TABLEAU MINÉRALOGIQUE DE L'EUROPE
DiftM&as. Empire Russe , gouvernement de Perm.
Aoimt* Fittku pbécielsu. Emp. et Autriche, Bohême, Hongrie, Transylvanie ; roy. de Saxe. Oa. Empire Russe , gouvemenien» de Perm et d'Orenbourg ; empire d'Autriche, Transylvanie,
Hongrie, Saltzbourg, etc. ; royaume Sarde, Piémont, etc. Ahgut. Emp. d'Autriche , Hongrie etBannat, Bohême. Transylvanie, etc.; roy. de Saxe,
Erzgehirge ; roy. de Hanovre, Harx; emp. OUoman , Macédoine, Albanie, Bosnie, etc.;
mon. Prussien** , provinces de Saxe, du Rhin , etc.; mon. Anglaise , Cumherland , Derhy.
Flint. etc.; mon. Française , Finistère, Lozère, Vosges ; mon. Norwégieno-Suèdoise s Bus-
kerud. Westeras, Stora-Kopparherg ; duché de Nassau; n>r. Sarde, Savoie, etc. Étai*. Monarchie Anglaise, Cornwalli», De von; roy. de Saxe; emp. d'Autriche, Bohême. Mcaccai. Monarchie Espagnole, Manche ; empire d'Autriche, Carniole , etc.; royaume de
Bavière , Rhin ; etc.
Ccivrc. Mon. Anglaise, Cornwalli», Auglesea, Irlande, Devou, Galles, etc.; emp. Russe, Perm, etc.; emp. d'Autriche, Hongrie et Banuat, Bellunais. Styrie, etc.; mon. Noru-égieno- Smedoise , Stora-Kopparherg , Soodre, Trondhielm, Lindkoping , Westeras; emp. Ottoman , Macédoine, etc. ; mon Fiusstenne , provinces de Saxe , du Rhin, etc.; Espagne, Andalousie, etc.; mon. Française , Rhône, Haut-Rhin, Basaea-Pjrénéea ; roy.de Hanovre; etc. Faa. Mon. Anglaise , Galles-Méridiounl, Stafford.Shrop, York , Ecosse, etc.; emp Russe, Perm, Orenoourg, Tambov , Nijni-Novogorod , Kalouga , Olunetz , Viatka. etc. ; mon. Française, Haute-Marne, Côte-d'Or , Meuse, Nièvre , Haute-Saône , Moselle, Meurthc. Ardennes, Donhs , Jora , Arriège, vie, mon. Piussicnne , Silc*ie .Rhin , Brandhourg , etc. ; mon. Norwtgïeno-Sueil ise , Orebro, Stora-Kopparherg, Calstad , Geflcborg. Westeras, Jonkoping , Upaala , etc. en Suède, Smaalchncne , Laur vig en Norwège ; emp. d'Autriche, Styrie, Carinthie , Hongrie et Baonat , Bohême , Transylvanie , gouvern. de Milan, etc.: graruiduché de Toscane. Ile d'Elhe; mon. Espagnole, Catalogne, Aragon, Navarre, Biscaye, Astone , Grenade , etc. \emp. Ottoman, Bulgarie, Bosnie , Macédoine ; roy.de Bavière; roy. Sarde , Piémont, etc.; duché de Nassau, etc. Pi>»*a. Mon. Anglaise, Denhigb, Flint, Cumherland, Northumherland , Durham , York, I). rby.elc, ; mon. Espagnole , Grenade , Andalousie, Catalogne, etc. , emp. d'Autriche, Carinthie, Hongr; ,rme , etc. ; mon. Prussienne , Silésie , Rhin , etc. ; roy. de Hanovre ; mon. Fran-
çaise , Finistère , etc. ; duché de Nassau ; roy. de Saxe ; roy. Sarde , Savoie , Sardaigne . etc. Citaaao* us. tekkk. Mon. Anglaise, NorUiumberland , Durham, Cumherland, Stafford , Derby , Laneatter , York , Leicester , Galles-Méridional . etc. en Angleterre , Lothian , Lanark, Reafretr , Ayr, etc. en Ecosse; mois. Néerlandaise , Mons, Namur , Liège, fit mon. Française, Nord, Loire, Haute-Loire, Calvados, etc.; mon. Prussienne , Silésie. VWfttphahe. Rhin, etc. ; emp. d'Autriche, Bohême, Hongrie, Basse- Autriche, Styrie Moravie , etc.
Sil cou mu* de terre, de mer et de source. Emp. Russe , Saratow.Perra, Taoride , Astrakhan , Bessarabie, etc. ; emp. et Autriche, Gallicie , Transylvanie , Hongrie orientale, Haute- Autriche avec Sakzbourg , Tyrol , Venise , Dalmatie , Trieste , etc.; mon. Française, Charente-Inférieure, Meorthe, Jora, Loire-Infcricnre, Vendée, Gard , etc.; mon.' Espagnole, Catalogne, Grenade, Navarre, Sérille, Vulencia, Iriça, etc.; mon. Anglaise, Cheater, Worcester, Stafford, Norfolk, Kent, Fifo, etc., Munster, Ulster; mon. Portugaise, Setubal, Lisbonne, Figuicra, etc.; mon. Prussienne, Saxe, Westphalie, Poméraoie, etc.; princip. de Valachie et Moldavie ; roy. Sarde, Sardatgoe, Gênes; roy. des Deux -Sicile s , Sicile, Pouille, Calabre, etc.; roy. de Bavière, Isar, etc.; États du Pape, Forli, etc.;. mon. Norwêgieno-Suidoise , Smaeland, Bobos, etc., en Suède ; Tonsberg, etc., en Norvège ; république des (les Ioniennes , Sainte-Maure, etc.; Grèce, lie Naxos, etc.
Végétaux. La plus petite et la mieux connue des parties du monde, l'Europe, reléguée au nord de l'hémisphère boréal, s'avance trop peu du côté de l'équateur pour offrir les productions végétales des contrées chaudes. Néanmoius toutes ses côtes, baignées par ta Méditerranée, ont une végétation presque identique avec celles de l'Afrique-Septentrionale et du sud-ouest de l'Asie. Cette végétation a pour limites certaines zones obliques sur les méridiens. Ainsi l'olivier, M vigne et le mats , ces trois plantes , dont la culture détermine l'aspect de la végétation des contrées méridionales et qui donnent en quelque sorte la mesure de leur température et de leur climat, remontent beaucoup plus vers l'est que près de l'Océan où elles ne franchissent point les 36e, 44e et 49e degrés. La température moyenne de l'Europe-Occidentale étant réellement moins élevée que celle des contrées de l'Orient situées sous les mêmes parallèles, il en résulte, quant à ses végétaux , moins de rapports avec les autres grandes régions botaniques. Indépendamment des plantes cosmopolites, elle en nourrit quelquesunes qui sont pour ainsi dire réservés à l'extrême nord des deux continens. Enfin la partie centrale de l'Europe se distingue par une végétation très variée, et qui a ses caractères propres, quoique de hautes chaînes de montagnes présentent depuis leur sommet jusqu'à leur base toutes les productions des contrées intermédiaires, depuis les régions glaciales jusqu'aux contrées brûlantes de l'Atlantique. Mais, sans nous arrêter à ces pays qui, comme la Suisse, le Tyrol, la Cariothie, les Pyrénées, etc., semblent être projetés du midi vers le pôle , nous présenterons ici une esquisse de la végétation européenne, en commençant par les régions polaires et descendant successivement vers les bords de la Méditerranée.
Dans les Coktrkbs glaciales croissent, en petit nombre, des espèces qui se retrouvent en tous les autres lieux où la neige subsiste pendant une grande partie de Tannée. Ainsi , les plantes alpines de la Suisse, des Pj renées et nième des hautes chaînes qui occupent le centre de l'Espagne sont à-peu-près les mêmes que celles de la Laponie. L'espace terrestre qui forme une pointe dans le nord , est trop resserré pour que les causes influentes puissent en diversifier considérablement la végétation. Celle-ci est d'ailleurs presque identique à celle des contrées adjacentes ou analogues de l'Asie et de l'Amérique. Ce sont pour la plupart des cryptogames appartenant à une foule d'espèces que l'on retrouve dans le reste de l'Europe. Ainsi , parmi les lichens, le cladonia rangiferina, que l'on reneoqlrc dans nos forêts , est si abondant en Laponie qu'il semble y avoir envahi tout le terrein , et qu'il est l'unique pâture des rennes, animaux dont on connaît l'utilité dans ce pays. Les plantes phanérogames, peu nombreuses, appartiennent principalement aux familles des crucifères , graminées , rosacées , rcnonatlacées , saxifragées , amentacées et conifères. Ces deux dernières familles se composent d'arbres qui forment l'essence des forêts des contrées sauvages arctiques. Le bouleau blanc (belula alba) est l'arbre qui s'avance le plus vers le nord; sa faculté de résister au froid est due au grand nombte d'épidémies dont «on écorce est revêtue, et qui retiennent entre elles autant de couches d'air captif qui préserve l'intérieur du bois de» rigueurs de la température extérieure. Les arbres resi-
ueux Je la famille «Ira conifères te plaisent également dans les niions du uord. Tout le monde sait que la Suède et la Norvège sont célèbres par la quantité et la solidité du bois de leurs pins et sapins destiné principalement aux constructions navales. Diverses espèces de peupliers ne cessent en IVorwège que vers le 6o# parallèle; les clients que deux degrés plus au nord; le hêtre et le tilleul se prolongent jusqu'au 63r; passé cette limita, ces arbres disparaissent et sont remplacés par les pins et les sapins jusqu'au 67* degré; au 70** Y orge et l'avoine sont les seules céréales qui résistent à la rigueur du climat. L'influence de l'Océan se fait sentir dans les régions polaires, quoique plus faiblement que dans les pays méridionaux de l'Europe. Il en résulte que la température des côtes Océaniques septentrionales est en général un peu moins basse en hiser et moins étttéa en été que celle des pays septentrionaux éloignés de l'Océan. Aussi, les végétaux dont nous venons de parler s'avancent un peu moins au nord daus l'est de 1 Europe, c'est-àdire dans les plaines septentrionale-, de la Russie. Le chêne et le noisetier ne dépass» ni le 60' parallèle que par petits groupes et dans des localités particulières ; le frêne ne s'é tend que jusqu'au 6?*.
La Rtoioir Cextealk de l'Europe comprend une immense étendue formée par le Danemark, l'Angleterre, la Hollande, l'Allemagne, la Bohême, la Pologne, la Hongrie, une partie de la Rutsic-.Méi idiouale , de l'Autriche, de l'Italie et de la Erauce. A l'exception des contrées de montagnes qui traversent ers contrées, la végétation en est assez uniforme Les forêts sont formées essentiellement de chênes , de hêtres , de châtaigniers , de lillruL , de bouleaux, à' aunes , de di\ers peupliers , etc. Les céréale* y sont partout cultivées avec succès ; c'est là que les nombreuses variétés de froment , de seigle , d'orge et d'avoine prospèrent. Quelques végétaux originaires des contrées chaudes du globe s'y sont parfaitement acclimatés. Le marronier d'Inde (aesculus hippocattanum) , par exemple, existe maintenant dans toute l'Europe, et s'avance jusqu'en Suède, où il brave la rigueur des hivers. La pomme de terre (solanum tnbero«um), originaire du Chili, est cultivée universellement , le mais et la garance atteignent des latitudes assez élevées vers le nord. Les pa)s montagneux de TEurope-Cenlrale offrent une végétation totalement différente de celle des pas* de plaine. La Suisse, leTjrol et la Savoie, nourrissent les plantes hyperboréennes ; sur les sommets glacés de leurs monts presque inaccessibles, ou trouve les dernières plantes que les voyageurs ont rencontrées dans le Groenland, le Spitzberg et l'île Melville. Leurs flancs sont couverts de noirs sapins et d'autres conifères. Enfin à leur base s'élèvent les végétaux de l'Europe tempérée et méridionale. La nature du sol des contrées exerce aussi une ii fluenec considérable sur leurs productions Les Ici reins sablonneux . par exemple, donnent naissance à des plantes d'un aspect particulier; il en est de même des terreins marécageux et tourbeux. Quoique la plupart des pays qui composent la région centrale d'Europe aient entre eux beaucoup de rapports de végétation, cependant on observe dans chacun d'eux quelques plantes particulières qui indiquent les relations de ces pays avec les contrées voisines appartenant à d'autres régions botaniques. C'est ainsi que la Russie d'Europe et la Hongrie se lient, sous quelques points de vue, d'un côté avec la région orientale ou asiatique, de l'autre avec la région méditerranéenne. A l'ouest de la région centrale européenne , la végétation offre égalcmeut un aspect qui tient du nord de l'Enrope et de l'Amérique. Ainsi , on rencontre en Ecosse et en Irlande quelques espèces communes au nord de l'Europe, aux Etats-Unis et à Terre Neuve. Plus au midi , les île» deJersey et de Guernesey,sur les côtes de la Normandieet delà Bretagne, présentent quelques analogies avec les A cor es.
Fofin , les plantes de la Rcciox M éditera arienne d'Europe ont une physionomie tonta-kait particulière. Cette région comprend à l'orient l'Albanic-Rivcraiiic , la Macédoine, les provinces lllyriennes, la Grèce et son archipel; au centre, l'Italie-Méridionalo et la Sicile; à l'ouest , la France-Méridionale, l'Espagne et le Portugal. A l'exception d'un petit nombre d'espèces qui , par leur prédominance sur les autres plantes , particularisent certains pays , comme , par exemple , les cistes en Espagne , les chamerrops en Sicile et dans le midi de la penituule Hispanique, on retrouve sur les bordsde la Méditerranée une végétal ion identique , mais une végétât iou qui présente un aspect aussi enchanteur par la beauté que par la variété des plantes dont elle se compose. Les bords du bassin formé par les CÔlea de 1 Italie, de la France-Méridionale et de l'Espagne , s'élèvent en un magnifique ampbi-
théâtre où l'on distingue quatre zones de végétation. Dans la plus basse, qui ne dépasse pas 100 mètres de hauteur, on remarque les plantes que j'appellerais volontiers salines , parce qu'elles vivent dans un terrein imprégné de sel ; telles sont les saLoia , les statice , les eryngium , ele. Dans la seconde croissent les orangers, qui réclament une localité abritée pendant l'hiver, les micocouliers, les platanes, les lauriers roses dont les tou fl es couvertes de fleurs élégantes dessinent les contours des petites rivières, les jasmins, les grenadiers , etc. Dans la troisième zone on observe principalement les oliviers , les figuiers, les lauriers et les arbousiers. Dans la quatrième on ne trouve plus, vers le sommet des lieux élevés, que des romarins, des lavandes et autres arbustes aromatiques, ainsi que des caroubiers el des cistes qui croissent spontanément dans les fissures des rochers.
animaux* Couverte d'hommes , d'habitations et de cultures sur presque toute sa surface , l'Europe a vu disparaître des espèces entières de ses animaux indigènes. La souche sauvage de nos bœufs domestiques, cet urus des Romains et des écrivains latins du moyen âge, ce thur des Polonais, encore existant en Angleterre vers le xiu" siècle, en Pologne dans le xv*, dont les crânes remplissent les tourbières de l'Europe moyenne, n'existent plus aujourd'hui. U aurochs , ce bisons si redoutable des forêts marécageuses de l'Europe-Orientale , ce znbi des peuples slaves , que l'un a cru à tort la souche de notre gros bétail , est lui-même à la veille de disparaître de l'Europe Moyenne. Le chat sauvage, une autre espèce du même genre, le lynx, ont été refoulés dans les forêts des montagnes centrales d'Espagne , et à l'autre extrémité de l'Europe, dans les forêts de la Scandinavie, où même il en existe peut-être trois espèces, dont une au moins approche de la panthère pour la taille. Enfin, dans les Alpes de la France, de la Suisse et de l'illyrie, où l'on en découvre à peine aujourd'hui qucl-
3 u es traces, vécurent ces égagres, type de nos chèvres , le mouflon , type e nos moutons t et dont les descendans domestiques couvrent aujourd'hui nos plaines et nos montagnes. Avec ces troupeaux de ruminaus vivent pêlemêle ces cochons, races domestiques du sanglier d 'Europe , encore habitant de nos vieilles forêts; toutes ces espèces de chiens , dont Btiffon inventa une souche unique primitive, qui n'exista jamais, et dont les ancêtres sauvages , toujours subsistant en Europe et dans la partie adjacente de l'Asie, sont le loup, le renard, le chacal, le karagan et peut-être le corsac des steps de la Tartarie ; ces dues introduits dans l'Europe lors des invasions arabes, et multipliés surtout après les croisades; ces chevaux dont peut-être il exista une espèce boréale particulière au nord -ouest de * l'Europe , et dont on retrouve des indices dans ces chevaux sauvages et domestiques de la Bretagne et de l'Irlande , avant la conquête des Romains, et dans ces chevaux d'Aland , encore subsistant, à la taille petite et s v elle, et au front carré, comme l'espèce arabe. L'intérêt et l'industrie de l'homme commandant à la nature ont aujourd'hui multiplié tous ces animaux à tel point, qu'en Europe leurs populations surpassent de beaucoup en nombre celle de l'homme lui-même.
Revenant aux animaux sauvages, la physionomie de la zoologie européenne est caractérisée par les ours si peu variés des montagoes de l'Andalousie, de Gredos et des Pyrénées; ceux des Alpes de la Suisse, de la Scandinavie et même de l'Altaï ne diffèrent que par un peu plus ou un peu moins de prolongement du musenu. Quelques naturalistes en reconnaissent plusieurs espèces distinctes, d'autres n'y voient que des variétés de l'ours montagnard d'Europe : les cerfs, les daims, les chevreuils errent dans les grandes forêts; sur les cimes de toutes les Alpes méridionales
lOf
habitent à différens étages, le chamois, dans la région encore boisée, et le bouquetin dans la région nue et licheneuse qui touche aux neiges perpétuelles. Par toutes ces montagnes et ces forêts vit aussi Yécuieuil ordinaire, et dans les Pyrénées Vécu rettil noir ; au nord de la Baltique Yécurcuil volant ou le polatotiche achève de circonscrire les terres polaires de notre continent. Du détroit de Gibraltar au promontoire boréal de l'Oural, de nombreuses espèces de rats, de campagnols et de musaraignes sont échelonnées par régions, hors desquelles on ne les rencontre plus. Un genre propre à l'Europe, le desman muni d'une trompe longue et mobile caractérise parfaitement et mieux que par des circonscriptions géographiques, leur origine distincte. Deux sortes de taupes habitent le midi de l'Europe. Le moscovite, circonscrit entre le Dnieper, le Wolga, la Kama et la mer Noire, habite sous toutes les eaux de cette contrée; le Scandinave, dans les terreins humides de la Laponie; le prrênaïque, près des ruisseaux des Pyrénées, où il semble encore moins aquatique que celui de la Scandinavie. Le blaireau, la martre , la fouine, la gt nette , les putois sont encore des autochtones des forêts européennes. Dans le nord ils deviennent compatriotes du glouton. Dans la seule bande polaire de l'Europe a toujours vécu le renne, que deux noms géographiques défigurés avaient fait supposer ancien habitant des Pyrénéen et des Alpes. Suivant vers l'Orient l'inflexion australe de la zone des lichens qu'il pâture, il s'avance sur le dos de l'Oural, à travers les forêts qui en couvrent les tes jusqu'au pied du Caucase. Dans cette nié me Scandinavie et dans forêts orientales de l'Europe moyenne, commence 1.1 patrie de Y élan, que nous suivrons ailleurs jusqu'aux rives du Saint-Laurent en Amérique. Mais partout où l'homme multiplie ses plantations et ses cultures, tous ces animaux disparaissent au inoins à l'état sauvage, et ceux que l'inflexibilité de leur instinct, ou leur inutilité pour l'homme sauvent de la domesticité, sont bientôt exterminés. L'Europe est donc la contrée qui possède aujourd'hui le moins de mammifères. Mais la couche de son sol renferme de grandes quantités de débris fossiles d'espèces depuis long-temps «•teintes. Des clëphans, des mastodontes , des palœothériums , des anoplotériurns et cent autres espèces complètement perdues prouvent que jadis une autre sorte de création animait sa surlace, et que des révolutions que nous ne pouvons préciser en ont diminué les habitans primitifs.
Les oiseaux seuls, à" qui les airs ouvrent par une fuite toujours facile le champ de la liberté, ont pu perpétuer leurs espèces sans dépopulation. Lesaigies, les vautours, les milans, d'autres oiseaux de proie, diurnes ou 11 oc lu m es, habitent l'Europe, mais lui sont communs avec la partie adjacente de l'Asie, et même les grandes espèces habitent également le nord des deux continens. Partout ces espèces sont plus communes dans les hautes montagnes et dans les grandes forêts. Nous mentionnerons aussi les guêpiers, tichidromes, roltier ; les grimpeurs v sont en moindre quantité; les passereaux y sont excessivement nombreux, de même que les cchassien et les palmipèdes. Les gallinacées n'y ont qu'un nombre restreint de genres, et encore ceux-ci sont-ils peu riches en espèces. Parmi les oiseanx utiles on doit citer la jxmle domestique naturalisée, le dindon originaire d'Amérique, les perdrix, les bécasses, les cailles, les merles, les urtoians , les canards, etc. , etc., etc., objets de chasse lucrative. Les espèces qui fournissent des produits aux arts sont: le cygne . Yrider, dont
AhRi-GÉ DE GÉlXiHAHIlF.
on tire l'édredon, etc., etc. , etc. Les rapaces les plus remarquables sont les aigles , les Icmmer-géjcr et le vuutour arrian , etc., etc. La plupart des oiseaux sont sédentaires dans la patrie qu'ils ont choisie; mais cependant on en compte un grand nombre qui émigrent annuellement et qui se retirent pendant la saisou rigoureuse dans les contrées plus chaudes, soit de l'Afrique , soit de l'Asie. Les coucous, les huppes, les loriots et les himrtf/clles sont principalement dans ce cas. Très fréquemment chassés des limites du pôle par les grands froids, des oiseaux maritimes apparaissent sur le rivage du midi de l'Europe pour se soustraire à leur influence, et c'est ainsi que souvent on rencontre alors des pingoins, des macaceux , des alques dépaysés. Des bandes de cygnes et d'éiders annoncent aussi la rudesse des saisons. L'été, tous ces oiseaux regagnent les contrées boréales. Le rallier ne quitte point l'Europe, et une nuée de bec- fins, de sylvies, d'alouettes, sont exclusivement propres aux zones tempérées de cette contrée.
Moins féconde en reptiles que les autres continens , l'Europe n'a que deux espèces de tortues terrestres et deux aquatiques. Plusieurs espèces de vipère et surtout la commune habitent toute l'Europe jusqu'en Suède, où un autre plus redoutable encore paraît avoir au-delà de trois pieds de long. Les reptiles et les couleuvres y sont même plus nombreux qu'en France, a cause, sans doute, de la grande chaleur des êtes On trouve aussi en Europe des orvets , des lézards, des scinr/ucs , des crapauds, des grenouilles, des salamandres , etc., etc., espèces toutes peu remarquables par leur taille et leurs propriétés.
Parmi les poissons de cette partie du monde nous nommerons : la morue, les turbots, les muges, les raies, plusieurs squales, les scopemes , les lumbs , les merlans , les harengs, les sardines, les saumons , les scombres , les carpes , les brochets 9 les anguilles, les gobies , les boulercaux , etc., etc. Les poissons des mers d'Europe sont excessivement variés, et la plupart par la délicatesse de leur chair forment l'objet d'un grand commerce. On doit remarquer que- presque tons n'ont point les couleurs brillantes de Ceux des mers equatoriales. Les squales forment surtout une grande ressource pour les peuples riverains, et leur peau dure est employée dans les arts pour faire le chagrin. Les ablettes des eaux douces donnent la matière des perles fausses, et les œufs d'esturgeon prépares en caviar fournissent un immense article de nourriture daus le nord. 11 en est de même des anchois , des sardines, des harengs, si utile à la classe pauvre. Des armemens considérables sont chaque anuée expédiés à la pèche de lu morue.
Parmi les crustacés il a y les crevettes, les crabes, les langoustes, les homards, les écrevisses , etc., etc.
Les insectes sont extraordinairement multipliés dans les diverses parties de l'Europe, et ils ne se propagent dans les diverses zones qui la composent qu'en raison de leur convenance de température. Les coléoptères surtout y comptent de nombreuses espèces riches et 'variées. Les hannetons, les cétoines , les buprestes , etc. , etc., y sont surtout les plus multiplies. Les cuntharides et les meloes sont utiles en médecine. Les j>apillons, les mouches, les Ubcllues , les cigales, les grillons, les aptères, les scolopendres , le scorpion y forment des essaims dont la nomenclature formerait une liste qui ne peut être placée ici.
DESCRIPTION DE I/EUROPE
Parmi les mollusques : les poulpes , les phylades, les venus , les peignes , les solcns , les moules, les huîtres, les limaçons , la pinne-marine , dont le byssus sert à faire des étoffes. Les mollusques sont la b.isc de la nourriture des habitans des côtes. Beaucoup d'espèces sont transportées dans Tinterieur des terres, et c'est ainsi que les huîtres, les moules, les venus sont très recherchés dans l'Europe tempérée. Les limaçons sont très estimés en France , et s'exportent même dans les colonies.
Parmi les annêlides , les sangsues utiles en médecine, sont les seules qu'on puisse citer. Mais les pécheurs recueillent pour approvisionner les inarches, plusieurs espèces de zoophytes délicats et édules, tels que les oursins , les ascidiens , les actinies qu'on mange dans le midi. Les mers d'Europe sont très fécondes en espèces de ces animaux bizarres et encore si peu connus, qu'on nomme méduses, bèrtws , pyrosomes, salpas , etc. Le corail rouge commence à paraître dans le midi de l'Europe, sur le rivage de la Méditerranée opposé à la cote d'Afrique.
GEOGRAPHIE POLITIQUE
SUPERFICIE, 2,793,000 milles carrés.
POFTJXATION. Absolue, 227,700,000 habitans; relative, 82 habitans par mille carré.
ITHNOCRJLPHII. On peut réduire à vin^t souches principales ou familles tous les peuples qui habitent actuellement l'Europe dans les limites naturelles que nous lui avons assi^nres; comme dans l'ariicle rthnngraphie de chaque état , nous avons indiqué les contrées où demeurent les peuples compris dans chacune de ces familles , nous nous bornerons ici à ranger tous les peuples de l'Europe que l'ethnographie regarde comme tels dans leurs familles respectives. Dans cette classification nous suivons l'ordre de Y Atlas ethnographique du globe -y mais nous devons faire observer qu'ayant adopté dans cet ouvrage la limite orientale de l'Europe proposée par Malte- Brun, il nous a fallu modifier la classification de manière à mettre en Europe presque tous les peuples qui habitent la région du Caucase, qui dans l'Atlas sont regardés comme appartenant a l'Asie.
TABLEAU
DE LA CLlMmCATIOlf DES FEti Pl. ES DE I.'eUAOPK D'APRE* LES I.aAGUES.
Fahilie UÉrikspie on Basile : les Escualdunac , plus connu» sou» le nom de Bascongudox
ou Basques, eu Espagne et en France.
Famille Ccltiqce : les descendons des irritables Celtes, en Irlande, dans les Highlands en Eeo*se et dans l'île de Mau ; les Kimti ou Gallois dans la principauté de Galles, eu Angleterre , et les Breyzad ou Bas-Bretons, en France. Famille Trrago-Pélssgiqle ou Gréco Latine : les Skipatar, plu* connus sous le nom d'ArnauJ et d'Albanais; les Crrcs, dans le uouvel état de la Grèce, dan» la Turquie d'Europe, etc., etc ; les lloinans , subdivisés en Catalans, Valeuricii» , Majnrquaius, en Espagne; Languedociens , Provençaux, Dauphinnis, Lyonais , Auvergnat!», Limousins et Gascon», en France; Savoyards, en Savoie; Rctliten», etc., etc., eu Suisse, dans une partie du rmtuQ des Grisons et du Valais; les Italiens , dans l'Italie (voyez l'introduction à la description de l'Italie); les Français, dans la France, an uord de la Loire, dans Icj Pays- Bas el b Soistc: les Espagnols, dans la plus grande partie de FE» pagne; le» Portugais, dans le Portugal et l'archipel des Açorcs; les Ramanje ou Rnunutuni , plus connus sou.» le nom de F Jaques, dans les empires d'Autriche, Ottoman et Ru»se. Famille Cihe^iqle: les Allemands de. lu Haute- Allemagne , subdivise» en Souabcs . Bavarois, Autrichiens, Franconiens , Hauts-Saxons, etc. .etc., et parmi lesquels on rauge les Allemands de la Suisse, de la Bohème, Moravie, Silésie, Hongrie. Transylvanie. L ironie, Courlandc, E»thonic, etc., etc.; les Allemands de la Basse- Allemagne , où l\«n