A LA GÉOGRAPHIE DE L'AMÉRIQUE
GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude occidentale, entre 36* et 1700. Latitude, entre 710 boréale et 54* australe. Si l'on voulait compter aussi les îles qui dépendent géographiquement du Nouveau - Contînen t , la longitude serait entre io° et 1700 occidentale, et la latitude pour les parties connues serait entre 790 boréale et 700 australe.
CONFINS. Au /10/irf, l'Océan- Arctique ou Glacial-Boréal. A Y est , d'abord l'Océan- Arctique, ensuite l'Océan-Atlantique. Au sud, l'Océan- Austral. A l'ouest, le Grand-Ocean, ensuite la mer de Bering, le détroit de ce nom qui sépare l'Amérique de l'Asie, enfin l'Océan-Arctique.
dimensions. La configuration de l'Amérique, divisée en deux grandes péninsules, exige qu'oit donne les dimensions de chacune séparément; c'est ce que nous ferons en commençant par l'Amérique-du-Nord. Plus grande longueur de C Amérique-du-Nord. Depuis le cap Lisbum, sur l'Océan-Arctique dans l'Amérique-Russe , jusqu'à l'extrémité sud-est de la Floride, sur le nouveau canal de Bahama dans les États-Unis, 3,672 milles. Plus grande largeur. Depuis les environs du cap Charles , dans le Labrador, jusqu'à la côte de l'état mexicain de Sonora-et-Cinaloa, à l'ouest de Villa-del-Fuerte, a, 808 milles. Plus grande longueur de V Amérique- Méridionale. Depuis la côte au nord-est de la Hacha, sur la mer des Antilles dans le département colombien de la Magdalena, jusqu'au cap Frovrard , sur le détroit de Magellan dans la Patagonie , 3,965 milles. Plus grande largeur. Depuis le cap Saint- Roque , dans la province brésilienne du Rio-do-Norte , jusqu'à la pointe Malabrigo, au nord-ouest de Truxillo, dans la république du Pérou, a,6a5.
Si l'on ne tenait aucun compte de la direction de la ligne de la plus grande longueur à laquelle la plus grande largeur doit être perpendiculaire, alors on trouverait que la largeur de l'Amérique-du-Nord, entre le cap Charles dans le Labrador et la côte de la Nouvelle-Californie près de Santa -Barbara, est de a,88o milles, et que la largeur de l'Amériquedu-Sud, entre Pernambuco dans le Brésil et la pointe Parina, au nordouest de Truxillo dans la république du Pérou, est de 1,786.
Mx:ns | GOLFES et LAGUNES. Les côtes du Nouveau-Monde sont découpées de manière qu'elles offrent plusieurs mers méditerranées et un grand nombre de golfes. Nous en indiquerons les principaux d'après les nouvelles explorations, qui ont tant changé le gisement des côtes que l'on donnait à la partie septentrionale et à l'extrémité méridionale de l'Amérique.
DESCRIPTION DR L'AMERIQUE
Toutes les mers secondaires de cette partie du monde appartiennent aux trois océans suivans , dont elles ne sont que les principaux enfoncemens :
L'OCEAN- ATLANTIQUE forme deux grandes méditerranéen i plusieurs issues, et un golfe du même genre, savoir ta MediUrranèc-ArctHjuc , la Méditerranée-Colombienne et le grand Golfe de Saint- Laurent. Il forme en outre un grand nombre de golfes , dont les dimensions sont incomparablement plus petites.
La MiofTuaAniE-AacTiQtii, que l'on pourrait ainsi appeler Men nés Esquimaux, puisque toutes les petites tribus qui habitent le long de ses cotes et sur ses îles appartiennent à la souche que ['Atlas ethnographique du Globe, nomme famille des Esquimaux, du nom de ces peuples. Cette vaste mer, qu'avant les dernières explorations on croyait être une mer méditerranée fermée , n'est à proprement parler qu'une méditerranéc à plusieurs issues. Elle offre deux eofoncenieus principaux , que les géographes décorent du titre de mer, savoir :
La mer d'Hudton, nu sud, entre le Maine-Occidental (la Nouvelle-Galles) et le Maine-Oriental; la presqu'île Melville, la grande île Southamplon et celle de Mansûcld en complètent le contour; Ventrée de Chesterfield , la prétendue rivière Wager et la baie Repuise f si renommées dans l'histoire des explorations de ces régions, sont ses enfoncemens les plus remarquables vers le nord-ouest ; on peut regarder la baie de James , vers le sud-est , comme le golfe le plus remarquable de cette mer.
La mer de B a/fin, qui s'étend au nord de la précédente, entre la côte occidentale du Groenland, le Devon-Septentrional et le groupe d'Iles que nous proposons de nommer archipel de BafOn-Parry. Ses principaux enfoncemens ou golfes , tous très peu considérables, sont : la baie Jacob qu'on pourrait aussi nommer golfe d* Disco, du nom de la plus grande des îles qu'on y trouve; le golfe Boréal, dénomination que nous proposons pour désigner l'enfoncement remarquable qui aboutit au détroit de l'Isabelle, et qui s'étend entre l'extrémité septentrionale connue du Groenland et le Devon-Septentrional ; le détroit de i^ancaster-et-Darrow , dont l'ouverture est assez large pour pouvoir être classée parmi les principaux enfoncemens de cette mer.
Nous attendons de nouvelles explorations pour assigner une place et donner une dénomination n la partie moyenne de la Méditerranée-Arctique, comprise entre la péninsule Melville et l'archipel de Baffin-Parry , partie que M. Brué désigne déjà sous le nom de mer Christiane.
Mais avant de quitter ces mers boréales nous dirons un mot sur la pêche de la baleine , qui dans le moyen âge a valu tant de richesses à la France, et qui pendant les xvn'et xvme siècles rapporta d'immenses trésors aux Hollandais et à d'autres peuples maritimes. Poursuivie par tant d'ennemis , la reine des mers a cherché de nouveaux asiles, et c'est à présent dans les mers du Spitzberg , sur les côtes du Brésil, dans les parages du cap Horn , dans ceux du Nouveau-Shetland et jusque dans le» mers du Japon et de Bering que les pécheurs auglais et an^lu américains vont les poursuivre. Ces deux nations sont avec les marins des villes Anséatiques et ceux du Holatein , les seules qui aujourd'hui fassent en grand cette pèche, dans laquelle la France , comme nous l'a vous vu à la page 1 5a , joua le premier rôle dans le moyen âge. Mais voici quelques faits positifs à l'aide desquels le lecteur pourra se former une idée de l'importance qu'ont ces mers pour les gouvernemens qui savent diriger l'industrie et les capitaux de leurs administrés. Pendant les 14 années antérieures à 1816, la monarchie Anglaise a employé dans les mers du Nord 1,864 navires, dont les retours ont produit 6,276,790 livres sterling. Pendant la même période, les 40 à 5o navires employés annuellement dans les mers Australes out produit des retours pour la somme énorme de 1 3, 600,000 livres sterling. Les Anglo-Américains, aujourd'hui les seuls rivaux des Auglais, font des bénéfices qui, tout calculé, sont proportionnellement encore plus grands, à cause d'uu voyage moins long et d'un système d'armement plus économique; ils arment près de a 00 navires. Les Danois, les Hamboirrgeois, les Bréroois et les Lul>ecquois emploient annuellement de 60 à Ho navires, et font des bénéfices très considérables. 'Viennent ensuite les Hollandais , dont les arméniens ne sont plus que l'ombre de ci? qu'ils étaient, lorsque dans les wi° et xvnc siècles ils pouvaient être regardés comme les maîtres de cette pèche. La part de la France est à présent presque nulle, puisqu'elle
11'eroployail dernièrement que 8 ua vires, malgré les fortes primes accordées aux armateurs
par le gouvernement.
Le Golfe de Saiht-Lacbeht, où aboutit l'immense fleuve de ce nom; son contour est formé par l'extrémité du Labrador et du Canada , les côtes du Nouvcau-P.runswick et de la Nouvelle-Écosse ; l'entrée est resserrée par les îles de Terre-Neuve et de Cap-Breton, devant lesquelles se développe le grand banc de Terre-Neuve; ce dernier est incontestablement un des points du globe les plus remarquables, puisque c'est principalement sur ce banc que depuis le xv* siècle se fait la pêclie de La morue, qui depuis lors attire tous les ans des milliers ae navires dans ces parages. Pendant l'année 1829 les États-Unis seulement employèrent i ,5<»o navires à cette pèche, et l'Angleterre et ses colonies 608, ce qui (ait un total de 1,108 batimens, montés par a4,i 10 marins. Les armateurs de ces deux nations prirent envirou a millions de quintaux de poisson, 17,730 barriques d'huile, qui représentent k eux seuls, au taux le plus bas, une valeur de 1,090,000 livres slerliug. La part de la Franc* dans celle pèche est très considérable, quoiqu'elle soit encore inférieure i ce qu'elle était autrefois. Selon un savant mémoire rédigé par MAI. Audouin et Milne Edwards, la France, en 1826, expédia, entre Terre-Neuve, le grand banc de Terre-Neuve et l'Islande, 35o navires, montés par 10,199 hommes et recueillit ?7,3ia,3o4 kilogrammes de poisson; oti estime la valeur de sou produit mot en à 7,600,000 francs. On voit donc qu'indep«ndamment des autres nations les Anglais, les Anglo-Américains et les Français emploient à cette pèche près de a,5oo navires, plus de 3 4,000 hommes et créent une valeur de plus de 35 millions de francs, sans compter tous les gains directs et indirects qui résultent de la construction et de l'armement de tant de navires, de la salaison de tant de poissons, et indépendamment de l'avantage immense de former un grand nombre de bons matelots.
La Méditera ahke-Colobjbiehwe, qui se développe eu Ire la côte méridionale des États- Unis, les côtes des confédérations Mexicaiue et de l' Amérique-Centrale, et celle de la république de Colombie; les grandes iles de Cuba, Haïti, Porlo-Rico et les Petites-Antilles en complètent le contour. La presqu'île de la Floride, l'île de Cuba et la péninsule ouverte du Yucatan partagent cette méditerranéc dans les deux mers secondaires suivantes que l'usage nomme :
Golfe du Mexiaue; il embrasse toute la partie septentrionale et occidentale de la Méditerranée-Colombienne. Ses en fonce mens les plus remarquables sont : la baie de Campêche, entre les états mexicains du Yucatan et de Tabasco; la baie de Vera-Cruz, le long de l'état mexicain de ce nom; la baie de la Floride, comprise entre l'embouchure du Misiissipi et le cap Agi, extrémité de la péninsule Floridienne. Les cotes du Mexique offrent en outre un grand uombre de lagunes, parmi lesquelles nous mentionnerons celles qui couronnent le delta du Mississipi, celle de Galvestown et la lagune de Tamiagua.
Mer des Antilles; elle embrasse toute la partie méridionale et orientale de celte médilerrauée. Ses principaux enfoncemens sont : le golfe de Honduras entre la côte du Yucatan dans la confédération Mexicaine et celle de Honduras dans la confédération de l'Amérique-Centrale; M. Brué, dans ses nouvelles cartes, en fait même une des trois grandes subdivisions de notre Méditerranée-Colombienne, et l'appelle mer de Honduras , en y comprenant toutes les eaux bornées par la côte septentrionale du Guatemala , le Yucatan, l'île de Cuba et la Jamaïque; viennent ensuite le golfe de Darien; le golfe et la lagune de Maracaibo, et le golfe de Paria, dans la Colombie; ce dernier est formé par La côte de cette république et par celle de l'île Trinité; on l'appelle aussi golfe Triste.
Voici les autres enfoncemens de l'Atlantique les plus remarquables; non» les nommerons en allant du nord au sud : la baie Fi/vdy nommée autrefois baie Française, entre le Maine et la Nouvelle-Ecosse. Nous rappellerons que c'est dans celte baie que les marées de l'Océan paraissent atteindre leur plus grande hauteur; eu effet les eaux de La mer s'y élèvent quelquefois, selon Chabert , jusqu'à 70 pieds, tandis qu'à Chcpsiow , dans le comté de Monraouth en Angleterre, elles ne montent qu'à 66, et à Saint-MaJo en France, qu'à 5o. Ces deux dernières villes sont cependant très reuominées par la hauteur extraordinaire de leurs marées. Nous nommerons ensuite le Lobgisland-soubd , formé par la côte du Connecticul, du New-York et l'île Longue; les baies Delà w are et Cbesafeae , et la grande lagche na pAssrLico, nommée Sound de Pamplico; tous ces enfoncemens appartiennent aux États Unis; la baie de Bahiaou de Sas-Salvador dans le Brésil; la vaste laguhe db
los Patos. improprement nommée lac de los Patos; c'est la plus grande lagune de toute l'Amérique; elle s'étend le long de la côte de la province de San-Pedro dans le Brésil et de la côte du nouvel État de lUraguay; les golfes di San-Artonio et de Saiet Georges, dans la Patagonie. Nous ajouterons que I' Amazone et le Rio de la Plata forment à leurs immenses embouchures deux enfoncemens très considérables, que les géographes ne doivent pas négliger.
Le GRAND-OCÉAN forme sur la côte occidentale de l'Amérique des enfoncemens beaucoup moins considérables et beaucoup moins nombreux que ceux formés par l'Océan- Atlantique sur la côte opposée. Les principaux sont les su i vans en allant du nord au sud :
La Mkditerrahee de Beroig a PLUSIEURS issDES. Elle appartient en commun à l'Asie et h l'Amérique ; la côte de cette dernière , depuis le cap du Prince-de-Galles jusqu'à l'extrémité de la péninsule d'Alaska et les iles Aleoutes ou Aleoutiennes, en formeut le contour du côté américain. Ses principaux enfoncemens sur la côte de cette partie du monde sont : le golfe de Norton et le golfe de Bristol, tous deux dans l'Amérique-Russe.
La méditerranée ouverte, que nous proposons de nommer Méditerranée ouverte de Cooe. Elle est formée par la côte méridionale de l'Amérique- Russe, et par la côte occidentale de l'Amérique-Anglaise du nord. Son enfoncement le plus remarquable est le golfe nommé Entrée de- Cook f la péninsule des Tcbougatch.es en forme la côte orientale.
Le oolfe de Californie, nommé vulgairement mer Vermeille ou mer de Cortès; il est formé par la grande presqu'île dont il prend le nom et par la côte opposée de l'état de Sonora-et Cinaloa , dans la confédération Mexicaine.
La méditerranée ouverte, que nous proposons de nommer Méditerranée ouverte de Panama. Elle se développe eutre l'embouchure du Rio-Verde daus l'état mexicain d'Oaxaca et la pointe Galera dans le département colombien de l'Equateur ; le golfe de Tehuantepec dans l'état d'Oaxaca ; les golfes de fomeca , de Papagayo et de Nicoya dans la confédération de l' Amérique-Centrale, et le golfe de Panama, dans la république de Colombie , sont ses enfoncemens les plus remarquables.
Le oolfe de Guataquil , formé par l'extrémité méridionale de la côte de la république de Colombie et l'extrémité septentrionale de la côte de la république du Pérou.
Le golfe de Chonos , formé par la côte de la Patagonie et les archipels de Chonos et de Chiloë; son enfoncement principal est le canal que les Espagnols nomment El-Ancud.
Les golfes dk Penas et de la Madré de Dios, formés par la côte de la Patagonie, la presqu'île de Tres-Montes et l'archipel de la Madré de Dios.
Ou ne connaît encore que très imparfaitement les côtes de l'Amérique baignées par l'OCÉAN- ARCTIQUE; les principaux enfoncemens connus, formés par cet océan en allant de l'ouest à l'est , sont :
Le golfe de Kotzebue , entre le cap du Prince-de-Galles et le cap Golovnin , dans l'Amérique- Russe.
Le golfe du Maceenzie , à l'embouchure du grand fleuve de ce nom , dans l'Amérique- Anglaise.
Le golfe de George IV, dans l'Amérique-Anglaise, à l'embouchure du Coppermine ou de la rivière de la Mine-de-Cuivre.
DETROITS. L'Amérique en a un grand nombre. Nous nommerons les
f>lus remarquables en allant du nord au sud et en suivant Tordre d'après equel nous avons décrit les mers auxquelles ils appartiennent. Le détroit de Lancaster-et-Barrow , entre le Devon Septentrional et l'extrémité boréale de l'archipel de Baffin-Parry ; c'est le passage qui mène de la mer de Badin dans l'Océan-Àrctique, que les navigateurs anglais viennent d'explorer; le détroit de la Furie et de l'Hccla, entre la presqu'île Melville et l'île Cockburn ; il établit une autre communication entre la Méditerranée- Arctique et le même Océan; les détroits de Cumberland , de Forbisher et iïHudson; ils forment la communication entre la Méditerranée- Arctique et la mer d'Hudson; le détroit , ou pour parler plus correctement, le canal de Davis, qui mène de la Méditerranée-Arctique dans la mer de Bat-
fin ; le détroit de Bclletle , entre l'île Terre-Neuve et la cote du Labrador , et le détroit de Canso, entre l'île Cap-Breton et la côte de la Nouvclle- Kcosse; tous deux mènent de l'Atlantique dans le golfe du Saint-Laurent; le Nouveau canal de Bahama, entre l'archipel de Bahama et la cote orientale de la Floride; le détroit, ou plutôt le canal de la Floride, entre l'extrémité méridionale de la péninsule de ce nom et la côte nord ouest de. l'île de Cuba ; ce dernier , qu'on peut regarder comme la continuation du précédent, fait communiquer l'Océan-Atlantique avec le golfe du Mexique; le canal de Yncatan , ou de Cordova, entre le cap Catoehc dans le Yucatan et le cap San-Antonio dans l'île de Cuba; il mène de la mer des Antilles dans le golfe du Mexique; le détroit dit Bouche-du- Dragon , entre la péninsule de Paria dans le département colombien du Maturin et l'île de la Trinité; il joint l'Océan au golfe de Paria; le fameux détroit de Magellan, entre la Patagouie et l'archipel de Magellan; c'est un des plus longs que l'on connaisse ; il établit la communication entre l'Atlantique et le Grand-Océan; le détroit de Le Maire, entre ta Terre-de-Fcu et la Terre-des- États , dans l'archipel de Magellan; c'est le passage ordinaire pour aller de l'Atlantique dans le Grand-Océan et vice versa; le détroit de Mesier, qui sépare la grande île Wellington (Campana) , dans l'archipel Patagoniquc, de la côte occidentale de la Patagonie; le détroit de la Nouvelle-Géorgie sur la côte Nord-Ouest, entre le continent et la grande île de Quadra-ct- Vancouver; c'est, avec le précédent, un des plus longs du globe; le détroit de Clulekoj (de Renaisk), entre l'île de Kodiak et la presqu'île d'Alaska ; le détroit d'isanak , entre cette même presqu'île et l'île Oumanak, une des plus grandes de l'archipel des Aleoutes; le détroit de Bering , dans l'empire Russe; il sépare l'Amérique de l'Asie et forme la communication entre la mer de Bering et l'Océan- Arctique.
CAPS. L'Amérique offre un grand nombre de caps; nous en indiquerons les plus remarquables en les classant d'après les mers principales qui baignent cette partie du monde.
Sur l'Océan- Atlantique on trouve : le cap Nord , dans l'Islande; il est situé presque sous le cercle polaire arctique; le cap Farcwell , sur l'île de ce nom, extrémité australe du Groenland; le cap Charles, dans le Labrador; le cap Cod , dans le Massachusetts; les caps Charles et Henry , à l'entrée de la baie Chesapeake ; le cap Natteras, dans la Caroline-dn-Nord ; les caps Orange et Nord , dans la province brésilienne du Parà; le cap Saint- Rorpic , dans la province brésilienne du Rio-Grande do Norte; \vcap Frio, dans celle de Rio-de-Janeiro ; les caps Santa-Maria et San-Antonio, à l'embouchure du Rio de la Plata; les caps de las Virgines et de Espirito- Santo, à l'entrée orientale du détroit de Magellan; le cap Froward , sur ce même détroit; c'est l'extrémité méridionale du Nouveau- Continent. Dans la Méditerranée-Arctique , on trouve : le cap Chùlley , sur la côte occidentale du Groenland; le cap Clarence , sur une des îles qui forment le Devon-Septentrional ; il est remarquable par son élévation et par sa haute latitude; le cap O/ers-IValsingham , dans une des îles de l'archipel Baflin-Parry; il est situé presque sous le cercle polaire arctique; le cap tVaisingham , uc peu au sud du précédent, sur la même île; le cap Penrhyn, dans la presqu'île Melville; le cap Clddley, dans le Labrador. Sur la Méditerranée-Colombienne sont situés : le cap Tanchaau. Agi , extrémité australe de la Floride; le cap San-Antonio , extrémité occidentale de l'île
de Cuba; le cap Catoche , extrémité nord-est de la péninsule ouverte du Yucatan ; le cap Gracias à Dios, sur la côte de Honduras dans la confédération de l'Ainérique-Centralc; la Pointe- Câlinas et le cap Paria, dans la république de Colombie.
Les principaux caps sur le Grand-Océan sont : le cap Flattery, à l'entrée du prétendu fameux détroit de Jean-de-Fuca ; le cap Mendocino, non loin de la frontière septentrionale de la confédération Mexicaine; le cap San-Lucas , à l'extrémité de la péninsule de la Californie; le cap Corrientes , dans l'état mexicain de Xalisco: la pointe Mala, dans le département colombien de l'Isthme; le cap Blanco, dans la république du Pérou; les caps Victoria et Pilares (Pilar), à l'entrée occidentale du détroit de Magellan. La mer de Bering, enfoncement du Grand-Océan, offre le cap da Princedc- Galles , sur le détroit de Bering; c'est le point le plus occidental du Nouveau-Continent; ensuite le cap Rwlnej et le cap Newenham; ils sont tous dans l'Amérique- Russe.
Sur l'Océan- Arctique on voit : les caps Golovnin , Usburn et des Glaces, sur la côte occidentale; le cap Barrow , sur la côte septentrionale, doublement important comme limite de l'exploration faite par l'est, et comme le point connu le plus boréal du Nouveau- Continent ; la pointe Beechey ; clic marque les limites de l'exploration faite par l'ouest; le cap Bathttrst ; il s'avance vers le nord d'une manière remarquable entre le Mackenzic et le Coppermine; la pointe Turnagain ; c'est la limite de l'exploration laite à l'est du Coppermine.
Sur l'Océan- Austral on trouve : le cap ffom , sur une petite ile de l'archipel de Magellan; c'est un point très important, étant reconnu par tous les navigateurs qui vont de l'Atlantique dans le Grand-Océan et vice versa; ce cap est aussi communément regardé comme l'extrémité méridionale de l'Amérique proprement dite.
PRESQU'ILES. Nous commencerons d'abord par faire observer que cette partie du monde se compose de deux immenses presqu'îles, celle de VA ' mériquc-du-Suit et celle de Y Amérique-dit- Nord , réunies par l'isthme de Panama; et que la partie de cette dernière, dont les côtes sont baignées par la mer d'Hudson, le détroit de ce nom et autres parties de la Méditerranée-Arctique, ainsi que par le détroit de Belleile, le golfe du Saint- Laurent et par la large embouchure du grand Neuve de ce nom, forme aussi une vaste péninsule, que les géographes ne mentionnent point, et qui est sans doute une des plus remarquables de l'Amérique ; nous proposons de la nommer presqu'île de Labrador. Les autres péninsules les plus remarquables du Nouveau-Continent sont : la presqu'île Mclvillc , la plus septentrionale de cette partie du monde: elle se projette entre les grandes iles de l'archipel de Baffin-Parry; la Nouvelle- Iieosse , qui s'étend à l'est du Nouveau-Brunswick, dans l'Amérique- Anglaise; la Floride, dans les États-Unis, et le Yucatan , dans la confédération Mexicaine; ces deux dernières, ainsi que la presqu'île de Labrador, doivent être classées parmi les péninsules ouvertes, à cause de la grande largeur du côté par lequel elles tiennent au Continent; la Californie, dans la confédération Mexicaine; les péninsules des Tchottgaches , d'Alaska et des Tchauktehis , dans l'Amérique-Russe ; cette dernière est formée par le golfe de Norton, le détroit de Bering et l'Entrée-de-Kotzebue; la seconde sépare en partie la mer de Bering du Grand-Océan ; la première se projette dans la Mé-
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diterranée-Ouverte de Cook; ces trois péninsules pourraient aussi être regardées comme les parties saillantes de la grande presqu'île ouverte, qu'on pourrait nommer de Bering, en l'honneur de ce marin célèbre ; elle est formée par l'Océan- Arctique , la mer et le détroit de Bering.
L'Amérique-Méridionale ne manque pas de péninsules, mais elles sont toutes très petites , en comparaison de celles de l'Amérique-du-Nord ; les suivantes sont les plus remarquables : la péninsule des Guajiros, que nous proposons de nommer ainsi, du nom de ses féroces habitans, et la presqu'île Paraguana; elles se projettent toutes deux à l'entrée du golfe de Maracaïbo dans la république de Colombie; la presqu'île de Tresmontes, sur le Grand -Océan, et celle de Saint-Joseph, sur l'Atlantique, toutes deux dans la Patagonie ; la péninsule de Brunswick , formée par la partie centrale du détroit de Magellan et par l'Otway-Water qui la sépare de la partie de la Patagonie , que le capitaine King vient de nommer King's- William IV Land (pays du roi Guillaume IV ) ; c'est sur cette péninsule, d'une configuration très remarquable, que s'élève le cap Froward, que nous avons vu être l'extrémité australe de tout le Nouveau-Continent.
IUVÎBSi L'Amérique offre les plus grands fleuves du monde. Comme nous décrivons le cours des principaux fleuves dans la description de chaque état, nous nous bornerons ici à indiquer les plus grands fleuves du Nouveau-Continent, en donnant cependant quelques détails sur le Saint- Laurent, V Amazone et le Rio de la Plata, afin de réunir dans un seul article tout ce qui regarde ces grands courans, qui traversent plusieurs états difTérens ; c'est le seul moyen d'éviter d'inutiles répétitions. Nous les classerons d'après les mers principales auxquelles ils aboutissent.
L'OCÉAN- ATLANTIQUE et ses cnfonceraens reçoivent tous les plus grands fleuves de l'Amérique. L'Atlanlique reçoit immédiatement les fleuves suivans t à l'exception du Saint» Laurent qui débouche dans le golfe auquel il donne son nom; nous le plaçons ici , parce t|ue c'est le seul grand fleuve qu'offre l'Amérique Septentrionale du côté de l'Atlantique.
Le Smwt-Laurert. Malgré l'immense volume de ses eau* , sa grand* profondeur et sa vaste embouchure, ce fleuxe ne figure que parmi ceux du troisième et du quatrième ordre, lorsqu'il est question de la longueur du cours. Les géographes commencent le cours du Saint-I aurent aux environs de Kiogstown, sur le lac Ontario, dans le Haut-Canada, a l'en droit nommé lac des Mille-Iles. De là ce fleuve se dirige vers le nord-nord-est, en séparant le territoire du Haut-Canada de celui de l'état de New-York dans la con fédération Anglo- Américaine ; il traverse ensuite le Bas-Canada jusqu'à son embouchure dans le golfe auquel il donne sou uom. Mais on peut et l'on doit même regarder comme la partie supérieure du cours de ce fleuve cette série de grands lacs, nommée communément la mer dt Canada. Nous regarderons, avec M. Brué, le K.*mihistiquia, un des principaux aftlueo> du lac Supérieur, comme la plus haute source du Saint-Laurent; d'autres géographes considèrent la rivière de Saint Louis , qui est l'affluent le plus occidental de ce vaste lac, comme la source de ce grand fleuve. En descendant donc le Kamiuistiquia nous trouvons le lac Supérieur , qui, par le saut Saiitte-Marie, d'envirou au pieds de hauteur, verse ses eaux dans le lac Hurow ; celui-ci reçoit les eaux du lac Michigàn; le lac Huron debooehe par la Rivière Saiht-Clair , dans le petit lac de Saikt-Clair ; oe dernier par la Rivirre Détroit se décharge dans le lac Éric; et celui-ci, franchissant la fameuse cascade de Niau. ara , entre dans le lac Ontario, le dernier de ceux qui forment la partie supérieure du cours du Saiut-Laurent. Ses plus grands affluens sont : YOt ta w a et le Segue n a i , à la gauche. Vovez l'Amériqne-An^laise et la confédération Anglo- Américaine.
L'Oréhoque. Malgré la longueur de son cours , ce fleuve appartient tout entier à la Colombie. Ses principaux affluens sont le F ent uari et le Caroni à la droite; le G ua» viare, le Me ta et Y A pure à la gauche. L'Orénoque , dans la partie supérieure de son cours , euvoie une do ses branches dans le Rio-Negro , affluent de l'Amazone ; c'est le Cas-
siqmiare, qui forme la fameuse bifurcation de C Orénoque, dont ou révoquait eu doule l'existence, mais dont le baron de Humboldt a démontré la réalité.
Le Maraïox , dit communément I'Amazous. C'est le plus grand fleuve du monde; il est formé par la réuni ou du Nouveau-Maraitox, dit aussi Tuwovrauua, avec I'Ucatali ou Yieux-Maramok. On s'accorde généralement, quoique i tort, à regarder leTunguragua comme la branche principale, et on fixe conséquemmenl la source de l'Amazone au lac Lauri (Lauricocha) dans les Andes du Pérou, dans la république de ce nom. Quant a nous, nous n'hésitons pus à regarder le Baai ou Paro , qui , après sa jonction avec I'Apurimac, forme I'Ucatali , comme le véritable Marnûoii. I>e Beni ou Paro naît dans les montagnes de Sic» si ta dans la république de Bolivia , traverse du sud au uord cet étal , ainsi que la république du Pérou, et entre daus la Colombie, où il forme sa jonction avec le Nouveau- Maranox , dans le territoire encore contesté de la province de Maynas; il poursuit ensuite son cours dans cette même province et, à San-Francisco de Tabalioga , il entre dans l'empire du Brésil , dout il traverse de l'ouest à l'est l'immense province du Para Jusqu'à son embouchure dans l'Atlantique; là il forme, avec le Para ou Rio des Tocautins, la grande île Marajo. Nous devons faire observer que depuis sa jonction avec le Nouveau Maraûon, jusqu'au confluent du Rio-Negro, il est connu dans le pays sous le nom de SoLtMoàss, et que ce n'est qu'au-dessous de l'embouchure de ce deruier affluent qu'on l'appelle Amazoxb. Ses principaux affluens à la droite sont : leJavary, la Madcira, qui pour la longueur de leurs cour* rivalisent avec les plus grands fleuves du monde; le T o payos et le Xingu; ces quatre affluens arrosent le Brésil. Les principaux affluens à la gauche, outre le Tun g ura g ua on JV ouv el- A ma zon ey sont le Napo, le Pittumaya ou Iça, le Caqueta ou Yupura, le Rio-Negro, grossi par le Cassiquiart , branche de l'O ré roque , et par le Rio-Branco ; le premier de ces affluens appartient entièrement au territoire de la Colombie ; la plus grande partie du second et le cours supérieur du Caqueta appartiennent à ce même état ; tous les autres arrosent le territoire de l'empire du Brésil.
Le Tocabtih . dit Pa*à dans la partie inférieure de son cours. Ce grand fleuve , que plusieurs géographes regardent à tort comme un affluent de l'Amazone, avec lequel il communique par uu canal naturel, dont l'eau est salée, nommé Tajifuru , est formé par la jonction du Rio drs Tocawtixs ou le Tocajctih proprement di» avec le Rio-Granue ou Aragvat; c'est ce dernier qui est la branche principale. Tout le bassin de ce fleuve appartient à l'empire du Brésil.
Le Sah-Frahcisco est un des cinq grands fleuves du Brésil, dont il arrose la province de Mruas-Geraes et celles de Pernambuco, d'Alagoas et de Scrgipe.
La dénomination de Rio de la Plata n'appartient, rigoureusement parlant, qu'au grand courant formé par la réunion du Paraha avec I'Uraguat; il est si large qu'il ressemble plutôt à un bras de mer qu'à un fleuve; il passe par Buénos-Ayres, Montevideo et Maldouado. Les géographes modernes regardent avec raison le Paraha comme la branche principale de ce grand fleuve, dont ils placent la source daus la province de Minas- Geraes au Brésil. Le Paraha traverse toute la partie sud-ouest de cet empire, forme la séparation entre cet état , le directorat du Paraguay et la confédération du Rio de la Plata , et, après avoir traversé la partie méridionale de cette dernière, il confond ses eaux avec celles de I'Uraguay. Son principal affluent à la droite est le Paraguay, grossi lui-même par le Pdeomayo et le Rio Grande ou Vermejo ; le Tieté parait être le plus grand affluent à la gauche du Parana.
La partie de la MÉDITERRANÉE-ARCTIQUE , nommée MER d'HUDSON, reçoit : Le Churchill ou Missiifipi, dont on ne connaît pas encore bien la source, et dont le cours laisse encore bien des doutes sur plusieurs points. Ce fleuve traverse, ainsi que le suivant , la Nouvelle-Bretagne dans l'Araérique-Anglaise.
Le Nklsoit, formé par la réunion des deux branches la SASKA-rcuAWAir-SErrEif tmo - ■a le et la Saseatchawax-Mrridi ohale ; après leur jonction il prenait autrefois le uom de Fleuve Bourboh; aujourd'hui on l'appelle Nelsoh. C'est le débouché des eaux du grand lac Winnipeg et de ses tributaires.
La MÉDITERRANÉE - COLOMBIENNE , daus la partie nommée GOLFE DU MEXIQUE , reçoit les fleuves suivans :
LcMississiri,dont le cours appartieut entièrement aux États-Unis. C'est le plus graud fleuve de l'Amérique-du-Nord et un des plus grands du monde. Ses principaux afflueos sont le Missouri, qu'on regarde à tort comme le plus grand de ses afflueos , tandis qu'un devrait le considérer comme la branche principale de Mississipi , qu'il dépasse de beaucoup sous le rapport de la longueur du cours et sous celui dn volume de ses eaux; VArkansas et la Rivière- Rouge (Red-River), sont les principaux affluens do MUsissipi à la droite; VOftio est sou principal affluent à la gauche; ce dernier est sjosbi par un graïul nombre de rivières qui arrosent les étals de la partie occidentale de l'Union. La remarque que nous avons faite sur le Missouri peut s'appliquer aux affluens supérieurs des fleuves Nelson et Mackenzie, et à plusieurs grands fleuves de l'Amérique et des autres parties du monde.
Le Rio-ucL-NoaTE , autrefois nommé Rio-B»avo. C'est le plus grand fleuve de la confédération Mexicaine, dont il traverse le territoire du Nouveau-Mexique et les états de Cohahuila-Texas et de Tamaulipas.
U MER DES ANTILLES, qui est une dépendance de la MéditerranecColombienne reçoit :
Le Maodalesa, qui traverse les départemcm de Cundinamarca , de Boyaca el de Magdaleua dans la république de Colombie.
Le GRAND-OCÉAN , maigre l'immense développement de sa côte orientale, ne reçoit qu'un seul grand fleuve, c'est :
L'Oukgobt ou Colombu, dout le bassin appartient presque entièrement aux États- Unis. Ce fleuve naît dans la cordillère Missouri-Colombienne (Montagnes Rocheuses) et traverse le grand district que les géographes de l'Union appellent de l'Oregon. Ses principaux affluens sont : 1' Otehenankane, à la droite, le Lewis et le Multnomak, à la gauche.
Ou peut aussi nommer le Rio-Colorado (occidental), dont tout le bassin appartient à la confédération Mexicaine; il descend de la Sierra-Verde , traverse la Nouvelle-Californie, et, après avoir reçu \e l'a que si la et le Gila à la gauche, il mêle ses eaux avec celles du golfe de Californie, que nous avons vu être un enfoucement du Grand-Océan.
L'OCÉAN-ARCTIQUE reçoit :
Le Mackezuie, qui est le plus grand fleuve de ceUe mer. Dans la partie supérieure de son cours, ce fleuve est couuu sous les noms de Rivière na la Paix, d'OxmoioAB (Unijah) et de Rivière du lac de l'Esclave. Tout le bassin du Mackentie appartient à l' Amérique-Anglaise. La Rivière de l'Élan, ou Atapeskow , que quelques géographes regardent comme la branche principale du Mackenzie, est son plus grand affluent.
CANAUX. Malgré les obstacles sans nombre que le système colonial a opposés an développement de l'industrie et du commerce depuis la découverte du Nouveau-Monde jusqu'à nos jours, on est surpris de pouvoir citer quelques constructions hydrauliques dignes de figurer à côte de celles que possède l'Europe. Dans la description des États-Unis, du Canada , du Mexique et de la Guyane- Hollandaise, nous signalerons à l'attention du lecteur les principaux canaux navigables , ceux d'irrigation et de dessèchement les plus remarquables qu'offre l'Amérique. Ici nous nous bornerons à indiquer, d'après le savant mémoire de M. le baron de Humboldt, les cinq canaux navigables projetés dernièrement pour ouvrir une communication entre l'Atlantique et le Grand-Océan. Le géographe ne saurait passer sous silence des projets, dont l'exécution peut amener une grande révolution dans le commerce maritime du monde.
La partie centrale du continent Américain offre, selon M. de Humboldt, cinq points propres à effectuer la jonction des deux Océans, dont trois se trouvent dans le territoire de la Colombie et les deux autres dans les confédérations de r Amérique-Centrale et dn Mexique. Ces points impoitans sont : I'jsthmk de Tehijantepec , dans l'état Mexicain d'Oaxaca
DHSCRIPTION DE L'AMÉRIQUE.
(latitude boréale, i6°-i8°), entres les sources du Rio Chimalapa et du Rio del Passo qui se jette dans le Rio Huasacualco (Goazacoalcos) ; on a calculé que la navigation de Philadelphie a Noutka et à l'embouchure de l'Oregon (Colorobia) , qui est à-peu-près de 15,000 milles, en prenant la route ordinaire autour du cap Horn, serait an moins diminuée de 9,000 milles, si le passage de Huasacualco à Tehuantepec pouvait être effectué par un canal, sans compter l'avantage immense d'éviter les tempêtes qu'éprouvent les navires qui doivent doubler ce cap non moins terrible que le promontoire qui termine l'Afrique. Le point culminant de l'isthme de Tehuantepec est le mont Pelado, élevé de 3i 7 toises au-dessus de la mer ; la plus grande élévation de la ligne de partage des eaux entre les deux Océans est de aïo toises. L'isthme de Nicaragua (latitude boréale, io°-i2°), dans la confédération de l' Amérique-Centrale, entre le port de San-Juan de Nicaragua, à l'embouchure du Rio-San-Juan, le lac de Nicaragua et la cote du golfe de Papagayo , près des volcans de Granada et de Bombacho. Le gouvernement fédéral de Guatemala a déjà commencé à traiter avec des capitalistes de New-York pour son exécution , retardée sans doute par la guerre civile qui désole cette fédération. La plus grande hauteur de la ligne de partage de cet isthme est de 21 toises 1/2. L'isthme de Panama (latitude boréale, 8° i5'-o,° 36'), entre Portobcllo et Panama. Des travaux géodésiques exécutés par des ingénieurs anglais par ordre de Bolivar, ont engagé le gouvernement à renoncer au projet de ce canal, et à y substituer un chemin en fer; on aurait déjà commencé les travaux sans les troubles sanglans qui agitent la Colombie. Le mont Maria Henriqucz , élevé de 98 toises , est le point culminant de cet isthme. L'isthme de Dariei» ou de Cupica ( latitude boréale, 6° 40-70 12'), entre le Rio-Atratn et le Rio-Napipi. Le prétendu canal de Raspaduha , entre le Rio-Atrato et le Rio-San-Juan du Choco ( latitude boréale, 4° 58°- 5° 20' ). M. de Humboldt regarde d'abord l'isthme de Nicaragua et ensuite celui de Cupica comme les points les plus favorables pour établir des canaux de grande dimension , semblables au canal Calédonien dont nous avous parlé à la page 401. Lorsqu'il s'agit d'une communication mécanique capable de causer une révolution dans le monde commercial, il ne peut être question des moyens qui établissent un système de navigation intérieure par des écluses de 16 à 20 pieds de largeur entre les bajoyers, comme dans les canaux de Languedoc, de Briare en France, de la Grande Jonction ou de la Clydc dans la Grande-Bretagne. Une profondeur moyenne de i5 pieds 1/2 à 17 pieds 1/2, c'est-à-dire inférieure de i5 pouces à celle du canal Calédo nien, suffira pour des bâ limons de 3oo à 400 tonneaux, minimum ordinaire de la portée des navires employés dans les mers Orientales.
LACS. Aucune partie du monde n'en offre un plus grand nombre que l'Amérique, surtout la partie de sa surface située entre le 4** et le 67e degrés de latitude boréale. Ce vaste espace , que dans Y Atlas ethnographique du globe nous avons proposé de nommer la Région des lacs , présente à lui seul , non-seulement les plus grandes masses d'eau douce de tout le globe, mais un si grand nombre de lacs et de marais, qu'il est presque impossible au géographe de pouvoir les nommer tous. Ces lacs constituent un des grands traits de la géographie physique de l'Amérique. Dans la saison des pluies, plusieurs débordent , et grâce à la petite pente du sol, qui sépare à peine le bassin d'un fleuve de crlui d'un autre, il s'établit d<>
communications naturelles temporaires entre des neuves, dont les embouchures respectives se trouvent à d'immenses distances) comme celle par exemple du Mississipi-Supérieur avec des affluens méridionaux du lac Winnipeg, qui verse ses eaux dans le Nelson. Voici les principaux lacs que notre cadre nous permet de nommer.
Le bassin du Saint-Laurent nous offre les lacs Supérieur, Michigan, Huron, Saint- Clair, Eric et Ontario qu'à la page g34 nous avons vu s'écouler par le fleuve Saint-Laurent ; ils forment ce que quelques géographes appellent la mer d'eau douce ou bien la mer du Canada. C'est la plus vaste masse d'eau douce qui existe sur la surface du globe; le seul lac Supérieur dépasse tous les autres lacs d'eau douce connus du globe. Un grand nombre de lacs de moindre étendue appartiennent à ce même bassin, tels que le Nipissing, le Saint-Jean , etc. , dans le Canada ; le Cltamplain , etc. , dans les États-Uuis.
Le bassin du Bourbou ou Nelson , dans l'Amérique-Anglaise du Nord , offre les lacs de la Pluie; des Bois; le Ffinnipeg (Ouinipeg ; Winnipic), qui est un des plus grands de l'Amérique; le Manitow ; le Petit-Winnipeg et une foule d'autres assez considérables.
Le bassin du Missinipi ou Churchill présente les lacs du Buffle, de la Crosse , de F Ours-Noir, etc., et celui des Rennes, par lequel il communique avec le Mackenzie.
Le bassin du Mackenzie offre d'abord les trois grands tacs Atapeskow ou des Montagnes, de V Esclave et du Grand-Ours ; ensuite le lac Wollaston , qui lui est commun avec le bassin du Missinipi , et une foule d'autres lacs de moindre étendue qu'il serait oiseux dp nommer.
Passant sous silence les nombreux lacs qui couvrent pour ainsi dire la surface de la. Nouvelle-Galles, du Maine-de l'Est , du Bas-Cauada Septentrional et autres parties de l'Amérique-Anglaise, parce que, malgré leur étendue , ils offrent peu d'intérêt au géographe , nous indiquerons les principaux lacs situés dans le bassin de l'Oregon ou Colombia ; ce sont le Timpanagos, sur le territoire de la confédération Mexicaine; d'après les dernières explorations, ce lac est la source du Multoomah. Nous nommerons ensuite, sur le territoire des États-Unis, les lacs Otchenankane, Cutsamin ou Eardbebs et Fiat-Bow.
Le bassin du Mississipi en a un grand nombre , mais peu remarquables par leurs dimensions; nous citerons cependant le lac Pontchartrain , dans le delta de ce fleuve, parce qu'il les surpasse tous pour l'étendue.
Nous indiquerons, dans la description des États-Unis, les autres principaux lacs qui se trouvent sur le territoire de cette confédération.
Dans le bassin du Tololotlan ou du Rio-Grande , on voit le grand lac de Chapala, dans l'état mexicain de Xalisco. Ses environs offrent des vues pittoresques d une grande beauté. Un voyageur très instruit, qui l'a visité dernièrement, trouve que les géographes ont beaucoup trop exagéré son étendue.
La belle vallée de Mexico ou de Tenochtitlan offre cinq lacs, dont trois au moins seraient assez remarquables par leurs dimensions, s'ils étaient situés en Europe, mais qui ne peuvent être distingués en Amérique que par l'aspect délicieux de leurs rives, par leur position élevée et par les superbes travaux hydrauliques entrepris pour empêcher les dommages causés par leurs fréquens déhordemens. Ces lacs sont ceux de Tezcuco , qui est le plus grand , de Xochimilco, de Chalco, de San-Christobal et de Zupango.
Parmi les lacs du territoire Mexicain , il faut encore nommer le Teguayo , dans la Nouvelle Californie ; d'après les explorations faites dernièrement, ce lac n'a aucune issue. Voyez les fleuves de la confédération Mexicaine.
Le territoire des États-Unis de l'A mérique-Ceo traie offre plusieurs grands lacs, parmi lesquels se distinguent : le lac Nicaragua , un des plus grands de l'Amérique ; il reçoit les eaux du lac Managua ou de Léon , qui est beaucoup plus petit ; ce lac est connu par la beauté de ses vues, par ses volcans et par les projets conçus depuis long-temps dans le but de le faire servir de base aux travaux hydrauliques qu'on se propose d'eu t reprendre pour effectuer la jonction tant désirée et si utile des deux Océans; le fleuve Saint-Jean ou San Juan en sort et se jette dans la mer des Antilles; et le lac Izaval, d'où sort le Rio-Golfo dit aussi le Rio-Dulce; ce lac, nommé improprement lagune d' Izaval par quelques géographes , est célèbre dans l'histoire du Guatemala.
Les principaux lacs de l'Araérique-du-Sud, qui sous ce rapport offre un grand contraste avec l'Amérique-du-Nord, sont les sutvans :
Le lac Titicaca; c'est le plus grand de tous , et le niveau de ses eaux , malgré sa vaste étendue , est plus élevé que le sommet du pic de Ténériffe. Ce lac, situé sur les territoires des républiques de Bolîviaet du Pérou, est aussi remarquable, parce qu'il offre dans son bassin les montagnes les plus élevées de toute l'Amérique; parce que c'est dans une de ses îles que naquit le célèbre Manco-Capac, fondateur de l'empire des Incas; et parce qu'on doit y placer le foyer de la civilisation indigène la plus avancée de toute i'Amérique-Méridionale. On trouve encore sur ses bords de beaux restes de monumens élevés par une des nations civilisées les plus anciennes du Nouveau -Monde. Le lac Titicaca, environné de tous côtés par des mou ta gn es d'une hauteur prodigieuse, forme un bassin isolé, qui n'a aucune communication avec la mer.
Le bassiu du Rio-Cotorado ou Menduza offre plusieurs grands lacs dont la plupart devraient être classés parmi les marais, à cause de leur peu de profondeur ; ils sout tous situés dans le territoire de la confédération du Rio de la Plata; le plus remarquable est le lac Guanacache.
Le bassin du Rio-Negro , partagé entre le territoire de Buénos-Ayres et celui de la PaUgoûte. Dans ce vaste espace de l'Amérique , encore presque entièrement inconnu , on indique sous les noms de la g un as del Desaguadero , laguna Grande et lac del Tehuet, de grandes étendues d'eau , qui ne sont pour la plupart que de vastes marais qui paraissent être temporaires.
L'immense bassin du Rio de la Plata offre, le long du haut Paraguay, le grand lac temporaire des Xarayes , dont les bords, dans la saison des pluies, s'étendent sur les deux rives du fleuve à quelques centaines de nulles sur les territoires brésilien et bolivien. Ce n'est , à proprement parler, qu'un des plus vastes marais de l'Amérique.
On pourrait ranger i côté du lac des Xarayes la grande laguna de Rogaguado , vaste lac temporaire de la république de Bol i via, qui s'étend à la droite du Paru ou Beni et qui parait être la source du Javary , du Jutay , du Jurua , du Tefe et du Punis, affluens de l'Amazone , aiusi que de deux autres courans moins considérable* qui se rendent dans la Madeîra, autre affluent de ce graud fleuve.
L'agriculture florissante et la population concentrée sur les rives du lac de Tacarigua dit aussi de Valencia, donneut une trop grande importance à ce lac, situé daus le déparlement colombien de Venezuela , pour que nous puissions le passer sous silence, malgré la petitesse de ses dimensions qui dépassent à peine celles du lac suisse de Neufchàtel. Les trésors retirés par Ferdinand-Perez de Quesada et par Antonio de Sepulveda, et les travaux entrepris dernièrement par une compagnie anglaise pour en retirer d'autres, ont donuè une grande célébrité au lac de Guatavita, situé au nord de Bogota, sur le dos des montagnes de Zipaquira, à la hauteur absolue de 1,400 toises, pour nous engager à le nommer, quoique sa circonférence ne soit que de 3 milles. Nous ajouterons que c'est sur les bords de ce petit bassin , entouré de moutagnes neigeuses, que les Indiens avaient construit un temple fameux, et qu'au temps de leur indépendance ils accouraient de plu* sieurs contrées très éloignées pour jeter dans ses eaux limpides à titre d'offrande et en signe d'adoration différens objets précieux, fruits de leur industrie. Nous rappellerons!à ce sujet que. selon M. de Humboldt, c'est un lac de la 'vallée d'Orcos^ dans le Pérou , que Ton suppose renfermer la fameuse chaîne d'or massif que l'inca Huayna-Capac fit fabriquer lors de la naissance de son ûls Huescar, et qui a tant occupé l'imagination des premiers colons de cette partie de l'Amérique; on prétend qu'elle avait a33 aunes de long.
Nous citerons aussi le lac Lauri , dans la république du Pérou , nommé à tort par les géographe; lac Lauricocha, puisque coc/ta en péruvien veut dire lac. Malgré la petitesse de ses dimension-., c'est un des plus remarquables de l'Amérique, à cause de la grande hauteur à laquelle il se trouve, et parce qu'on le regarde comme la source du Nouveau- Maranon ou Tunguragua.
Nous nommerons enfin le fameux lac Parirne pour signaler la non-existence de cette vaste nappe d'eau imaginaire décorée du titre de mer Blanche. Un voyageur célèbre a savamment discuté ce point important de la géographie de l'Amérique-du-Sud , eu débarrassant les caries de cette partie du Nouveau-Monde de ces grands lacs et de ce réseau
AP.RÉGK DE GKOGRAPHIE.
bixarrc de rivières placées comme au hasard eotre le 6o° et «8° de longitude occidentale. Personne, dit M. de Huroboldt, ne croit plus en Europe aux richesses de la Guyane et à l'empire du Grand-Patiti. La ville de Manoa el ses palais couverts de lames d'or mas&if out disparu depuis long-temps; mais l'appareil géographique servant d'ornement à la fable du Dorado, ce lac P a rime qui, semblable au lac de Mexico, reflétait l'image de tant d'édi- 6ces somptueux, a clé religieusement conservé par les géographes. Dans l'espace de trois siècles les mêmes traditions ont été diversement modifiées; par l'ignorance des langues américaines ou a pris des fleuves pour des lacs et des portages pour des embranebemens de fleuves; ou a fait avancer le petit lac Cassipa de 5° de latitude vers le sud, tandis que Ton a transporté un autre lac, le Parime ou Dorado , à too lieues de distance de la rive occidentale du Rio Branco à la rive orientale de l'Orénoque. Nous ajouterons que les roches micacées de l'Ucucuaino, le nom du Rio Parime, les inoudations des rivières Uran a para, Parime et Xurumu, et surtout l'existence du lac Amucu, ont donné lieu à la fable de la mer Blanche et du Dorado de Parime, but de tant d'expéditions désastreuses faites a la recherche de trésors imaginaires et dont la dernière est de Tannée 1775!
7XXS. Fidèle à notre plan, nous classerons , d'après les différentes mers qui baignent le Nouveau- Continent, les îles principales qui appartiennent géographiquement à l'Amérique.
Dans l'OCÉ AN- ATLANTIQUE et ses dépendances hydrographiques , on trouve un grand nombre de groupes que nous proposons de classer de la manière suivante :
L'archipel de Terre. Neuve ou du Sautt-Laurent; nous proposons la première de ces dénominations à cause de file Terre-Neuve qui est la plus grande de ce groupe; la seconde à cause du golfe du Saint-Laurent. Cet archipel appartient entièrement à l'Amérique Anglaise, à l'exception des deux îlots Saint-Pierre et Miquelon qui dépendent de la France. Ses îles principales sont : Terre-Neuve, Cap-Breton, Prince-Edouard ou Saint- Jean et Anticosti.
Nous indiquerons dans la description des Etats-Unis les îles principales situées le long des côtes de l'Atlantique; ici nous ne citerons que l'île Rbodr qui donne le nom à uu des états de l'Uuion, et l'île Long ce, dans l'état de New-York qui est la plus grande.
Le petit archipel des Rermcdes appartient à l'Amérique Anglaise; Bermude est la plus grande, et Saint-George l'île principale.
L'archipel Colombien ou des Antilles; c'est un des plus grands et des plus peuplés du monde, et le plus important de toute l'Amérique; il est partagé entre les Amériques Anglaise, Espagnole, Française , Danoise , Suédoise et la république d'Haïti, auxquelles nous renvoyons pour les détails. Les géographes ne s'accordent pas dans les divisions principales de ce grand archipel , que d'après l'usage le plus universellement suivi nous partagerons en :
Grandes Antilles , qui comprennent les îles de Cuba , et Haïti autrefois nom mée Saint-Domingue ; ce sont les plus grandes; et la Jamaïque et Porto -Rico, qui viennent après.
Petites Antilles, où les géographes font plusieurs subdivisions qui, différant chez les diverses nations qui les possèdent, exigeraient des détails étrangers i cet ouvrage. Les îles principales de ce groupe sont : la Trinité, la Martinique, la Guadeloupe et la Dominique , qui sont les plus grandes; la Barbade, A ntigoa , Sainte-Croix , etc., remarquables par leur richesse el leur agriculture florissante.
Archipel de Bah a m a ou îles Luc a y es, dont les plus grandes îles sont: Jnaguc; Grande-San-Salvador ; Grande- Bahama ; Providence, où se trouve la capitale de tout l'archipel; Hetera, etc., etc.
Nous indiquerons dans la description des états respectifs les principales îles qui longent les côte* de l'Amérique sur la méditerranée Colombienne. Aux embouchures de l'Amazone et du Para on trouve la grande ile Marajo ou Joajiks; elle forme une comarca du Rrésil. 1/es côtes de cet empire offrent un grand nombre d'îles , que nous indiquerons dans sa description ; ici nous citerons l'île Mararham , située à l'embouchure du Maraubâo nu Mara* uhatn ; Itaparica , à l'entrée de la baie de Bahia ou de Todos-oa-Santos ; Grasdx , dans la
province de Rio de Janeiro; Sauta -Catba riva , dans la province de ce nom; et , à environ 200 mille» au nord-est du cap Saint-Roque, l'îlot stérile de Ferhajido-de-Norowiia.
Les Ii.is Maioitihcs ou I'Archipei ni Fa le l au n, sur lequel la république de Buenos- Ayres se propose de former un établissement à cause de ses bons ports, de ses tourbières et de la riche pèche des phoques qu'on fait dans ses parages. D'ailleurs ces îles servent aujourd'hui de relâche aux navires expédiés pour la pêche des baleines et' la chasse des phoques. L'archipel des Malouines se compose de deux îles principales et de 00 autres beaucoup plus petites. Celle dite Uawkins's Maiden-Land, et plus tard Falkland , est V Occidentale et la plus grande. En 1766, les Anglais y ont fondé l'établissement Fort- George, près d'un port superbe qu'ils nommèrent Port-Egmond; mais cette petite colonie fut détruite en 1770 par une escadre espagnole partie de Buénos-Ayres. L'ile Soledad (île Conti) ou Y Orientale, presque aussi grande que la précédente, est aussi remarquable par la petite colonie du Port-Louis, fondée par les Français, et vendue aux Espagnols en 1767. C'est au milieu de la baie de la Soledad que s'élèvent les deux Ilots aux Loups- Marins et aux Pingoins, dénominations qui rappellent les animaux qu'on y a chassés par milliers pendant long temps, et surtout cet être singulier, dont l'existence tient de l oiseau et du poisson, et dont la vue ne frappa pas moins les anciens navigateurs que les modernes ne furent frappés d'étontiement à l'aspect de l'ornithorhynque. Il ny a, dit M. Lesson , presque point de relations de voyages qui ne mentionnent ce manchot ou pingoin très anciennement connu, que l'on retrouve aussi au Cap^Boune-Espérance , au sud de la Terre-de-Diemen et sur toutes les îles placées sur les limites du pôle austral, telles que la Désolation , Macquarie, à l'extrémité de l'Amérique, aux Orcades du Sud et à la Nouvelle-Shetland. Partout , les rivages en sont peuplés : leurs innombrables légions stupides, pressées, inaclives, courent les grèves, et forment de longues file* qui ressemblent à une procession de pénitens provençaux , ou, comme le dit Pernetty , à des enfant de chœur en ramail.
I^eur situation rend important les deux îlots Tr imité et Saikt-Paui. , perdus pour ainsi dire dans l'immensité de l'Atlantique; le premier, à la latitude australe d'environ ai drgrés, vient d'être occupé par un petit poste de Brésiliens, qui le nomment aussi île Ascensao ou Ascension, qu'il ne faut pas confondre avec celle que nous avons décrite à !a page 920; le second est presqn au milieu de l'Atlantique et sous le premier parallèle boréal.
L'OCÉAN- AUSTRAL ou ANTARCTIQUE offre dans sa partie explorée les îles suivantes :
L'Archipel de Maoellah , plus connu sous le nom de Terre-de-Feu : il se compose d'uu grand nombre d'îles , qui n'ont été explorées en détail que dernièrement par le capital 11 e King. Nous proposons de conserver provisoirement le nom «le Terre -de- Fr h a la plus ^raude de toutes ces îles, malgré le nouveau nom de K i n g-C h a rlr s - Sout hland que ce savant marin vieut de lui imposer; comme elle forme la partie orientale de la Terre-de-Feu proprement dite découverte par Magellan , on pourrait aussi l'appeler Vile Orientale; cette île est surtout remarquable par sa grande étendue, par son volcan et par le mont Sarmicnto, qui est In plus haute montagne connue de toutes les tics de l'Océan- Austral situées à des latitudes si élevées. Deux de ses pointes forment le cap Orange à l'embouchure orientale du détroit de Magellan et le cap San -Diego sur le détroit de Le Maire. Vient ensuite Vile Occidentale , que M. King nomme Soutlt- Désolation; clic est de beaucoup la plus grande de toutes après la précédente; son extrémité nord-ouest forme le cap Pi lares à l'entrée occidentale du détroit de MagHImt. Nous nommerons ensuite les îles Clarence, Hoste et Navarin, du coté de l'Orient; ensuite la grande île Hanover; Yarcliipel de la reine Adélaïde, dont Vile de la reine Adélaïde, celles de Piazzi et d.« Renncll sont les principales ; c< t archipel forme l'entrée occidentale et septentrionale du détroit de Magellan. A une certaine distance de la Grande-Terre, à l'est, on voit Vile des Etats (Stateu-Laml) , importante par le détroit de Le Maire et par l'établissement de Hopparo, que nous n. mroons d'après Hassel et autres savans géographes ; les Anglais l'ont fondé depuis quelques années. Vers le sud le groupe des îles Hermite , dont Vile Hermite et celle de ff ollaslon sont les principales et Vite Uomt sur laquelle s'élève le célèbre promontoire
de ce nom, aussi remarquable par sa conGguration extraordinaire que par sa hauteur. Enfin , plus au sud , le petit groupe des îles Die go- fi a mire z , qui est l'extrémité la plus méridionale des terres que l'usage attribue a l'Amérique. Nous ferons en outre observer que l'archipel de Magellan est la terre habitée la plus australe de tout le globe , et que, par sa position à l'extrémité de l'Amérique, il appartient autant à cet océan T auquel nous l'avons assigné, qu'à l'Atlantique et au Grand-Océan qu'il sépare l'uu de l'autre. On doit même ajouter que cet archipel n'est à proprement parler que ta continuation de celui que nous avons proposé de nommer archipel Patagoaùtn , et que nous avons rangé parmi les groupes d'îles situés dans le Grand-Océan.
L'Ahchimi. Antarctique ou les Terres- Aittarctiques , dénominations que nons proposons pour réunir sous un uom général toutes les îles qui, étant à une grande distance du Nouveau-Continent , sont situées au-delà du 54e parallèle austral. La plupart de ces îles ont été découvertes dernièrement ; toutes ont été trouvées sans habitans, et presque* roules couvertes de glaces ; elles ne sont import au tes que par les phoques qu'on trouve en grand nombre dans leurs parages; elles fournissent déjà de précieuses fourrures et une grande quantité d'huile aux marins anglais et an glo -américains qui les fréquentent. Les baleines aussi sont très nombreuses dans ces mers. Les îles et groupes les plus remarquables de cet archipel sont :
L'île Saint-Pierre, nommée Géorgie-Australe par Cook, qui la visita un siècle après La Roche qui l'avait découverte. Elle parait être la terre antarctique la plus grande que l'on connaisse; son extrémité australe touche presque le 55e parallèle. Depuis la visite de Cook, ces solitudes glacées, ainsi que celles de l'archipel de Sandwich, ont valu plusieurs millions de francs aux marins qui les ont fréquentées.
Le petit Archipel de Sandwich, situé au sud-est de l'Ile Saint -Pierre. Ses îles principales sont : Bristol, qui parait être la plus grande; Thule-Anstrale , qui l'égale presque en étendue et qui est la plus méridionale; et le petit groupe du marquis de Traversay, remarquable par le volcan qui s'élève dans son ile principale. C'est aussi parmi ces îles qu'on doit ranger les quatre que le capitaine James Brown vient de découvrir ; celles qu'il a nommées du Prince et de Willey ont un volcan chacune.
Les Orcades-Australes, situées à l1 ou est-ouest-sud de l'archipel de Sandwich. Ce groupe comprend l'île principale nommée Pomona (Mainland, Gtronation) el plusieurs îlots, tels que Meleville , Robert son, Weddell et Saddle, etc.
Le Shetland- Austral, situé à l'ouest-ouest-sud des Orcades- Australes; il .recompose de plusieurs îles, dont les plus grandes sont nommées fiarrow, du fioi-Ceorgex et Levingston. L'ile Déception offre un des plus beaux ports du monde; celle de James a un pic très élevé; et l'îlot Bridgman présente, dans son petit volcan , la montagne ignipome la plus australe et la plus basse que l'on connaisse actuellement; ce petit cène e»t situé à environ 6* degrés de latitude, et ne s'élève, selon une relation publiée en 1834, qu'à 80 pieda au-dessus du niveau de l'Océan; en admettant l'exactitude de cette évaluation, c'est au volcan de Bridgman et non à celui de Koo-sima , que conviendrait la cjuali- Gcation que nous avons donnée à ce dernier décrit à la page 6 1 3.
La Te rre-de- la- Tri ni té, vue dans ces dernières années par le capitaine Bellinghauscn ; elle est probablement un archipel semblable aux précédens. Elle s'éleud an sud du Shetland- Austral. On n'en connaît pas encore les limites.
Les petites ilrs d'Alexandre Ier et de Pierre Ier, situées au sud-ouest de la Terre-de- la-Trinité, presque sous le 70e parallèle. C'est à ces deux petites terres, et surtout à celle de Pierre V , que nous proposons de donner provisoirement i'épitltcte de Thule-Australe , étant la terre du globe la plus méridionale que l'on connaisse.
Il ne faut pas quitter ces terres, où l'homme n'a pas eucore établi de demeure permanente , sans signaler au lecteur la grande importance qu'elles ont acquise de nos jour*. Nous le ferons eu résuma ut le tableau intéressant et animé des pêcheries de la mer du Sud, tracé par notre savaut ami M. Les son. Habitans naturels des confins du monde, dit ce naturaliste , les phoques ne sont nulle part plus abondans, uulle part en troupes anvi considérables que sur les cotes sauvages qu'covahisseut les glaces du pèle austral. Leurs tribus s'y multipliaient en paix depuis des siècles; mais les progrès de la navigation ont fait éclore , dans ces trente dernières années, les entreprises hardies qui n'ont pas peu cou»
Iribué à porter parmi elles une rapide diminution ; le» phoque* , de plus en plus repoussé» des zones tempérées où ils vivaient anciennement, sont forées aujourd'hui de chercher un refuge sur les points les plus écartés du globe. Ce n'est pas que ces animaux soient eucore complètement expulsés des côtes du Chili , du Pérou et de la Californie, qu'on ne les trouve dans la Méditerranée aussi bien que dans l'Océan-lndien ; mais dans ces mers, ils ne vivent qu'isolés ou par individus sol iU ires , qu'on dédaigne de poursuivre, car les faibles gains que leur chasse procurerait seraient loin de compenser les frais des armateurs. Les Anglais et les Anglo- Américains arment chaque année , pour chasser ces animaux, plus de 60 navires. Ils furent expédiés d'abord sur les cèles de la Patagonie, aux Malouines , à la Nouvelle-Zélaude et au sud de l'Australie (Nouvelle-Hollande). Ces contrées ne fournissant plus à des expéditions fructueuses , il fallut se lancer dans les parages les moins fréquentés , et c'est ainsi que les Orcades et le Sbetland-du-Sud étaient connus depuis plusieurs années par des chasseurs de phoques qui s'y rendaient en secret , et que Powel et YVeddell , tout en dirigeant avec succès leurs entreprises lucratives , ajoutèrent des notions d'un haut intérêt sur les Terres- Antarctiques qu'ils explorèrent dans un but purement commercial. Nous avons vu ailleurs à quelles sommes con • siJérables s'élèvent les produits de cette pèche. Nous ajouterons seulement que, parmi les trois espèces principales de phoques qui sont plus particulièrement l'objet de ces armeinens , se trouve le phoque à crin ou Yotarie molosse, dont la peau sert à confectionner d excellent cuirs; l'éclat et la douceur soyeuse de ce précieux pelage égalent celui de la loutre. Un fait notoire, dit M. Lesson , est l'usage constant qu'ont ces amphihies de se lester en quelque sorte avec des cailloux , dont ils se chargent l'estomac pour aller à l'eau , et qu'ils revomissent en revenant au rivage.
Le Grand-Océan offre un grand nombre d'îles que nous indiquerons dans la description des états dont elles font partie. Nous citerons ici 1rs principales en allant du sud vers le nord, jusqu'au détroit de Bering.
L'Archipel Patagorieh, qui correspond en partie aux archipels de Guayaneco, do Tolède, de la Madré de Dios de plusieurs géographes, se compose selon nous de toutes les îles situées le long de la côte occidentale de la Patagonie , depuis le golfe de Penas jusqu'au cap Pilares à l'embouchure occidentale du détroit de Magellan. Nous proposons de l'appeler Patagonien, à cause de son voisinage de la Patagonie, dont il n'est séparé que par des canaux très étroits. Nous avons déjà vu à la page 941 que l'archipel de Magellan n'est à proprement parler que la prolongation de cet archipel. L'expédition du capitaine King vient de compléter la reconnaissance des îles dont il se compose. Les principales sont , en allant du nord au sud : le groupe de Guayaneco, dont toutes les îles sont peu étendues; il est surtout remarquable par le Nevado de Cuptana qui s'élève sur une de ses îles; la grande ile Wellington, qui correspond à l'île naguère encore imparfaitement explorée, nommée C a m pana par les navigateurs espagnols; c'est la plus grande de tout l'archipel ; ensuite Pile de la Madré de Dios, et celles de Saint- Martin , de la il oc a Partida et de Lobes.
L'Archipel di Chohos, formé d'un grand nombre d'îlots , situés entre la presqu'île de Tres-Montes , la côte de la Patagonie et la grande île Chiloe. L'île principale se nomme Chonos ; la plupart des autres sont des rochers.
L'Archipel ne Chiloe, situé au nord du précédent et composé de la grande Ile Chiloe et de plusieurs autres beaucoup plus petites; il forme une province de la république du Chili.
Le petit Groupe de Joah-Eekhardee , composé de deux îles nommées Mas-a-Tierra , qui est la plus grande et qui est importante par son port ; et Mas-à-Fuero. Ces îles fureut de tout temps l'asile des pirates qui vont s'y rafraîchir et se radouber. Les relations les plus récentes présentent l'île principale comme étant habitée par quelques Anglais et Chiliens qui s'occupent à chasser les chèvres et les boeufs qui y abondent, quoique d'autres relations presque contemporaines prétendent qu'ils ont été entièrement détruits par les chiens envoyés par le président du Chili , pour ôter aux corsaires cet avautage En 181 1 celte ile a été choisie pour lieu de déportation pour certaines classes de condamnés de la république. Nous rappellerons qu'un matelot anglais, qui y fut laissé et y vécut seul pendant plusieurs années, a fourni le sujet du fameux roman de Rohinson Crusoé.
Le pelil Groupe de Saiht-Ambroise , situé au nord du précédent et presque sous le a8c parallèle austral. Il se compose de File de ce nom , qui parait èlre la principale, de celle de Saint-Félix et de quelques autres ilôts tous déserts. Près de la seconde se trouve un rocher remarquable en ce que, sous quelque point de vue qu'on l'examine, il ressemble à 110 vaisseau sous voiles.
L'Ile Puha , dans le golfe de Guayaquil , sur la côte de la république de Colombie.
L'Archipel de Gallapagos , situé sous l'équatcur, à environ 5oo milles a l'ouest de la côle de la Colombie. Malgré la température de son climat et la fertilité du sol , les nombreuses îles dont il se compose étaient encore dernièrement sans habitaos permanens. On y U ouve un grand nombre de tortues délicieuses. Le capitaine anglais Cowley a douné les noms suivaus aux îles principales : Albemarle, James, Chatnm et Charles. Les deux premières sont remarquables par leurs volcans.
Les Iles aux Perles, dans le golfe de Panama, dépendantes du département colombien de l'Isthme.
Le Groupe de Revilla-Gigedo, situé à environ aoo milles à l'ouest de l'état mexicain de Xalisco : il se compose de trois îles désertes , dont la principale , nommée Socorro , est remarquable par son pic élevé.
Le golfe de Californie offre plusieurs îles , dont les plus grandes sont en allant du sud au nord : Cbbralbo , Sas -José et Carme* ; Sah-Frabcisco , dans les parages de laquelle on pêche des perles , ainsi qu'autour de celles de San-Jose et de Santa-Crux ; Tiburo» , la plus grande de toutes; Sarta-Ihes et Sah-Ighacio.
La côte occidentale de la Californie est bordée d'îles, parmi lesquelles nous citeront celles de Sahta-Margarita, de Cedros, de Saicta-Cataxisa et de Sajtta-Cruï , qui sont les plus étendues.
Sur les traces de M. Brué nous étendrons le nom d' Archipel de QuADRA-et-YAveoevRR aux nombreuses îles situées vis-à-vis la cote du Continent-Américain , entre le détroit de Jean de-Fuca ou Claaset et le détroit Cross. Ce vaste archipel , habité en grande partie par les Wakas et les Kolouges, est partagé entre l'Angleterre et la Russie, de manière que la grande île de Quadra-et-f'ancouver, et celle de la Reine- Cliar lotte t appartiennent à la première, et les îles du Prince^de-Galtes et de Sitka à la Russie. Toyez l' Amérique* Anglaise et l' Amérique-Russe.
Le groupe de Kouiae , ainsi nommé de l'île principale située au sud-est de la péninsule d'Alaska dans ('Amérique-Russe.
L'Archipel des Aleoltes, remarquable par ses volcans, et parce qu'il forme une grande partie du contour de la Méditerranée de Bering. Les îles principales sont : Oumanak , Ounalaska , Atc/ien, Tanagai, AU, etc. Elles appartiennent toutes à l'Amériquc-Russe.
Les principales îles appartenant à l'Amérique et situées dans la mer de Bering sont : le groupe de P ri by la v , composé des îles Saint-Paul et Saint-George , outre plu sieurs îlots, et la graude fie Nounivok.
L'Océan- Arctique offre un grand nombre d'îles, dont la plupart, avant les dernières explorations faites par les Anglais , étaient représentée? comme des parties du Continent- Américain. Nous proposons de les réunir toutes sous la dénomination générale de Terris Arctiques ou Archipel Arctique. Eu combinant les divisions géographiques avec les divisions politiques , nous croyons qu'on pourrait partager de la sorte toutes les nombreuses îles comprises dans cet archipel. Nous renvoyons pour les détails aux descriptions de l'Amérique-Anglaisc et de rÂmériqnc- Danoise.
L'Archipel-Arctiqiie ou 1rs Terres-Arctiques, où il faut distinguer :
Les Terres-Arctiq u es-Orient aies ou Danoises, qui comprennent , le grand groupe du Groenland , Ylslande et Vile de Jean-lUayen; cette dernière est encore sans habitans permancus; elle est située à l'est du Groenland et au uord-uord-est de l'Irlande. Jean - Moyen est fréquentée parles bâti mens baleiniers cl est remarquable par le Beerenberg qui est le sommet connu le plus élevé de tout le globe à une
si haute latitude; par YEsk, qui est le volcan connu le plus boréal de toute l'Amérique ; et par la quantité prodigieuse de bois flottant que les courans polaires accumulent sur s« cotes.
Les Terres-Arctiques-Occidcntales ou An glaises, qui s'étendent i l'ouest de la Mer de Kaffiu et an nord de la mer de Hudson. Ses principaux groupes soot : le Devon-Septentrional; la Géorgie-Septentrionale, qui comprend les i les Cornwallis , Bathurst , Melville , etc. ; Yarchipel de R a/fin-P arry , où l'on trouve les lies Cockburn , Southampton , Mantjîeld, le Nouveau-GaUowar , etc. , etc.
mobjtagrtes. La classification des montagnes de l'Amérique a été le sujet d'un grand travail de l'illustre voyageur, auquel on doit les connaissances les plus exactes de la géographie physique de cette partie du monde. Il en est résulté pour le géographe la connaissance d'un fait aussi curieux qu'important ; c'est que toutes les grandes hauteurs du Nouveau- Monde appartiennent à cette longue chaîne qui, sous différentes dénominations et avec de très fortes interruptions, s'étend d'un bout à l'autre de l'Amérique en longeant sa côte occidentale , ou bien en s'en approchant d'une manière remarquable sur une ligne ciui n'a pas moins de 9,000 milles de développement. Prenant pour guide ce beau travail de M. de Uuinboldt , nous tracerons , d'après le plan suivi dans la description des autres parties du monde , la classification des principales chaînes de montagnes qui sillonnent le sol de l'Amérique , en y ajoutant les faits nouveaux et importans dont la géographie s est enrichie depuis.
Toutes les montagnes du Nouveau-Monde peuvent être classées en huit systèmes, dont trois appartiennent au continent de l'Amérique-du-Sud , deux au continent de l'Aruérîque-du-Nord, et les trois autres aux trois grands archipels qui se développent à l'est de la partie centrale du Nouveau-Continent et à ses deux extrémités boréale et australe. Nous commencerons par le système des Aodes, qui est le plus élevé de tous; il n'est inférieur que de quelques toises aux plus hauts colosses de l'Himàlaya, que nous avons vus être les points culminans connus de tout le globe.
SYSTÈME DES ANDES ou PÉRUVIEN , ainsi nommé à cause de la célèbre cordillère des Andes, et du nom de l'empire, qui embrassait autrefois les riches contrées que parcourent ses chaînes principales et sur le sol desquelles s'élèvent ses pics les plus élevés. La chaîne principale, à laquelle il serait convenable de conserver exclusivement le nom d'Anois, décrit sans aucune interruption sensible deux courbes immenses depuis le cap Paria , à l'entrée du golfe de ce nom dans le département colombien du Maturin , jusqu'au cap Froward. sur le détroit de Magellan dans la Patagonie. M. de Humboldt y distingue quatre parties qu'il nomme Andes- P atagoniques , depuis l'extrémité australe jusqu'au 44* parallèle ; c'est la partie la moins connue ; Andes du Chili et du Potosi , depuis le 44e jusqu'au ao" ; Andes du Pérou , depuis le nœud de Porco jusqu'au nord-ouest du plateau d'Almaguer, à i° 5o'; et Cordillères de la Nouvelle-Grenade. Notre cadre ne nous permet pas d'entrer dans les détails qu'exigerait la seule indication des nœuds et des chaînes qui se détachent en différentes directions de la chaîne principale. Nous nous bornerons à indiquer ses branches les plus importantes , en faisant observer que, d'après l'état actuel de la géographie de cette partie du globe , c'est dans les Andes- Péruviennes , et particulièrement entre le 14e et le 20e parallèle , qu'il parait convenable de placer le noyau de ce vaste système. La haute vallée du Titicaca , qu'où peut justement appeler le Tibet du Nouveau-Monde , à cause de la prodigieuse élévation des pics qui l'entourent et de la hauteur du sol au-dessus duquel ils s'élancent, est le grand divortia aquarum de l'Amérique-du-Sud. C'est non loin de ces montagnes que paraissent naître le Reui et l'Apurimac, qui, par leur jonction , forment le véritable Maranon , le Guapaix, qui est une des principales branches de la Madeïra, et le Pilcomayo , un des plus grands courans qui forment le Rio de la Plata. Ce plateau , si célèbre dans l'histoire de la civilisaUou indigène du Nou-
AflRÉGK DE GEOGRAPHIE.
veau-Monde, si intéressant encore parles beaux restes d'antiques monumens, offre deux chaînes principales nommées la Cordillère-Occidentale, oui est la continuation de la chaîne principale des Andes, et la Cordillère-Orientale; celle-ci parait s'en détarber à Test dans le nœud de Porco, et, courant ensuite au nord-est, forme le versant oriental de la belle vallée du Titicaca. C'est dans cette chaîne orientale que se trouvent le pic Sorata et le pic lUimani, points culminans de tout le Nouveau-Monde. La Cordillère- Orientale envoie elle-même une branche considérable vers Test qui, sous les noms de Sierras -A Iti ssimas , Sierra de Cochab amb a et Sierra de Santa- Crut y s étend dans la province bolivienne de Cochabamba, et , en diminuant toujours de hauteur dans les pays des Moxos et des Chiquitos, va se perdre dans les plaines élevées , que les géographes représentent à tort comme de hautes montagnes dans la province brésilienne de Matto-Grosso.
Dans cette même partie de la chaîne principale , mais plos au nord, entre le i r4 et le io° 5o', et proprement dans le nœud de Pasco et de Hanuco, il se détache deux longues chaînes : 1' Orientale, dite aussi de Muna, sépare la vallée du Pachitca et de l'Aguaitia affluens du Beni ou Paro de la vallée du Huallaga; la Centrale, dite aussi de Pat azon Chachapoyas, qui sépare la vallée du Huallaga de celle du Tunguragua ou du NouveauMaraûou ; cette dernière est beaucoup plus longue que la précédente , et s'étend au-delà de ce fleuve en formant le fameux Pongo de Mameriche. Ces deux chaînes parcourent le sol de la république du Pérou et sont beaucoup moins élevées que la partie correspondante de la chaîne principale, qui longe la cote dans une direction presque parallèle à la < haine de Chachapoyas.
Depuis Loxa jusqu'à Pasto la chaîne principale, se bifurquant, forme, avec la chaîne parallèle à Test, une longue vallée du nord au sud traversée par les nœuds de Loxa, de l'Assuay, de Chisinche et de Pasto. Cette partie des Andes est un des poiuts les plus remarquables du globe; elle offre rapprochés, entre le i° 3o' lattiude australe et le i5* latitude boréale , le plus grand nombre de colosses regardés naguère comme les montagnes Us plus élevées du monde , et elle présente entre ces deux chaînons le sol classique de F astronomie du xvme siècle.
Enfin dans les environs de Popayan les Andes forment cette grande trifureation connue sous le nom de Cordillères de la Nouvelle- G rena de. Nous proposons de regarder la Sierra d e la Sutna Paz, qui est le Chaîne- Orientale, comme la continuation de la chaîne principale ; elle traverse la Colombie du sud- ouest au nordest depuis Almaguer jusqu'au cap Paria , en passant à l'est de Bogota , Pamplooa , Merida, Truxillo , au nord de Barquisimeto , Nirgua , Yalencia , Caracas et au sud de la Nouvelle-Barcelone et de Cumana ; elle est connue sous les noms de Sierra Ne vada de JUerida et de Cordillère du littoral de Ve ne zue la. la. Chaîne- Ce ntrale dite aussi de Quindiu, court droit au nord , en séparant la vallée du Magdalena de celle de la Cauca. Le Chaînon-Occidental dit aussi du Choco, se dirige vers le nord et sépare la vallée de la Cauca des terreins cotiers; son élévation est de beaucoup inférieure à celle des chaînes Centrale et Orientale; dans son extrémité nord -ouest, le chaînon du Choco éprouve même une telle dépression , qu'entre le golfe de Cupica et l'embarcadère du Rio Napipi , on ne trouve plus qu'une plaine a travers laquelle on a projeté un canal de jonction des deux Océans. Nous ajouterons que ce chaînon renferme le fameux terrein aurifère, qui verse dans le commerce plus de i3,ooo marcs d'or par an et une grande quantité de platine.
Dans la partie méridionale de la chaîne principale, et particulièrement dans celle que nous avons nommée Andes du Chili , il se détache une branche considérable, qui, courant vers le sud-est , va former le» hautes montagnes du Tucuman dans la confédération du Rio de la Plata; on pourrait l'appeler Sierra du Tucuman; cette chaîne, dont on ne connaît pas encore l'élévation avec exactitude, se perd insensiblement dans les vastes plaines herbacées nommées Llanos du Tucuman.
On pourrait regarder comme des dépendances géographiques de ce système le petit groupe isolé de la Sierra Nevada de Santa- Mar ta , dans le département du Magdalena, considéré communément, quoique à tort , comme l'extrémité de la chaîne principale des cordillères de la Nouvelle-Grenade ; ensuite les hauteurs qui s'élèvent
sur les îles située* vis-à-vis la côte entre le golfe de Maracaybo et le cap Paria ; enfin les montagnes des archipels Patagonien, de Cliiloe et de Chonos, celles de X archipel de Magellan , dont on a tant exagéré l'élévation , et celles, beaucoup plus éloignées mais beaucoup plus basses , qui s'élèvent daus les ilet M alo uine s.
Dans le tableau ci dessous , on a rangé parmi les chaînes secondaires la cordillère Orientale du Titicaca , parce qu'elle s'écarte considérablement de la direction générale de ta chaîne que Ton a considérée comme la principale de tout ce système ; toutefois nous remarquerons que c'est parmi ses pics que se trouvent non-ae ulerneut les plus hauts des Andes, mais mrme les points culminansde tout le Nouveau-Monde. Les lettres E et O, placées dans le tableau suivant après certaines montagnes , indiquent leur position dans le chaînon oriental ou occidental de la chaîne principale.