CONFÉDÉRATION M L'A ME RI Q UE-CENTRALE
POSITION* ASTRONOMIQUE. Longitude occidentale, entre 85° et 970. latitude boréale , entre 8° et 170.
CONFINS. Au nord, les états mexicains de Chiapa et de Yucatan, et la mer des Antilles. A Vvst , la mer dos Antilles et le département colombien de l'Isthme. Au sud y le Grand-Océan. A Youest, ce même Occau et les états mexicains d'Oaxaca et de Cbiapa.
FLEUVES. Le cours de plusieurs fictives de cette partie de l'Amérique offre encore beaucoup d'incertitudes, malgré la précision trompeuse des meilleures cartes qui en donnent les détails. Tous les Beuves des Etats- Unis de l'Amérique-Centrale aboutissent ou h la mer des Antilles on au Grand-Océan. Nous tracerons le cours des principaux :
La MER DES ANTILLES et ses enfoncemens reçoivent :
Le Susiasista, qui naît dans le département de Chimaltenango dans l'état de Guatemala, traverse le département de Quesaltenaugo cl entre daus l'état mexicain de Chiapa. Voyez à la page 1045.
Le Rio-GnAiioE, qui traverse uuc partie des états de Guatemala et de Vera-Paz, se jette dans le lac Izaval ou Laguua Dolce, et eu sort sous le nom de G01.ro ou Rio-Doicz. pour déboucher dans le golfe de Honduras: le lac Izaval reçoit à gauche la Poiocktt qui passe par Cohan et par Saula-Cruz.
Le MoTAciTA ; il preud sa source dans les hautes moulagncs des environs de Guatemala, traverse l'état de ce nom , parait passer par Acasubatlan .Gualan et Saint-Thomas, et se décharge dans le golle de Honduras. Le Motagua e&t le fleuve de la confédération qui offre la plus longue ligue na\igable.
L'Umja est formé par la joucliou de deux branches, dont l'Oor jdewtal» passe par Comay,tgua dans l'état de Honduras, traverse cet état et cuire dans le golfe de Hondur*- Le bassin de ce fleuve, encore peu connu, est surtout important par ses produits miucraoi
Le Yaer, dit Rmiu Gun^O ou Herbias, dans les parties moyenne et inférieure de son cours. Il naît dans l'état de Houduras , en traverse une partie et, après avoir arrosé les vastes territoires occupés par les Indiens indépendans du district de Tagu/alpa , il se jette dans la mer des Antilles.
La Nuevo-Sbgovia , dit Bleweield dans la partie inférieure de son cours. Il naît dans les montagnes de l'état de Honduras, passe par Nueva-Segovia, et, après avoir traversé les territoires de plusieurs tribus indépendantes et l'établissement anglais abandonné, connu sous le nom de Bfewfield, se jette dans la mer des Antilles. Le Nuevo-Segovia parait être le fleuve de la confédération, dont le cours est le plus long.
Le Sajt-Juax ; ce fleuve prend sa source à l'endroit où il sort du crand lac de Nicaragua dans l'état de ce nom , en passant par le fort San-Carlos; il traverse ensuite un pays inculte et, après avoir franchi plusieurs cascades, il entre dans le mer des Antilles. Son bassin est très important par le projet de canalisation mentionné à la page 937. Le lac de Nicaragua reçoit lui-même les eaux du lac de Managua par le moyen du Lipitapa, de manière que le bassin du San- Juan doit être commencé dans les environs de Léon, dans la partie la plus occidentale du lac de Managua (Lindiri), dit aussi de Léon, à cause du voisinage de cette importante ville.
Tous les fleuves qui appartiennent au Grand-Océan out un cours très borné et, d'après notre cadre, ne doivent pas être mentionnés. Cependant nous nommerons le petit fleuve Tosta, à cause du projet qu'on a eu de former la jonction des deux Océans par le moyen d'un caual qui réunirait ce petit courant d'eau i l'extrémité occidentale du lac de Managua ou de Léon; et le Guacalat, parce qu'il arrose Guatemala-la-Vieja et qu'il forme le petit port d'Istapa, un des deux par lesquels Guatemala-la -Nue va communique avec le GrawtOcéan.
DXVisiO» et Topographd:, La confédération de l 'Amérique-Centrale et l'état mexicain de Chiapa décrit à la page 1069 formaient, jusqu'en 1821, une grande division administrative de l'Amérique- Espagnole, sous le titre de capitainerie générale de Guatemala. Incorporée à cette époque an Mexique, elle s'en sépara à la chute d'Iturbide, et, en 1824, elle se constitua en république fédérative indépendante, d'abord sous le titre de Provincias-Unidas-del- Centra- America , et, quelques mois plus tard, sous celui de Republica-Federale-de-Centro-America. Sans faire attention aux points contentieux qui subsistent encore entre cette fédération et celle du Mexique , relativement au district de Soconusco , ain»i qu'avec la république de Colombie par rapport à sa côte orientale ou le Pays des Mosquitos, nous ferons observer que toute la confédération de l'Amérique- Cen traie est partagée en uu petit district fédéral , où se trouve sa capitale, et eu cinq états , subdivisés chacun en partidos ou départemens. Le tableau suivant offre les divisions administratives actuelles de cette confédération.
District et Etats. Capitales, Vim.es rr Lieux les plus remarquables. District Fédéral. . . . Nueva-Guatemala.
État ne Guatemala. . Antigua-Guatemala; Gudad-Firja (Guatemala la Yieja.dite
Almolonga par les Mexicain»); Esttpa (Ifttapa); Snlota :
Quiche (SaoU-Crux del Quiche); Quetallenango , Totonicapan; Soconu/Co ■ Chiquimula ; Acasaguaitlan ; Cuaîan; Santa- Crut y Izaval; Coton (Ciadade de Caban) ; PeUrn (Remédias).
État oe Sah-Saltadoe. San-Salvador ; Sotuomate ; Italcn ; San-Fieente / Matapa ; San-
Migitel.
Etat de Hovocra*. . . Comayagua; Tegudgalr a' Corpus; Ciudad~4e-Gracias; Nueva- Segovia (Somoto); Truxiito; Omoa; Copan.
Etat de Nicaragua. . . Léon; Nicaragua; Masaja;Gnmada; Managua; Sutzaba; Ckinan-
dega; Realeja; Nieoya; San-Carios.
Etat de Costa-Rica. . . Sin-Joie de Costa-Rica; Cartago; Fûia-Fieja;
Guatemala ( Giwtemala-la-Niieva ou TfouveUe-Guatemala), capitale du district Fédéral, et provisoirement de toute la confédération. Elle est si-
ABROGÉ DE GÉOGRAPHIK.
tuée dans une vallée au milieu d'uo plateau assez élevé au-dessus du niveau de la mer, dans un climat délicieux et au milieu de campagnes très fertiles et bien cultivées. Guatemala a été bâtie en 177 '( après la catastrophe qui a détruit une si grande partie de Guatemala l'Antigua. Les rues ont 36 pieds de largeur, sont tirées au cordeau, très bien pavées et avec un ruisseau d'eau courante au milieu. Toutes les maisons n'ont qu'un seul étage à cause de la fréquence des tremblemens de terre; leurs murs, construits en briques, sont extrêmement épais. Chaque maison a un ou plusieurs jardins , des cours et des plates-formes, avec uuc ou plusieurs fontaines de bonne eau de source, amenée à la ville et dans les faubourgs par un bel aqueduc. Cette ville se distingue en général par son ensemble élégant, par sa propreté et par sa commodité. Les principaux édifices se trouvent disposés autour i'e la graude place , dont le milieu est orné par une belle fontaine. Nous citerons les plus remarquables : la cathédrale , de médiocre éîendue, mais d'une belle architecture; le palais archiépiscopal, le collège de Infantes , le /*a tais du gouvernement, celui de Y audic ricin ou de Justice; la monnaie, Y hôtel- de-ville et la douane. On doit aussi faire mention de deux belles églises nouvellement bâties, celle de Sainte- Thérèse et celle qui est nommée le Panthéon , ainsi que du bel amphithéâtre en pierres, destiné aux combats de taureaux et à d'autres amusemens de ce genre. Guatemala a plusieurs instituts littéraires, parmi lesquels se distinguent Yuniversitéy les deux collèges de Infantes et Tiidentinum , Yacadémie des beaux- arts , la société économique (sociedad economica de los Amigos del Estado de Guatemala), la bibliothèque publique , le cabinet d'histoire naturelle et le musée dunatomie avec de beaux appareils en cire. La société économique publie un Recueil mensuel consacré spécialement .\ la culture et a la propagation des connaissances d économie politique applicables a* la nouvelle république; c'est un établissement que Ton pourrait comparer aux académies nationales de Frauce. Gu.itemala est la résidence d'un archevêque, et provisoirement du président et du congrès, ainsi que de toutes les autorités centrales de la confédération. Sa population , y compris ses environs immédiats, peut s'élever jusqu'à 5o,ooo âmes. Quoique située sur un plateau et manquant de rivière navigable, cette ville fait le plus grand commerce de toute la confédération; une graude quantité de marchandises y sont transportées à dos de mulet d'Omoa par Izaval d'un côté, et de l'autre par la barre d'Estipa située sur le Grand-Océan. Les habitans de cette ville se distinguent aussi par leur industrie; les étoffes de coton, la poterie, l'orfèvrerie, la sculpture sur bois et sur pierre, la fabrication des instrumens de musique et celle du tabac, sont les principaux objets sur lesquels elle s'exerce.
Voici les autres villes et lieux les plus remarquables de la confédération! nous les décrivons en suivant l'ordre adopté dans le tableau des divisions administratives.
Daus l'ÉTAT DK GUATEMALA : Guatemala i/Aktujua , capitale de l'é'at et autrefois <ie toute la capitainerie générale de ce nom. Détruite en très grande partie en t~~>i par les éruption* et les tremldemeus de terre causés par les deux terribles vulcaus d'-fg-oa et de Fargo, eutre l.npiels elle est située, cette vilie a perdu un grand nombre de ses édifice*, et a vu transférer à Gualemala-la-Nueva , I archevêché, l'université, le tribunal suprême et toutes les autorités ccutrale* de la grande province dont elle était le chef-lieu. Malgré ses désastres, qui avaient réduit sa population de 34,oooâmes à moins de 5,ooo,
elle s'est beaucoup relevée, et elle compte actuellement environ 1 8.000 habitant. Parmi les édi lices qui la décoraieot, nous citerons la magnifique cathédrale , qui subsiste encore et qui est un des temples les plus grands de l'Amérique. Nous nommerons ensuite : Guatkmala-la-Vieja, à cause de son antiquité, étant la plus ancienne des trois villes de ce nom; elle a été détruite en c 54 1 par le volcan d'Agua; sa imputation actuelle ne monte qu'à a,5oo âmes; Mixco, remarquable par les ruines de l'ancienne forteresse de son nom, construite par les Kacbiquels; Quiche, très petite, mais importante parle voisinage des ruines d' Utatland,\a magnifique capitale du royaume de Quiché, le plus puisant et le plus civilisé de tout le Guatemala avaut l'arrivée des Espagnols. ■ Son palais royal, dit Torqueniada, rivalisait avec celui de Moutezuma, à Mexico, et avec celui dus Iucas, à Cutco. Bâti en pierres de taille de différentes couleurs, il n'avait pas moins de 738 pas géométriques de long sur 376 de large, et offrait six parties principales. Dans la première étaient les logemeus d'une nombreuse trou|>e de lanciers , d'arcliers et d'autres soldais d'élite, formant la garde royale. La deuxième était destinée à l'iialutalion des princes et des pareus du roi, qui y étaient servis avec une magnificence royale, tant qu'ils restai tut célibataires. La troisième renfermait l'habitation du roi , où il y avait des apparlemens pour le matin , pour le soir et pour la nuit ; dans une des salles était le trône royal , sous quatre dais tissus de plumages; un y moutait par plusieurs gradins. Dans cette partie du palais se trouvaient aussi la trésorerie, le tribunal des juges de la ville, le dépôt de* armes, les jardins, les vergers, les ménageries d'oiseaux et de bêles fèrores, ainsi que diverses fabriques ou offices. La quatrième et Ij cinquième divisions étaient remplies de palais où demeuraient les reines et les concubines du roi ; le nombre en était grand , et une partie considérable de cet espace était encore occupé par les jardins , les vergers, les basses-cours, le» ateliersde tisserands et autres. Dans la sixième était la maison d éducation pour les infantes et les autres jeunes filles du sang royal. Hors du palais était encore un vaste bâtiment ou séminaire daus lequel 011 élevait cinq à six mille garcous sous l'inspection de 70 précepteurs. - Nous ajouterons : Quesaltksango el Totohicapas, villes importantes par leur industrie et leur population; Socoitusco, remarquable par son volcan , et encore plus par sou excellent cacao; Chiqcimula, à laquelle M.Tbompçon n'accorde pas moins de 37,000 habitans; Acasagoasteait , Gualah, Sauta-Cru/ et Ixaval, importantes par leur comnierrc; Coatx ou (in dad db Gobait, par sa population; Prtkn ou Rcmeuios, par ses fortifications et par des débris des temples et des idoles , qui attestent les progrès dans la civilisation qu'avaieut faits les Itzaex ou ltaix , avant l'arrivée des Espagnols.
Daus PETAT DE SANSALVADOR : Saw Sai.vador, capitale de l'état , située près du volcan de San-Salvador , au milieu de belles plantations de tabac et d'indigo. Quelque* beaux édifices, plusieurs manufactures, un commerce actif et une population d'envirou 39,000 habitans, la font ranger parmi les villes priuci pales des nouveaux étals de la ci • devant A me rique- Espagnole. Parmi ses établissemens littéraires, on doit < iler son collège. Vieuueut ensuite: Soksowate, importante par son commerce; Isai.co et Sas-Vicekte, qui méritent d'être signalées par leurs populations et leurs volcans ; Matapa , par ses mines de fer ; Sah-Miuuee, avec une population considérable malgré son mauvais air.
Dans I ETAT DE HONDURAS : Comayagua, ville épiscopale , avec un collège et environ 18,000 habitans; Tegucxgalpa, importante par sa population; Corpus, par sa mine d'or, la plus riche de la confédération; Truxielo, petite ville forte, avec ira bon port , mais dans un climat délétère; Omoa , petite ville fortifiée , importante par sou port qui est le plus commerçant de la confédération , mais également exposée à l'influence du mauvais air. Il est bon de rappeler au lecteur que le gouvernement fédéral vienl d'accorder la permission d'abattre des bois dans ces en v nous et dans ceux du golfe Dulee, à tous les étrangers qui en réclameraient l'autorisation ; c\M sans doute pour atténuer les effets de la concurrence que suscite aux exploitations de bois de Guatemala l'établissement anglais de Balize. CorAïf , misérable bourgade, mais très digue de remarque par les antiquités découvertes daus son voisinage. Nous emprunterons à l'Atlas Ethnographique du Globe la description des principales. Le grand cirque est une place de forme circulaire, entourée de pyramides de pierres fort bien cannelées. Au pied de ces pyramides se trouvent des ligures d'hommes et de femmes de taille colossale , parfaitement ciselées et vêtues à la castillane, quoiqu'il soit démontré que ces constructions sont antérieure* à l'arrivée des Espv
AHRÉGE DE GÉOGRAPHIE.
gnols en Amérique. Au milieu de la place et sur des gradius, oo voit l'autel des sacrifices. A peu de distance du cirque est un portique sur les colonnes duquel est représenté uu homme vêtu , ainsi que ceux du cirque , à la castillane , avec des bauts-de»chausse, le cou enveloppé d'une étoffe jaune, Fépée, le bonnet et le manteau court. En entrant par ce portique on admire de très belles pyramides de pierres très grosses et un hamac dans lequel sont placées deux figures humaines des deux sexes , mais vêtues à l'indienne. A peu de distance de ce hamac se trouve la caverne de Tibulca, qui semble être un tempU fort vaste, creusé au pied d'une montagne et orné de colonnes avec leurs bases, socles, chapiteaux et couronnemens , le tout parfaitement conforme aux principes de l'architecture. Sur les cotés il y a un grand nombre de fenêtres en pierres, très bien travaillées. En admettant l'exactitude de ces faits rapportés par des auteurs indigènes, ces antiquités démontreraient jusqu'à l'évidence qu'à une époque bien antérieure à l'apparition des Espagnols dans ces coutrées, au commencement du xvi* siècle, il doit avoir existé des communications quelconques entre les hahitans des deux hémisphères.
Dans FETAT DE NICARAGUA • Laov , située sur une vaste plaine élevée, belle ville, avec des rues et des places larges et régulières , et , en général , disposées avec godt. Son collège TrUUntuwm, changé en université en 1 8 x a , est son principal établissement littéraire. La cathédrale est son unique édifice remarquable; mais aussi pourrait- il orner toute autre plus grande ville, par son élégance el par la régularité de son architecture. Léon fait un commerce assez étendu , est le siège d'un évéché et compte , selon M. Thompson, 38,ooo habitans. Nicaragua, la plus importante et la plus peuplée après la capitale de l'état; Massa ya et Graxada, remarquables par leurs volcan* et par leur forte population ; Managua , près du lac auquel elle donne son nom, et avec une population presque égale à celle des deux précédentes; Realkjo , imporlante par ses cltanùers et surtout par son beau port, réputé un des meilleurs du monde, et que quelques auteurs regardent même comme le plus beau de toute la ci-devant Amérique-Continentale-Espagnole. Nicota , avec un port et des chantiers; Sah-Carlos , petit fort à l'issue du San-Juari du lac de Nicaragua.
Dans FETAT DE COSTA -RICA : Sah-Jose de Costa-Riua, ville de médiocre étendue a laquelle on accorde 10,000 habitans ; Cartago , ville très déchue, mais à laquelle M. Thompson accorde encore 16,000 habitans ; Boruca ; c'est une des missions dans le territoire des indigènes indépendaus.