CHAPITRE IV
De la figure de la terre, de ses dimensions et des longitudes
et latitudes {/< <>yrtr]>/ii(/ucs.
L'Astronomie nous apprend que la terre est nu sphéroide aplati aux polo ci mille a I equaleur. Le célèbre La place, appuyé sur se* calculs et sur tous les t rat aux entrepris sur plusieurs points du globe |»our connaître son aplatissement, axait cru pouvoir l'estimer a '/,,,; mai» on a trouve qu'il est beaucoup plus grand suivant les calculs ri-cens de MM. Urousseau et Nicollcl; l'arc du parallèle moyen , combine avec les arcs des méridien» dont les mesures sont réputées le* plus exacte*, donna '/»•» pour l'aplatissement du ^pheroide terrestre. Les expériences du pendule , faite* par MM. Sabine, Freyciutt et Lhiperrcy, à différentes latitudes, donnent '/»»«• Cet accord annonce combien on est près de la vérité sur ce point, et qu'il est probable que l'aplatissement général de la terre s'écarte de très peu de */i « »• On peut donc considérer une conniissance plus exacte de l'aplatissement de notre globe comme inutile aux besoins de la géographie. Réduit a ' / . du diamètre de l'équateur, il ne proJoil entre ce diamètre et l'axe qui passe par le» pôles qu'une différence de 7 à 8 lieues, différence assez petite pour que les géographes ; sans inconvénient la négliger. Les aspérités qui se trouvent à la surface de la terre il point sensiblement sa figure, comme on pourrait le croire eu songeant aux de montagnes dont elle est bérissée ; car les plus hautes montagnes connues n'atteignent pas la hauteur de 4,5oo toises. Iji banteur du Dhawalageri daus l'Himalaya, qui est la plus haute montagne connue du monde est à-peu-pres, '/„,, de la plu* grande circon férence de la terre et j»« «le son grand axe.
B ne foi» que les astronomes curent connu la véritable figure de la terre, ils ru déter minèrent les dimensions principales et en calculèrent la surface. Nous emprunterons à l'astronomie celles qui sont les plus importantes pour la géographie, c'est-à-dire la circonférem ce et la superficie, Celle-ci est de i6,5oa,4oo lieues marines carrées ou de 30 au de* gré qui correspondent à 1 48,5a r/mo milles carrés géographiques de 60 au degré. La circonférence sous l'équateur est de 7 ,aoo lieues marines ou de a 1 ,600 milles géographiques.
Pour luire Ja description de la Une, qui , -\ le luit de la géographie, il fallait commeii rer par se reconnaître sur sa surface, eu y déterminant la position des points les plus im jwrfaus et en y rapportant ensuite tous les autres. Les astronomes et les géographes sont parvenus à ce résultat au moyen de la longitude et de la latitude. Celle-ci est la distant . d'un point quelconque à l'équateur ; elle est donc ou boréale, si le point dont il est question est dans 1 hémisphère boréal ; australe , s'il est placé daus l'hémisphère austral l.a longi tude est la distance d'un puni quelconque à un premier méridien cou venu. D'après li manière de la compter en usage parmi les marins et chez plusieurs géographes modernes elle est, ou orientale ou occidentale, selon que le poiut dont il s'agit est situé à nesl ou à l'ouest du premier méridien convenu.
Wmr déterminer avec précision la longitude et la latitude on a d'abord divisé la surfa» ■• do globe en 180 bandes ou zones parallèles à l'équateur, 90 au nord et 90 au sud de ce cercle; ou a nommé ces bandes degrés de latitude, et on les a marquées par des cercles appelés parallèles principaux. Chaque degré a été divisé en 60 bandes appelées minute* . et chaque minute eu Mo bandes appelées secondes. Ces nouvelles divisions ont été marquées par des parallèles secondaires. Ensuite on a divisé cette surface eu 3f>o parties pai autant de méridiens principaux. On leur a donué le nom de degrés de longitude, et on les a subdivisés comme les degrés de latitude. Par ce procédé toute la surface du globe l'est trouvée couverte de parallèles et de méridien* . de manière qu'on a pu rapporter chacun de ces point» à l'intersection de deux de ces ligues ou cercles. Pour avoir la position d'un point quelconque du globe, il n'a plus élé nécessaire que de trouver ù quelle intersection il correspond , ou, en d'autres termes, de déterminer sa longitude et sa latitude. Ces la I ,\tronomie à nous apprendre de quelle manière, par la mesure delà hauteur du pôle, ou détermine la latitude et comment, à l'aide des garde-temps, ou par la comparaison des k astronomiques faites clans deux endroits situes sous des méridiens diflc
Digitizcd \yj^£
rciis, on pâment à connaître la longitude d'un lieu quelconque. Nous nous bornerons ici à exposer ce qu'il est absolument indispensable de savoir sur ce sujet si important pour tout ce qui concerne la géographie.
Chaque degré de latitude est à-peu-près de ao lieues marines ou de 60 milles géographiques ; nous disous à-peu-près. parce que l'aplatissement de la terre aux pôles fait que les degrés s'allougent un peu eu allant de l'équateur vers ces poiuts ; mais cette différence est Jrop petite pour qu'on ne puisse pas la uégliger sans inconvénient dans tous les calculs ordinaires.
Les degrés de longitude, étant terminés en pointes aux pôles, n'ont 30 lieues marines ou 60 milles géographiques que sous l'équateur. Ils diminuent ensuite insensiblement jusqu'aux pôles où ils n'ont aucuue largeur.
La plus grande latitude étant aux pôles, elle ne peut jamais dépasser 90°.
Il y a deux manières de compter les longitudes. t° : D'après la méthode des anciens géographes et encore en usage parmi ceux d'Allemagne et d'autres contrées : elle cousistc à les compter en partant du premier méridien convenu, qui est ordinairement le méridien de Plie de Fer, et en faisant le tour entier du globe par l'orient. En comptant de cette manière la longitude peut aller jusqu'à 36o°. a° : D'après la méthode des navigateurs, qui est aussi en usage parmi les géographes de France , d'Angleterre et d'autres contrées. 1-es longitudes étant comptées d'après cette méthode des deux côtés du premier méridien convenu, dans les directions opposées vers l'orient et vers l'occident, depuis o° jusqu'à la moitié de la circonférence , elles ne peuvent jamais avoir plus de 1 80". Ces diversités dans la manière de compter la longitude nécessitent des calculs de réduction rendus encore plus compliqués par la différente manière de déterminer le premier méridien.
Ptolémée le plaçait aux îles Fortunées, aujourd'hui Canaries, parce que c'était la limite la plus occidentale des pays alors connus. Une ordonnance de Louis XIII prescrivit aux géographes français de le faire passer par l'ile de Fer, la plus occidentale de l'archipel des (Canaries. Les Hollandais avaient fixé leur premier méridien au pic de Ténérife , montagne de l'île de ce nom , dans le même archipel , qu'on regardait alors comme la plus élevée dn globe. Gérard Mcrcator, fameux géographe du xvtc siècle, choisit le méridien qui passe par Pile Corvo , une des Açores , parce que , dans son temps , c'était la ligne sur laquelle l'aiguille aimantée ne souffrait aucune variation. Il faut avouer aussi que c'est le point de déport le plus naturel et le plus commode par rapport aux mappemondes. Plus tard , la plupart des nations de l'Europe se sont accordées à prendre pour premier méridien celui qui passe par leur observatoire principal : ainsi les Français prennent celui de l'observatoire de Paris, les Anglais celui de Grecowich , les Espagnols celui de Cadix , les Anglo- Américains celui de Washington, etc., etc.