‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 206 sur 320 · CONFÉDÉRATION MEXICAINE · texte numérisé non relu

CONFÉDÉRATION MEXICAINE

POSITION ASTHONOMIQUE. Longitude occidentale, entre 890 et ia6°. Latitude boréale , entre 160 et 4a°.

CONFINS • Au nord, la confédération Anglo -Américaine. A Yest, la même confédération t le golfe du Mexique et la confédération de l'Amérique- Centrale. An sud, la confédération de l'Amérique-Centrale et le Grand Océan. A Y ouest, le Grand-Océan.

FXXUVXS. Les contrées les plus peuplées de la confédération n'offrent pas de grands fleuves navigables , ce qu elles doivent à leur position très élevée ; on peut dire même qu'elles souffrent de la disette d'eau dans les parties centrales du plateau sur lequel elles sont situées. Les autres contrées sont arrosées par plusieurs grands fleuves. Nous classerons de la manière suivante les principaux courans qui traversent le sol de cette

vaste région. Nous décrirons ensuite sous le litre de bassins méditerranéens les principaux courans de la confédération, qui n'aboutissent à aucune des iners qui en baignent les côtes.

Le GOLFE DU MEXIQUE reçoit :

}as Mississirr. Une fraction seulement du bassin de ce grand fleuve appartient « la confédération Mexicaine; c'est celte qui est arrosée par deux de ses afflu<-tis à la droite, savoir : Y A rkans ai , qui naît au nord du Nouveau-Mexique, et le Rio- Ro x o (le Red- River des Auglais et le Rio-Rouge de Français ) , qui prend sa source à l'esl de ce territoire; ils parcourent de vastes espaces où erreut plusieurs tribus indigènes indépendantes, et séparent le territoire de la confédération Mexicaine de celui des Etats-Unis.

Le Sabixk, remarquable surtout en ce qu'il sert de limite entre la province de Texas appartenant a l'eiat mexicaiu de Cohabuila-el-Texas , et l'état anglo-américain de la Louisiane. Ce fleuve forme à son embouchure une lagune nommée Baie-Sabine.

Le Rio i>e vos Rrasos de Dros nait dans les solitudes qui s'étendent à l'est du Nouveau-Mexique , et que plusieurs peuples nomades indépendans parcourent dans toutes les directions. Ce fleuve traverse la province de Texas et, au-dessous de Galvestou, il entre dans le golfe du Mexique.

Le Colorado de Texas, desrend de la Sierra de los Organos sur la frontière orientale du Nomcau-Mexique, traverse le pays parcouru par les Apaches et les Cmmanches , ainsi que la partie moyeuue de la province de Texas, et alx>utit à la lagune de San-Rernatdo.

Le Rio i>el Norte , autrefois nommé Rio Bravo. C'est le plus grand fleuve de la confédération Mexicaine. Il naît dans le nœud que forme la Sierra Verdc avec la Sierra de las G m lias dans le Nouveau-Mexique ; il traverse daus toute sa longueur ce territoire, sépare l'état de Chihuahua des solitudes parcourues par les féroces Apaches-Faraones et Apaches- M cscaleros , et , après avoir arrosé les états de Cohahuila-Texas et Tamaulipas, il. eutre dans le golfe du Mexique. Daos ce long cours il passe non loin de Santa Fc, par Albuqutrquect Passo dei Norte, daus le Nouveau -Mexique; par Moorlova, dans l'état de Cohahuila-Tcxas, et llcinosa et El-Refugio, dans celui de Tamaulipas. Ses afQueus ne sont nullement proportionné» à la masse de ses eaux et à la longueur de sou cours ; les principaux à la droite sont : le Co/i i7ioj, qui descend de la Sierra Madré, et qui est grossi par des courans sur un desquels se trouve l'importants ville de Chihuahua ; la Sab in a s , qui arrose l'état de Cohahuila. Le principal affluent à la gauche est le Puer et*; il na?t dans le Nouveau-Mexique et traverse la contrée habitée par plusieurs tribus d'Apacbes et de Cumanches.

Le Tigre , dont le cours est très borué ; il traverse les états de Nuevo-Leon et de Tamaulipas, en passant par Mouterey et Linarcs avant de se décharger dans le golfe du Mexique.

Le Saktahder , dont le cours est très borné ; il naît dans les montagnes de Vélat de Zacatecas , passe près de Charcas et Guadaicazar , dans l'étal de San-Luis-Polost , et après avoir baigné Nuevo-Santauder et Sotto-la-Marina , entre dans le golfe du Mexique.

Le Tampico ou Pawucq , qui , malgré la petite étendue de son cours, est un des fleuves les plus remarquables de cette contrée. A l'époque de la conquête du Mexique par les Espagnols , ses bordi séparaient les peuples civilisés de cette partie de l'Amérique des peuples Itarbares; plus tard d'iinporlaus travaux hydrauliques ont réuni le magnifique l>assin de Mexico à celui de ce fleuve par le moyen du fameux Desague. Le Pauuoo prend sa source près de Sau-Luis-Potosi , passe par Altamira dans l'état de Tamaulipas et , après avoir reçu les eaux du lac de Tampico, entre dans le golfe du Mexiqne. Sou priucipal affluent , est le Moctezuma, nommé Tula dans la partie supérieure de son cours; il décharge par le fameux Desague de Huehuetoca dans l'état de Mexico les eaux des lacs de la vallée de Mexico ou de Tenochtitlan ; il passe par Tula et non loin d'El-Doctor.

Le G uazacualco ou Huasacuaixo, dont le cours est très borné, mais qui est devenu fameux par la colonie qu'on a voulu établir sur ses bords , par le port qui se trouve a son embouchure, regardé comme un des moins mauvais du golfe du Mexique, et par le projet

DESCRIPTION DI L'AMÉRIQUE. 10; 5

qu'on a eu de joindre le Patio, qui est son principal affluent à la droite, avec leCmmalapa , petit fleuve qui se décharge dans le Grand-Océau. Lu Guazacnalco arrose lu partie orieutale de l'état de Vera-Crua.

Le Tabasco ou Gauai.va, vient des montagnes des États-Unis de l' Amérique-Centrale, traverse les étab de Chiapa et de Tabasco, et après avoir baillé Chiapa, Santiago de Tabasco et Tabasco entre dans la baie de Cam pèche partie du golfe du Mexique.

Le Sumasikta vieut des montagnes des Étals-Guis de l'Amérique-Ceut raie , arrose l'état de Cbia|M et , après avoir séparé l'état de Tabasco de celui de Y n es tan , entre dans la lagune de Tcrrninos, dé|>endance géographique du golfe du Mexique.

Le Ralize , dit Maij» dans la partie supérieure de son cours. Il vient des Etals-Unis de r Amérique-Centrale, sépare rétablissement anglais du Yucalan du territoire de l'état de ce nom , et , près de Belize, entre dans la baie de Yucalan.

Le GRAND-OCÉAN et le GOLFE DE CALIFORNIE reçoivent :

Le Cot.uMiKA, dont rous avons parlé à la page 1004 : niais ce n'est qu'une partie seulement de son bassin qui appartient à la confédération Mexicaine , celle qui est parcourue par le Timpanago*, dit Mit II no m ah, dans la partie inférieure de sou cours. Ce grand alflueul soi t du grand lac Timpanogos ou Timpanagos , situé dans une partie de l'Amérique encore très mal connue, que les Mexicains regardent comme une dépendance de la Nouvelle-Californie.

Le Sacramekto , dont on ne connaît pas encore la source, mais que l'on suppose venir du lac Timpanogos; ce graud fleuve parcourt un pays sauvage habité par plusieurs nomades de la Nouvelle-Californie et se jette dans le superbe port de San- Francisco, une des plus belles baies du Grand* Océan.

Le SABT-Fsf.il>>, dont on ne connaît pas encore les sources, mais auquel on suppose un cours assez long; il traverse la partie moyenne de la Nouvelle-Californie.

Le Colorado db Occidente ou le Fleuve Roues Occidbmtal. C'est le plus grand fleuve de la Confédération après le Rio del Norte. Il prend ta source dans la Sierra Verde sous le nom de Sait-Rafaël, continue son cours sous celui de Zucuaxaras, et au-dessous du confluent avec le Yag-.tesila, il prend la dénomination de Colorado , sous laquelle il etitre dans le golfe de Californie. Dans ce long cours il traverse des pas s 1res peu contins et habités par des indigènes indépendaos , dont les Yutas, les Ghemrguahas et les J 11 mas paraissent être les peuples principaux. On ne connaît encore que ses affinons à la gauche : ce sont \e Rio de S.- Xavier et le Nabajoa, qui descendent de la Siéra das Gi ullas; le Yaquesila, sur les bords duquel habitent les Nabajoa et les Moquis; enfin hs Cita , qui descend de la Sierra de lus Mimbres, arrose pendant sou cours le territoire de plusieurs tribus indigènes indépendante* , remarquables par les progrès qu'elles ont faits dans la civilisation, telles que les Ca*asGrandes et les Cajuenches; le Gila reçoit à la gauche le Rio San-Pedro qui vient de l'état de Sonorn-cl-Cinaloa , où il baigne Tcrienate.

Le Rio de l'Ascejtsioi* , qui traverse la Pimeira Altu dans l'état de Sonora-et-Cinaloa et se jette dans le golfe de Californie.

Le Hiaqui, dit aussi Sokora. Il prend sa source dans les plus hautes montagnes do l'élat de Chihuahua, traverse le Sonora, et, au-dessous du Bellen , se jette dans le golfe de Californie.

Le Rto del Fuerte, le Ciivaloa et le Clliacas sont d'autres fleuves moins considérables que les précédens; après avoir ai rosé la partie méridionale du l'état de Sonoraet Cinaloa , ils se rendent dans le golfe de Californie.

Le Rio Tololotla* ou Rio-Grakde, dit aussi Sam-Yaoo. C'est un des plus grands fleuves de la confédération Mexicaine. Ou n'est pas encore fixé sur ses sources ; en regardant le Lerma comme sa branche principale , ce fleuve naîtrait dans les enviions de Mexico, au pied du Nc*ado de Toluca. Après avoir traverse l'élat de Mexico, il baigne ceux de Mechoacan et de Guanaxuato, et traverse d'un bout à l'autre celui de Xalisco, où par trois embouchures il se rend dans le Grand Océan. Ce fleuve passe non loin de Salamauca dans l'étal de Guanaxuato, par Zipotitlau et San-Rlas dans l'état de Xalisco. Quoique toutes le» géographies et presque toutes les cartes placent Cuadalaxara sur ses rives, nous le ferons passer avec MM. Ward et Reltrami à ifi milles au nord-ouest de cette ville. Plusieurs accideus naturels rendeut le cours de ce fleuve très remarquable.

Selon M. Bellrami, c'est à environ trente milles de Guadalaxara, non loin d'un pont qui traverse le lleuve, que l'ou voit le Salto de Guanacualtan , où les eaux du Rio- Graude se précipitent d une bailleur de 80 pieds. Immédiatement au-dessous de cette magnifique cataracte commence une série de grandes chutes, connues dans le pays sous le nom de Barrancas; elles dirent peudant plusieurs milles une suite de vues les plus romantiques, les plus agrestes que l'on puisse contempler; on prétend que dans quelques endroits la profondeur de l'abîme est de aoo toises. Le beau lac de Chapala, dont on a exagéré l'étendue, vient mêler ses eaux à celles du Rio-Grande, et ajoute par la beauté agreste de ses environs montagneux à l'intérêt qu'inspire au naturaliste le bassin de ce fleuve encore si peu connu. L'ilot de Mescala qui s'élève au-dessus de ses eaux sera a jamais mémorable dans les annales de la révolution du Mexique, par la résistance qu'il opposa aux Espagnols peudant cinq ans; maintenant il est devenu son bagne , où les condamnés aux galères expient leur peine. Aucun des affluens du Rio-Grande n'a on cours assez étendu pour que uous ayons à en faire mention.

Le Zacatula , qui traverse la partie sud-ouest de l'état de Mexico et a son embouchure dans le Grand-Océan ; les riches mines d'argent de Tascu appartiennent à son bassin.

Le Tlascala dit aussi Naspa , il prend sa source au-dessus de Tlascala, traverse la ville et le territoire de ce nom , et, après avoir arrosé du nord au sud presque tout l'état de la Puebla et baigné la ville de ce nom, il se rend dans le Grand-Océan.

Le Rio Vaaoa , prend sa source dans la partie occidentale de l'état d'Oaxaca , qu'il traverse jusqu'à son embouchure dans le Grand Océan, en passant par Oaxaca.

Le CatM alafa. C'est un très petit fleuve qui naît dans les montagnes de l'isthme de Tehuantepec et aboutit à la lagune de ce nom dans l'état d'Oaxaca. Nous en faisons mention parce qu'on parla dernièrement d'un projet de joindre le golfe du Mexique au Grand- Océan moyennant un caual qui unirait ce fleuve au l'asso afflueut du Guaxacualco. \oyea ce dernier à la page 1044.

BASSINS MÉDITERRANÉENS formés par plusieurs fleuves qui se rendent dans de» lacs sans issue. Les principaux fleuves connus de cette classe sont :

Le Salado et le Sak-Buehaveittura, dans la Nouvelle-Californie. D'après les dernières explorations de cette partie encore si peu connue de l'Amérique, ces deux fleuves jwraissent descendre de la Sierra Verde, se diriger vers le sud-ouest à travers des pays incultes et aboutir au grand lac salé dit Teguayo.

Le Guaxabal , qui descend du plateau de Zacalecas et se rend au lac de Pmrraj daus le Bolson ou désert de Mapimi.

DIVISION et TOPOGRAPHIE. L'insurrection qui éclata en 18 10 dans la vaste vice-royauté du Mexique ou de la Nouvelle-Espagne, se termiua par détacher entièrement de la monarchie Espagnole cette magnifique colonie. Après avoir formé l'empire éphémère du Mexique sous Uurbide, elle se constitua en république fédéra tive par l'acte constitutionnel émané du congrès au commencement de 1814. Son organisation est basée sur le modèle de l'Union Anglo- Américaine, où les districts et les territoires ne jouissent pas des droits politiques accordés aux états. Le tablean cidessous offre les dix-neuf états, le district fédéral et les quatre territoires qui composent les Etats-Unis du Mexique (Estados Unidos Mexicanos), ou la Confédération-Mexicaine.

Noms de* Etats, Districts Capital**, Villes et Lieux lu plos

»T TeRRITOIREA. REMARQUABLE».

District Fédéral Mfxico; Guadahtpti Aicapidzilco; Tacubm; Miteako;

Ixtacalco.

État de Mexico Tlalpaii (jadis San-Ago»tino de las Cuevas); Tez-

cuco; 'J'nliu a; ChUpanzingo; Tula; Actopan; Tulamzingo; Mextillan ; Tixt.'an; Acapulco; Zimapan; Pachuca; Real del Monte; Tasco,- Cuernavaca.

État de Qcrretaro Queretaro ; Caderetta; Et-Doctor,' Naconi; Amealeo;

Sa*Juan-det-RU>i San-Pedro-Toliman; Au/pnm.

Noms nus Etat», Districts Capitales, Villes et Lieux les j>ld«

ET TeEBITOIEES. RBMARqUABI.ES.

État de Gcakaximto Ou anaxuato; Attende (jadis San>Mignel-el-Gr;iade);

Léon ; Zetaya ; Hidalgo (jadis Dolores) ; Salamanca; Irarmato; Él-Jaral. Les raines des forts da Sombrer» et de los Rematùos.

ht at de Micuoacax Valladolid; Paseuaro; Zintzanzant (Tiiatxootxan ,

le HttiUitiilUdes yie\K*\Xkt)-.San-Pedro-y-San-Pablo-

Tlalpuxahua; Zamora; Ario. Le volcan de JuruHo. État ije Xalisco Guadalaxara; lecolottan; Tepic ; San- B las ; San-

Juan de lot La go* ou Lagot ; Kokula ; Totoniltco ;

Chapala; Mescala; AranJa ; Bolanos; Barca; Sajula;

Etzadan; Auttan,- Cototlan.

Ét*t us Zacatacas Zacatecas; Aguat- Caùentet; Presnillo; Somèrerete;

Jetez; Pino; fto< htstlan.

Etat de Souoea-it-Cinaloa. . . . Villa del Fuerte; Culiacan; Alamot ; Guajmas ,

Cinaloa; Arispe; Sonora; Pitit; El-Rotario; Cosala;

Hottimuri; Santa-Cwz-sitr-ftfayo.

État m Chibvauva Cbibaahua ; Santa~Rosa de Cotiquiraqui.

État de Durabco. Durango; Guarùamey et San-Dimat; Sombrvde-

Dios; Parras; San-Pedro-de- Batopilas; San-Juan-del-

Rio; San-Jose-deUParral; Papasquiaro; Mapitni. État de CaosAHUiLA-ET-TEXAS. . ModcIotb; SaltUlo; Santa-Rota; San- Antonio de Me-

jar; San-Pelippe de Auttinj Nacodoches. %

État de 29 crvo-Leob Monter ey; Ltnares; Pilant Cadcreita.

État dc Tamaulipas. Agnayo; Tampico de Tamautipas (Pueblo-Tfnerode

Tampico); Sottoda-USaiina; Muevo-Saniander; Alia-

mira; San-Carlot; El-Refugio; Paditta.

État de Sab-Lucs-Potosi San-Luis-Potosi; Minerai de Ca force ; Ckarcas ;

Ramos; Guadatcazar; Palle-del'Mais; Rio-Vcrde. État de Vera-Crxjx Vera-Crns; Alvarado; Pueblo-Ftejo de Tampico {

Tampico- Alto; Panuco; Papantla; Xalapa; le rolcan

d'Orizaba ; Orizaba ; Pente; Cordova ; Acayucan ;

Tuxt/a (Santiago de Tuxtla); Guatacualco (Uua>a-

cualco).

État db Pcsbla Pnebla (Puebbi de los Angeles); Cholula; Huajoctn^

(Hnexotxingo) ; Tehuacan; Adixco; Tepeaca; Ttapa;

État d'Oaxaca Oaxaca (jadis Antequerfl) ; Mitla; Tepozcolula ; Te-

huantepec; VittaUa; Xamihepec; Yanguillan; Tlapa.

État de Chiapa C i o d a d • R e a 1 ; Ocosingo; les raines de TuUias Tua*

da; Chiapa de lot Indios; San-Bartolomco de lot Remédias ; San - Domingo- Comiilan ; San - Juan - Chamula ; Son-Domingo de Palenque; les raines de Cu- Ihmacan.

Etat de Tabaaco. Santiago de Tabasco (jadis Villa Hermosa de Ta-

basco) ; Nuestra-Senora de la FiUoria ; Usumeinta; Nacajuca ; Tcapa ; Tucotalpa ; Jalapa ; Macuspana ; Canduacan; Ja/pa.

État »b Yucataw Merida; Campéche; FaUadoUd; laos/ar (Salamanca-

de*Bacalar); Ichmul; itla del Carmen; Lerma ; Aid ma.

Territoire Des Calibornies. . . . San-Carlos de Monterey; San- Antonio; San-

Francisco; San-Joté; Santa- Barbara ; San-Pernando; San- Diego; les lies Santa- Barbara, Santa-Crux, Sari/a- Catalina ; San- Luit- Rej; Loreto; les Iles San- José, Santa -Crut, El-Carmen, etc.; Santa-Gcrtru.Ha; les lies de los Cedros, Natividad, etc.; San-Pedro-Martir ; San-Joté del Cabo de todos-Santot.

Tehrttoibr du Nouteau-Mexioue. Santa-Fe; Taot; Albuquerqme; Passo-del-Norte.

Territoire de Tlascala. T 1 a s c a I u ; Huamantoia.

Territoire dk Colima Colima.

Mexico , dans le district Fédéral , sur l'emplacement de Tancieunc Tenochtittan , une des villes les plus régulières et les plus belles du monde.

Al'.RÉGÉ DE GEOGRAPHIE,

Mexico est située près de la rive occidentale du lac de Tezcuco , et au milieu d une assez grande plaine de l'aspect le plus triste, ayaot d'un côté un marais fangeux et de l'autre un terrein aride et couvert d'algues en putréfaction. Le plan de la ville est carré et l'intérieur en est vraiment magnifique. Les rues sont spacieuses et tirées au cordeau, ornées de grands et beaux bâtimens. Les principales partent des quatre points cardinaux et viennent aboutir à la grande place; plusieurs ont deux milles de longueur. Rien n'y borne la vue ni ne l'affecte désagréablement; l'uuiformité des façades, celle des toits en terrasses, présentent, au contraire, une perspective dont le regard se détache avec peine. Au milieu des principales rues, très solidement pavées en petites pierres rondes et polies, on a pratiqué des conduits souterrains, et de chaque côté de larges et beaux trottoirs; la nuit elles sont éclairées par de nombreux réverbères. Les maisons sont en général d'une architecture simple, mais élégante, bâties en pierre de taille et à deux ou trois étages. On entre au rez-de-chaussée par des portes à deux battans, ornées de bronze, dont quelques-unes sont remarquables par leur giande hauteur. Ces portes conduisent à la cour environnée par les bàtiroens qui offrent une galerie à chaque étage; cette cour est remplie d'arbres et de fleurs qui sont de l'effet le plus agréable. La façade des maisons est ordinairement peinte en détrempe en blanc , en rouge ou en vert clair, ce qui lui donne un aspect gai. Sur quelques-unes sont inscrits des passages de l'Ecriture ou des stances adressées au Christ et à la Vierge*, quelques autres sont entièrement couvertes de carreaux de porcelaine, qui forment des dessins élégans ou représentent des sujets de la Bible. Cette sorte de décoration , qu'on rencontre aussi à La Puebla , rappelle les palais moresques et les mosquées qui existaient en Espagne à l'époque de la conquête du Mexique. Les murs de quelques églises sont également couverts de porcelaine. Les toits presque plats, carrelés en briques et la plupart couverts d'arbustes et de fleurs, offrent le soir une promenade délicieuse, d'où l'on jouit d'une vue superbe et où l'on respire un air rafraîchissant. Grâces à cette espèce de décoration, la ville, vue d'une élévation voisine, paraît plus belle qu'aucune des cités d'Europe , où des toits irréguliers et des groupes de cheminées informes sont les objets les plus irappans.

La Plasa- Major (Grande-Place) est une des plus belles qui existent; la magnifique cathédrale, le ci-devant palais du vice-roi, l'hôtel bâti par Cortez (Casa d'Estado) et une rangée de bâtimens avec des portiques en forment le contour ; au milieu s'élève une belle statue équestre de Charles IV, exécutée à Mexico par un Espagnol ; c'est sans doute le plu» bel ouvrage de ce genre qu'ait produit le Nouveau-Monde. Parmi les bâtimens publics qui décorent cette métropole , nous mentionnerons les suivans : \&cathédralc , qui est le plus grand et le plus beau temple de l'Amérique; deux belles tours s'élèvent sur les côtés de la façade, à lacjuelle il ne manque que d'éti e plus élevée au-dessus du sol pour être vraiment imposante. L'intérieur en est léger et magnifique; c'est une belle et vaste croix latine surmontée à son centre par un grand dôme , reposant sur quatre piliers aussi hardis qu'élégans; cinq nefs en partagent la largeur. L'église jointe à la cathédrale (et Sagrario), et qui sert aux cérémonies paroissiales, est un grand carré du plus bel effet. Pour la richesse des ornemens en métaux précieux, ce temple, ainsi que celui de Puebla, n'a pas d'égal dans le

monde. Le palais du gouvernement (jadis palais du vice-roi^, vis-à-vis la cathédrale; c'est un grand carré isolé, qui a presque un nulle de circuit; des cours spacieuses et de beaux portiques en relèvent, à l'intérieur, la grandeur el la magnificence. C'est la résidence du président; il contient en outre plusieurs administrations publiques , la prison, la monnaie, le jardin botanique, la bibliothèque, l'imprimerie du gouvernement, etc. La Monnaie de Mexico, malgré l'imperfection de» machines employées pour la fabrication des pièces, doit être regardée comme l'établissement de ce genre le plus remarquable qui ait jamais existé, parla prodigieuse quantité de piastres qu'on y a frappé el qui eirculeut partout le gloLe ; quand les m ines étaient en pleine activité, ao balanciers, servis par 400 ouvriers, y frappaient 80,000 piastres par jour. Voici quelques faits empruntés à notre tableau the Ffortd compared with the Biitish Empire ; ils donneront au lecteur le moyen d'apprécier l'immense activité de la monnaie de Mexico, comparée à celle des établissemcns semblables d'Angleterre et de France, regardés comme les plus actifs de l'Ancien- Continent. De 1733 a 1826 on a frappé, dans la monnaie de Mexico, pour la valeur de 295,70,4,760 livres sterling; à la monnaie de Londres, la seule du Royaume-Uni pour les pièces d'or et d'argent, depuis 1727 jusques à i8a6, on frappa pour la valeur de 126,591,34a liv. stcrl.; dans toutes les monnaies de la France , on frapp» pendant la même période pour a57,3o3,3oo liv. sterl. La refonte est coinprise dans tous ces calculs. Le jardin botanique, malgré ses petites dimensions, offre un lieu enchanteur par la beauté des plantes qui y fleurissent çn plein air et par le nombre des jolis oiseaux qui l'habitent. La Mintria ofi Vrcole des mines; cet édifice dont la construction a coûté plusieurs millionsde francs, n'est surpassé en grandeur ni en beauté d'architecture par aucun» autre de ce genre que possède l'Europe; malheureusement ses fondations , placées sur un sol humide, ont déjà fléchi, ses élégantes colonnes sont visiblement inclinées et laissent des séparations effrayantes entre les architraves et les entablemens; une partie de ce beau monument, avant même que d'être entièrement achevé , est déjà tombée et le reste ne tardera pas à avoir le même sort. C'est dans ce bâtiment que se trouve l'observatoire, où le baron de Humboldt a fait les observations qui ont servi à rectifier tant d'erreurs propagées par les savans et les voyageurs qui lavaient précédé dans la description de l'Amérique.

On pourrait appeler Mexico la Fille-Sainte du Nouveau-Monde , tant est grand le nombre de ses églises, de ses chapelles et de ses couvens. Plusieurs de ces derniers édifices sont pour ainsi dire de petites villes, renfermant dans leur vaste enceinte d'autres églises et des confréries , outre l'église et le couvent principal. Malgré le cadre borné de cet ouvrage, nous ne pouvons nous dispenser de mentionner quelques-uns de ces édifices, qui méritent 1 attention même du voyageur qui arriverait directement de Rome; ils réunissent la grandeur à la magnificence, la majesté à la richesse; les beaux-arts y ont tout prodigué et en ont fait pour ainsi dire de superbes muséums; la peinture surtout y domine d'une manière très remarquable. Ce sont principalement les églises et les couvens de Saint- Augustin, de Saint- François , de Saint-Ferdinand , de Saint- Dominique , de la Professa, de la Conception et de Y Incarnation. Ce dernier, ainsi que celui de la Conception , sont surtout remarquables par leur immense étendue ; dans l'église de celui de l'Incarnation on voit une statue de Notre-Dame en

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argent massif très bien travaillée et un grand lustre tout en argent d'un travail exquis. M. Bel Ira mi regarde le chœur du couvent de Saint-Ferdinand comme un des plus beaux chefs-d'oeuvre qui existent en ciselure et en mosaïque. Le couvent des Franciscains est un immense établissement; sa belle église ainsi que les cloîtres et les cours sont ornés avec profusion de tableaux d'un grand mérite; celui des Dominicains et son église offrent aussi un grand nombre de tableaux , de statues et autres décorations vraiment remarquables. Depuis l'indépendance, le gouvernement a quelquefois employé cet immense et solide bâtiment comme prison d'état ; il peut contenir des milliers de personnes. Le monastère de la Professa est digne surtout de l'attention des étrangers par 1 élégance et la richesse des ornemens de son église. On doit aussi nommer le ci -devant palais de t inquisition , remarquable par son élégance; lors du voyage de M. Beulloch il était occupé par leco/e polytechnique; le bâtiment (le /'université; ceux du collège de Sun~ldelphonse et du Mont-dv-Piêté ; la Députation ou hAtel-de-ville ; Y ' Accordada , prison spacieuse et bien aérée ; Y hôpital de Jésus de tos iW?turalet , fondé par Cortex ; dans la belle église qui en dépend , les cendres de ce conquérant reposent dans un beau monument; le bâtiment de l'académie des beaux-arts. Parmi le grand nombre de magnifiques édifices appartenant à des particuliers, nous nous bornerons à citer les hôtels Yzitas et Piailles. Outre la grande place et le jardin botanique dont nous avons parlé, Mexico possède deux belles promenades publiques, le Paseo, planté d'un coubie rang d'arbres et Y Alamcda. A. l'aspect de ce dernier, on se croit ,'dit JVI. Beltrami , dans une des plus grandes capitales du monde, à ne considérer que la magnificence de ses fontaines et d'autres accessoires; mais son étendue est trop bornée.

Mexico nous parait être la seconde ville de l'Amérique pour fa population, puisqu'on l'estimait dernièrement à euviron 180,000 âmes. Elle se distingue aussi par plusieurs établissemens scientifiques et littéraires; sans les troubles qui ont agité et qui agitent encore ces pays, ils auraient déjà reçu de grands perfectionnemens. A la téte de tous il faut mettre Y université , Y école des mines et Y académie des beaux-arts ; viennent ensuite les collèges de Suint- Idclphonse et de Saint-Grégoire et le séminaire , Y école modèle loMeasterienne et plusieurs autres établissemens d'instruction publique élémentaire pour les enfans des deux sexes. On vient de former une société p€ur les progrès des arts industrie/s et fie t agriculture ; on s'occupe aussi de fonder une école de médecine, et de rétablir sur une plus grande échelle le jardin botanique , que par manque de fonds on a beaucoup négligé dans ces dernières années. La bibliothèque de l'université et celle de la cathédrale; le musée d'antiquités mexicaines , riche déjà de plusieurs morceaux précieux; le cabinet de minéralogie attaché à l'école des mines, et les collections de l'académie des beaux-arts méritent aussi d'être mentionnés. On a le projet de réunir au musée mexicain les beaux dessins de la plupart des antiquités existantes conservés à l'école des mines; ils représentent les restes des pyramides, des châteaux , des fortifications , des temples, des ponts, des maisons, des statues, des bas-reliefs et des idoles; dans ces dessins quelques tours sont représentées hautes de sept étages. En 1826 on publiait à jVIexico cinq journaux.

Nous avons signalé ailleurs l'industrie et le commerce de cette grande ville qui , sous ces deux rapports, n'a pas d'égale dans tous les étals

formés des ci-devant Colonies Espagnoles; c'est surtout dans l'orfèvrerie, la bijouterie, la passementerie, la sellerie et les ouvrages en bois que se distinguent ses habitans. Mexico est le siège du président et du congrès de la Confédération Mexicaine, d'un archevêque et de la cour do justice, dont le ressort s'éiend sur le district Fédéral, sur l'état de Mexico et sur le territoire de Tlascala. Cette ville, depuis les temps les plus anciens, est sujette à de terribles inondations causées par la différence de niveau entre la surface du lac deTezcuco (presque égal a celui du sol de Mexico), et le niveau de la surface des lacs de San-Christobal , de Zumpango, de Chalco et de Xochimilco. Ces derniers étant tous plus élevés que le lac de Tezcuco, débordent. dans celui-ci, font monter ses eaux et couvrent de plusieurs pieds d'eau toutes les rues de Mexico. Malgré la dépense énorme de 3i millions de livres tournois , faite depuis 1607 jusqu'en 1804 pour la garantir de ce fléau par la construction des digues et par l'ouverture du fameux desagtu- , Mexico reste encore très exposée. L'exécution du grand canal qui , partant du lac Tezcuro, devait porter ses eaux à travers les lacs de San-Christobal et de Zumpango jusqu'à la fameuse tranchée de Huehuetoca , a été non-seulement suspendue par les révolutions politiques, mais même, par manque d'entretien, les anciens travaux Audcsaguc ont été réduits à l'état le plus déplorable , et menacent la ville des plus grands malheurs. Les inondations ont été tellement considérables et prolongées, qu'il a été plusieurs fois question d'abandouner la ville; deux fois la cour de Madrid avait déjà donné l'ordre positif de la transférer dans une position moins défavorable.

Avant de parler des environs du Mcxiro , nous devons nous arrêter un moment à considérer la splendeur et l'étendue de la ville ancienne, sur les mines de laquelle s'est élevée la moderne capitale du Mexique. « Animes , dit M. de Humboldt, de ce même esprit de destruction que les Romains montrèrent à Syracuse, à Carthage et en Grèce , les conquérons espagnols ne crurent avoir achevé le siège de Tenoehtitlan qu'après en avoir rase les bàtimens. - On ne doit donc pas être surpris de ne trouver presque aucun vestige des. auciens édifices mexicains.

• Orné de uombreux teocallis, qui s'élevaient en forme de pyramides, entouré de chaussées ou digues, situé presqu'au milieu du lac de Tezcuro ?ur des llois ornés de verdure, recevant dans ses rues à chaque heure des milliers de bateaux qui vivifiaient cette vaste nappe d'eau salée, l'ancien Tisochtitlai» , dit M. de Humboldt . devait ressembler à quelques villes de la Hollande, de la Chine ou du delta inondé de la Basse Egypte. Trois chaussées principales de la largeur de deux lances l'unissaient au continent; ces chaussées existent en partie; ce sont aujourd'hui de grands chemins pavés qui traversent des terreins marécageux. « De beaux aqueducs amenaient l'eau douce à la ville ; on reconnaît encore le* restes de celui à double tuyau qui passait près de Churubusco. Cortez comparait l'étendue de Tenoehtitlan à celle de Séville ou de Cordouc. Les rues principales étaient larges et alignées; quelques-unes, comme à Venise, étaient moitié à sec et moitié occupées par des canaux navigables garnis de ponts de bois très bien faits , et si larges que dix hommes i cheval y pouvaient passer à-la-fois. Les maisons basses , comme celles de Péking et autres grandes villes de l'Asie , étaient construites partie en bois , partie en tetiontli , pierre spongieuse , légère et facile à briser. D'après un fragment du plan de Tenoehtitlan que Montezuma a fait lever pour Corler, et que M. Feulloch a retrouvé de nos jours, on voit que cette ville était divisée en cariés réguliers formés par les rues principales et par les canaux. Dans chaque carré s'élevait un temple ou teocalli.

Le temple principal était dédié à Tezcatlipoea, la première des divinités atieques après Téotl, qui est l'être suprême el invisible, et à HuUzilopochdi , le dieu de la guerre. Il avait été érigé seulement six ans avant la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. Il occupait le centre de la ville et couvrait , avec les antres temples et bàtimens qui

AIIKKGÉ DE GEOGRAPHIE.

lui étaient annexés, tout l'espace sur lequel «ont actuellement la cathédrale, la plus grande partie de la place du marché et des rues et édifices environnait». Cortex affirme que dans l'enclos de murailles qui l'entouraient en foimaut un carré, une ville de 5oo feux aurait pu être élevée. Les murs de chaux et de pierres étaient fort épaiv , hauts de 8 pieds , eî ornés de créneaux en forme de niches et de quantité de figures en pierres, qui représentaient des serpens , ce qui lui avait fait donner le nom de coatepauili , ou muraille des serpens. Ce temple avait quatre portes, ipii répondaient aux quatre points cardinaux. Au centre de Teoceinte s'élevait une pyramide tronquée semblable à celles de Tôotihuacan , haute de 54 mètres et large de 97 à sa base, selon M. de Humboldt. Un escalier conduisait au sommet , qui avait 7 à 8 toises en carré ; il renfermait deux chapelles magnifiques, ouvertes par devant, et surmontées d'uue belle construction en bois très élevée. Les deux idoles contenues dans les chapelles étaient de pierre , d'une stature colossale et d'une difformité affreuse. Le centre de cet espace contenait une pierre verte pyramidale, haute de 5 paumes, sur laquelle on immolait la victime. Cîuq mille personnes étaient attachées au service du temple, et y avaient leur logement. Parmi les temples au nombre de 39 qui environnaient le temple principal , et que Cortex a cru en être des parties, ou distinguait celui de Quezalcoalt , le dieu qui présidait à l'air ; il était de forme ronde , et sa porte représentait la gueule ouverte d'un serpent. Devant la première entrée du temple principal on voyait un vaste édifice tout revêtu des tètes des individus qui avaient été sacrifies. Gomara affirme, d'après deux témoins qu'il cite, que ceux-ci avaient calcule que le nombre des tètes s'élevaient à 1 3o,ooo , sans compter celles des tours qui accompagnaient le corps de l'édifice. Sans adopter les estimations évidemment exagérées des an* leurs espagnols, qui pi étendent qu'à ta fête de l'inauguration de ce temple, 60,000 prisonniers y furent sacrifiés, et que plusieurs milliers subissaient le même sort tous tes ans , nous n'hésitons pas à affirmer, que c'est peut-être l'endroit du globe où ces horribles sacrifices étaient pratiqués le plus souvent et en plus grand nombre. Nous rappellerons à ce sujet que le graiid-sacrtficaleur était le seul autorisé à frapper les victimes; il leur arrachait le cœur encore palpitant et l'offrait aux dieux ; les membres de la victime étaient alors divisés entre les assistaus, comme un festin digne de ces infernales divinités.

Le palais principal, résidence ordinaire de Mon tourna , était placé daus le même site où se trouve aujourd'hui l'hùtel du duc de Monieleone, vulgairemeut appelé Casa del Es- (ado; il était coustruit en pierres et en chaux et, comme ceux de l'empereur de la Chine, composé d'uu grand nombre de maisons spacieuses mais peu élevées. Il avait ciuq graodes portes à chacune des quatre façades qui le décoraient ; trois vastes cours le divisaient intérieurement; celle du milieu était ornée d'une belle fontaine. On y trouvait de grandes salles et plus de mille chambres. Quelques-unes de ces pièces étaient incrustées de .marbres les plus fins, d'autres de pierres rares; les poutres et les parquets étaient de cèdre, de cyprès et d'autres bois parfaitement travaillés et sculptés. Suivant uu témoin ocu- Jaire digne de foi , il y avait une salle assex grande pour pouvoir coutenir trois mille personnes. Outre ce palais, Montcxuma en avait d'autres dans l'intérieur de la capitale ou en dehors. A Mexico , dit M. Reulloch , il avait non-seulement un sérail pour ses Jemmes , mais des logemens pour tous ses ministres et conseillers et pour tous les officiers dt sa maison et de sa cour aussi nombreuse que brillante ; de plus des maisons pour recevoir le* seigneurs étrangers qui le visitaient et particulièrement les deux rois alliés. Deux vastes bdùmens étaient en outre destinés, l'un aux oiseaux paisibles, l'autre à ceux de proie, aux quadrupèdes et aux reptiles. Ces deux ménageries paraissent avoir été les plus roaguifiqnes du moude. La première contenait plusieurs chambres et des galeries souteuues par des colonnes de marbre d'une seule pièce. Les galeries donnaient sur uu jardin dans lequel . au milieu de massifs d'arbustes, dix viviers, les uns d'eau douée, les autres d'eau salée, recevaient les oi>eaux aquatiques de rivière et de mer. Daus les autres parties du bâtiment , on nourrirait un nombre prodigieux d'oiseaux de toute espèce. Cortex dit que 3oo hommes étaient employées à les soigner et à recueillir leurs plumes en certaines saisons; c'est avec leur plumage qu'on faisait <es fameuses mosaïques qui fireut justement l'admiration des Espagnols. Des médecins étaient chargés d'observer les maladies de ces animaux appliquer de prompts remèdes. Les salles et les chambres de cette maison singulière étaient en nombre si prodigieux , que ce conquérant atteste que deux grands monarques

avec loule leur tuile auraient pu y loger. Ce fameux édifiée était situé sur la place où est actuellemetil le courent de Saint-François. L'autre bâtiment destiné aux bêles féroces avait de vastes cours pavées en carreaux de dalles et divisées en appartenteus. Dans Fuite , ou nourrissait tous les oiseaux de proie depuis l'aigle royal jusqu'à la crescerelle : plu» sieurs individus de chaque es|>èce. Ces oucaiix étaient distribués suivant leur famttfo dans des chambres souterraines de plus de G pieds de profoudeur et de plus de 16 en largeur et en longueur. Prés de 5oo dindons étaient tués tous les jours pour la nourri* lure de ces oiseaux. Le même édifice renfermait un grand uombre de salles basses dans lesquelles de fortes cages de bois contenaient des loups, des chats sauvages, les espèces que les premier* Espaguols ont nommées lions et tigres et une foule d autres bêles féroces, que Ton nourrissait avec d'autres animaux el avec les euirailles des s ictimes des sacrifices humains. Ou y voyait aussi des crocodiles et des serpens; ces derniers étaient gardéi dans de grandes tonnes ou vaisseaux , et les crocodiles dans des étangs fermés de murailles. Il y avait en outre plusieurs viviers pour les poissons , dont deux forts beaux existent encore. M. Heulloch dit qu'où peut les voir au palais de Chapoltepee dans les eu virons immédiats de la moderne Mexico. Tous ces palais étaient entourés de beaux jardins, où I ou cultivait toute espèce de fleurs, d'herbes odoriférantes et de plantes médicinales. Il y avait de plus des bois clos de murs pour les chasses de l'empereur, qui les visitait souvent. L'un de ces bois occupait une île sur le lac , connue à présent sous le nom de Pefioa.

V arsenal était un vaste bâtiment rempli de toutes sortes d'armes offensives et défensives, dont ces peuples faisaient usage, ainsi que des ornemens et des enseigne» militaires. Un nombre surprenant d'ouvriers y étaient employés à fabriquer ces armes et d'autres objets. Des artistes, tels que sculpteurs, peintres, orfèvres, ouvriers en mosaïque et autres, travaillaient constammeut pour la cour. Un district entier n'était peuplé que de danseurs, que l'on élevait pour le plaisir de l'empereur. Le marché, deux fins grand comme celui de Sévi Ile, était entouré d'un portique immense sous lequel on exposait toutes sortes de marchandises, des comestibles, des ornemens en or , en argent, en pierres fines, en os, en coquilles et en plumes, de la faïence, des cuirs et* du coton filé. On y trouvait des pierres taillées , des tuiles , des bois de charpente. Il'y avait des ruelles pour le gibier, d'autres pour les légumes et les objets de jardinage; on voyait des maisous, où des barbiers rasaient la tète avec des rasoirs faits en obsidienne. D'autres maisons ressemblaient à nos boutiques de pharmaciens, dans lesquelles ou vendait des médecines toutes préparée**, des ongitcns et des emplâtres. Il y avait aussi des maisons où l'on trouvait à manger et à boire en payant. Pour éviter la confusion, chaque genre de marchandises se rendait dans un lieu séparé; tout s'y vendait à la mesure d'étendue ou de capacité, jamais au poids. Au milieu de la grande place était une maison qu'on pourrait appeler le palais de justice ; dix ou douxe personnes y siégeaient en permanence et jugeaient les disputes suscitées parla vente des marchandises. D'autres personnes se tenaient continuellement dans la foule pour voir si l'on vendait a juste prix; les Espagnols ont vu briser des fausses mesures saisies aux mai chaudx. On doit ajouter que la plus grande propreté régnait non-seulement dans le marché , dans les palais impériaux , mais aussi dans tout le reste de la ville. Chaque matin, s'il faut en croire les récits de quelques historiens, mille hommes étaient employés à balayer et laver les rues de la ville.

Les opinious les plus absurde* ont été émises par les ailleurs espagnols sur la population de cette ancienne capitale. L'abbé Clavigero , qui a eu soin de les recueillir, a démontré qu'elles vont de f>o,ooo jusqu'à i,5oo,ooo âmes! Sur les traces de M. le baron de Humboldt nous croyons que Ion ne s'éloignerait pas de beaucoup de la vérité en portant i 3oo,ooo le nombre d'habitans que contenait Tenochtillan lors de l'arrivée de Cortex. En adoptant ce nombre , elle aurait été non-seulement la ville la plus peuplée de tout le Nouveau • Monde , où la population dans aucune ville ne s'est encore élevée si haut, mais elle aurait été une des cités les plus populeuses du f;lobe, puisque, à l'exception de quelques-unes des plus grandes villes de l'Asie et de l'Afrique-Musulmane, sa population aurait dépassé à celle époque celle de toutes les métropoles de l'Europe, Londres, Paris, Coustantinople et peut-être Sévi Ile seules exceptées.

Tel était l'état de Tenochtillan l'an liée i5?o, d'après la description de Cortez et de Bernal-Diaz , dout la véracité a été confirmée par les vestiges qui à Tezcuco et en d'an 1res

lieux montrent par analogie quelle était sa magnificence. M. de Humboldt et autre» savans voyageurs qui ont médité sur ce sujet n'en doutent plus; c'est ce qui nous a engagé a entrer dans ces détails qui ont pour but de donner au lecteur une idée de la civ ilLsation à laquelle s'étaient élevés les Américains avant l'arrivée des Espagnols. Maintenant nous allons indiquer le peu de vestiges de tant de splendeur, qui ont survécu à la rage destructive des soldats de Cortex, à la s tu pi de superstiliou des ecclésiastiques qui l'accompaguèrent et à la barbare vengeance de ses alliés, accourus des provinces les plus éloignées pour travaillera la destruction de la capitale de leurs rivaux. Nous avons déjà indiqué à la page 975 tout ce qui se rapporte aux manuscrits et à la littérature des Mexicains. Voici les monomeus les plus remarquables de l'aucienne Mexico.

Nous nommerons d'alwrd le grand Calendrier Mexicain, déterré en 1790 dam les fondations du grand temple de Mexilli à la Grande-Place ; il est posé maintenant contre le mur nord-est de la cathédrale, et on le nomme vulgairement Vltorloge Je Monte tuma. C'est une pierre éuorme de porphyre trappéeu gris-uoiratre à base de wacke basaltique, dont le diamètre , selon M. de Humboldt , est de près de 1 a pieds et le poids de 34,400 kilogrammes. La sculpture eu relief, dit ce savant , a le même fini que l'on trouve dans tous les ouvrages mexicains ; les cercles concentriques, les divisions et les subdivisions sans nombre sont tracés avec une exactitude mathématique; plus ou examine le détail de cette sculpture, plus on y découvre ce goût pour la répétition des mêmes formes, cet e* prit d'ordre , ce sentiment de la symétrie qui, chez des peuples à demi civilisés, rem» place le .sentiment du beau. L'année civile des Aztèques était une année solaire de 3(>5 jours; elle était divisée eu 18 mois, dont chacun avait ao jours: après ces iS mois ou 3(io jours, on ajoutait 5 jours complémentaires, et l'on commençait une nouvelle année. Le commencement du jour civil des Aztèques était compté comme celui des Persans, des Egyptiens, des Babylouieus et de la plupart des peuples de l'Asie, à l'exception des Chinois, depuis le lever du soleil. Il était divisé en huit intervalles, division que Ton retrouve chez les Hindous et les Romains. De ces huit intervalles , quatre étaient déterminés par le lever, le coucher et les deux passages du soleil par le méridien. Nous ajouterons que leur semaine était de cinq jours comme chez les peuples du Bénin et les anciens Javanais, et que ces peu pieu avaient des in Jictions de 1 3 ans, des demi-siècles de 5a ans et des siècles ou vieillesses à* 104 ans. Nous nommerons ensuite la prétendue pierre des sacrifices , enterrée dans la place devant la cathédrale à 100 verges du calendrier; on peut en voir la surface; elle a a5 pieds de circonférence, ses côtés sont couverts de sculptures historiques, partagées en quiuze groupes qui représentent les victoires des guerriers mexicains sur différentes villes, dont les noms y sont inscrite. La statue colossale de la déesse Teoyaotimiqui , enterrée sous la galerie de l'université ; on l'a dernièrement exhumée pendant une semaine , afiu que M. Beulloch pût en faire prendre le moule en plâtre. Il serait impossible , dit ce voyageur, à l'artiste le plus ingénieux d'inventer uue figure mieux adaptée à l'objet abominable auquel cette divinité était destinée. Des milliers d'hommes oui été sacrifiés devant cette idole affreuse pour lui en offrir le cœur encore palpitaul. C'est un monstre colossal, taillé dans un bloc de basalte de 9 pieds de haut, à figure humaine difforme, unie à tout ce que la structure du tigre et du serpent à sonuettes offre de plus horrible. Deux grands serpens lui tiennent lieu de bras, et sa draperie est composée de vipères entortillées en nombreux anueaux de la manière la plus dégoûtante. Deux ailes de vautours terminent ses côtés; ses pieds sout ceux d'uu tigre avec les griffes étendues comme pour saisir la proie; et au milieu d'eux parait la téte d'un autre serpent à sonnettes , qui semble descendre do corps de l'idole. Ses orneraeus s'accordent avec sa forme hideuse; c'est un large collier de cœurs humains, de crânes et de mains enfilées par des entrailles et couvrant entièrement la poitriue à l'exception des seius difformes de la statue. Elle a évidemment été peinte de couleurs naturelles, qui devaient beaucoup ajouter au terrible effet qu'elle était destinée à produire sur ses adorateurs. Mexico possède encore quantité d'autres objets intéressans pour les antiquaires. Selon M. Beulloch on peut trouver des idoles sculptées daus presque toutes les parties de la ville. La pierre du coin du bâtiment, occupé par l'administration de la loterie , est la tète d'un serpent , d'une grandeur démesurée, que ce voyageur estime n'avoir pas moins de 70 pieds de long. Daus les cloîtres, derrière le couvent des Dominicains , on voit un serpent idole presque entier et d'un lion travail ; cette monstrueuse déil»

est représentée dévorant une victime humaine, Que Ton voit se débattre dans ses horribles méritoires. A ces objets on doit ajouter les idoles et les peintures aztèques conservées à l'université, au musée mexicain et dans la superbe collection qui appartient à don J ose- Anton u> Pic hardo, qui est la plus riche et la plus belle, et à laquelle se trouvent réunis les précieux morceaux recueillis par le savant Gaina.

Les faubourgs de Mexico sont loin de correspondre h la magnificence de la ville proprement dite ; ils sont encombrés de masures, de plâtras et d'immondices. Souvent on rencontre la misère et la plus dégoûtante malpropreté dans l'intérieur d'une construction élégante; ils sont le séjour ordinaire d'environ 10,000 mendians , qui étalent tous les signes de la misère la plus hideuse. Voici les lieux les plus remarquables situés dans les environs immédiats de Mexico, et dans un rayon de 40 milles. Mais avant tout , nous devons nous arrêter un instant pour faire connaître au lecteur le beau bassin dans lequel est située Mexico.

Le bassin de Tenochlitlau est assis sur le dos même de la cordillère; quoiqu'il offre un enfoncement assez considérable, la surface de sou sol se trouve encore à «,«77 mètrès au-dessus du niveau de la mer. Une série de cinq lacs traverse ce bassin du nord au sud; ce sont les lacs de Zupango, de San-Cliristobal , de Tezcueo, de XoclumiUo et de Chalco, qui prennent leurs noms des petites bourgades situées sur leurs bords. M. de Humboldt évalue la surface totale de ces lacs à aa lieues carrées; celle du lac de Tezcueo, qui est le plus grand, est de 10 lieues 1/10 carrées; celle des lacs de Chalco et de Xorbimilco réunis est de 6 lieues i/a carrées. Ces lacs sont reuommés par leurs jardins flottans connus sous la dénomination de clùnampas. Cette ingéuieuse iuventiou des Aztèques remonte, selon M. le baron de Humboldt, à la fin du xiv* siècle. Ces jardins extraordinaires étaient très nombreux sur tous ces lacs à l'époque de l'arrivée des Espagnols; c'étaient des radeaux formés de roseaux (totora) , de joncs, de racines et de brauches de broussailles, couverts de terreau noir. Les chinampas renferment quelquefois même la cabane de llndien qui sert de garde pour un groupe de ces jardins floltaus. On les loue ou on les pousse avec de longues perches pour les transporter à volonté d'un rivage à l'autre. Leur nombre a beaucoup diminué, et maintenant on n'eu trouve que dans le lac de Chalco ; mais en revanche il y .1 un grand nombre de clùnampas fixes. Ou en voit beau* coup tout le long du canal de la Viga dans le terre in marécageux contenu entre le lac de Chalco et celui de Tezcueo. C'est sur ces chinampas que se cultivent les fèves , les petits pois, le phnent, les pommes de terre, les artiebaux et autres légumes consommés à Mexico. La promenade que l'on fait en bateaux autour des chinampas d'istacalco est une des plus agréables dont ou puisse jouir dans les environs de cette capitale.

Chapoltefic, rocher isolé au sommet duquel s'élevait un des palais de Montezuma , et sur lequel le vice-roi Galvex fit construire un superbe château de plaisance pour lui et ses successeurs. Quoique cette construction eût coûté au roi d'Espagne i,5oo,ooo francs, on l'a laissé dépérir par ordre de la cour avant d'avoir été meublée; elle ne préseute déjà que des ruines , mais ses jardins offrent des arbres magnifiques. M. de Humboldt , fondé aur le grand âge de ces énormes cyprès, dont les troncs ont plus de 1 6 mètres de circonférence, croit que ces arbres ont été plantés par les rois de la dynastie aztèque. Tacubaja , gros village avec environ a, 000 habilans et le palais de V archevêque : presque tontes ses maisons sont de belles villas avec de superbes jardins appartenant à la noblesse et à d'autres riches citoyens de la capitale. Tlalfah , capitale de l'état de Mexico. Avant la révolution, ce n'était qu'un misérable village d'environ 3oo habitans, connu sous le nom de San- Agostïno de tas Cuevas ; il est déjà devenu une petite ville florissante, qui possède un hôtel des monnaies et compte environ 6,000 ftmes. Un grand nombre des .plus riches habitans de Mexico y passe la belle saison, et ceux des environs s'y rendent par milliers pour la Pentecôte. Ta cuba , gros village, avec environ a,5oo habitans et plusieurs maisons de campagne où les riches habitans de Mexico vont passer la belle saison; on y voit encore la belle chaussée eu pierres, par laquelle Cortez fil sou entrée dans Teuocjittllau. GuADiLurt , gros village, d'environ a,ooo habilaus, remarquable par le riche

ARRKGÉ DE GÉOGRAPHIE.

et célèbre sanctuaire de Sotre-Dame-dc-Guadelupc , bàli sur la colline de Tef wjacac , sur laquelle s'élevait jadis le tempe de la Cérès mexicaine (Cen-teotl, la déesse du maïs). Ce sanctuaire est partagé en trois temples, dont le principal e»t vaste et majestueux; on y voit l'image de la "Vierge, que la tradition populaire croit avoir été peinte par la Vierge elle-même. Les ornement en or, en argent et eu pierreries y abondent; un grand palais, réuni au temple, offre des habitations magnifiques â des chanoines. Plusieurs milliers de pèlerins s'y rendent aniiucllemeut en grandes caravanes des parties les plus éloignées de la capitale; c'est sans contredit le sanctuaire le plus révéré de (ont le Nom-eau- Monde.

Plus loin au nord ou trouve : Sap-Cbristob*l, joli village, près du lac de ce nom; oh y admire la grande digne de 4 milles de long, construite par lès Mexicains, renforcée H agrandie ensuite par les Espagnols eu i634, pour empêcher le débordement des eaux de ce lac daus celui de Teacuco. Huemuetoca, village remarquable par le célèbre daogue (canal d'écoulement) qui y aboutit, et que M. de Ifuuiboldt range parmi les ouvrage» hydrauliques les plus gigantesques que les hommes aient exécutés. Ou le regarde avec une sorte d'admiration, surtout en considérant la nature du terrein, rénorme largeur, la profondeur cl la longueur de la fosse. Si cette fosse était remplie d'eau, â une profondeur de 3o pieds, les pins grands vaisseaux de guerre passeraient à travers la raugée de montagnes qui bordeut le plateau de Mexico au nord-est. Dans l'état où il se trouvait en i8o3, ce canal d'écoulement, construit pour préserver Mexico des déberdemen» des lacs situés daus son voisinage, a depuis l'écluse de Verlideros, près de Huebuetoca , jusqu'au Salto du Rio Tula a4,S3o vares mexicaines ou ao,585 mètres. Dans cette longueur il y en a un quart sur lequel la chaîne des collines de Noehtstongo a été coupée a une profondeur extraordinaire. Plus loin et hors du bassin de Mexico ou voit : Tuuk, petite ville, bien peuplée; on y a trouvé , selon M . Beftrami , un calendrier sculpté comme eel« de Mexico sur une pierre énorme, mais qui offre, selon ce voyageur, de grandes dilïémiccs a^oc celui des Mexicains; il l'attribue aux Toullhèquesou Tollèques. M. Rel transi dit v avoir reconnu parmi ses signes le Verseau, les Gémeaux, la Vierge et autres emblème» du nôtre; la lune y est peinte sous l'image d'une laide figure , telle qu'il l'a vue chez les sauvages du Haut-Mississipi et telle qu'on la représentait chez les peuples européens, avant que Moria et Bianchiui ne vinssent uous dire que la lune était aussi un monde.

Au nord-est nous uommerous : Otumsa , misérable petite ville , jadis grande et très peuplée, remarquable par son magnifique aqueduc, par deux anciennes colonne* très curieuses et richement sculptées , et surtout par le voisinage des fameuses pyramides dites de San-Juan de Téotihuacan , du nom du village près duquel elles sont situées. La tradition populaire attribue la construction de ces monumeus aux Toultèques, ce qui parait la faire remonter au vin* ou au ix* siècle de notre ère. Ce son» deux leocallis ou temples rooaacrcs l'un au soleil et l'autre à la lune, appelés par les indigènes Tonatiuh-Ytzaqu.il (maison du soleil) et Mcztli-Yttnqual (maison de la lune). La première , qui est la plus élevée , a 171 pieds de haut et 645 pieds de long à la base, d'après les mesures prises en i8©3 par le docteur Oteyza et adoptées par M. de Humboldt : M. Reulloch estimait son élévation approximativement au-dessus de 3oo pieds anglais, tandis que le liculenaut Gtennie, qui vient de visiter ces inouumens, ne porte qu'à asi pieds anglais ou 107 français sa plus grande hauteur. En admettant celte dernière évaluation , ce monumeut serait lapins haute construction de tout le Nouveau-Monde. Nous avons vu à la page 863 que la pyramide de Chéops , qui est le plus liant monument de ce genre qui existe sur le globe, a, d'après des mesures exactes, 428 pieds d'élévation. La hauteur du teocalli de la lune est de 34 pied* inoindre que celle du teocalli du soleil. Cette pyramide est plus dégradée que la précédente. M. Reulloch trouva sur son sommet les ruines d'un ancien monument de 4? pieds anglais de long sur t\ de large; les murs sont construits en pierres non taillées, liantes de 8 pieds et épaisses de 3. Les faces de ces édifices sont exactement orientées selon les points cardinaux , comme toutes les pyramides égyptiennes asiatiques t cl mexicaines. Leur intérieur est d'argile mêlée de petites pierres; ce noyau est revêtu d'un mur épais d'amygdaloïde poreuse. On y reconnaît eu outre des traces d'une couche de chaux, q*ù enduit les pierres en dehors. Un escalier, construit ec grandes pierres de taille, conduisait jadis à leur cime; c'était là que , d'après le récit des premiers voyageurs, s'élevaient de petits autel* avec des coupoles construite* en bois, et se trouvaient des statue* cou-

varies de lames d'or très minces. Chacune des quatre assîtes principales était subdivisée en petits gradins de 3 pieds de haut, dont on distingue encore les arrêtes. Ces deux teocallis sont environnés d'un grand nombre de petites pyramides qui ont à peine 27 à 3o pieds d'élévation. Ces munumens forment des espèces de rues très larges qui suivent exactement la direction des parallèles et des méridiens, et qui aboutissent aux quatre faces des deux grandes pyramides. Sur la plupart des petites pyramides on remarque, dit M. Gleunie , des hiéroglyphes et des débris de poterie ornés de diverses ligures en bas-reliefs ou eu creux. Il parait assez certain qu'elles servaient de sépulture aux chefs des tribus. • On voit par ces détails, dit M. de Humboldt , que ce teocalli avait une grande analogie de forme avec le monument antique de Babylone que Strabon nomme mausolée de Belus , et qui n'était qu'une pyramide dédiée à Jupiter Belus. Ni le teocalli, ni l'édifice babylonien n'étaient des temples dans le seus que nous atlarhous à ce mot, d'après les idées que les Grecs et les Romains nous ont transmises. Tous les édifices consacrés aux divinités mexicaine» formaient des pyramides tronquées; ces deux grands teorallis, ainsi que ceux de Cholula et de Fanant la, confirment cette idée; ils iudtqtienl ce qu'ont été les temples inoins considérable* construits dans les villes de Tenochtitlan et de Tezruco. Des autels couverts étaient placés au sommet des teocallis; ces édifices rentrent par-la dans une même classe avec les monumens pyramidaux de l'Asie, dont anciennement on trouvait des traces jusqursen Arcadie; car le mausolée conique de Callistos, qui était un vrai tumulus couvert d'arbres fruitiers, servait de basfr à un petit temple consacré à Diane. »

A l'est de Mexico on trouve : Twcrco (|adis Acollmacan), assemblée de petites maisons et de chaumières décoré du titre de ville; on lui accord»- 5,ooo halutans; mais les importantes ruiues qu'on voit dans sa banlieue attestent la grande éfcnd»:e de !a capitale des Acolhuacausou A collines, qui furent, avant les Aztèque*, les dominateurs de toutes les contrées environnantes. A vaut l'invasion des Espagnols, quoique tributaire de Montezuma . elle était regardée comme la ville la plus savante de l'empire ; c'était pour ainsi <\\nV Athènes de l'Amérique, étant la résidence des historiens, des orateurs, des poètes , des artiste* et des hommes célèbres dans toutes les sciences cultivées par les peuples Aztèques; elle a été aussi le siège de plusieurs rois et entre autres du sage Nczahualcojotl . qu'on pourrait nommer le Salon anu rican par la sagesse de ses lois et par son vaste >u\oir. Il fut poèta distingué, et quelques-unes de ses poésies se sont conservées. Il avait aussi acquis quelques connaissances en astronomie en observant fréquemment les astres, et s'était appliqué à connaître les plautes et les animaux; et tous ceux que le climat de son oyaume ne lui permettait pas de posséder vivans, il les avait peints. Il rechercha les causes de plusieurs phénomènes, ce qui le conduisit à la connaissance de l'être suprême et a l'horreur de l'idolâtrie et des sacrifices humains; mais les préjugé-» religieux de ses sujets l'obligèrent à les rétablir, à condition cependant qu'on ne sacrifierait plus qne des prisonniers de guerre. Il mourut en 1470 , après 34 ans d'un régne qui , en admettaut la vérité de tout ce que Hernaudez et autres savans ont raconté de ce prince, nous parait être le plus remarquable de toutes les Annales du Nouveau-Monde, (/est ici que, pour affaiblir l'incrédulité du lecteur, nous rappellerons que dans le Mexique et le Pérou, comme au Chili et dans d'autres pays peu civilisés, il se trouvait dans chaque village des hommes doués dune mémoire étonnante, des archives pour ainsi dire vivantes, par lesquels les traditions des faits, ainsi que les traditions de harangues, renfermant les traits principaux de la religion et de la politique, se transmettaient de génération en génération daus toute leur pureté. I*s fondations, dit M. Beullocb, et les restes des temples, des forteresses, des palais et autres édifices de grande éteudue suffisent pour attester l'ancienne splendeur de Teicuco. O y voit encore les ruines du palais bàii par les Espagnols après la conquête, et les casernes construites pour Cortez par le jeune cacique de Tezcuco son allié; ce bâtiment est encore entier, eutouré d'une muraille de ao pieds de haut , sur le sommet de laquelle les traces des pas des sentinelles espagnole sont encore visibles, l e palais des anciens caciques ou rois tributaires de Tezcuco, avait 3oo pieds do long, et formait un des côtés de la grande place; il était construit sur des terrasses en pente élevées les une* au-dessus des autres; quelques-unes de ces terrasses sont encore entières et sont recouvertes d'un oiraeiit très dur, aussi beau que celui des édifices romains. D'après ce qu'on connaît des anciennes fondations, ce palais devait occuper plusieurs acres de terreiu.

Il était bâti en gros blocs de pierre l>asal tique de 4 ou S pieds de long et de a oo S [►ieds de large, taillées et polies avec la plus graude pureté. Uoe vaste église, érigée auprès de ces ruines, a été presque entièrement bâtie avec les matériaux qui ea ont été tirés. M. Beulloch pense que la plupart des bilimens de Tezcuco sont peu différeus de ce qu'ils étaient avant l'arrivée des Européens, circonstance qui ajoute à l'intérêt qu'inspire la vue Je cette petite ville. On doit aussi mentionner le bel aqueduc de construction indienne, plusieurs tumuli ou pyramides de briques, ainsi que le palais de la ville, où Cortez et toute sa petite armée furent logés. C'est sur la place du marché de Tezcuco que le premier évéque de Mexico , Sominarica , mu par un zèle excessif et mal entendu , ras sembla tous les documeus concernant l'histoire du Mexique, la littérature et les arts, enfin toutes les peintures , manuscrits et hiéroglyphes aztèques, en forma une pyramide , et les livra aux flammes.

A deux milles de Tezcuco est situé le village indien de Huexotla; c'était autrefois une place de grande importance, comme l'attestent ses murailles et ses ruines. M. Beulloch y a vu les l'oudatious d'un pa/ait, dans lequel deux grands réservons d'eau étaient encore assez bien conservés. L'ancienne muraille, haute de près de 3o pieds et trèi épaisse , s'étend à une graude distance , et sa construction extraordinaire mérite quelques détails ; elle est divisée en cinq parties inégales superposées. La plus considéra Me est bâtie eu pierres ovales fort larges, dont les extrémités dépassent et donnent à la bâtisse l'apparence d'avoir été faite de crânes humains ; une corniche en saillie sépare celte partie des autres. Plus loin ou trouve, au pied de la montagne conique nommée Tescotutgo, un lieu que les indigènes appellent Bano de Mo n t e zum a , parce qu'il a servi de bain à ce monarque. C'est uu beau bassin de la pieds de long sur 8 de large; au milieu est un puits de 4 à 5 pieds de profondeur , avec un parapet de a pieds et demi tout autour. On y voit aussi un trône ou siège, tel que les anciennes peintures représentent ceux qui servaient au roi. Il y a des escaliers pour descendre dans le bassin, et le tout est coupé dans uu rocher de porphyre avec une précision toute mathématique et un poli parfait. Selon M. Trinidad-Rosalia , qui a visité ces monumens , on voit des vestiges de constructions très distincts jusque sur la cime de la montagne de Tescostogo; elle est perforée par des excavations artificielles ; un escalier conduit à une d'elles près du sommet. On trouve , dit M. Beulloch , dans les environs des terrasses avec des parapets', bâties en pierres et en ciment, où il reste encore des vestiges d'un stuc plusdur et plus beau que celui de Portici et d'Hcrculauuin ; quelques uues de ces terrasses sont construites sur des p.écipices , d'autres sont coupées dans le roc. Ce voyageur pense que ces restes étaient des antiquités avant la découverte de l'Amérique, et que les monumens auxquels ils ont appartenu avaient été érigés par un peuple dont l'histoire était perdue avant la fondation de Mexico.

Au sud et au sud-est de Mexico on trouve : Xochucilco , près du lac de ce nom, petite ville importante par sa population industrieuse, et par quelques restes de sa grandeur passée. Toujours daus le même rayon , mais beaucoup plus loin , on voit le volcak Porocxi »peti», qui est la plus haute cime des cordillères mexicaines, et le most Iztaccihuatl (la Femme Blanche), qu'on doit aussi ranger parmi ses plus hautes montagnes. Cn\tco, sur les bords du lac de ce nom , petite ville renommée par le graud marché qui s'y tient tous les vendredis , par ses chinampas , ou îles flottantes mentionnées a la jwuje io55, et par la magnifique digue construite par le vice-roi Yelasco après l'inondation qu'éprouva Mexico en j 555 , dans le but d'empêcher l'irruption des eaux du lac Chalco dans celui de Tezcuco.

Enfin , au sudouesl , on trouve d'abord Luxau , petite ville assez bien bâtie . remarquable surtout par sa magnifique chaussée, et plus loin Toloca, importante par sa population , par la haute montagne à laquelle elle donne son nom, et par ses manufactures de savon et de chandelle; ou y prépare les meilleurs jambons et les meilleurs saucissons de toute la confédération.

Pukbla (Puebla de los Angeles) , grande et belle ville, capitale de l'état de ce nom , située sur une des plaines les plus élevées du plateau d'Anahuac , au milieu d'un territoire bien cultivé et renommé par sa fertilité et par la bouté du climat. Des rues larges et tirées au cordeau; de belles églises , dont les richesses et les décors intérieurs rivalisent avec celles de

DESCRIPTION DR L'AMÉRIQUE

la cathédrale de Mexico, et surpassent celles de tous les autres temples du christianisme; de belles places; une population qui, malgré ses pertes, s'élève encore à 70,000 âmes; un commerce très étendu et de nombreuses manufactures, quoique depuis quelque temps en décadence, assignent à Puebla le second rang parmi les grandes villes de la confédération Mexicaine. Elle est aussi le siège de l'évéché le plus riche après le diocèse de Mexico, et de la cour de justice qui comprend dans son ressort les états de Puebla, Vera-Cnu et Oaxaca. Les maisons de cette ville sont vastes, la plupart élevées de trois étages , avec des loits plats, dont quelques-uns sont couverts en tuiles vernies de diverses couleurs, arrangées en mosaïque et formant des peintures qui représentent généralement des sujets de la Bible; ce qui produit un bel effet, entièrement différent de tout ce qu'on voit en ce genre en Europe. Quelques maisons sout peintes à fresque comme celles de Gênes. Notre cadre ne nous permet pas même de nommer tous les nombreux édifices qui décorent Puebla ; uous nous bornerons à signaler les suivans : la cathédrale , vaste édiGce qui forme un des cotés de la grande place; on doit la ranger parmi les plus beaux temples du monde, et surtout parmi les plus riches; on y admire le grand autel, qui forme à lui seul un temple superbe. Ses nombreuses et élégantes colonnes , avec des plinthes et des chapiteaux d'or bruni, son magnifique autel en argent, couvert de statues, de vases, etc. , etc. , sont d'un effet admirable et peuvent soutenir la comparaison avec la fameuse confession de Saint-Pierre-de- Home; cette partie de la cathédrale, exécutée par un artiste italien, d'après des dessins faits à Rome, a coûté presque un demi-million de piastres. Viennent ensuite Véglise de Saint-Philippe- de-Ncri , la plus grande après la cathédrale; celle du Saint-Esprit, grand et beau bâtiment; le vaste et bel édifice de l'ancien collège des jésuites y est annexé; les églises et monastères de Saint- Augustin et de Saint-Dominique , remarquables par leurs grandes dimensions et par la richesse extraordinaire de leurs maîtres-autels; celui de Saint-Dominique, élevé de plusieurs degrés, dit M. Beulloch, est en argent ainsi que tous ses ornemens; enfin la petite église de Sainte- Monique , qui mérite d'être citée pour la richesse de sa voûte, de ses murs couverts de sculptures du travail le plus précieux , et pour ses tableaux , ses statues et ses ornemens d'argent. Mais nous ne devons pas oublier la maison de retraite spirituelle ; c 'est un bâtiment magnifique , plus étendu, dit M. Beulloch, que le plus vaste des palais d'Angleterre, et qui a des revenus plus considérâmes qu'aucune des grandes institutions de charité en Europe. Il a été fondé pour servir de refuge aux personnes des deux sexes qui désirent se soustraire aux soins et aux distractions du monde afin de se préparer dans le silence , la méditation et la prière , à recevoir les sacremens et à remplir les autres devoirs imposés par l'église catholique. Tout individu peut s'y retirer sans aucuns frais pendant une semaine. Les pénitens y passent tout ce temps chacun dans sa chambre, excepté les heures des repas, qu'ils prennent en commun, et celles des dévotions publiques dans la chapelle. Les longues galeries dans lesquelles ils peuvent se promener sont très richement ornées de crucifix d'or et d'argent, et leur magnificence fait un contraste frappant avec la simplicité des sombres cellules, où le solitaire est renfermé pendant la plus grande partie de la journée. Plus de mille personnes profitent annuellement de cette pieuse fondation. Le célèbre séminaire Palafoxien , un des principaux établissement d'instruction

1ftf|0 ABRÉGÉ DE GÉOGRAPHIE.

publique du Mexique , et sa riche bibliothèque ouverte au public, doivent •mssi être mentionnés; cette dernière passe même pour être la meilleure de toute la confédération pour tout ce qui concerne les matières ecclésiastiques Fn 1826, on publiait à Puebla deux journaux. Nous ferons remirciiier avec M. BeuUoch qu'un antiquaire, en visitant cette ville, pourrait se croire reporté au moven Age, tant par la forme des bâttmens que nnr des usages et des mœurs semblables à ceux de ce temps. Les mêmes jours de (êtes, les mêmes diverlissemens usités en Europe aux xiv< et xvsiècles a v retrouvent encore.

Dan*' les environ* et dan* un rayon de ao milles on Irouve : Cbolula (Churuf/ecai de Corlert , jolie viP.e as<ez bien batte , environnée de telles plantations d'agavé ; on lui accorde .O.ooo habitans. l.'etait , au temps de la conquête . une graude ville, capitale d une espèce de république olitrarebico-tbéocralique, une des puissances temporelles les plus considérables de cette partie de l'Amérique et sa première puissance spirituelle. « Elle était , dit M r.eUran.i, la Wra,h R»»', la Mecque de VJnahuac, l'endro.t ou tous les nriin'.is de c es vastes régions se reniaient en pèlerinage pour v.s.ter le* Ceux saints ; m L dieux et les prêtre* faisaient plu< de miracles qu'ailleurs et diea.ent les plus pures doctrines de la foi. Pe mi me que d'autres villes saintes de l'Ancien Continent , elle re- Por-eait de pauvres , tandis qu'on n'en trouvait pas dans tontes les autres villes du Mexique*... Outre le grand trœaHi , il y avait, dit-on , autant de lemplus que de jours dans IWièe I a «rande pyramide tronquée ou le grand teocaltt , consiste, dit M. de Hum- ,'oldt en quatre assises ; dan* son état actuel elle n'a que i?a pieds d élévation, mai» rlleena « 355 de largeur horizontale à sa base; elle est construite de courbes de brique* oui alternent avec des' courbe, d'argile. A» milieu de la plateforme . dont la surface est de i \oo mètres carré,, s'élève nue église dédiée à Xotre-Dame de las Remédias, qui est entourée de rvprès et dans laquelle la messe est célébrée tous les matins par un ecclesias- ,H,ue de rare' indienne , dont le séjour habitue» est la cime de ce monument.

T. asr u.% (TlascaUan), misérable petite ville , chef-lieu du territoire de ce nom ; eHe n'a d'antres souvenirs de son ancienne splendeur que les vestiges de son grand temple et ceux des tranchées, des fossés et de la grande mnratUe de 6 milles de long qui servaient à la détendre, lorsqu'elle était la capitale de l'état le plus puissaut de i'Analiuac aorès l'empire de Mexico, et qu'elle renfermait une population qui parut a Corfez plus considérable que celle de Grenade. Tlaseala était alors le siège d'un grand marche, ou niaient toutes peuples voisins pour échanger leur superflu contre les denrées , le cotonles toiles de n.aguev et la cochenille qui y abondaient. Son gouvernement, q«, était rrnnhlicain offrait des conformités avec plusieurs des gouvernemens de I antiquité , du Zen Age e\ des temps modernes, »n territoire, très frrtde et très peuplé, renfermait d ». nreî la carte faite par les indigènes et conservée à la municipalité (calnldo) , treize v,ll«, formaient, pour ainsi dire, autant de honnies. Les barons qu, les gouvernaient re enient desnuatre chefs, et tous ensemble formaient le grand couseil qui choisissait celui des chefs préposés au commandement des armées ; ils opinaient sur les questions importantes de la république, et, comme les barons sous l'empire du moyen âge eontr,tuaient de leur contingent respectif en hommes dermes , en. provisions etc. (.étaient eux qui administraient la justice jusqu'à un certain degré dej^ district • mais on se ponrvovail devant la dicte , c «t-a-dire , desant les quatre chefs reunis, a épient à-la-fois investi du pouvoir judiciaire suprême et du pouvoir executif pour le* a I ires de haute importance, et principalement pour l'inobservation des forrnes. Les a « re c hef* se rendaient chacun dans son district à une certaine époque de I année , pour ? administrer la justice, comme le préteur peUegiinus et les proconsuls des Romains. com,£ lés Ifs de justice de l'Angleterre et des Etats-Ums , comme les juge. de. cour* TZZ ue Franee. Chose singulière, s'écrie M. Rel.rami , es sesuons anglaises , les assises u^n^ses étaient pratiquées par ces peuples que l'on a peints et traites comme des ^brutes! UsTascai.hecasCTlascalstéques). les Cempcvalthecas et les Xocoalthee.s ^«^T gnols, aidèrent ces étrangers à prendre Tenochtillan et contribuèrent à sa rome. Apre* la conquête, Tlaseala continua à se régir par ses propres caduques, sous I

l'Espagne et sous la surveillance d'un surintendant espagnol ; elle ue détail qu'un tribut auuuel à l'Espagne, A l'époque de la révolulion elle essaya eu vain de devenir un état ; mais le congres général n'eu a fait qu un territoire , qui est presque eutia emeul enclavé daas les limites de l'état de Puebla.

Tefeaca (Tepeyacac) , petite ville , jadis capitale d'un étal iudépeudant du Mexico, qui comme Tlascala contribua puissamment à sa ruiue. Ou ue doit |»as qui'ler les cmiruiu de Puebla saos sigualet lu grande carrure de bel albâtre qu'on exploite pre* de cette ville; on eu tire dts lames immenses employées comme vitres aux fenêtres des monastères cl des églises; on en fait aussi les fonds baptismaux et autres vases sacrés; des blocs énormes, dit M. heulloch sont transportés à peu de frais à Vera-Crux; de la il serait facile d eu faire passer en Europe , où ce serait uue murcliaud.se d uue valeur considérable.

Voici les autres villes les plus remarquables de la confédération; nous les indiquerons d'après les états et territoires où elles sont situées, en suivant l'ordre du tableau des divisions administratives donné à la paye 10 \G.

Dans PETAT DE MEXICO : Ti.ali-an, Tula, Texclco el Toucc*. que nous avons décrites dans les envi rous de Mexico, aux pages io55, joârî, 11167 et io58. Cukrxavaca, importante par sa population, mais encore plus par le monument ancien , connu sous le uom de retranchement militaire de XoclucaLo i\m se trouve dans sou voisinage. C'est, dit M. de Ilumboldl, uue colline isolée , de 117 mètres d'élévation . euiourée de fosses , et divisée à main d'hommes en cinq assises ou terrasses, qui sont revêtues de maçonnerie. Le tout forme une pyramile tronquée, dont les quatre faces sont exactement orientées selou lus quatre points cardinaux. Les pierres de porphyre à base ba>altique. sont d oue coupe très régulière et ornées de ligures hiéroglyphiques, parmi lesquelles ou disliugue des crocodiles jetant de l'eau . et, ce qui est très curieux, des hommes assis les jambes croisées à la manière asiatique. La plaie- forme de ce monument extraordinaire a près de y,ooo mètres carrés, et prèseutc les ruines d'un pelil édifice carré, qui servit sans doute de dernière retraite aux assiégés. Acapulco , petite ville . adossée à une chaiue de monta* • gnes, dont la réverbération augmeute la chaleur étouffante de l'été. Son port passe pour être le plus beau du Mexique, mais sau air est pestilentiel pendant le-» grandes chaleurs; c'est ce qui s'est opposé à I .ccroissemeiit de la population , qui malgré lus progrès qu'elle a faits dernièrement ne dépasse pas encore 4.000 âmes. Sous la dnmiualiou espagnole, Acapulco offrait une foire brillante lorsque, à l'arrivée du galion de Manille , uu grund nombre d'habitaus des villes environnantes accouraient dans cette ville pour y acheter les marchandises dont ils avaient besoin, et vendre celles dout ils voulaient se défaire. Tixtlak , petite fille, résidence du gouverneur d'Acapulco pendant la muuvattc saison. ZiMAFAit , Real dbl M on te , près de Pachuca, TuxMAStAi.ru: et Tasco, célèbres par leurs mines d'argent ; Tasco est aussi remarquable par son cglise paroi**iaU , rangée parmi les plus beaux temples du Mexique.

Dans TETAT DE QCERETARO : Qoeretaro, une des plus bel les villes du- Mexique par la magnificence de ses bal i mens et le charme de sa situatiou; elle est aussi uue des plus riches, des plus industrieuses et des plus peuplées. Toutes les rues se croisenl à angles, droits et aboutissent à ses trois places principales. L'aqueduc formé d'une rangée d'arches 1res élevées , ouvrage digue des Romains, et ie couvent des, religieuses de Sauta- Clara, le plus grand peut-être qui existe, puisqu'il a plus de deux milles de tour, sout les objets les plus remarquables. Queretaro possède uu a?sez beau collège , et une bUdiot/ièque assez riche dans le couvent de Sau-Fi aucisco. Sa population , qui s'est élevée avant la révolution jusqu'à près de 5o.ooo âmes, n'est esimiée actuellement qu'à environ 3o,ooo. Cadercita , petite ville, importante par les riches miues d'argent d'£/-<0octort Mac oui et Sa n - C h ri s to bal comprises dans sou district. Sam-Juaw-oel- Rro, remarquable par sa grande foire du mois d'octobre et surtout par le sanctuaire de Noire-Dame qu'on appelle la Madone de San Juan dtl Rio , visité par un grand nombre de pèlerins. C'est uu graud temple d'une architecture aussi simple que magnifique ; un seul autel de grandes dimensions s'élève au milieu de la joucliou des nefs, et uu vaste dôme le couronne ; deux clochers très élevés qui accorapa;;ucut la façade ajwuleut au grandiose de cette belle église.

Dan* l'ËTAT DE GUANAXUATO : Gcakaxcato , bâtie à l'endroit où aboutissent toutes les gorges qui mènent aux plus riches mines d'argent du monde. C'est le prodoit de ces mines qui en a fait une ville magnifique malgré les désavantages du sol; mais on a su tirer parti de toutes les sinuosités du lieu, s'y ménager deux places assez jolies et construire de beaux bâtimeus, de superbes églises, des maisons élégantes , un petit théâtre et une londiga ou grand bâtiment, servant à -la-fois d'entrepôt et de marché à toutes les deurées qu'on introduit pour le commerce et la consommation de la ville. C'est dans cet édifice même que la révolution et la contre-révolution commencèrent à déployer cette série d'horreurs et d'atrocités, qui ont donné une funeste célébrité à l'histoire de ces dernières années. G uanax.ua to possède un hôtel des monnaies, un collège assez fréquenté et une école modèle à ta Lancaster; elle est en outre le siège de la cour de justice, dont le ressort s'étend, outre l'état de Guanaxuato , sur ceux de Mechoacan , de Queretaro, de Suu-Luis-Potosi et sur le territoire de Colima. En 1806 et 1807 , époque la plus florissante de l'exploitation de ses mines, Guanaxuato avec sa banlieue a compte jusqu'à 90,000 babitans; cette population pendant la guerre est descendue jusqu'à ao,ooe âmes; actuellement on la porte jusqu'à 60,000. Les mines d'argent de Guanaxuato, de la Sirena, de las Animas, de Penafiel , del Sol» de San~Vimc«nte , de Rayas, de Santa- Anita, du Mellado, de la Catla, de la Calice, del Secho, de San-Lorenzo, de las M aravillas , de Valenciana, de YEsperanza, de Santa- Mosa, de Ylndiana, de San-Raphael, etc., etc., environnent Guanaxuato et ont formé par leur exploitation comme autant de faubourgs, dont plusieurs ont une population très considérable; on évaluait celle de Valenciana immédiatement avant la révolution jusqu'à 16,000 âmes. La Valenciana , dit M. de Humboldt , offre l'exemple presque unique d'une mine , qui pendant plus de 40 ans, n'a jamais donné à ses propriétaires moins de deux à trois millions de francs de profil annuel. Depuis 1804 elle n'a cessé de fournir annuellement un produit d'argent de plus de quatorze millions de livres tournois. Il y a eu des années si productives que le profit uet de «s propriétaires, MM. Obregon et Otero , s'est élevé à la somme de 6 millions de francs. Mais l'on doit aussi ajouter que c'est peut-être la mine dont les frais d'exploitation sout les plus considérables à cause de son immense profondeur; en i8o3 elle avait atteint 5i4 mètres. On la regarde dans le pays comme la plus profonde que les hommes aient creusée; dans la même année la mine BerchertGtuck , à Freiberg , dans le royaume de Saxe , avait atteint 447 mètres de profondeur perpendiculaire. On croit, ajoute M. de Humboldt, qu'au xvi* siècle, les travaux des mineurs Saxons, dans le filon Alter-Thurmhof , allaient jusqu'à 545 mètres de profondeur. En i8o3 la dépense de l'exploitation de la Valencian* montait à la somme énorme de 5,ooo,ooo de fraucs, dont 400,000 francs pour le seul achat de 1,600 quintaux de poudre; 3, 100 ouvriers indiens et métis y étaient employés; 1,800 Tétaient dans l'intérieur de la mine. La quantité de minerai livré à la fonte et à l'amalgamation a été de 720,000 quintaux ; le produit métallique de 36o,ooo marcs d'argent et le profit net des actionnaires de trois millions francs. Malheureusement pendant les troubles causés par la guerre de l'indépendance et ses suites, tous les travaux nécessaires pour tenir à sec la mine ont été négligés; l'eau s'en est emparée et ses propriétaires ont été dans l'impossibilité de reprendre son exploitation ; c'est le sort qu'ont éprouvé presque toutes les autres mines du Mexique, surtout celles qui, étant les plus profondes, en étaient aussi les plus riches. Le Mexique s'est vu ainsi privé des immenses trésors qu'il en retirait annuellement. Des compagnies de capitalistes Anglais ont entrepris dernièrement leur exploitation , et déjà d'après les nouvelles les plus récentes ils sont parvenus à se rendre maîtres des eaux , qui inondaient la Valenciana et la Rayas ; ces riches mines commencent déjà à fournir des quantités considérables d'argent. Nous rapprochons ici le produit en argent que M. de Humboldt assigne aux plus riches mines de l'Amérique, afin de fournir au lecteur le moyen de comparer la Valenciana aux mines les plus célèbres par leurs richesses. C'est par des comparaisons faites avec des éléroens vraiment comparables et soumis à un examen rigoureux, comme le sont toutes celles que ait ce savant, que l'on peut se former une idée de l'immense quantité d'argent mise eu circulation par les mineurs du Mexique et par ceux du Pérou. Le filon de Guanaxuato comprenant la Valenciana , la Rayas et autres mines, fournissait au commencement du xix* siècle 55 1,000

DESCRIPTION HE L'AMÉRIQUE. 106.1

marcs d'argent; le filon de Catoixe, 400,000 mares; celui de Zacatccas, de 335 à 403,000 marcs; le tilou de Pasco ou de Lauricocka, 3 00,000 marcs; le filon de Potosi, 400,000 marcs. Maïs on doit faire observer que la seule mine de Falenciana , dans le filon de Guauaxnato, a donné immédiatement axant la révolution jusqu'à 63o,ooo marcs d'argeut ; que le produit du filon de Pasco , quelques années après l'établissement des pompes i feu, s'est élevé preso.ua 480,000 marcs, et que U quantité moyenne fournie par le filon de Potosi, de i585 à i595,a été au moins de 887,073 marcs; selon d'autres calculs cette quantité aurait été même de 1,497,380 marcs. Mous avons déjà vu que toutes les mines d'argent de l'Europe ne fournissent qu'environ a 1 5, 000 marcs!

Léon, charmante petite ville, avec de belles rues tirées au cordeau , dont les principales vont aboutir à une superbe place, ornée d'une somptueuse église paroissiale, de beaux |K>rtiqoes, du palais du gouvernement et de riches magasins; le commerce y e»t très actif; elle est la plus peuplée de l'état après Guanaxuato et l'entrepôt principal de la fertile province nommée Baxio, théâtre funeste des plus grandes horreurs qui de nos jours ont ensanglanté le Mexique. Dans un rayon de 3o milles on trouve les ruines de deux forts qui ont acquis à cet égard une funeste célébrité; ce sont le fort de Sombrero {Cornant a des royalistes), bâti par les patriotes, sur le sommet d'uue montagne; c'était le boulevard de la révolution. Le fort de lot Remédias, construit sur la cime d'une autre montagne, et résidence du Padre Torres, un des principaux chefs de l'insurrection , renommé par son épouvantable cruauté. Hioaloo (jadis Dolores), gros village, où commença la révolution du Mexique, dirigée par son célèbre cure Hidalgo. Zrlaya, ville riche, marchande et bien bâtie; la magnifique relise îles Carmes, dont on vante beaucoup la tour et le dôme, est un des plus beaux temples du Mexique. Dans sa banlieue ou pas*: la Laxa sur un pont superbe. Allé*™ (jadis San-Migucltl-Grande), importante par ses manufactures, et Iramjato, par sa population, qui dépasse 16,000 âmes; Salamaxga, remarquable par la fertilité de son territoire et par sa magnifique église des Augustin* , où Ton conservait un très riche trésor de la Sainte- Vierge. El-Jaral, gros village d'environ 3,ooo âmes, avec un magnifique palais, où séjourne de temps en temps le marquis d' El-Jaral, regardé comme le plus grand propriétaire du Mexique; ses possessions sout plus étendues que plusieurs ro s au mes de l'Europe; on estime leur surface à plus de 40,000 milles carrés. M. Ward porte à euviron 3, 000,000 les tètes de gros et de menu bétail qui vivent sur ses possessions; et à 3o,ooo le nombre des moutons envoyés tous les ans à Mexico, où ils sout vendus à raison de ao à 24 réaux par tète; c'est sans doute un des plus riches particuliers du monde.

Dans l'ÉTAT DE MECHOACAN : Vallaoou», ville épiscopale, bien bâtie; l'aquedue, dont la construction a coûté près de 5oo,ooo francs; la cathédrale et le séminaire qui est un des plus fréquentés de la Confédération , méritent d'être mentionnés; ou lui accorde 2 5, 000 habilaus. Pasclaro, jolie petite ville, remarquable par la beauté de sa situation, sur les bords du lac de ce nom. Ziutzuhzakt , très petite ville , jadis capitale du royaume de Mechoacan, foudé par les Tarasques, dont nous avons parlé à la page 975. Tlaltoxabua (San-PeoVo-y-San-Pablo-Tlalpuxahua), importante par sa population et ses mines d'argent; Zamora et Aaio, par leur commerce. C'est dans les environs de celte dernière, qu'en 1769 s'est formé le volcan de Jorullo (Xorullo, Juruyo), phénomène unique dans son genre, puisque, dit M. de Humbotdt, la géologie ne nous offre aucun exemple, où dans l'intérieur d'un continent, à 36 lieues de distance des côtes, à plus de 4» lieues d'éloignement de tout autre volcan actif, il se soit formé soudainement, au ceutre d'un millier de petits côues enflammés, une moula^ne de scories et de cendres, haute de 517 mètres , en ne la comparant qu'au niveau ancien des plaines

Dans l'ÉTAT DE XALISCO , qui est le plus peuplé après celui de Mexico, et le plus étendu après ceux de Sonora-Cinaloa , de Cohahuila-Texas et de Chihuabua : Gladalaxar a, grande et belle ville , siège d'un évèché très riche. Ses rues tirées au cordeau et spacieuses , ses places nombreuses, grandes et symétriques, de nombreuses fontaines alimentées par un bel aqueduc d'environ 14 milles de long, des maisons grandes et d'une assez belle apparence , quelques palais d'un aspect imposant, et plusieurs églises et couvens magnifiques doivent la taire ranger à côté des plus belles villes de l'Amérique. La cathédrale est un

vaste temple surmonté par deux clochers; malgré la bizarrerie de son architecture elle est par ses ornemeus uue des plus belles églises du Mexique; on y admire de superbes tableaux des plus grands peintres de l'Espagne; une multitude de lampes et de vases en or el en argent , enrichis de pierreries et autres objets magnifiques. L église de Saint- François est peut-être aussi magnifique que la cathédrale, et elle est d'une architecture plus régulière; le couvent dont elle dépend est vaste e t renferme dans sou enceinte quatre autres églises assez étendues; nous citerons ensuite Yéglise et le couvent des dugustins.Ou doit aussi nommer le ci-devant couvent des jésuites, occupé depuis longtemps par Vuniversité; celle-ci est de l>caucuup inférieure à celle de Mexico; c'est dans son église que se trouve le sanctuaire de Notre-Dame de Lorette ; le séminaire, bâtiment spacieux et bieu distribué, ainsi que V hôtel des monnaies ; rualheureusemeut les mines à' Estanctas , de Palmareco et de Bolanos, qui naguère encore restaient fermées, ne lui envoient plusses lingots d'or et dardent. Nous avons déjà fait mention de Y université et du séminaire; on doit citer encore parmi ses principaux élabltssemens littéraires le collège et Vécole modèle à la Lan caste r. En 1826 on publiait quatre journaux dans cette ville , qui est le siège de la cour de justice, dont le ressort s'étend sur les états de Xaliscoet de Zaratecas. On varie beaucoup dans la détermination de sa population; niais tous les Mexicains que nous avons eu occasion de consulter se sont accordés à la porter au-dessus de 3o,ooo âmes; c'est apparemment en étendant sa banlieue beaucoup au-delà de ses faubourgs immédiats, qu'on a estimé à 70,000 le nombre de ses habilaus; nous croyons qu'on pourrait bien \m en accorder 45,ooo.

Nous nommerons eucore dans ce vaste état : Lagos, ville très florissante avant la révolution et reuoramée par sa foire célèbre; Sak-Blas , très petite ville , mais très importante par son arsenal maritime, le premier établissement de ce genre que possède la Confédération; son climat est tellement malsain pendant la saison chaude, que les employés et toutes les personnes aisées se retirent à Tsric, ville charmante, qui à cause de sa situation élevée jouit d'un meilleur climat. Bon* os, gros bourg, considérable par sa riche mine d'argent. Barca , gros et beau bourg, commerçant; Korula, autre beau bourg, avec un temple magnifique, qui est en même temps un sanctuaire célèbre. Cbapa la , gros bourg , sur les rives du beau lac auquel il donne son nom, et sur lequel s'élève l'île Mescala, si célèbre dans les annales de l'indépendance. Voyez à la page 1046.

Dans TETAT DE ZACATECAS : Zacatecas, ville de médiocre étendue, mais très importante par la richesse des mines d'argent qu'on exploite dans sa banlieue , parmi les* quelles les mines de San-Juan-fiatista , de Panuco et de Guadalupe de Vetn-Grande sont les plus riches. Zacatecas possède un collège et un luitel des monnaies, qu'on peut regarder comme le second de la Confédération. Eu i8a6 ou y publiait un journal et on estimait sa population à a 5, 000 âmes. A 3 milles de Zacatecas se trouve le magnifique temple de Auestra Senora de Guadalupe.

Agu AS" Ca (.liantes , ville de médiocre étendue , mais une des plus belles et des plus industrieuses du Mexique; son climat délicieux et la fertilité de son sol bien cultivé, lui procurent abondamment presque tous les fruits et toutes les denrées des deux mondes. Les grandes routes qui y aboutissent et l'activité de ses babitans l'ont rendue le centre d'un graud commerce intérieur; elle est surtout renommée par sa grande manufacture de drap, qui employait encore dernièrement, selon M. Ward, 35o personnes , et par les eaux thermales qu'où trouve dans son voisinage, et auxquelles elle doit son nom. Sa popuialiou parait dépasser 20,000 Ames. Jeiuz, Pmo, Nochistlak, Sombrerete et Frrsnillo, petites villes, remarquables par leur population, que M. Ward estime de c 4 à 18,000 âmes ; celles de Sombrerete et de Fresnillo sont eu outre importantes par leurs riches mines d'argent. Nous rappellerons même avec M. de Humboldt, que la Veta-Ncgra de Sombrerete a offert l'exemple de la plus grande richesse que jamais filon ait montrée dans les deux hémisphères.

Dans l'ÉTAT DE SONORA-bT-CINALOA : Villa dix Furets, naguère encore très petite, mais maintenant assez considérable et s accroissant tous les jours depuis qu'elle est devenue la capitale de l'état, la lèsidence du gouverneur, du cougrès et de l'évèque. Cuxiakcan , ville de médiocre étendue , quoiqu'elle soit la plus grande de l'état. Alamos, avec une riche mine d'argent; Gcaymas , importante par son commerce et par ton port.

IPTION DE L'AMÉRIQUE.

que MM. Hardy et Ward regardent comme le meilleur du Mexique; elle est si bien située sous le rapport militaire, qu'arec une légère dépense on pourrait la rendre imprenable. Cikaloa , remarquable par sa population; Ansre, par sa population el pour avoir été avant la révolution le siège de l'intendant ; Sokora , par sou évèché et par ses mines d'argent; Pitit, la plus commerçante de l'état; Hostimori , Cosala et El-Rosario, avec des minet d'argent; El-Rosario est aussi le siège de la cour supérieure de justice pour l'état de Sonora-et-Cinaloa et pour le territoire des Californies; Mazatla* , importante par son port. Pntsinio de Bueaavista, dans la Pimeria-Baxa (Basse), et Presidio de Torkenate , dans la Pitneria-Alta (Haute), petits postes militaires, que nous nommons pour indiquer cette partie de la Sonora, si importante sous tant de rapports. La Pimtria Alla surtout , qui s'étend depuis Terre»iate jusque vers le Rio Gila, peut être appelée le Clioco de l' Amérique-Septentrionale. Tous les ravins, dit M. de Humboldt , et même des plaines y contiennent de l'or de lavage disséminé dans des terreins d'ail tiviou. On y a trouvé des pépites d'or pur d'un poids de deux à trois kilogrammes. Mais ces lavaderos sont faiblement exploités à cause des incursions fréquentes des Indiens-Indépendans ; et surtout à cause de la chèrelé des vivres qu'il faut transporter de très loin dans ce pays inculte. D'un autre côté, et sur Sa rive droite du Rio de l'Ascension , vivent les Seris, peuplade très belliqueuse, à laquelle plusieurs savans mexicains, trompés par la ressemblance du nom , ont attribuée une origine asiatique.

Dans PÉTAT DE CHIHUAHUA : Chihlahua , grande et belle ville, située sur un petit afûueut du Coucbos, qui porte lui-même ses eaux au Rio del Norte. Parmi ses principaux édiûces on remarque Vég/ise principale, nne des plus belles du Mexique; le palais de l'état et de vasti*s galeries ; tous ces bàtimens ornent une vaste place. Cliihuahua a une académie militaire florissante et emiron 3o,ooo habitons; M. Hardy porte leur nombre à 70,000. Ses environs offrent de belles promenades et de riches mines d'urgent; un bel aqueduc y apporte l'eau. Chibuahua avant la révolution était la résidence du capitaine-général des Provinces-Intérieures. Nous nominerous encore Sauta Rosa de Cosiqmbaqui à cause de ses riches mines d'argent.

Dans PÉTAT DE DUR AN GO : Dcrawgo , ville épiscopale assez bien bâtie, avec un séminaire , un hôtel des monnaies , regardé comme le troisième de la Confédération et une populatiou qu'on porte à 1 5, 000 aines. On y frappe des pièces avec l'argent tiré des riches mines de ses environs , où se trouvent aussi les deux sanctuaires de A ne s tra Senora de los Remedios et de Nuestra Senora de Guadalupe. C'est à peu de distance de cette ville que , selon M. de Humboldt , se trouve, isolée dans la plaine, une énorme masse de fer malléable et de nickel, qui dans sa composition est identique avec l'aérolilhe tombé en 1 75 1 à Hraschina près d'Agram, dans la Croatie ; elle pèse prés de 1,900 myriagrammes , ce qui est 4<->o de plus que l'aérolilhe découvert à Olumpa dans le T tien mai).

Les autres lieux les plus importans sont : San-Jua» dec Rio, avec une population qu'on porte à 10,000 âmes; Sah-Jose del Parral , siège de la cour de justice pour les états de Durango et de Chibuahua et pour le territoire du Nouveau - Mexique ; elle est aussi le chef-lieu d'un district de mines. Sait-Pedro de Batofilas, encore assez considérable et jadis très célèbre par la richesse de ses mines d'argent. Nombre de Dios et Pahras avec de riches mines d'argent ; la culture de la vigne réussit dans les environs de Par ras , située non loin du lac de ce nom.

Dans PÉTAT de COHAHUILA-ET-TEXAS. C'est le moins peuplé de tous les états et peut-être le plus vaste. Moncxova, très petite ville, que nous ne nommerons que parce qu'elle est la capitale de l'état. Saltii.lo , qui en est la plus riche et la plus peuplée. Sav-Felipe de A cm», chef-lieu de la nouvelle colonie fondée dans le Texas. Il est bon de rappeler au lecteur que l'acquisition de ces vastes solitudes est convoitée par les Étais- Unis; on prétend que le gouvernement fédérât a offert, par le moyeu du colonel Poinsett, de payer dix millions de dollars. Les Mexicains ont non -seulement refusé cette proposition, mais ils ont même envoyé cinq régimens pour y former des colonies militaires. De petites concessions , ou plutôt des ventes, se fout actuellement à des émigrés de diverses nations , au prix de 40 dollars pour cent acres. Les Nègres et les Indiens, qui fuient l'esclavage et l'oppression des Etats Méridionaux de l'Union , y sont reçus et protégés ; les

lor.o

esclaves y tout libres en touchant le soi du Texas comme ib le sont au nord en menant le pied sur celui du Canada. I<es Indiens reçoivent des terres où ib s'établissent.

Daus l'ÉTAT DE NUEVO-LEON : Mohtirït , ville de médiocre étendue et assez bien bâtie , avec une population qu'on estime à i5,ooo âmes; c'est la plus importante de toutes les villes mexicaines situées entre son méridien et celui qui passe par la frontière occideutale de la confédération Anglo-Américaine. Monterey fait un commerce assez étendu et est le siège d'un évècbé et de la cour de justice pour les états de Nuevo-Leou , de Tamaulipas et de Cobabuila-et Texas.

Dans l'ÉTAT DE TAMAULIPAS : Aouato , petite ville d'environ 6,000 habitai»; c'est la capitale de l'état. Tampico os Tamaulipas, petite ville, fondée en i8a4 sur les bords d'uu lac qui communique avec le Panuco par une issue navigable pour les gros bateaux. Peudant le siège de la citadelle de Saint-Jean de Ulua , Tampico faisait avec Alvarado tout le commerce que faisait auparavant Vera-Crux; cette circonstance favorable et l'avantage d'avoir uu port , qu'où regarde comme le moins mauvais de la côte orientale du Mexique, l'a rendue eu peu de temps la ville la plus peuplée et la plus florissante de l'état; avant la révolution ce n'était qu'un repaire de contrebandiers et de pirates. El-Rxpuuio , très petite ville , importante par son port et son commerce. Altamiba , petite ville très déchue , depuis que le commerce s'est transporté à Tampico. A quelques milles d'Allamira s'élève une mont a g ne isolée, au milieu d'un pajs plat, monotone et aride ; son sommet se perd dans les nues ; coupée en pjramide parlaile, plusieurs .sa \ a us l'ont jugée plutôt le produit des hommes que celui de la nature ; les traditions des indigènes l'attribuent aux géans. C'est sans doute un phénomène quon doit ranger parmi les plus grandes merveilles du monde. Tvla, assez jolie petite ville; elle doit son origine à une colonie de Mexicains de Tula, que nous avons décrite à la pa^e io56. A plusieurs milles de distance se trouve la fameuse gorge de los G a Ilot; M. Bellrami, qui l'a visitée dernièrement, la compare à tout ce que la nature otfre de plus romantique et de plus pittoresque en ce genre.

Dans l'ÉTAT DE SAN-LUIS-POTOSI : Sax-Lucs-Potosi, ville de médiocre étendue, mai» à laquelle une belle place, de belles fontaines , des rues larges et alignées , de superbes églises, des couvens très riches et un commerce très actif assignent une des premières places parmi les villes principales du Mexique. Véglise paroissiale de Saint- Pierre et celles des vastes couvent du Carme et de Saint-François , la monnaie et V aqueduc sont les édifices les plus remarquables ; on loue surtout les ciselures des deux premières , ainsi que le jardin du couvent du Carme , qui, selon M. Rettrami , a deux milles de tour. Pendant le siège de la citadelle d'Ulua , le commerce de San- Luis avait pris un développement extraordinaire; malgré sa diminution depuis l'ouverture du port de Vera-Cruz , il est toujours resté très considérable ; c'est le grand entrepôt de Tampico pour les pays intérieurs. San-Luis doit sa célébrité aux riches mines a argent de son voisinage, qui maintenant sont peu productives , et que bien des géographes confondent a\ec d'autres mines très abondantes situées dans cet état, mais trop éloignées pour être regardées comme appartenant aux environs de celte ville. San-Luis possède aussi un collège florissant et une école modèle à la Lanças ter. On peut porter sa population à environ a 0,000 âmes.

Nous nommerons ensuite : Catorce (la Purîsima Concepcion de Alamos de Catorce) , gros bourg, renommé par la richesse immense de sa mine d'argent; Csakcas (San ta - Maria de las Cbarcas) , Ramos et Guadalcazax , autres bourgades importantes par leurs riches mines d'argent.

ÉTAT DE VERA-CRUZ. Il y a peu de régions du Nouveau-Continent, dit M. de Humboldt , dans lesquelles le voyageur soit plus frappé du rapprochement des climats les plus opposés. Toute la partie orientale de cet état occupe la pente des cordillères d'Anahuac. Dans l'espace d'un jour, les habitans v descendent de la zone des neiges éternelles à ces plaines voisines de la mer dans lesquelles régnent des chaleurs suffocantes. Nulle part ou uc reconnaît mieux l'ordre admirable avec lequel les différentes tribus de végétaux se suivent comme par couches les unes au-dessus des autres, qu'en montant du port de la Vera-Cruz vers le plateau de Perote. C'est là qu'à chaque pas on voit changer la physionomie du pays, l'aspect du ciel, le port des plantes, la figure des animaux, les mœurs des habitans et le genre de culture auquel ils se livrent. Vbba-

Cauz, qui est la capitale de l'état, est halie sur le bord de la mer , dan* une plaine aride, entourée de collines de sable mobile, ei près de marécages dont les miasmes délétères réunis à l'étouffante chaleur produite par la réverbération des rayons du soleil , rendent sou climat un des plus mal*ains que l'on connaisse. Deux redoutes avec quelques canons défendent sou port qui n'est ni vaste ni profond, et où les vaisseaux ne trouvent aucun abri contre les vents du nord qui y soufflent avec une grande violence. Malgré tous ces désavantages et le manque d'eau , celte ville a été pendant des siècles, et est encore, la première place commerçante du Mexique. Pendant la domination espagnole, elle était même la seule où l'on apportait tontes les denrées de ce riche pays, pour y èire échangées contre celles d'Europe, qui y arrivaient de la Havane; le commerce qui se faisait à Acapulco ne devant être regardé que comme une très petite fraction dans la masse de celui du Mexique. Vera-Cruz est jolie et très régulièrement bâtie; elle a beaucoup gagné depuis quelques années sods le rapport de la police intérieure. Parmi les objets les plus remarquables, ou doit surtout nommer la citadelle de San-Juan de Ulua, bâtie sur un îlot ; la tradition vulgaire fait monter les frais de sa construction à aoo millions de francs; elle domine la ville et protège le port; c'est la meilleure et la plus importante forteresse de toute la confédération. Viennent ensuite : le chemin qui mène au Perote ; en i8o3 , il coûtait , selon M. de Humboldt, plus de 4So,ooo francs par lieue; le magnifique phare; c'est une très haute tour placée à l'extrémité du château de San-Juan d'Ulua, qui, avec la lanterne, a causé une dépense d'environ 5oo,ooo francs; enfin Y aqueduc, dont la construction a coulé plusieurs millions de francs. Malgré les pertes produites par la guerre et par la ftèpre jaune* Qui y est endémique, on nous assure que la population de cette ville s'élève encore à 1 5,ooo âmes. Il est important de remarquer que ce terrible fléau ne parait régulièrement que sur plusieurs points du Golfe du Mexique, et surtout à la Vera-Cruz, â la Havanne et à la Nouvelle-Orléans. Hors de ces étroites limites, cette maladie ne s'est montrée que sur quelques poiuts de la côte des États-Méridionaux de la confédération Anglo- Américaine, à la Cayeune et dans quelques autres ports sur l'Atlantique, cl dans l'hémisphère oriental au Sénégal, â Cadix et sur quelques points des cotes de la Méditerranée, mais toujours â des époques éloignées. En 1 826 , on publiait deux journaux à Vera-Cruz.

Les autres villes les plus remarquables sont: Alvarado, très petite ville, naguère encore triste et misérable village, mais où, pendant le siège de la citadelle de San-Juan d'Ulua, s'était rooeenuée la plus grande partie du commerce de la Vera-Cruz ; en 1 8a6, on lui accordait déjà au-dessus de i.ooo nabi tans. Pafahtla , gros village indieu, remarquable par l'antique py ramide située dans son voisinage au milieu d'une forêt épaisse. Ce monument, comme tous les téocallis mexicains, se compose de plusieurs assises, mais au lieu de briques ou d'argile mêlée de cailloux, on n'a employé dans sa construction que d'immenses pierres de taille porphyriliques , dont le poli et la régularité de la coupe sont vraiment remarquables. C'est une pyramide carrée, de 3 5 mètres de longueur et de 16 à w métrés de hauteur. Un grand escalier mène à la cime tronquée du téocalli. Le revêtement des assises est orné d'hiéroglyphe», dans lesquels on reconnaît des serpe ns et des crocodiles sculptés en relief. Chaque assise offre un grand nombre de niches carrées et symétriquement distribuées; on en porte le nombre total à 378. ILalapa, dans une position délicieuse et environnée de jardins et de campagnes fertiles, où croissent les arbres fruitiers de l'Ancien et du Nouveau-Continent ; c'est dans ses environs qu'on recueille et que l'on prépare une grande partie de la célèbre racine purgative qui en tire le nom ; elle est aussi le séjour des plus riches négocians de Vera-Cruz pendaut la saison chaude. La foire, qu'on y tenait avant la révolution , était la plus fréquentée du Mexique. A quelques milles on trouve, sur le chemin de La s V ' e g as , une cascade qui, selon M. Beltrami , serait peutêtre la plus haute qui existe au monde; et sur le chemin de Vera-Cruz on passe le Puente del Rej, construit sur la rivière Antigua dans une gorge profonde ; c'est un des passages les plus importans, et il est fameux dans les annales de la guerre de la révolu! on. Oiuiaba , une des villes les plus florissantes de la confédération, et remarquable surtout par ses immenses plantations de tabac et par le voisinage de son volcan colossal. Pxrotb, im-

portante par sa citadelle, par V école militaire qu'on y a établie et par la haute montagne voisine nommée Coffre de Peroie; Cordosa, par ses vastes champs de tabac, dont le produit, joint a celui d'Orizaba, suIGsnit, selon M. de Humboldt, à La consomma-

AP.RÉGÉ DK C.KOGRAPHLE.

tiou de lout le Mexique, et rapportait de 18 à 20,000,000 de francs au gouvernement. Tuxtl* , remarquable par le voisinage de son volcan, que par erreur quelques géographe* placent dans les environs de Vera-Crua. Guazaccalco, ei» placement remarquable a I embouchure de la rivière de ce nom, que nons signalons a cause de son port regardé comme le meilleur qu'offrent les rivières qui débouchent dans le golfe du Mexique , saus en escepter le Mississipi , et par la célébrité que lui a valu Y estai malheureux de colonisation fait dans ces dernières années par le gouvernement mexicaiu , en transportant sur ses rives des colons allemands , suisses et français.

Dans l'ÉTAT DE PUEBLA, outre Pucbla , Cholula , Tlascaia et Tefxaca , que nous avons déjà décrites aux pages io56, (060 et loôt, nous ajouterons encore Huajocisgo, petite ville, jadis très importante, parce qu'elle était la capitale de la république de ce uom, souvent en guerre contre celles de Cbolula et de Tlascala; elle résista comme ses rivales pendant des siècles à l'empire Mexicain. Tehuacah, remarquable par sa population; Atxixco, par la beauté de son climat, la fertilité de son territoire et par son fameux cyprès (cupressus disticha Lin.), dont le tronc a 73 pieds de circonféreuce, ce qui, à quelques pieds près , est la même grosseur du baobab du Sénégal (Adansonia digitata).

Dans l'ETAT d'OAXACA : Oaxaca, une des plus belles villes dn Mexique, bâtie sur les bords du Rio-Verde , au milieu de jardins et de plantations de nopals, daus un climat renommé par sa bonté et par la longévité dont jouissent ses habitant. Oaxaca est le siège d'un évt ché. Le palais èpiscopal la cathédrale et le séminaire sont ses bit i mens les plus remarquables. M. Robinson fait observer que cette ville est bâtie en pierres vertes, ce qui lut donne un air de fraîcheur qu'on oe voit dans aucune autre. En 1826, on y publiait deux journaux , et ou estimait sa population, en y comprenant celle de sa banlieue immédiate, à environ 40,000 âmes. Notis rappellerons avec M. de Humboldt que c'est près de cette ville qu'on a trouvé un relief, qui est un des restes les plus curieux de la sculpture mexicaine. U représente un guerrier sorti du combat et paré des dépouilles de ses ennemis; son accoutrement offre un mélange de costumes très extraordinaire. Les esclaves, représentés assis et les jambes croisées aux pieds du vainqueur, sont très remarquables à cause de leurs attitudes et de leur nudité. Ce qui frappe le plus dans cette composition , dit M. de Humboldt, ce sont les nez, d'une grandeur énorme , qui se trouvent répétés dans les six tètes vues de profil. Dans les environs immédiats d'Oaxaca, au village de Santa-Maria del Tu le, on voit un énorme tronc de cyprès (cupressus disticha Lin.) qui a 36 mètres de circonférence; mais, dit M. de Humboldt, en l'examinant de près, M. Anza a trouvé que ce qui excite l'admiration des vovageurs n'est pas un seul individu, et que trois troncs réunis forment ce fameux cyprès, dont la circonférence apparente dépasse celle du cupressus disticha d'Atlixco , du dragonnier des Canaries et de tous les baobabs de l'Afrique. M. Ward estime la circonféreuce du tronc de ce cyprès à 93 pieds anglais. Lin savant géographe, qui est en même temps un écrivain élégant , M. de Larenaudiere, a donné dernièrement une brillante peinture de la délicieuse vallée au milieu de laquelle s'élève Oaxaca. • De nombreux villages, dit notre ami, remarquables par des souveuirs ou des beautés ualnreWes , s'y rencontrent à de petites dislauces. C'est Talixtaca, renommé par sa fertilité; Huayapa, le jardin d'Oaxaca, qu'entoure un bois de citronniers, d'orangers et une multitude d'arbres à fruits, que parfume la fleur blanche des cacaotier*, et que rafraîchissent les eaux limpides des fontaines; Zachita, où les rois tzapotèques tenaient leur cour, et dout les voyageurs n'ont point encore examiné les antiquités; Ella, jadis Lookvanna (Marché), dont les terres fertiles approvisionnaient la maison militaire des anciens rois, et où l'on récolla le premier fromeul apporté par les Espagnols ; A zo mp a , où l'on prépare la meilleure argile de la proviuce, et qui, travaillée par des mains habiles, se transformerait eu vases élégant; Chilapa, qui n'offre que sou église gothique comme nue médaille de l' Ancien-Monde; enfin Ocotlan, au pied de la Sierra, du sommet de laquelle le grand esprit, disaient les naturels, rendait ses oracles; les superstitions ont disparu avec les pauvres Indiens, et la nature seule est restée inépuisable et pittoresque. - Nous rappellerons au lecteur que c'est surtout dans la vallée d'Oatac* que l'on recueille cette belle cochenille , véritable trésor de celte contrée. Dans le cowrs de 6a ans, elle lui a vallu 95,937,509 piastres, sans y comprendre les sommes considérables entrées en contrebande par suite de l'élévation du tarif des droits.

Let antres Tilles et lieux les plus remarquables sont : Tepozcolula, importante par son industrie et par la culture de la cochenille; Tchuaktbpec , par sa population , sa lagune et ses salines; nous avons signalé à la page 937 tout ce qui concerne le projet de canalisation ; Villalta , par ses roi 110 d'argent et par ses manufactures. On ne doit pas oublier Mi tla , dans une triste solitude , emplacement auquel les ruines des édifices ire* remarquables par leur ordonnance et par l élégance de leurs orneoiens donnent uue grande importance archéologique. Le palais ou plutôt les tombeaux de ètitla forment trois batiroens disposés symétriquement ; l'édifice principal a pics de 4o mètres de long ; ia hauteur parait n'avoir jamais dépassé 5 à 6 mètres. Un escalier pratiqué dans un puits conduit à un appartement souterrein de 27 mètres de long sur 4 de large. Cet appartement lugubre est couvert des mêmes grecques qui ornent les murs extérieurs de l'édifice; et , ce qui est très curieux , leur dessin est égal à celui que l'on admire sur les \ases nommés étrusques. La distribution des appurtemeus intérieurs offre d«'s rapports frappa ns avec celle que Ton remarque dans les mouumens de la Ilaulc-Egyp'e. M. de Laguua a trouvé dans ces ruines dei peintures curieuses représentant des trophées de guerre et des sacrifices. Mais ce qui les distingue, du M. de Humholdt, de tous le* autres restes de l'architecture mexicaine, ce sont six colonnes de porphyre placées au milieu d une vaste salle cl soutenant le plafond. Ces colonnes, qu'on regardait, il y a quelques années, comme Us seules trouvées dans le Nouveau-Continent , manifesteut l'enfance de l'art; elles u'oul ni basent chapiteau; ou n'y remarque qu'un simple rétréci ssemeui à la partie supérieure. Ou conjecture que c'est dans cet édifice que le roi des Tzapo eques se retirait pour quelque temps lors de la mort d'uu fils, d'une épouse ou d'une mère. On voit aux enviions de ces ruines celles d'une grande pyramide et les débris de plusieurs autres édifices.

Dans l'ETAT DE CHIAPA : Oudad-Real, petite ville, résidence d'un évèque ; Chupa dr los Ihdios, Tuxtla, Sak - Raetolomeo (Sau-Rartolomco de los Llanos), Comitlax (San-Domingu Comitlan) , et Chamula (San-Juau-Chamula), toutes importâmes par leurs populations. Chiapa avant la révolution n'était guère habitée que par des indigènes très civilisés, qui avaient obtenu du gouvernement espaguol de grauds privilèges par la protection de l'immortel Las Casas, défenseur des Américains et évèque de Ciudad-Réal. OcosrBGO, gros village, remarquable par les vestiges de r ancienne ville de TulUa. San- Doaixoo de Palenque, autre gros village, devenu de nos jours très important par les impo santes ruines de Cu limaçon, improprement appelées Païen que, et que M. Jomard appelle élégamment In Thèhes Américaine. Cachées peuda ni tant de siècles dans d'épaisses forêts, et inconnues jusqu'aux derniers temps aux philosophes et aux antiquaires, elles ont été explorées pour la première fois en 1787 par le capitaine Antonio del Rio et dout José Alonro de Calderon, et postérieurement par d'autres personnes, qui ont découvert uue gran le quantité de ruines dans la province de Chiapa et dans le Yucatau. Elles offrent incontestablement les monumens les plus curieux, les plus grandioses et Us plus remarquables du Nouveau- Monde. Dessinées sur les lieux avec une grande fidélité par le colonel (alors capitaine) Du paix, en partie publiées à Londres et savamment analysées par M. Warden dans les Mémoires de la Société de géographie de Paris , leur ensemble forme la belle collection de M. Raradèrc, et une partie de la collection mexicaine non moins remarquable qui a appartenu à M. Latour Allard. La ville de Culhuacan, située près du Micol, affluent du Tulija, dont les eaux se dirigent du côté de Tabasco, parait avoir eu de 6 à 7 lieues de tour; ses ruines offrent encore des temples , des fortifications, des tombeaux, des pyramides, des ponts, des aqueducs, des maisons, et on y a trouvé des vases, des idoles, des médailles, des instrumens de musique, des statues colossales, et, ce qui est bien remarquable, des bas-reliefs d'une assez belle exécution et ornés de caractères qui paraissent être de véritables hiéroglyphes. Tout annonce que ce fut jadis la résidence d'un peuple très avancé dans l'architecture, la sculpture et môme dans la peinture, peuple dont la taille haute et sveite, les belles proportions et les traits de la. figure n'ont rien d'asiatique, d'africain ou de malais. Le grand temple, de forme carrée et entouré d'un péristyle , peut avoir 3oo pieds de long sur environ 3o d'élévation ; ses murailles ont 4 pieds d'épaisseur. L'intérieur est divisé eu plusieurs corps de logis .«épatés par des cours. Du milieu de l'édifice s'élève une tour d'environ 75 pieds de haut , qui probablement servait do belvédère ; il en reste encore 4 étages ; l'escalier qui couduit au

ABRÉGÉ Dfc G KOGRAPHIE.

sommet est an centre; it est éclairé par des fenêtres percées de chaque côté à chaque étage; l'architecture en est simple et élégante. Au-dessous du temple il y a de vastes so«terreins dans lesquels on descend par des escaliers; ils n'ont pas encore été explorés. Les murailles sont ornées de bas-reliefs sculptés sur pierre et revêtus d'un stuc très fin ; les personnages ont huit à neuf pieds de hauteur. Notre savant ami M. le docteur Coostaucso, qui en iftao a donné un article très remarquable sur ces monumens dans la Revue Trimestrielle créée et savamment dirigée |»r M. Buchon , a fait preuve d'une vaste érudition dans l'explication qu'il a publiée dit tableau de Vadoration de la croix, qu'on v a trouvé et sur lequel, depuis plusieurs années, M. le baron de Hnmboldt avait appelé l'attention des philosophes et des antiquaires. Ce fait mystérieusement curieux , selon l'express i oh de ce voyageur célèbre, mérite que nous entrions dans quelques détails.

Ce bas-relief présente au milieu une grande croix de forme latine, avec une seconde croix inscrite dans la première. Les trois bras supérieurs des deux croix se terminent par trois croissans réunis , et le pied de la grande croix repose sur un support presque demi elliptique placé sur un cœur, dont la partie supérieure porte la figure d'un 8 placé en travers, aiiit* <x. La croix est surmontée d'un coq à double queue, tenant dans le bec un bounet ou calotte hémisphérique. A gauche de la croix, on voit une femme tenant un enfant nouveau-né du bras gauche, et le présentant à un prêtre en habits sacerdotaux , debout du côté opposé sur un siège formé de deux spirales placées en sens oppposé. L enfant est couche sur deux branches de lotus ; sa tète est terminée en croissant , de l'extrémité duquel sort le disque à ravons tournés en haut. De derrière sa tète sortent deux feuilles de lotus , et son corps se tcrmiuc de même par une feuille, et est séparé de la main de la figure de fen.me par quatre petites sphères. La croix inscrite est ceinte dans sa longueur par quatre demi-cercles placés deux à deux en face l'un de l'autre. De chacun des bras latéraux de la grande croix extérieure part une branche droite terminée en crochet rectangulaire et garnie de rayora divergeos terminés par de petits globes. Ce vaste tableau est entouré d'un grand nombre de médaillons et de figures. Le scarabée est répété plusieurs fois sur les deux bandes laie» raies , et, sur celle à droite de la croix, il est accompagné de deux ellipse* croisées. Sur plusieurs médaillons, on remarque la croix rectangulaire a branches égales, et dans l'un d'eux, elle porte quatre globes, chacun répondant a un de ses angles. Dans un autre médaillon on voit le T , et an-dessous est une ellipse renfermant une seconde ellipse qui contient un arc surmonté d'une pyramide. Deux sphères sont placées au-dessus de l'un et une au-dessous.

D'après la place qu'occupent dans ce tableau et dans tous les antres les caractères disposés en bandes devant les personnages , et d'après l'expression de la bouche de ces mêmes personnages , qui ont l'air de parler ou de donner des ordres, M. Constancio pense que ce sont de véritables hiéroglyphes. En poursuivant ses comparaisons , il a reconnu les ressemblances les plus frappantes entre les symboles de ce bas-relief et ceux de l'Egypte et de l'Inde. L'identité est parfaite pour plusieurs, et comme, dit ce savant, la religion et la symbolique des Brahmes paraissent n'être qu'une contre-épreuve modifiée et retouchée dn système primitif égy ptien , il n'est pas étonnant que la symbolique du Guatemala ressemblà-la-fois à celle des deux nations dont la civilisation remonte le plus haut. Le serpent, le lotus, la tiare , le scarabée , la roue , la croix rectangulaire à branches égales ou inégales . inscrite on non dans un cercle, le Tmptiaue et une foule d'autres emblèmes solaires et luni-solaires , sont communs à Palenque, à l'Egypte et à l'Inde. Plusieurs poses semblent se rapprocher davantage du type hindou; mais la croix poste sur un coeur, le crochet ou sceptre mystique, le fouet symbolique, le scarabée solaire, le disque d'où sort nn faisceau de rayons, qui répond à l'idée de lumière, la calotte de Horus, sont tout-à-f»tt égyptiens, et se rattachent au sens des représentations emblématiques exprimant la force et l'énergie solaires et la marche annuelle de l'astre du jour , source de lumière et de vie , dans un système comme dans l'autre. M. Conslancio finit sa savante analyse en disant que dans ce tableau, qui occupait tout le fond d'un temple, dédié sans doute au soleil, on a voulu figurer la naissance du soleil au solstice de l'hiver. L'enfant mystérieux est présenté par la déesse de l'année, ou l'année personnifiée, an grand-prêtre du soleil, qni tire 11m»roseope de cet enfant; les hiéroglyphes disposés des deux côtés de la croix expriment les paroles des deux personnages. M. Constancio ajoute que les Portugais, A leur arrivée dans

l'Inde, ont trouvé des croix tout-à-fait semblables à celle de Pnlenque, surmontées les unes d'une couronne ou cercîe, les autres d'une colombe, d'un paon ou d'un coq. Confondant Go-lama avec Saint-Thomas, ils l'attribuèrent à l'apôtre, ainsi que des légendes écrites à l'entour en anciens caractères semblables au grant'ba, relatives à la mort de Chrichna sur un arbre en croix, et à sa conversion en un morceau de bois d'ébène qui fut transporté miraculeusement à Orixa et recueilli dans la pagode de Jagernat. A la page 903 , nous avons déjà signalé les analogies remarquables que M. Jomard a trouvées entre ces mon 11 mens et ceux de la vallée du Nil.

Dans l'ÉTAT DE TABASCO on ne trouve que de petites villes. Nous nommerons Sahtiago ob Tauasco, parce quelle est la capitale; et Nuestra Seitora de la Vittoria , parce que c'est sur son emplacement que Cortez débarqua , et qu'il remporta une victoire lors de sa mémorable expédition coutre l'empire du Mexique.

Dans l'ÉTAT DE YUCATAN : Mérida, ville de médiocre étendue, siège d'un évéebé et de la cour de justice pour les états de Chiapa , de Tabasco et de Yucatan. Campéche, petite ville, rangée parmi les places fortes du Mexique, et importante par son commerce et par son port qui n'est pas très sur. C'est surtout dans les forêts qui s'étendent au sud de cette ville le long du Rio-Champolon , que l'on fait la coupe du fameux bois de campéche {hamatoxilon campeclùanum). En général , dit M. de Humboldl , l'hœmaioxilon est très abondant dans tout le Yucatan , sur la côte de Honduras dans la confédération de Guatemala, et se trouve épars dans toutes les forêts de l'Amérique-Equinoxiale, où la température moyenne n'est pas au dessous de aa° du thermomètre centigrade. Nous ajouterons que, dans la partie orientale de cet état et surtout au sud de Mérida. on trouve plusieurs batitnens en pierre; un de ces édifices , que les naturels nomment O x m ut al, est encore assez bien conservé; le père Thomas de Sora , qui l'a visité dans la seconde moitié du xvm* siècle, dit qu'il a 600 pieds sur chaque façade; les appartenions, le corridor extérieur, les piliers sont ornés de figures in medià reùevo, de serpens , de lézards , etc. , en stuc. On y voit des statues d'hommes avec des palmes à la main et dans l'attitude de gens qui dansent en frappant du tambour; elles ressemblent en tous points à celles trouvées dans les ruines de Palenque. U y a beaucoup de débris d'autres Lin mens semblables au nord de Mérida et surtout sur la route de celte ville à Bacalar.

Dans le TERRITOIRE DES CAUFORNIES nous signalerons : Saw-Carlos de Mohtbrit, petite ville, résidence du gouverneur de la Nouvelle et de la Vieille-Californie ; quoiqu'elle ne compte que a,5o6 habitans, elle est cependant la ville la plus peuplée de tout ce territoire. Saw-Frarcisco, remarquable par son port, que M. Morineau et plusieurs autres marins très instruits regardent comme le plus beau de tout le Nouveau- Continent; c'est, dit M. de Humboldt, l'établissement le plus septentrional que les Espagnols aient fondé en Amérique. Loreto, misérable petite ville, regardée comme le chef- Jieu de la Vieille-Californie. C'est dans la baie de Ceralvo et autour des lies de Savta- Cauz et Sak-Jose, sur la côte orientale de la Vieille-Californie, que l'on fait la pêche de* perles; malheureusement depuis plusieurs années le produit est réduit à peu de chose. Dans cet immense territoire errent une foule de nations indépendantes et plusieurs qui font la guerre aux Mexicains; c'est aussi dans ses limites que se trouveut les grandes bourgades des Moqui, le long du Rio-Yaquesila et les ruines de Casa-Graxde , sur les bords du Rio-Gila. Ce sont , dit M. de Humboldt , les restes d'une ancienne ville aztèque ; ils occupent un terrain de près d'une lieue carrée. La grande maison est exactement orientée, et est construite en torchis ; les murs ont douze décimètres d'épaisseur. Ce genre de construction est encore en usage dans tous les villages des Moqui. Une muraille interrompue par de grosses tours ceint l'édifice principal et paraît lui avoir servi de défense. Le père Garces, qui les visita en 1773, découvrit les vestiges d'un canal artificiel , qui conduisait les eaux du Gila à la ville. Toute la plaine environnante est couverte de cruches et de pots de terre cassés , joliment peints en blanc , en rouge et en bleu. On trouve aussi, parmi ces débris de faïence mexicaine , des pièces d'obsidienne (itztli). Plusieurs savans croient que cette ville ruinée a été la seconde station des Aztèques dans la supposition très vague d'après laquelle ou (race leur migration depuis Aztlan jusqu'à Tula et à la vallée de Tenochtitlan. Le même missionnaire trouva dans le pays des Moqui des villages peuplés de a à 3,ooo âmes, et même une ville très régulièrement

ABRÉGÉ DR GrlOGK Al'HIE.

construite, ayant des maisons à plusieurs étages et deux grandes places publiques. C'est ici qu'il nous parait plus convenable de dire un mot sur la ville fabuleuse de Cibola (Cibora), dont la magnificence, l'immense populatiou, la police et la civilisation de ses lubilans uni été tant exagérées par le moine voyageur Marco* de >~iua. D'après les nouvelles de sa découverte , qu'il donna à Antonio de Mendoza , vice-roi du Mexique , celui-ci y envoya, eu i54o , Vasquez de Coronado avec une petite armée, pour y établir la domination espagnole. Vasquez y trouva en effet nu royaume de dboLa, qui renfermait sept l>oui g tdes, dont la principale contenait 5oo maisons assez bien construites, mai» habitée* par des sauvages. M. Eryos a commente avec une rare sagacité la relation de Corooado dans la li)ographie Universelle , ouvrage qu'il a cui icbi , de même que MM. de Larenaudiére , VValckeuacr et autres savans très distingués , d'un grand nombre d'excellentes notices, qui ufii eul dtîs documens précieux pour l'histoire de la géographie.

Dans le TERRITOIRE DU NOUVEAU-MEXIQUE : Santa-Fe. petite ville qui depuis quelques aunées a pris un accroissement considérable ; c'est à cette ville qu'arrive la caravane qui tous les ans part de Saint-Louis et que uous avons mentionnée â la page io3J. Taos , remarquable par sa populatiou. Passo-oix-Noute , dans un pays délicieux et bien cultivé, qui ressemble aux plus belles parties de l'Andalousie, et où l'on récoite des vins excellons ; c'est le passage ordinaire du Rio-del-Nortc pour aller à Santa-Fe.

Dans le TERRITOIRE DE COLIMA, remarquable par son volcan et par sa fertilité, nous ne nommerons que Cousu , petite ville assez bien bâtie, située dans une vallée très fertile.

Nous avons déjà signalé à la page 1060 tout ce que le TERRITOIRE DE T LAS- CAL A offre de plus remarquable.

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