, la mer du Japon et sa branche nommée Manche de Tartarie.

FLEUVES. Un empire composé d'îles ne peut pas avoir nécessairement de très grands fleuves. Aussi est-ce seulement dans l'île de Ni Ion» qui est la plus grande, qu'on trouve les courans les plus considérables de cet état. Ils se rendent tous, comme ceux des autres îles, dans les mers qui environnent cet empire. Parmi le grand nombre de fleuves qui l'arrosent nous nous bomerous à citer les suivans , qui tous appartiennent à l'île de -Vifon.

Le Yodo-gawa , sort du lac Birwano oumi , passe par la ville de Todo i laquelle il donne son uom , et devant Osaka; il se jette ensuite dans le golfe de cette dernière ville.

Le Tehuio-gawa (le fleuve du dragon céleste) sort du lac de Souwa, daus la province de Sioauo, entre dans celle de Tootonii et s'y jette daus la mer par trois embouchures, ii est très large et son courant fort rapide. A la page ttoo, nous avons signalé l'erreur de M. Aj-rowsmitli, relativement au prétendu canal navigable qui joint ce fleuve aux mers du Japon.

L'Ara-kawa a ses sources sur la haute montagne de Fosio-dakc, située entre les provinces de Knotsouke et de Mousasi. Il se divise bientôt en deux bras, dont l'occidental, nommé Toda-gawa, se jette à l'orient de Yedo, dans le golfe de cette ville arrosée par plusieurs bras et canaux dérivés du Toda-gawa. Sur un de ces derniers est le fameux pont Niphon-bas , ou PonUlu-Japon, duquel on compte toutes les distances de cet empire. L'autre bras de l'Ara-kawa se jette dans le grand fleuve Toue-gawa.

Le Tohe gawa est formé daus le Kootsouke par la réunion de plusieurs grandes rivières. Il se décharge par uu bras dans le golfe de Yedo, et par l'autre dans le grand lac Kasmigaoura , dont les eaux communiquent a\ec l'Océan oriental, par le large écoulement appelé Sara-gawa. Ce lac, situé dans la province de Fitats, est alimenté par un grand nombre de fortes rivières venant des montagnes du Moûts, du Simotsouke et du Fitnts.

L'Iko-gawa a ses sources sur le mont San-o-toké, à la frontière du Siuano et du Mouls; il traverse une partie de cette dernière province , y reçoit à la gauche le Daterai , et à la droite les eaux du lac salé d'iuaba. Entré daus le Yetsingo, il prend le nom de Tsot;oawa ; il se partage ensuite en deux branches dont l une entre daus l'estuaire de Aie gâta y et l'autre (l'orientale) daus celui de Foulioushna-^ata.

BEEIGIOlf . Il y a dans le Japon deux religions principales. La première, appelée Sinto ou Siinsiou, est la plus ancienne et la primitive de

cet empire. Elle est basée sur le culte des génies ou des divinités qui président à toutes les choses visibles et invisibles; on la nomme Sin ou garni Le daïri, ou empereur du Japon, dont la famille est regardée connue descendant des anciennes divinités qui ont régné dans le pays, était dans l'origine le chef de cette religion, qui révère avant tout autre être divin , Tcn-sio-daï-sin , déesse qui passe pour la première souche de la famille impériale et dont le temple principal est situé dans la province d'Izc. Le frère de celte déesse est le dieu de la guerre Fatsman , qu'on appelle ordinairement Ousa-Fatsman , parce que son principal temple est à Ousa dans la province de Bounzen. De toutes les divinités japonaises, Fatsman prend le plus de part au sort de l'empire, et l'empereur lui envoie fréquemment des embassades pour le consulter dans des affaires importantes. La souche de la famille céleste des daïris est impérissable, car le peuple croit que, quand un daïri n'a pas d'enfant, le ciel même lui en procure. Encore aujourd'hui , quand un empereur du Japon est sans successeur, il en trouve un sous un arbre de son palais; c'est un enfant choisi en secret par lui, dans une famille illustre de l'empire et qu'on y a déposé. L'âme des daïris, ainsi que celles des autres hommes, sont immortelles, car les sintos admettent une existenee après la mort. Toutes les Ames sont jugées par des juges célestes; celles des hommes vertueux entrent dans le Taka-ama-ka-wara ou le plateau élevé du ciel, ou elles deviennent kami ou génies bicnlaisans, tandis que celles des médians partent pour l'enfer Ne-no kouni , ou le royaume des racines. Pour ho norer ici-bas les kami, on leur élève des mijra ou temples de différentes grandeurs construits en bois. Au milieu est placé le symbole de la divinité, consistant en bandes de papier attachées à des b nous du bois de l'arbre finoki (thuya-japonica). Ces symboles, nommes gnfci, se trouvent dans toutes les maisons japonaises, où on les conserve dans de pet** mira. A chaque côté de ses chapelles sont placés des pots à fleurs avec des branches vertes de l'arbre sakaki (cleyeria kaempfenana), souvent aussi de myrtes ou de sapins; puis deux lampes, une tasse de the et plusieurs vases remplis de saki ou vin japonais. C'est devant ces chapelles que les Japonais adressent le matin et le soir leurs prières aux kanns. Les mira ou temples, quoiqu'en eux-mêmes fort simples, forment souvent, avec les habitations des prêtres et autres maisons, des édifices très vastes et très étendus , auxquels donnent entrée des portails magnifiques, nommes fori-i, ou lieux destinés aux oiseaux. Devant tous les temples sont places les deux chiens Koma inou, et devant celui de la déesse Ten-sio-dai-siu, ses deux compagnons qui étaient avec elle pendant sa marche de Fio. Idzoumo. On adresse journellement ou à de certaines époques des prières et des sacrifices au fondateur de l'empire, aux bons empereurs et aux autres personnages qui ont bien mérité de la patrie , et dont les a mes sont devenues kami. On célèbre aussi leurs fêtes appelées matsouru Cependant aucun homme ne peut s'adresser directement à la Tcn-sm-dai-sm; U doit lui faire parvenir ses prières par l'entremise des Siou-go-zui , ou divinité* tutélaires ou protectrices. A cette classe appartiennent tous les autres kamis, et comme souvent des animaux servent aux kanns, il y en a aussi qu'on révère comme divinités protectrices , principalement le renard (vtari). Cet animal est en général fort honoré par les Japonais, qui le consultent dans toutes les affaires épineuses. Les sacrifices qu on offre aux

kamis, principalement au commencement et à la fin de chaque mois, se composent de divers comestibles, comme riz , gâteaux, poissons, œufs, etc. II n'est pas défendu aux sectateurs de Sinto de tuer des êtres vivans ; leurs prêtres laissent croître leurs cheveux comme les laïques, et peuvent se marier. On enterre les morts dans une bière qui a la forme d'une miya. Anciennement, au décès des grands, on enterrait avec eux vivans un certain nombre de leurs serviteurs et amis. Dans les temps postérieurs ces personnes s'ouvraient le ventre à cette occasion. Cet usage fut déjà défendu en l'an 3 de Jésus-Christ, mais il s'était encore conserve jusqu'au temps de Taïko , vers la lin du xvic siècle ; cependant on remplaçait aussi les hommes vivans par des statues en terre glaise , qu'on trouve encore souvent aujourd'hui dans la terre.

La seconde religion du Japon, et à présent la plus répandue, est le Bouddhisme [Boutsdo)\ elle y fut apportée de la Corée en 543 de notre ère et se répandit bientôt partout. Cette croyance se divise au Japon en huit sectes principales, dont les prêtres inondent le pays. Actuellement la religion de Bouddha est tellement confondue avec celle de Sinto au Japon, que beaucoup de temples de l'une servent en même temps aux sectateurs de l'antre , et qu'on y trouve à côté des anciens kamis japonais les images des divinités bouddhiques. Il existe encore au Japon une secte de prêtres appelés Varna- bons , c'est-à-dire retirés dans les montagnes. C'est proprement des espèces d'enchanteurs, qui dérivent des Sectes bouddhiques appelées Ten-daï et Singon. Les Yama-bous ressemblent pour l'extérieur aux prêtres de ces sectes, mais ils se distinguent de tous les autres religieux de Bouddha, parce qu'ils mangent de la viande et se marient, deux choses qui sont sévèrement défendues aux autres.

Le Siocto ou la doctrine de Conflcius est la troisième croyance qui règne au Japon; elle a été importée de la Chine quelques siècles après le Bouddhisme ; les Japonais qui professent ses dogmes sans aucun mélange sont très peu nombreux. La croyance des Aïnos dans Ieso, dans Tarrakaï et dans les Kuriles pourrait être regardée comme une espèce de dualisme; mais ces peuplades superstitieuses et abruties n'ont ni temples, ni prêtres, ni même d'enchanteurs.

gouvernement. Nous avons vu que le daïrî était l'empereur légitime du Japon, mais sa puissance fut ébranlée en n58, époque à laquelle le koubo, dit aussi seogoun (général en chef des armées), prolitant des troubles de l'empire, s'empara d'une portion du pouvoir souverain. Depuis i585, le seogoun possédant seul la puissance civile, on peut regarder le gouvernement du Japon comme une monarchie héréditaire absolue, soutenue par une foule de damios (princes héréditaires) , dont la jalousie mutuelle et les otages qu'ils livrent garantissent la soumission au pouvoir suprême; chaque prince dispose des revenus de son fief ou de son gouvernement; ils lui servent à défrayer sa cour , à entretenir une force militaire, à réparer les routes et à subvenir à toutes les dépenses de l'état civil. Ces damios ne jouissent pas tous des mêmes privilèges et plusieurs sont dans une très grande dépendance du seogoun ; ces derniers sont non-seulement forcés de laisser leurs familles dans la capitale, mais encore d'y résider six mois de l'année. Quant au koubo ou seoçoun , il ne laisse au daïri que le titre d'empereur, mais se reconnaît toujours i>our la forme comme son premier sujet et lui donne des marques

AliKKGÉ DE GÉOGRAPHIE.

de respect et même de déférence, car il reçoit de lui des titres honorifiques et c'e6t du datri que les grands de l'empire les obtiennent. Le daïri vit renfermé à Miyako (c'est-à-dire la capitale), dans un palais magnifique, d'où il ne sort que pour se rendre à quelques-uns des principaux temples de l'empire. Il a douze femmes; il est entouré d'une cour nombreuse et sa personne est sacrée. I,e seogoun entretient auprès de lui une garde et un gouverneur, et, tous les ans, lui envoie une ambassade chargée de lui offrir de riches présens. Le seogoun réside à Yedo.

INDUSTRIE. Les Japonais, dit M. Klaproth , reçurent la civilisation et la littérature chinoises, par la Corée, car leurs premiers instituteurs dans les arts et les sciences furent les Coréens, par lesquels ils recurent aussi le Bouddhisme. L'usage du papier, qu'on fabrique au Japon avec l'écorcc du morus papyrifera , ainsi qu'avec les fila mens d'un grand nombre de plantes et d'arbrisseaux, date du commencement du vu* siècle. L'art de l'imprimerie y fut introduit vers l'an iuo6, époque à laquelle on commença à imprimer les livres de la religion de Bouddha avec des planches gravées en bois, le système de l'écriture des Japonais et de Chinois ne permettant pas de se servir de caractères mobiles. C'est à Miyako qu'existent leurs grandes typographies et leurs meilleurs graveurs. Nous nous bornerons à citer plusieurs ouvrages rapportés par M. Titsingh, eutre autres divers traités de botanique avec des planches gravées en bois ou peintes- avec beaucoup de soin; mais surtout un recueil in-folio contenant 77 planches si bien dessinées et peintes avec une telle perfection , qu'aucun objet venu de l'Asie ne peut a notre avis, dit M. Abel Rcmusat, donner une idée si favorable de l'état des arts dans cette partie du monde. On doit aussi mentionner un traité de botanique en 8 volumes contenant environ aoo planches très bien gravées en bois d'après des dessins très exacts; cet ouvrage est dans son genre une sorte de chef-d'œuvre. Les Japonais ne représentent pas avec moins de fidélité les autres objets d'histoire naturelle. On doit ajouter que les Japonais ne partagent point l'orgueil déraisonnable des Chinois , qui méprisent toutes les connaissances qui ne sont point nées chez eux. Ce peuple adopte avec une sorte d'avidité les arts et les sciences de l'Europe; mais malheureusement le gouvernement ne favorise ces dispositions qu'avec une extrême réserve. Les grands de l'empire savent le hollandais, l'écrivent et lisent beaucoup dans cette langue; ils lisent aussi les gazettes hollandaises, qui les tiennent au courant des évènemens qui arrivent dans l'Occident. Les Japonais ont adopté la méthode de graduation et de projection des cartes européennes; la nouvelle édition de la carte générale de l'empire publiée en 17/^ vient d'être surpassée par une nouvelle carte levée par ordre de l'empereur d'après les méthodes pratiquées en Europe. M. Titsingh avait apporté deux séries de vues prises le long de la route entre Yedo et Nangasaki , sur deux rouleaux, l'un de 319 pieds, l'autre de 46 pieds de long; tous les objets remarquables y étaient représentés. A côté de ces faits qui déjà donnent une id»e avantageuse de la civilisation japonaise, nous devons ajouter que l'éducation des femmes y est très soignée et presqu'à l'égal de celie des hommes, qu'à l'exception des femmes des grands elles y jouissent de la même liberté qu'en Europe, et que sur la scène elles remplissent le rôle destiné à leur sexe, rc qui est sans exemple en Asie; c'est peut-être en grande partie le résultat de l'usage où sont la plupart des

.lapon. lis de n'épouser qu'une femme. Ce peuple rivalise avec les Chinois et les Hindous sous le rapport de l'industrie; il possède d'cxcellens ouvriers en cuivre, en fer et en acier; ses sabres ne sont inférieurs qu'à ceux du Khorassan. Plusieurs arts, tels que la fabrique des étoffes de soie et de coton, de la porcelaine, du papier d'écorce de mûrier, de divers objets en laque, en verre et autres sont parvenus à un haut degré de perfection. Les Japonais savent raccommoder et même faire des montres, cl le premier de tous les arts, l'agriculture, paraît être celui auquel ils se livrent avec le plus d'activité. Sans adopter les exagérations de certains auteurs qui nous représentent toute la surface du Japon comme cultivée sans en excepter même les sommets arides des montagnes, il nous parait vraisemblable que le Japon, dans ses terreins cultivables , offre un des pays du monde où l'agriculture depuis bien des siècles est pratiquée avec le plus d'intelligence et de succès. Les champs y sont sarclés avec tant de soin que le botaniste le plus clairvoyant aurait de la peine à y découvrir une plante parasite. Selon Thuiibcrg tout cultivateur qui néglige une partie de son domaine en perd la propriété; on le donne à un autre. Ycdo , Miyako (Miako), Osa/* a , Nangasaki , Yosida , Kourou et Kasi- no-mats sont les villes les plus industrieuses de l'empire.

COMMERCE. Jadis les Japonais avaient des flottes nombreuses et leurs navires marchauds allaient dans les pays que baignent les mers voisines, et même jusqu'au Bengale; mais depuis la révolution de i585, i l'état n'a plus de vaisseaux de guerre, et la construction des bàtimcns de commerce est restée telle qu'elle convient à une nation qui veut vivre séquestrée de toutes les antres. Par un édit de 1637 , ÎI défendu aux Japonais de voyager dans un pays étranger; ils ne peuvent que faire le cabotage, ou aller dans les îles dépendantes de l'empire. Les Japonais qui, jetés par des tempêtes sur des plages étrangères, reviennent ensuite dans leur patrie, y sont soumis à une surveillance rigoureuse ou à une captivité perpétuelle. Le port de Nangasaki est le seul qui soit ouvert à trois nations étrangères, mais avec de grandes restrictions. Les Chiuois, les Coréens et les Hollandais qui jouissent de cette faveur, ne peuvent y introduire qu'un nombre déterminé de navires; les premiers, dix jonques et les derniers un seul gros vaisseau et deux beaucoup plus petits. Les négocians chinois et les Hollandais qui font ce commerce sont sous la surveillance de la police et peuvent être regardés comme prisonniers dans le bâtiment qui leur est destine pour demeure. Les Anglais s'étant emparé de Java en 181 1 , voulurent supplanter au moins momentanément les Hollandais au Japon ; leurs tentatives échouèrent contre la ténacité des Japonais à ne rien changc#aux usages établis. Les principales importations des Hollandais consistent en sucre en poudre, sucre candi, étain, écaille de tortue, mercure, rotin, bois de sa pan, épiceries, plomb, barres de fer, miroirs, verreries, ivoire, café, borax, musc, safran. Les principales exportations sont : cuivre, camphre, soieries, objets en laque. Les Chinois emportent les mêmes espèces de marchandises, ainsi que du poisson sec et de l'huile de baleine, en échange de sucre, de lainage anglais, de thé, de drogues et autres articles. Autant le commerce extérieur est peu étendu, autant le commerce intérieur, surtout celui du Japon proprement dit, est actif et florissant. Aucun impôt ne gène sa marche; des routes bien entretenues rendent les communications faciles. Quoique fermés à

tous les étrangers, les ports du Japon sont couverts de grands et de petits vaisseaux. Les boutiques et les marchés regorgent de toutes sortes de denrées. Dans les villes , de grandes foires attirent un nombreux concours dépeuple. Outre les villes que nous avons mentionnées à l'article industrie, on doit nommer aussi les suivantes parmi les principales places de commerce de cet empire : Kabigi, Osaka, Miya, Mouro et Simonoseki , dans l'île Nifon; Kokoura et Sanga , dans l'île Kiousiou; Tosa, dans celle de Sikokf ; Matsmaï et Khakodade (Fakhodade) , dans celle de Ieso.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES et TOPOGRAPHIE. Si l'on VCUt

être impartial il faut avouer que Kjempfer est le seul auteur européen qui jusqu'à présent nous ait donné une description vraiment géographique du Japon. Mais par une inconcevable omission, qu'on doit sans doute attribuer aux Japonais qui lui fournissaient les matériaux pour rédiger sa relation , ce savant voyageur nous a présenté un tableau très détaillé et très exact des divisions administratives de l'empire, dans lequel on n'indique ni les chefs-lieux des provinces, ni les noms de leurs villes les plus remarquables. Tous les géographes ne nous ont douné jusqu'à présent que les noms des 622 districts ou kori dans lesquels sont subdivisées les 68 provinces de l'empire que Kxmpfer leur avait fait connaître. M. Klaproth , qui s'occupe actuellement d'un grand travail historique et gt'ographîque sur cet empire encore si peu connu , a bien voulu puiser dans les cartes et les livres japonais pour faire disparaître cette lacune de notre Abréçé , en rédigeant le tableau suivant , qui servira à compléter la description géographique de Kœmpfer.

Deux parties très inégales pour l'étendue, pour la richesse et pour la population forment l'empire Japonais. Ces deux parties sont : I'empire do Japon proprement dit, et le Gouvernement de Matsmaï. Ce dernier fait, rigoureusement parlant, partie de la province de Moûts ou O-siou dans le Tosando ; mais nous avons cru convenable de le décrire à part, à cause de l'état abruti dans lequel vivent ses habitans très peu nombreux , et à cause du morcellement des terres qui le composent. L'empire proprement dit est partagé en dix régions ou do très inégales pour l'étendue et pour la population. A. l'exception des deux qui se composent des petites îles Iki et Tsou-sima, les huit autres sont subdivisées en plusieurs profùtces ou kokf; ces dernières se subdivisent encore en districts ou kort. Le Gokinaï, qui est la première région , se compose des cinq provinces qui forment le domaine du dairi. La grande île Nipon embrasse à elle seule le Gnkinaï , le Tokatdo , le Tosando , le Fokourokoudo , le Sanindo , le Sanrodo et presque la moitié du Nankaïdo. Nous avons indiqué dans le tableau les autres îles qui correspondent aux divisions administratives de cet empire. Les noms des provinces mis entre parenthèses sont des synonymes employés ordinairement dans les livres japonais.

RÉGiovs et Provikce». Chefs-Lieux . Ville» et Lieux le» plu» remarquables, empire DU JAPON proprement dit.

GOKINAI (les cinq province» intérieures de la Conr).

Yamasiro (Snri-siou) Kio ou Miyako (Miaco); Nizio; Yodo.

Yamato (Wa-siou). Kori-yama; Taka-tori; Nara.

K.A WATSi (Ka-siou) S n - y a in a.

InzouMi (Scn-siou). Kisi-no-wata.

fin» (Sc-siou) Osaka; Taka-tsouki,- Jjaka-saki.

Régiojts et raovmcE*. Cuirt-Liux , Villes et Lieux le* plus remarquables.

TOKAIDO Contrée de la Mer Orieutalc).

Ioa (Isiou) W o u y c - n o.

Iee (Se-ùou). K o a w a n a ; Kame-yama; Ttou; Mats-saka; Kambe; A<jiu";

Naga-sitna; i'oda. Le temple Daisingou.

Si ma (Si-siou). Toba.

Owari (Bi-siou). N a k o y a ; fnngatna.

Miaavv a (Mi-siou) Yosi-di; IS'ùiwo,- Kariya/ Ta-wara; Oka-saki; Koromo.

Tootomi (Cbeu-siou). Kake-gawa; Yoko-soka,- Famamatt.

Sourouga (Sou-siou) Foutiiuu; Tanaka.

Iueou (Dzou-siou). S i m o t a. L'Ile Fatii.no.

Kai (Ka-siou) F o a - t s i o u.

Sagami (Sa-siou). Odiwari; Tamanawa.

Mousasi Mou mou Yeoo; Kawagobe; Iwalski; Oti.

Awa (Fôsiou). Y a k a t a - y a m a ; Tosh; Fotio.

Kadzouaa (Koosiou) O d ak i ; Sanouki; Kounmri.

Simoosa (Sco-»iou). Seki-yado; Sakra; Kouga; Youghi.

Fitats (Sioou-siou) M i to ; Simodats; K6d*U, Kasama.

TOSANDO (Contrée de» Montagnes Orientale*).

Oomi (K.io-*iou) Fikonc ou Sawayama; Lez*.

Miro (Mi-*iou). O o g a k i ; Kanora ou Katutra.

Fida (Fi-siou) Taka-yama.

Su» aho (Sin-wou). Q n y e d a ; Mutiou-moto; lyi-yama, Takatô; Omoro; lyi-da;

Taka-suna.

KootseÉ (Pzio-»iou) Tats-fayasi; MayUmsi; Noumada; Yasinaka; Take-saki.

SimotseÊ (Ga-siou). Outsou-iniya; Kouiouja,- Mi/ou; Odawara. Le mont .Yi-

kosan.

Moûts (O-siou) Scndaï; Sira-ùi,- tf'aka-mati t Nifon-mais ; Mori-oka ou

Grand- Ma m bon ; Yalsdo.

Tana-koura; Taira; Sira-kawa; i\aka-mcwra; Fouk-rima;

Miwarou; Firo-saki, dans le canton de Tsougar; Inabatit

MuUmaï (Mataumaï) dans l'Ile de Ieso (lesso; Yeso). Dewa (Oo-siou) Yone-sawa; Yama-gata,- Oucve-no-yama ; Smzio,- Sionaï;

Akila.

FOKOUR0K.0LDO (Contrée du Territoire Septentrional). YV arasa (Siak-siou) Kobauia.

Yetsisrjt. F o u k y ï ; Foutsiou; Marou-oka; Ono; Sabafe; Kattou-yama.

Yetsiou T o y a m a.

Y'etsingo. Takataj IVaga-oka; Simbota ; Mourakami; luoumosaki

Mora-mats. Cette province et celle» de Yetsisen et de Yetsiou portent ensemble le nom de Yet-siou.

Kaga (Ka-siou) Kana-xawa; Komals; Daîsiooti.

rforo (Neo-siou). Sous-no-misaki; Kawa-siri; Nanao.

Sado (Sa-»iou) Koki.

SAN IIS DO (Contrée du versant septentrional des Montagnes). Tamgo Miyaxou; Tanabe.

Tahba. Kame-yama; Sasa-yama ; Foukui-yama. Cette prorince

et celles de Tango et de Tasima portent ensemble le nom de Tas-siou.

Tasima IdzousiouDeisi; Toyo-oka.

lit aba (In siou). T o t s - t o r i.

Fôe i (Fô-aiou) Yonego.

I dzoumo (Oun-sion ). Matsouyé.

Iwami (Sek-siou) Taouwa-no; Famada.

Oei Aji-mou). Dans cette province il n'y a que de* villages.

SA.PCYODO (Contrée du Tersant méridional des Montagues).

Farina (Ban-siou) Fimcdzi; Akazi; Ako; Tats/hu.

Mimasaea (Saka-sioo). Tsoa-yama; Katsou-yama.

Bieej» Oka-y'ama.

Bitsiou. Matsou-yama. Cette province et cel|cs de Bixen et Je

Bingo portent ensemble le nom de Fi-siou.

Bingo Foukou-yama.

Aei (Gbe-siou). Firo-sama.

Rfgio.ts et Provinces. Chefs-Lieux , Villes et Lieux les plus remarquables.

Solwo (Seou-siou) Tok-yaraa; Fouk-yama,.

Nagata (Tsiô-siou). F a k i ; Tsio-fou; Founaka.

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