‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 24 sur 320 · CLIMATS DES MOIS · texte numérisé non relu

CLIMATS DES MOIS

Ltur uombr«.

Le climat physique, dit Malte-Brun, auquel nous empruntons ce qui regarde ce sujet , le climat physique comprend la chaleur, le froid, la sécheresse , l'humidité et la salubrité dout jouit un lieu quelconque du globe. Ces climats physiques , bien différens des climats astrooomiques, sont des parties de la terre , rarement des zones terrestres , dans lesquelles régnent une égale chaleur et de» phénomènes atmosphériques à-peu-près semblables.

Les causes du climat physique sont au nombre de neuf : 1* l'action du soleil sur l'atmosphère; 2* la température propre du globe; 3° l'élévation du terrein au-dessus du niveau de l'Océan; 4° la pente générale du terrein et ses expositions locales; 5° la position de §es montagnes relativement aux points cardinaux ; 6° le voisinage des grandes mers et leur situation relative ; 7* la nature géologique du sol ; 8° le degré de culture et de population auquel un pays est parvenu; 90 les vents qui y régnent.

Ces causes agirent plusieurs ensemble ou séparément et déterminent les caractères qui constituent les climats chauds et humides , chauds et secs, tempérés et humides , tem-

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pères et secs , froids et humides , froids et secs , etc. , etc. Nous regrettons que noire cidre ne nous permette pas d'entrer dans les détails qu'exigeraient leur explication et que nous a vous donnés dans la rédaction des principes généraux de géographie dans l'Abrégé de Malte-Brun. Noos non» bornerons ici à faire rapidement quelques applications général «m des principe» que nous venons d'établir.

Si nous voulons les appliquer à la partie septentrionale de l'Ancien Continent nous Terrons que la diminution énorme de chaleur qu'on observe en «'avançant rem l'est, sous les même* latitudes, est due en grande partie à la forme et à la position de cette masse de terre. La partie occidentale est échauffée par le voisinage de l'Afrique , qui, semblable à une immense fournaise, distribue sa chaleur à l'Arabie, à la Turquie d'Arie, à l'Europe, Au contraire, l'Asie, dans ses extrémités de nord-est , éprouve des froids extrêmes ; c'est , en partie, parce que, de ce côté, elle n'a point de terres qui s'étendent vers l'équatetir. Si le Groenland, déjà sous le 60* parallèle, malgré son exposition méridionale et le voisinage des tners, a un climat plus rigoureux que la l^aponie sons le 71* parallèle, dans une exposition septentrionale, quelle autre raison peut-on assignera ce phénomène qne la séparation de la La ponie d'avec les terres arctiques au moyen d'une vaste mer, tandis que le Groenland s'étend probablement en s'élargissant vers le pôle, ou du moins vers le 8a' degré de latitude ? L' Amérique-Septentrionale a peu de terres situées dans la tone torride; elle a peu de communication avec l'Amérique- Méridionale; enfin , la dispositiou de ses montagnes la laissant ouverte aux vents froids polaires, ceux-ci la balaient d'un bout à l'autre, et rendent sa température beancoup plus froide que celle des contrées placées à des latitudes égales dans la partie occidentale de l'Ancien-Continent.

Il résulte encore de ces principes une conséquence générale pour les contrées de la zone torride. Les xenis alliés, eo soufflant continuellement de l'est par-dessus la mer, contribuent à rendre toutes les cotes maritimes orientales plus froides que ne le sont les cotes exposées au couchant. D'un autre coté, plus un continent est large d'est i l'ouest , plus ces vents s'échauffent en passant par-dessus des terres brûlées par le soleil. Voici pourquoi les îles Antilles jouissent d'une température modérée, tandis que la Sénégambie et la Guinée doivent être rangées parmi les régions du globe tourmentées par la plus excessive chaleur dont on ait exemple. Le Congo est plus chaud que le Zanguehar. Si les montagnes du Pérou ont le climat plus froid que le Brésil , c'est que l'élévation du terrein , ou toute autre circonstance locale , peut souvent avoir assez d'iullueuce pour anéantir l'effet d'une

Jetons maintenant un coup-d'œil sur les diverses températures des cinq lesquelles on a l'habitude de diviser le globe.

La zone tor ride n'éprouve que deux saisons , l'une sèche et l'autre pluvieuse. La première est regardée comme l'été, et l'autre comme l'hiver de ces climats; mais ils sont en opposition directe avec l'été et l'hiver célestes; car la pluie accompagne toujours le soleil ; de sorte qne, lorsque cet astre se trouve dans les signes septentrionaux , les contrées au nord de la liçne ont leur saison pluvieuse. Il parait que la présence du soleil au zénith d'une contrée y échauffe et raréfie continuellement l'atmosphère ; l'équilibre est rompu à chaque moment; l'air froid des contrées plus voisines des pôles y est à chaque instant attiré ; il y condense les vapeurs sus|>endiies dans l'atmosphère; donc il y existe des pluies presque continuelles. Les contrées de la zone torride où il ne s'élève point de vapeurs ne connaissent point de saison pluvieuse.

Les localités , surtout les hantes chaînes de montagnes qui arrêtent ou détournent les «* limons et les vents, influent tell émeut sur les saisons physiques de la zone torride, que souvent l'intervalle de quelques lieues sépare l'été de l'hiver. En d'autres endroits, il y a deux saisons pluvieuses et deux saisons sèches, qu'on distingue par les dénominations de grande et petite.

La chaleur est presque toujours la même i 10 ou à 1 5 degrés de la ligne équinoxiale. Mats, vers les tropiques, on resseut déjà une différence entre la température qui règne au moment ou le soleil est au zénith , et celle qui a lieu lorsque , dans le solstice opposé , les rayons de l'astre du jour tombent sous un angle qui est plus obtus de 47 degrés ; aussi on pourrait, avec Polybe, diviser la zone torride en trois autres. La zone tquatoréaie

, si on la compare a la zone du tropique du Cancer, com-

posée, généralement parlant, des contrées la plus chaudes et les moins habitables de la terre La zone du tropique du Capricorne contient peu de terres; mais il paraît quelle éprouve des chaleurs momentanées extrêmes.

La plupart des anciens, méconnaissant l'observation de Polybe, crurent que la chaleur allait en augmentant du tropique vers l'équatcur. Ils en conclurent que le milieu de la zone torride était inhabitable. On sait aujourd'hui que plusieurs circonstances concourait a y établir une température supportable. Les nuages, les grandes pluies, les nuits naturellement très fraîches, leur durée étant égale à celle des jours; une forte évaporatiou, la vaste étendue des mers, la proximité des montagnes très hautes cl souvent couvertes de neiges étemelles, les vents alizés et les inondations périodiques, contribuent également à diminuer la chaleur. Voilà pourquoi, dans la zone torride, on rencontre toutes sortes de climats. Les plaines sont brûlées des feux du soleil. Toutes les cotes orientales des grands coulinens, battues par les vent» alizés, jouissent d'une températures douce; les contrées élevées sont même froides ; un éternel printemps régne dans la vallée de Quito ; les plateaux les plus élevés de l'intérieur de l'Afrique offrent plus d'une contrée douée du même avantage.

Rien n'égale la beauté majestueuse de l'été dans la zone torride. Le soleil s'élève horizontalement; il traverse, eu un instant, les nuages brûlans de l'orient, et remplit ta voûte des cicux d'une lumière éblouissante dont aucune trace d ombre n'interrompt la splendeur. La lune brille ici d'un éclat moins pâle; les rayons de Vénus sont plus vils et plus purs, la Voie lactée répaud une clarté plus scintillante. A celle pompe des cieux il faut ajouter la séréuilé du l'air, le calme des dots, le luxe de la végétation, les formes gigantesques des plantes et des animaux, toute la nature plus grande, plus animée, et cependant munis iuconstaulc et moins mobile.

Les zones tempérées sont dédommagées par les charmes doux et variés du printemps et de l'automne, par les chaleurs modérées de l'été et les rigueurs salutaires de l'hiver; celte succession de quatre saisons n'est point connue au-delà du tropique, ui vers les pôles. Même la partie de la zone tempérée boréale qui s'étend entre le tropique et le 3à° degré de latitude ressemble, en beaucoup d'endroits, à la zone torride. Jusque vers le 4"* degré, la gelée, daus les plaines, n'est ni forte ni de longue durée; il est également rare d'y voir tomber de la neige. Les contrées élevées resscuteul toute la rigueur de l'hiver; el les arbres, même dans la plaine, perdent leur feuillage, et restent dépouillés de verdure dans les mois de novembre et décembre. C'est depuis le 40e jusqu'au 6V degré que la succession des quatre saisons se montre la plus régulière et la plus sensible , sans cependant exposer la santé de l'homme. Mais ici c'est l'homme lui-même qui a crée en grande partie ces climats salubres; la France, l'Allemagne el l'Angleterre ressemblaient , il n'y a que vingt siècles , au Canada et à l'Asie centrale, contrées situées, aussi bieti que notre Europe, à une distance moyenne eutre l'équateuret le pôle.

Au-delà du 60e degré, et jusqu'au 78e (qui parait être le terme des terrcius habitables dans l'hémisphère boréal), on ne connaît, en général, quo deux saisons : on éprouve un long et rigoureux hiver, auquel succèdent brusquement quelquefois des chaleurs insupportables. L'action des rayous solaires, faible eu raison de l'obliquité de leur direction, s'accumule pendant les jouis extrêmement longs, et produit des effets auxquels on ne s'attendrait que daus la zone torride. Dans l'hiver , au contraire, on voit les eaux-de-vie se congeler dans des chambres chauffées, et une croule de glace couvrir jusqu'aux draps de lit On a trouvé la terre gelée à 100 pieds de profondeur. Le mercure , ligé dans le thermomètre, laisse le degré de froid indéterminé. On parle ici des extrêmes et de la zone glaciale en général. Les expositions méridionales , ou le voisinage de la grande mer , adoucissent le climat jusqu'à un degré qui paraîtra incroyable aux esprits prévenus. Bergen , eu Norvège, et toute la côte de ce pays, entre 60 et 6a° de latitude, a l'hiver très pluvieux , mais rarement de la neige ou des gelées; cette saison est moins rigoureuse , et on y use moins de combustible qu'à Cracovie, à Prague , à Vienne en Autriche , sous 5o à 4^° de latitude. La zone froide jouit d'un calme atmosphérique qui est inroonu daus la région tempérée; point d'orage, point de grêle, rarement une tempête; l'éclat des aurores boréales, réiléchi par la neige , dissipe les ténèbres de la uuit poudre; les jours de plusieurs mois, quoique d'une ma gni licence monotone, accélèrent d'une manière étounantv le jeu de la végétation ; en trois fois v ingt-quatrr heures la neige est fondue et les fleurs *'q>anoui*scut.

PRINCIPES GÉNÉRAL K

Mais afin de compléter l'apurai que nous venons de donner sur les climats physiques, f]tn «ont d'une si grande importanec pour le géographe , nous emprunterons au tableau < hamAes isothermes de M. le baron de Htimhol.lt , inséré dans notre statistique du Portugal U - princi paux élémens relatifs à la température qu'éprouvent plusieurs \illcs à différends latitudes. Il offrira à nos lecteurs les moyens de comparer entre eux tous les pays de la terre d'après les faits les plus positifs recueillis par la météorologie.

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