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avoir au moins d'aussi grands que ceux de l'Europe, n'a offert jusqu'à pré* sent que des fleuves d'un cours très borné eu égard à la grandeur de sa surface. Connue on ne connaît encore que le contour des plus grandes terres de l'Océanic, il serait téméraire d'en conclure avec quelques géographes célèbres, que l'Australie, Bornéo et la Papouasie n'offrent aucun grand fleuve. Nous nous garderons bien de répéter à leur exemple que tont l'intérieur du Continent-Austral manque absolument de fleuves; que son sol est nu , pelé et stérile , qu'il est couvert de vastes marécages ou occupé par des déserts sablonneux ; nous attendrons de nouvelles explorations , qui démentiront, très probablement, cesjugemens précipités des géoîjraphes sédentaires. Déjà depuis quelques années des explorations partielles dans l'intérieur faites dans différentes directions nous ont fait découvrir des cours d'eaux assez considérables , de vastes plaines herbacées et des forêts là même, où l'on disait n'exister que des déserts semblables à ceux de l'Afrique. Le grand problème de l'écoulement des eaux offre un si vif intérêt, que souvent des nouvelles au moins prématurées ont été répandues. Les plus récentes annonçaient la découverte d'un grand fleuve nommé le Murray, formé de la jonction du Murrumbidgie et du Darling , et se jetant dans un lac immense, qui communique avec la mer près du golfe de Saint- Vincent. On parle aussi, mais avec moins de certitude encore , d'une belle rivière située au nord des plaines de Liverpool, d'où elle doit se diriger an nord-ouest vers le golfe de Van-Diemen. En attendant que l'on donne plus de détails précis sur le cours des nouveaux fleuves qu'on vient de découvrir dans le Continent-Austral et dans la grande île de Bornéo, voici les notions les plus positives que, d'après le plan de cet ouvrage , nous pouvons offrir aux lecteurs sur l'hydrographie du Monde-Maritime. Dans le tableau suivant les fleuves sont classés d'après les grandes terres qu'ils arrosent.
Dans l'AUSTRALIE proprement dite (Nouvelle-Hollande) ou le CONTINENT- AUSTRAL , nous nommerons les su i va us :
Le Clarewce, voisin du tropique, et le Richmoxo plus au sud qu'on vient de découvrir et qui paraissent importans.
Le Brisbaxe , dont ou ne cannait bien que la partie inférieure, découverte en i8*5. En admettant que ses sources se trouvent sur le revers occidental des montagnes Bleues ce serait le plus grand fleuve connu du Continent- Austral. Il traverse la partie moyenne de la Nouvelle-Galles-du-Sud.
Le Hawhesbury, formé par la jonction du Grose et du Xtpcan, C'est le fleuve principal du comté de Cuwberland.
Le Patersow et I'Hastiags qui, comme les précédens, ont leurs embouchures sur la côte orientale de l'Australie.
Le Macquarik et le Lacih,ait, qui naissent sur le revers occidental des montagnes Bleues , et qui paraissent aboutir à des marais dans l'intérieur du continent.
1a Rivière dis Cyghrs (Swan-River), qui prend sa souroe dans la Chainc-Occidontale , et sur les bords de laquelle on a fondé la colonie de ce nom.
Dans la DIEMEXIE (Terre de Dicincu) : le Derwekt et le Tamajl, qui sont les principaux fleuves de cette île.
Dans IKA-NA-MAWI ou la TASMANŒ-DU-NORD (Nouvelle-Zélande) , noos nommerons le Shoockt axga et le Waï-pa (longue rivière).
Dans BORNEO, ou trouve : le New jer-Marsing , que l'on croit sortir du lac Keoev- Rallou et traverser du nord au sud l'île de Bornéo pour se jeter dans la mer de Java. En admettant cette supposition , ce serait le plus grand fleove connu do Monde- Maritime. La longueur de son cours pourrait être estimée à i, i5o milles.
Le Poktubas. , qui paraît naître sur le versant occidental des monts Panam* , dans
le centre de Bornéo, et qui se jette dans la mer de la Chine an-dessous de Ponlianak.
Dans SUMATRA : le Su* , qui a sa source dans le ci-devant empire deMenangkabou, traverse le royaume de Siak et se jette dans la mer de la Chine.
L'Inoragiri, qui est le plus grand fleuve de cette iie. Il traverse le ci-devant cmpire de Menangkabou et se jette dans la mer de la Chine.
Le Palembakg ou Mousi , qui parcourt le royaume de ce nom , cl entre dans la mer de la Chine.
Le Sixgkel, qui arrose une partie des territoires du royaume d'Achem et du Pays des Batlas. C'est le plus grand fleuve connu de la Malaisie qui ail son embouchure dans rOcéan-Indien.
Dans JAVA : le Solo ou Behc-Awax, qui est le plus grand fleuve de cette ile , dont il parcourt la partie centrale ; il se jette dans la mer de Java.
Le Kedirc , qui arrose la partie orientale de celte ile et se jette dans la mer de Java après avoir traversé la ville de Sourahaya. C'est à son bassin qu'appartiennent les imposantes ruines de l'antienne métropole de Java et une foule d'antiquilés, que nous aurons occasion de mentionner.
Dans MINDANAO : IcPtt.AiCDJt ou Pehcham, qui est le plus grand fleuve de cette île; il sort du lac Mandango et se jette dans la baie Illana dans la mer de la Chine.
Dans LUÇON : le Ta jq . qui est le plus grand fleuve de cette ile. Après en avoir traversé une grande partie du sud au nord ; il se jette daus la mer de la Chiue vis~à«vis du groupe des Babu \anos.
Dans CELERKS : le Ch iur ait a, qui sort du lac Tapara-Karaja , et se jette daus la baie de Boni, partie de la merdes Moluques.
aVACS. Ce que nous venons de dire des fleuves peut s'appliquer , jusqu'à un certain point, aux lacs de cette partie du monde, où Ton n'en connaît aucun qui puisse être comparé aux grands lacs de l'Ancien et du Nouveau-Continent. Les suivans peuvent passer pour être les plus grands lacs connus du Monde-Maritime : le Kiney-ballou , dans la partie nordest de Bornéo; on n'en connaît pas encore de pins grands dans toute l'Occanie. Les naturels lui donnent le nom de mer; M. de Rienzi est le seul européen qui l'ait visité; ce savant voyageur nous assure que ses eaux sont blanchâtres, que sa circonférence est de 90 milles et que sa profondeur est de quatre à sept brasses. Viennent ensuite le iMtU-Dunaou , dans l'intérieur du pays de Pria m an dans l'île Sumatra ; le lac Pangil, dans le nord , et le Mandango ou Mindanao , dans le sud de l'île Mindanao ; le Jlqjr, dans Luçon; le Tapara-Karaja, dans Celebes; le lac Àrtur, dans la Diemenic (Terre de Diemen) ; le Roto-Doua, dans Ika-na-mauwi ou la Tasmanie-du-nord (groupe de la Nouvelle-Zélande).
ILXS. L'Océanie en a plus que toutes les autres parties du monde. On peut dire qu'elle offre même, dans l'île de Bornéo, la plus grande des (les proprement dites, et dans la Paj>ouasic (Nouvelle-Guinée), Vite la plus longue que l'on connaisse. Les autres îles les plus remarquables par leur étendue sont : Sumatra, Java, Luçon, Mindanao, Celebes, Taeat-Pounamfhou et lka-na-mauwi , ou la Tasmanie-du-Sud et la Tasmame-du-Nord (groupe de la Nouvelle-Zélande).
L'Océanie, en outre, plus que toute autre partie du monde, offre, dans ses innombrables îles basses, ces étonnantes constructions dues en grande partie à l'action continue des litliophytes, encore si peu étudiés par les naturalistes. Guidés par cet instinct, que Hunter appelle l'aiguillon de la nécessité, ces vermisseaux, auxquels on daigne à peine assigner une des dernières places dans le règne animal , forment, pour ainsi dire, sous nos yeux , des milliers d'îles et des millions d'arpens de terre qui interrompent
la vaste surface du Grand-Océan. « Lorsqu'on examine, dit un des savans rédacteurs du Quartcrly Rcvicw, sous les eaux, ces tubes calcaires et l'immense variété de leurs embrunchemens, on rencontre parfois, dans les couches supérieures , un état de moiteur, de malléabilité qui n'existe plus dans les autres, et qui cesse de se montrer dans les bancs de corail pétri- 6és qu'on aperçoit au-dessus des eaux. La conséquence naturelle de cette observatiou, c'est que les lithophytes travaillent toute leur vie, et que ce n'est qu'après leur mort que leur étui se durcit et se consolide ». Nous ajouterons que deux naturalistes très distingués ont reconnu de nos jours, dans leurs savantes circomnavigations, combien était erronée l'opinion de Forster, de Pcron et autres voyageurs, lorsqu'ils supposaient que le travail des zoophytes partait des profondeurs immenses de l'Océan pour se terminer à sa surface. Selon MM. Gaimard et Quoy, ces lithophytes n'établissent jamais leur demeure à une grande profondeur , où ils ne pourraient résister à la trop grande pression et où ils seraient privés de l'action bien» faisante de la lumière; mais ils commencent leurs étonnans travaux à quelques brasses seulement au-dessous du niveau de l'Océan, en s établissant . non pas sur un fonds sableux , mais sur les hauts fonds qui s'élèvent jusqu'à une petite distance de sa superficie. C'est ainsi qu'en élevant peu à peu leurs demeures, ils changent en îles des bas-fonds, et qu'ils parviennent à construire , autour des terres, ces récifs qui menacent à chaque pas du naufrage le plus habile navigateur. ■ Sur la côte boréale de l'Australie (Nouvelle-Hollande), au milieu du détroit de Torrès, comme au milieu des petits espaces de mer qui la bordent de toutes parts, gisent, dit M. Lesson, ces innombrables écueils de madrépores qui s'élèvent des bancs sous- marins pour former ces murailles à fleur d'eau si funestes aux navigateurs, et signalées déjà par tant de célèbres naufrages. Ces récifs forment aussi une ceinture a toute la partie orientale de ce continent, jusqu'au tropique; et ces immenses travaux, d'un polype presque imperceptible, groupés de mille manières, pressés, agglomérés, ou en zigzag, dessinent sur cette côle un mur, que les navigateurs ont nommé les récifs de la Gramie- Barrière. D'étroits canaux serpentent dans ce labyrinthe inextricable d'une mer semée d'écueils, sur lesquels Flinders et bien d'autres marins virent briser leurs navires ». V archipel de Paumotou (Dangereux, etc.) et X archipel Central (Mulgrave, etc.) , sont les deux groupes d'iles de ce genre les plus étendus et les plus remarquables qu'offre l'Océanie. A la page 17, nous avons déjà indiqué les îles de cette espèce qui, dans les autres parties du monde, méritent d'attirer l'attention du lecteur.
montagnes. La position de plusieurs îles de l'Océanie, les unes relativement aux autres, et les petits intervalles de mer qui les séparent, autorisent les géographes à regarder ces longs chaînons de terres insulaires comme formant autant de chaînes de montagnes. En appliquant cette manière de considérer les hauteurs du globe à celles du Monde-Maritime, nous croyons qu'on pourrait provisoirement partager ses principales montagnes connues entre plusieurs systèmes, subdivisés en groupes et en chaînes. Mais ici , nous devons rappeler au lecteur ce que nous avons dit tn parlant des fleuves de cette partie du monde. Dans l'état encore si imparfait de la géographie de l'intérieur du Continent-Austral, de Bornéo, de la Papouasie et en général de toutes les grandes terres de l'Océanie, il serait téméraire de vouloir seulement indiquer la direction de chaînes de
DESCRIPTION DE L'OCKANIE. I IUI
montagnes, dont l'existence même n'a pas encore été bien constatée. Que serait-ce si, à l'exemple de quelque géographe, nous voulions même en indiquer la nature et la hauteur? Dans le court aperçu que nous allons offrir sur l'orographie de l'Océanie, notre but est de présenter provisoirement au lecteur la classification de ses montagnes qui, dans l'état actuel de la science, nous paraît être le plus en rapport avec Ses résultats des plus récentes explorations et s'éloigner moins du plan suivi dans cet ouvrage, dans la description des autres parties du monde. Voici donc les systèmes entre lesquels il nous semble qu'on pourrait classer provisoirement les principales hauteurs connues du Monde- .Maritime :
SYSTÈME MALAISIE!?. Nous proposons cette di 'Humiliation sonore pour éviter de nouveaux noms et parée que ce système embrasse toute* les montagnes dv la Malaisie. Nous proposons Je le subdiviser dans les trois groupes suivans : Gnoun Su* atrieh , qui est le plus long ; il emprunte son nom à l'île de Sumatra, où se trouvent ses plus hautes cimes connues et la chaiue la plus remarquable; il embrasse toutes les hauteurs non-seulement des îles qui environnent celle grande ile , mais aussi celles de Java et de ses dépendances, ainsi que toutes les montagnes qui s'élèvent sur les îles qui forment Y archipel de Sumbava- Timor ; de manière que le groupe Sumatrien s'élend depuis la pointe occidentale de Sumatra jusqu'à l'île Sarmala à l'est de Timor. La chaîne Sumatrieunc rattache les montagnes du Monde-Maritime ù celles de l'Ancien-Moude , étaut pour ainsi dire la continuation de la chaîne Birmano Siamoise , qu'à la page GoG nous avons vu s'èteudre à Irarers toute rindo-Transgangétique , depuis les confins du Yu-uan jusqu'à l'extrémité de la péninsule de Malacca. («route nie Lui ox-Borkéo, ainsi nommé à cause des deux îles principales qu'il embrasse; ce groupe comprend les monts Je Cristal , les monts Panants et autres chaînes qui s'élèvent sur le vaste sol de Bornéo, toutes les chaînes de la grande ile Luçon , celles de Mindanao et toutes les montagnes et les hauteurs qui sillonnent le sol des autres îles de l'archipel des Philippines et de ses dépendances. Enfin le croupe Moluco-Céi .mu y s , que nous proposons de nommer de la sorte, parce que nous y comprenons toutes les montagnes qui s'élèvent sur les îles qui composent le groupe insulaire de Celèbes et Y archipel des Moluques ; ses hauteurs les plus remarquables se trouvent dans l'île Celèbts, et dans celles de Ceram , de llouron, de Gilolo et de Ternate.