‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 200 sur 320 · TABLEAU DES PRINCIPAUX PLATEAUX DE L'AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

TABLEAU DES PRINCIPAUX PLATEAUX DE L'AMÉRIQUE

Tuiw*. Toi*i.

Le plateau Péruvien , qui embrasse toutes les hautes terres des républiques du Bas-Pérou et de Bolivia, et des Provinces-Unies du Rio de la Plata , depuis le 6e jusqu'au ?6* parallèle de latitude australe. Le célèbre bassin du lac Titicaca, qui en occupe presque le centre , forme lui-même un haut plateau assis sur le plateau Péruvien ; sa hauteur moyenne est de 1,987 à a, too toises. Les parties les plus élevées du plateau Péruvien après ce bassin sout : les hautes terres des provinces de Truxillo, de Tanna, de Huamanga et de Cuxco, dans la république du Pérou; celles de La-Par., de Cliarcas et de Potosi , dans la république de Bolivia; et celles de Jujuy, de Salta et de Tncnman, dans les Provinces-Unies du Rio de la Plata. La hauteur générale de cet immense plateau parait pouvoir être estimée de 600 à 1/400

Le plateau Colombien , qui comprend toutes les plus hautes vallées de la république Colombienne, dans les départemens d'Assouay, de l'Equador, de Cundinamarca et de Boyaca. Son élévation va de 800 à i,5oo

Le plateau Brésilien. Nous proposons de comprendre sous cette dénomination la partie haute des bassins du San-Francisco et du Parana, dans les provinces brésiliennes deMinas-Gcraes et de San-Paulo, ainsi que les plus hautes terres des provinces de Rio-de-Janeiro , d'Espiritu-Santo , de Bahia , de Pernambuco et de Piauhy. Ou pourrait estimer sa hauteur moyenne de 160 à a 60

Le plateau Central de V Amérique-duSud. Nous proposons d'y comprendre la vaste province de Matto-Grosso, et partie de celles de Goyex et de San- Paulo dans l'empire du Bréâil; le directorat du Paraguay; le Ghaco, dans la confédération du Rio de la Plata ; les Pays des Ghiquitos et des Moxos dan» la république de Bolivia. La hauteur moyenne de ce plateau , que les géographes ont tant exagérée et exagèrent encore, nous paratt ne pouvoir pas être évaluée que de 100 à aoa

Le plateau de lu Guyane , qui embrasse Me immense formée par l'Orénoque,

le Rio Negro, l'Amazone et l'Océan-Atlantique ; m surface est partagée entre ta Colombie, l'empire do. Brésil et one partie des Gnjanes Anglaise,

Hnll.iadaise « t Française. Sa hauteur atteint peut-être de 100 à 4 09

Le plateau tt Anahuac ou du Mexique ; il s'étend depuis Oaxaca jusqu'à Cbihuahua, dans la confédération Mexicaine; 00 pourrait y comprendre toutes le» hautes terres dn Guatemala , et estimer son élévation. . . de 600 à t,2oo

Le plateau Missouri-Colombien, qu'on pourrait aussi nommer plateau Central de t Amerique*du-Nord. Nous proposons d'y comprendre la partie supérieure des bassins du Missouri, du Saskatchawan, du M.ickenrie, du Colombia on Oregon, du Lewis, du Colorado (occidental), dn Rio del Morte, de l'Arkausas, de la Ririèrc-PIatte et de la Pierre-Jaune ( Yellow-Stone). de 35o à 55o

Le plateau Alleghenien , dont nous a tous parlé à la page q5i ; il comprend les hautes plaines des états de Géorgie, des Deux-Caroline» , du Tennessee , de Virginie, d'une partie du Kentncky, du Maryland, de Pennsylvanie, de New-Jersey, de New-York, du Massarhussets, du Vermont, du New-Hampshire , du Maine et quelques parties du gouvernement du Ba»« Cauada. Son élération peut être estimée de 180 à 5 00

TOLCAMB. Non-seulement l'Amérique a un grand nombre de volcans, mais elle compte parmi les siens les montagnes ignivomes les plus terribles et les plus élevées de tout le globe. Les départemens de l'Equateur et de la Cauca dans la Colombie , les états de Nicaragua , de San-Salvador et de Guatemala dans la confédération de l' Amérique-Centrale , la république du Chili, l'archipel des Aleoutes dans l'Amérique-Russe , et l'Islande dans l'Amérique-Danoise, sont les parties du Nouveau-Monde qui offrent le plus grand nombre de volcans. Les monts ignivomes les plus remarquables sont : X Antisana, le Cotopaxi, le Sangttay et le Pichincha, dans le département colombien de l'Equateur ; les volcans de Pasto , de Sotara et de Purace, dans celui du Cauca ; le Guagua-Plititta ou volcan d'Arequipael le Sehama , dans la république du Pérou ; les volcans de Copiapo, de Chilan, d'Antoco et de Peteroa , dans la république du Chili ; les volcans de Soconusco t de Guatemala ou de Fuego , d1 Agita T de Pacaya , de San-Salvador, de Granada, de Telica près de San-Leon de Nicaragua, dans la confédération de l' Amérique-Centrale; le Popocatepetl ou volcan de la Puebia, le Citlallepetl ou volcan d'Orizaba, le volcan de Colima et celui de Xorullo , dans la confédération Mexicaine; le volcan de Saint- E lie, celui du Beau- Temps (Fair-Weather), les deux volcans de la péninsule A' Alaska et ceux des îles Aleoutiennes Unimak , Tanaga , Umnak et Unalaschka , dans l'Amérique-Russe; le Krabla , le Leirhnukr, YOEràfe-Jôkul , le Kôtlugiaa (Sidu-Jôkul?) , le Skaptafells-Jôkid et YHecla , dans l'Islande. Nous ferons observer à propos de ce dernier , que ses éruptions et sa hauteur ont été beaucoup trop exagérées, et ont donné à ce mont ignivome un rang qu'il doit céder à plusieurs autres montagnes de cette île. On ne doit pas non plus passer sous silence VEsk , dans l'île de Jean-Mayen , étant la montagne ignivome connue la plus boréale du Nouveau-Monde ; le volcan de Saint- Vincent , qui est le plus terrible dans l'archipel des Antilles, et le volcan de Bridgmun , dans le Shetland-Austral , qui est le mont ignivome connu le plus austral de tout le globe et en même temps le plus bas de tous les volcans connus. Voyez à la page 94a. Cette partie du monde se trouve donc avoir le volcan le plus tuiut et le volcan le plus bas du globe. Voyez la hauteur de YAntisana dans le système des Andes à la page 947. Sur l'autorité de M. de Humboldt nous ajouterons que le grand pic de Tolima et le Paramo de Ruizf dans la chaîne Centrale de Cundinamarca dans la Colombie, ont fait dernièrement une éruption.

YJLIXÉES et pladtes. L' Amérique-d u- S u d offre plusieurs vallées très remarquables par la grande hauteur de leurs berges, malgré l'élévation de leur sol au-dessus du niveau de l'Océan. On doit surtout mentionner les vallées de la Cauca , du Magdalena et de Quito, dans la Colombie; du Tunguragna ou du Haut-Nouveau-Marahon et du Jauja, dans la république du Pérou; le superbe bassin du lac Titicaca, qu'on peut regarder comme une vallée aussi remarquable par sa grande élévation absolue que par ses dimensions; la vallée du San-Francisco , dans le Brésil ; la vallée du Rio del Norte ou du Nouveau-Mexique , dans la confédération Mexicaine. Pour donner quelques exemples , nous dirons que la vallée de Chota, près de Quito, a 804 toises et celle du Rio-Catacu , au Pérou , en a plus de 700 de profondeur perpendiculaire, et cependant leur fond reste encore élevé d'un nombre égal de toises au-dessus de la mer.

A l'égard des plaines, on peut dire que le Nouveau-Continent offre les plus vastes du monde. En effet , l'espace immense qui s'étend depuis l'embouchure du Mackenzie jusqu'au delta du Mississipi, et entre la Chaîne-Centrale du système Missouri-Mexicain et les chaînes principales du système Aileghenien , n'est à proprement parler que la plus vaste plaine non-seulement du Nouveau-Continent, mais même de tout le globe; elle embrasse les bassins du Mississipi , du Saint-Laurent , du Nelson et du Churchill , presque tout le bassin du Missouri , la presque totalité des bassins du Saskatchawan et du Mackenzie, et tout celui de la Coppermine. Nous proposons de la nommer plaine Mississipi-Mackenzie. La seconde grande plaine du Nouveau- Continent est la plaine de V Amazone ; elle comprend toute la partie centrale de l'Amérique-du-Sud , étendant son domaine sur plus de la moitié de l'empire du Brésil, sur le sud-ouest de la Colombie , sur la partie orientale de la république du Pérou , et sur la partie septentrionale de la république de Bolivia; ses limites sont presque identiques à celles des parties moyennes et basses de l'immense bassin de l'Amazone et de celui du Rio Tocantin. Vient ensuite la plaine du Rio de la Plata, qui s'étend entre les Andes et leurs branches principales, les montagnes du Brésil, l'Atlantique et le détroit de Magellan; dans ces limites, elle embrasse le sud-ouest du Brésil, le directorat du Paraguay, le pays des Chiquitos, le Chaco, la plus grande partie de la confédération du Rio de la Plata, du nouvel état de l'Uraguay et de la Patagonie; une grande partie est connue sous le nom de Pampas de Buenos- Ayres ou du Rio de la Plata. Eufin la plaine du Guaviarc-Orenoco, qui comprend les Uanos de la Nouvelle- Grenade et de Venezuela dans la Colombie. Cette plaine s'étend depuis le Caqueta jusqu'aux embouchures de l'Orénoque , le long du Guaviare, du Meta et du Bas-Orénoque. M. de Humboldt fait observer que la plaine, que nous avons nommée Mississipi-Mackenzie, nourrit à l'une de ses extrémités des barabousacées (ludolfia , miega) et des palmiers, tandis qu'à l'autre, pendant une grande partie de l'année, elle se trouve couverte de glaces et de neiges ; ce savant estime sa superficie à 370,000 lieues marines carrées , ou à a,43o,ooo milles carrés; étendue presque égale à celle de toute l'Europe. La plaine de l'Amazone, ayant un climat chaud et humide, présente, dans ses immenses forêts , une force de végétation à laquelle rien ne peut être comparé dans les autres continens; sa superficie est évaluée , par M. de Humboldt , à 260,000 lieues carrées, égales à 2,540,000 milles. Les deux autres plaines du Guaviare-Orenoco

AKRfcGÉ DE GÉOGRAPHIE.

et du Rio de la Plata , diffèrent de celle de l'Amazone , au'ellcs cernent au nord et au sud , par le manque d'arbres et par les innombrables graminées qui couvrent leur vaste surface, semblables en cela aux savanes ou prairies de la plaine Mississipi-Mackenzie. La superficie de la plaine du Rio de la Plata monte, selon M. de Humboldt, à i35,ooo lieues carrées ou k] i,n5,ooo milles, et celle du Guaviare-Orenoco, à 29,000 lieues, qui correspondent à 261,000 milles.

DÉSERTS. L'Amérique a plusieurs déserts qu'on peut comparer à ceux de l'Afrique et de l'Asie pour l'aridité de leur sol et pour le sable qui les recouvre; mais tous sont extrêmement petits en comparaison des solitudes de ce genre , qui s'étendent sur un si vaste espace de la superficie de ces deux parties du monde. Les plus remarquables sont : le désert a* Atacama; il s'étend, avec quelques interruptions, depuis Tarapaca, dans la république du Pérou, jusqu'aux environs de Copiapo, dans celle du Chili; il renferme par conséquent la bande étroite de pays que la république de Bolivia possède sur le Grand-Océan ; le désert de Sechura, beaucoup plus petit , occupe une partie considérable de la côte du département péruvien de Truxillo; le désert de Pernambuco , qui est le plus étendu ; il s'étend sur une grande partie du plateau du nord-est du Brésil , qui s'élève entre Pernambuco, le San-Franscisco , Crato, Seara et Natal; M. Koster y vit des oasis couvertes d'une belle végétation au milieu des collines de sable mou* vantes. Nous ne parlons pas des solitudes; l'Amérique offre les plus grandes du globe ; elles forment partie des vastes plaines , dont nous avons parlé dans l'article précédent, ainsi que des Terres-Arctiques et Antarctiques mentionnées dans celui des îles. C'est dans cette classe qu'il nous semble plus convenable de ranger le prétendu désert de Nuttal que traversent plusieurs grandes rivières, et remarquable par ses riches mines de sel géminé, et par sa situation élevée; il s'étend au pied de la Cordillère- Missouri- Colombienne (Montagnes Rocheuses), entre l'Arkansas supérieur et le Paduca, et forme partie du grand plateau Central de l'Amérique-du-Nord.

CLIMAT. La configuration de l'Amérique, la disposition de ses vastes chaînes de montagnes et la position de ses plateaux élevés et de ses plaines , immenses produisent une influence remarquable sur sa température, et offrent sur plusieurs points de grands contrastes entre deux climats très différens et pourtant très rapprochés l'un de l'autre. « Le Pérou, dit Malte- Brun, la vallée de Quito, celle de Mexico, quoique situés entre les tropiques, doivent à leur élévation une température printannière; ils voient même les para/nos , ou les dos de leurs montagnes , se couvrir des neiges qui séjournent, même perpétuellement, sur quelques sommets, tandis qu'à peu de lieues de là, une chaleur souvent malsaine étouffe l'habitant des ports de Vera-Cruz ou de Guayaquil. Ces deux climats donnent naissance à deux systèmes différens de végétation : la flore des zones torrides sert de bordure à des champs et à des bosquets européens. Un semblable voisinage ne peut manquer d'occasioner fréquemment des changemens subits par le déplacement de ces deux masses d'air, si diversement constituées; inconvénient général en Amérique. Mais partout ce continent éprouve un moindre degré de chaleur. L'élévation seule explique ce fait pour la région montagneuse; mais pourquoi , se demande-t-on , s'étend-il aux contrées basses? Voici ce que répond un habile observateur, M. de Humboldt : « Le peu de largeur du continent, son prolongement vers les pôles

glacés; l'Océan, dont la surface non interrompue est balayée par les vents alises; des courans d'eau très froide qui se portent depuis le détroit de Magellan jusqu'au Pérou; de nombreuses chaînes de montagnes remplies de sources , et dont les sommets couverts de neiges s'élèvent bien au-dessus de la région des nuages; l'abondance de fleuves immenses qui , après des détours multipliés, vont toujours chercher les côtes les plus lointaines ; des déserts en général non sablonneux, et par conséquent moins susceptibles de s'imprégner de chaleur; des forêts impénétrables qui couvrent les plaines de I équatenr remplies de rivières, et qui , dans les parties du pays les plus éloignées de l'Océan et des montagnes, donnent naissance à des masses énormes d eau qu'elles ont aspirées , ou qui se forment par l'acte de la végétation : toutes ces causes produisent, dans les parties basses de l'Amérique, un climat qui contraste singulièrement , par sa fraîcheur et son humidité, avec celui de l'Afrique. C'est à elles seules qu'il faut attribuer cette végétation si forte, si abondante, si riche en sucs, et ce feuillage si épais, qui composent le caractère particulier du Nouveau Continent. »

En considérant ces explications comme suffisantes pour l'Amérique-Méridionale et le Mexique , nous ajouterons , par rapport à l'Amérique-du- Nord, qu'elle n'a presque pas d'étendue dans la zone torride, et qu'au contraire elle se prolonge très loin dans la zone glaciale, dont les vents glacés la balayent du nord au sud depuis l'embouchure du Mackenzie jusqu'au delta du Mississipi, à cause de l'absence d'une chaîne qui en interrompe le cours. Ainsi, la colonne d'air glacial , inhérente à ce continent, ne se trouve pas coutrebalancée par une colonne d'air équatorial. De là résulte une extension du climat polaire , jusqu'aux confins des tropiques ; l'hiver et l'été luttent corps à corps , les saisons changent avec une rapidité étonnante. Une heureuse exception favorise presque toute la côte occidentale de l'Amérique-du-Nord, laquelle, abritée des vents glacés , par la chaîne Maritime et par la chaîne Centrale , jouit de la température propre à sa latitude.

Nous devons aussi corriger une opinion que, sur l'autorité de Volney, tous les géographes reproduisent, mais dont de récentes observations météorologiques, faites pendant plusieurs années et sur plusieurs points, ont démontré le peu de solidité. C'est que la température des plaines du Mississipi, au lieu d'être beaucoup plus douce que celle des pays situés sur la côte de l'Atlantique, offre plutôt des excès de chaleur et de froid beaucoup plus grands que ceux qu'éprouvent les lieux situés sur l'Atlantique, sous des latitudes correspondantes.

On peut dire, en général , que toutes les contrées situées au delà des 5o° parallèles sud et nord sont froides et ont un sol impropre à la culture des grains de l'Europe. Toute l' Amérique-Danoise , toute l'Amérique- Russe, à l'exception des contrées abritées par la chaîne Maritime , presque toute P Amérique-Septentrionale Anglaise ainsi que l'extrémité de la Patagonie, l'archipel des Malouines et les Terres-Antarctiques, appartiennent à celle classe de pays. Les régions élevées de la zone torride et les plaines des deux zones tempérées sont favorables, jusqu'à un certain point, à la culture des céréales de l'Europe, et même à celle de ses fruits, tandis que les contrées chaudes de la zone torride étalent les productions les plus précieuses du règne végétal avec une étonnante profusion. Nous ajouterons qu'en général toutes les côtes des contrées équatoriales , et même celles des pays

situés à des latitudes encore plus élevées, sont malsaines; les côtes qui bordent la mer des Antilies et la côte des États-Unis , sur l'Atlantique, jusqu'au delà du 40e degré, sont sujettes à la fièvre jaune, qui y (ait souvent d'horribles ravages.

MXWÉILAUX. On peut dire, sans exagération, que les régions équa tonales de l'Amérique sont la patrie de l'or et de l'argent Aucune contrée du globe ne possède d'aussi riches mines de ce dernier métal. L'énorme quantité d'argent mise en circulation par celles de Guanaxuato , de Catorce , de Zacatecas , de Pasco et de Potosi , a produit une véritable révolution dans l'industrie et le commerce des nations les plus policées de notre hémisphère; les mines d'or de quelques cantons de l'Afrique et de la Malaisie (Archipel Indien), la Chine et le Japon, et depuis quelques années la chaîne de l'Oural , peuvent seules rivaliser en richesse avec celles de l'Amérique. Voici quelques faits positifs et curieux qui justifient le rang que, sous le rapport minéralogique, nous avons assigné à l'Amérique ; nous les empruntons à la nouvelle édition de X Essai Politique sur le royaume de la Nouvelle- Espagne , et aux Fragmcns de Géologie et de Climatologie que M. de Humboldt vient de publier.

• Il est impossible, dit ce savant, d'évaluer la masse d'or et d'argent qui est maintenant en exploitation sur toute la surface du globe : nous ignorons absolument ce que produisent l'intérieur de l'Afrique , l'A&ie- Centrale, le Tonquin , la Chine et le Japon. Le commerce d'or en poudre , qui se fait sur les côtes orientales et occidentales de l'Afrique , et les notions que les anciens nous ont transmises sur ces contrées avec lesquelles nous ne sommes plus en relation , peuvent faire supposer que les pays au sud du Niger ou Djoliba, sont très riches en métaux précieux. On peut faire la même supposition à l'égard de la haute chaîne de montagnes qui se prolonge au nord-est du Paropamisus , vers les frontières de la Chine. La quantité d'or et d'argent que les Portugais et les Hollandais ont jadis exportée du Japon , prouve que les mines de Sado , de Sourouma , de Bingo et de Kinsima, ne cèdent pas en richesse à plusieurs mines de l'Amérique. Sur les 73,191 marcs ou 17,635 kilogrammes d'or et sur les 3,554,447 marcs ou 869,960 kilogrammes d'argent que l'on retirait annuellement au commencement du xix* siècle de toutes les mines de l'Amérique , de l'Europe et de l'Asic-Boréale , l'Amérique seule fournissait 57,658 marcs d'or et 3,i5o,ooo marcs d'argent, par conséquent 80 centièmes du produit total de l'or et 91 centièmes du produit total de l'argent. A la même époque toutes les mines d'or de l'Europe ne produisaient que 5,3oo marcs ou 1,277 kilogrammes, et celles d'argent 21 5, 200 marcs ou 52,670 kilogrammes. L'Asie-Boréale ne fournissait que 2,200 marcs ou 538 kilogrammes d'or et 88,700 marcs ou 21,709 kilogrammes d'argent. Dans l'estimation du produit de l'or, on a eu égard à la forte diminution qu'ont subie les mines du Brésil depuis 1 760 et surtout depuis le commencement du xixe siècle. En 1804 , toutes les colonies espagnoles d'Amérique fournissaient annuellement en argent 3,460,000 marcs (le Mexique seul, 2,34o,ooo marcs); en or 45,ooo marcs ». M. de Humboldt évalue à 3,444 francs 44 centimes le kilogramme d'or et à 222 francs 72 centimes le kilogramme d'argent. Depuis 181 1, cet état de choses est bien changé. Pendant les guerres de l'indépendance, qui ont désolé ces magnifiques contrées, les travaux ont été suspendus dans beaucoup de mines; plusieurs

ont manqué du mercure, si nécessaire pour l'amalgamation ; les eaux ont gagné plusieurs galeries dans les mines les plus riches; des éboulemens considérables ont eu lieu dans d'autres; et, lors de la reprise des travaux, les capitaux ont manqué pour les opérations extraordinaires. Des compagnies anglaises se sont formées eu 18*4 pour reprendre l'exploitation de ces mines abandonnées. Les journaux portaient leur capital à la somme éuorme de 3a,8oo,ooo livres sterling; mais à peine 1,900,000 liv.st. a-t-il été souscrit, et cette somme n'a pas même été versée en totalité. Un statisticien très distingué, M. de Montveran , qui a résumé avec un talent remarquable les documens précieux rassemblés dernièrement par MM. Ingham , Gallatin , Moore et White , pour répondre aux questions posées par le congrès des États-Unis, n'évalue le produit moyen de toutes les mines du Nouveau- Monde, pendant la période septénaire de 18*4 à i83o inclus, qu'à 33,870 marcs 3/4 d'or et à 838, 8&7 marcs d'argent. la production des métaux précieux a donc souffert une diminution de presque la moitié pour l'or et de trois quarts pour l'argent. Dans les 33,870 marcs 3/4 d'or, M. de Montveran a compris les 4>4u marcs 3/4 qu'il dit provenir des mines de la Caroline-du-Nord. Depuis la découverte de l'Amérique jusqu'en i8o3, les colonies Espagnoles et Portugaises ont donné, selon M. de Huroboldt, en 3n années, 3,6a5,ooo marcs d'or, et 5i 2,700,000 marcs d'argent. Tout l'argent tiré du sein de la terre en Amérique, depuis trois siècles, formerait une sphère de 85 pieds de diamètre. A la page 497 > nous avons déjà fait la comparaison entre le produit des mines d'or de l'Oural avec celles du Brésil. Cet empire partage seul avec l'Inde, l'île de Bornéo et l'Oural , l'avantage d'avoir des mines de diamant ; on prétend même qu'elles ont fourni le plus gros que l'on connaisse. Le tableau suivant offre les contrées du Nouveau-Monde qui abondent le plus en pierres précieuses, en métaux, houille et sel. Dans chaque article, on a essayé de placer chaque pays avant ou après un autre, selon la quantité plus ou moins grande du minéral qu'il produit. A ce propos nous ferons observer qu'en admettant l'estimation du produit de l'or de la Caroline, donnée par M. de Montveran, les Etats-Unis devraient être aujourd'hui placés immédiatement après la Colombie.

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