‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 201 sur 320 · TABLEAU MIPTÉRALOGÏQUE DE L'AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

TABLEAU MIPTÉRALOGÏQUE DE L'AMÉRIQUE

DtAMAKS. Empire Brésilien , Minas-Geraea , etc.

Autres pierre* t récieises. Empire Brésilien, Minas-Geraes , etc.; republique de Colombie, Cundinamarca ; république du Chili ; république du Bas-Pérou, etc.

Or. République de Colombie, l'Andageda, l'Atrato, le San-Juan, la Cauca, etc., dans le Choco , département du Cauca ; empire Brésilien , Minas-Geraes , Goyaz et Mattogrosso ; États-Unis du Mexique, la Pimeria-Alta dan* l'état de Sonora-et-Sinaloa , etc.; république du Chili,- république du Bas-Pérou; république du Haut-Pérou; États-Unis de t Amérique Centrale ; États-Unis ou confédération Anglo-Americaine , comté d'An son dans la Caroline-dn-Iford, comte de Davidson dana la Caroline-du-Sud , etc.

Arorht. États-Unis du Mexique , Guanazuato , San-Luis Potoai, Zacatecaa , etc. ; république du Haut- Pérou; république du Chili; États-Unis de Rio de la Plata , Mendoza ; États- dus de t Amérique-Centrale , etc.

Étaih. République du Bas-Pérou; États-Unis du Mexique , Guadalaxara.

Mercure. République du Bas-Pérou; États-Unis du Mexique, etc.

Cditrb. République du Chili; république du Bas- Pérou; États-Unis du Mexique; États-Unis,

New-York , lodiana , etc.

Plomb. États-Unis, Illinois (Galena), Missouri (comté de Washington) , Ncw-ïork , etc. ;

États-Unis du Mexique , etc.

Fer. États-Unis, New-Jersey, Pennsylvanie , Massachusetts, Connecticut, Sud-Caroline,

New-York, Maryland , etc.; Était-Unis du Mexique; empire Brésilien, Saint-Paul, Mioas-Gcraès , etc.; Amérique-Anglaise , Canada; Colombie ; Confédération de V Amérique' Centrale , etc.

Cbarbok de terre. Amérique- Anglaise , tle Cap-Breton, Nonvelle-Rcoue , etc.; États-Unis, Pennsylvanie , etc.; Chili, Penco.

Sai.. États-Unis du Jiio de la Platai empire Brésilien, Rio-Grande do Norte, Para, etc.; États-Unis , New-York (comté Onondaga), Massachusetts (comté Barnctaple) , Kentucky, Uliuois (comte Gallatin), Missouri, etc.; États-Unis de F Amérique- Centrale , Honduras, etc.; Colombie, Zipaqoira, etc.; confédération Mexicaine, Oaxaca, Nouvelle-Californie ; Bolivia , Yocalla, Chiqnitos ; Amérique-Anglaise, lies Bahauia , Saint-Christophe, ete, dans l'archipel des Antilles.

VÉGÉTAUX. Les végétaux, dans le Nouveau-Monde, offrent plus de diversités que dans les autres régions correspondantes par leurs climats; et cette remarque est d'autant plus vraie qu'on porte davantage son attention sur ceux qui se rapprochent plus de la zone équinoxiale.

Bien que nous soyons loin de connaître la flore de plusieurs régions d'Amérique , nous pouvons néanmoins affirmer qu'elle est généralement plus riche que celle des autres parties du monde. Plus de i5,ooo espèces de phanérogames y croissent spontanément (la plupart appartiennent aux climats équatoriaux) , et ce ne sont pas, comme en Europe et dans les pays tempérés, de ces plantes sociales qui semblent envahir une contrée entière, à l'exclusion de tout autre végétal; car, la nature en Amérique, plus variée dans ses productions , y a disséminé les individus tout en multipliant les espèces. Dans cette notice, cependant, notre intention se portera spécialement sur les végétaux qui, par leur structure si différente de celle des plantes d'autres continens , sont l'apanage de l'Amérique.

Quoique la zone glaciale de l'Amérique n'ait été explorée que sur quelques points du littoral, cependant l'état de sa végétation nous parait suffisamment connu. On ue peut comparer la pauvreté de la nature dans ces affreuses contrées qu'à sa triste uniformité. Les basses terres du Groenland , celles qui avoisinent les baies de Baffin et d'Hudsou , nourrissent des plantes presqu'en tout semblables à celles des Hautes-Alpes d'Europe ; et l'on sait que les régions hyperboréennes de notre continent ont , relativement à leurs productions , uue grande analogie avec celles-ci. Ainsi la flore de l'Amérique glaciale et celle de la Laponie sont à- peu-près identiques. Quelques saules rabougris (salis herbacea, musa, reticulata), des bouleaux (betuia alba, natta), des peupliers {populos trépida) , quelques pins au sombre feuillage, sout les seuls arbres qui s'avancent le pins au nord et résistent au froid en raison des nombreuses enveloppes corticales dans les uns, ou des sucs résineux dont le tissu des autres est imprégué.

Un nombre assez limité de plautes herbacées se font remarquer et par les dimension* gigantesques de leurs fleurs, comparées aux autres parties, et par la courte durée de leur existence. Mais la rigueur de la température n'est pas un obstacle au développement des cryptogames. Plusieurs mousses et lichens couvrent la terre de ces contrées polaires, et semblent en exclure tout autre végétal.

Les bords du fleuve Saint-Laurent et toute la région du Canada offrent , sous le rapport de la végétation, une transition de la zone froide à la zone tempérée de l'Amérique. C'est dans l'île de Terre-Neuve qu'on trouve déjà de ces plantes particulières aux États- Unis, mais les végétaux du nord y dominent encore. Plus au sud, les espèces se multipliant et se font remarquer par leur beauté incomparablement plus grande que celle des plantes qui croissent dans l'Ancicu-Moude , sous les mêmes latitudes ou sous des climats dont U température est la même. En effet, trouverons-nous en Europe, entre les 43* et 45* degrés parallèles, des arbres dont les fleurs aient de x à a décimètres de largeur , et des feuilles longues de 3 à 6 décimètres, comme celles de certains magnoliers (magnolia glauca, trifteta/a)? Pourrions- nous faire entrer en ligne de comparaison les végétaux de nos forêts avec le liriodendron ttdipifera , le pavia lutea , le cornus floridp et le rhododendron maximum? Et parmi les plantes de genres européens, quelle diversité, quelle

DKSCRrPTION DE L'AMÉRIQUE.

élégance dans les espèces de chênes, de pins et en général d'arbres verts qui décorent les forêt* de l'Amérique septentrionale!

Une foule de végétaux , les seuls que nous ayons pu véritablement acclimater en Europe, croissent naturellement aux États-Unis. C'est Ut que Ton observe le mélange des formes septentrionales et des formes équîuoxiales; on y trouve des lauriers (/auras sassafras, Carolinensis) , des passiflores (passijiora peltata, incarna ta) des casses {cassin chamaterista) des cactus, des biguones, des orchidées, etc. Michaux a donné les descriptions d'une grande quantité d'espèces de chênes indigènes des États-Unis dont le bois égale et même surpasse en dureté celle de notre quercus robur. La belle famille des couifères s'y montre aussi sous des formes extrêmement variées; les pins, sapins et genévriers, sont surtout les genres les plus nombreux en espèces. Le myrica cerifera, arbrisseau de la famille des amentacées, est remarquable par l'usage que les Américains font de ses fruits dont l'enduit cireux sert à la fabrication des bougies. Au nombre des plantes herbacées les plus intéressantes par leur élégance ou la singularité de leur organisation, nous citerons plusieurs espèces de lobélies (lobelia cardinatis% syphilâtica, etc.) et la fameuse dionaa muscipula, dont les feuilles sont terminées par un appareil propre i saisir les insectes que la fatalité amène sur ce piège. Cette jolie plante croit dans les lieux marécageux, ainsi que d'au* très nui se trouvent également dans des localités analogues de la zone cquinoxiale du même continent ; tel est le cabomba aquatica , également naturel à la Guyane et dans lesCaroliues.

Un certain nombre de plantas européennes (sans parler de celles introduites par la culture ) croissent naturellement dans cette région de l'Amérique. Parmi celles-ci , on dislingue les lin nota boreaïts, gentiann pneumonanthe , saxifraga aizoon , dry as octopetala , «te. Mais il est à remarquer que ces plantes appartiennent anx contrées froides , et que ce sont celles qui varient le moins.

Les végétaux de la côte Nord -ouest d'Amérique ont de grands rapports et avec ceux des États-Unis , et avec ceux de la Région-Sibérienne d'Asie. Nous avons vu un certain nombre de plantes rapportées de l'île d'Uualaschka d'un voyage fait sur les côtes depuis la Californie jusqu'au détroit de Bering , et par lesquelles nous avons pu vérifier ce rapprochement. C'est de cette région d'Amérique que divers voyageurs anglais , et particulièrement M. Douglas, ont rapporté en ces derniers temps'une foule de plantes qui aujourd'hui font la décoration de nos parterres ; tels sont les clarckia pulcheUa, coreopis tinctoria, escholtùa cali/brnia, plusieurs anothera , lupinus, etc.

Si nous portons nos regards sur les contrées qui se trouvent le plus au sud de l'Amérique septentrionale, nous verrons une toute antre végétation que la précédente; ce sera celle des climats équatoriaux modifiée par la hauteur absolue du sol. Ainsi , tandis que les cotes du Mexique , et le littoral des Iles des Antilles nous présenteront les végétaux propres aux contrées les plus chaudes du globe , les hautes chaînes de montagnes qui régnent du nord au sud , et sur le continent et dans les iles , nourriront des plantes dont la structure aura les plus grands rapports avec celle des plantes de la région tempérée , et même plusieurs espèces qui appartiennent à celle-ci se représenteront à des latitudes rapprochées de l'équateur. Nous ne saurions donc mieux faire que d'emprunter à M. A. de Humboldl les divisions de la zone équatoriale , dans la partie située entre les 17* et ai* degrés de latitude boréale, en région chaude, en région tempérée et en région froide.

La région chaude est celle où la hauteur du sol varie entre o et 600 mètres. La température moyenne de l'année y est de a 6° centigrades. Les différences de température que Ton observe entre le littoral oriental et le littoral occidental de la Nouvelle-Espagne, entre la température de Yeracruz, par exemple, et celle d'Acapulco, entre celle des cotes des iles et celle de l'intérieur des terres de ces mêmes iles , tiennent plus à leur exposition aux vents et à leur élévation au-dessus de la mer qu'à leurs latitudes diverses. Entre autres plantes particulières à cette région, on remarque plusieurs palmiers (corrphat oreodoxa) des borraginées (cardia gerascanlhus , tourne/brtia veJntina, etc. ) , des légumineuses (bavhinia, hatmatoxylon , hymenata , etc.), des labiées (saMa, hyptis), des rubiacées , des solanées ( crescendo ) , etc. , etc.

Dans la région tempérée , la chaleur moyenne de l'année est de a5°-i7° 5. Cette région, que l'on désigne aussi sous le nom de plateau du Mexique, est élevée de 600 à a,aoo mètres au-dessus de la mer. On y rencontre beaucoup d arbres et des plantes frn-

tesceutes, parmi lesquelles on distingue quelques chênes (quercus xalapcnsis , obtusata, glauccsccns , laurina); taxtu montana ; erjthroxjlum mejticanum ; piper auritum , terminale , etc. C'esl de là aussi que provieiiueut les Dahlias, le cobaea scande ns , ces plantes actuellement si répandues eu Europe , où elles croissent avec la plus grande facilité et sont les plus beaux ornemens des jardins.

Toluca et les autres lieux du Mexique, dout l'élévation est de a,aoo à 4.700 mètres, forment la région froide. En effet, la chaleur moyenne y varie entre 17", 5 et o°, 8. Là, s'élèvent des montagnes couvertes d'une neige perpétuelle , et sur les limites de laquelle croissent des cary ophy liées et des rhodoracées , familles presque toutes indigènes des climats septentrionaux. Dans les localités moins élevées, on rencontre un grand nombre de piaules qui ap|iarlienneut aussi à nos genres européens , mais qui en diffèrent spécifiquemeut. Ainsi il y a des valérianes, des roses, des galium, des pinguictda , des violettes, des sauges, etc. Un arbre qui a fait l'admiration des voyageurs, tant par la beauté de son port et de son feuillage que par la singulière organisation de ses organes floraux , croit près de Toluca. Nous voulons parler du cheirostemon olatanoides de Humboldl et Ronpland, que d'autres botanistes ont aussi nommé chiranthoaendron , dénominations qui répondent à celle à'arbol del manitas des colons espagnols, et qui dounent une idée de la conformation de ses élamines dont l'ensemble simule assez bien les cinq doigts d'une main humaine. On a cru pendant long-temps que cet arbre était unique à Toluca, mais le savant boia- . niste mexicain Cervantes a assuré à MM. de Humboldl et Bonpland qu'il y en avait des forêts eutières au nord de cette ville.

Toutes les contrées basses situées sous des latitudes proches de l'équateur , tout le littoral du Continent-Américain, soit oriental soit occidental , depuis le Mexique jusqu'au sud du Brésil et du Pérou , en y comprenant les terres basses des îles nombreuses qui se trouvent sur les côtes, sont caractérisées par une véi;élation tout-à-fait particulière. La nature y est si variée dans ses productions qu'il serait téméraire de vouloir, dans une courte notice, esquisser seulement quelques traits de son immense tableau. Contentons -nom donc de parler ici de ces plantes si utiles à l'homme qu'il leur a , pour ainsi dire, attaché son existence , et de celles dont le nombre des individus est tel , dans certains pays, qu'il en détermine la ualure et l'aspect.

Les palmiers, ces princes du règne végétal , croissent tous dans les climats des tropiques à l'exception du dattier et de quelques chanuerops. Quelques-uns habitent le penchant de montagnes assez élevées; tel est , par exemple , le ceroxylon andicola , que les illustres voyageurs déjà cités ont rencontré dans les montagnes de Quîndiu au Pérou. C'est sur récorce de cet arbre que les indigènes recueillent une cire très propre à l'éclairage. Les autres palmiers, dont le nombre est si considérable que nous sommes forcés d'en taire les noms génériques et ïpéciûques, sout très communs dans les plaines ou sur las collines de toute cette partie de l'Amérique et principalement dans la république de Colombie , à la Guyane, au Brésil, etc. C'est surtout dans ce dernier pays que les palmiers abondent; Us y sout tellement diversifiés qu'ils ont fourni au célèbre voyageur allemand, M. de Marlius, le texte d'un superbe ouvrage enrichi de planches qui représentent le port de l'arbre et les détails de son organisation.

Les contrées équiuoxiales de l'Amérique offrent, dans les fougères arborescentes, un coup-d'œit admirable à l'Européen qui aborde pour la première fois sur ces plages. Quel n'est pas son étonnement quand il voit, pour la première fois, ces plantes si modestes, si cachées dans nos climats, se présenter avec tonte la majesté des pins et des palmiers? Les nombreuses espèces de cyatbées (cratheea. arfwrca , speciosa, murieata, etc.), de piérides , d'aspidies , de doradilles (asplenium arboreum) , forment un des traits caractéristiques de la flore des Antilles, de la Nouvelle- Andalousie , près du couvent de Caripé, de la Nouvelle-Grenade, aux environs de Guaduas et d'Icononzo, ainsi que daus les vallées du Pérou, entre Loxa et le fleuve des Amazones, et dans le Mexique, près de Xalappa.

S'il fallait passer en revue toutes les autres richesses végétales que la nature déploie duns cette partie de l'Amérique, nous parlerions de ces nombreux cactus dont les tiges simulent . de vastes candélabres sur les cotes de Cumana , et surtout de ce cactus coccinMifer qui fait la fortune d'une partie du Mexique , fortune que le courageux Thierry de Menonville voulut faire partager aux colonies françaises ; nous citerions les forêts d araucaria du Chili

et du Brésil , le cacao ( tktobroma cacao ) , le rooou ( Inxa oreUana ) , le bois de ra ni pèche (hœmatoxylon campechiauum) , le bananier (muta paradisiaca), l'ananas (bromeiia ananas), et tant d autres végétaux, non-seulement utiles à leur pays, mais devenus nécessaires à l'Europe pour ses arts et ses manufactures. Il faudrait aussi nous étendre sur les plantes introduites dans les îles du Nouveau* Monde et dont la culture, si multipliée, a presque totalement changé l'aspect de ces régions : tel est , par exemple , le calé. Nous n'omettrions pas également de faire connaître les principaux lieux où se cultivent en grand le sucre, le eoton, etc. ; mais on sent que toutes ces indications, si elles étaient plus détaillées , nous entraîneraient au-delà des limites que comporte une simple notice. Depuis les voyages de MM. Auguste Saint-Hilaire, Marti us et Pohl au Brésil, nous

possédons de bons renseigneuiens sur l'ensemble de la végétation de ce vaste pays. Cest dans leurs ouvrages qu'il convient d'étudier les espèces éminemment utiles, comme l'ipécacuanha (ccphaeUs ipccacuanlia) , le faux quinquina (strychnos pseudoquinà) , les theobroma, jatropha, etc. Mais nous profiterons de l'aperçu d'un voyage dans l'intérieur du Brésil , sorte de compte rendu que M. de Saint-Hilaire a présenté aux savans, immédiatement après son retour, pour (aire connaître, d'une manière générale, la distribution des plantes, soit dans l'empire Brésilien, soit dans la ci-devant province Cisplatine et dans les Mission!» dites du Paraguay.

Tous les voyageurs ont parlé de ces immenses forêts vierges du Nouveau-Monde, immenses par l'étendue du terrein qu'elles occupent, et par les dimensions gigantesques de leurs arbres; la belle gravure publiée par M. le comte de Ctarac, représentant un site pris dans l'intérieur de leur épais fourré, a complété l'idée que peut s'en former un Européen peu familiarisé avec l'aspect d'une nature sauvage et vigoureuse. Malgré les progrès de la civilisation sur le continent de l'Amérique méridionale, les forêts vierges occupent encore de vastes régions. Ainsi , celles qui commencent près de Rio-de- Janeiro s'étendent en largeur à plus de 5o lieues. Dans In capitainerie de Minas-Geraes , l'incendie en a fait disparaître plusieurs qui ont été remplacées par des pâturages.

Dans le district de Minas-Nova* , et sur les larges plateaux qui le recouvrent , il est un autre genre de forêts appelées carascos par les habitans, et forêts naines par M. de Saint-Hilaire, parce qu'elles se composent d'arbustes d'un mètre à-peu-près de haut, très diversifiés, mais où cependant domine une mimeuse épineuse ( mimosa dumetorum ) , dont le feuillage est d'une extrême élégance. Enfin, lorsque le terrein s'abaisse et devient égal , comme par exemple au-delà de Villo-Dofanado , on trouve des bois qui tiennent le milieu entre les forêts vierges et les carascos. Les catùngas (c'est ainsi qu'on les appelle) présentent un épais fourré de broussailles, de plantes grimpantes et d'arbrisseaux au milieu desquels s'élèvent , comme des baliveaux , des arbres de moyenne grandeur. Par l e

l'effet de

la sécheresse, les cattingas perdent leur verdure et ne sont plus la retraite d'une foule d'oiseaux et d'insectes comme pendant la saison des pluies.

Les hautes montagne* du Brésil offrent un nombre de végétaux plus considérable que les campos dont nous avous parlé. Parmi les plantes particulières aux montagnes des environs de Villa-Rica, dans la capitainerie de Minas-Geraes, M. Auguste Saint-Hilaire a remarqué les ttellotia, genre d'amaryllidées , dont les espèces viveut en société et sont des arbrisseaux à rameaux étalés et couverts de fleurs bleues, violettes, quelquefois blanches, et aussi grandes que nos lis.

Dans l'hémisphère austral , une végétation, analogue à celle de l'Europe, commence à des latitudes plus rapprochées de l'équateur. Ainsi, les environs de Montevideo sont couverts de plantes qui appartiennent, à peu d'exceptions près, aux genres qui composent la flore française : il est vrai que plusieurs d'entre elles y ont été naturalisées. De ce nombre est le cardon (cinara carduncutas) qui infeste les campagnes du Rio de la Plata et de l'Uraguay.

Pour compléter cette esquisse de la végétation américaine, il nous resterait à décrire les régions péruvienne et chilienne , celles de Buenos- Avres et des Terres-Magellaniques. Mais, par ce que nous connaissons des plantes du Pérou, uous aurions à répéter. beaucoup de ce que nous avons dit sur la végétation générale du Mexique et du Brésil ; car, des localités presque semblables, le voisinage de la ligue, des températures analogues, doivent produire des êtres sinon absolument les mêmes, du moins très ressemblans dans leur or •

fu.

AWU'.GK 1)F. GÉOGRAPHIE.

ganisation. Le Pérou et la Colombie sont néanmoins la patrie des espèces de quinquinas (cinchona condaminea, oblongifoba , etc.), les plus célèbres par leurs propriétés fébrifuges. On a long-temps cru qu'aucun véritable cinchona ne croissait loin des Cordillères dans l'Amérique-du-Sud ; mais M. Auguste de Saint-Hilaire en a rencontré au Brésil trois espèces qui rivalisent, par leurs qualités physiques , avec les espèces péruvienues.

L'Amérique méridionale est censée la patrie primitive de deux végétaux éminemment utiles à l'homme , c'est-à-dire de la pomme-de-terre {solarium tuberosum ) et du maïs (ma» s zea). Mais de quelle contrée d'Amérique sont-ils originaires? Cette question, depuis long-temps agitée , et sur laquelle M. A. de Humboldt n'a pu pronoucer , puisque nulle part dans ses voyages, il n'avait rencontré la pomme-de-terre sauvage, a été résolue, il y a quelques années, par l'envoi de tubercules à la société horticullurale de Londres, tubercules sauvages, nains et arrondis, provenant d'une localité dans le Chili, où ils étaieut très abondans , et qui , cultivés, ont donné d'autres tubercules et des individus en tout semblables à ceux de nos pommes -de- terre. M. Berlero, voyageur aussi instruit qu'int rapide, a également trouvé en abondance la pomme-de-terre sauvage aux diverses localités du Chili , principalement aux environs de Quillola, d'où il nous a envoyé de nombreux échantillons. Quant au maïs, un Brésilien fort instruit en a envoyé à M. de Saint - Hilaire, des échantillons venant sans culture dans les missions du Paraguay. Les fleurs femelles de ce maïs sont bien réuuies en grappe comme celles de nos contrées , mais elles offrent cette particularité que chaque fleur partielle est recouverte par des enveloppes glumacées .semblables à celles des autres graminées.

La Patagonie, les îles voisines et les Terres- Antarctiques sont à peine connues; on sait seulement, par la petite quantité de plantes qu'en ont rapportée les voyageurs, que cellesci, tout en offrant de l'analogie avec nos végétaux hyperboréeos, sont néanmoins caractérisées par un aspect fort singulier. Les mousses, lichens, et autres cryptogames se rencontrent ici, mais sous des formes assez différentes de celles de cryptogames du >"ord. S'il est possible d'avoir une idée juste de la végétation des Terres-Ma gel la niques, c'est par la connaissance de celles des îles Malouines dont uous possédons, grâces aux talens et au zde de MM. Gaudichaud et d'Urville , une flore assez complète. Les mêmes plantes ont été trouvées sur les plages de ces îles et du détroit de Magellan. Il faut néanmoins tenir compte de la nature de ces diverses contrées. Les Terres-Magellaniques sont hérissées de montagnes assez élevées où croissent , nous n'en doutons pas, des plantes particulières , tandis que le sol des Malouines est à-peu-pres uniforme , formé d'une tourbe spougieuse qui provient du détritus des plantes, dout les générations se succèdent et meurent sans disparaître du lieu, c'est-à-dire sans qu'aucun animal n'en fasse sa proie. Aucun arbre ne se montre sur celte terre dont la monotonie est décourageante. Le plus grand végétal est un arbuste de 6 pieds, et , ce qui est très remarquable, appartient au genre veronica. Quelques synanthérées , un grand nombre de graminées, des fougères, des lichens et des mousses, y sont les plantes dominantes. Nous n'omettrons pas de citer un végétal remarquable , commun à ces îles et aux Terres-Magellaniques; c'est le bolax gUbaria de Commersoo, vulgairement nommé le gommier des Malouines. Cette ombellifère forme, sur la terre, une touffe verte, dure et ferme, quelquefois haute de 3 pieds, et épaisse de 7 à 8. Toutes les parties de la plante sont remplies d'un suc gommo-résineux blanc qui rougit et durcit à l'air.

Telle est l'indication des richesses végétales que la nature déploie avec luxe et profusion dans l'Amérique. Cette indication est sans doute trop succiucte pour compléter les idées qu'on doit se former sur cette matière ; mais nous n'avons eu d'autre but , dans cettê notice, que de répandre de l'intérêt sur un sujet qui a tant de connexion avec la géographie physique du Nouveau-Monde.

ANiMAUXi Ni l'Asie, ni l'Europe, ni l'Afrique n'ont, dans l 'ensemble de leurs animaux, une physionomie aussi caractérisée que l'Amérique. Il faut se porter au temps où Colomb découvrit cette portion de notre planète , pour concevoir quel dut être l'émerveillement des naturalistes a la vue de tant de productions aussi riches que variées, aussi belles que capricieuses dans leurs formes. Tous les cadres d'histoire naturelle furent brisés par cette masse d'êtres jusqu'alors inconnus, et c'est de celte ère

que la science jeta de profondes racines, en exploitant une niasse imposante de faits; elle traça des limites que les découvertes récentes ont remplies , mais sans les déborder. Les premiers travaux qui firent connaître la création de cette partie du monde rappelleront les noms des Léry , Laèt, Margraff, Fernandez , Pison , Acosta, Nieremberg, Rochcfort, Feuillée, Dutcrtre, Gomara, Garcilaco,Sloanc, Catesby, La bat, Edwards, Plumier, Browne, Bancrofft, Fermin, etc., etc.

La grande majorité des genres de l'Amérique lui est propre, et est sans analogie avec ceux des autres parties du monde. Cependant , liée à l'Asie par sa partie boréale, elle possède la plupart des animaux qui vivent sous les glaces polaires ou qui se sont avancés à travers les steppes de la Sibérie. Beaucoup d'espèces européennes se sont aussi fait jour dans l'Amérique Septentrionale , et les genres ne sont plus , dans cette région , différens pour la plupart de ceux du vieux monde , tant il est vrai que cette adhérence territoriale et l'influence de température, imposent des identités dans la texture intime des animaux. Quant à la région intcrtropicale , elle possède la variété et la richesse de cette zone , observée soit en Afrique soit en Asie, mais la grande partie de ses genres lui appartiennent en propre et presque toutes ses espèces sans exception. De même que l'Afrique conserve dans sa Région Capensienne (Extrémité-Australe) un cachet indélébile de création, de même aussi l'Amériquc-Méridionale, jetée en longue pointe au milieu des tempêtes du pôle austral, affecte dans son ensemble une création à part, une nature qui lui est propre. Puis, si l'on réfléchit aux régions variées, aux circonscriptions de bassins que présente cette surface du monde, on devra sentir combien les profondes et riantes forêts du Brésil et de la Guyane, doivent recéler d'animaux différens de ceux des Florides et des hauts plateaux du Mexique, du Pérou et de la chaîne des Cordillères, des États-Unis et du Chili, des vastes pampas de la Patagonie ou des froids bassins de la côte Nord-ouest; de la chaîne Missouri- Colombienne (Rocky-Mountains), des sables de la Californie ; des prairies rases des Malouines , des rochers couverts de neige de la Terre-de-Feu, etc., etc.

L'Amérique, qu'un vieil usage nomme encore le Nouveau -Monde, bien que ce nom convienne plutôt à l'Australie, l'Amérique nourrit une grande famille de singes divisée en nombreuses tribus , et dont les genres et les espèces sont sans analogues avec le* singes d'Afrique ou d'Asie. C'est en effet dans les régions brûlantes du Brésil , de la Nouvelle- Espagne, de la Guyane, qu'on rencontre ces atèles aux longs bras, se balançant sur les lianes des bords de l'Orénoque, ces lagot riches à queue prenante, ces alouates à la voix de stentor, ces sapajous maraudeurs, ces sagoins si gracieux, ces singes de nuit dormeurs et k téte arrondie, ces safùs à barbe d'israélite, ces ouistitis fantasques et si vivement peints, ces tamarins au pelage noir ou à crinière dorée, ainsi qu'on voit ce rosalia ou marikina si estime des créoles. Nul quadrumane ne s'offre eu Amérique , mais en revanche les ebauves-souris y comptent plus d'un genre, bien qu'on ne puisse y citer une seule roussette, car ces carnassiers frugivores sont exclusivement asiatiques. Mais les phyllcsomes, mais le vampire sanguinaire, les madate'es, les glossophages , les artistes, les monophiles, des taphiens, les mormoops , des verperti/ions , des nycticèfs , des dysopes, des nyetinomes , sont répandus anssi bien au nord que dans le sud, au«si bien au Brésil qu'à la Guyane. Quelques musaraignes fréquentent les rives du Missouri, et deux sealops sont propres a la Virginie , au Canada el à la Pcnnsvlvanie. Toutefois les i ondjlurcs au nez enveloppé de lanières étoilées, sont un genre qui caractérise les élats du nord de l'Union.

Le* carnivores plantigrades ont de nombreux reprèsentans dans ces vieilles forêt* de la

chaîne Missouri-Colonibienne, et descendent dans les plaines delà Rivière delà Miue-de-cuivre, de la Colomb ia , plaines si bieti décrites par Coopcr. Ce sont Yourtbrun, Y ours gris, mais surtout cet ours féroce , cet ursus horribilis si célèbre dans les auteurs américains. L'ours noir de Pallas et Y ours blanc , apparaissent sur les côtes de la Sibérie , et les cordillères nourrissent Y ursus ornaius, remarquable par ses sourcils fauves. Cest eu Amérique que vivent ce raton ami de l'eau, ce crabicr errant sur les rivages et mangeant tout ce que la mer y rejette; c'est au Brésil qu'on rencontre ces coatis au nez mobile, ce kinkajou à queue prenante; c'est au Labrador et chez les Eskimanx que se plaisent les blaireaux , les wolverennes , diverses martes , la zibeline , le vison et autres espèces répandues au Chili , en Pennsylvanie, etc. Les mouffettes si puantes sont sans exception de la partie du monde qui nous occupe. Les loutres ne sont nulle part en plus grand nombre , nulle part l'objet d'une chasse aussi active qu'à la côte Nord-ouest Les chiens et les renards sont abondans dans la partie boréale, et comment ne pas citer ce chien des Eskimaux, ce chien de Terre- Neuve si précieux pour l'homme, ces renards aux belles fourrures décrits dans ces derniers temps par le capitaine Sabine. L'Amérique aussi a ses canis carnassiers et voraces; ce loup noir si robuste, ce loup rouge ou agouara- guazou du Paraguay , celui du Mexique, ceux des prairies du Missouri, témoignent que la nature a été prodigue d'animaux sur ce sol fécond; elle a mis des bornes à sa générosité, en graduant le nombre des êtres inoflcnsifs à ceux qui ne vivent que de chair et de sang. Comme l' Ancien-Monde aussi l'Amérique possède de grandes espèces de chat Ce ne sont plus ce tigre dit royal aux longues rayures noires, ce lion emblème de la force et bien à tort de la magnanimité; mais ce sont ce couguar que les relations nomment le lion des Péruviens , ce tigre unicolore des Surinam, le couguar noir de Cayenne, ce jaguar que Marcgrave a nommé onca, ce yaguaroundi du Chili , ces diverses espèces de lynx du Canada ; cet ocelot , cet eyra , ce margay, ce chati, ce collocola , ce pageros et dix autres des régions chaudes et tempérées, des vastes forêts , comme des pampas et des savannes. Sur les côtes de Terre-Neuve, sur les rochers du cap Horn apparaissent diverses espèces de phoques, objet d'armement coûteux et de pêches commerciales lucratives.

Parmi les marsupiaux, un genre riche en espèces est entièrement américain , c'est celui des sarigues, animaux munis d'uue poche pour serrer dans le danger leur progéniture; qui ne connaît le marmose, Y opossum des Anglo- Américains, les micourés, \etuan, etc., etc. C'est à la Ouyaue que vit le chironecte yapock. Quant aux rongeurs, il serait beaucoup trop long de les mentionner evec quelques détails , il nous suffira de citer les noms de ces t ami as qui se creusent des terriers ; ces écureuils bariolés de ligues blanches sur un fond très coloré, ces guerlinguets , ces anisonyx, ces sciuroptères au parachute aérien, ces spermophiles aux abajoues, ces cténomes, ces mériones charnus, ces saccomjs aux joues boursouflées, ces rats variés , tels que sigmodon , cynomis , néotomes , etc., etc., etc. C'est en Amérique qu'habitent les échimys, les capromys, les mynomes, les potamys , et ces singuliers viscaches et cJûncfiilla à la douce fourrure et de la taille des lapins. Le Canada a été jadis célèbre par l'abondance de ses castors, architectes habiles, et par ses ondatras musqués. C'est encore dans l'Amérique du Nord que vivent ces porcs-èpicsurMW, ce coéndou, ce cour et cet orico si bien revêtus d'épines. Enfin de timides lapins, des lièvres, le tapèti, pullulent dans les prairies rases et sur tous les points de ce Continent; tandis que lespacas, les agoutis, le cabiai, le cobaye et le moco semblent propres au Paraguay, au Brésil et à la Guyane.

Il est une famille tout américaine, dont les espèces, protégées par des cuirasses solides, ont reçu des Kspa^nols le nom à' armadillos et d'encoubertos. Cest principalement au Brésil et au Paraguay , et même à la Guyane que vivent ces tatous encoubert , noir, des bois, apar, cachicame, taiouay , que rappellent dans l' Ancien-Monde et les oryetéropes du Cap et les pangolins. Mais c'est exclusivement dans l'Amérique chaude que se rencontrent les fourmiliers à la langue extensible, les bradypes paresseux , Yunau et la aïs, et au pied de la chaîne des Andes qu'on a découvert le bizarre chlamyphore. Le megalonyx et les mastodontes, dont les ossemeas ont été trouvés en Géorgie et sur les bords de l'Ohio, sont éteints depuis long temps, sans doute, et remplaçaient dans le Nouveau- Monde les éléphaus de l'Ancien. Deux tapirs , l'un des marécages torridiens et l'autre des pentes des Cordillères; le maipouri et le panchaque sont deux pachydermes de grande

taille, qui lieut la création américaine a celle de la Malaisie par l'existence du tenait de Sumatra, tout en y remplaçant les rhinocéros. Les pécaris , ces sortes de cochons à glandes suintant une humeur fétide sur le dos, y tiennent lieu de sangliers européens; de même que les chameaux y sont remplacé* par les lamas et les vigognes , et par l'utile et inoffensif alpaca. L'orignal de* Canadiens, le rftenne du nord, peuplent les contrées glacées et le pourtour du golfe de Saint-Laurent, tandis que le wapiti rappelle par ses formes sveltes celles de notre cerf. Le cerf de Virginie, le guatoupoucou , le guazouti, le gouatotipita , les tamémazames , les cariacous sont les représenta ns naturels des gazelles et des aulilopes qui n'y existent point. Ces dernières y sont remplacées par des sortes de m mina ns à longs poils, voisins des chèvres, les rupicdpres. ht bison ou buffalo et le bœuf musqué sont les plus grands quadrupèdes des États-Unis. Le premier aux formes hideuses nous retrace V aurochs , ce boeuf de nos anciennes forêts Hirciniennes , relégué aujourd'hui au fond de la Souabe et de la Russie. Tout-à-fait au nord, sur les confins de la Sibérie, apparaît Vargali ; et sur les montagnes du Canada est relégué le mouflon américain , races typiques de nos moutons et de nos brebis. Quant aux cétacés parcourant en liberté les mers qui baiguent les rivages, beaucoup d'espèces sont au nord communes à l'Amérique et à l'Asie, et les dauphins, les baleines, les cachalots y sont l'objet de pèches intéressantes pour le commerce.

L'Amérique offre la même richesse et la même variété dans les oiseaux. Dans nulle contrée il n'y en a un plus grand nombre de vivement colorés , et nulle part aussi on ne trouve plus de genres qui soient plus caractéristiques. Si l'Afrique et ses déserts possèdent l'autruche , si la Malaisie et l'Australie ont des casoars , les plaines rases de la Patagonie sont parcourues par des troupes agiles de nandu, l'autruche d'Amérique de tontes les relations de voyages. Dans les savannes de la Guyane vit ce sa ri a ma qui rappelle le messager du Cap; puis des essaims d'oiseaux de proie s'abattent en maraudeurs sur tous les points de sa surface, et il nous suffira de citer dans les vautours, ces condors des Andes, objets de mille fables populaires, ce catharthe roit couronné de lambeaux de chair, ces urubus fétides; dans les falco , ces iribins et ces rancancas , ces /rr g argues du nord, ce chima-clnma et ce chimango de la Plata, ces harpies puissantes et cruelles , ces cymindis en bec en hameçon, ces macaguas rieurs, ces elanus et nauclerus luisant , et de nombreuses espèces d'éperviers , de buzards , de buses et de chouettes qui se creusent des clapiers.

Les couroucous dorés et massifs n'abandonnent guère les zones échauffées de l'Amérique, et l'on sait qu'ils ont des représentai» dans l'Ancicn-Continent. Le sasa mangeur d'arum ne quitte point les marais de la Guyane , tandis que vivent exclusivement sur ce Continent les anis, les coucouas, \tstaccos, divers payes, mais surtout \esgviras, les bar-bacons et les tamatias. Si l'Asie et l'Afrique ont leur calaos au bec démesuré, l'Amérique a les toucans et les aracaris à langue barbelée et singulière.

La famille des perroquets dont les races sont multipliées à l'infini, et les espèces aussi nombreuses que les moineaux , présente dans la contrée qui nous occupe les aras au cri rauque, lesararas aux joues nues, les amazones au plumage vert, les tavouas , les criks, les papegais, les caicas et les guaroubas. C'est toujours sous l'influence d'uue vive chaleur que se colore le plumage si métallisé de ces jacamars émeraudes, de ces jacamerops , auxquels s'adjoignent les pics, les martins-pecheurs , les todiers et les motmots. Mais quelle variété n'offrent point ces manakins rouges Jaunes, noirs a tète de feu, ces beaux rupicotes à crête distinguée , ces colibris et ces oiseaux mouches , vrais bijoux sortis des mai us d'un lapidaire, et dont les habits scintillent du feu des rubis, des topazes, des émeraudes, etc. Aux guit-guits azurs, aux fourniers sombres , viennent s'unir ces picucules , ces satines et ces synallaxes du Brésil , de la Guyane et du Paraguay.

Le tijuca uoir, des pies magnifiques, des geais et des corbeaux, les ba taras ouvreut en Amérique cette longue série d'espèces où viennent se classer les somptueux coùngas , les averanos, les proenias, les pies-grièches tarabas, les manikups , les bécardes, les tyrans, \esjetapas, les conopophages , les grallaries , les merulaxes , des merles, etc. Il est une famille très nombreuse exclusive à l'Amérique, c'est celle des troupiales, comprenant les caciques, les carouges , les amblyramphes , etc.; et les moineaux y ont des représenta n s dans les paroaires, le chipiits, les tardivoles, les jacarinis, etc., etc. Des colombes va-

riées, le mégalonys du Chili, les attagis , les tinochores, se présentent avec une longue suite Je grands oiseaux galliuacé devenus précieux dans nos basses-cours , tels sout les hoccos , les pauxi et les dindons. Des lagopèdes , des gelinottes pullulent dans la [vartie nord, et nos cailles y sont représentées par les colins, taudis que les mégapodes malaisiens sont remplacés par les tinamous timides , et que les pénélopes rappellent les formes des touracos. C'est eu .Amérique que vivent les singuliers échassiers nommés kamichi, chaia, agamis, hêtiornes , courliri, helias et savacou au bec bizarre; tandis que les rivages sont couverts de vanneaux , pluviers , échoues, hémipalmes, spatule et Jlammans , hérons et tantales, et que les mers soit Pacifique, soit Atlantique, qui les baignent dans une immense étendue, sont peuplées de pélicans au large gosier, de frégates au vol puissant, de rhyncops au bec anomal , de harles, Calques et cérorhynques, de manchots, de sp/ténisques et de gorfous , vrais représentai» des pingoins du Vieux-Monde.

Dans les fleuves du Mexique, de la Louisiane, de la Floride et des étals méridionaux Anglo- Américains, le caïman à museau de brochet , dresse aux animaux les mêmes embûches que le crocodilus acutus à Saint-Domingue et à la Barbade, les caïmans à lunettes et à paupières osseuses , dans les fleuves de la Colombie et des Guyaoes. Six espèces de crotales ou serpent à sonnettes infestent toutes les basses terres soit littorales, soit méditerranées de l'Amérique et de l'archipel Antillien depuis le 45e degré nord jusqu'au Rio de la Plata. D'autres serpens venimeux, des trigonocéphales s'embusquent dans toutes les forêts du Brésil et de trois des petites Antilles, la Martinique, Sainte-Lucie et la Grenade.

De nombreuses couleuvres , des orvets de toutes couleurs, des batraciens, des sauriens de petite taille, font de l'Amérique une des contrées les plus abondantes en reptiles.

Les poissons y présentent ces nombreuses nuances que nous avons rues déjà régner dans les mers d'Asie. Ainsi aux poissons pélagiens et chasseurs des hautes mers se joignent les poissons saxaliles des cotes rocheuses , ceux qui se cachent dans le sable ou dans le limon des embouchures des fleuves; et de même que l'Amérique possède les plus grands courans d'eau douce, de même aussi les poissons des fleuves y abondent et leurs noms fourniraient un trop long catalogue. Les grands squales, les larges raies, les bancs de morues et de gades sout pour les peuples de ces climats et même pour les Européens , l'objet de pêches qui font vivre des populations entières.

Les mollusques terrestres et fluviatiles; les insectes, les zoophjies prouvent dans leur répartition le même luxe que nous avons indiqué pour les animaux des classes supérieures. Ces êtres sont distribués par parallèles , et ceux du nord n'ont rien de commun avec ceux du sud, et ceux des cotes baignées par l'Océan- Atlantique diffèrent complètement de ceux qui vivent dans les eaux de l'Océan.Paoiûque. La portion australe po*sèdc une création neuve, peu connue, très remarquable, et c'est là que pull nient les concho- Upas , naguère si rares et qui dans leur patrie servent à faire de la chaux, les crépidules , les ftssurelles, tant à'holotluiries , à alcyons, de boltenia , de pyurattic., etc. C'est pat millions d'individus que le Brésil et la Guyane nous envoient les insectes si brillans que ces contrées produisent, iusectes devenus, par leur abondance, vulgaires dans les collection*.

GÉOGRAPHIE POLITIQUE

SUPERFICIE. A la page 626, nous avons déjà relevé l'erreur d'après laquelle l'Amérique serait la plus grande de toutes les parties du monde. On a maintenant des mesures bien autrement exactes que celles que firent des savans estimables sur de mauvaises cartes et à une époque où l'on connaissait si imparfaitement cet hémisphère. D'après nos calculs , qui nous ont donné des résultats presque identiques à ceux qu'a obtenus M. le baron de Humboldt, la surface de cette partie du monde, y compris les îles que nous regardons comme ses dépendances géographiques, ne s'élève qu'à 11,146,000 milles carrés.

FOPU1VATIOH. Nous avons vu à la page kl , que la population de

l'Amérique, malgré son immense étendue, ne s'élève qu'à 39 millions. Celte population égale à peine celles réunies de la France et du ci-devant royaume des Pays-Bas. En divisant ce nombre par sa surface, que nous venons d'évaluer à 11,146,000 milles carrées, on aura une population relative de 3.5, c'est-à-dire que chaque mille carré de cette partie du monde n'offre que trois habitans et demi. Sur un espace égal , l'Océanie en a six et demi, l'Afrique sept, tandis que l'Asie en compte trente- deux et l'Europe quatre-vingt-deux.

ETBHJOGH.APHXS. Malgré sa faible population, et l'état encore si imparfait de l'ethnographie, l'Amérique offre encore un plus grand nombre de peuples différons que toutes les autres parties du monde. Dix millions environ d'individus y parlent plus de 438 langues différentes et plus de a ,000 dialectes. Ce phénomène unique sur le globe , quelque incroyable qu'il paraisse, n'en est pas moins vrai. Les faits incontestables recueillis et classés dans X Atlas ethnographique du globe ne laissent plus aucun doute raisonnable sur ce point Le cadre de cet Abrégé ne permet pas de les désigner tous ; d'ailleurs nous n'avons pas même assez d'espace pour décrire, d'une manière suffisante, seulement les familles ethnographiques et les langues qu'on regarde comme absolument indépendantes les unes des autres. Nous nous bornerons donc à classer, d'après leurs idiomes, seulement les principales nations du Nouveau-Monde. Considérés sous ce point de vue, tous les peuples de cette partie du globe offrent deux grandes divisions : peuples américains ou indigènes ; et peuples d'origine étrangère. Ces derniers, quoique divisés en un petit nombre de peuples, offrent néanmoins la plus grande masse de la population de l'Amérique; et, ù l'exception des Nègres, qui presque partout sont esclaves, ces peuples étrangers ont même l'avantage d'être, à quelques exceptions près, les nations dominantes du Nouveau-Monde. Mais Avant d'offrir le tableau ethnographique de l'Amérique , nous devons signaler un autre phénomène unique sur le globe, offert par cette partie du monde; c'est que sa population indigène forme à peine le quart de sa population totale. Voici quelques faits qui viennent à l'appui de notre assertion. En prenant pour base les importans résultats des recherches difficiles auxquelles M. de Humboldt s'est livré pour connaître les rapports numériques des différentes races qui peuplaient le Nouveau-Monde au commencement de 182a, et en y ajoutant les faits nouveaux que nous avons pu recueillir après leur publication, nous trouvons que, pour la 6n de l'année 1826, époque à laquelle s'arrêtent tous nos calculs relatifs à la statistique du globe, les différentes races qui habitent l'Amérique , peuvent être représentées par les nombres suivans :

Blancs Européens on descendans d'Européens établis en Amérique 14,600,000

Indiens ou Américains indigènes. 10,000,000

Nègres ou Africains sans mélange; esclares et libres 7,400,000

Races mélangées de noir, blanc et indien (mulâtres, mestizos, zambos et

mélange des mélanges) 7,000,000

Le tableau ci-dessous offre tous les peuples d'origine étrangère, et les peuples indigènes les plus remarquables. Pour éviter les répétitions, nous avons mis deux devant le nom de tous les peuples qui conservent leur indépendance. Dans cette longue énumération , nous suivrons l'ordre de 1 * Atlas ethnographique du globe , en commençant par l'extrémité méridio-

n.ile de l'Amérique-du-Sud; nous irons ensuite en remontant vers le nord, d'un côté jusqu au Groenland , de l'autre jusqu'au détroit de Bering.

TABLEAU

DE LA CLASSIFICATION IIES PEUPLES DE l'aMÉEIQUE d'aPR às LES LANGUES.

NATIONS INDIGENES. Parmi le grand nombre de nations comprise» dans cette section nous nons bornerons à citer les suivantes :

Les Pécherais on Yacawacds, nation très peu nombreuse, mais qui est remarquable en ce qu'elle est la plus australe de toute Ut terre connue / elle babite l'archipel de Magellan on de la Terre- de-Feu, et, à ce qu'il paraît, même quelques localités le long de la côte occidentale du continent opposé à cet archipel. Les rapports des capitaine* King et Fitxroy , commandans de l'expédition anglaise envoyée dernièrement à 1 exploration des côtes de l'extrémité méridionale de l'Amériquc-du-Sud , ont confirmé les détails donnés par Cook concernant kl vie misérable menée par ces sauvages, dont l'abrutissement ne peut être comparé qu'à celui des naturels des côtes Nord-ouest de l'Australie (Kouvclle- Holbnde); ils se nourrissent de coquillages et s'accroupissent par famille sur la plage, où ils trouvent la plus ample moisson de pétoncles et d'autres mollusques , et changent de place seulement quand elle est épuisée.

♦♦ Tehdelhets, nation assex nombreuse de la Patagonie, subdivisée en plusieurs tribus, qui sous différens noms errent dans les vastes solitudes de cette région depuis le détroit de Magellan jusqu'aux environs dn Rio Camaroncs. Quelques-unes de ses bordes offrent des peuplades de véritables géant ,• ce fait, qu'on a voulu encore dernièrement révoquer en doute, mais que de nouveaux rapports ont confirmé de la manière le plus convaincante, donne une grande importance à cette nation. Il nous semble aussi qne c'est à ces tribus

Îu'il faudrait restreindre la dénomination de Pàtagons donnée par Magellan à un peuple e cette contrée.

La Famille Chiliebjvk comprend plusieurs peuples dont quelques-uns sont assez nombreux ; ils habitent les lia u tes vallées du Chili-Septentrional et colles du Chili-Oriental au-dela des Andes, et s'étendent ensuite dans le Chili-Méridional et dans la Patagonie. Les plus nombreux et les plus remarquables sont : les Aucas ou Molouches proprement dits, nommés Araucans par les Espagnols; ceux qui habitent à l'ouest des Andes forment la puissante confédération des A ruucans . Cette nation belliqueuse, âpre* avoir fait une longue guerre aux Espagnols, vivait en paix avec eux, lorsque à l'époque de la révolution, ayant pris le parti des royalistes , elle tourmenta beaucoup les républicains, dont elle détruisit plusieurs villes : celle de Cooecpcion en conserve encore les traces affreuses. Le territoire de cette confédération , que les géographes appellent Araucanic, s'étend à l'ouest des Andes entre le Biobio, le Valdivia et le Grand-Océan. Il est partagé en quatre gouvernemeos ou tetrarchies; chaque gouvernement est subdivisé en o provinces, qui sont elles-mêmes partagées en neuf regues ou districts. Les quatre utkal mapus ou tétrarcliies sont gouvernées par quatre toquis ou tétrarques , indépendans l'un de l'autre dans l'administration Civile de leurs territoires respectifs; mais néanmoins confédérés pour le bien général de la contrée. Ces quatre chefs ainsi que leurs gouverneurs subordonnés des provinces et des districts respectifs sont héréditaires dans la ligne masculine. Le gouvernement de ce pays offre la plus frappante ressemblance avec l'aristocratie militaire des ducs, des comtes et des marquis du nord de l'Ancien-Continent , quoique son existence soit de beaucoup antérieure à l'arrivée des Espagnols dans cette partie reculée du Nouveau-Monde. Les Araucans passent justement pour être la nation indigène indépendante la plus policée de l'Amérique, et paraissent être le premier peuple de ce Continent, qui, eu se procurant par un heureux hasard de nombreuses et bonnes races de chevaux, s'accoutuma de bonne heure à l'équitation et forma des corps de cavaUers; dès l'année i568 il eut déjà plusieurs escadrons de cavalerie dans son armée. Comme plusieurs autres nations de l'Amérique . il conserve le souvenir d'un grand déluge, auquel il n'échappa que peu de monde. Les Araucans savent déterminer par le moyen de l'ombre les solstices, et leur année offre encore plus d'analogie avec l'année égyptienne que celle des Aztèques. Us divisent le jour naturel comme les Chinois, les Japonais, les Taîtiens et quelques autres nations; et distinguent les planètes des étoiles , et les croient autant de terres habitées comme la nôtre. Malgré l'état imparfait de leurs connaissances géométriques, ils ont dans leur langue des mots pour désigner les différentes espèces de quanlité, comme le point, la ligne, l'angle, le triangle, le cône, la sphère, le cube; ils cultivent avec succès la rhétorique, la poésie et la médecine , autant qu'on peut y réussir sans livres et sans écriture; cbe* eux , comme dans l'ancienne Borne, l'éloquence mène aux honneurs politiques et au maniement des affaires. Leurs arnfibes , qui équivalent à nos empyriques, sont de bons herboristes et connaissent bien le pouls et les autres signes diagnostiques. Depuis très long-temps et

avant l'arrivée de* Espagnols , ils font usage de la saignée, des lavemens, de la sonde, des vomitifs, des purgatifs et des diapborétiques ; et leurs gutarves ou chirurgien» tarent remettre les os à leur place, consolider l«s fractures, traiter les plaies et les ulcères. Ces professions sont regardées comme les états de forgeron, d'orfèvre, de charpentier et de potier, tout imparfaits qu'ils «ont encore parmi ce peuple. Une partie de la nation s'adonne à l'agriculture, l'autre à l'eduratios do bétail. On doit ajouter que cette nation est une des pins nombreuses parmi celles qui conservent encore leur indépendance, quoiqu'elle soit bien loin de compter le cinquième du nombre d'individus que lui assignent les statisticiens allemands les pins célèbres. Après les Aneas viennent les ♦♦ Futa J/utllicht, qui habitent au sud des premiers; ils s'étendent le long de la cote occidentale de la Patagonie jusqu'au détroit de Magellan ; leurs principales tribus portent les noms de Cunehi, Chonos , Poy-yus et Key-yus.

On doit ajouter que les montagnards comprit dans cette famille ont en général une taillé supérieure à cette des Européens le t plut hauts. Montés sur des chevaux, à la manière des Tartares, ils se réunissent subitement, et ils font des marches de deux à trois cents lieues pour piller les pays ennemis.

*♦ Les PuRLCMis, partagés en plusieurs tribus, dont quelques-unes sont appelées Pampas par les Espagnols ; c'est une des nations les plus belliqueuses de l'Amérique-du-Sud ; leur demeure principale est la partie méridiootie de l'état de Buénos-Ayres , entre le hio- Colurado et le fiio-Ncgro. Le fameux Pmclrira , fils d'un Européen et d'une Indienne, a réuni plusieurs tribus de Pampas sous ses >rdres , et s'est rendu redoutable aux habitaos du Rio de la Plats. En 1839 on le vit après nne défaite se porter subitement sur l'établissement de Patagonie et ravager pendant phsieurs mois les campagnes qui l'environnent. Ce fut sons ses ordres que les naturels de h Bahia-Blanca assassinèrent la garnison de la place pour se venger du massacre de pluaeurs Indiens que Lavallc avait fait passer au ni de l'épée. Après la paix avec Buenos- Ayres , il attaqua et ravagea la province de Mendoxa. C'est au nom de Ferdinand VU qu'i a toujours combattu les républicains, et il se glorifie beaucoup de la qualité de colonel, gradé qu'on lui a effectivement donné dans 1 armée espagnole.

La Famille Mocobt-Abypo* à laquelle appartiennent les ♦« Mocoby, nation guerrière et de tris haute taille établie dans le Cbax> ; et les Abipons également de formes athlétiques , mais réduits à un petit nombre pa* leurs guerres contre les premiers.

La Famillb PxKfivfKNivK ou Qcicbua comprend: les Péruviens, qui forment la masse

{irincipale de la population dans la répihlique du Pérou, dans celte de Bolivia et daus es départemens méridionaux de celle dr Colombie. Quoique les Péruviens ignorassent comme tous les autres peuples du Nouveau-Monde l'art admirable de l'écriture alphaliétique, et qne leurs quippos et leur* peintures symboliques fussent inférieurs au système graphique des Mexicains, ils n'ai étaient pas moins la nation la plus policée de t Amérique -Mwtionale, lors de Ta rrivéj des Espagnols, comme l'attestent leurs institutions politiques et religieuses, leurs bâimens, leurs forteresses et la magnificence de leurs temples , leurs routes superbes de quatre à cinq cents lieues sur le dos même des Cordillères, leurs canaux d'irrigation, liurs ponts, leurs vases et autres ustensiles d'or, leurs habillemcns , leurs armes et leurs ernemens. Les Aymaras ou Aymar es compris dans tette famille sont aussi très nombreux et subdivisés en plusieurs peuplades; ils demeurait dans le diocèse de La Paz et dans une partie de celui de La Plata ou Chiquisaca , dani la république de Bolivia. Les Chiquitos, nation nombreuse, qn: erre dans la vaste région à laquelle elle donne son nom, et appartenant à la répobliqse de Bolivia; une grande partie des Chiquitos a déjà embrassé le christianisme et dépend de cet état. *♦ Les Car apttchos, qui vivent dans la «'-publique du Pérou le long du Pachitea affluent

gauche de l'Ucayali; ils sont anthropophages. La Famim.b Guarani qui comprend quatre nations principales , subdivisées en un grand nombre de tribus et de peuplades répaidues sur tout le Brésil et sur la plus grande partie de la ci*devant Amérique- Espagnole du Sud. Nous nous bornerons à citer : les Guaranis proprement dits le long du Paraia , de lTIraguay et de Plbicuy. Convertis par les jésuites vers le milieu du xvmc siècle, les Guarani offrirent le phénomène de co gouvernement théocratique , si extraordinaire dans sa puissante organisation; les Sept-Missions dans la province de San-Pedro dais l'empire du Brésil, et le district des Missions à la droite du Parana dans le dircctorat du Paraguay , sont tout ce qui reste du prétendu empire du Paraguay, dont la capitale «tait Candelaria , que les géographes continuent à marquer sur les cartes et à décrire , quoique depuis plusieurs années elle ait cessé d'exister. Nous citerons aussi les Brésiliens, répandus jadis sous différentes dénominations sur tout le Brésil , et réduits actuellcrotnt à un petit nombre de tribus. Les Omagtias , aujourd'hui peu nombreux et vivant le long de l'Aroanonc et du Yapora ; ce peuple a joue

nu grand r6le daas l'histoire de ce» régions inculte»; on pourrait les appeler les Phéniciens du Nouveau-Monde, à cause de leur habileté à narigner sur l' Amazone et ses principaux affluens , ainsi que par l'esprit entreprenant qui les a rendus pendant long-temps les maîtres de la navigation d'une immense partie de l' Amérique-Méridionale.

♦♦ Les Bot ECU dos ou Ekukrecmouwo , connus jadis sous les noms d'Ajrmores on Ambcurtt; ces terribles anthropophages occupent l'espace parallèle à la côte du Brésil comprise entre le Rio Pardo et le Rio Docc; leurs habilitions principales se trouvent le long de ce dernier fleuve et du Rio Belmonte dans les prorinces d'Espiritu-Santo et de Bahia.

♦♦ Les Mnirnaucus, nation très belliqueuse et féroce, la plus nombreuse et la plus puissante de la province du Para ; elle demeure eutre le Xingu et le Tapayos, et depuis quelques années presque toutes ses tribus sont amies et alliées des Portugais.

La Famille Payacua-Gcaycomjs, qui comprend cinq nations principales, dont nous citerons les deux plus remarquables : les Pajragua, qui demeurent dans les environs de l'Assomption dans le Paraguay; et les ♦♦ Guaycurus, qui occupent les deux rives du haut Paraguay ; ils rivent du produit de la chasse, de la pèche et de leurs nombreux troupeaux de bœufs; leurs chefs forment une espèce de confédération aristocratique, et sont divisés en trois castes: les nobles, les soldats et les escUves. Depuis 1791 ils vivent en paix avec les Portugais, et depuis 1796 avec les Espignols; ou les appelle aussi Cavatteiros , parce qu'ils font toujours leurs expéditions militaires à cheval, ce qui les rend formidables à toutes les nations environnantes. Les Pajafua étaient autrefois nombreux et les maître» de la navigation du Paraguay , et accompagnaient les Guaycurus dans leurs expéditions. I-a tadle des hommes ches ces deux peuple» est très haute, et il n'est pas rare d'y trouver des individus qui out plus de 6 pieds.

Les Gcahas , nation nombreuse répandue dans le Cbaco, dans la partie méridionale de Matto-Grosso , et dans le Paraguay; la plu grande partie est déjà devenue agricole. Les Bororos , nation nombreuse de la pronnee de Matto-Grosso.

La Famille Caribe-Tamakaqub , qui comprend plusieurs nations, dont les principales sont : les Caribes, Caraïbes 00 Canna , natbn très nombreuse, jadis maltresse de tonte* les Petites-Antilles et d'une immense étendue du continent; on les retrouve encore dans les département du Maturin et de l'Orénoquc dans la Colombie et dans les Guyanes Anglaise , Hollandaise et Française. Les Cari les ont joué un grand rôle par leur audace . par leurs entreprises guerrières et par leur tetivité commerciale qui leur mérita l'épithète de Boukhares du Nouveau-Monde; leurs principales habitations sont encore le long de l'Orénoque. M. de Humboldt remarque que ces siurages sont peut-être, après les Patagons, les hommes les plus robustes et les plus grands du globe,- ils faisaient autrefois la traite de» esclaves , et quoique très féroces et très crueb dans leurs incursions , ils n'ont jamais été anthropophages comme leurs frères qui babiaient les Petites- Antilles , chea lesquels cet horrible usage était tellement commun qu'il t rendu synonyme les mots cannibale , earibe et anthropophage. Le besoin de supputer les objets de leur petit commerce . dit M. de Humboldt, et de se transmettre des nouvcles, avait porté ce peuple à perfectionner l'usage des quippos qu'on retrouve aussi au lérou , dans les plaines de la Guyane , chez les Tlascaltequca et au Canada , en Amérique, lans l' Asie-Centrale , en Chine et dans l'Inde. Comme chapelets, continue ce savaut, les qrippos sont devenus des objets de dévotion entre les mains des chrétiens d'Occident ; comne suampan , ils ont servi aux opérations de l'arithmétique palpable ou manuelle des Cbinoa, des Ta r tares et des Russe*. Nous nommerons ensuite les Tamanaques , jadis très puissms et réduits aujourd'hui à un petit nombre d'individus; iU vivent sur la rive droite de l'Oénoque, au sud-est de la mission d'Encanmuda, dans la Colombie. Les intéressantes traditions de ce peuple sont répandue* sur toute l'immense mésopotamie formée par l'Anasone et l'Orénoque; c'est à elles que *e rapportent sans doute les figures symbolique sculptées sur les roches, et relatives à la croyance d'Amalivaca, qui est le personuage nytltologique de l'Amérique barbare équinoxiale. ♦♦Les Guaraunos, errant dans le delà de l'Orénoque, où ils favorisent le commerce clandestin , dont l'Ile de la Trinité est li centre ; cette nation n'est composée pour ainsi dire que de matelots, et vit ou sur des a*brcs ou dans des bateaux; elle est d'une grande importance politique, puisqu'elle pourrait faciliter toute expédition mUitaire qui voudrait remonter l'Orénoque pour attaquer la Guyane Colombienne. Nous citerons aussi les Chaymas et les Cumanagottes , nations nombreuses établies dans le département du Maturin ; et les Arawaques , dans le même département et sur les rives du Bcrbice et du Surinam dans les Guyanes Anglaise et Hollandaise.

♦♦ Les Otsmpis, nation belliqueuse et à demi nomade , maintenant la plus nombreuse de la Guyane Française, où elle rit le long du hautOyapock

♦♦ Les Gcajiiva ou Guagivos , nation uorabreute , nomade , sale et féroce; elle erre le long du bas Meta, depuis les embouchures du Pauto et du Casanare jusqu'à son confluent avec rOrcuoquc. Les Guahiva infestent tout ce vaste espace à plus de iSo nulles de distance

des bords du Meta, et sont la terreur des établisseuiens colombiens des environs aux métairies desquels ils volent beaucoup de bête» à cornes.

Les Ottomaq,oxs, nation misérable, féroce, sale et des pins abruties, établie le long de l'Orénoque, entre les embouchures de ses deux affluena le Sinaruco et l'Apure, surtout dans la mission d'Uruana. Ce peuple présente le pliénomèue physiologique de manger tous les jours, pendant plusieurs mois, des quantités très considérables de terre sans que sa santé eu soit altérée; pendant l'époque de» inondations cette substance forme même sa nourriture principale ; il en est si friaud , qse dans la saison de la sécheresse , lorsque la pèche est la plut abondante , les Ottoroaque* râpent , dit M. de Uumboldt , leurs boulettes de poya et mêlent un peu d'argile à leurs a!imens.

♦ ♦ Les MAurriviTAiios, nation belliqueuse, ftrocc, alliée des Portugais, et établie sur les bords du Rio Ncgro. Vers la moitié du xvnie siècle, sous leur chef Comy, les Manitivitanos partageaient arec les Marepizanos k prépondérance politique sur le Rio Negro, et étaient les rivaux des Guaypunabis sur le saut Orénoque. Ces anthropophages pénétraient de temps en temps au nord des grandes cataractes de l'Orénoque pour y faire la chaste aux hommes , comme c'était jadis l'usage de> Caribes , pour fournir des esclaves aux Hollandais et aux Portugais.

Les Markimeaitos, voisins des Manitivitanos.

4* Les Mahaos, nation de la province dn Para , encore nombreuse et guerrière , quoique beaucoup moins qu'autrefois , lorsqu'elle état maitresse de tout le cours du Urarira, affluent droit du Rio Negro , et qu'elle s'étendait jasqu'au Rio Chiuara ; une grande partie a déjà embrassé le christianisme et vit mêlée à d'eutres peuples le long du Rio Negro a Lamalonga , Tbomar , etc. , etc. Les Ma naos sont remarquables par le rôle important qu'ils jouent dans le mythe du Dorado des Omaruas, et parce que leurs croyances religieuses offrent au milieu des plaines de l'Amérique dans leur Mauarr ou Y auteur du bien , et leur Sarauhà ou l'auteur du mal, le dualism* des anciens Scandinaves et d'autres peuples de notre hémisphère, ce qui a fait dire à des voyageurs et à quelques mauvais théologiens que ces peuples adoraient le diable.

La Famille Saliva , qui comprend plusieurs peuples , dont les principaux sont : les Salivi ou Salivas, nation agricole, jadis puissante, et aujourd'hui beaucoup déchue, quoique encore assez nombreuse; on les retrouve encore à Carie ha ou dans les missions de l'Orénoque et à Cabapuna , Guanapalo , etc., etc., dans celles de la province de Casanare. Les Salivi ont beaucoup de goût pour la musique ; ils se servent depuis les temps les plus reculés de trompettes de terre cuite , qui ont 4 à 5 pieds de long et plusieurs rentiemens en forme de boules , communiquant les uns avec les autres par des tuyaux étroits. Ces trompettes donnent des sons extrêmement lugubres. Les jésuites ayant cultivé ce goût naturel des Salivas, ce peuple est devenu renommé dans toute la région qu'arrose l'Orénoque par son habileté dans la musique instrumentale. Les Macos, dits Pianos par les Espagnols, nation nombreuse, agricole et de mœurs douces; elle demeure le long du lia ut Orénoque et de ses principaux affluens supérieurs.

La Famille Cavers-Maypure, dont les principales nations sont : les Caveres ou Cabres, jadis nombreux, puissans, guerriers et anthropophages; maintenant réduits à un petit nombre d'individus établis dans les missions de l'Orénoque à côté d'autres peuples ; ils furent assez, forts pour disputer aux Caribes la prépondérance politique sur le bas Orénoque. Les Guaypunabis , établis le long du liant Orénoque. Quoique les plus policés de tous les peuples qui demeurent sur la partie supérieure de ce fleuve , les Guaypunabis sont incontestablement anthropophages. Après avoir arrêté les progrès des armes des Caribes dans ces régions , ils firent une guerre à mort aux Manitivitanos leurs rivaux sur le Rio Negro ou Guaynia. Les Guaypunabis commandés par Macapu et par son successeur Cuseru, exercèrent vers le milieu du xvme siècle la suprématie politique sur toutes les peuplades dn baut Orénoque. Les Majrpures, nation dn haut Orénoque , jadis nombreuse et puissante et maintenant réduite a un très petit nombre d'individus. Les Mvxos (Moisi ; Moha) , nation nombreuse qui occupe une grande partie de la vaste province des Moxos dans la république de Bolivia; une assez grande partie vit soumise dans les missions.

Les GoAHtiios; ils occupent la partie nord-ouest de la péninsule formée par le golfe de Maracaybo et la mer des Antilles; ils étaient, il n'y a pas long-temps , en état de guerre arec les Espagnols , et ils entretiennent des relations commerciales avec les Anglais tic la Jamaïque. Cuis aux Mptilones, qui possèdent les terres baignées par le Mutrachic* et le Saint-Faustin jusqu'à la vallée de Cucuta, les Goahiros interceptent souvent les communications sur les routes des montagnes et font de terribles incursious dans les plaines. Plusieurs de ces sauvages parlent déjà l'anglais outre leur langue, et tiennent sons leur dépendance les Coctif as , autre peuple barbare qui occupe lu côte orieuiale de la même péninsule.

ARRÉGÉ DE GÉOGRAPHIE.

♦♦Les Cobacunas, nation belliqueuse, dont on a beaucoup trop exagéré le nombre; elle occupe la partie orientale de l'isthme de Panama dan» la Colombie. Les Cunacnnas vivaient en guerre contre les Espagnols, et faisaient des excursions jusqu'à Panama, attaquant même sur mer les barques chargées de vivres; maintenant ils soot en paix avec les Coloo biens, et ils entretiennent des relations commerciales avec les Anglais; mais ils pillent souvent les ♦♦Caymabs ou Obabab, qui habitent sur la côte orientale du golfe de Darien.

♦♦ Les Matnas ou Maibas, nation nombreuse et guerrière, établie le long du Horona et de la basse Pastaaa dan» le pays auquel ils donnent le nom; une partie déjà vit soumise dans les missions.

♦♦Les Chaboueses, nation nombreuse, guerrière et extrêmement cruelle, établie dans l'extrémité orientale de l'état de Costa-Rica sans la confédération de l' Amérique-Centrale, où elle est la terreur de toutes les nations voisines.

♦♦ Les Taux as (Towkas dits aussi Xicaques) , su sud ; les ♦♦ Moscos (Mosquitos), an milieu, et les ♦♦ Pot aïs, au nord-ouest, sont le» trois peuples principaux établis dans la partie du Honduras qui formait le ci-devant distr.ct de Taguxgalpa. C'est sur le territoire de ces peuples et sur celui des Zambos, beaucoup moins nombreux que les précédens, que le général M. Gregor, après s'être emparé ?n 18(9 de l'ile Roatan, et s'être fait céder par George Frédéric , chef des Poyais , la plus grande portion du territoire sur lequel ce dernier étendait ses courses de chasse , projeta de fonder un royaume des Poyais. Il en prit le titre, il y amena des colons; mais ces derniers ayant été mal reçus, le gouvernement Colombien ayant même protesté en i8a5 contre l'occupation de toute partie du territoire en question, et aucun des gouvernemens européens n'ayant voulu le reconnaître , M. Gregor fut obligé de renoncer à son projet, et le royaume des Poyais, et la Nouvelle- Neustrie , dénomination qu'il avait imposée plus tard à ce pays pendant son séjour à Paris . ne figurent plus sur les cartes que comme nue curiosité géographique ; malheureusement V emprunt royal Poyais , contracté par M. Gregor fera sentir long-temps ses funestes effets aux trop faciles spéculateurs qui avancèrent leurs capitaux pour la fondation de cet état.

♦♦ Les Chols ou Cboi.es, nation assex nombreuse ; elle habite sur les confins da Yucatan et de l'état de Vera-Pax.

♦♦ Les Lacabdobes, nation assez nombreuse dn Yucatau , où elle habite sur les bords du Rio de la Passion; elle possède nn grand nombre de canots.

La Famille Maya-Quiche, dont les principales nations actuellement existantes sont : les Mayas ou Yucatans , qui forment la graade masse de la population de l'état de Yucatan et d'une partie de celui de Tabasoo dans la confédération Mexicaine ; leurs ancêtres étaient presque aussi avancés dans la civilisation que les Mexicains. Les Marnes (Pocomatm; . nation nombreuse , de l'état de Guatemala et d'une petite partie de celui de San-Salvador; le territoire de leurs ancêtres formait nu des plus puissans états du Goetemab. Les Quiches (Riches), nation nombreuse de l'état de Guatemala; ses ancêtres étaient le peuple dominant du royaume de Quiche, Yetatle plus puissant et le plus civilisé de tout le Guatemala. Les Kachiqueles , nation peu nombreuse de l'état de Guatemala ; ses ancêtres étaient le peuple dominant du puissant royaume de Guatemala proprement dit, dont la capitale était la grande et forte ville de Patinamit ou deTecpanguatemala. Les hachis, nation nombreuse de l'état de Guatemala.

Les Chafahkqdxs, établis dans l'état de Chiapa. Lors de l'arrivée des Espagnols les Chapanèques formaient une puissante république , qui avait soumis par la force des armes les Zoques , les Tzendales et les Quelenes , peuples qui leur étaient inférieurs en ciTihsation et en industrie. Leurs traditions parlent d'un Vodan , petit-fils d'un illustre vieillard , qui , lors de la grande inondation dans laquelle périt la majeure partie dn genre humain , fut sauvé sur un radeau , lui et sa famille. Vodan coopéra à la construction d'nn grand édifice que tes hommes entreprirent pour atteindre les cieux. L'exécution de ce projet téméraire fut interrompue. Chaque famille reçut dès-lors une langue différente, et le grand esprit Teotl ordonna à Yodan d'aller peupler le pays d'Anahuac. « Cette tradition américaine , dit le savant auteur des Vues des Cordillères , rappelle le Menou des Hindoux , le Noé des Hébreux et la dispersion des Couchitea de Singar. En la comparant, soit aux traditions hébraïques et indiennes conservées dans la Genèse et dans deux pouranas sacrés, soit à la fable de Xelbua le Cholulain et à d'autres traditions américaines, il est impossible de ne pas être frappé de l'analogie qui existe eutre les souvenirs antiques des peuples de l'Asie et de ceux du Nouveau-Monde. »

Les MiXTiQuas, nation nombreuse de l'état d'Oaxaca, dans la confédération Mexicaine.

Les Zapotkqvks, nation nombreuse de l'état d'Oaxaca; ses ancêtres se distinguaient des autres Américains par leurs progrès dans la civilisation , même avant d'avoir été soumis aux Mexicains. M. de Hnmboldt leur attribue la construction du fameux palais deMitb»: l'architecture de ce palais , l'élégance des grecques dout ses murs sont ornés , et surtout le bas-relief trouvé vers la fin du xvitir siècle près de la ville d'Oaxaca, prouvent que

la civilisation des Zapotèqucs était sous ce rapport supérieure à celles des habitai» de la vallée de Mexico.

Les Totokaqoks, nation répandue dans nne grande partie de l'état de Vera-Crat et dans le district de Zacatlao dans celai de Puebla ; ses ancêtres avaient adopté la mythologie et les cruels sacrifices des Aztèques; c'est sur leur territoire que se trouve l'importante place de Vera-Crux et qu'était située celle de CempoaUan, où Cortès débarqua pour aller faire la conquête du Meiique.

La Famille Mexicains, a laquelle appartiennent plusieurs nations dont les principales sont les suivantes : les Mexicain* ou Aztèques , nation la plus répandue de la ci-devant Amérique Espagnole du Nord, puisque le territoire qu'elle occupe, quoique interrompu par ceux d'autres nations, s'étend depuis le 37e parallèle jusqu'aux environs du lac de Nicaragua. La division de l'année plus exacte que celle des Grecs et des Romains; une écriture idéographique, le papier de pita, la manière de travailler des blocs immenses de pierre, les cartes géographiques de leur pays et de ceux que leurs ancêtres avaient parcourus ; leurs villes , leurs chemins , leurs digues , leurs canaux ; leurs immenses pyramides , très exactement orientées , leurs institutions civiles , militaires et religieuses , tout donne aux peuples de cette Camille le droit d'être considérés comme les plus policés que les Européens aient trouvés dans tout le Nouveau-Monde. Leurs monumens après être resté» presque dans l'oubli depuis l'époque de la conquête du Mexique jusqu'à la publication du mémorable voyage de M. le baron de Hamboldt, qui en a signalé l'importance, viennent d'attirer de nouveau l'attention des savans de l'Europe et de l'Amérique , et un illustre et savant amateur anglais, lord Kingsboroogh, a eu la noble idée de les décrire tous dans un ouvrage, dont ta magnificence ne le cède qu'au beau travail de la Commission d'Egypte. Ceux de nos lecteur» qui voudraient connaître l'ensemble de ces intéressons débris peuvent consulter l'article de la famille Mexicaine dans V Atlas ethnographique du Globe. Ici noua nous bornerons à dire que les lieux où l'on trouve encore des cfxÙces mexicam ou peintures hiéroglyphiques des Mexicain», sont : Mexico, dans la collection de l'université , et dans celle de don Jose-Antooio Pichardo ; Paris , Berlin et Dresde, dans les bibliothèques royales; Vienne, dans la bibliothèque Impériale; Rome, dans le mutée Borgia; llolognc, dans la bibliothèque de l'Institut; Oxford, dans la bibliothèque Uodlcyenne. On doit aussi nommer les collections particulières de MM. Bculloch , à Londres, de Franc et Baradère, à Paris. Ifous ne savons pas entre quelles mains est passée la belle collection que nous avons vue a Paris chez notre estimable ami M. Latuur- Allard; elle comptait quelques manuscrits mexicains parmi ses objets les plus précieux.

Les Toùèques , auxquels ou attribue la construction des pyramides de Teotihuacan et autres anciens monumeas, ont depuis long-temps disparu; on les regarde rommela souche principale de cette famille, à laquelle appartiennent aussi les Mecos et les PipiU ou Pipiles. Les Mecos errent dans les vastes solitudes de l'état de Durango , oà ils inquiètent les paisibles uabitans et les forcent à ne voyager que bien armés; ce sont, selon M. de Hum* boldt, les desceuduus des fameux Chichimèques. Les Pipils descendent d'une colonie de Mexicains; ils vivent dans l'état de San-Salvador aux environs de Sonsonate, de San-Salvador et de San«Miguel dans la confédération de l'Amérique-Centrale.

Les Ornons (Othomites), nation nombreuse répandue dans nue partie des diocèses de Mexico, de la Puebla, de Mechoacan et de Guadalaxara.

Les Taxasquis, nation nombreuse de l'état de Mechoacan; c'était la nation dominante du puissant royaume de ce nom , qui avait pour capitale Txintxontzan ; les Tarasques se distinguaient et se distinguent encore par la douceur de leurs mœurs et par leur industrie dans les arts mécaniques. On prétend qu'ils excellaient dans la sculpture; mais leurs mosaïques en plumes, dit M. Bcltrami, prouvent qu'ils possédaient mieux la peinture; ce talent s'est conservé parmi les Tarasques, puisqu'ils font encore de ces tableaux extraordinaires. Il est étonnant, dit ce voyageur, qu'on puisse si bien combiner de milliers de petites plumes, dont quelques-unes ne sont pas de la largeur d'une tête d'épingle, et en former une draperie, une chevelure, des nuages et des nuances, le ciel et la terre, un paysage ,de» fleurs, etc., etc., le tout d'un ouvrage parfait, et certes des plus délicats. Ces plumes sont collées, plaquées sur du fer-blanc, que leur apportèrent les Espagnols, et qui leur était auparavant inconnu. Avant la conquête ils collaient les plumes sur des. feuilles de maguey.

La Famillk Tabahumara, à laquelle appartiennent les Tarahumara , nation nombreuse, qui vit dans les missions de Tarahumara dans le diocèse de Dorango; elle s'étend dans une partie des vallées de la Sierra- Madré depuis le a*," jusqu'au-delà du 3o* parallèle.

Les Yaquc (Jakis) , nation nombreuse de la Sonora , dans l'état de Sooora-et-Cinaloa ; elle demeure le long du Yaqui ou Hiaqui. En i8»5 ces Indiens paisibles, mécontens du gouvernement mexicain , se révoltèrent et prirent pour chef un des leurs, auquel ils déférèrent le titre d'empereur. Ce risible monarque se nommait Juan primera de la Bandera (Jean 1"

du pavillon). La suite de cette insurrection fat le massacre des Blancs et le ravage de tonte la contrée. Soumis par les Mexicains, ils se sont de nouveau révoltés en i8a8, et ont fait un appel aux autres peuples, sans cependant trouver d'auxiliaires.

♦♦ Les Moqui , nation paisible, agricole, vêtue et assez avancée dans la civilisation; ses principales demeures sont le long des rives septentrionales du Yaqnesila.

♦♦ Les Apachxs (Aparbés), nation nombreuse , partagée en plusieurs tribus répandues depuis l'état de Sau-Luiz-de-Potosi jusqu'à l'extrémité septentrionale du golfe de Californie. A l'exception de quelques tribus fixées au sol, qui réunissent leurs cabanes en villages et qui cultirent le mils , tons les Apaches sont nomades; il» sont ennemis des Ietans et plus encore des Espagnols; ils tiennent ces derniers dans un état perpétuel d'alarmes par leurs attaques aussi terribles que fréquentes; la plupart de leurs guerriers sont montés sur des chevaux et armés de longues lances- Selon M. de Moriueau les Apacbes se réunissent en bourgades de a à 3,ooo âmes. Il en part souvent des guerriers qui , rassemblés sons un chef électif et temporaire, vout à de fort grandes distances ravager les récoltes et incen» «lier les habita os. Ils massacrent tout, à l'exception de quelques femmes et des troupeaux qu'ils emmènent avec eux. Ils sont très rusés pour surpendre leurs ennemis; quelquefois, dit ce marin, déguisés sous des peaux de bêtes sauvages , ils vont s'offrir aux chasseurs, qui deviennent ainsi leurs victimes.

La Famille PAHis-AaaAPABoas, qui comprend plusieurs nations; nous ne nommerons qne le» principales, savoir : les Panis (Pawnis) , nation guerrière et assez nombreuse , vivant dans trois gros villages bâtis sur les rives du Loup, affluent gauche de la Platte.Les Panis vivent en état de guerre avec les Sioux, les Osages, les Konxas, les Corneilles et la confédération présidée par Bear s tooth (dent d'ours). Une de ses plus pnissautes tribus , celle des Skejr (Loup-Panis) vient d'abolir le sacrifice humain qu'elle faisait une foi» par an à Vénus ou à la grande étoile, immédiatement avant de commencer les travaux champêtre, afin d'obtenir une riche moisson. La victime était un prisonuier de guerre, mile on femelle, offert par un des membres de la tribu; on l'habillait aussi richement qne l'état social de ce peuple le comportait; on la traitait avec les plus grands égards, et le» prêtres, qui l'accompagnaient toujours, prévenaient tons ses désirs en lui cachant soigneusement le principal motif de leurs cruel» soins; ils tâchaient même de le faire engraisser, en lui fournissant une nourriture aussi abondante que choisie, s'imaginant par-là rendre le sacrifice plus agréable à leur dieu cruel.

♦♦ Les Arrapaltoes (Arrapahays), nation nombreuse qui erre le long de la Platte, entre les Panis et lés Canenavriscb. Depuis quelques années Bear' s tooth a su par sa politique et par ta bravoure réunir à sa nation tes Kaskaias , les Kiawajrs et les Ietans qui appartiennent à cette famille, ainsi qne les BalaUheads (Têtes-Chauves) et une partie des Shiennt*. Ces peuples belliqueux, nomades et excellent cavaliers , forment une confédération formidable non-seulement aux indigènes, mais qui inquiète aussi beaucoup les Espagnols, surtout ceux qui sont établis le long des frontières orientale et septentrionale des Etats-Unis Mexicains. Ces sauvages les ont battus dernièrement sur les bords du Rio-Colorado.

♦♦Les Ietans (Teutans; Tctans), nation nomade, puissante et encore assez nombreuse; nommée Camanches (Comanches) par les Espagnols, et Va duc a s par les Panis et les Osages. Ces nomades errent dans les vastes contrées comprises entre les sources du Missouri, l'Arkansas supérieur, les fleuves de la Trinité, Braces (Brassos deDios), Colorado (Oriental) et Rio del Norte, et les montagnes counues sons les noms de Sierra Madré et Sierra dos Mimbres. Ils poussent quelquefois leurs incursions jusqu'à San-Antonio et même jusqu'à Chihuahua; ces sauvages, du même que les Patagons, les Guaycums, le» Apacbes et plusieurs autres nations de l'Amérique, ont appris à dompter le cheval ; moutés sur ces animaux ilsparcoment avec une grande rapidité des espaces immenses, portant la désolation et la mort dans les établissemens espagnols, dont ils forcent le» habitans a ne voyager que bien armés et en caravanes.

La Famille Colombieuhb comprend un grand nombre dépeuples indépenclans , répaudus dans le grand bassin du Colombia et dans l'extrémité supérieure du bassin du Missouri ; le* peuplades principales sont : les Tuchepaous (Tushepaws), qui demeurent près des sources du Missouri et du Colombia et s'étendent même plus bas qne ce dernier fleuve. ♦♦ Les Muitnomah, dont la tribu principale vit dans l'Ile Wappatoo , située an confluent de laMnltnomah avec le Colombia ; les Chahala (Shahala) , dont la tribu principale réside à la droite du Colombia au-dessous du confluent du Canoë; les Serpent (Snake) nommés aussi Aliiatan et Shoshonees ; ils errent le long des afflucus méridionaux du Colombia, sortoat le long du Levris et du Mulluoinah. On peut dire en général qne la plupart des peuples compris dans cette famille ont des mœurs douces , habitent dans de vastes cabanes asses bien construites, et vivent presque exclusivement de poissons et de racines. Presque tous ont Vusage d* aplatir extraordinairement la tête de leurs en/ans, ce qui leur a valu la d< • nomination générale de Têtes-Plates (Flat-f/ead des Anglais). Les ChochouU (Shoaho-

nées) , les Tchopounniek (Chopunisli) , 1rs M Soknlks , 1rs Eckrtvuls (Escheloots) , le* ♦ ♦ Enichurt (Eneeshurs) et les Ckilluckitiequaws , sont bons cavaliers, et les trois premiers possèdent même un grand nombre de chevaux. La Famille Sioux-Osagxs à laquelle appartiennent un grand nombre de peuples, tous indèpendans, et dont les principaux sont : les Sioux ou Dacoias , dits aussi Otchcnti- Chakang, Nareotah et Nadowessxet ,- c'est la nation indigène la plus puissante et la plu» nombreuse de toutes celles qui rivent encore indépendante* dan* rAmcrique-Scptentrionale. Elle est divisée en un grand nombre de peuples | dont les Dacoitu et les Assinilxniu sont les plus puissans. Les Dacotas proprement dits occupent le vaste espace dans le territoire de la confédération Anglo-Américaine qui s'étend le long du Missouri moyen, du Saint-Pierre, du haut Misstssipi et du haut FleuveiRouge(Red-River), du lac Winnipeg, ainsi que le long de leurs affiuen* depuis le 4?" jusqu'au 49* parallèle; ils sont subdivisés en plusieurs tribus et forment une grande confédération. Les Atsiniboins , nommés Hoka (les Réroltés) par les Dacotas, dits aussi Stone-Sioux et Atsinepotuc , vivent allie» de* Cliippcway* au nord des Dacotas et à l'ouest du lac Winnipeg , au nord du Pcmbina et le long des fleuves Assiniboin , Saskatchawan et Monte. Ils sont en guerre avec les Pieds-Noirs ( ItlA-Fcct) ei poussent leurs excursions jusqu'aux montagnes Miaaouri-Colomhirnne*. Les Sioux eurent eux aussi leur Hélène , qui ne fut pas moins funeste aux Dacotas et aux Assiniboin* que la femme de Ménélas ne le fut aux Grecs et aux Troyens. Ocalapaila , femme de Wihanoaappa, fut enlevée par Ohatam-pà ; celui-ci rua son mari et deux de ses frères qui avaient été la redemander. La discorde et se* réactions se mirent entre ce» deux familles, lés plus puissantes de la nation. Lea parens, les amis, les partisans des deux cotés, prirent fait et caoae; des vengeance» armèrent d'autres vengeances et toute la nation fut entraînée dan» une guerre civile et cruelle , qni finit par la diviser en deux factions , sous le n« m de Aekintbotna , celle qui s'était raugée du côté de la famille de l'offenseur , et de Siawaè , celle qui tenait le parti de l'offensé. C'est ainsi que les Sioux se partagèrent en deux peuples rivaux, les Dacotas ou Sioux proprement dits , et les Atsiniboins. Depuis cet événement . que leurs traditions placent ao commencement du xvnr siècle de l'ère vulgaire, ces deux peuples se sont fait une guerre à mort jusqu'à nos jours ; il paraît cependant qu'ils veulent se réunir ; c'est au moins ce que rapportent les derniers renseignemens qui nous sont parvenus sur cette nation. Tous les Sioux forment une confédération, mais leurs tribus sont indépendantes les unes des autres. Chacune fait la guerre comme il lui plaît , et délibère de son côté sur ses affaires. Elles se réunissent toutes en conseil général, lors seulement qu'il s'agit de statuer sur quelque chose qui intéresse la nation entière. Dans ce cas chaque tribu envoie un député qui la représente, dans le bois où ils sont convenus de s'assembler. Si la résolution du conseil est de quelque importance et mérite d'être conservée, ils gravent sur un tronc d'arbre, avec un couteau ou une hache, des hiéroglypli, , relatifs au sujet de leurs délibérations, et chaque député y met le tabellionat ou blason de sa tribu. Les Sioux commencent leur année à l'équinoxe du printemps, routine les Romains du temps de Romulu» , tandis que leurs voisins, les Chippeways, commencent la leur au solstice d'été, comme l'ont fait autrefois les Grec». Ce peuple, aiusi que beaucoup d'autres sauvages de l'Amérique, ne connaît point de semaines , et, comme les Anglo-Saxons et autres peuples de l'Ancien et du Nouveau-Monde, il ne compte les jours que par sommeils ou nuits.

♦ ♦ Les Omawkaw ou Maha , dont la résidence principale est actuellement un gros village bâti sur l'EIk-Horn , affluent droit du Flatte. Cette nation est subdivisée en plusieurs tribus. Les Maha ont des noms particuliers pour désigner l'étoile polaire et Vénus, et même pour la grande Ourse, les Pleyadc», la ceinture de l'Orion et la Voie-lactée; selon les relations modernes il parait qu'ils construisent des lumuli semblables à ceux qu'on attribue aux Al hghewis. Les Mandants, nation peu nombreuse, paisible et amie des Blancs; ils habitent les bords du haut Missouri dans deux villages. Ce peuple est très remarquable par la singularité de sa croyance religieuse et par la grande blancheur de ses individus ; M. Gailatin observe à cette occasion que c'est peut-être la seule race américaine qui ait pu donner lieu au récit , souvent répété et jamais prouvé, des ffelsk- Indians , qui a fourni à Sonthey le sujet de son poème sur cette émigration vraie on supposée, que les Anglais prétendent avoir en lien vers la fin dn xii* siècle. Les Ouaouasach fWawsash), généralement connus sous le nom d* Osages , nation brave et belliqueuse; elle vit dans de gros villages et fait une guerre implacable aux sauvages occidentaux ; elle est cependant amie des Kon/.is et des Sakis. Les Osages sont actuellement en grande partie agriculteurs et demeurent dans le district qui porte leur nom et dans l'état du Missouri. Ils sont divisés en trois branches principales. Plusieurs ont déjà embrassé le christianisme et ont lait des progrès, dans la civilisation; avant leurs relations avec les Européens, les Osages avaient à-peuprèa lea connaissances astronomiques que nous avons signalées rbex lea Maha; il* do croyaient point aux sorciers , mai» cependant , comme la plupart des autres sauvage* , iU

ajoutaient foi aax songes, iU observaient les présages, portaient des amulettes et s'abandounaieut a uuu foule de pratiques superstitieuses.

La Famille Mobilx-Natcuxx on Flokiimchvk comprend six nations principales et indépendantes, subtUvisée chacune en ploaieura tribns; ces nations sont : la ♦♦ JVatcàex , aujourd'hui presque éteinte, mais autrefois très puissante; ses restes vivent disperses parmi les Criks (Creeka), les Tchikkasah (Ciiikkasab) et autre* peuples. Les Natche* étaient surtout remarquables par leur gouvernement monarchique, par leur graude civtUtaùan et par le cul le qu'il* rendaient au soleil daus un temyle où . comme chez les anciens Romains, l'on entretenait un feu continuel. Les Musk ohges on Criks (Creeka) , qui selon M, Gailatin offriraient l'union de peuples sauvages la plus nombreuse établie actuellement sur le territoire des États-Unis. Ils occupent les fertiles vallées comprises dans lea états d'Alahama et de Géorgie , où ils vivent déjà dans des villes et des village* ; iU ont fait de grands progrès dans la civilisation, et ont institué des écoles pour l'instruction de leurs enfant. Ils soul divisés en deux, branches principales : les Criks Supérieur! ou Cnks proprement dits; ce sont les plus nombreux ; ils occupent la partie la plus élevée de IMIab.-un.i , où ils forment une puissante confédération présidée par un cbef nommé Afrer ; les Criks Inf érieurs, dits aussi Séminales , demeurent dans les plaines traversées par le Flint ; ceuxci sont beaucoup moins civibsés que les Supérieurs , et ont beaucoup souffert dan» les défaites qu'il» ont éprouvée» en se battant contre le général Jackson. Les Tchikkasah (Chikkasah; Cbickaaavrs) , nation encore assez, nombreuse, qui, réunie aux Yazoïuc, demeure dan» la partie septentrionale de l'état de Mis*i*»ipi. Ces peuple» fout de rapides |M-ogrès vers la civilisation , et déjà réunis dan» de gros villages , vivent du produit de leur agriculture. Au commencement du xviii' siècle ils étaient la nation dominaute de ces contrées. Lee Ckaktak (Cbactaws ; Cboctaws) dit» aussi Têtes-Plates , nation nombreuse, vivant dans de gros village* dans le» états du Mississipi et de la Louisiane, dan» le territoire d'Arkausas et une petite fraction cbins l'état d' Al. i La ma. Agricole et ayant déjà de* lois écrites , ce peuple est célèbre par la touchante Jutïon J'Atala et par les brillantes peinture» qu'en a tracées M. de Chateaubriand.

♦♦Les Tcherokis (Cberokees; Cbeleki). nation nombreuse, dont le territoire comprend l'angle nord-ouest de la Géorgie , le nord-est de l'état d'Alabama et le sud -est de celui de Tennessi (Tennessee); son cbef- heu est la petite ville de Mew»Echota. En 1818 un quart environ de la nation, préférant la vie sauvage qu'avaient menée leurs pères, allèrent s'établir sur le* bord» de l'Arkansas. Grâce au sèle des missionnaires Baptiste* et Moraves, tout le reste de la nation a abandonné l'état sanvage et a adopté la religion et les usage* de ses voisins civilisés. Les Tchcroki* occupent maintenant des maisons commodes et comptent au-delà de 70 villages. Quelques-uns ont des fermes bien cultivées et pourvue* de bétail de toute espèce, et d'autres se livrent aux arts mécaniques , fabriquent des étoffe « et possèdent des moulins à moudre et à scier. La plupart savent déjà lire, écrire et compter. Le nombre des enfans qui fréquentent leurs écoles s'élève déjà à 5oo, ce qui est beaucoup sur une population totale de tô.ooo individus ; presque tous parlent aasex bien l'anglais. IU out déjà une bihliothcque , un musée , une imprimerie et un Journal hebdomadaire intitulé le Phénix- Tcheroki, publié par un tcberoki dans la langue nationale avec la traduction anglaise en regard. Mais ce qui surprendra davantage, c'est qu'en 1897 Us out rédigé et promulgué une constitution, d'après laquelle leur gouvernement se compose des trois pouvoirs distincts, législatif, exécutif et judiciaire, et dont les formes sont nne imitation du gouvernement des Etats-Unis. On peut, on doit même regarder cette petite république comme l'état indigène indépendant le plus civilise du Nouveau' Monde.

La Pakillx MouAWE-HoftONX ou Iuoqooisk comprend un grand nombre de peuples, qui sont les descendans de nations autrefois beaucoup plus nombreuses et puissantes ; le nom bre <lc» individus dont elles se composent diminue avec une effrayante rapidité. Les nations principales sont: les Mohawaks , réduits maintenant à un petit nombre; nne partie demeure près de Niagara, une autre au-delà de la baie de Kenty. Les Mohawaks par leur nom .ic et par leur bravoure méritèrent de donner le nom à la puissante confédération appelée communément des Cinq-Nations par les Européens, et dont l'origine remonte jusqu'au xv' siècle. Cette confédération , qui vendit une gmnde étendue de terrein au gouvernement des Etats-Unis , et dont le chef-lieu est Anondago, se compose aujourd'hui de» peuples suivans : les Mohawaks , les Senecas et les Onondagos qui furent les premiers à s'allier; les Onetdas et les Cajrugas , qui t'y joignirent après ; les Tnscaruras, qui n'entrèrent dans l'alliance qu'an commencement du xviu* siècle; et les Canoys , les Maheguns et les Nauticokes; ces derniers qui appartiennent à la famille Chippuways-Delaware, sont plus connus sous le nom de Stock' bridge-fndians , et y entrèrent encore pins tard. Le» cinq premières nations sont nommées Âfaquat par les anciens voyageurs hollandais, et Jroquois par les Français; la seconde dénomination est la plus commune et est passée dans plusieurs géographies. A l'époque où les Français s'établirent dans le Canada,

les Gnq-Nations demeuraient dans les environs do lien , oh par la suite Montré»! Tut bâtie, et s'étendaient jusqu'au lue Cbamplain. Dans le temps de leur plus grande puissance, elles subjuguèrent plusieurs tribns de la famille Chippavrays et elles forent Ici alliées des Anglais dans toutes leurs guerres. Depuis 179; la plupart de ees nations s'adonnent a l'agriculture , a l'éducation du bétail, exercent quelques métiers et ont même quelque* écoles.

Nous mentionnerons encore les Seneeas, qui sont la nttion la plus nombreuse de la confédération, quoiqu'ils ne comptent pas plus de r.fioo individus de tout âge. Ils vivent «In os les états de New-York et de l*Ohio ; ceux de ce dernier sont les sauvages qui approchent le plus des Blancs par leurs habillemens et leurs noceurs ; ils ont des maisons et des métairies meilleures que les autres indigènes de rct état. Les ffurvru , nation jadis nombreuse et puissante, établie à l'est du lac Huron dans trente-deux bourgades, rira ut d'agriculture et étant plus avancée dans la civilisation que les Algonquins et les Iroquois. Les guerres entre ces deux peuples, dans lesquelles elle suirit le parti des premiers, l«t réduisirent à i,5oo individus, qui demeurent sur la rive occidentale du lac SHint-Clair. Les descendans du petit nombre de Hurons , qui se réfugièrent au Canada parmi les Français, y rivent dans le village de Lorctto à 9 milles anglais de Québec; ceux-vi sont catholique* et agriculteurs.

La Famille LanifArrc, nommée par Vatcr CHtrTA'WA ys-Dilawab ■ ou ArooKomno- MoMEGAffx. Toutes les nations comprises dans cette famille , de même que tous les peuples saur.iges de l'Amérique, ont beaucoup diminué; plusieurs se sont foudoes dans d'autres familles, tandis que quelques-unes se sont tout-à-fait éteintes. On doit même remarquer qu'il ne reste plus que des débris de toutes ces nombreuses nations , qui avant l'arrivée des Européens habitaient à l'est des monts Alleghcny depuis le cap Breton jusqu'au cap Hatteras. Voici les nations principales actuellement existantes que l'ethnographie classe dans cette famille : «♦ IcsSawanoa (Shavrannos) , nation autrefois très répandue et beaucoup plus nombreuse, dont 00 retrouve les restes sur le baut Wabascb dans l'état d'Indiana.sur l'Anglaise et près des sources du Grand Miami dans l'état de l'Ohio et même d;ins celui d'IUinois. Les Mequackaqtufs , une de leurs tribus , comme les Lévites chez les anciens Juifs, sont seuls rbargés des sacrifices et de toutes les cérémonies delà religion; la tribu des Kihhapnus (Kikkapoos) est renommée par son penchant à la guerre et pour avoir vu naître le célèbre prophète £lt</uatawajr et son frere Tecumseh. Les Sa ht s et les Ottogamis (les Fojces des Anglais et les Renards des Français), sont les deux fractions principales d'une même nation ; ils vivent le long du haut Mississipi et de son affluent Avooa. Ils sont allié» des Sioox, sont sédentaires et cultivent plus de maïs qu'ils n'eu consomment. Ce sont eux qui détruisirent presque entièrement les nombreuses nation» des Missouris et des Illinois, ainsi que les alliés de ces derniers , le» Kahokias, les Kaskaskias et les Piorias. Le fameux Ponthiak, ennemi mortel des Anglais et l'un des plus grands hommes qui aient régné parmi les barbares de l'Amérique, appartenait à une tribu des Sakis. Ce peuple possédait jadis les vastes contrées à l'est du Mississipi comprises entre ses deux affluens le Ouisconsing et l'Illinois ; il vient de les céder au gouvernement des Etats-Unis.

Les Miamis et les Illinois sont les peuplades les plus connues parmi les différentes tribus qui composent cette nation , à laquelle appartiennent aussi les Pottawatameh , qui paraissent être tes plus nombreux. Le plus grand nombre vit dans les états d'Iudiuna , d'11linoi* et dans le territoire du Mirhigan. Les Pottawatameh ainsi que les fPtnnehagnes ont vendu récemmeut au gouvernement des États-Unis toutes leurs terres situées au sud ûti Ouisconsin , à l'exception de quelques lots. ** Les Lenni*Lci%nappe ou Lenoppea, nommé* Delawares par les Anglais, et Loups par les Français, étaient autrefois très nombreux et répandus sur une grande partie de la côte orientale des États-Unis. Les restes de cette nation vivent aujourd'hui dans les états d'indiana et de l'Ohio. Les Mahieanni (Mobcgans) et les Abenaqtù , sont les deux branches principales d'une nation jadis très nombreuse, répandues sur plusieurs points de la Nouvelle • Angleterre et de Nevr-York. La plupart des individus de cette nation, connus maintenant sous le nom de Stoekhridg,-- Inaians, s'est réunie anx Cinq-Nations 00 à la confédération Mohawak, et un très petit nombre vit encore sur l'extrémité orientale de l'Hc-Longuc.

Les Micmaks (Souriquois) dits aussi Gaspésiens , autrefois très nombreux et répandu saur tonte la cote orientale du Canada , de l'Acadie (Nouvelle-Ecosse et Noavcau-Brunswick dans l'Amérique- Anglaise) , une partie des lies voisines et même sur la baie Saint- George dans celle de Terre-Neuve, ne se retrouvent plus que sur la côte sud-ouest de ta Nouvelle-Ecosse et à ce qn*il paraît dans l'intérieur de l'Me de Terre-Neuve; ces derniers sont encore sauvages et idolâtres ; les autres sont presque tous chrétiens et font de rapide» progrès dans la civilisation. Il parait que c'est à une tribu de cette nation , qui habitait In contrée mon tueuse située à la droite du Saint-Laurent, nommée Gaspésie, qu'on dort

rapporter font ce qu'on raconte de* Indiens qu'on y trouva , si remarquables par leurs rua-urs policées et par le culte qu'ils rendaient au soleil. Ces G as pesions distinguaient les aires du vent, connaissaient quelques étoiles et traçaient des cartes assex exactes de leur pays; une partie de cette tribu adorait la croix avant l'arrivée des missionnaire», et conservait une tradition curieuse sur un homme vénérable, qni en leur apportant ce signe sacré, les avait délivrés du fléau d'une épidémie. Malte-Rrun pense très raisonnablement que ce pourrait bien être levéquc du Groenland , qui en i tat viaita le Vinland.

♦♦ Les Mgonquins et les Chipvhais ou Chippawajs, qui sont les deux branches principales et les plus connues d'une nation repauduc dans le Canada, dans le territoire du llichigan et dan* les districts Huron et des Mandaues dans les Etats-Uni». Ces peuples sont toujours en guerre contre les Sioux , sur lesquels ils ont souveut le dessus , à cause des fusils, dont ils sont presque tous armes. Des hiéroglyphes sculptés en bois de pin ou de cèdre, remplacent, selon Pike, chez eux comme cher les Sioux , les Murons et autres peuples , le langage écrit. ♦♦ Les knittauiux , nation nombreuse et eparse dans tout le Bas-Canada, dans une partie du Labrador , dans la Nouvelle-Galles; et plus à l'ouest jusqu'au Fort- George sur leSaskatcbawan-Septintriooal et la Rivière de l'Elan ou Athapeakow, et jusqu'au lac des Moutagoes nu Athapcskow. Ils sont habilles, doux et probes; on prétend qu'ils ont les plus belles femmes de tous les peuples indigènes de l'Amérique-du-Nord. Les tienawehk, le long de la Saveroe, et les Abbitibes , le long du fleuve et du bc de ce nom . mesurent le temps , comme les anciens Anglo-Saxons, par nuits et non par jours. »♦ Les Cheppewyans ou Chepayans, dont les nombreuses tribus sont répandues sur tout le bassin dn Mackenzie, sur celui de la Kiviére de la Mine de-Cuivre et sur une partie du bassin du Tacoutcbe-Tcsse. Les Carnets , nation peu nombreuse, mais la plus répandue dan» la Nouvelle-Calédonie; on les nomme aussi TacoulUes , dénomination qni signifie twyugeurs par eau , parce qu'Us ont l'habitude de passer en canot d'un village à un autre.

♦a Les Ihdikjm qui habitent dans les environs de Saxta-Bak»a*a dans le territoire de b Californie, compris dans les limites de la confédération Mexicaine. C'est une nation peu nombreuse , mats remarquable par sa civilisation , véritable phénomène au milieu des peuples abrutis dont elle est environnée. Selon les Espagnols qni nous les ont fait connaître dans la seconde moitié du siècle passé, ces Indiens vivent dans de grandes maisons assez bien bâties et réunies en gros villages, couchent sur des lits élevés au-dessus du sol, fabriquent des corbeilles d'un travail extrêmement fini et capables de tenir l'eau, élèvent sur les tombeaux de leurs chefs des monumens en bois ornés de peintures historiques , construisent des bateaux très élégans et solides, sont monogames et traitent leurs femmes avec plus d'égard que ne le font en général les peuples sauvages. Malgré cet état social assex avancé, cette nation ignore la fabrication de la poterie connue à plusieurs nation* américaines et même aux naturels des environs de San-Diego, et les hommes vont entièrement nus pendant l'été.

♦♦ Les Ocaxach (ffakash) diu aussi Noutxa, nation très belliqueuse , vivant dans de gros villages . sur b grande lie de Quadra-et- Vancouver ou Noutka, et régie par plusieurs chefs , parmi lesqueb Macouina était le plus puissant vers la fin du siècle passé. Les tait des Onakach sont des espèces de combats figurés , où Us paraissent armés d'arc», de flèches . de fusils ; quelquefois déguisés en ours, en cerfs , on bien couverts de masques et de grossières enveloppes, qui leur donnent b forme de quelques oiseaux aquatiques plus grands que nature, dont ils cherchent à imiter les mouvemens; tandis que d'autres s'efforcent de contrefaire les chasseurs qui guettent ou poursuivent ce prétendu gibier. En d'autres circonstances , ils exécutent des dauses dont la pantomime beaucoup trop facile à interpréter, scandaliserait l'homme le moins scrupuleux. De même que les bbndais, qui gravaient autrefois en caractères runiques leurs sagas sur leurs boucliers, de même les Ouokach peignent sur leur coiffure conique deux ou trois traits qui rappellent une pêche extraordinaire , une victoire mémorable ou un événement rare. Comme quelques autre» peuplades de ces parages, ils divisent l'année en 14 mois chacun de ao jours, en ajoutant quelques jours complémentaires à la fin de chaque mou, ce qui rappelle b division de l'année mexicaine.

La Fasullk Koluchx, à laquelle appartiennent le* peuples qni Iiabitent le long de la côte depuis Jakutat jusqu'aux lies de la Reine-Charlotte, quoiqu'en plusieurs endroits leur territoire soit interrompu par celui de peuples compris dans d'autres familles ethnographiques. Tous ces peuples sont remarquables par leur courage, leur industrie et surtout par leur adresse à tailler, sculpter et polir la pierre. On doit surtout mentionner les KaioucJirs (Kolougja) proprement dits, nation très belliqueuse et féroce, répandue dans les archipel» du Roi-Georges, du Duc-d'York , du Prince-de-Galles et dans l'Ile de l'Amirauté. C'est sur leur territoire que les Russes ont bâti la Nouvelle-Arkbangel.

La Famillk des Esquimaux, qui comprend cinq nations principales, dont une vit en Asie. Voici les nations les plus remarquables qui vivent dans les limites de l'Amérique : les

Esquimaux , nation peu nombreuse, mais disséminée sur toute l'extrémité boréale du Nouveau-Monde; elle est subdivisée en trois branches principales, savoir : les Kalalits (Karalits) , nommés communément Cménlandais , parce qu'ils oecupeut les solitude» du Groenland ; les Esquimaux proprement dits; ils vivent sur la côte nord-est du Labrador; ils sont les plus méridionaux et les moins incultes; les Esquimaux-Occidentaux qui errent près des embouebures du Mackenzie et du Copper-Miue (fleuve de la Mine-de-Cuivre) , daus les environs du cap Dobb, dans ceux de la Repulsc-Baie , sur la presqu'île M civil h- , sur les eûtes des (les Hiver (Wintcr), Igloulik (fgloolik), Soutliampton et autre» qui forment l'arcbipel que nous avons nommé arcbipel de Baffin-Parry. C'est à la brandie groenlaudaisn qu'appartient la peuplade d'Esquimaux découverte dans le Haut-Pays-Arctique (Artic-Highland), par le capitaïue Ross. Ignorés de leurs voisins pendant des siècles , ces Esquimaux n'avaient aucune idée de ce que c'est un arbre et du Loi», et se croyaient les seuls habitant de l'univers, peusnnt que tout le reste du monde n'était qu'une masse de glace. Les Aleoutiens (Aléoutes) , natiou peu nombreuse qui vit dans l'arcbipel des Aléoutes , sous la suzeraineté de l'empire Russe, et à ce qu'il parait à l'extrémité occidentale de la presqu'île d'Alaska; deux coiouics de ce peuple ont occupé dernièrement les Ile» désertes deSaiut-Paul et de Saint-George dans la mer de Bering, pour s'y livrer à la riche pèche des lions marins. Les Tchouklchi - Américains , dits aussi Agiemnutes , du nom du peuple le plus connu et naguère le plus puissant , mais que les guerres qu'il vient de soutenir , ont réduit a un petit nombre d'individus. Ces Tchouktclu vivent sous la protection des Russes le long du Nusscgak; le» autres tribus principales de cette nation dcincurcut dans les Iles Nuniwok et Stuart , et le long d'une partie de la côte du continent voisin . d'autres , sous le nom de Kitegnes , occupent la côte américaine depuis le détroit de Bering jusqu'au-delà du golfe de Kotzebue; d'autres tribus enfin nommées Tchuakak , vivent dans l'Ile de Tcbuakak , connue aussi sous les noms de Tchibono, Saiut-Laurcnt, Sindovr ou Clark.

Plusieurs traits rendent très remarquables toutes les peuplades comprises dans cette famille. Répandues sur un espace immense elles offrent le phénomène curieux de ne s'être nulle part enfoncées dans l'intérieur des terres. Elles sont toutes adonnées a la pèche et ne se livrent point ou ne se livrent que très peu à la chasse; elles vivent sous des latitudes plu» boréales que celles de toutes les autre» nations connues ; nulle part ces peuples n'ont su dompter le renne si utile aux Lapons et à d'autres tribus boréale» ; le chien est le seul animal qu'ils soient parvenu» à associer à leurs travaux; ils sont tous d'une saleté dégoûtante, qui ne le cède qu'à celle des Hottentots; en lin , à une seule exception près, ils ont tous adopté cette singulière et ingénieuse construction de bateaux , qui lait du uavigatcur, pour ainsi dire, un homme poisson.

NATIONS ÉTRANGER KS. Sous avous déjà signalé à la page 969 le phénomène unique que présente cette partie Au*mondc sous le rapport de l'origine de ses babitans. Nous avons déjà vu la grande supériorité numérique des races étrangères sur les races indigènes. Nous ajouterons ici que les Espagnols , les Anglais et leurs descendans , les peuples a" origine africaine , les Portugais , les Irlandais et les Ecossais, les Allemands et les Français, sont les nations étrangères les plus nombreuses. Viennent ensuite les Hollandais^* Danois et les Suédois.

RXXtiaiOaY. Depuis rétablissement des Européens en Amérique, presque tous les habitans de cette partie du monde professent le christianisme , quoiqu'un grand nombre de petites nations presque toutes indépendantes , mais dont l'ensemble forme à peine un trentième de la population total» du Nouveau-Monde, soit encore en proie aux extravagances du fétichisme le plus absurde, ou de systèmes religieux qu'on pourrait aualiGer de sabiïsmk ou de dualisme. Ce qu'il y a de vraiment remarquable , c'est qu'on a trouvé chez presque toutes ces nations, même les plus abruties, l'idée plus ou moins claire d'un être suprême, qui gouverne le ciel et la terre, celle d'un génie du mal ou mauvais esprit qui partage le domaine de la nature avec le bon esprit, et l'idée de l'immortalité de l'âme. Plusieurs ont des prêtres ou des enchanteurs; plusieurs n'ont ni les uns ni les autres , mais tous croient à l'existence d'êtres invisibles et à une vie future. Les uns se représentent Dieu sous la forme d'une étoile, les autres sous celle d'un animal , d'autres au contraire ne le voient que dans les phénomènes de la nature. Un crand nombre de ces croyances religieuses.

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