CONFÉDÉRATION JDCT RIO DE LA PLAT A
POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude occidentale , entre 59» et
7»". Jxuhudc australe y entre ao° et On a exclu de ces calculs le district de Tarija, toute la Patagonie et l'archipel des Malouioes.
CONFINS. Au nord y la république de Bolivia. A. Ycst, le dicUtoratdu Paraguay , la république Orientale de l'Uruguay et l'Océan -Atlantique. Au sud t l'Océan-Atlantique et la Patagonie. Il V ouest, la Pa lagon ie et les républiques du Chili et de Bolivia.
FXiZTJVES. Presque tous les fleuves de cette vaste confédération se rendent dans l'Océan-Atlantique. Nous nommerons les principaux, en renvoyant pour les détails du Rio r»r. la Plat a à la page 935 et aux articles fleuves des états, dont le territoire appartient au bassin de ce grand fleuve
Le Rio oe la Plata. dont la branche principale, nommée Paraha, vient du Brésil, baigne Corrientes, Sanla-Fe, Baxada, Buenos- Ayrcs et Barragao. Il reçoit à droite: \e Paraguay, qui est grossi par le Pilcomayo et le Rio-Grande ou V trmejo ; ces deux afQucus viennent de !a république de Bolivia, el traversent le vaste territoire du Grand- Cbacu occupé par des sauvages indepeudans; le Rio-Grande reçoit lui même plusieurs affluons à la droite ; ces derniers arrosent les élats de Jujuy et de Salta ; celui qui est nommé San'Salvador ou Bio-Grande de Jujur, parait être le principal. Le Parana reçoit ensuite le S a lad o, ainsi nommé à cause du goût salé de ses eaux ; son cours laisse encore beaucoup à désirer; il parait qu'on l'appelle Caleagui dans la partie supérieure de son bassin , plu* bas GuachipeoM Huapiche; il traverse les étala de Salta , de Tueuman et de San ta -Fe. On ne connaît pas mieux le cours du Sa ladillo ou Rio- Quinte. qui d'après les meilleures caries parait être un affluent du Rio de la Plata et non du Pa raua ; ce cuuraut baigne les étals de San-Juan de la Frontera , de San-Luis de la Punta. de Cordova et de Bucnos-Ayres, et entre dans le Rio de la Plata à Rosas daus la baie de Samborombou.
Notre cadre ne nous permet pas d'entrer dans les détails qu'exigerait la description dn cours des deux grands fleuves, le Colorado et le Rro-Nacao. Nous nous bornerons à dire que toutes les cartes, même les plus récentes, figurent d'une manière erronée le cours de «es deux fleuves, dont la description exacte sera publiée jwr M. Parchappe , qui le premier vient de le relever. Ce savant voyageur fera disparaître , daus la carte qu'il se propose <ir
publier, cet enchaînement de rivières et de grandes lagunes dont les géoçra plies composent les bassins de ces courans, enchaînement tout-à-fait idéal et qui fait un m ai cuaos de la
géographie de ces contrées. Voici cependant quelques faits importons que nous ajouterons d'après les indications publiées par M. Parchappe.
Le Rio Colorado ou Mendoza esl formé de deux branches principales, dont l'une vient directement de l'ouest et l'autre du nord; c'est par conséquent ce fleuve, et non le Rio-Negro, qui reçoit le Rio- Diamants et autres rivières du versant des Andes L'importante ville de Mendora, la riche mine d'Upsallata et la ville de San-Juan de la Frooteira appartiennent par conséquent au bassin de ce fleuve , qui traverse les états de Mendoza et de Buenos-Ayres , ainsi que les solitudes que parcourent les Aucaes , sauvage» iudépendaus. Malgré la longueur de son cours, le Colorado est peu profond.
Le Rio-Nkgro ou Cusu-Leuwu est le fleuve le plus considérable de ceux qui se trou veut eutre le Rio de la Plata et le détroit de Magellan. Comme le Nil, il prend su source dans de hautes montagues et coule dans une vallée, qu'il arrose par ses inonda lions périodiques; ainsi que lui , il parcourt une vaste étendue de pays sans recevoir aucun affluent, et il traverse de grands déserts arides , qui ne présentent d'habitable que la zone étroite baignée par s»«s eaux. Mais ce qui rend surtout ce fleuve remarquable , c'est qu'il est le seul , dit M. Parchappe, qui puisse servir à établir par eau une communication directe avee le Chili, et qu'il conduit à ce fameux col des Andes, que les neigrs ne fer» ment eu aucun temps, et auquel aboutissait, dans les premières années de la conquête, un chemin frayé qui conduisait de Buenos-Ayres à Yaldivia et autres villes australes du Chili. Les traces de ce chemin sont aujourd'hui entièrement perdues et la tradition seule en a conservé le souvenir. Dans toute la longueur de son cours, ce fleuve trace la limite eutre le territoire que les géographes assignent à la confédération du Rio de la Plata et les vastes solitudes qu'ils appellent Patagonie. Une branche à la droite (Mirait faire communiquer ce bassin avec un vaste système de lacs et de marais, encore trop imparfaitement connus pour que nous ayons à nous en occuper ici ; ce système d'ailleurs appartient à la Pa lagon ie.
Le territoire de cette cou fédération offre plusieurs fleuves, qui, n'aboutissant à aucune mer, forment des bassins intérieurs; nous nous bornerons à nommer les suivans , prévenant le lecteur, que leur cours offre encore bien des incertitudes, comme tout le reste de la géographie de ces vastes contrées.
L'Aîidaloala ; ce fleuve traverse l'état de Tucuman et aboutit dans la Laguna ou lae $ Andalgala.
Le Rio Dolcx; ce fleuve naît dans les hautes montagnes du Tucuman, baigne la capitale de l'état de ce nom, passe près de Santiago-del-Eslero dans celui de Santiago, traverse l'état de Cordova, et, dans ce dernier, se perd dans les lacs salés dits laguna* saladas de lus Porongos.
srvisioiv et TOPOGRAPHIE. Le territoire de cette confédération formait , avant l'insurrection, la plus grande partie de la vice- royauté de Buenos- Ayres , érigée en 1778 aux dépens de celle du Pérou, dont on détacha non-seulement tous ces vastes pays, mais en outre ceux qui forment aujourd'hui la république de Bolivia, le dictatorat du Paraguay et le Nouvel-Etat-Oriental-de-l'Uruguay. Dès l'année 1810, la province de Bitéoos- Ayres proclama son indépendance. L'année suivante, toutes les provinces insurgées de cette partie de l'Amérique-Espagnole firent cause commune , et prirent le titre d' Etats-Unis du Kio de la Plata. Plus tard , sous le régime à jamais mémorable du sage et vertueux Ribadavia, ces pays se constituèrent en république , avec le titre de République- Argentine. Mais la discorde, la jalousie et la rivalité de quelques gouverneurs des provinces et quelques intrigues étrangères, arrêtèrent l'essor que cet état avait commencé à prendre. M. Ribadavia se relira et l'anarchie et la guerre civile désolèrent ces belles contrées. Lorsque nous employons le mot de confédération en parlant de ces pays, cette expression doit être prise dans un sens non pas absolu, mais relatif à l'état où ils se trouvent, état qui ne
laisse au géographe aucun moyen de déterminer avec exactitude ni son titre ni ses divisions administratives. Le tableau suivant offre les 14 états ou provinces, qui ont formé pendant quelque temps la Republique- Argentine, et que nous qualifions provisoirement du titre de confédération du Rio de la Plata.
Noms du Provinces Chifs-Likux , Yn.ua st Liera les plus rem arqua bus.
ou États.
Buahos-Ayras Bt.-KMOS-A.YBEs; Barragan (Barrangoo) ; Fort-Independencia ; Balua-
B tança; Palagones; El- Carmen; Y archipel des M a humes.
Kxtre'Rios B a x a «I a.
CoRRiRifTirs. Corrientcs; Sont a- Anna.
Sakta-Fr. . Santa-Fe.
Cor dota. Cordora; Concepcion; Cariota.
Samtiago nsr. Estero. Santiago del Ëitero. Tdccmab. T a c u m a n (San-Miguel de Tucnman).
Salta Salta (San-Felipe de Tucoroan).
Jcjdy. J u j n y.
Catamarca Catamarca; Btlen.
Rioj ». R i o j a ; Famatina.
Sah-Jcak San-Jaan (San-/aan de In Frontera) ; Jack*.
Sajt-Lui». S a n - L u i s (San-Luis de la Hanta).
Mexdosa Mendoza; Uspattata (U*payata) ; San- Carlos; Concerna; Barri*.
les,- San-yieenie.
Buiînos- Ayhes , capitale de l'état de ce nom, ville épiscopale , non-seulement la plus peuplée, la plus riche et la plus commerçante de la confédération, mais une des principales places de commerce du Nouveau- Monde, et un de ses principaux foyers d'instruction et de civilisation. Quoique située sur la rive droite et prés de l'embouchure d'un des plus grands fleuves du monde, elle n'a pas de port pour les gros navires, à cause de plusieurs bancs de sable qui entravent la navigation; les bâtimens de long cours sont forcés de s'arrêter à la baie de Barragan. Sous la présidence ae M. Ribadavia, le gouvernement avait déjà assigné des fonds considérables pour la construction d'un port artificiel, lorsque la retraite de cet habile administrateur et les désordres qui en furent la suite firent avorter ce projet, comme tant d'autres non moins utiles et importans. Buénos-Ayres n'a qu'un fort pour toute défense , et est assez bien bâtie. De belles rues régulières et pavées, avec des trottoirs, de belles maisons, quoique presque toutes à un seul étage, quelques vastes bâtimens, de nombreuses églises avec leurs dômes et leurs clochers rendent agréable l'aspect de cette ville , dont le climat justifie le nom que son fondateur Mendoza lui a imposé. Ses plus belles rues sont : la Victoria, la Plata, la Florida, X Universidad et la Rcconquista. La place de la Victoria , celles del Fuerte et del a5 de Mayo, sont ses plus belles places. La cathédrale, Yéglise de San-Francisco , celle de la Mercè, la banque et X hôtel des monnaies , le grand hôpital , la c/utmbre des députés , sont ses édifices les plus remarquables; on doit aussi mentionner le fort. On peut dire, sans exagération, que Buenos- Ayres , sous le rapport des ressources littéraires, tient le premier rang parmi les grandes villes de l'Amérique-Méridionale ci-devant Espagnole. Parmi les nombreux établissemens auxquels elle doit cet avantage, nous citerons : X université, qui, pour le nombre et le talent des professeurs et pour la méthode d'enseignement, est une des premières du Nouveau-Monde; X école normale d'enseignement mutuel ; X académie de jurisprudence théorique et pratique ; les principaux collèges pour les garçons et pour les jeunes filles ; celui des or-
phelines; X observatoire ; le laboratoire de chimie; le cabinet de pttysiquc et celui de minéralogie ; la bibliothèque publique, qui est uue des plus riches et la meilleure do toute l'Amérique-Méridionale ; la société littéraire , instituée par M. Ribadavia. Nous ajouterons qu'aucune ville de l'Amériquedu-Stid ne peut soutenir la comparaison avec Buenos- Àyres, sous le rapport de l'activité de la presse périodique, surtout si l'on a égard au nombre respectif des habitans; en 1826, on n'y publiait pas raoios de 17 journaux. Buenos- Ayres était la capitale de la vice-royauté de ce nom, et, depuis l'indépendance , elle l'a été non-seulement de l'état de Buénos- Ayres, mais, par intervalle, de tous les pays qui ont formé la confédération du Rio de la Plata et la République- Argentine. Malgré les sanglantes révolutions dont elle a été le théâtre depuis 1800, cette ville possède encore une population qu'on s'accorde à estimer à 80,000 âmes; dans ce nombre , on compte ènviron 4,000 Français et autant d'Anglais.
Voici les autres villes et lieux les plus remarquables de la confédération.
Dans BUENOS- A TRES, outre la capitale, que nous venons de décrire, on doit nommer : Barraoar , très petite ville, importante par sa baie, où s'arrêtent les gros vaisseaux qui ne peuvent remonter jusqu'à Buenos-Ayres. Le Fort Ibdbpbkdbrcia , colonie fondée ainsi que la suivante depuis peu d'années, au milieu du territoire occupé par les Aucaes. La Babia Blarca , beaucoup plus au sud , avec un bon port et des établissemens militaires asscx importaos pour ces solitudes. El-Cabmch, très petite colonie sur le Rio-Negro. Nous ajouterons que d'après les journaux: américains le gouvernement de Buenos- Ayres parait avoir enfin réalisé le projet conçu par M. Ribadavia de fonder une colonie dans l'archipel de Falkland, ou Iles Malouires, que nous avons décrites i la page 941. La pèche des phoques, les riches tourbières et ses beaux ports donner jnt en peu de temps une grande inqtortance à cet établissement.
Dans CORRIENTES : Corribrtbs, très petite ville, à laquelle on n'accorde que 3,ooo habitam, mais dont la position est une des plus belles de I Amérique-du-Sud pourdevenir un grand entrepôt commercial. En effet elle est peu éloignée du confluent du Paraoa avec le Paraguay; comme ce dernier reçoit le Vermejo, les habitans de Corrientes peuvent éteodre par eau leurs relations commerciales non- seulement avec lotîtes les provinces maritimes de la Confédération, mais ils pourraient les pousser même jusque dans l'intérieur du Brésil, du Paraguay et même de la république de Bolivia, lorsque le projet conçu par la province de Salta, de rendre navigable le Rio- Vermejo, aura reçu son exécution. Mais ici , aidé d'un voyageur qui a répandu bien des lumières sur la géo^rapbie decette partie de l'Amérique, nous nous empressons de signaler uu erreur grave reproduite sur toutes les cartes les plus récentes et dans tous les traités de géographie qui en parlent La fameuse lagune d'Ybéra, que les géographes étendent d'après Azara depuis le 59* jusqu'au 6 1° degré de longitude occidentale, eu ensevelissant presque tout le territoire de Corrientes sous cette vaste nappe d'eau, doit être réduite au quart de la grandeur qu'on lui assigne; M. Parchappe a vu de beaux coteaux, de grandes forêts de palmiers, des champs cultivés et même des villages là , où les meilleures cartes ne nous représentent qne des terreins marécageux. Cela nous rappelle le résultat des recherches de deux célèbres orientalistes MM. Klaproth et Abel Rémusal, qui nous firent connaître des villes, et des provinces entières au uord des chaînes de l'Himalaya, dans des contrées que des géof,Tapbes figurent encore comme des parties envabies par les sables du vaste désert de Cobl. Sahta-Ara , village ruiné, situé sur la rive gauche du Parana, presqu'au milieu du célèbre Territoire des Missions, dont l'ancien chef-lieu Candeln ria, ainsi que les autres petites villes et gros villages ont été détruits depuis bien des années, quoique les cartographes et les géographes continuent toujours i les figurer et à les décrire comme des lieux non-seulement encore ex is tans , mais même important ! Le village de San la- Anna a acquis de nos jours une triste renommée par l'emprisonnement du célèbre compagnon de voyage de M. de Humboldt. Attiré par sa position avantageuse et par des partiesd'édifices assez bien conservées, M. Bompland conçut le projet d'y former on grand éla-
hlusement agricole, qui servit de point de réunion aux. Guaranis dispersés, et surtout à quelques centaines de ces malbeureux qui vivaient cachés dans les forêts voisines, en s'occupaut de l'exploitation de la yerba mate ou herbe du Paraguay. Les travaux étaient déjà assez avancés et de nombreuses semailles promettaient déjà une abondante récolte , lorsqu'une troupe de soldats du dictateur Francia franchit tout-à-coup le Parana, cerue rétablissement naissant, massacre une partie des compagnons de ce savant voyageur, s'empare de sa personne, et l'emmenant sur l'autre rive, laisse entre le reste du monde et toi «ne barrière , que le despote du Paraguay a su rendre inviolable peudant longtemps et qui n'a été ouverte que depuis quelques mois eu lui rendant la liberté , que de puissantes recommandations avaient sollicitée en vain pendant plusieurs années.
Dans SANTA-FE : Saxta-Pr, petite ville , avantageusement située sur la rive droite <lu Parana; sa population, qu'où porte déjà à 6,000 âmes, et son commerce commencent à se relever.
Dans CORDOVA : Cordova , uue des plus importantes de la Confédération et siège <Tun évèché. Son université, qui autrefois lui donnait une grande importance , est depuis long-temps tombée en décadence , ainsi que sa bibliothèque publique , restée presque sans lecteurs pendant plusieurs années. Mais sa position centrale, qui la rend un grand entrepôt commercial , ses manufactures de draps et de différens tissus en laine et en coton et sa population, qu'on s'accorde à porter au-dessus de 11,000 âmes, lui donnent une grande importance. D'ailleurs, cette ville a été durant les troubles un centre d'opposition et joua un rôle principal dans la guerre civile qui a désolé la Confédération.
Dans le TUCUMAN : Tucumax , petite ville, à laquelle ou accorde de 10 à 12,000 habitans. C'est une des plus célèbres daus la guerre de l'indépendance. En 181600 y tint le congrès général, qui publia la déclaration du droit des Provinces-Unies du Rio de la Plat a à leur indépendance absolue taut à l'égard de l'Espagne que de tout autre pouvoir étranger. C'est aussi sur le territoire de la province , dont elle est le chef-lieu , que se sout ordinairement organisées les troupes patriotiques, qui dans toute la révolution ont (ait la guerre pour le Haut-Pérou. Dans ses environs ou a construit dans un endroit nommé le Champ de l 'Honneur , une citadelle avec de grandes casernes et des pavillons pour les officiers. Tucuman est le siège titulaire d'un évèché , dont le prélat réside à Salta ; elle s'est constamment moulrée amie de l'ordre et plus dévouée que les autres villes au système de l'unité.
Dans SALTA : Salta , petite ville, dont on porte à 9,000 âmes la population , et ré sideoce de levéque de Tucuman. Entourée de vastes pâturages d'une fertilité extraordinaire et couverts d'innombrables bestiaux surtout de mulets , on peut la regarder comme la foire perpétuelle pour le commerce des provinces intérieures de la Confédération. Pendant la guerre son territoire a souffert plus que les autres.
Daus JUJUY : Jujuy, petite ville, que nous nommons pour signaler l'existence d'un folcan qu'on peut ranger à cote de ceux de Macaluba et de Tamau, mentionnés aux 336 et 49 i , à cause de ses fréquentes éruptions de torreus d'air et de poussière.
Dans CATAMARCA nous nommerons la petite ville de Catamarca à cause du qu'on recueille dans son territoire et qu'on prétend être le meilleur que Voh
Dans RIOJA nous nommerons la célèbre mine d'argent de Fanatisa.
Dans SAN-JUAN : Sak-Juah de la Froktera, une des villes les plus peuplées oV la Confédération, en admettant que sa population s'élève à 16,000 âmes ; elle est aussi importante par ses vins et son eau-de-vie, dont elle fait un graud commerce. Jacba, quable par sa riche mine dorf qui, selon M. Nuùez, rapportait dernièrement, moyeune, 80,000 piastres.
Dans MENDOZA : Mejidoea , assez jolie ville, bâtie au pied des Andes sur un plateau élevé et sur le graud chemin qui mène au passage d'Upsailata. Depuis quelques années elle a pris un graud accroissement, dd aux progrès de son agriculture. Ses vins qui ont beaucoup d'analogie avec le Malaga, et les fruits récollés sur sou territoire alimentent an commerce aussi riche qu'étendu. On portait dernièrement jusqu'à a 1,000 âmes sa population, nombre que, sur d'assez bonnes informations qu'on nous a fournies, n pouvoir réduire à 16,000. Mendoza, ainsi que San Juan, se dislingue des auti l'intérieur par les progrès faits daos la dviusaltoa; eu i&ao ou y publiait uu
Upsallat*, petite ville, dans 1* vallée de ce nom , importante par la riche mine d'argent, dont les travaux ont été repris depuis 1824. Les recherches de M. John Gillies ont ajouté un nouvel intérêt sur celle vallée. Ce savant y a reconnu en plusieurs endroits et à des points plus ou moins rapprochés les Iraces distinctes de Yancienne route (Camino de! Inga), qui menait à la capitale de l'empire des Incas. A la page 109H nous avons décrit celles qui , partant de Cuzco, aboutissaient à Quito. Les restes du chemin , que cet observateur vient de reconnaître , appartiennent à la branche qui traversait le Polosi, se continuait par la route qu'on appelle Camino del Despoblado le long des Cordillères sur les territoires de Salla, Rioja , San-Juan el Mendoza , et poursuivait à travers la vallée d'Upsallata ; on Ta même recounue dans la vallée de Tenu) an , à environ 34 degrés de latitude. M. Gillies croit qu'elle s'étendait encore plus au sud. Selon ce voyageur on en reconnaît des traces certaines le long des Cordillères, dans tous les endroit» où les anciennes routes n'ont pas élé détruites par leur coutact avec des routes plus modernes. « La façon principale , dit M. Gillies , qui parait avoir été donnée à cette route , consiste dans le nivellement du terreiu , dans l'enlèvement des arbres et arbustes , des grosses pierres, etc. Il est évident , d'après la largeur de ces routes, les soins apportés à leur construction et à leur entretien , qu'elles ont beaucoup servi pour les relations avec ces peuples ; leur disposition doit nous donner une haute idée de la puissance et de la civilisation des Indiens du Pérou avant leurs communications avec l'Europe. De nos jours les indigènes sont encore si attachés aux coutumes de leurs ancêtres, qu'ils préfèrent généralement voyager à pied , et sout capables de faire ainsi de très longues courses avec très peu de vivres et sans être fatigués. Pendant la guerre de l'indépendance , les officiers espaguols durent à leur iufanterie, toute composée d'Indiens montagnards, l'avantage de conserver plus long-temps ce pays (le Pérou) à la métropole. Aucune autre troupe ne pouvait être comparée à celle-là pour la rapidité des marches , au milieu des plus grands obstacles opposés par la nature des lieux. Quelques-uns de ses Indiens, qu'on nomme Cholos dans PAroérique-du-Sud , voyagent encore de temps en temps à pied , depuis le Pérou , sur les routes des montagnes, pour se rendre au Chili , à Mendoza et autres endroits , où ils fout un petit commerce de gommes et autres productions végétales de leur pays et de quelques articles de leurs manufactures. Cette route par la montagne, dans une partie considérable de sa longueur, est fréquentée maintenant par ceux des habita»* de Mendoza et de San-Juan, qui vendent des mules, transportent des eaux-de-vie el autres articles dans le Haut-Pérou. Ils regardent ce chemin comme plus direct et le préfèrent à tout autre, à raison de l'al>ondauce des eaux, des bois à brûler et des pâturages pour leurs mules; et il est à présumer qu'à l'avenir il sera encore plus fréquenté. Celte route est coupée, en divers points de son étendue, par de nombreux défilés ou passages à travers les Cordillères, parmi lesquels on peut citer le défilé de losPatos, devenu célèbre depuis que le général San Martin le traversa avec son armée, dans son expédition de Mendoza au Chili , avant la bataille de Chacabuco. Plus au nord sont les divers passages qui communiquent entre San-Juan et Coquirabo , et entre la Rioja el Copiapo. Cette dernière place est située sur la frontière méridionale du désert d'Atacurea, et dans celte partie, qui est nommée El Despoblado ; elle est traversée par la route qui communique de Salta au port de Cobija , dans la république de Bolivie , à l'autre extrémité de ce même désert. »