PROVINCE DU BRABANT SEPTENTRIONAL
Bois-le-Duc, chef- lieu de la province et place forte, située sur le Dommel; sa vaste et belle église de St-Jean, ses nombreuses fabriques de rubans de fil , et ses deux célèbres ateliers d'instrumens de musique méritent une mention. On porte à 13,000 âmes sa population. Breda, ville d'environ 9000 habitans, importante par ses fortifications et par plusieurs beaux édifices, parmi lesquels on doit citer son église cathédrale surmontée d'une flèche très élevée, et par son académie royale militaire , où 22 professeurs enseignent tout ce qui est nécessaire pour former des officiers et des ingénieurs habiles. Berg-op- Zoom, place forte, sur l'Escaut-Oriental , avec un port et près de 6000 habitans; Grave, avec 2000, et Heusden, avec I600, sont deux autres places fortes situées sur la Meuse. Tilrurg, ville de 10,000 âmes, florissante par ses nombreuses manufactures de drap. Oosteriiout , qui en compte plus de 6000 , fabrique beaucoup de poterie très estimée. PROVINCE DE LIMBOURG. Maestricht {Trajectum ad Mosam) sur la Meuse , chef-lieu de la province de Limbourg , ville importante par ses fortifications, par quelques beaux édifices, par son athénée royal et autres établissemens littéraires , et remarquable par ses immenses carrières dans la montagne de Sl-Pierre, percée d'un grand nombre de galeries. M. John Murray, qui l'a visitée dernièrement, dit que ses rues souterraines, creusées parla main des hommes depuis 2000 ans , s'étendent sur un rayon de 6 lieues de long sur 2 de large. Leurs lignes se coupent et se croisent en sens si divers que l'homme le plus hardi est saisi de frayeur en présence de ce labyrinthe affreux. Les ouvriers qui travaillent dans ces carrières, s'y perdraient eux-mêmes et ne pourraient jamais retrouver leur chemin sans l'instinct de leurs chiens et de leurs chevaux. Ce naturaliste y découvrit divers ossemens fossiles appartenant à un ordre de choses différent de celui auquel appartiennent les animaux actuellement vivans; entre autres un saurien gigantesque, qui devait avoir eu 35 à 45 pieds anglais de long. Une multitude d'inscriptions, accompagnées de dates, qui embrassent plus de dix siècles; la variété étonnante de leurs caractères et l'accouplement bizarre de noms appartenant à des personnes et à des époques si différentes ajoutent à l'intérêt qu'inspire l'examen de ces étonnantes excavations. Le dernier recensement porte à près de 18,000 le nombre d'habitans de Maestricht. Un beau pont en pierre la réunit à JVyk, petite ville comprise dans le système de ses fortifications Nous nommerons encore dans cette province : Weerdt, petite ville de plus de 5000 habitans. Sittard, très petite ville déplus de 3000àmes, remarquable par le projet fait dernièrement d'y faire passer le chemin de fer qui devait joindre Anvers à Cologne. Vaels , dans les environs d'Aixla-Chapelle , gros village de presque 3000 habitans qui se distinguent par leur industrie. Venloo. avec 5000 habitans et un pont de bateaux, et Roermonde , avec 4500, sont deux places fortes situées sur la Meuse.
PROVINCE DE GUELDRE. Arnhem, ville commerçante et place forte sur le Rhin , avec pre$qu«
ROYAUME DE BELGIQUE
11,000 liabitans; c'est la capitale de la province. Nimègue (Noviomagum; Nimwegen), place forte sur le Wahal , avec 16,000 liabitans -, son beau cabinet d'antiquités dans l'hôtel-de-ville doit être mentionné. Nieuwkerk , avec un port sur le Zuyderzée et 5000 liabitans. Zutphen , sur l'Yssel , ville fortifiée , avec près de 9000 liabitans. Hardeuwyk, sur le Zuyderzée, autre ville fortifiée avec 4400 liabitans.
PROVINCE D'OVERYSSEL. Zwoll , chef-lieu de la province , ville fortifiée, de 13,000 liabitans. Dewenter, sur PYssel , place forte, avec un athénée et 10,000 liabitans. Kampen, avec 7000. Almelo et Enschede, avec moins de 2500, importantes par leurs manufactures de toile. Ommerschans, petite bourgade, qui doit son état florissant à la colonie agricole de pauvres et de criminels établie dans son voisinage.
PROVINCE DE FRISE. Lèelwarden, cheMieu de la province , ville importante par son industrie, sa population estimée au-dessus de 17,000 âmes, et par son commerce favorisé par plusieurs canaux. Harlingen, ville commerçante, avec un port sur le Zuyderzée, et plus de 7000 liabitans. Franeker, importante par son athénée , qui remplace son université supprimée depuis plusieurs années. Sneek, avec 5000 liabitans qui fabriquent un grand nombre d'horloges en bois.
PROVINCE DE GRONINGUE. Groningue, cheflieu de la province de ce nom ; c'est la ville la plus importante du nord du royaume par ses constructions , parmi lesquelles on distingue la belle église de St-Martin, X hôtel -de-vil le et le pont Botering-Hoog ; par ses établissemens littéraires , dont l'université et le jardin botanique sont les principaux, et par sa population , qui, malgré les pertes faites dernièrement, dépasse encore 24,000 ames. Delfzyl , sur le golfe de Dollart, très petite ville , importante par son port et par ses fortifications ; on porte au-dessus de 3000 âmes sa population. Windschotten , petite ville d'environ 3000
âmes, située sur le canal qui, de Groningue, mène à l'Ems; elle a acquis une triste célébrité parle terrible incendie de ses tourbières qui, en 1833, offrirent pendant trois jours un vaste océan de feu; on évalue à 2,174,000 tonnes la quantité de combustible consumée par cet incendie; ce sont les communes de Leck, Marum } Veendum, Muntendam et Zeven qui en souffrirent le plus.
PROVINCE DE DRENTHE. Assen , très petite ville de 1200 âmes, chef-lieu de la province. Frederiksort, colonie de pauvres fondée par la société de bienfaisance ; son étonnante prospérité, au milieu d'un sol stérile qu'elle a su rendre fertile, prouve tout le parti que les gouvernemens peuvent tirer de ce genre de colonies, partout où il y a beaucoup de pauvres et beaucoup de landes. Meppel, petite ville industrieuse de presque 5000 liabitans; malgré sa petitesse, c'est la ville principale de la province.
Dans la partie hollandaise du GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG, nous ne décrirons queLuxEMrourg, chef-lieu de cette. province, ville de médiocre étendue , avec environ 11,000 liabitans civils; elle est située près de l'Elze, et justement regardée comme une des plus fortes places de l'Europe. Nous avons déjà vu, à la page 228, qu'elle est aussi une des forteresses de la confédération germanique.
possessions. Malgré les cessions importantes faites par la Hollande, ses colonies sont encore très considérables.
Elles forment ce que nous appelons YOcéanie, V Afrique et Y Amérique Hollandaises. Voyez ces articles à leur place respective. La totalité de la monarchie Hollandaise donne une superficie de 244,000 milles carrés et une population de 12,000,000 âmes.
position astronomique. Longitude orientale entre 0" 15' et 3° 46'. Latitude entre 49° 32' et 51° 28'.
confins. Au nord, le royaume des Pays-Bas ou de Hollande; à Y est, le même royaume et les provinces Rhénanes de la monarchie Prussienne ; au sud, la monarchie Française ; à V ouest, cette même monarchie et la mer du Nord.
pays. Le royaume de Belgique est formé des pays suivans :
1° Presque tous les Pays-Bas Autrichiens , ainsi nommés parce que depuis 1714 ils appartenaient à la maison d'Autriche ; ils renfermaient neuf des dix-sept
anciennes provinces des Pays-Bas , quoique, sous le rapport administratif, on n'en comptât que sept seulement, savoir : les comtés de Flandre, de HainauttX. de Namur; le duché de Brabant avec la seigneurie de Malines et le marquisat d'Anvers ; une partie des duchés de Limbourg et de Luxembourg .
2° Les Pays qui formaient partie de l'empire Germanique; ils embrassent presque tout Vévêché souverain de Liège et la plus grande partie de 1' abbaye souveraine de Stablo. Dans le premier on trouve Liège, Hasselt, Sù- Tron ou Si-Truyen , Looz, Tongres ou
EUROPE
Tongeren, Mascyk ou Maaseyk , Verviers, Spa, Huy , Dînant, Couvin, Florennes et Thuin.
8° Les Pays qui appartenaient à la France ; ce ne sont que des fractions de territoire cédées par cette puissance en 1815, savoir : Marienbourg , Philippeville et Chimay détachés du ci-devant Hainaut français, et le petit duché de Bouillon, du ci-devant gouvernementgénéral de Metz.
montagnes. Ce royaume n'en a presque pas ; celles qu'offre sa partie méridionale sont très basses , et sont situées dans les provinces du Hainaut, de Namur, de Liège et de Luxembourg ; elles appartiennent au Système-Gallo-Francique, et sont une dépendance de la chaîne des Ardennes. Les plus hauts sommets se trouvent dans le grand-duché de Luxembourg et atteignent à peine la hauteur absolue de 300 toises. Voyez aux pages 85 et 86.
fleuves. Leroyaume de Belgique est une des contrées les mieux arrosées de l'Europe. Tous ses fleuves appartiennent à la mer du Nord, à l'exception de deux branches du Rhin , qui se jettent dans le Zuyderzée, et qui appartiennent proprement au royaume de Hollande.
L'Escaut (Schelde) sort du territoire français , traverse le Hainaut, la Flandre-Orientale, et sépare celle-ci de la province d'Anvers, et, après avoir baigné Tournay , Gand, Dendermonde, Anvers et le fort Lillo, entre sur le territoire hollandais, où il se jette dans la mer du Nord. Ses principaux affluens sont, à la droite: la Dender, la Ruppel , formée par la réunion de la Dyle et des Deux-Nèthes ; la Dyle passe par Louvain et Malines, et reçoit à la gauche la Senne , qui passe par Bruxelles. Le principal affluent de l'Escaut à la gauche est la Lys, qui baigne Menin , Courtray et Gand.
La Meuse (Maas) sort également de France , traverse les provinces de Namur , de Liège , de Limhourg, et entre dans le territoire hollandais, où elle se jette dans la mer du Nord. Ses principaux affluens sont à la droite Y Ourthe , à la gauche la Sambre ; cette dernière baigne Charleroy.
Le Rhin. Nous nommons ce fleuve pour indiquer la petite fraction de son bassin , qui appartient à ce royaume par un affluent de la Mo selle.
canaux et chemins en fer. Le royaume de Belgique a un grand nombre de canaux. Voici les seuls que notre cadre nous permette d'indiquer : Le canal Belge du Nord, commencé pendant la domination française, et achevé dernièrement -lans la partie renfermée dans le ci-devant
royaume des Pays-Bas ; il unit l'Escaut à la Meuse , ou Anvers à Venloo ; il devait aller jusqu'à Neuss sur le Bhin; le canal de Liège, entrepris par la compagnie dite du Luxembourg , établie à Bruxelles, avant la révolution de 1830 , pour la jonction de la Meuse , près de Liège , à la Moselle , près de Trêves, et proprement à Wasserbillig; il doit avoir 257,650 mètres de long, un grand nombre d'écluses et un passage souterrain de 2500 mètres : une grande partie traverse le territoire actuellement hollandais j le canal de Charleroy à Bruxelles; il a 55 écluses et un passage souterrain de 1300 mètres ; le canal de Mo?is à Condé; le canal de Bruxelles , qui établit la communication entre cette ville et Anvers; on l'a élargi ; le canal de Temeuse, qui, de Gand, va à Terneuse dans la Flandre Hollandaise ; nous en avons parlé à la page 360, en décrivant Terneuse ; enfin le canal d'Ostende, qui joint ce port de mer avec Gand, en passant par Bruges; c'est un des plus remarquables et des plus anciens.
Malines est le centre du réseau des chemins de fer de la Belgique; ces chemins la font communiquer au nord avec Anvers; à V ouest avec Ostende par Termonde, Gand et Bruges ; au sud-est avec Verviers, par Louvain et Liège ; ct au sud a\ec Bruxelles -, le chemin de Bruxelles doit être prolongé par Zfa//é?et Mons jusqu'à Quiverain, pour aller rejoindre Valenciennes en France; un embranchement doit aller de Gand par Courtray, d'un côté à Tournay, de l'autre à Lille en France. La branche Aw sudest ou de Verviers, dont la construction a exigé d'immenses travaux d'art, est de la plus haute importance stratégique ct commerciale, puisqu'elle se rattache au grand chemin Bhênano-Westphalien que nous avons vu aboutir à Berlin. Le but de cette grande et utile entreprise, pour l'exécution de laquelle le gouvernement belge a déjà avancé 5 millions de francs et autorisé un emprunt de 15 millions, est d'ouvrir des communications faciles et accélérées entre les ports d'Anvers ct d'Ostende et les principales villes manufacturières du royaume, ainsi qu'avec Cologne et Aix-la-Chapelle dans la monarchie Prussienne.
ethnographie. En ne tenant pas compte des Juifs, qui ne forment qu'une très petite fraction de la population du royaume,
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on peut partager tous ses habitans entre les deux souches suivantes : Souche Germanique, à laquelle appartiennent les Belges ou Néerlandais , qui parlent le flamand, dialecte de la langue néerlandaise; et le très petit nombre d'Allemands parlant allemand. Souche Gréco-Latine , à laquelle appartiennent tous les Vallons ou Belges parlant le français- ' flamand et le vallon , deux dialectes de la langue française.
religion. Tous les cuft.es sont professés librement. La presque totalité des habitans professe la religion catholique; une petite fraction seulement de la population est juive, et une encore plus petite est luthérienne ; le roi est attaché aux dogmes de cette dernière.
gouvernement. Il est constitutionnel et ressemble beaucoup à celui du royaume de Hollande; il y a deux chambres:
celle des sénateurs et celle des députés.
forteresses. Le royaume de Belgique en a plusieurs; les principales sont : Anvers , Namur, Charleroy , Tournai/, les citadelles de Gond et de Liège , et parmi les places maritimes, Ostende et Nieuport. Nous excluons de cette catégorie Menin, Ath , Mons , Philippeville et Marienbourg , parce qu'en conformité d'un arrangement fait entre les grandes puissances, les fortifications de ces places doivent être démolies. Mais nous devons ajouter que les villes de Lier et de Hasselt, ceintes depuis peu de fortifications permanentes doivent être rangées parmi les places fortes du royaume , et que les forts de Lillo et de Liefkenshoek dans les environs d'Anvers, encore occupés par les Hollandais, doivent être rendus aux Belges.
industrie. Les Belges se distinguent depuis long-temps par leur industrie, dont les principaux articles sont : les dentelles de Bruxelles, Malines, Bruges, Gand, St-Tron, etc., etc. ; les toiles de Flandre, du Brabant et du Hainaut; les cotons imprimés de Gand, de Bruxelles et de plusieurs autres villes; les blanchisseries de Courtray, qui rivalisent avec celles de Harlem ; les tapis de Tournay, pour lesquels Rubens, Raphaël et autres grands peintres ont fait les cartons ; lespapiers des environs de Liège; les draps de Verviers ; les tanneries de Liège et de Gand ; la faïence de Tournay; les fabriques d armes et la cou-
tellerie de Liège , de Namur, de Charleroy ; V orfèvrerie de Gand, de Bruxelles et d'Anvers ; les livres et les gravures de Bruxelles ; les ouvrages en fer, en acier , en cuivre et en laiton de Namur et de Liège ; les machines à vapeur de Seraing, près de Liège ; la brasserie de Louvain et de Bruxelles.
commerce. Le commerce de la Belgique avait pris un grand développement depuis le commencement de ce siècle jusqu'aux évènemens qui l'ont séparée de la Hollande. Ses principales exportations consistent dans les produits de sa florissante agriculture et de ses nombreuses fabriques : les grains, labierre, la houille , l'huile , les dentelles , les draps , les toiles de coton , de lin et de chanvre , les armes , la coutellerie et la quincaillerie fournissent les principaux articles; les denrées coloniales, les vins et les fruits du Midi ainsi que les matières premières nécessaires à ses fabriques forment la grande masse de ses importations. Cette prospérité si remarquable est beaucoup diminuée par les troubles qui ont agité cette belle partie de l'Europe. Il faut espérer que la paix et l'ouverture de l'Escaut, à laquelle la Hollande a opposé et oppose encore tant d'obstacles, rendront à la Belgique la prospérité qui l'avait fait justement ranger parmi les contrées les plus florissantes du monde sous ce rapport. Mais on ne saurait passer sous silence une autre branche de commerce , qui , de nos jours , est devenue très importante : nous voulons parler de l'immense accroissement du commerce de librairie , surtout de Bruxelles . où un seul de ses nombreux ateliers d'imprimerie fournit aujourd'hui dans une semaine autant que produisaient toutes les presses réunies de cette ville dans une année pendant la domination française.
Ce développement extraordinaire est dû aux contrefaçons des meilleurs ouvrages publiés en France , qui , immédiatement reproduits par les presses belges, sont mis en vente bien souvent pour la moitié du prix de l'édition originale. Cette grave attaque à la propriété des auteurs et des libraires a engagé les éditeurs français à lui opposer une ligue et des capitaux considérables , quoique sans presque aucua succès ; elle a déjà fait naître , de toutes les cités de la France, de fortes plaintes, et le gouvernement français a déjà
EUROPE
Namur, Tourtiay , Ypres , Mons, Louvain, Verviers , Malines. Parmi les villes maritimes qui font le plus grand commerce, on doit citer Anvers, Oslende, Bruges et Nieuport.
porté de fortes réclamations aux autorités belges pour faire cesser cette piraterie littéraire , qui ne devrait pas être permise parmi les nations civilisées.
Les principales villes commerçantes du royaume sont: Bruxelles, Gand, Liège,