DÉPARTEMENT DB VENEZUELA
Province de Caracas Caracaa ; La Guayra; Victoria ; Maracay; CaLboio; los
Reyes (San-Sebastian de los Reyes).
Province de Carabobo. Valencta; Puerto- Cabello; Tocuyo; Carora; San- Carlos,
San-Fehpe; Aroa,
Bogota , dans le département de Cundinamarca , située au pied de deux montagnes assez élevées , qui l'abritent contre les terribles ouragans de Test; elle en reçoit des eaux toujours fraîches et pures, et domine sur la plaine de manière à pouvoir se défendre facilement contre l'eunemi qui se
Présenterait de ce côté. Le climat de Bogota est un des plus humides que on connaisse et excessivement pluvieux , sans cependant être très malsain. La fréquence des tremblemens de terre, qui se font sentir dans cette ville, a beaucoup influé sur la construction de ses édifices; à l'exception de la ca-
thédrale, ils n'offrent rien de vraiment remarquable. Toutes les maisons sont peu élevées, quoique les murailles en soient d'une prodigieuse épaisseur; les édifices publics ont des soubassemens énormes, et le fût des colonnes des églises est hors de proportion avec la longueur, afin de résister plus facilement aux secousses. Les maisons sont bâties en briques séehées au soleil , et couvertes en tuiles , et les murs extérieurs sont blanchis. Leur intérieur offre les inconvéniens des maisons de l'Europe à l'époque de la découverte de l'Amérique. Autour de la cour intérieure des grandes maisons règne assez généralement ou une galerie, si l'édifice n'est composé que d'un rez-de-chaussée, ou une terrasse couverte, si la maison a un étage. L'escalier est communément en pierres et gothiquement construit. Les places de Bogota sont spacieuses, et toutes sont ornées de fontaines. Celle de la cathédrale est le lieu où le vendredi se tient le marché, qui est fréquenté par une foule immense, qui y accourt des environs. Les trois rues principales sont gaies, assez bien alignées, mais mal pavées. Les trottoirs y sont plus commodes que dans les autres villes espagnoles, et Ton y marche à couvert de la pluie, parce que le toit des maisons les abrite presque entièrement.
Parmi les édifices publics, nous mentionnerons la cathédrale, bâtie en 1814 ; c'est le plus beau bâtiment de Bogota , malgré les défauts qu'on reproche à sa façade; les couvens de San-Juart-de-Dios et des Dominicains , plus remarquables par la solidité de leur construction que par la beauté de leur architecture ; on prétend que les quatre sixièmes des maisons de Bogota leur appartiennent; le vaste palais du gouvernement est un bel hôtel , bâti en i8a5 par un riche particulier qui l'a vendu à l'Etat; depuis 1828 il est habité par le président et richement meublé : une grande partie est occupée par les bureaux des ministres et par la chambre des députés. Nous nommerons aussi le palais du Sénat; c'est une aile du couvent des Dominicains, où l'on a arrangé assez proprement, et sur le modèle de la salle des députés , une chambre dont les murs sont ornés de figures emblématiques; enfin la monnaie et le tliédtre , qui n'offrent rien de remaïqnablc. Bogota possède plusieurs établissemens littéraires: nous citerons : X université ^ qui est la plus fréquentée de la Colombie; X école normale d 'enseignement mutuel; lé musée ff histoire naturelle où des professeurs enseignent la botanique, la chimie et la minéralogie; le proto-medicato , où d'autres enseignent les sciences médicales ; et X académie des avocats où l'on enseigne la jurisprudence ; les collèges de San- Bartolomé , du Rosarto, de San - Tomas et des Ordenandos ; la bibliothèque publique ou nationale qui est la mieux composée de la république; X observatoire ei le jardin botanique ; X académie nationale , qui compte parmi ses membres les citoyens les plus distingués de toute la Colombie. En 1826, on y publiait six journaux. Bogota est la capitale de toute la république, le siège du congrès, des deux présidons, de la cour souveraine de justice et de toutes les autorités supérieures de l'état. Cette ville est aussi la résidence d'un archevêque. On ne connaît pas exactement sa population ; il paraît cependant qu'elle s'élève à 40,000 âmes.
Ses environs immédiats offrent de jolies promenades entourées de saules et de rosiers, sur lesquels grimpent des capucines; mais elles sont peu fréquentées. Plus loin et daus un rayou de 60 milles se trouvent plusieurs villes et localités remarquables; nous nous bornerons à décrire les suivantes : Zipaquima , petite ville , très vivante , reœar-
quable par sa riche mine de sel gemme qui produit un gros revenu à la république. Fusagasuga , gros bourg, remarquable par le voisinage de Pandi, village près duquel se trouvent les ponts naturels (Plcononzo , sur lesquels ou passe le torrent de la Sumraa Pax. Le premier forme une arche de 14 mètres et demi de longueur sur ia mèlres 7 centimètres de largeur ; sou épaisseur, au centre, est de 4 mètres 2 centimètres ; la hauteur du pont supérieur au-dessus du niveau des eaux du torrent est de 97 mètres 7 centimètres. Le second pont , qui est à dix toises au-dessous du premier, est formé par trois énormes masses de rochers tombées de manière à se soutenir mutuellement. M. de Humboldt remarque, que la masse du milieu forme la clef de la voûte , accident qui aurait pu faire naître aux indigènes l'idée de la maçonnerie en arc, inconnue aux peuples du Nouveau-Monde comme aux aucicus habitausde l'Egypte. Les deux ponts naturel» de la Virginie mentionnés à la page 101 8; le pont de terre ou Rumichaca , dans la province de Iqs Pastos ; celui de la Madré de Dios appelé Danto , près de ToloniUo au Mexique; la roche percée près de Grandola dans l'Alenlejo, et le superbe pont naturel près de V<ja% dans le Veronais cité à la page a4 1 , sont les phénomènes géologiques les plus remarquables que l'on connaisse dans ce genre. Soacha , gros village, renommé par le voisinage de la célèbre cascade de Teaucndamat formée par le Rio de Bogota dit aussi Rivière de Fuoza, affluent du Magdalena. Celte chute superbe réunit tout ce qui peut rendre un site éminemment pittoresque. Elle n'est point, comme on le croit dans le pays, et comme des physiciens Vont répété en Europe, la cascade la plus haute du globe; la rivière ne se précipite pas, comme le dit Bouguer , dans un gouffre de 5 à 600 mètres de profondeur, mais elle est sûrement une des cascades les plus imposant. -s du monde, parce qu'elle réunit à uue grande élévation une grande masse d'eau. En effet , dit M. de Humboldt , le Rio- Bogota qui un peu au-dessus du sallo a une largeur de 44 mèlres, ce qui est la moitié de celle de la Seine entre le Louvre et l'Institut, à Paris, eu conserve encore 12 à l'endroit d'où en deux bonds elle se précipite d'une hauteur de 175 mèlres. Gcatavita , village remarquable par le petit tac de son nom, que nous avons décrit à la page 939.
Muzo, autre village, auquel le voisinage de sa riche mine oTémeraudes donne une grande célébrité et une haute i m portais ce ; car c'est de cetle mine et de celle de So~ mondoco, située plus à l'est, hors du rayon de Bogota et dans le département de Boyaca, que, selon M. le docteur Rouliu. proviennent en grande partie les émeraudes qui se trouvent maintenant eu Europe, et même celles qui existent eu Orient; en effet, dans les xvi' et xvii6 siècles , on en tirait pour l'Asie des quantités considérables de l'Espagne. C'est par une méprise semblable à d'autres que nous avons signalées ailleurs, que ces pierres sont connues sous le nom d'émeraudes du Pérou. Pour donner une idée de la quantité d'émeraudes que Ton retira de la mine de Muzo, ce savant naturaliste fait observer qu'en 16 jo, c'est-à-dire 56 ans après sa découverte, elle avait payé eu quint 3oo,ooo piastres, sans compter ce qui avait été soustrait. La fraude devint par la suite si considérable, que le gouvernement ût fermer la mine , qui resta dans cet état jusqu'à la révolution. Depuis quelque temps une commission en obtiul du congrès la concession , et elle en a déjà retiré des produits assez considérables. Tuïtja, petite tille, capitale du département de Boyaca, que nous décrirons plus bas. Honda , petite ville, importante par son commerce el par sa population qu'on porte encore au-dessus de 5,ooo âmes , malgré les désastres qu'elle a éprouvés pendant la catastrophe de 1807, qui Ta presque entièrement ruiuéc et ceux qu'elle souffrit pendant la guerre. Mariquita, renommée par ses mite$ d'or et d'argent d'une exploitation très difficile et exploitées dernièrement par une compagnie d'actionnaires auglais. A l'est de la Cordillère mais toujours dans le rayon, on trouve Sak Jcak de los Llakos, qui n'offre rien de remarquable, si ce n'est l'immense plaine herbacée qui s'étend à l'est de son territoire.
Quito, grande ville, capitale du département de l'Equateur, située à 1 ,480 toises au-dessus du niveau de la mer, dans un ravin, ayant à l'ouest le volcan Pichincha, à l'est un rang de collines appelé Panecillo, et au nord et au sud une plaine. Toutes les rues, excepté les quatre qui aboutissant à la grande place (plaza mayor), sont tortueuses et construites sans ordre; la plupart sont percées par des crevasses, dont les maisons occupent les parois irregu-
lières. Il n'y a que les rues principales qui soient pavées. Les maisons appartenant aux principaux habitans ont en général un premier étage, mais celles des classes inférieures n'ont ordinairement qu'un rez-de-chaussée ; elles sont pour la plupart construites en adobes ou briques cuites au soleil, ou bien en pierres et couvertes de tuiles. Les principaux édifices de Quito sont : le palais du ci-devant président, bâtiment d'un aspect sombre, dont la façade est en pierre; le palais de F èveque , et la cathédrale qui est loin d'être la plus belle des églises de Quito; ces trois bâtimens se trouvent sur la grande place , au centre de laquelle s'élève une belle fontaine en cuivre. Parmi les églises, celle du ci -devant collège des jésuites est regardée comme la plus belle; sa façade est en pierre cl du travail le plus exquis; les piliers, d'ordre corinthien, ont 3o pieds de haut, et chacun est taillé d'un seul bloc de pierre blanehe; plusieurs sculptures d'un grand mérite ornent cet édifice, dont l'intérieur a été construit sur le modèle de l'église de Jésus à Home; sur un des murs, on voit l'inscrijvtion en marbre laissée par les académiciens français envoyés au Pérou en 1736 par l'Académie des sciences de Paris pour mesurer un degré du méridien. Viennent ensuite Yéglise du Sagrario et celle du monastère de Sainte-Claire ; cette dernière est surtout remarquable par son beau dome ellyptique. On doit aussi nommer le couvent de San-Francisco , pour son immense étendue et sa belle église; le couvent de San-Dirgo , remarquable par sa situation délicieuse, qui rend cette retraite une des plus romantiques; enfin le grand hôpital , à cause de son architecture et de ses vastes dimensions. Quito a toujours été un lieu célèbre dans l'Amérique-Méridiodionale-Espagnole, par le grand nombre d ctudians qui s'y rendaient et s'y rendent encore pour étudier à son université. Après cet établissement viennent Yéco/e normale d'enseignement mutuel , le collège , le séminaire , la bibliothèque publique du ci-devant collège des jésuites , regardée comme la plus riche de toute la Colombie. En 1826, on publiait trois journaux dans cette ville. Sous le régime espagnol, Quito était la résidence d'un commandant général; actuellement elle est le siège d'une cour supérieure de justice, d'un éveché et d'autres autorités du département. Les principaux produits de ses manufactures consistent en étoffes de coton et de laine, en beiges, flanelles , ponchos , bas , dentelle, fil , ruban de fil et autres articles de moindre importance. On ne connaît pas exactement sa population; mais tout porte à croire qu'elle s'élève à 70,000 âmes; ce qui rend cette ville la plus peuplée de toute la république.
« Lorsqu'on a vécu , dit M. de Humboidt , pendant quelques mois sur ce plateau élevé , où le baromètre se soutient à o»., 54 , ou à ao pouces de hauteur, ou éprouve irrésistiblement une illusion extraordinaire : on oublie peu-à-peu que tout ce qui environne l'observateur, ces villages annonçant l'industrie d'un peuple montagnard, ces pâturages couverts à la-fois de troupeaux de lamas et de brebis d'Europe, ces vergers bordés de baies vives de duranla et de barnadesia, ces champs labourés avec soin et promettant de riches moissons de céréales , se trouvent suspendus dans les hautes régions de l'atmosphère; on se rappelle à peine que le sol que l'on habile est plus élevé au-dessus des côtes voisines de l'Océan-Paci tique, que ne l'est le sommet du Canigon au-dessus de la Méditerranée. » L'espace nous manque pour signaler au lecteur tous les lieux et les objets remarquables qui , dans un rayon de 60 milles , mériteraient de fixer son attcution ; nous nous bornerons aux suivaus qui nous paraissent mériter la préférence.
Nous commencerons d'abord par mentionuner quelques-uns des majestueux colosses qui couronneot la haute vallée de Quito, en nommant le volcan ni Picbuicha , dans les
ARRÉGÉ DK GÉOGRAPHIE.
environs immédiats de Quito, remarquable par sou activité et par la fameuse croir élevée sur une de se* cimes , qui a servi de signal aux académiciens français lors de la mesure delà méridienne; le Catambé (Cayambé-Urcu ou Altar), dont le sommet majestueux est traversé par l'équateur; on peut, dit M. de Humboldt , considérer celte montagne , qui est une des plus belles qu'on puisse voir et une des plus hautes du monde, comme un de ces monumeos éternels , par lesquels la nature a marqué les grandes divisions du globe terrestre; I'Aktisaka, qu'à la page 9*4 nous avons vu être le plus haut de tous les volcans du globe; sur ses flancs même, à la hauteur de 4,101 mètres, est située la me' t ai rie tfA ntisana; on la regardait il y a quelques années, avant que Ton connût la hauteur du plateau de Titicaca, comme le lieu habité le plus haut de tout le Nouveau-Monde; le Cotofaxi , qui est le plus redouté de tous les volcans du ci-devant royaume de Quito. En 1738 ses flammes s'élevèrent au dessus du bord du cratère à la hauteur de 900 mètres ; en 1748 ses mngissemeus furent entendus jusqu'à Honda à une distance de aoo lieues communes. La quautité de cendres qu'il vomit en 1 768 fut si grande, que dans les villes de Hambato et de Tacuoga , la nuit se prolongea jusqu'à trois heures du soir , et que les habitans furent obligés d'aller avec des lanternes dans les mes. Sa hauteur est double de celle du Canigou; elle surpasse par conséquent de 800 mètres celle qu'aurait le Vésuve s'il était placé sur le sommet du pic de Ténériffe. Sa forme est la plus belle et la plus régulière de toutes celles que présentent les cimes colossales des Hautes-Andes. C'est, dit M. de Humboldt , un cône parfait qui , revêtu d'une énorme couche de neige , brille d'un éclat éblouissant au coucher du soleil et se détache d'une manière pittoresque de la voûte azurée du ciel. La foute subite de cette immense calotte de neige, dans la terrible éruption de i8o3, causa des dégâts affreux dans le pays qui l'environne. Enfin I'Ilinissa, une des cimes les plus majestueuses et les plus pittoresques, dont les pointes mesurées trigonométriquement par Bouguer , tant au-dessus du plateau de la ville de Quito qu'au-dessus des côtes de l'Océan , servit à déterminer la valeur approximative du coefficient barométrique, et doit être par conséquent placé par les physiciens à côté du Puy-de-Dôme, on Perrier, guidé par les conseils de Pascal, tenta le premier de mesurer la hauteur des montagnes à l aide du baromètre.
Parmi les villes les plus considérables qu'on trouve dans le rayon de Quito, nous nommerons au nord de l'equateur : I barra , qui n'offre rien de remarquable, mais dont on porte la population à environ 10,000 Ames; Otavalo , parce qu'on vante la beauté de ses habitans , quj^n estime de i5 à 16,000. Au sud de l'équateur : Latacuhga, assez grande ville, qu'on uous assure avoir une population de 17,000 âmes, malgré les grandes perles qu'elle a éprouvées par les terribles éruptions du Cotopaxi, qui plusieurs fois l'ont presque entièrement détruite. C'est dans le voisinage de celte ville que se trouvent deux monumens remarquables: la maison del'lnea à Catlo» et le Panecillo ou Pain de-Sucre dans ses environs. Ce dernier est une bulle conique d'environ 80 mètres d'élévation , couverte de petites broussailles; les naturels la regardent comme un tumultis élevé pour servir de sépulture à un persounage distingué; Ûlloa le croit un monument militaire; îl parait probable que cette colline doit, sinon en tout, du moins en partie, son existence à la main des hommes. La maison de Vlnca , située un peu au sud-ouest du Panecillo, est un édifice de forme carrée , dont chaque côté a 3o mètres de longueur. On distingue encore quatre grandes portes extérieures et huit chambres dont trois se sont conservées. Les murs ont à-peu-près 5 mètres de hauteur sur 1 mètre d'épaisseur. Les portes semblables à celles des temples égyptiens, les niches, au nombre de 18 dans chaque division , distribuées avec la plus grande symétrie ; les cylindres servant à suspendre les armes; la coupe des pierres, dont la face extérieure est convexe et coupée en biseau , tout rappelle l'édifice du Canar. M. de Humboldt appelle l'attention sur l'étonnante conformité de construction qu'offrent tous les monumens péruviens répandus sur une ligne de plus de 45o lieues, depuis 1,000 jusqu'à 4,000 mètres d'élévation au-dessus du niveau de l'Océan; on dirait qu'un seul et même architecte les a tous construits.
Caracas, autrefois capitale de la capitainerie générale de ce nom, et maintenant du département de Venezuela. Avant le tremblement de terre, qui en 181 a la ruina presque entièrement, cette ville se distinguait par
plusieurs beaux édifices et par une population qui s'était élevée au-dessus de 45 ooo âmes. Bâtie dans une vallée délicieuse, à 454 toises au-dessus du niveau de la nier et au pied du pic de la Silla, baignée par quatre petites rivières, elle avait auparavant des rues bien alignées et des maisons très belles. Caracas est le siège d'un archevêché et s'est relevée en partie de ses ruines; mais la guerre et les maux qui l'accompagnent ont empêchée de se rétablir entièrement. Cette ville a été le théâtre de plusieurs grands évènemens, depuis la guerre de l'indépendance, et a fait plusieurs efforts pour se séparer de la Colombie, aÛn de former un état entièrement sépare. D'après les dernières nouvelles qui ont annoncé la scission de la Colombie en difïérens états fédérés, Caracas serait la capitale dun de ces états , ainsi que Bogota et Quito le seraient des deux autres. Sous e rapport littéraire , Caracas rivalise avec ces deux grandes villes , étant le siège d'une université de premier rang, d'une école normale d'enseignement mutuel, d'un collège, d'un séminaire et de plusieurs autres etabhssemens littéraires. Elle est aussi le centre d'un grand commerce avec les vastes contrées qui forment le département, dont elle est le chef-lieu.
Dans ses environs immédiats nous citerons . La Guatra , petite ville de près de 4,000 âmes, avec un mauvais port et dans un climat très malsain , mais très importante par son commerce, étant le port par lequel Caracas (ail ses expéditions maritimes. Plus loin et dans un rayon de 6o milles nous nommerons : La Victoria, petite ville, assez îionssante , qu'on nous assure être la plus peuplée du département après Caracas. Maracat , firos village , dans une position délicieuse , dans la vallée d'Aragua , près du beau lac Tacarigua ou de Valencia; on regardait , il y a quelque temps, son éguse comme la plus belle de la province.
Voici les autres villes les plus remarquables de la Colombie; nous les indiquons en suivant l'ordre adopté dans le tableau des divisions administratives.
Dans le DÉPARTEMENT DE CUNDIN AMARCA , outre les villes de Bogota et autres lieux que nous avons décrits dans les environs de la capitale, aux pages 1081 et io8a, ou doit encore nommer : Ibaoub, très petite ville, importante par son collège. Medellih, petite ville, chef-lieu de la province d'Antioquia , importante par sa population , par son collège et plus encore par son commerce. Ahtioquia, petite ville, siège
d'un évècbé et jusqu'en i8a5 chef-lieu de cette province. Sawta-Rosa de Osos, quable par sa situation élevée et par ses riches lavages d'or. Rio-Naoao, la plus importante de la province sous tous les rapports après Medellin. Mais avant de quitter la province d'Antioquia nous devons signaler la manière singulière d'y voyager. Hérissée et environnée de tous côtés de montagnes difficiles à franchir , les personnes aisées ont l'habit iule de se faire porter par des hommes , qui ont une chaise liée sur le dos ; c'est ce que les habitai» disent aller à dos d'homme (andar en carguero) , comme on dit aller à cheval. Aucune idée humiliante n'est attachée au métier des cargueros. Les hommes qui s'y livrent ne sont pas de* Indit ns , mais des Métis , quelquefois même des Blancs. Les cargueros portent communément 6 à 7 arrohas ou 75 à 88 kilogrammes; il y en a de très robustes qui portent jusqu'à 9 arrobas. Quand on réfléchit, dit M. de Humboldt , sur l'énorme fatigue a laquelle ces malheureux sont exposés en marchant huit à neuf heures par jour dans un pays montueux , quand on sait qu'ils ont quelquefois le dos meurtri comme des bétes i de somme, et que des voyageurs ont souvent la cruauté de les abandonner dans la foret, lorsqu'ils tombent malades ; quand on pense qu'ils ne gagnent, dans un voyage d Ibague à Cartago, que ia à U piastres ou 6o à 70 francs dans l'espace de quinze jours, quelquefois même de vingt-cinq ou trente jours , on a de la peine à concevoir comment ce métier de cargueros , un des plus pénibles de ceux auxquels l'homme se ),VTe» at om" brassé volontairement par tous les jeunes gens robustes qui vivent aux pieds des mon-
lOSf.
I agnes. Malgré cela leur nombre est si grand au Cboco, à Ibagueel à Medellin, que l'on en rencontre quelquefois des (îles de cinquante à soixante. Les miues du Mexique offrent aussi uue classe d'hommes qui n'ont d'autre occupation que celle d'en porter d'autres sur leur dos. Dans ces climats , continue M. de Huntboldt, la paresse des blancs est si grande, que quelque directeur des mines a à sa solde un ou deux Indiens qu'on appelle ses chevaux (cavallitos) , parce qu'ils se font seller tous les matins, et qu'appuyés sur une petite canne, et jetant le corps en a*ant, ils portent leur maître d'une partie de la mine à l'autre. Parmi les cavallitos et les cargueros , on distingue et l'on recommande aux voyageurs ceux qui ont le pied sur et le pas doux et égal. Ou est peiué d'entendre parler des qualités de l'homme daus des termes qui désiguent l'aliure des chevaux et des mulets.
Dans le DÉPARTEMENT DE L'EQUATEUR, outre Quito et les antres lieux mentionnés aux pages 1 08 3 et 10S4 $ nous nommerons : Riobamba , importante par sa population, qu'on porte à 20,000 âmes. Ambato, petite ville, remarquable par sa beauté, par la bonté de ses productions et celle de son climat, par sa population et par le voisinage du célèbre Chimborazo, regardé jusqu'à ces dernières années comme la plus haute montagne du Nouveau-Monde, mats qui vieut de céder sou rang aux deux pics le Ncvado de Sorata et celui dlllimani , dont nous avons indiqué la hauteur à la page 947 ; malgré cela le Chimhorazo s'élève sur toutes les montagnes de la Colombie , comme re doute majestueux , ouvrage du génie de Michel-Auge , sur les monumeus antiques qui euvirouneut le Capitole. Esmeraldas, misérable endroit, renommé par son excellent cacao , réputé le meilleur que l'on connaisse. Gcaixabamba , remarquable p.ir son chemin nommé Ladera de GnalUibamba , qui durant un mille anglais est taillé dans la montagne.
Dans le DEPARTEMENT DE GUAYAQUIL : Gcayaquil , chef-lieu du département, uue des villes les plus importantes de la Colombie par sa position, par son port , par son commerce et par sa population qu'on port? à environ 22,000 âmes. Si Gi.ajaquil n'offre aucun édilice qui puisse attirer particulièrement les regards d'un vovageur, il possède un chantier, qui fournit de l'occupation à un grand nombre d'ouvriers; on le regarde comme le premier établissement de ce genre existant sur toute la côte occidentale de ï Amérique ; on a eu lieu d'admirer quelques-uns des vaisseaux qui en sont sortis. Celte ville possède aussi un collège, une école de navigation et est le principal arsenal maritime de ta Colombie. Son port est aussi la station ordiuaire de la marine militaire de cette république sur le Grand-Océan. A l'entrée du Guayaquil on yoit un rocher auquel sa forme extraordinaire a fait donner le nom tfamonajado (le cadavre revêtu du drap mortuaire), parce qu'il ressemble à un corps humain sous l'habit de fraudera ni ; M. Stevenson dit qu'à la distance de 2 à 5 milles, on en distingue très bien , la tète, le corps , les bras croisées sur la poitrine, etc. Ce même voyageur fait aussi mention d'une coutume vraiment singulière qu'il a observée dans cette ville : des hommes montent au haut des clochers, pourvus de tambours et de trompettes, avec lesquels ils accompagnent le son des cloches, comme fout les Chinois avec leurs instrumeus, ceqni produit une musique étrange sans être désagréable. Nous nommerons encore la petite ville de JiruAFA , à cause de sa fabrique de chapeaux de paille, dont on exporte une grande quantité.
Dans le DÉPARTEMENT DE L'ASSUAY : Cuxwca, ville épiscopale, assez bien bâtie, située à 1,279 toises au-dessus du niveau de la mer. Le ci-devant couvent des Jésuites et le palais episcopat passent pour être ses principaux édifices. On porte à environ 20,000 âmes sa population, dont une partie considérable est occupée dans les manufactures de coton , de chapeaux et dans la fabrication de confitures estimées et d'un fromage qui ressemble beaucoup au parmesan. Cuenca possède un collège et un séminaire.
A environ 3o milles de Cuenca s'élève le fameux Paramo d'Assuay, dont les terribles tourmentes font périr tous les ans des voyageurs; il donne le nom au département. Dans ses eu virons ou trouve plusieurs ruines de monumens péruviens; elles sont encore assez importantes pour que nous leur consacrions quelques lignes. Nous nommerons d'abord : les maguiâques restes de la grande chauss ée. construite par les Ineas; ils se trouvent à une hauteur qui surpasse de beaucoup celle de (a cime du pic de Ténérlffe. Vient ensuite VIngapi le a (la forteresse du Caûar); cette forteresse, dit M. de Hure-
DESCRIPTION DE L'AMLRIQllK.
boldt, si l'on peut nommer ainsi une colline terminée par une pinte-forme, est bien moins remarquable par sa graudeur que par sa parfaite conservation. Un mur de grosses pierres de laiLe s'élève « la hauteur de 5 à 6 mètre» et forme un ovale très régu'ier, dont le grand aie a pics de 34 mètres de longueur. Au renlre de l'enceinte s'éleve une maison, qui ne renferme que deux picres et qui primitivement n'a» ail pas de fenêtres, ainsi que tous les autres monument péruvien* et les maisons décotiser tes à Pompéîa et à Herculanum ; son toit incliné la fait ressentir er aux maisons eiuopccune*. M. de Humboldt fait observer que les toits inclinés sont connus aux indigènes de la rôte Nord- Ouest de l'Amérique, et ils l'étaient même dans l'Eiiri-pe-Meridionalc des les temps les plus reculés. Ce monument militaire servait de logement aux Incas, lorsque ces princes passaient de temps en temps du Pérou au royaume de Quito. Les fondations d'un grand nombre d'édifices que l'un trouve autour de l'euceiute annoncent qu'il y avait jadis au Caûar assez de place pour loger le petit corps d'armée, par lequel les monarques péruviens se faisaient suivre dans leur* voyages. Si les ruines du Caûar, ajoute M. de Humboldt, n'offrent point le* pierres énormes de* édifices du Cuxco et des pays voisins, elles sou t eu revanche remarquables par l'extrême beauté de leur coupe ; la plupart sont jointes sans «m une espèce de ciment. Cependant ou reconnaît ce dernier dans quelques» uns des bâtimens qui entourent la citadelle et dans les trois maisons de l'Inea , au Pullnl. • Les Péruviens, continue ce savant, ont montré nue halxleié donnant.- à tailler les pierres les plus dures. Au Caûar, ou trouve des canaux courbes creusés dans le porphyre pour suppléer aux gonds des portes. La Coudamiuc et Rouguer ont vu, dans oes édifices construits du temps des Incas, des oruemeus de porphyre représentant des mufles d'animaux , dont les narines percées priaient des anueaux mobile* de la même pierre. L'architecture péruvienne ne s élevait pas au-delà des besoins d'un peuple montagnard ; elle ne connaissait ni pilastres , ni colonnes , ni arcs en plein ciutre : née dans un pays hérissé de rochers, sur des plateaux presque donnés d'arbres , elle n'imitait pas, comme l'architecture des Grecs et des Romains, l'assemblage d'une charpente en bois; simplicité, symétrie et solidité, voilà les trois caractères par lesquels se distinguent avantageusement tous les édifices pérnvieus •». Enfin , Y Y n g a-Chu ng an a , dit aussi le Jeu de l'inca; c'est un siège entouré d'une enceinte, le tout creusé dans le roc. Vu de loin, i. ressemble à un canapé, dont le dos est orné d'une sorte d arabesque en forme de chaîne. En entrant dans l'enceinte ovale , on voit qu'il n'y a de siège que pour une seule personne , mais que cette personne est placée d'une manière très commode , et qu'elle jouit de la vue la plus délicieuse sur le fond de la vallée de Gulan. Une petite rivière serpente dans cette vallée,' et forme plusieurs cascades dont on aperçoit l'écume à travers des touf.es de gunera et de mélastomes. « Ce siège rustique, dit M. de Humboldt, ornerait les jardins d'Ermenonville et de Richmoud, et le prince qui avait choisi ce m«c n'était pas insensible aux beautés de la nature; il appartenait à un peuple que nous n'avons pas le droit de nommer barbare. »
Loxa , petite ville, avec un collège; c'est dans son voisinage qu'on voit ces vastes forêts où Pon coupe l'arbre qui fournir le fameux spécifique contre les fièvres intermittentes, employé avec tant de succès contre tant d'autres maladies et connu sous le nom de cascarilta de Loxa ou quinquina. Des forêts de cet arbre précieux et d'une qualité excellente se trouvent aussi dans les montagnes de Mérida, de SanlaFe, de Popayan et de Quito. Zaruma, petite ville, à laquelle on accorde de 4 à 6,ooo habitans, importante par ses riches mines d'or. SAii-jAt* d» Rracamoros et Sax-Frakcisco de Bon; a, petites villes, perdues pour ainsi dire au milieu des solitudes , au-delà desquelles s'étendent de vastes terres peu connues, où vit un grand nombre de tribus sauvages indépendantes. Quelquesunes, comme les Xibaros , après avoir secoué le joug des Espaguols et massacré tous ceux qui se trouvaient dans leur territoire , leur font une guerre à mort. Ces pays offrent des lavages d'or très riches. Les cartographes et les géographes continuent toujours à figurer et à décrire les villes fondées par les missionnaires, quoique depuis bien des années elles aient cessé d'exister. Au nord-ouest de Sau-Jaen de Rracamoros et proprement entre les villages indiens d'Ayavaca dans la république du Pérou et de Guamcabamba dans ce département , on voit sur le dos des Cordillères, à 1,400 toises de hauteur dans le Paramo de Chulucauas, les ruines de l'aucienne ville de Cbulucasas, très remarquables, dit M. de
Humboldt, par l'extrême régularité des rues et de l'alignement des édifices. Les maison* construites eu porphyre , sont distribuées en huit quartiers formés par des rues qui se coupent à angle droit. Chaque quartier renferme :i petites habitations, de sorte qu'il y en a 96 dans la partie encore subsistante. Ces maisons, comme ceUes d'Herculanum, ne présentent qu'une seule pièce , dont la porte donnait probablement sur uue cour intérieure. Au centre des huit quartiers se trouvent les restes de quatre grands édifices de forme oblongue ; ils sont séparés par quatre petits batimens carrés, occupant les quatre coins. A la droite de la rivière qui borde la ville, on découvre des constructions très bilan es qui s'élèvent en amphithéâtre : la colline est divisée en six terrasses, dont chaque assise est revêtue en pierre de taille. Plus loin se trouvent les fameux bains de fine a.
Dans le DÉPARTEMENT DU CAUCA : Pofaya* , située sur le fleuve de ce nom , dans une position des plus belles qu'on puisse imaginer; mais au pied des grands voi» cans Je Puracé et de Sotara. Plusieurs beaux édifices ornent cette ville ; la rue de BeJem est sa plus belle partie. Cependant ses places n'ont rien de remarquable et la plupart des maisons qui les entourent tombent en ruine, depuis qu'on s'est battu dans la ville. La guerre a porté un grand dommage à son commerce et à son industrie, et a contribué à diminuer sa population, qu'on n'estime plus qu'à 7,000 âmes. Malgré ses pertes Popayau est encore une des villes principales de la Colombie par son hdtel de monnaie, par son éveché, par son université An second rang, par son collège et parce qu'elle est l'entrepôt commercial entre Quito et Bogota. En i8a6 on y publiait un journal.
Dans les environs de Popav&n on trouve le petit village de Puracé , célèbre dans le pays à cause des belles cascades de la rivière Pusambio, dont l'eau est aride, ce qui l'a fait nommer Rio- Vinaçre par les Espagnols. Elle forme trois cascades, dont les deux supérieures sont très considérables; la hauteur de la seconde est de plus de lao mètres. Nous nommerons ensuite : Cali, petite ville, importante par sa population , son collège et son commerce; Cartago, par son commerce; Barhacoas?, par ses riches mines d'or, et P»sto, remarquable par la grande élévation du plateau sur lequel elle est située; c'est une plaine entourée de volcans et de soufrières , qui dégagent continuellement des tourbillons de fumée , et à laquelle on n'arrive qu'à travers des ravins profonds et étroits comme les galeries d'une miuc. Les malheureux babitans de ces déserts ne recueillent de leur sol aurifère que des patates. Iscuahob , misérable et très petite ville, située au pied de la Cordillère, importante par la belle qualité à* platine qu'on retire des riches mines de ce métal situées dans son voisinage. Saw-Bi enavuhtora , misérable hameau, très important par la Mie baie de son nom, déjà fréquentée par plusieurs vaisseaux marchands. Qurauo, chef-lieu de la province du Choco , une des parties les moins peuplées de la Colombie et urne des contrées les plus humides que l'on connaisse , mais aussi une de celles qui, eu égard à son étendue, produit le plus d'or et de platine. Nous avons déjà signalé à la page 1077 la singulière méprise des géographes et des cartographes relativement au chef-lieu de cette province.
Dans le DÉPARTEMENT DE L'ISTHME : Pajtama , chef-lieu du département de l'Isthme, ville épiscopalc, bien bâtie, au fond d'une vaste baie et sur une péninsule forumpar la côte méridionale de l'isthme auquel elle donne son nom. La cathédrale et le collège sont ce qu'elle offre de plus remarquable. En 1896 on y publiait deux joumaur. Panama est une place forte du second rang; elle servait autrefois d'entrepôt aux trésors du Pérou destinés pour l'Espagne; elle fait encore un commerce important On nous assure que sa population, qu'on a étrangement exagérée, n'arrive pas même à 10,000 âmes. Panama n'a réellement pas de port; on n'y voit ni quai, ai bassin, ni chantier; sa rade est fort mauvaise à cause des vents du nord qui y sont quelquefois très violeos. Nous rappellerons au lecteur que l'on a entièrement abandonné le projet de couper l'isthme par le canal mentionné à la page 937 ; mais on nous assure que l'on s'occupe do projet d'un chemin en fer, qui mènerait de Portobello à Panama ou à Chorrera , en profitant cependant de la rivière de Crucès que l'on rendrait navigable le plus haut possible.
Viennent ensuite : Cborrrra et Los Sabttos, petites villes de 4»ooo âmes, population très forte pour une province si mal peuplée , et assez importantes par leur commerce; on les cherche en vain sur des cartes récentes, signalées comme les meilleures . quoique on y trouve îudiqué bien d'autres lieux, qui n'ont aucune importance et qui comptent à peina quelques centaines d'habitans. Nata, dont la population dépasse 4,000
âmes; C rc ces, petite ville d'environ i,aoo habitai)* , mais assex commerçante , étant l'entrepôt entre Panama et Portobdlo; Chagiies, dont la population n'arrive pas à 900 Ames , mais importante par le fleuve qui l'arrose, dont le lit doit êlre amélioré pour faciliter la navigation; Portosello, très petite ville, importante par la beauté de son port, et mal famée pour son climat délétère, qui lui a valu le triste surnom de sepultura de los Europeanos (tombeau des Européens). Malgré ce grand inconvénient on y a tenu pendant long-temps une des plus riches foires du monde. Le gouvernement colombien a diminué son insalubrité, en faisant abattre une partie des bois qui s'étendaient jusqu'à ses portei. Sa population, que quelques géographes portent jusqu'à 8,000 Ames, n'était dernièrement que de hnbitans. Santiago, petite ville d'environ 5,ooo babitaiis.
Mais avant de quitter ce département nous devons dire un mot sur la pèche des pertes, dont ou exagère tant la richesse, et sur une colonie qui s'est formée dans ces dernières aimées et sur laquelle les géographes gardent le plu« profond silence, malgré son importance et la singularité de son origine. Celte colonie a été fondée il y a près de 6 ans, au-dessous du cap nias sur la côte de Darien , par sept pécheurs, dont trois Anglais , deux Américains et deux autres Colombiens; die compte déjà 1 20 personnes de tout âge. Leur occupation principale est la pèche des tortues et la vente de leur chair fraîche on salée , de l'huile et de l'écaillé qu'ils en retirent. Depuis 4 ans elle a rendu annuellement pour la valeur de -00,000 francs. La pêche des perles a été cédée en i8a3 , pendant 10 ans par le congre» à une compagnie anglaise, qui arme depuis lors deux batimens, dont l'un est chargé? de pécher dans les parages de la mer des Antilles, surtout prés dn Rio-Hacha; l'autre dans ceux de l'archipel de las Perlas, que nous avous dit appartenir à ce département. On nous assure que les produits de cette pèche ont cté si peu considérables, que les actionnaires étaient sur le point d'abandonner leur entreprise.
Dans le DÉPARTEMENT DU MAGDALENA : Carthaoehe , ville épiscopale, si* tuée sur une Ile sablonneuse, non loin du Magdalena et chef lieu du département de ce nom. Carthagène a un des plus beaux ports de l'Amérique, et est la station ordinaire d'une partie de la marine militaire de la Colombie et la première place forte de celte république; mais ses fortifications ont besoin d'être réparées en plusieurs endroits. Quelques églises , quelques couvenseX surtout ses immenses citernes sont les constructions les plus importautes de cette ville, qui possède une université du second ordre » une école de navigation et un collège. On doit cependant avouer qu'eu général Cari bagène offre un aspect lugubre, ce qu'elle doit en partie à ses longues galeries, à des colonnes basses et lourdes, à des rues étroites et sombres et à des terrasses trop saillantes, qui y dérobent la moitié du jour. Malgré tout ce qu'elle a souffert pendant !a guerre de l'insurrection, Carthagène compte encore environ 18,000 habitans en y comprenant ceux du faubourg Ci ma ni, qui communique avec la ville par un pont de bois. Elle est encore le centre d'un commerce étendu et de communications régulières entretenues par des paquebots avec l'Europe, les États-Unis et les Antilles.
Tursaco , village indien , où se retirent pendant les grandes chaleurs les personnes les plus riches de Carthagène; dans la forêt voisine s'élèvent 18 à ao petits cônes, dont la hauteur n'est que de 7 à 8 mètres; les indigènes les appellent les Volcancitos (les Petits* Volcans) , à cause des éruptions d'air qni ont lieu à de très petits intervalles accompagnées d'un bruit sourd et assez fort. Souvent ce phénomène est accompagné d'une éjection boueuse comme dans les volcans semblables de Macalouba et de Taman , que nous avons mentionnés aux pages 336 et 493. El-Carmex , petite ville, regardée comme le lieu la plus salubrede la province de Carthagène. Ton;, renommée par sou baume. Mompox, importante par sa population , qu'on porte à 10,000 âmes , par son collège et par son commerce. Ocaîîa , ville très petite, mais remarquable par le congrès qu'on y a tenu en t8a8 , et parce qu'on a eu le projet d'en faire la capitale de toute la Colombie. Smtta-Marta , ville épiscopale, importante par ses fortifirai ions, son port et son commerce ; on lui accorde 6,000 habitans. Rio-Hacda , remarquable par la pèehe des perles qu'on fait dans ses parages et dont nous venons de parler; elle a un port et compte on millier d'habitant.
Dans le DÉPARTEMENT DE BOYACA : Tuxja, autrefois riche, populeuse et florissante, et aujourd'hui en grande partie ruinée et déserte, malgré l'université du second ordre et le collège qu'on y a établis. C'est à Tunja qu'avant l'arrivée des Espagnols résidait
ARRKOK DE f.KOORAPHIE.
le zaque ou roi de* Muyscas, nation très puissante, maîtresse alors du plateau de Bogota. De même que les Japonais, les Muyscas étaient gouvernés simultanément par deux chefs : l'un d'eux, espèce de pontife, résidait à fraca, où il était, comme le Dalaî-Lama et le Daîri, l'objet de la vénération d'un grand nombre de pèlerins qui allaient lui offrir des présens; l'autre , qui était le chef politique , ou le roi , avait le titre de saque et résidait à Tunja ; les zippa ou princes de Bogota l;ii payaient un tribut annuel. Les Muyscas adoraient le soleil , et avaient fait de si grands progrès dans la civilisation, qu'on peut les regarder, après les Mexicains, les Zapotèques, les Péruviens, les Qucches et les Kachiqueles, comme la nation indigène la plus policée du Nouveau-Monde. Les Muyscas paraissent avoir eu des hiéroglyphes dans le genre de ceux des Mexicains; ils possédaient trois calendriers différais, représentant leurs trois années , rurale de i a à 1 3 lunes, ecclésiastique de 37 lunes et ciw'/e de ao lunes. Ce peuple est aussi remarquable pour avoir eu La semaine la plus petite offerte jusqu'à présent par l'histoire de la chronologie, n'étant composée qoe de trois jours. Le monument muysca le plus curieux que l'on possède est le calendrier lunaire sculpté sur utie grande pierre , découverte vers la fin du xviu* siècle. Il est bon de rappeler que les Muyscas, ainsi que les Arcadiens, avaient une antique tradition , d'un temps où la lune .n'accompagnait pas encore la terre. Cette idée, qui ne renferme aucun sens symbolique, semble confirmer la présomption d'anciennes communication entre l'Europe et l'Amérique.
Les autres lieux les plus remarquables soot : Botaca , petit village , remarquable par la bataille perdue en ift 19 par les Espagnols ; il donne le nom au département. Canr- QCioniRA, petite ville, qu'on peut regarder comme la Notre-Dame de Lorette de la Colombie, à cause du grand nombre de pèlerins qui accourent de tous les côtés pour y visiter l'image de la Sainte-Vierge conservée dans l'église des Dominicains et lut faire des offrandes. Savta-Rosa, la mieux bâtie et la plus peuplée de toute la province de Tunja. Sogamoso , petite ville assez florissante, quoique très déchue en comparaison de ce qu'elle était lorsque, sous la domination des Muyscas, un grand nombre de pèlerins allaient visiter son temple du soleil et assistaient tous les quinze ans à la célébration du sacrifice humain , qui devait marquer l'ouverture d'une nouvelle indiction ou cycle de quinze années. La victime était appelée guesa , qui veut dire errant, sans maison. C'était un enfant que l'on arrachait à la maison paternelle. Il devait nécessairement être pris d'un certain village situé dans les plaines appelées maintenant les Llanos de San- Juan. Le gueja était élevé avec beaucoup de soin dans le temple du soleil jusqu'à l'Age de dix au* ; alors on le faisait sortir pour le promeuer par les chemins que Bochica avait suivis, à l'époque où , parcourant les mêmes Lieux pour instruire le peuple , il les avait rendus célèbres par ses miracles. A l'âge de quinze ans, lorsque la victime avait atteint le nombre de sunas égal à celui que renferme l'indiclion du cycle muysca , elle était menée en procession par le suna , qui donnait son nom au mois lunaire. On la conduisait vers la colonne, qui parait avoir servi pour mesurer les ombres sosticiales ou équinoxiales, et les passages du soleil par le zénith. Les prêtres, xeques, suivaient la victime; ils étaient masqués comme les anciens prêtres de l'Egypte. Les uns représentaient Bochica , qui est l'Osiris ou le Mtthra de Bogota, auquel, dit M. de Humboldt , on attribuait trois têtes, parce que, semblable au Trimourti des H indoux , il renfermait trois personnes qui ne formaient qu'une seule divinité; d'autres portaient les emblèmes de Chia , la femme de Bochica , Isis , ou la lune ; d'autres étaient couverts de masques semblables à des grenouilles, pour faire allusion an premier signe de l'anuée; d'autres enfin représentaient le monstre Fomagata, symbole du mal, figuré avec un œil, quatre oreilles et une longue queue. Lorsque la procession, qui rappelle les processions astrologiques des Chinois et celle de la fête d'Isis des anciens Egyptiens , était arrivée à l'extrémité du suna , on liait la victime à la colonne qui s'élevait dans une place circulaire, et une nuée de flèches la couvrait. On lui arrachait immédiatement le cœur pour en faire offrande au Roi Soleil, à Bochica. Le sang du guesa était recueilli dans des vases sacrés. Cette cérémonie barbare , dit M. de Humboidt , présente des rapports frappans avec celle que les Mexicains célébraient à la fin de leur grand cycle de 5 a ans.
Nous nommerons encore dans ce département : Pamploka , petite ville , très déchue, malgré son collège et la richesse des mines d'or et de cuivre de ses environs. SaikJosa d«
Cocuta, importante par sa population. Rosario de Cucuta. remarquable par les séances du congrès, qui en 182 1 donna la première constitution à la Colombie. Socorro, assez grande ville, mal bâtie , mais une des plus importantes de la république par l'industrie et l'activité commerciale de ses habitait», dont on porte le nombre à xa,ooo. Saw-Gil, avec un collège et environ 6,000 habitans , qui se distinguent par leur industrie. Mow 1ouira , remarquable par ses riches mines de cuivre exploitées aujourd'hui par une compagnie d'actionnaires anglais. "Vêlez, par ses lavages d'or et par son commerce. Pore, petite ville ruinée par la gnerre; elle a une maison d'éducation.
Dans le DÉPARTEMENT DE ZULIA : Maracaïeo , assez jolie ville , située sur le bord occidental du détroit qui sépare la lagune de Maracaibo du golfe de ce nom. Elle est défendue par trois forts , dont celui de la Barra est le principal ; elle a aussi plusieurs chantiers, sur lesquels on construit des bâtimens; un des plus beaux appartient au gouvernement, Maracaibo possède un collège et une école ae pilotage. Malgré les pertes éprouvées pendant la dernière guerre, cette ville fait encore un commerce assez important et parait compter environ 20,000 habitans.
Coro, ville très déchue depuis i636, époque à laquelle on transféra à Caracas le siège du gouvernement ; aujourd'hui , malgré les navires qui en assez grand nombre fréquentent son port, sa population reste au-dessous de 4,000 âmes. Tocuyo, petite ville, importante par son industrie et par sa population. Mbrida , avec environ 5,ooo habitans , une université du second ordre et un collège.
Dans le DÉPARTEMENT DE L'ORÉNOQUE : Varihas, petite ville très florissante avant la guerre, et dont la population est descendue de ro,ooo à 3, 000 âmes. Guaitarb , importante par sa population et par son collège. Mahtecal, la plus peuplée de la province d'Apuré, quoiqu'elle ne compte que 3,ooo habitans. Angostura ou Nueva- Guayaha (Nouvelle-Guyane), petite ville épiscopale située sur l'Orénoque; la guerre a beaucoup diminué sa richesse, son commerce et sa population ; cette dernière ne s'élève plus qu'à 3,ooo âmes. Malgré cela, Angostura est encore la ville la plus importante de toutes celles que baigne l'Orénoque ; on y a établi un collège. Guayaka-Vieja (Guyane- Vieille) , ville fortifiée , dans un climat excessivement malsain. Caycara , petite bourgade sur l'Orénoque , remarquable par des rochers de syénite et de granit, couverts de figures symboliques colossales , représentant des crocodiles , des tigres , des ustensiles de ménage , et les images du soleil et de la lune. En rappelant ce que nous en avons dit à la page 99a , nous ajouterons, avec M. de Humboldt , qu'il existe des mooumens semblables à Urbana sur l'Orénoqu*, entre les sources de l'Essequebo et du Rio-Branco , et dans la vaste plaine ^hersée qu'entourent l'Orénoque , XAtabapo, le Rio-Negro et le Cassiquiare , entre le aet le 4e parallèles. Ces dernières sculptures sont d'autant plus importantes qu'elles se trouvent dans un coin de terre inhabité et environné de peuplades sauvages, ravalées au degré le plus bas de la barbarie, et bien éloignées de pouvoir graver le moiudre hiéroglyphe sur les rochers. Esmeralda , misérable hameau , remarquable par sa position sur le haut Orénoque , et auquel les granits du pic de Duida, pris pour des éraeraudes, ont valu le nom brillant qu il porte ; c'est un lieu de mission.
Avant de quitter les vastes solitudes de ce département nous devons dire un root sur le pays fabuleux qui a tant occupé les géographes, sur le Pays d'Eldorado. Nous le ferons en répétant ce qu'en a dit notre savant ami , M. Jules de Blosseville , dans ses Explorations de l'Amérique, article dans lequel il a résumé avec une vaste érudition et un talent remarquable toutes les découvertes faites dans l'Hémisphère-Occidental ; ce beau travail que cet officier de marine a entrepris pour le Tableau My*f«pw, Moral et Politique des cinq parties du Monde, vient d'être publié dans une Revue mensuelle, â laquelle nous l'avons communiqué. « C'est dans celte vaste portion de l'Amérique, dit M. de Blosseville, comprise entre l'Amazone, l'Orénoque, les Cordillères et l'Atlantique, que l'on doit placer le berceau de la fable géographique la plus célèbre , celle du pays d'Eldorado, source inépuisable de richesses. A l'époque de la découverte, les Péruviens, les Indiens de Venezuela et ceux de Bogota en parlèrent simultanément. Sa recherche excita le zèle avide de plusieurs hommes entreprenans, et les découvertes qu'elle occasions en firent on épisode remarquable dans l'histoire de la géographie. Tous les rapports semblaient s'accorder pour mettre ce pays au centre de la Guyane. Les plus grands efforts furent tentés,
ARRLGÉ DF. G ÉOGRAPHIE.
du coté de Venezuela, et l'expédition la plus saillante eut pour elief le chevalier allemand Philip de Hutlen, qui conduisit eo i54i-i545 une petite troupe d'Espagnols delacdtede Caracas jusqu'aux environs du lac Parioié , auprès d'une ville des Omaguas , doot il exagéra l'importance. Une entreprise moins heureuse encore fut dirigée vers celte opulente région, uuevingtaiue d années après, par Pedro Malaverde Silva. En i586, Antonio Retrio y Oruua, séduit par la même espérance, descendit de la cordillère de Bogota dans les plaines de l'est, s'arrêta sur les bords de l'Orénuque et y fonda la ville de San-Thomc ou de Vieja-Gua\aua. Plus tard Walter Kaleigh, cet homme si instruit, si capable et si célèbre par son zele mai heureux pour la découverte des pavs négligés, celle dés mines et les progrès du commerce, porta ses vues vers l'Eldorado; en i5q5 et 1616 il visita le» rivages de la Guyane et le cours de l'Oréuoquc : on sait qu'il pa\a ses services de sa tète. L'espoir d'arriver à ce pays attrayant avait déjà donné naissance aux expéditions fameuses de Gonxalo Pizarro , de Relalcaiar , de Quesada ; il devait exciter plus tard celle de Soarres vers la proviuce de Charcas , et il avait conduit Fedcrman de VeitezneJa à Santa- Fe de Rogota. Enfui , (tour terminer le récit de ces courses ingrates vers un but chimérique, il faut parler ici d'Aulouio Sanios, qui en 1780, partit de San-Tbome sur la foi d'un prétendu Indien de Parimè. Après 5oo lieues de chemin, son guide l'abandonna, ses compagnons périrent et il tomba seul dans les mains des Portugais. «
Dans le DÉPARTEMENT DE M A TURIN : Cdmaia, ville très déchue, quoique sa population s'élève encore à près de 10,000 âmes; elle est importante par ses fortiucattons, son commerce et par sa baie superbe. Maniquarkz, renommée par sa poterie faite par des Indiens d'après leurs aucieuues méthodes de fabrication. Cumasacoa, par son tabac et ses eaux minérales; Cariaco, très petite, mais importante par son port, les produits de son agriculture et son commerce; Araya , jadis très importante par ses riches salines que la mer a envahies. Rarcklona , la plus peuplée de la province à laquelle elle donne sou nom, quoiqu'elle ne compte plus queuvirou 5,ooo habilans ; c'est nn grand entrepôt peur le commerce de contrebande avec l'île delà Trinité qui appartient aux Anglais; Piiutu , très petite ville, avec de riches salines et une belle église ; Pamc atar , très petite ville , mais la plus importante de l'île Marguarita ; son port a été déclaré franc, et l'a rendue déjà assez florissante. Nous nommerons encore l'îlot désert cl stérile de Cvragia, qui brilla d'un grand éclat, surtout dans la première moitié du xvi* siècle, à cause des trésors que la riche pèche det perles y accumulait. Le Nouveau- Cadix y fut bâti par les pêcheurs, dont les richesses et le luxe passèrent en proverbe, Mais la destruction continuelle et inconsidérée des huîtres perlifères en diminua tellement le produit que, «en la lin du xvie siècle, le commerce était deveuu touUà-fait insignifiant. Plus tard la pèche cessa entièrement, les habitant abandonnèrent la ville et il disparut jusqu'aux vestiges do Nouveau-Cadix. Le quint que les officiers du roi retiraient du produit des perles, dit M. de Huniboldl, montait à i5,ooo ducats, qui, d'après la valeur des métaux à cette époque et 1 éleudue de la contrebande, peuvent être regardes comme une somme très considérable. Il parait que jusqu'en i53o la valeur des perles importées en Europe montait annuellement , terme moyeu, à plus de 800,000 piastres. Pour juger de l'imporiaoee de cette branche de commerce de Séville, Tolède, Auvers et Gènes, nous devons nous rappeler, continue ce savant, qu'à la même époque toutes les mines de l'Amérique ne rapportaient pas deux millions de piastres, et que la flotte d'Ovando semblait être d'une richesse immense, parce qu'elle portait environ a, 600 marcs d'argent.
Dans le DÉPARTEMENT DE VENEZUELA outre Caracas, La Gcayra , La Victoria et Maracay que nous avons décrites aux pages 1084 et io85, nous nommerons: Vazjuicia, la plus peuplée et la pins importante du département après Caracas; on vante beaucoup la bonté de son climat et la beauté de sa situation, non loin dn lac Tacnrigua; ou lui accorde i5,ooo babitaits; son commerce est florissant. Puxrto-Cabrua , la seconde pluce forte de la Colombie, et importante par son beau port et par son commerce; malheureuscmcut le mauvais air ne laisse pas accroître sa population, qui ne s'élève qu à environ 3, 000 âmes. Rarquicimkto, qui avant la guerre et le trenibleoaesst de terre de 181a, était uue des plus florissantes de la province ; Tocuyo , avec une maiton d'éducation; elle lait un grand commerce de blé; Carora , renommée par ses résines aromatiques et ses baumes; Sais-Carlos et SAir-Taurc, importantes par leurs belles plau-
talions d'indigo, de café, de coton, etc., Aroa, par tes ricùes minet tic cuivre qui ont appartenu à Bolivar.